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Décembre 2004 (page 2/4)
Sommaire du mois de Décembre : Clic
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| 6 Décembre 2004 |
| Grégory
réécrit : |
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En lisant
le courrier des lecteurs j'ai noté deux points que
mon passage (malheureusement raté) en première
année de médecine me pousse à préciser:
- Au sujet de la césarienne
(voir ici : Clic
!), les connaissances médicales romaines étaient
certes pitoyables (merci Hippocrate) mais cette pratique
d'accouchement était déjà connue,
si j'en crois les médecins qui nous faisaient les
cours d'histoire de la médecine.
- L'accouchement aux forceps
(ô barbarie) était déjà connu.
Peut-on penser que les marques de naissance que cache
Hadrien sous sa barbe (voir ici : Clic
!, Clic !
et Clic !)
peuvent être les séquelles de cette pratique
?
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| RÉPONSE
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| Tout à fait d'accord
avec vous (ainsi qu'avec ces regrettés - et regrettables
- profs de médecine qui, jadis, dédaignèrent
superbement vos talents) : les Romains connaissaient la
césarienne…Cependant, comme je le
disais dans ma réponse de l'année passée
(Clic !), vu
la médiocrité des connaissances médicales
romaines, cet acte chirurgical devait, le plus souvent,
se résumer à une abominable boucherie !…
La barbe d'Hadrien
pour couvrir les stigmates des forceps ?
Pourquoi pas ? Mais ces marques ne se situent-elles généralement
pas sur de chaque côté du crâne, et non
au menton ?
Mon frangin est venu au monde à l'aide de forceps,
et s'il voulait masquer les légères séquelles
de cette pratique, c'est une perruque qu'il devrait porter
et non une barbe prophétique !
| COMPLÉMENT
D'INFO SUR L'HISTORIQUE DES FORCEPS
Je viens de découvrir ce texte, dans un très
vieux bouquin, ayant appartenu à mon arrière
grand-mère, laquelle exerçait le noble
et très utile métier de "sage-femme"
:
"L'idée
de saisir la tête avec une pince quelconque
paraît si simple, qu'on s'imagine aisément
que l'invention du forceps doit remonter à
la plus haute antiquité. Il n'en est
nullement ainsi, le forceps ne date que du siècle
dernier (c'est-à-dire, le XVIIIe
siècle).
Cet admirable
instrument a probablement été
inventé vers la même époque,
en Angleterre, par les Chamberlen et,
en Belgique, par jean Palfyn.
Le Dr Pierre Chamberlen, né le
8 mai 1601 et mort le 20 décembre
1683, s'occupait spécialement des
accouchements et eut la première
idée de faire construire une pièce
pour extraire l'enfant. Mais le secret
en fut conservé dans sa famille.
Le fils aîné, Hugh Chamberlen,
vint à Paris, en 1670, et offrit
de vendre son procédé 10.000
écus; mais il ne parvint pas à
accoucher une femme viciée qui
était en travail depuis huit jours
dans le service de Mauriceau et il retourna
à Londres sans avoir fait connaître
son invention. Il fut plus heureux, paraît-il,
à Amsterdam, en 1693, et vendit
son secret à Roger Ronhuysen, sous
la condition expresse de ne pas le divulguer.
Jean Palfyn, né à Courtrai
en 1650, professeur de chirurgie à
Gand, envoya en 1721 à l'Académie
des sciences de Paris, la description
d'un instrument auquel il avait donné
le nom de mains de fer.
Palfyn n'a certainement pas connu
le forceps des Chamberlen ; pour s'en
convaincre, il suffit de mettre en regard
les cieux instruments.
Le forceps des Chamberlen est déjà
perfectionné ; les branches sont
croisées, les cuillers sont fenêtrées.
Le forceps de Palfyn est assez primitif,
les cuillers sont pleines, les branches
sont réunies par un lien.
Le vrai bienfaiteur de l'humanité,
c'est, en tout cas, Palfyn, qui a fait
connaître à tous l'instrument
qu'il avait trouvé et a obligé
ainsi les Chamberlen à divulguer
leur secret. C'est seulement en 1733 que
Chapman donna la description du forceps
des Chamberlen.
Ces premiers forceps n'avaient
que la courbure céphalique. En
1747, Levret donna à l'instrument
une nouvelle courbure, la courbure pelvienne;
il voulait ainsi épargner le périnée.
En 1753, Smellie modifia le forceps dans
le même sens, mais il avait pour
but de permettre les applications au-dessus
du détroit supérieur, ce
qu'on n'avait pas fait jusqu'alors. Depuis
ces accoucheurs, le forceps a subi de
nombreuses modifications de détail,
mais le type est resté le même."
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(Dr. N. CHARLES, Cours d'accouchements,
second volume ; J.B. Baillières et Fils,
Paris, et G. Bertrand, Liège; 1897). |
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| 10 Décembre 2004 |
| Emmanuel
a écrit : |
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(…) Je
tenais à vous faire part de plusieurs découvertes
que j'ai récemment faites, en lisant les préfaces
de deux anciennes éditions du traité agricole
de Palladius et du poème épique de Rutilius
Namatianus : on trouve encore des sénateurs
païens à Rome bien au-delà des années
420. Notamment un certain Aemilianus, préfet
du prétoire en 458 sous Majorien, et un Eustathius,
préfet de Rome sous Sévère III
en 461, ce qui nous amène assez loin dans le
Ve siècle. D'autant qu'une loi d'Honorius promulguée
à Rome à la fin de l'année 421
visait les "porteurs d'idoles, prêtres
de Némésis, mages et autres danseurs de
Cybèle", ce qui atteste bien d'une
survivance cultuelle païenne à cette époque.
Il ne faut pas oublier non plus que Macrobe écrivit,
si je m'en réfère au livre de Pierre Chuvin,
Chronique des derniers païens, ses Saturnales
vers 431.
En Orient, il y eut aussi sous Justinien, dans les années
540 (!), un préfet du prétoire nommé
Phocas, un certain Thomas, de sa personne questeur du
Palais Sacré, et un Asclépiote, préfet
de Constantinople, tous trois païens opiniâtres
et déclarés, ce qui leur valut d'être
exécutés lors de la grande persécution
du paganisme déclenchée en 546 par Jean
de Cappadoce et son acolyte homonyme l'évêque
monophysite d'Ephèse. En 580 (!!), on trouve
encore un gouverneur païen, Anatole d'Antioche,
"fidèle de Zeus et d'Apollon",
et qui fut, en 581, mis à mort dans d'atroces
conditions.
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| RÉPONSE
: |
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| Mes souvenirs scolaires en
ce domaine sont assez flous, mais je crois me rappeler qu'il
fallut à l'Église occidentale bien des siècles
et bien des conciles (œcuméniques ou locaux)
pour extirper les pratiques païennes ancrées
dans une population opiniâtrement superstitieuse.
Jusqu'au XIe siècle, voire au au-delà, les
autorités ecclésiastiques, appuyées
par le bras séculier, s'échinèrent
à condamner, apparemment sans guère de succès,
la vénération d'arbres aux fées
(sainte Jeanne d'Arc y fut accro), de sources enchantées
ou de menhirs fertilisants…
La résistance du paganisme est certes mieux appréhendée
à Constantinople qu'à Rome (voir ici : Clic
!), et il est évident que si le doux Justinien
s'acharna sur les derniers idolâtres, il devait bien
s'en trouver encore quelques-uns dans son Empire. Cependant
- et il s'agit seulement ici d'une petite et modeste réflexion
que je vous livre, sans le moindre esprit de polémique
ni connaissance approfondie de l'histoire ou des mœurs
des sociétés byzantines -, je me
demande quand même jusqu'à quel point le "crime
de paganisme" se servait pas de prétexte juridique
à la liquidation juridique de personnages politiquement
encombrants. Bref, les autorités byzantines n'auraient-elles
pas utilisé l'idolâtrie païenne comme,
plus tard, on se servira de la sorcellerie (par exemple
pour liquider les Templiers ou Leonora Galigaï, veuve
de Concini) ?
Quand on veut se débarrasser de son chien, on l'accuse
de la rage… |
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Pour conclure, deux questions.
Pourquoi presque tous les historiens,
à part André Piganiol, ignorent
le paganisme de l'usurpateur Magnence ? Quasiment
toutes les biographies taisent (pudiquement ?) ses convictions
religieuses, pour leur préférer celles de
Julien l'Apostat ou, à la rigueur, celles d'Eugène
et d'Attalus. Pourtant, Magnence a régné
plus longtemps qu'eux, et sa politique religieuse (bien
qu'il fut tolérant à l'égard du christianisme,
puisqu'il fit graver le chrisme sur certaines de ses monnaies)
fut bien celle d'une restauration païenne, qui poussa
Constance, en novembre 353, à édicter le
décret suivant : "Que soient abolis les
sacrifices nocturnes permis par une décision de
Magnence, et qu'une telle licence impie soit désormais
écartée".
Enfin, pourquoi, à l'instar
de Magnence, le paganisme de l'empereur Procope
(365-366) est passé sous silence (si l'on excepte
l'étude très sérieuse que Pierre
Chuvin a faite sur lui et Attalus) par 80 % des historiens
?
J'attends vos réponses et
vos remarques avec impatience !
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| RÉPONSE
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| Personnellement je n'ai pu
recueillir aucune certitude quant aux convictions religieuses
de Magnence,
de Procope
ou de Priscus Attale (en ce qui concerne celles d'Eugène,
voyez ici : Clic
!)… encore qu'à première vue, il
me paraisse au moins assez douteux que Procope ou Attale
eussent affiché leurs éventuelles sympathies
pour les cultes traditionnels de Rome.
Bien sûr, Julien
considéra (peut-être) que le premier était
digne de lui succéder, d'accord ! Mais ce Procope
avait aussi épousé la veuve du très-chrétien
Constance
II, il avait adopté sa fille, et il fonda sa
légitimité impériale sur la continuité
de la (très-chrétienne également) dynastie
constantinienne. Dès lors, il ne pouvait sans doute
pas rompre avec la religion qui était son "fonds
de commerce".
Quant à Attale, s'il était ouvertement païen,
je comprendrais assez mal pourquoi Alaric qui, lui, était
chrétien, l'aurait choisi pour disputer le trône
impérial à Honorius.
Déjà qu'imposer ce fantoche n'était
pas chose facile, alors, pourquoi se serait-il, en plus,
compliqué la vie en s'aliénant l'Église,
déjà puissante, par la désignation
d'un candidat dont les convictions religieuses étaient
"passées de mode" depuis Julien. En outre,
j'ai comme la vague impression que si le bon saint Augustin,
écrivant sa Cité de Dieu quelque
temps après le sac de Rome pour en disculper les
Chrétiens, avait pu "mouiller" un empereur
païen (notre Priscus Attale) dans cette catastrophe,
il n'aurait pas raté l'occasion de le faire.
Enfin, je vous le répète,
ce sont là des opinions personnelles et sans
doute superficielles…
En revanche, il semble bien que si les historiens
insistent davantage sur le paganisme de Julien
que sur celui de Magnence,
c'est que, contrairement au premier, celui-ci n'a
pas envisagé la restauration et la rénovation
des cultes traditionnels pour faire pièce à
l'expansion du christianisme. C'est en cela que règne
de l'Apostat, bien que très court,
est important : parce que cet empereur a tenté,
par une politique cohérente et réfléchie,
d'infléchir le cours de l'Histoire en donnant
à ses contemporains une alternative (à
ses yeux) crédible à une religion qu'il
considérait comme pessimiste, défaitiste,
aliénante, décadente.
Même si cette expérience échoua
- probablement du seul fait de la brièveté
du règne du Julien - car les Chrétiens
de l'époque semblent avoir eu très peur
! -, elle est néanmoins intéressante
tant elle est originale : rejet des persécutions
sanglantes, tolérance comme instrument de division,
clergé païen structuré et moralement
éprouvé, œuvres sociales, religion
intériorisée et non plus purement formelle,
caractère à la fois novateur et réactionnaire
des réformes, etc…
Toutes choses que, me semble-t-il, on ne trouve pas
Magnence. |
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| 12 Décembre 2004 |
| Giovanni
a écrit : |
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Je me
permets de vous écrire au sujet de Jules César,
il n'a pas été empereur, mais vos études
n'ont pas pu l'ignorer.
Je ne suis pas du tout "cultivé" en histoire
ancienne, (…) mais je me pose un problème d'ordre
mythique, voire fantasmatique : "César
et l'étoile".
Que savez-vous à ce sujet
?
Il y a cette légende d'une
comète qui aurait traversé le ciel après
sa mort. On me dit que chez les Latins il n'y avait guère
de différence entre comète et étoile.
Et il y a l'étoile de Vénus, son ancêtre.
Après sa mort, on lui fit une statue avec la tête
frappée de cette étoile qui figurait également
sur le fronton du temple qui lui était dédié.
Mais j'ignore s'il s'agit d'une idée post-mortem
ou si c'est lui-même qui s'est revendiqué de
cette étoile génitrice qu'on retrouve dans
L'Énéide à propos de la Gens
Julia.
Plutarque raconte que, menacé de naufrage, César
aurait dit à ses matelots qu'ils avaient en charge
l'étoile de César.
Shakespeare aussi, dans sa pièce, fait dire à
un personnage s'adressant à César avant qu'il
entre au Sénat (où il allait être tué)
qu'il n'avait pas avec lui sa bonne étoile. Ces deux
références se perdent néanmoins au
gré des traductions, adaptations, etc.
Il s'agit sans doute d'une mythologie plus ancienne, d'autres
grands personnages ont dû s'estimer protégés
par une étoile. Mais je pense que César est
le premier dans l'histoire de Rome.
Merci de me dire ce que vous savez
et ce que vous en pensez. |
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| RÉPONSE
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| Dans sa Vie
de Jules César, l'historien latin Suétone
rapporte que "pendant les premiers jeux que son
héritier Auguste donna pour lui après son
apothéose, une comète, qui
se levait vers la onzième heure, brilla durant sept
jours de suite, et l'on crut que c'était l'âme
de César reçue dans le ciel. C'est pour cette
raison qu'il est représenté avec une étoile
au-dessus de la tête."
Rien d'étonnant là-dedans : pour les anciens
Romains, il était tout naturel qu'un homme devenu
dieu se transformât en étoile (ou, en l'occurrence,
en comète). Je laisse aux astronomes le soin de déterminer
si cette comète qui apparut après la mort
du divin Jules était celle de Halley ou non. Du reste,
cela a assez peu d'importance puisque l'on est certain que
César
fut assassiné aux ides de Mars 44 av. J.-C. (soit
le 15 mars) et qu'il n'y a donc pas lieu de confirmer cette
date par des donnés astrologiques.
L'apparition de l'astre de César est également
mentionnée dans les Histoires naturelles
de Pline l'Ancien, cet écrivain trop curieux qui
mourut pour s'être approché trop près
du Vésuve, lors de son éruption fatale aux
villes de Pompéi et d'Herculanum (79. ap. J.-C.).
Voici ce qu'il en dit : "Le seul lieu du monde
où une comète soit l'objet d'un culte est
un temple de Rome : cette comète,
que le divin Auguste a jugée de si bon augure pour
lui, apparut au début de sa vie publique, lors de
jeux qu'il célébrait en l'honneur de Vénus
Génétrix, peu après la mort de son
père César, au sein du collège fondé
par ce dernier. Voici en effet en quels termes il relata
la chose pour la joie publique : « Au cours de
la célébration de mes jeux, une comète
fut visible durant sept jours, dans la région
septentrionale du ciel. Apparue vers la onzième heure
du jour, elle était éclatante et visible de
toutes les parties de la terre. Cet astre annonçait,
suivant la croyance générale, que l'âme
de César était reçue au nombre des
puissances divines immortelles ; et à ce titre une
comète fut ajoutée au buste de César
que nous consacrâmes peu de temps après sur
le forum » ". (trad. J. Beaujeu, Paris,
Belles Lettres, 1950)
Pour tout vous dire, je n'ai pas trouvé mention
de cette étoile de César dans l'Énéide
de Virgile. En revanche, elle est évoquée
dans les Métamorphoses d'Ovide : (Jupiter
s'adresse à Vénus : "Cependant emporte
avec toi cette âme qui s'échappe de son corps
immolé et change-la en étoile,
pour que le divin Jules veille à tout jamais du haut
des célestes demeures sur notre Capitole et sur le
forum." (Ovide, Métamorphoses,
15, 840-842 - trad. G. Lafaye, Paris, Belles Lettres, 1962)
Comme vous le constatez, ces écrivains ne relient
pas directement cette comète à l'ascendance
divine de famille des Jules, née à la fois
de Vénus et de Mars (voir ici : Clic
!). Elle est seulement la manifestation de la transformation
de César en divinité, et c'est d'ailleurs
pour cela qu'elle est représentée dans les
temples voués au culte de ce héros déifié.
(Par parenthèse, si vous souhaitez des infos complémentaires
sur le Temple du divin Jules, je vous invite à télécharger
cette page internet - doc. Word de 480 ko - dont j'ai extrait
deux des citations reprises ci-dessus : it.geocities.com/epigraphia2002)
Ceci précisé, nous pouvons maintenant aborder
l'étoile de César dans son sens figuré,
c'est-à-dire ce que l'on a plus couramment l'habitude
d'appeler la Fortune de César, ou, si vous
préférez, sa bonne étoile.
| Vous évoquez une
anecdote tirée de Plutarque. Voici ce texte :
"César se trouvait à Apollonia
(sur la côte orientale de la mer Adriatique) avec
une armée, trop faible pour rien entreprendre
(contre Pompée), parce que les troupes de
Brindisi (en face d'Apollonia, sur la rive italienne
de l'Adriatique) tardaient à arriver. Livré
à une incertitude affligeante, il prit enfin
la résolution hasardeuse de s'embarquer seul,
à l'insu de tout le monde, sur un simple bateau
à douze rames, pour se rendre le plus promptement
à Brindisi, quoique la mer fût couverte
de vaisseaux ennemis. À l'entrée de la
nuit, il se déguise en esclave, monte dans le
bateau, se jette dans un coin, comme le dernier des
passagers, et s'y tient sans rien dire. La barque descendait
le fleuve Anius (…). Cette nuit-là
il s'éleva tout à coup un vent de mer
si violent, qu'il fit tomber le vent de terre. Le fleuve,
soulevé par la marée et par la résistance
des vagues, qui, poussées avec furie, luttaient
contre son courant, devint d'une navigation dangereuse
; ses eaux, repoussées violemment vers leur source
par les tourbillons rapides que cette lutte causait,
et qui étaient accompagnés d'un affreux
mugissement, ne permettaient pas au pilote de gouverner
sa barque et de maîtriser les flots. Il ordonna
donc à ses matelots de tourner la barque, et
de remonter le fleuve. César ayant entendu donner
cet ordre, se fait connaître, et prenant la main
du pilote, fort étonné de voir là
César : « Mon ami, lui dit-il, continue
ta route, et risque tout sans rien craindre ; tu
conduis César et sa Fortune. »
Les matelots, oubliant la tempête, forcent de
rames et emploient tout ce qu'ils ont l'ardeur pour
surmonter la violence des vagues ; mais tous leurs efforts
sont inutiles. César, qui voit la barque faire
eau de toutes parts, et prête à couler
à fond dans l'embouchure même du fleuve,
permet au pilote, avec bien du regret, de retourner
sur ses pas. Il regagnait son camp, lorsque ses soldats,
qui étaient sortis en foule au-devant de lui,
se plaignirent avec douleur de ce que, désespérant
de vaincre avec eux seuls, et se méfiant de ceux
qui étaient auprès de lui, il allait,
par une inquiétude injurieuse pour eux, s'exposer
au plus terrible danger pour chercher les absents."
(Plutarque, Vie de César, XLIII - trad site Nimispauci
: Clic
!). |
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Cette Fortune dont César faisait si pompeusement
état est également évoquée par
le poète Lucain dans sa Pharsale (voir :site
Remacle.org)
ainsi que par l'historien Florus : "Ainsi fut reconquise
l'Espagne citérieure. L'Espagne ultérieure
suivit bientôt. Que pouvait faire une seule légion,
quand cinq n'avaient pu résister ? Varron se rendit
volontairement, et Gadès, le détroit, l'Océan,
tout reconnut la fortune de César."
(Florus, Histoire romaine, Livre IV, II - trad.
site Remacle.org
: Clic
!).
Je ne vais pas entrer dans les détails, mais la
Fortune romaine est, en gros, la transposition
du concept grec de tychè.
Tychè, c'était la chance, bonne ou
mauvaise, dont chaque individu (ou chaque cité) était
doté et qui influençait, positivement ou négativement,
chacune de ses actions. En fait, bonne étole
ou Fortune, nous ne sommes pas très loin
non plus de ce que les Romains appelaient Génie,
cette divinité personnelle, caractérisant
et protégeant tel individu, tel clan, telle ville
(voir ici : Clic
!).
Précisons pour terminer que César ne fut
naturellement ni le premier ni le seul Romain à reconnaître
en lui la présence d'une Fortune, d'un Génie,
dans son cas bénéfique, qui, agissant d'une
façon presque autonome, lui frayait un chemin vers
le succès. D'ailleurs, dans sa Pharsale
(voir ici : Clic
!), Lucain ne décrit pas seulement la lutte militaire
entre Pompée et César mais le combat "virtuel"
de leurs deux Fortunes antagonistes.
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| Giovanni
réécrit : |
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Je vous
remercie beaucoup de votre amabilité. Mais vous devez
savoir que la curiosité devient parfois une histoire
de passion totalement irrationnelle. Ainsi, pardonnez-moi,
je voudrais profiter encore un instant de votre savoir.
Oui, je connais l'histoire des morts
(les justes) transformés en étoiles selon
la vision fort poétique du Somnium Scipionis,
heureusement retrouvé par le jésuite Angelo
Mai à la Biblioteca Vaticana. L'idée (hautement
morale) des âmes étoilées des justes
qui nous regardent de là-haut et qui continuent de
suivre notre histoire collective est absolument sublime.
Donc, César en fait partie.
Mais j'insiste, dans l'Énéide
(vv. 680-682) il est question de l'étoile
paternelle et j'ai toujours compris ce passage
par rapport à la Gens Julia. Est-ce que
ma lecture est erronée ? Si elle est bonne, il y
avait bien une étoile de Vénus
qui protégeait la Gens Julia. À partir
de là, le propos de Pline l'Ancien devient ambigu
puisqu'il s'agissait des jeux en l'honneur de Vénus
Génétrix.
Par ailleurs, il y a des pièces
de monnaies romaines avec le profil de Jules César
et une étoile située dans l'espace postérieur,
à la hauteur de sa nuque. J'ai passé une journée
entière au Cabinet des Médailles de la BNF
et j'en ai vu plusieurs. Sur place, on m'a expliqué
que César est le tout premier a avoir osé
mettre son effigie sur une monnaie et que cette étoile
"pourrait" effectivement se rapporter au fait
qu'il se disait descendant de Vénus.
Au musée de Ravenne il y a
un groupe sculpté où figure Britannicus avec
une étoile sur le front. Les historiens iconographes
en débattent depuis longtemps, mais je crois (je
peux me tromper) qu'ils parlent toujours d'une étoile
se référant à la Gens Julia.
Excusez-moi tout ce verbiage, je suis un dilettante en la
matière.
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| RÉPONSE
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| Oh, vous savez, question dilettantisme,
le mien vaut certainement le vôtre : mes connaissances
en matière de symbolisme antique et/ou de numismatique
romaine sont loin de briller avec autant d'éclat
que l'astre tutélaire des Jules.!
Je présume donc que le passage de Virgile qui vous
interpelle est celui-ci :
(675) In medio classis aeratas, Actia bella,
cernere erat, totumque instructo Marte uideres
feruere Leucaten auroque effulgere fluctus.
Hinc Augustus agens Italos in proelia Caesar
cum patribus populoque, penatibus et magnis dis,
(680) stans celsa in puppi; geminas cui tempora flammas
laeta uomunt patriumque aperitur uertice sidus.
Parte alia uentis et dis Agrippa secundis
arduus agmen agens; cui, belli insigne superbum,
tempora nauali fulgent rostrata corona.
Ce que le site AgoraClass
de l'Université Catholique de Louvain traduit ainsi
:
(675) Au centre, on pouvait voir des flottes d'airain,
les combats d'Actium ;
on pouvait voir s'agiter, sous le déploiement des
forces de Mars,
le promontoire de Leucate tout entier, et luire les reflets
d'or des flots.
D'un côté, menant les Italiens au combat,
César Auguste,
entouré des pères et du peuple, avec les
pénates et les grands dieux,
(680) se dresse en haut de la poupe ; de ses tempes bénies
jaillissent deux flammes, et l'étoile paternelle
apparaît sur sa tête.
Ailleurs, bénéficiant de la faveur des vents
et des dieux,
la tête haute, Agrippa mène une armée
; sur son front resplendit,
- superbe insigne de guerre -, la couronne navale, ornée
d'éperons.
(VIRGILE, Énéide,
livre VIII, v. 674-684).
Mes souvenirs scolaires de latin sont aussi lointains que
défraîchis, mais, après vérification
dans un dictionnaire latin-français, il appert qu'effectivement,
le mot sidus signifie bien " étoile",
"astre".
Mais s'agit-il de la déesse Vénus ?
That's the question…
Le texte de Virgile ne l'indique pas explicitement, ce qui
ne laisse pas d'embarrasser les traducteurs. Tel par exemple,
Charles GEORGIN, auteur, in illo tempore (1967),
d'une traduction de l'Énéide pour le compte
des éditions Hatier, et qui, pour ce vers, indique
en note : "Peut-être Vénus…
Ou la comète qui apparut après la mort de
Jules César".
Nous voilà bien avancés !…
La porte semble donc ouverte soit à votre interprétation
(l'étoile de Jules est celle de la gens
Julia, descendante de Vénus) soit à une autre,
plus "matérialiste" (l'astre représenté
couramment avec César est celui qui apparut dans
le ciel peu après sa mort, manifestant son apothéose).
Notez cependant que les deux hypothèses peuvent
se rejoindre puisque l'astre représentant "l'âme
de César reçue par les dieux" a très
bien pu être repris par ses héritiers et successeurs
comme un genre d'emblème de leur illustre gens,
protégée par Vénus. Ceci pourrait sans
doute expliquer la présence d'une étoile sur
les médailles et monnaies frappées à
l'effigie de certains Julio-claudiens (et même sur
celles représentant Jules
César et frappées après sa mort).
Mais ainsi que je vous l'ai signalé d'emblée,
je n'y connais pas grand-chose en numismatique…
Voilà, il me semble que c'est à peu près
tout ce que puis vous dire sur cette question. Je suis désolé
de ne vous livrer que des éléments de réponse
ambigus, interprétables à loisir, mais hélas,
c'est souvent le cas quand la critique historique se heurte
à un texte purement poétique, et donc, par
nature, symbolique et elliptique. |
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| Giovanni
réécrit : |
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Merci.
Je vois qu'en l'espace d'à peine deux messages…
vous arrivez au même cul-de-sac où je
me trouve depuis trois années au moins. Quelle
manie de vouloir tout expliquer ! Oui, il se peut
que…, mais connaissez-vous un chemin pour arriver
à un semblant de certitude sur ce sujet ?
En fait, je suis parti, il
y a environ 10 ans, sur une étoile qui est
l'emblème (aujourd'hui !) de la République
italienne, mon pays d'origine. Je suis passé
par de multiples recherches pour m'expliquer cette
étoile (les plus hautes institutions italiennes
m'ont répondu qu'il y a eu toujours une étoile
comme symbole de l'Italie, mais personne ne sait d'où
ça vient). J'ai traversé le savoir des
siècles par des pistes incroyables, j'ai repéré
cette étoile partout (depuis la Renaissance,
elle correspond au "césarisme" politique)
et à la fin je me retrouve avec cette double
hypothèse d'origine.
L'histoire de l'étoile apparue après
la mort de César est la plus fade. Elle rappelle
le nuage qui est passé dans le ciel lors de
mort de Kant ou la tempête se déchaînant
lors de la mort du Christ sur la croix. C'est l'illusion
que quelque chose, au sein de la Nature, réponde
à notre vie de mortels. Sur ce point, les Grecs
étaient bien plus forts : la Nature ignore
notre pathos.
L'histoire de l'étoile de Vénus est
plus séduisante. Chez Virgile, par exemple,
dans le Laus Italiae, l'Italie est la terre
de Vénus (dans le sens de l'éros qui
génère la vie, pousse et règle
le monde naturel). Mais comment justifier une telle
hypothèse sans être ridicule ? Avez-vous
d'autres suggestions ?.
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| RÉPONSE
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| Vous voyez, j'ignorais totalement
qu'une étoile figurait sur les armes de la République
italienne… Et si, le sachant, je m'étais un
jour interrogé sur la signification de cet emblème,
j'aurais sans doute d'abord bêtement songé
à l'étoile de la Nativité, voire à
la Vierge Marie (Maris stella, dei mater alma -
"Étoile de la mer, mère nourricière
de Dieu"). Bref, à une symbolique liée
à la tradition chrétienne qui a si longtemps
si profondément imprégné votre beau
pays d'origine. Jamais l'étoile du divin
Jules ne m'aurait effleuré l'esprit !…
Comme quoi les réponses évidentes ne sont
pas nécessairement les meilleures. Mais, revers de
la médaille - que vous avez raison de mettre en exergue
-, une fois que l'on commence à creuser, les questions
deviennent souvent plus nombreuses que les certitudes.
Non, à première vue, je ne vois aucune suggestion
susceptible de faire avancer vos recherches… Cependant,
le cas échéant, je n'hésiterai pas
à vous déranger pour faire part des réflexions
qui me viendraient à l'esprit, ou des informations
que me communiqueraient certains visiteurs de mon site.
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| Conclusion
de Giovanni : |
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Vous
ne pouvez pas imaginer un seul instant jusqu'où c'est
compliqué !
Pour simplifier au maximum :
L'étoile de la Nativité (que l'on considère
à tort une comète à cause de Giotto
et de ses fresques de Padoue) est gravée sur une
plaque de marbre dans une église de Milan qui détenait,
avec cette plaque, les reliques des trois Rois Mages avant
qu'elles soient volées par Frédéric
Barberousse (je suis sérieux, il y a des essais sur
le sujet et il faut visiter l'église et voire la
plaque). Cette empreinte est à 6 branches rayonnantes.
Ensuite, il y a les étoiles des papes (regardez les
églises de Rome, les monuments du Bernin, etc. )
qui ont 6 ou 8 branches, mais toujours rayonnantes.
L'étoile qui est le symbole de l'Italie est d'abord
rayonnante à 6 branches, puis elle devient un pentalfa
non linéaire (le contraire de l'étoile du
drapeau du Maroc) lorsque l'armée italienne arrache
au pape Rome (en 1870) pour en faire la capitale du pays
unifié. Ce pentalfa est à rapprocher (évidemment)
aux francs-maçons etc. Mais ce n'est pas rouge (Staline
ou Mao) il est en or. Sauf pour les petites étoiles
des militaires qui sont en argent (l'armée italienne
est l'unique au monde où les petites étoiles
sont portées par tous les militaires indépendamment
du grade).
Stella Maris c'est autre
chose , il s'agit à l'origine (païenne) de la
coupe ésotérique de la pomme d'or (les Hespérides)
qui donne la forme étoilée. C'est le secret
du couchant (mais ça remonte aux Egyptiens).
Non, pour être simple, il faut
penser à Che Guevara lorsqu'il a pris une étoile
de son grade militaire et l'a placée sur son béret,
au-dessus de son front. C'est ça l'étoile
de César. Le destin de l'élu. Et la question
repart à zéro : élu parce que descendant
de Vénus ? |
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| 12 Décembre 2004 |
| Sarah
a écrit : |
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| Je dois
faire un travail de recherche sur l'origine des expressions
épée de Damoclès
et réponse sibylline. Je n'ai pas
trouvé d'informations très détaillées
à ce sujet. Pouvez-vous m'aider ? |
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| RÉPONSE
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| Quand, on dit de quelqu'un
qu'une "épée de Damoclès
est accrochée au-dessus de sa tête", c'est
qu'un danger imminent le menace.
Damoclès était, dit-on, un courtisan de Denys
l'Ancien, tyran qui, au IVe siècle av. J.-C., régnait
sur Syracuse, une colonie grecque située en Sicile.
Cependant attention ! Chez les Grecs, un le mot tyran
ne désignait pas nécessairement un roi cruel,
autoritaire et au pouvoir arbitraire ; chez eux, cela signifiait
tout simplement "chef" ou "maître",
sans connotation négative.
Or donc, un jour, lors d'un banquet, notre Damoclès
fit remarquer au souverain que lui, Denys, boss de Syracuse,
il avait vraiment la belle vie : les meilleurs mets à
sa table, les crus les plus savoureux dans sa coupe, les
plus jolies filles dans son lit, et tout le monde à
ses pieds, prêt à satisfaire ses moindres désirs.
"Ce que tu dis est vrai, lui rétorqua
Denys. Cependant, si tu veux connaître la réalité
de ma situation, il ne tient qu'à toi de prendre
ma place à cette table." Damoclès
accepta et s'assit à la place du roi. Mais celui-ci
avait entre-temps fait suspendre au plafond, au-dessus de
la tête du courtisan, retenue par un mince crin de
cheval, une lourde épée qui menaçait
à tout moment de fendre en deux sa tête d'écervelé
: l'épée de Damoclès !
(Voir à ce sujet ces sites : wikipedia.org/wiki/Denys_l'Ancien
- www.formatage.org
et lionel.le.tallec.free.fr)
Une réponse sibylline
est une réponse énigmatique, que l'on comprend
difficilement, voire pas du tout.
Cette expression vient de la Sibylle, cette prophétesse
qui, selon la légende, avait remis à Tarquin
le Superbe, dernier roi de Rome, des livres (les livres
sibyllins) qui décrivaient, en termes évidemment
voilés, l'avenir de la Ville Éternelle.
On raconte qu'un jour la Sibylle, qui résidait habituellement
à Cumes (près de Naples), se présenta
devant le roi Tarquin, à Rome, afin de lui vendre
les neuf livres qu'elle avait rédigés et où
était consignée la destinée de la Ville
Éternelle. Mais la somme qu'elle demandait était
si pharamineuse que Tarquin, indigné, refusa. Devant
ce refus, la Sibylle jeta dédaigneusement trois livres
au feu… et réclama, pour les six qui restaient,
le même prix que pour neuf volumes. Nouveau refus
du roi, nouvelle incinération de trois livres et
même exigence financière, mais maintenant pour
seulement trois livres. Devant une telle résolution,
:le roi s'inclina et paya le prix initial pour la collection
mutilée.
Ces Livres sibyllins furent conservés dans
le temple dédié à Jupiter Capitolin,
sous la garde de prêtres qui les consultaient lors
de grandes catastrophes (guerres, épidémies,
tremblements de terre, etc). Ils furent détruits
en 83 av. J.-C. dans l'incendie du temple, mais une nouvelle
collection d'oracles fut recueillie pour remplacer l'originale
et déposée dans le temple reconstruit. Les
Livres sibyllins furent consultés pour la
dernière fois en 363 ap.J.-C. puis définitivement
détruits au début du Ve siècle par
le général, barbare mais chrétien,
Stilicon (voir ici :Clic
!).
(Sur la Sibylle et les livres sibyllins, voyez aussi
: geocities.com/Athens/Troy
- www.sitec.fr/users/mcos
- www.cosmovisions.com
et www.insecula.com/contact)
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