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Septembre 2005 (page 2/3)

Sommaire du mois de Septembre : Clic !

 
22 Septembre
Jean-Michel a écrit :
 
À propos de SPQR Senatus populusque Romanus (voir : Clic !)
L'adjectif qualificatif Romanus est épithète à la fois de Senatus et de populus.
La grammaire latine que je viens de consulter (Gaillard, Cousteix, Grammaire du latin, Nathan Scodel, 1992) précise, page 95, : "un adjectif épithète de plusieurs noms n'est généralement pas répété, et s'accorde seulement avec le nom le plus rapproché."
Bertrand Lançon, dans son livre Les Romains (Le cavalier bleu, idées reçues, 2005) le confirme, page 23 : "L'adjectif romanus qui reste singulier s'accorde aussi bien à senatus qu'à populus. Cela signifie que Sénat et peuple ne forment qu'un."
 
 
 
RÉPONSE :
 

Un grand merci pour ces fort judicieuses précisions grammaticales.
J'avais donc bien raison d'écrire, dans cette correspondance (Clic !) à laquelle vous me faites le plaisir et l'honneur de réagir, que mes notions de grammaire latine sont réellement défraîchies… et j'ajouterais que, contrairement à vous, le courage me manque pour les remettre à un niveau convenable !

 
 
 
23 Septembre 2005
Fouzmer a écrit :
 
Je m'intéresse à l'histoire de la petite ville numide de MILEV (Milah, actuellement), ville natale de saint Optat, et du manichéen Faustus de Milev
Pouvez-vous m'aider
 
 
 
RÉPONSE :
 
Non, pas vraiment… Et ce d'autant moins que, sur la Toile non plus, je n'ai rien trouvé de bien excitant sur cette ville de Milev (ou Milevum, ou Milevis - auj. Mila). Seulement deux ou trois pages dont voici les adresses, en espérant que vous ne les ayez déjà pas repérées par vous-même :
  • Le site de Djamila - Mila : Clic !
  • Catholic Encyclopedia
 
 
 
23 Septembre 2005
Jean-François a écrit :
 
J'aimerais savoir si vous avez des informations à partager au sujet de Matidie la Jeune, cette sœur de l'impératrice Sabine (et donc belle-sœur d'Hadrien), qui m'apparaît extrêmement mystérieuse. Aucun époux ne semble lui être associé (ce que je trouve réellement inusité, pour ne pas dire suspect) et, à ma connaissance, aucun auteur ancien ne la mentionne.
Pourtant, on retrouve plusieurs inscriptions portant son nom et même des portraits lui sont attribués (dont le fameux buste du Capitole représentant une dame au cou de cygne, arborant une coiffure "flavienne", ainsi qu'une statue monumentale récemment découverte dans le théâtre de Sessa Aurunca).
Merci d'avance !
 
 
 
RÉPONSE :
 

Malheureusement, après avoir effectué quelques recherches, tant dans ma documentation (d'ailleurs relativement maigre) que sur la Toile, j'en suis arrivé aux mêmes conclusions que vous : les sources littéraires ne pipent mot de cette Matidie la Jeune (Vibia Matidia), arrière-nièce de Trajan et belle-sœur d'Hadrien. Elle ne semble décidément connue que par l'épigraphie.

Évidemment, les sublimes Mémoires d'Hadrien de Marguerite Yourcenar contribuent peut-être à entretenir cette illusion qui nous porterait à croire que les règnes des empereurs de la dynastie dite des Antonins sont aisément décryptables. Or, ce n'est assurément pas le cas : les sources sont rares, lacunaires ou tardives, et des pans entiers de l'histoire de cette période - qui est pourtant celle de l'apogée de l'Empire romain - restent encore mystérieux, même aux meilleurs spécialistes.

Cela pour vous dire que le fait que nous ne sachions pas grand-chose de cette noble dame, pourtant toute proche du trône impérial, n'est en soi pas exceptionnel… Même si cela titille notre curiosité, j'en conviens…
Toutefois, ne désespérons pas encore ! Je me propose de "publier" votre message dans les pages réservées au courrier de visiteurs de mon site. Peut-être qu'un internaute, plus érudit que moi (et j'en connais quelques-uns), sera en mesure de nous donner des renseignements sur cette énigmatique Matidie. Si c'est le cas, je me ferai bien évidemment un plaisir et un devoir de vous les transmettre.

 
matidie la jeune

POUR PLUS D'INFOS SUR MATIDIE LA JEUNE
Voyez ce courrier de Gricca : Clic !

 
 
 
26 Septembre 2005
Claudia a écrit :
 
Je suis intriguée par le premier mariage de Tibère, que je découvre sur le tableau généalogique "Succession d'Auguste et Tibère".
Quel est le lien de cette Pomponia Attica avec le grand ami de Cicéron ? Et, surtout, d'où sortez-vous cette alliance, où est-elle mentionnée ?
 
 
 
RÉPONSE :
 

Tout d'abord, un grand merci pour l'intérêt que vous accordez à mon site internet… Un intérêt d'ailleurs très attentif puisque vous êtes la première à déceler cette grossière erreur.

Évidemment ! Jamais Tibère n'épousa Pomponia Attica. En réalité, celle-ci, fille de Pomponius Atticus, l'ami intime de Cicéron, n'était autre que sa belle-mère : première épouse d'Agrippa et mère de cette Vipsania Agrippina, tendrement aimée de Tibère et dont il fut contraint de se séparer (alors qu'elle attendait son deuxième enfant) pour convoler en tristes noces avec Julia, l'ingérable fille d'Auguste, elle-même veuve d'Agrippa (donc l'ex beau-père de Tibère - le monde est petit !)

Alors, j'aimerais dire - comme pour me disculper - que cette énorme bourde de ma part ne serait rien qu'un lapsus calami, rien qu'une malencontreuse faute de frappe. Mais ce n'est hélas pas le cas. En fait, lorsque j'ai réalisé ce tableau généalogique, j'ai trop rapidement décrypté les infos d'un autre (il est vrai assez confus, mais ce n'est pas une excuse) qui me servait de source.
Quoi qu'il en soit, je me suis empressé de corriger cette erreur. Encore merci et bravo pour votre sagacité !

 
 
 
27 Septembre 2005
Annie a écrit :
 
Passionnée d'histoire, je me suis penchée sur une hypothétique vérité de la vie de Jésus.
Il va sans dire que je me suis confrontée à diverses théories, dont certaines que vous avez développées avec les critiques justifiées sur votre site. Cependant, j'ai trouvé un site exposant une théorie (Évangile selon Saint Claude), attribuant la paternité de Jésus au roi Hérode et à Marie, fille d'une courtisane. Cette théorie est bien alléchante, mais qu'en pensez-vous ? La connaissez vous ? d'où vient-elle ? De même, que penser de la théorie des Juifs, qui fait de Jésus, le fils d'un soldat romain ?
Je serais plus attirée vers la théorie de Jésus fils de Judas de Gamala, mais… Existe-t-il vraiment une vérité connue ?
Merci de bien vouloir m'éclairer.
 
 
 
RÉPONSE :
 

Non, ,je ne connaissais absolument pas cet Évangile selon saint Claude et je ne l'ai sans doute que trop superficiellement parcouru pour juger honnêtement de la pertinence des arguments avancés par son auteur. Je me demande toutefois à quelles sources il a puisé le scoop selon lequel Marie serait la fille d'une prostituée et que Jésus le fruit des amours clandestines de cette charmante gamine avec le roi Hérode le Grand. Je suis absolument certain que les Évangiles canoniques sont muets à ce sujet. Quant aux apocryphes (Protévangile de Jacques, Pseudo-Matthieu, Nativité de Marie), tous tendent plutôt à valoriser la Sainte Vierge, la prétendant issue d'une famille honorable (sinon d'une noble lignée, voire royale), née de parents aisés (voire très riches) et étant elle-même fort pieuse, sage et travailleuse, surtout experte en l'art du tissage (entre autres, celui de ce voile sacré du Temple de Jérusalem qui se déchirera précisément à l'instant où Jésus rendra Son âme à Son divin Père - une coïncidence trop belle pour être authentique !)…

Dans la réalité des faits, nous ne savons guère de la naissance de Jésus que ce que les Évangiles (en particulier ceux selon Matthieu et selon Luc) veulent bien nous en dire… Et comme leur but n'était pas nécessairement de relater des faits historiques, mais plutôt de démontrer que la naissance du Messie s'était déroulé conformément aux règles prescrites par les Écritures, autant dire que nous ne savons pas grand-chose !

Avec une telle pénurie d'informations crédibles, et compte tenu du fait que Joseph, père putatif de Jésus, est un personnage tellement évanescent que l'on peut légitimement douter de son existence réelle, il est évidemment possible de proposer un père de substitution.
Lequel ?
Tout dépend naturellement de la façon dont on se représente la personnalité et la mission de Jésus. Si l'on voit en lui un prétendant à royauté d'Israël, un résistant à l'occupation romaine, les "recherches en paternité" s'orienteront plutôt vers quelqu'un du genre de Judas de Gamala, "héros de Dieu" (Geber-El, Gabriel), le chef de la "révolte du recensement" (voyez à ce sujet : Clic ! et Clic !). En revanche, si l'on se représente Jésus comme un simple rabbi galiléen, commentateur paradoxal et rénovateur hardi de la Loi de Moïse, faiseur de miracles à ses heures, admettre qu'i fut le fils d'un certain Joseph, humble charpentier dans un trou perdu de Galilée, ne pose guère de problème de vraisemblance historique. Et si, à l'instar de tout bon chrétien, on considère que Jésus était le fils de Dieu, la question de son père terrestre n'a qu'une importance très secondaire…

Quant aux allégations du livre juif intitulé Toledot Jeschou (ou, comme l'écrit Voltaire, le Sefer Toldos Jeschut), qui fait de Jésus le fils d'une prostituée et d'un légionnaire romain nommé Ben Panthera, la plupart des historiens n'y voient guère que l'expression d'une propagande anti-chrétienne. Personnellement, je ne connais pas grand-chose de cet écrit, mais j'imagine qu'il constitue, en quelque sorte, le reflet en négatif des Évangiles et que, par conséquent, ses dires doivent être analysés avec autant de prudence que ceux de Matthieu et de Luc.

 
saint joseph

REACTION A CE COURRIER :

  • Ne jetez pas la pierre à la femme adultère… le beau légionnaire est derrière ! : Clic !
 
 
 
28 Septembre 2005
David a écrit :
 
Je cherche des informations sur l'établissement du limes dans le Haut-Empire. Je n'ai que peu d'informations malheureusement. Je sais que les Flaviens et surtout les Antonins (avec Hadrien) l'ont formé. Mais je n'ai aucune précision chronologique à ce sujet. Je vous serai très reconnaissant si vous pouvez m'apporter quelques éclaircissements à ce sujet.
Je vous en remercie d'avance.
 
 
 
RÉPONSE :
 

N'étant, hélas, pas très familier avec toutes ces questions relatives à l'armée romaine et à la défense des frontières de l'Empire, j'ai un peu fouillé dans ma documentation afin de voir si elle ne recélait quelque renseignement sur le "limes". Et, ô bonheur, j'ai trouvé un texte, qui me paraît fort intéressant, et qui, je l'espère satisfera votre comme curiosité comme il a déjà comblé la mienne.
Le voici :

"1. Mises au point
La stratégie impériale romaine a été longtemps décrite comme une stratégie du limes, c'est-à-dire une stratégie défensive visant à fermer progressivement l'accès à l'Empire à un ennemi potentiel par l'installation d'un cordon fortifié renforçant ou non un obstacle naturel (un fleuve, le désert). Inaugurée par Vespasien, elle s'imposa avec Hadrien créateur du mur breton et du vallum rhétique et ne fit que s'accentuer. (…)

Ce terme (limes) appartient au langage des arpenteurs (les agrimensores). Il servait à désigner un chemin ou une bande de terrain séparant deux éléments centuriés (= lot de terre cadastrée) ou bordant une centurie voisinant avec une portion non centuriée du territoire. Dans un contexte militaire, le terme est présent dès la fin de la République. Il n'indique pas à proprement parler une « route » (…) mais un passage assez large et continu courant en pays hostile, tracé dans la forêt par les armées. Rencontré dès le Haut-Empire au sens de frontière, limes s'oppose à ripa et matérialise la frontière « terrestre » à côté de la frontière « fluviale ». (…)

Le mot limes est impropre parce que la réalité qu'il entend recouvrir ne répond pas à ce que fut l'organisation des frontières romaines. La ligne fortifiée et défensive qu'il suppose ne figure pas dans les sources, ni sur le terrain, ce qui conduit à douter également de la stratégie envisagée à l'appui de cette définition. Enfin, (…) la notion même de grande stratégie est incongrue dans le contexte romain. Non seulement l'empire n'a jamais pensé une frontière idéale théoriquement souhaitable et dessinée en fonction de critères « scientifiques », mais Rome n'a jamais utilisé un concept unique pour tenter de localiser ses efforts militaires et représenter ses relations avec ceux de l'extérieur.
Ces critiques ont encouragé la recherche d'autres approches. C.R. Whittaker a ainsi émis l'hypothèse que les frontières atteintes par l'Empire romain étaient écologiques et économiques. Elles reflétaient les limites du développement social de l'Europe protohistorique et s'arrêtaient à la ligne autorisée par les conditions naturelles en Afrique. L'hésitation entre le mur d'Hadrien et celui d'Antonin en serait une illustration parmi d'autres : l'intervalle constituait le territoire des Votadini dont les aptitudes céréalières se seraient avérées insuffisantes ; il aurait été, en revanche, plus favorable aux prairies. Le mur aurait permis le contrôle à moindres frais des deux régions complémentaires. La démonstration de CR. Whittaker a fait l'objet de réserves importantes à la fois en ce qui concerne l'organisation économique des zones frontières et leur signification historique et culturelle. (…)
J.-M. Carrié suggère, pour sa part, de porter en outre plus d'attention aux données idéologiques, administratives et juridiques. Il rappelle que, quoi qu'on en ait, il y avait une différence de condition entre ceux qui étaient inclus administrativement dans l'Empire et ceux qui restaient exclus : les tarifs douaniers, les échanges, la circulation des hommes le montrent. Il y avait donc deux versants opposés dans la vision même que les Romains avaient des limites de leur Empire : d'un côté, la réalité de leur domination qu'il fallait préserver et poursuivre ; de l'autre, l'impossibilité de donner un contour précis à une entreprise tributaire de rapports mouvants avec des populations aux comportements diversifiés.
Les frontières romaines ont pris à cet examen davantage de consistance. Beaucoup moins figées et rigides dans leur corset fortifié, elles ont acquis des significations diverses selon le regard et le lieu. Enjeu de pouvoir, champ d'affrontement guerrier, passage ou étape vers des horizons toujours reculés et d'autant plus flous qu'ils s'éloignent du centre, elles étaient tantôt ouvertes tantôt fermées, point de départ et limite, zone d'échanges et rempart. Il ne s'agit pas d'abandonner l'idée que la frontière romaine n'avait rien de militaire sous prétexte que la notion de barrière ne lui serait pas plus applicable que celle de limite stratégique. (…)

2. Des créations continues.
Les constructions fortifiées aux limites de l'Empire se sont développées progressivement et selon des rythmes originaux au moins jusqu'à l'époque d'Hadrien. Elles faisaient corps avec le secteur provincial dont elles marquaient le territoire.

La frontière rhéno-danubienne a ouvert la voie sous les Flaviens ; les murs de Bretagne au IIe siècle intriguent, mais soulignent l'originalité des solutions locales. Du Norique à la Dacie, le Danube a imposé une configuration linéaire, mais la province conquise par Trajan au nord du fleuve rompait avec elle. L'Afrique des déserts révèle encore d'autres manières de concevoir des frontières dont le rôle militaire n'était ni isolé du reste, ni étranger au fonctionnement de l'administration et de l'État.

En Germanie, la rive du Rhin servait d'axe essentiel depuis les bouches du fleuve jusqu'au sud de Bonn. Domitien avait inclus des secteurs situés à l'est du fleuve et redessiné la frontière depuis le Taunus jusqu'à la Rhétie en prenant appui sur le Neckar. Hadrien institua une palissade de bois ou vallum en Germanie supérieure et en Rhétie. Antonin le Pieux lui substitua une construction en pierre, rectiligne sur 80 Km entre Walldurn et Weltzheim, en arrière de laquelle était disposée une multitude de forts. Des tours de guet et un système de routes longitudinales complétaient le dispositif. Cette ligne de surveillance n'était pas une barrière et n'était pas conçue pour empêcher à tout prix le passage d'un ennemi, ce qui n'était pas non plus l'objectif des murs bretons.
Celui d'Hadrien avait mis à profit le rétrécissement naturel entre Tyne et Solway. Il fut bâti, en partie en pierre, en partie en terre et en bois, entre 122 et 130 approximativement, mais il subit ensuite des aménagements et des améliorations (on l'édifia alors entièrement en pierre). Courant sur plus de 120 Km, il était d'une épaisseur de 2,5 m et pouvait avoir une hauteur de 5 à 6 m. Un fossé longeait en façade les secteurs peu escarpés. Tous les mille pas, un fort (milecastle) abritait de petites garnisons ; dans l'intervalle on avait posté deux tours de guet. Sur l'arrière du mur un intervallum avait été aménagé comportant en particulier un fossé qu'on ne franchissait qu'à hauteur des forts. À une date plus tardive, une route longitudinale fut tracée et prolongée le long du littoral vers le sud.
Sous Antonin le Pieux, la limite construite fut portée 160 Km au nord, là où la distance entre les deux mers était la plus faible, et s'étendit sur près de 60 Km de la Clyde au Firth of Forth. Le mur d'Antonin fut érigé depuis l'est vers l'ouest. Élevé en terre sur des fondations en pierre, commencé en 143 après la victoire de Q. Lollius Urbicus en Écosse méridionale, il reposait sur un système de forts entre lesquels des fortins étaient intercalés. Les étapes du travail indiquent que l'ordre d'installation des divers éléments varia selon les lieux.
Une grave révolte en 155 conduisit à la réoccupation du mur d'Hadrien dans les années 160. l y eut ensuite, semble-t-il, des alternances d'avancées et de replis entre les deux murs, jusqu'à l'abandon définitif du mur d'Antonin sous Caracalla. L'enchevêtrement de données lacunaires confectionne un écheveau peu aisé à démêler. Le mur d'Hadrien n'était pas conçu pour opposer une muraille défensive et infranchissable. Il avait peut-être eu pour but de faciliter l'achèvement de la conquête vers le nord ou de contrôler à moindres frais les incursions fréquentes de populations qu'il rendit finalement plus agressives encore. Le choix d'inclure sans rechercher la conquête à tout prix se heurtait aussi peu à peu au changement d'attitude des peuples extérieurs vivant au contact de l'Empire.

Dans la seconde moitié du IIe siècle, du Norique à la Dacie, il fallut surtout adapter le dispositif aux fluctuations d'une situation qui s'était avérée dangereuse sous Marc Aurèle. Il ne semble pas que des transformations radicales soient intervenues. Les répartitions des troupes subirent quelques modifications au profit de secteurs dont la concentration fut renforcée. Des forts furent abandonnés, d'autres restaurés ou édifiés. La situation redressée sous Commode fut consolidée sous Septime Sévère, mais l'ancien gouverneur de Pannonie ne prit aucune initiative véritable dans ces régions.

Les frontières de l'Afrique n'ont pas cessé d'évoluer. En Tripolitaine, c'est en 201 qu'est construite la forteresse de Bu Njem qui représentait une défense fixe, mais contrôlait, comme l'a montré R. Rebuffat, le désert vers le Sud. Au IIIe siècle, ce secteur se caractérise par une relative perméabilité et par la surveillance accrue des populations du désert et des caravanes. Il ajoutait aux installations militaires proprement dites une zone d'influence intégrée au dispositif. En Numidie et Maurétanie Césarienne, le système adopté rappelle celui des secteurs septentrionaux et suit une progression prudente mais régulière vers le Sud. En Maurétanie Tingitane, on devrait parler de « zone de protection ». Dès l'époque flavienne, le territoire de Sala, le plus méridional, fut doté d'un vallum et de sa fossa dont les vestiges ont été repérés sur une douzaine de kilomètres."

(Patrick LE ROUX, Le Haut-Empire en Occident d'Auguste aux Sévères, pp. 391-397, Éditions du seuil, Coll. Points Histoire, 1998)

livre le roux

Sur le Web, j'ai également trouvé quelques pages qui pourraient peut-être vous intéresser… si du moins vous ne les avez pas déjà repérées.

  • Encyclopédie libre Wikipedia - limes : Clic !
  • Site d'Emilia Romain - L'armée romaine sous le Haut Empire - le limes : Clic !
  • Site ARTE - le limes, ouvrage défensif : Clic ! (à propos d'une série documentaire sur les "Grandes invasions")
  • Site Unesco - Patrimoine mondial - les frontières de l'Empire romain : Clic !
  • Site de l'Institut de Stratégie comparée - le plus vieux limes - la défense de l'Afrique romaine : Clic !
    Et sur mon propre site :
  • Quelques infos sur le mur d'Hadrien : Clic !
  • Au Nord du mur d'Hadrien, l'Écosse à l'époque romaine :Clic !