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Novembre-Décembre 2009 (page 2/2)

Sommaire Novembre-Décembre 2009 : Clic !

 
 
14 Novembre 2009
André a écrit :
Je suis à la recherche de la biographie ou toutes traces de « PUSINIUS ». Lieutenant de César, il a été en garnison dans le Rhône ou Dauphiné à l’époque, à PUSIGNAN (69330)
 
 
 
RÉPONSE :
Personnellement, j'ignore tout de ce Pusinius, "lieutenant de César" présumé, et fondateur putatif de la cité de Pusignan.
Toutefois, je me propose de "publier" votre question dans la section de mon site réservée au "Courrier des visiteurs", et je me ferai un plaisir de vous transmettre les informations qui me parviendraient.

 

 
 
 
12 Décembre 2009
Gérard a écrit :
J’aurais aimé savoir comment appelait-on le lac Léman à l’époque romaine ? Avait-il déjà son nom de LEMAN ou en avait-il un autre ?
 
 
 
RÉPONSE :
Il semble bien que le Léman portait le même nom à l'époque romaine : Lacus Lemanus. Mais Wikipédia signale encore d'autres noms, comme lacus lausonio ou lacus losanetes. Bref, un peu comme, aujourd'hui, l'on parle de Lac Léman, mais aussi de Lac de Genève (ce que les habitants de Lausanne apprécient peu), voire de Lac de Lausanne (de qui déplaît encore davantage aux Genevois).

 

 
 
 
17 Décembre 2009
Xavier Besse (www.xavierbesse.com) a écrit :
(…) Savez-vous à partir de quand les chrétiens ont commencé à arborer des signes de reconnaissance ? Comment se reconnaissaient-ils à Rome au IIe siècle, portaient-ils des vêtements particuliers et quelle icône (avant la croix, car je crois qu'à cette époque-là elle n'évoquait rien) vénéraient-ils ?
Je vous remercie à l'avance pour votre réponse qui, je n'en doute pas, m'enlèvera une vilaine épine du pied.
 
 
 
RÉPONSE :

Pour paraphraser le président Mao, le chrétien devait se fondre dans la cité antique comme un poisson dans l'eau. D'après ce je lis dans un excellent petit bouquin de Jean DANIÉLOU (L'Église des premiers temps, Éditions du Seuil, 1985), les chrétiens ne tenaient aucunement à se distinguer de leurs "compatriotes" romains. Leurs écrits insistent d'ailleurs sur ce point : "Les chrétiens, écrit l'auteur resté anonyme de l'Épître à Diognète (fin du IIe siècle), ne se distinguent des autres hommes ni par la parole, ni par le langage, ni par le vêtement.". Et, dans sa célèbre Apologie (également de la fin du IIe siècle), le bouillant Tertullien enfonce le même clou : "Nous sommes parmi vous. Nous avons même nourriture, même vêtement, même genre de vie. Nous ne sommes pas des brahmanes ou des gymnosophistes. Nous fréquentons votre forum, votre marché, vos bains, vos hôtelleries, vos foires. Avec vous nous naviguons, nous servons comme soldats dans vos armées."

Notons par parenthèse que cette insistance sur l'anonymat des chrétiens, contempteurs d'une société qu'ils ne considéraient n'étant plus réellement la leur ("VOTRE forum, VOTRE marché, VOS bains…" dixit Tertullien), n'était guère de nature à rassurer les païens, déjà passablement échaudés par les fâcheuses rumeurs qui couraient sur les cérémonies des chrétiens et par leur réputation avérée de défaitisme antipatriotique. D'autant plus que ce bougre de Tertullien insistait par ailleurs, tout aussi lourdement, sur le grand nombre des tenants de la nouvelle foi. Ils formaient, écrivait-il en substance, une petite foule de croyants extrêmement déterminés, sinon fanatiques, quasi invisibles au sein d'une société dont ils ne partageaient plus les valeurs, qu'ils n'avaient pas nécessairement très envie de défendre (si tous les soldats chrétiens désertaient, c'en serait fini de l'Empire, menaçait explicitement Tertullien), et dont, en définitive, le seul intérêt résidait dans ses infrastructures qui permettaient le développement de la nouvelle foi… En attendant que ses ruines forment le terreau du Royaume de Dieu. Un programme peu fait pour rasséréner les autorités romaines déjà fort suspicieuses à l'encontre de ces hurluberlus qui s'étaient mis dans la tête de vénérer un individu exécuté pour crime de rébellion !

Mais revenons aux vêtements des chrétiens…

Si ceux-ci ne se distinguaient pas des païens par la vêture, il leur était toutefois recommandé d'éviter tout étalage de luxe. Clément d'Alexandrie (IIe siècle) condamnait "l'amour de la parure, des étoffes peintes, la vanité des couleurs, le luxe des pierreries, des bijoux en or, des cheveux ondulés ou bouclés, des yeux soulignés, de l'épilage, du blanc de céruse, des cheveux teints et de tous ces artifices mensongers."

Pour illustrer ce propos, l'auteur d'une Vie quotidienne des premiers chrétiens nous décrit ainsi les premiers moments de la journée dudit Clément d'Alexandrie et de sa digne épouse :

"Au moment où le soleil se lève sur la regio judaeorum, quartier juif d'Alexandrie, Clément, qui a le sommeil léger, est déjà en train de remettre son lit en ordre. Il s'habille posément avec méthode, passant la tête et le bras par l'ouverture de sa toge et rejetant le bout laissé libre en travers de sa poitrine et sur son épaule gauche. Avec ses cheveux coupés courts pour qu'ils ne lui retombent pas dans les yeux, sa moustache coupée en rond à la tondeuse et sa barbe longue et flottante que le rasoir n'a jamais effleurée, rien, ou presque, ne le distingue de beaucoup de ses concitoyens d'allure sérieuse, si ce n'est peut-être la netteté de ses vêtements blancs, un peu courts pour éviter qu'ils balaient la poussière, et l'absence de chaussures. Sa femme observe la même simplicité, portant une tunique de laine blanche et des souliers sans ornement, en contraste frappant avec les robes de soie des Indes aux couleurs vives et les sandales ornées d'or et de bijoux qu'arborent tant de dames d'Alexandrie. Elle noue ses cheveux très simplement sur la nuque et les fixe avec une épingle unie, dédaignant les boucles et les tresses, les teintures et les faux cheveux qui, son mari en fait souvent la remarque, tendent à tenir beaucoup de personnes de son sexe éveillées la nuit, dans la crainte de déranger, pendant le sommeil, les créations fantastiques qu'elles ont passé la plus grande partie de la journée à combiner. Sa toilette est maintenant finie : convaincue en effet qu'une femme doit être parée intérieurement et non extérieurement, elle n'a ni chaînes, ni colliers, ni bagues, ni bracelets et, comme elle considère que l'enseignement de la vérité est la meilleure décoration pour les oreilles, les siennes ne sont pas percées de vilains trous pour y passer des boucles ou des pendants d'oreilles."
(J. G. DAVIES, La Vie quotidienne des premiers chrétiens, Éditions Delachaux et Niestlé, Neuchâtel, 1956).
premiers chretiens - jg davies

Bref, les vêtements des chrétiens ne se singularisaient que par leur simplicité… Mais comme le renoncement au luxe était aussi le cheval de bataille des plus sages parmi les "idolâtres", en particulier des philosophes stoïciens, il était sans doute impossible de distinguer, par son costume, un chrétien convaincu d'un païen raisonnable !

Et comment les chrétiens se reconnaissaient-ils entre eux ?

Quiconque a lu "Quo Vadis ?" connaît leur signe de reconnaissance le plus célèbre : le poisson. Pourquoi ce poisson, par ailleurs si cher au Président Mao ? Parce que les premières lettres de la phrase grecque "Iesous Christos Theou Ulos Soter" (Jésus Christ, fils de Dieu, sauveur) donnent ICHTUS, ce qui, en grec latinisé, signifie "poisson". Peut-être aussi parce que les premiers chrétiens faisaient allusion à l'ère astrologique des Poissons, qui venait de succéder à celle du Bélier (à ce sujet, voyez ici : Clic !).

Mais d'autres signes pouvaient encore être utilisés ! Dans le petit bouquin auquel je me suis référé précédemment, Mgr DANIÉLOU signale que, s'il prescrivait les bijoux en général, Clément d'Alexandrie autorisait les anneaux pouvant servir de sceaux. Pour autant, ajoutait-il, que ces sceaux reproduisent des symboles qui soient acceptables par les chrétiens - et reconnaissables par leurs coreligionnaires, compléterons-nous. Outre le poisson étaient recommandés la colombe, le navire à voiles gonflées, la lyre, l'ancre marine, le pêcheur.

Précisons toutefois que, même si ces images pouvaient être reproduites sur les murs des salles de prières ou dans les catacombes, elles ne faisaient en aucun cas l'objet de cultes comparables à ceux ayant cours aujourd'hui dans les églises catholiques ou orthodoxes. Pas de vénération de la croix, qui n'était pour les premiers chrétiens qu'un instrument de supplice, habituellement souillé du sang et des déjections des pauvres bougres qui y pourrissaient tout vifs. Et pas de saintes icônes non plus pour ces croyants; encore fortement influencés par le judaïsme et sa défiance envers l'art figuratif : pour eux, toute image, toute statue n'était finalement qu'une idole en puissance !

signes chrétiens

Une dernière chose, anecdotique : les chrétiens (ou certains d'entre eux) eurent peut-être l'habitude de se faire tatouer une croix sur le front. Mais ce fut sans doute à une époque plus tardive, quand le christianisme avait triomphé… et que le supplice de la croix avait été prohibé. À ce sujet : Clic !.

 

 
 
 
18 Décembre 2009
Gricca a écrit :

Encore une liste d'ouvrages sur l'empire romain

Les fêtes de fin d'année entraînant une pause dans l'édition, il est temps de livrer aux bibliophiles une dernière liste d'ouvrages sur l'empire romain qui reste encore assez fournie ::

  • Dans l'intimité des maîtres du monde - les décors privés des Romains, IIe siècle av. J.-C. - IIIe siècle apr. J.-C. de Gilles SAURON - Picard, coll. Antiqua, 2009 :

Connus par de nombreux textes et par des découvertes archéologiques d'une valeur exceptionnelle, les décors privés des Romains témoignent d'une capacité d'invention remarquable. Contrairement à une légende répandue dès l'Antiquité, les Romains ne se sont pas contentés de transposer chez eux les formes de l'art grec. Ils ont réalisé toutes sortes de décors inédits, dont ils ont entouré leur vie quotidienne aussi bien à Rome que dans les nombreuses villas qu'ils possédaient, surtout sur la côte du Latium ou autour de la baie de Naples. Passant de la résidence de L. Calpurnius Piso, le beau-père de César, à Herculanum, à celle de Tibère à Sperlonga, de la villa des Mystères, à la sortie de Pompéi, à la maison palatine de Livie et à la villa de la Farnésine au bord du Tibre, le livre s'attache à décrire les décors les mieux conservés de l'aristocratie romaine et à en décrypter la signification. Ainsi se dessine, à travers de somptueuses mises en scène de nature philosophique, religieuse, voire astrologique, les diverses préoccupations esthétiques et spirituelles que partageaient les maîtres du monde pendant les siècles qui entourent les débuts de l'ère chrétienne.

  • L'Empire romain et les sociétés provinciales - Recueil d'articles de Jean-Pierre BOST - textes réunis par Jérôme FRANCE et Milagros NAVARRO CABALLERO - Ausonius Scripta Antiqua 22 - Diffusion De Boccard, 2009 :

Jean-Pierre Bost a été professeur d'Histoire ancienne et d'Antiquités nationales à l'Université de Bordeaux 3 (Institut Ausonius). Il est l'auteur d'une oeuvre de premier plan dans le domaine de l'histoire romaine et plus spécialement dans celui de l'Aquitaine et de la péninsule Ibérique antiques. Il fait partie de cette génération de chercheurs qui a su manier avec une égale aisance toutes les disciplines de la science historique, l'archéologie, l'épigraphie et la numismatique.. Il a contribué au long et patient travail d'élaboration de plusieurs grands corpus de sources ; son érudition et la finesse de ses analyses ont permis de renouveler bien des perspectives de recherche ; enfin il a su, par la simplicité et la qualité de son écriture, susciter l'intérêt d'un public plus large que celui des seuls spécialistes. C'est à la fois la diversité et la richesse de ce parcours d'historien que ce livre veut illustrer à travers un choix d'articles et de contributions qui en retracent les apports essentiels et en révèlent toute la fécondité.

1 Routes et territoires de l'Aquitaine antique
2 Villes et campagnes de l'Occident romain
3 L'empereur, la politique et la monnaie
4 Quarante ans de chroniques sur la numismatique de la péninsule Ibérique.

  • Barbares - Immigrés, réfugiés et déportés dans l'Empire romain de Alessandro BARBERO - Tallandier, 2009 :

Voici un monde, l'Empire romain, qui se considère prospère et civilisé, marqué par des inégalités mais fort d'une administration stable. A l'extérieur, des populations menacées par la faim et la guerre, tenues à distance par une frontière défendue militairement. A l'intérieur, des autorités gouvernementales qui doivent décider de la conduite à tenir, disposant pour cela d'une gamme d'options qui vont de la mise en place de quotas à l'accueil en masse de refugiés. L'importance déterminante que revêtent ces questions dans le monde d'aujourd'hui a poussé les historiens à revenir sur les modalités de l'immigration barbare dans l'Empire, véritable défi pour Rome tout au long de son histoire. Car la défaite de l'empereur Valens, opposé aux Goths de Fritigern lors de la bataille d'Andrinople, en 378, n'est que la conséquence la plus visible d'une incapacité nouvelle à contrôler, gérer ou encourager les flux migratoires. Alessandro Barbero montre par cette synthèse brillante que les autorités romaines se révèlent incapables, dès le milieu du IVe siècle, de penser un système de gestion de l'immigration efficace, comme celui qui, avec brutalité et sous l'emprise de la corruption, avait permis d'accueillir aux IIe et IIIe siècles des milliers de réfugiés. La naissance des royaumes francs ou alamans procède de cette incapacité : elle fera éclater la notion même d'un territoire romain opposé au monde barbare, précipitant la chute de l'Empire d'Occident.

  • Le Péplum, un mauvais genre par Claude AZIZA - Klincksieck, Collection 50 Questions, 2009 :

Le péplum est un cinéma de mauvais genre. Il raconte des histoires qui se déroulent en des temps mythiques ou lointains. Il chante les exploits de héros bodybuildés et d'héroïnes chastement dévêtues. Genre populaire et familial, il est obligé de tortiller de la caméra pour raconter les amours bibliques, les orgies romaines, les empereurs fous et les impératrices lubriques - sans choquer personne mais quand même. Et pourtant, souvent faits avec trois francs six sous, tournés à la va-vite dans des décors de carton-pâte, troussant la muse de l'Histoire pour en montrer les dessous affriolants, ces films révèlent une autre Antiquité, sortie des manuels poussiéreux. Une Antiquité en technicolor et en relief, une Antiquité doublement vivante : à la fois parce qu'elle illustre nos fantasmes et parce qu'en voulant raconter la passé, elle nous parle en fait du présent.

[Voyez aussi, sur le site PEPLVM - IMAGES DE L'ANTIQUITÉ : Clic !]

  • Modes de l'Antiquité grecque et romaine par Eve BERTERO et Milo SAGIS - Falbalas, Collection Empreintes de mode, 2009 :

L'art de la géométrie variable, le culte du corps, le vêtement marqueur social, le luxe jusqu'à la décadence.

 
peplum - aziza
  • Rome et les provinces de l'Occident, de 197 av. J.-C. à 192 ap. J.-C. Ouvrage collectif coordonné par Yann Le BOHEC - Editions du Temps, 2009 - Collection Questions d'histoire :

Il faut louer le jury d'Agrégation d'avoir enfin proposé une question qui fait appel à l'intelligence historique des étudiants : " Rome et l'Occident ". Il faut aussi complimenter les auteurs de la bibliographie dite "officielle" qui ont fourni un travail considérable pour les aider. Mais qui dit "intelligence" dit "difficulté", et la difficulté, dans ce cas, vient de la conjonction de coordination "et". Que signifie-t-elle ici ? D'un point de vue simplement grammatical, elle unit deux mots. Ici, elle unit deux actions, et celles-ci vont en sens contraire ; on peut aussi dire qu'elles constituent, si l'on préfère, une action et une réaction. D'une part, il y eut action de Rome vers l'Occident : conquête, organisation de cette conquête, entente avec les populations. D'autre part, il y eut réaction des provinciaux. Les uns ont tout refusé en bloc, comme Vercingétorix ou Boudicca ; d'autres se sont résignés ; d'autres encore ont accueilli les changements avec plus ou moins d'enthousiasme. Par la suite, ces derniers ont plus ou moins intégré la romanité, et plutôt plus que moins, dans leur vie quotidienne, leurs activités économiques, leur organisation sociale, leurs pratiques culturelles et religieuses. Et il n'est pas possible d'étudier les conséquences sans tenir compte des conquis ; il n'est pas possible d'étudier les transformations en faisant abstraction de ceux qui les veulent, de ceux qui les refusent et de ceux qui les subissent. Cet ouvrage cherche à simplifier le travail des étudiants en leur proposant des articles couvrant tous les aspects du sujet, en leur indiquant des pistes pour ne rien négliger d'une question plus complexe qu'il n'y paraît.

  • Renseignement et espionnage dans la Rome antique par Rose Mary SHELDON - Les Belles Lettres, Collection Histoire, 2009 :

Les activités de renseignement font partie intégrante de l'art de gouverner et, sans elles, les Romains n'auraient pas pu édifier et protéger leur empire. Même s'il ne séparaient pas les différentes fonctions du renseignement entre activités civiles et militaires, il n'en demeure pas moins qu'une grande partie de leurs activités de renseignement ressemblaient aux nôtres et qu'il est possible d'utiliser le concept moderne de cycle du renseignement pour les décrire. L'éventail des activités concernées est assez large : collecte de renseignements, contre-espionnage, infiltration, opérations clandestines, utilisation de codes et de chiffres, et diverses techniques d'espionnage. Toutes ont laissé des traces littéraires, épigraphiques et archéologiques qu'il est possible de suivre en partie. Rose Mary Sheldon retrace le développement des méthodes de renseignement romaines des débuts de la République jusqu'au règne de Dioclétien (284-305 après J.-C.), d'une forme embryonnaire et souvent entachée d'amateurisme jusqu'au système très élaboré d'Auguste et de ses successeurs. L'ouvrage est rythmé tant par des chapitres consacrés à l'étude de certains des échecs romains que par l'examen des réseaux de communication, des signaux de transmission, des activités d'espionnage, des opérations militaires et de la politique frontalière. C'est pourquoi les questions plus larges soulevées dans ce livre sont d'une pertinence immédiate pour le présent : bien que les méthodes de renseignement aient radicalement changé avec l'avènement de la technologie moderne, les principes restent étonnamment similaires. Les questions politiques essentielles portant sur la place des services de renseignement dans une démocratie et une république plongent leurs racines dans le monde gréco-romain.

  • Le Principat d'Auguste : Réalités et représentations du pouvoir, Autour de la Res publica restituta. Collectif sous la direction de Frédéric HURLET et Bernard MINEO - Presses Universitaires de Rennes, 2009 :

Une équipe internationale d'historiens, de littéraires, d'historiens de l'art et d'archéologues étudient dans cet ouvrage la Res publica restituta. Dans le domaine des institutions, dans la mise en forme du discours officiel ou dans le regard porté sur le nouveau régime par ses contemporains (poètes et historiens), leurs contributions permettent de se représenter les fondements du principat augustéen.

  • La Gaule selon Strabon : du texte à l'archeologie - Géographie, livre IV, traduction et études de Patrick THOLLARD - Errance, Coll. Bibliothèque d'archéologie méditerranéenne et africaine, 2009 :

Strabon (63 av. J.-C.- 24 apr. J.-C.) est un écrivain grec d'Asie Mineure du début de l'Empire (il est presque l'exact contemporain de l'empereur Auguste). Le seul ouvrage qui nous soit parvenu de lui est sa Géographie, en dix-sept livres, unique en son genre. Le livre IV, consacré à la Celtique transalpine, à la Bretagne et aux Alpes, est une référence incontournable pour tous les travaux sur la Gaule, qu'ils émanent d'historiens ou d'archéologues. L'ouvrage présente une nouvelle traduction du livre IV (la précédente date de près de cinquante ans !), qui s'appuie à la fois sur une relecture très attentive du texte grec, présenté en regard de la traduction, et sur les acquis les plus récents de la recherche dans ce domaine. La traduction est accompagnée d'une série d'études à la fois historiques et archéologiques. Les unes abordent des problèmes généraux comme la comparaison entre Strabon, Pline et Ptolémée ou la réflexion sur la notion de Celtes et de Celtique. Les autres concernent plus précisément la Narbonnaise, faisant le point sur les peuples (Salyens, Ligyens, Volques Arécomiques et Tectosages) ou les villes (Nîmes, Toulouse et Marseille). Dans tous les cas, la confrontation des données textuelles et faits archéologiques permet de reconsidérer les hypothèses antérieures pour en proposer, le cas échéant, de nouvelles. Abondamment illustré, en particulier par des cartes qui restituent la vision géographique de l'Antiquité, l'ouvrage offre au lecteur une approche renouvelée de la Gaule telle que la décrivait Strabon dans les premières années de notre ère.

gaule selon strabon - patrick thollard
  • Les Gaulois en guerre - Stratégies, tactiques et techniques, Essai d'histoire militaire (IIe/Ier siècles av. J.-C.) de Alain DEYBER - Errance, 2009 :

La guerre dans la civilisation celtique n'a été que rarement évoquée, et jamais sous un angle militaire. Pourtant, dans la société gauloise de la fin de l'Indépendance, la guerre était un phénomène quasi permanent. Plutôt que de se référer à la simple histoire événementielle, basée en particulier sur le récit de Jules César, l'auteur propose ici d'examiner d'autres causes, plus profondes : longues traditions guerrières et violence latente multiforme aboutissant parfois à un hallucinant carnage, conceptions religieuses exaltant le héros et le sacrifice suprême, société dont les fondements matériels reposent sur une véritable "économie de la guerre", le tout sur fond de conflits avec l'étranger. L'art de la guerre à La Tène D ou finale (IIe/ Ier s. av. J.-C.) a connu de profondes mutations par rapport à la période antérieure : mise en place progressive d'un processus de décision codifié, structuration des, forces, accroissement des effectifs, développement d'un art du commandement avec des préoccupations stratégiques embryonnaires et leur traduction tactique sur le terrain modifiant la manière traditionnelle de combattre. La diversification de l'armement précède ou accompagne le développement des armes "tactiques" et, en particulier, celui des troupes montées, véritable fer de lance des armées. Dans l'infanterie, on assiste à la substitution partielle de formations plus légères et mobiles à l'antique phalange grecque. C'est aussi l'époque du développement des fortifications et des premiers balbutiements dans l'art de la poliorcétique (ou science du siège des places fortes). Certains nobles celtes - les equites - tentent alors de détourner cette force naissante à leur seul profit, faisant de la guerre un métier à part, une activité de professionnels et non plus un spectacle d'amateurs en quête d'émotions fortes. Cet ouvrage, issu d'un travail de doctorat, aborde les divers aspects de ce problème central de l'Histoire et suggère des voies de recherche novatrices qui intéresseront les historiens mais aussi les militaires et un public cultivé.

Gricca.