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Mois 2005 (page 4/4)
Sommaire du mois de Mai : Clic
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| 23 Mai 2005 |
| Alexandre
a écrit : |
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J'ai
quelques questions à vous poser qui me tracassent
dernièrement et je crois bien que vous êtes
le seul à pouvoir éclairer mes lumières.
1.
Nous avons ma fiancée et moi récemment
regardé le film « Gladiator ».
Nous l'avons souvent vu, mais il nous passionne
toujours autant. Un mythe concernant les
combats de gladiateurs ;le fameux pouce levé
de l'empereur pour gracier un gladiateur et le pouce
baissé pour la mort. Il me semble
que c'est un mythe hollywoodien. En effet, je n'ai
rencontré nulle part ce mythe du fameux pouce
dans les livres d'auteurs de l'Antiquité
par contre on en parle toujours sur les sites internet.
Donc ma question, est-ce un mythe qu'Hollywood a
inventé ou était-ce bien réel.
?
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| RÉPONSE
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| Dans une bonne vieille
comédie franchouillarde des années '70-'80
(dialoguée, je crois, par Michel Audiard),
un type, profondément abattu, manifestait son
déplorable état mental devant sa mère
- une vieille pocharde - en faisant ce fameux geste
du pouce renversé : "Tu sais ce que
cela veut dire ça ?", interrogeait-il
sa génitrice. Et la poivrote, reprenant le
même geste, mais accompagné d'un vif
mouvement horizontal du bras, de répondre illico
: "Oui : « Remettez-nous cela, patron
! »".
Une boutade, certes…
Mais Dieu sait quelle signification les anciens
Romains auraient accordée au geste fatal
du pouce que les réalisateurs d'Hollywood
(et d'ailleurs) s'entêtent à prêter
à ces Césars vicelards, tous grands
amateurs de chair fraîche de gladiateurs
devant l'Éternel ! En effet, ce pouce
renversé (en latin pollice
verso), prétendument synonyme
de mort pour le vaincu, est largement apocryphe.
Cette tradition n'est attestée
(si l'on peut dire) que par un seul petit passage
- moins facile à interpréter qu'il
n'y paraît de prime abord - d'une satire
de Juvénal.
Mais puisque mon éminent compatriote
Michel DUBUISSON, professeur de l'Université
de Liège (Belgique), a pris la peine
de publier sur le Net une intéressante
mise au point à propos de l'historicité
de ces pouces qui, dans les péplums,
se lèvent ou s'abaissent si fréquemment
selon le bon plaisir des omnipotents césars,
je préfère vous laisser en sa
compagnie. Il vous expliquera tout cela bien
mieux que je ne pourrais le faire : Pouce
! (M. Dubuisson).
(Dans le même esprit, voyez aussi la
mise au point de Michel Dubuisson relative à
trop fameux Ave,
César, ceux qui vont mourir te saluent
! - sujet qu'in illo tempore,
j'avais moi-même évoqué
ici : Clic
!) |
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2.
Ma deuxième question concerne Carthage et
sa fameuse bibliothèque. Je sais que je m'éloigne
beaucoup du sujet de votre site puisque ma question
est plus reliée à la République.
Je recherche les ouvrages de Macon l'Agronome,
agronome carthaginois. Selon les sources romaines
de l'Antiquité, lorsque les Romains s'emparèrent
de Carthage et la rasèrent, ils donnèrent
tous les ouvrages aux tribus africaines. À
mon avis, ceci est complètement faux et je
crois bien que les ouvrages de la bibliothèque
de Carthage et ceux du fameux agronome Macon reposent
à Rome, et peut-être même au
Vatican. J'ai effectué quelques recherches
sur internet, mais les résultats ne sont
pas fameux. En effet, il est impossible de retrouver
les ouvrages de Macon.
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| RÉPONSE
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| Macon l'Agronome ? Vous
voulez sans doute parler de Magon le Carthaginois
?
Quoi qu'il en soit, Macon ou Magon, je dois bien vous
avouer que, jusqu'à ce jour, je n'avais jamais
entendu parler de ce monsieur !…
Les seules infos que j'ai pu recueillir à
son sujet (sur le Net et dans ma maigre documentation)
précisent qu'effectivement, son grand ouvrage
sur l'agriculture tomba entre les mains des Romains
après la destruction de Carthage (en 149 av.
J.-C.). Ce document ne fut cependant pas détruit
: dans le courant du Ier siècle av. J.-C.,
il fut traduit en grec par un certain Cassius Dionysius
d'Utique, puis, peu après, en latin. D'après
ce que l'on me dit, cet ouvrage est aujourd'hui à
peu près totalement perdu : il n'en subsiste
que des citations éparses dans les ouvrages
de Caton ou de Varron.
Notez toutefois que je lis sur ce site (www.isesco.org.ma)
que le grand vizir du calife Haroun al-Rachid (fin
du VIIIe siècle) aurait demandé au patriarche
d'Alexandrie de lui traduire en arabe l'œuvre
de Magon. Peut-être donc subsiste-t-il encore
des traces de cette version… Mais comme mes
compétences en matière de littérature
arabe se limitent aux Mille et une nuits
(lesquelles sont d'ailleurs davantage persanes qu'arabes),
je serais bien en peine de vous donner le moindre
renseignement pertinent à ce sujet. |
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| 25 Mai 2005 |
| Aurélien
a écrit : |
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| Faisant
un devoir sur les empereurs illyriens, je dois faire
une section sur les travaux réalisés par
les empereurs. Il y a le temple construit par Aurélien
sur le champ de Mars ou sur la via Flamina et bien sûr
la muraille dudit Aurélien. Vous parlez des travaux
réalisés par Probus en Égypte,
travaux dont je ne trouve aucune trace. N'ont-ils pas
laissés plus de souvenirs, ces travaux ? |
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| RÉPONSE
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| Des souvenirs
des grands travaux égyptiens de Probus
?
Je ne suis pas féru d'archéologie égyptienne,
mais je serais fort surpris que l'action de cet empereur
au Pays du Nil ait laissé des traces autres
que littéraires. Et encore celles-ci sont-elles
fort ténues : à ma connaissance, une
seule brève mention dans l'Histoire Auguste,
un recueil anonyme de biographies impériales
assez tardif (fin du IVe siècle), dont la plupart
des assertions doivent êtres prises avec pincettes…
Voici ce texte : "Il subsiste en maintes
villes d'Égypte des bâtiments qu'il
(= Probus) fit ériger par ses troupes.
Les travaux importants qu'il entreprit sur le Nil
lui permirent d'accroître le rapport de l'impôt
sur le blé. Il construisit, en, faisant travailler
ses soldats, des ponts, des temples, des portiques,
des basiliques, dégagea l'embouchure de nombreux
fleuves et assécha un grand nombre de marais
qu'il transforma en terres à céréales
et autres cultures." (Histoire Auguste,
Vie de Probus, IX-4, trad. André CHASTAGNOL,
Éditions Robert Laffont, coll. Bouquins).
Tout cela est évidemment trop beau pour être
tout à fait vrai !…
Tout d'abord, dans
toute la biographie
qu'il consacre à Probus, l'auteur
de l'Histoire Auguste manifeste un
a priori très favorable à
cet empereur qu'il considère comme le
restaurateur de la grandeur impériale
romaine (ce qui est en partie vrai) et surtout
comme un souverain très respectueux des
prérogatives du Sénat de Rome
(ce qui est déjà plus contestable).
Cet écrivain, qui rédigea son
œuvre plus d'un siècle après
la mort de Probus, en se basant sur les sources
déjà lacunaires et partiales,
a donc nettement tendance à enjoliver
la réalité pour glorifier son
héros. Et quand ses sources sont muettes,
il n'hésite pas à inventer de
toutes pièces des faits susceptibles
d'étayer son plaidoyer.
Ensuite, il faut quand même signaler que
l'auteur de l'Histoire Auguste situe
l'activité de Probus en Égypte
sous le règne d'Aurélien
(270-275), au moment de l'écrasement
de l'éphémère empire romain
d'Orient de la reine Zénobie
de Palmyre. Or, à cette époque,
un autre Probus (Tenaginus Probus), qui n'a
rien à voir avec le futur empereur, était
préfet d'Égypte ! Le rédacteur
de l'Histoire Auguste ne se serait-il pas "emmêlé
les pinceaux" entre ces deux Probus au
point de prêter à l'un les réalisations
de l'autre ?
Toutefois, d'un autre côté, il
n'en reste pas moins vrai que d'anciens papyrus
égyptiens décrivent bien certains
travaux de "génie civil" effectués
au pays des pyramides sous la houlette de l'empereur
Probus. Un de ces documents affirme qu'il y
fit restaurer des routes pour mieux assurer
l'approvisionnement de ses troupes. Un autre
parle de travaux ponctuels de régularisation
du Nil et de canaux d'irrigation.
Qu'en conclure ? |
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Pour parler trivialement, sans doute qu'il ne "faut
pas faire tout un fromage" de ces travaux égyptiens
de Probus ! Si celui-ci passa en Égypte dans
les années 279-280, c'était surtout
pour régler leur compte aux Blemmyes, ces pillards
nubiens qui ravageaient régulièrement
le pays, et non pour édifier des temples, des
portiques ou des basiliques. Durant tout son séjour
au beau pays du Nil, son seul véritable objectif
fut de gagner cette guerre (et de préparer
celle qu'il projetait contre l'ennemi héréditaire
perse), et s'il fit construire des routes et drainer
des champs, c'était pour nourrir ses soldats,
et non les fellahs !
Ce n'est que quelques années plus tard, quand
il eut triomphé de tous ses ennemis, que Probus
osa ordonner à ses soldats de retrousser leurs
manches et de s'employer à de pacifiques travaux
d'intérêt général. Une
initiative qui lui coûta d'ailleurs son trône
et sa vie… Mais croyez bien que s'il avait demandé,
en 279, à ses rudes soldats illyriens de se
"délasser" de leur guerre contre
les sauvages Blemmyes en édifiant, pour des
Égyptiens décadents, des portiques ombragés,
des temples dorés ou de majestueuses basiliques,
son règne s'en serait trouvé écourté
de plusieurs années !
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| 28 Mai 2005 |
| Louis
CAMPOS a écrit : |
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Il
y a quelques années, j'ai fait un exposé
universitaire concernant le passage du paganisme au
christianisme sous l'Empire romain. Dans
cet exposé, j'ai avancé certaines idées
personnelles qui m'ont paru intéressantes.
Or je viens de mettre cet exposé en ligne.
Voici les URL si cela vous intéresse : http://site.voila.fr/paganchrist
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| 30 Mai 2005 |
| Marie-Bérangère
a écrit : |
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Quel
était le portrait physique de l'empereur Romain
Hadrien ? Je n'ai pas réussi à
trouver les réponses dans mes recherches.
Merci de m'éclairer ! |
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| RÉPONSE
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Question apparence
d'Hadrien,
j'ai bien peur que nous ne devions définitivement
nous contenter de ces brèves notations
de l'Histoire Auguste (recueil de biographies
impériales, assez tardif - fin du IVe
siècle ap. J.-C. - et anonyme) :
"Il (= Hadrien) était
de haute taille, bien fait de sa personne,
avec une chevelure artistiquement peignée
et une barbe fournie pour cacher des marques
qu'il avait de naissance sur son visage ;
sa constitution était robuste."
(Histoire Auguste, Vie d'Hadrien,
XXVI-1, trad. A. CHASTAGNOL, Éditions
Robert Laffont, Coll. "Bouquins").
Comme vous voyez, c'est bien sommaire tout
cela !…
Heureusement, pour nous faire une idée
plus précise - bien qu'évidemment
idéalisée - du physique de cet
empereur, nous disposons également des
monnaies frappées à son effigie
(voir site http://www.wildwinds.com
: Clic
!), ainsi, bien sûr, que des œuvres
de la statuaire officielle. Pour celles-ci,
voyez, entre autres :Clic
!, Clic
!, Clic
! et Clic
! (Pour d'autres images, voyez encore cette
recherche sur "Google-images" : Clic
!)?
Ah, oui, une petite dernière chose :
Vous avez lu ci-dessus que, selon l'Histoire
Auguste, Hadrien portait la barbichette pour
cacher de vilaines marques de naissance.
Cette explication n'a pas eu l'heur de satisfaire
certains autres sympathiques visiteurs de mon
site et a suscité un petit débat
dans les pages réservées au courrier
des internautes. Si cette question, des plus
capitales pour l'histoire de l'Empire romain
au IIe siècle de notre ère, vous
turlupine vous aussi, je vous invite à
lire ces anciennes correspondances : : Clic
!, Clic
!, Clic
! et Clic
!. |
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