| Janvier-Février
2008 (page 3/3)
Sommaire de Janvier et Février 2008 :
Clic !
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| 13 Février 2008 |
| Gilliane
a écrit : |
Je
me permets de vous contacter, en espérant que
vous aurez quelques minutes de votre temps pour m'apporter
votre aide. (…)
Je suis aujourd'hui fort en peine sur La
Lettre de Claude aux Alexandrins. J'ai
consulté la
page de votre site sur l'empereur
Claude (41-54) mais je désirais savoir si
vous aviez quelques infos supplémentaires sur
la situation politique d'Alexandrie et de l'Égypte
à cette période et si vous connaissiez
la date de cette lettre de Claude aux Alexandrins. Ou
si vous pouviez m'indiquer des liens de sites sur ce
sujet. |
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| RÉPONSE
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Cette lettre
de Claude aux Alexandrins fut publiée
en 41, c'est-à-dire la première année
du règne de cet empereur. L'affaire était
pendante depuis quelques années : son prédécesseur,
Caligula,
avait reçu deux délégations de
notables alexandrins - l'une composée de Juifs,
l'autre de Grecs -, mais il n'avait pas eu le temps
de trancher en faveur de l'une ou l'autre des parties
(Clic !).
Il revint donc à Claude
de prendre une décision pour régler
ce délicat conflit entre les deux communautés,
si violemment antagonistes (Clic
!).
Mais de quoi s'agissait-il réellement ?
Au fond, les Juifs d'Alexandrie semblent avoir servi
d'exutoire au mécontentement de leurs voisins
grecs, qui se résignaient mal à la domination
romaine. En effet, depuis la conquête d'Alexandre,
c'étaient eux, les Grecs qui faisaient la loi
dans le pays. Oh, certes, pour faire passer l'amère
pilule d'une occupation étrangère, les
conquérants macédoniens avaient pris
soin de recouvrir leur domination d'un vernis égyptien,
une mince couche de badigeon culturel et religieux
aux couleurs des traditions de l'Égypte éternelle.
Mais, dans la réalité des faits, tous
les rouages de l'État étaient concentrés
entre leurs mains. Quant aux Égyptiens de souche
et aux Juifs immigrés, ils n'avaient guère
que le droit de se taire et d'obéir.
Naturellement, le prestige de cette élite déclina
lorsque Cléopâtre,
la dernière reine grecque d'Égypte,
fut vaincue par Auguste
et que son pays fut annexé par Rome. Les Grecs
d'Égypte tombèrent de haut ! Ne risquaient-il
pas de perdre leurs privilèges, peut-être
même au point de voir leur statut assimilé
à celui des Égyptiens et des Juifs,
cette populace qu'ils méprisaient tant ?
Leur inquiétude
se transforma sans doute en rancœur jalouse
quand ils constatèrent que les empereurs
successifs accordaient aux Juifs (à ceux
de leur ville comme à tous les autres,
répandus dans l'Empire) des privilèges
et exemptions dont, eux, membres de l'ancienne
classe dirigeante, étaient exclus. Et
des pogroms antijuifs éclatèrent
sporadiquement. Les plus violentes de ces émeutes
raciales se produisirent au début du
règne de Caligula, en bénéficiant,
semble-t-il, du laxisme bienveillant du préfet
Avillius Flaccus.
C'est après ces événements
sanglants que les Juifs d'Alexandrie envoyèrent
une ambassade à Rome, sous la direction
du savant Philon (qui en a laissé le
récit, voir remacle.org).
Cette délégation fut aussitôt
suivie à Rome par une autre, grecque
celle-là, qui prétendait s'opposer
point par point aux revendications des Juifs.
Ceux-ci dénonçaient les agissements
du préfet Flaccus, souhaitaient voir
leurs privilèges et exemptions confirmées
par le pouvoir impérial, et demandaient
à bénéficier de la citoyenneté
alexandrine, à l'instar de leurs compatriotes
grecs.
Le moins que l'on puisse dire, c'est que les
notables juifs d'Alexandrie furent fraîchement
reçus par un Caligula
très remonté contre leurs coreligionnaires
de Judée, qui avaient eu le toupet de
s'opposer à l'érection d'uns statue
à son effigie dans le Saint des Saints
de leur Temple de Jérusalem. Heureusement
pour eux, Caligula ne fit pas long feu, il fut
massacré par ses prétoriens (avec
épouse et leur fillette), et ce fut Claude,
son oncle et successeur, qui se vit refiler
le bébé alexandrin, fort remuant
et encombrant, ma foi ! Bien que plus favorable
aux Juifs que son impérial neveu, il
ne leur donna pourtant pas raison sur toute
la ligne. S'il confirma les privilèges
que ses prédécesseurs avaient
accordés aux Juifs (d'Alexandrie et d'ailleurs),
il leur refusa le droit de cité alexandrin,
sous prétexte qu'Alexandrie était
une ville grecque. |
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| 14 Février 2008 |
| Frédéric
a écrit : |
Amateur
de civilisation romaine et notamment de ses institutions
(…), je me permets de vous questionner à
propos d'un sujet assez pointu : Le Rex
sacrorum ou Rex sacrificulus.
Après avoir lu de nombreux
ouvrages modernes ou antiques (en traduction française
car mon latin scolaire est aujourd'hui assez flou),
j'ai rassemblé quelques connaissances au sujet
de cette "institution" bizarre qu'était
le Rex sacrorum.
Ce que j'en sais ?
Il serait la survivance des
anciens pouvoirs religieux du Roi, mais son rôle
religieux lui-même aurait été
vite limité au profit du Pontifex Maximus.
Dans l'ordre protocolaire (et uniquement de ce point
de vue) il aurait cependant été placé
avant le Flamen Dialis (Flamine de Jupiter)
et le Pontifex Maximus. D'un point de vue
réaliste, il était inférieur
au Pontifex Maximus qui le nommait.
A la fin de la République, il n'était
plus que le grand prêtre de Janus et son rôle
officiel allait en diminuant.
À l'instar du Flamen Dialis, il ne
pouvait exercer aucune magistrature (pour éviter
tout retour d'un pouvoir royal). Il y a un passage
dans Tite-Live qui explique qu'un certain Dolabella
aurait voulu passer outre à cette interdiction
et qui, suite à un prodige de mauvais augure,
aurait dû renoncer aux fonctions de Rex
sacrorum. J'ignore si cette interdiction était
applicable aux deux autres Flamines majeurs (de Mars
et de Quirinus). Apparemment, ce régime n'était
pas applicable aux Flamines mineurs, qui étaient
tous plébéiens.
J'ai lu quelque part (ma mémoire fait ici défaut)
que des Rex sacrorum furent désignés
(avec des vacances fréquentes) jusqu'au règne
de Théodose !
Les Romains étaient
donc un peuple ne s'embarrassant pas de contradictions
: on savait que les "empereurs" romains
régnaient tout en maintenant des magistratures
républicaines (consuls, préteurs, etc.),
mais l'existence très tardive d'un Rex
sacrorum montre la survivance de l'institution
royale elle-même…(certes dépourvue
de pratiquement tous ses anciens pouvoirs).
Alors, l'Empire romain était-il
une sorte de république monarchique avec maintien
d'un roi à la suédoise ?
Auriez-vous d'autres éléments
à ce sujet ? |
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| RÉPONSE
: |
À vrai dire, j'en
sais bien moins que vous à propos de ce Rex
sacrorum, magistrature qui devait être fort
peu attractive puisqu'elle interdisait l'accès
au cursus honorum. D'où sans doute de
nombreuses vacances de cette charge, peu prisée
des ambitieux optimates auxquels elle était réservée…
Il me faudra donc à nouveau appeler les visiteurs
de mon site à notre aide. Et si, d'aventure,
un sympathique correspondant me communique des renseignements
susceptibles de vous intéresser, je me ferai
un devoir - et un plaisir - de vous les transmettre.
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| Conclusion
de Frédéric |
Merci
pour votre réponse et votre modestie (je sais
mieux que quiconque qu'il est impossible d'étendre
ses connaissances sur tous les aspects d'une civilisation
aussi riche et aussi bien documentée que la
Rome antique).
Comme vous le soulignez, le
sacerdoce de Rex sacrorum, comme ceux des
trois Flamines majeurs, était réservé
aux membres d'une gens patricienne. C'était
encore le cas au début de l'Empire, mais presque
toutes les anciennes familles patriciennes avaient
disparu. C'est sans doute une des raisons qui a poussé
certains empereurs (Auguste, Claude notamment) à
créer de nouvelles gentes patriciennes
à partir de familles relevant de la nobilitas
(noblesse consulaire, donc patricienne et plébéienne
confondue).
Vous avez parfaitement raison
lorsque vous dites que ces sacerdoces étaient
peu recherchés par les familles puissantes
étant donné qu'ils empêchaient
d'avoir accès au cursus honorum. Cela
était encore plus vrai pour le Flamine de Jupiter
qui était soumis à un ensemble incroyable
d'interdits qui l'aurait empêché de mener
une carrière politique. Il faut donc s'imaginer
que ces postes étaient réservés
à des familles d'illustre origine mais dont
l'état de fortune ne permettait plus de briguer
des magistratures.
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NOTE
DU WEBMASTER (16 Mai 2008)
A props du Rex sacrorum, voyez,
sur le site Roma-Quadrata
: Clic
! |
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| 22 Février 2008 |
| "Olive"
a écrit : |
J'aimerais
connaître votre avis sur le sujet :
Il est assez curieux, quand on examine l'histoire de
la résurrection de Jésus, de ne pas penser
à un rite, lors de la sortie du tombeau.
Je ne suis pas un spécialiste de l'histoire antique,
mais il me semble que le candidat aux mystères,
le myste, devait passer par des épreuves, on
va dire initiatiques, pour être admis dans sa
nouvelle communauté. Je pense aux mystères
d'Éleusis, Bacchus, Mithra, Cybèle, avec
le passage de la castration, etc, etc.
Dans la résurrection de Jésus,
on a tout le plan du déroulement d'une cérémonie
initiatique d'une communauté à
mystère, comme un rite de passage d'un état
de conscience a un autre. Un peu comme une franc-maçonnerie
à l'ancienne ou, si vous préférez,
un peu comme une "collegia" romaine. Je me
permets de faire cette comparaison car dans le livre
de Hugh Schonfield "le mystère Jésus",
l'auteur nous donne son aperçu sur un Jésus
fréquentant une communauté de charpentiers
itinérants, se faisant payer en nature
pour les travaux réalisés.
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| RÉPONSE
: |
Je ne connais ni le livre
d'Hugh Schonfield, ni les thèses qu'il y développe,
mais, pour vous parler franchement, cette histoire
de Jésus effectuant son "tour de Palestine"
entouré de joyeux compagnons charpentiers me
paraît un tantinet anachronique. Un peu Ardéchois
Cœur fidèle au temps de Pilate (si
vous vous souvenez du vieux feuilleton de l'ORTF)
!…
Je me demande où dans les Évangiles
l'on peut dénicher que Jésus fréquentait
d'autres charpentiers. Des pêcheurs galiléens,
oui. Un publicain, oui. Également de nombreuses
femmes de toute condition. Mais des charpentiers,
non, à première vue, je ne m'en souviens
pas…
Cela dit - et ainsi que je l'ai déjà
précisé dans un courrier
récent -, il ne convient pas d'extrapoler
Dieu sait quelles hypothèses relatives à
la condition sociale de la Sainte Famille à
partir de la profession de charpentier, traditionnellement
attribuée au père de Jésus, le
très évanescent Joseph. À l'époque,
tout bon Juif, même le plus savant des lettrés,
était censé - théoriquement s'entend
- d'exercer un métier manuel. Alors, quand
les Évangiles rapportent que ledit Joseph et
son Jésus de fiston étaient charpentiers,
il ne faut peut-être pas nécessairement
l'imaginer dans son atelier, jouer de la varlope et
du rabot au milieu d'odorants copeaux.
Dans un de ses bouquins, Robert AMBELAIN note d'ailleurs
que l'hébreu heresh signifie non seulement
"charpentier", mais aussi "magicien".
Dans la Sainte Famille, on pouvait donc tout aussi
bien être thaumaturge de père en fils
qu'artisan !…
Sans être très versé en ce domaine,
a priori, je ne distingue pas de points de
concordance flagrants entre la mise au tombeau puis
la présumée résurrection de Jésus
et ces mystères antiques du type de ceux pratiqués
à Éleusis ou à Samothrace. Moi,
j'y vois surtout une cérémonie funéraire
bâclée pour des raisons de pureté
rituelle (veille la Pâque juive), qui suit immédiatement
une exécution elle aussi assez "cochonnée".
Quant à ce qui se passa ensuite, les Évangiles
n'en pipent mot. Tout ce qu'ils rapportent, c'est
qu'au matin du troisième jour, les femmes qui
venaient effectuer la véritable toilette mortuaire
trouvèrent le tombeau vide, et crurent voir,
rôdant aux alentours, un homme ressemblant au
Christ, mais qu'elles prirent d'abord pour le jardinier.
Point !
Les Évangiles restent au "ras des pâquerettes",
sans réellement expliquer la Résurrection,
ni - et encore moins - sans faire mention de rite
initiatique, ni - et encore moins - sans décrire
les différents "états de conscience"
de Jésus ou les "voyages transcendantaux"
de son âme. (Sur la Résurrection, voyez
aussi ici : Clic
!).
Il existe pourtant
un passage des Évangiles qui pourrait
évoquer un rite initiatique : la
résurrection de Lazare, un épisode
qui n'est rapporté que par le seul Évangile
selon Jean (11 : 1-44). On avertit
Jésus que Lazare (celui que tu aimes)
est malade, mais Jésus, au lieu de se
précipiter à son chevet, s'attarde
en chemin pendant plusieurs jours. Quand il
arrive enfin à Béthanie, le pauvre
Lazare est mort et enterré. Jésus
prend encore un temps infini à disserter
sur la vie et la mort, puis à s'enquérir
de la foi des deux sœurs de Lazare. Puis,
il daigne enfin se faire mener au tombeau où
gît son ami qui "sent déjà,
parce cela fait quatre jours qu'il est là",
indique prosaïquement Marthe, la sœur
du défunt. Jésus arrive donc devant
le tombeau, fait ôter la pierre qui l'obstrue,
lève les yeux au ciel, implore son Père
des cieux, puis s'écrie "Lazare,
sors !". "Et le mort sortit,
les pieds et les mains liés de bandelettes,
et le visage couvert d'un suaire. Jésus
dit alors : « Déliez-le et laissez-le
aller » ". Fin de l'épisode.
Personnellement, j'ai de sérieux doutes
sur la réalité historique de cette
histoire, qui n'est - comme je l'ai déjà
indiqué - relatée que par un seul
évangile, celui selon Jean,
le plus tardif, le plus "mystique",
le plus "gnostique" des quatre. Si
toutefois l'on y accorde quelque crédit,
on pourra y retrouver une symbolique commune
à bien des mystères païens
: mort apparente, séjour prolongé
dans une grotte (ou dans un souterrain) et renaissance
à une nouvelle vie sur l'injonction d'un
maître à penser. Il ne manque presque
que le sang d'un taureau répandu sur
le pauvre Lazare pour être chez Mithra
!
On peut aussi - et ce sera mon mot de la fin
- ne voir dans la résurrection de Lazare,
à l'instar de Robert AMBELAIN, qu'une
supercherie de Jésus, un "tour de
passe-passe" destiné à impressionner
les gogos : |
| 
La
résurrection de Lazare |
|
“Il [Lazare] va absorber
(…) un puissant narcotique (…).
Après un simulacre de maladie à évolution
rapide, et mort officielle, on le porte dans un
tombeau, toujours endormi, et on l'abandonne sur
la banquette funéraire, roulé dans
le suaire d'usage et muni des bandelettes rituelles,
et ensuite, on referme le tombeau. L'herbier secret
du .vaudou africain ou antillais possède
des recettes permettant de faire croire à
une mort apparente sans discussion possible. (…)
Dans le cas de Lazare, il ne s'agit que d'un
très court sommeil. Le séjour de quatre
journées dans cette chapelle funéraire
fut aisément facilité par des apports
de vivres et d'eau effectués durant la nuit
par Marthe ou Marie. L'impureté rituelle
et la peur superstitieuse à l'égard
des morts écartaient toute indiscrétion
nocturne. Il n'y avait plus qu'à faire prévenir
Jésus, et attendre sa venue, le « miracle
» était au point. Quant à l'odeur
de putréfaction, elle était facile
à obtenir au dernier moment avec une pièce
de viande avariée, au fond du caveau.
Qui peut savoir ? Peut-être la pseudo-résurrection
de Lazare ne fut-elle, en réalité,
qu'une tentative de répétition de
celle que projetait Jésus. La crucifixion
vint tout bouleverser.” (Robert AMBELAIN,
Les lourds secrets du Golgotha, Ed. Robert
Laffont, 1974)
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| 24 Février 2008 |
| Thierry
a écrit : |
1.
Juste une question,
à propos de la Dacie préromaine
: ma femme me soutient que ce sont les Romains
qui ont attaqué les premiers, pour
moi, ce sont les Daces qui ont fait des raids presque
impunis jusqu'au moment où Trajan est arrivé
au pouvoir et il s'est dit : "ça suffit,
allons leur rendre la pareille". Qu'en pensez-vous
?
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| RÉPONSE
: |
Des Daces
ou des Romains, lequel des deux a commencé
?
Bof, ces deux peuples étant
- à leur manière - impérialistes,
les torts doivent être partagés
!…
En franchissant le Danube en 85 ap. J.-C. et
en ravageant la province romaine de Mésie
(grosso modo, le Nord de la Serbie
et de la Bulgarie), ce furent bien les Daces
qui déclenchèrent la phase aiguë
du conflit qui allait les conduire, vingt ans
plus tard, sous Trajan, à la perte de
leur indépendance. Certes… Mais,
de toute façon, à terme, les Romains
auraient été contraints d'intervenir
: l'existence même du puissant royaume
dace, riche, bien organisé, puissamment
armé et expansionniste, représentait
une menace insupportable pour la sécurité
de la frontière et des provinces danubiennes
de leur Empire. Rappelez-vous d'ailleurs de
Jules César : un siècle et demi
avant Trajan, n'avait-il pas déjà
envisagé une guerre de conquête
contre le royaume dace, en guise de hors d'œuvre,
de "zakouskis", à sa grande
expédition contre les Parthes ? Son assassinat
aux Ides de Mars 44 avait fichu ce projet en
l'air, mais les intentions hostiles de Rome
restaient affichées !
N'oublions pas non plus que l'Empire romain,
chroniquement et structurellement à court
de métaux précieux, convoitait
les trésors des rois de Dacie et leurs
mines d'or et d'argent. De leur côté,
les Daces guignaient eux aussi les richesses
et les terres romaines afin d'accroître
leur puissance et leur "espace vital",
et offrir ainsi une meilleure résistance
aux "Peuples de la Steppe" (Alains,
Roxolans, Iazigues, etc) qui, en quelque sorte,
les "poussaient dans le dos" vers
la rive romaine du Danube en exerçant
une forte pression sur les frontières
septentrionales et orientales de La Dacie indépendante. |
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2.
À propos de la Belgique pré-César,
j'ai vu sur une vieille carte d'Angleterre, que
nos ancêtres n'étaient pas aussi pacifistes
que nous maintenant et qu'ils ont attaqué
les Bretons.
À nouveau pour l'Angleterre, les
Romains ont-ils conquis l'île de Man et le
Pays de Galles ?
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| RÉPONSE
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Je ne suis pas très
au fait de l'histoire de la (Grande-)Bretagne préromaine,
mais on peut effectivement craindre que les "anciens
Belges" qui s'y installèrent à
la fin de l'Âge du Fer offrirent plus volontiers
aux insulaires indigènes des vigoureux horions
et des roides coups d'épée que des bouquets
de fleurs champêtres ou des chopines de ces
bonnes bières dont ils avaient déjà
(enfin, je présume) le secret !
Quant au Pays de Galles, il fut occupé
par les Romains. Sous le nom latin de Cambria,
il constitua la partie occidentale de la province
de Britannia superior (voyez :
www.roman-britain.org).
Pour l'Île de Man, je suis
plus perplexe. Certains sites Web affirment qu'elle
fut annexée par Rome (voir : www.tlfq.ulaval.ca).
D'autres signalent qu'elle subit seulement l'influence
romaine, mais sans être occupée à
demeure (voir : fr.wikipedia.org).
Personnellement, je me rangerais plus volontiers
à cette dernière hypothèse :
Rome n'avait nul intérêt à entretenir
en permanence de coûteuses garnisons dans cette
terre du bout du monde. Mais c'est là seulement
une question de feeling de ma part : je n'ai
pas pu recueillir de preuves pour trancher dans l'un
ou l'autre sens… |
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| 26 Février 2008 |
| Stéphane
a écrit : |
Sauriez-vous
me dire d'où viennent dans les sources les informations
faisant état de la jeunesse d'Attila
au sein de l'empire romain d'occident ?
S'agit-il d'un mythe ou d'une réalité
historique ? |
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| RÉPONSE
: |
Je n'ai pu
trouver la confirmation de la présence
du jeune Attila
dans les cours impériales de Ravenne
ou de Constantinople, et il m'est donc
impossible de me prononcer sur la réalité
de cet épisode de la vie du "Fléau
de Dieu". Je constate seulement que
cette anecdote a été reprise
par certains historiens (Amédée
Thierry au XIXe siècle et, récemment,
Maurice Bouvier-Ajam), mais je n'ai pu
en déterminer l'origine.
A priori, je serais toutefois
tenté de voir là une légende,
élaborée en guise de contrepoint
au séjour d'Aetius chez les Huns,
en qualité d'otage - une expérience
d'ailleurs fructueuse pour le Romain,
puisqu'elle lui permit de nouer avec ces
belliqueux nomades des liens d'amitié
fort utiles pour imposer son autorité
sur l'Occident romain. Aetius
aurait donc été l'hôte
des Huns tandis qu'Attila se trouvait
à la cour de Ravenne, le Romain
apprenant les forces et les faiblesses
des Barbares alors même que le Hun
prenait conscience des richesses mais
aussi de la décrépitude
du vieil Empire, et chacun des deux camps
nourrissant en son sein un serpent qui
allait le mordre !
En outre, Attila devenait ainsi un second
Arminius, cet autre fléau de Rome,
qui, également otage de Rome, aurait
appris de ses hôtes tout ce qu'il
fallait pour leur infliger une des plus
cinglantes défaites de leur histoire
(voyez à ce sujet : www.peplums.info).
L'histoire est belle… Mais est-elle
vraie ? Mystère… |
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| 28 Février 2008 |
| Caroline
a écrit : |
Je
fais un concours adressé aux latinistes et
hellénistes. J'ai deux questions (dures !)
auxquelles j'espère que vous pourrez répondre
:
1. En Espagne,
comment les archéologues sont-ils
parvenus à restituer l'inscription figurant
sur l'attique de l'aqueduc de Ségovie, alors
même que cette inscription a complètement
disparu ?
Je cherche des écrits sur cet aqueduc, ou
bien l'inscription, bref, toute information ayant
rapport de près ou de loin avec l'aqueduc,
est la bienvenue !
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| RÉPONSE
: |
| Effectivement, bien qu'elle
ait disparu, l'inscription de l'aqueduc de Ségovie
a pu être (approximativement) reconstituée.
Pourquoi ? Eh bien, parce qu'elle était composée
de lettres de bronze, et si le temps a eu raison de
ces lettres, leurs points de fixation sont restées
visibles, ce qui a permis aux experts de tenter des
relectures possibles. (Voyez à ce sujet - en
anglais - : www.romanaqueducts.info).
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2.
Quel pays de l'Union Européenne évoque
à la fois l'amour et un métal ?
Pourquoi ? (j'ai pensé à la Grèce,
mais pourquoi…)
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| RÉPONSE
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Pour le pays européen
que vous recherchez, en tant que Belge, j'eusse moi
aussi bien aimé que cela fût la Grèce
(à frites, naturellement !). Mais, soyons sérieux,
il s'agit certainement de Chypre,
du grec kupros qui signifie "cuivre"…
Enfin, en réalité, pour être exact
et précis, c'est plutôt le métal
qui porte le nom de cette île : les Grecs donnèrent
en effet au minerai le nom de ce pays qui en regorgeait.
Mais, finalement, cela revient au même !…
Quant à la référence à
l'amour, les pubs vantant les beautés de Chypre
y font souvent allusion : ce serait sur l'une des
plages enchanteresses de l'île qu'Aphrodite,
la déesse de l'amour (la Vénus des Romains)
aurait vu le jour en émergeant de l'écume
de la mer. (Sur Chypre, le cuivre et Vénus,
voyez wikipedia.org).
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