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Sommaire Septembre 2004 :
- 4 Septembre :
- Quels pays d'Asie les Romains occupèrent-ils
? : Clic !
- 8 Septembre :
- La Passion de JC aux ides de Mars : une coïncidence
? : Clic !
- 9 Septembre :
- Jésus, roi et Dieu… ou Dieu parce
que roi ? : Clic !
- Suétone et Jésus-Mehdi : Clic
!
- 11 Septembre :
- Quelle était la langue officielle de l'Empire
d'Orient ? : Clic !
- 12 Septembre :
- Quelques pistes pour construire une voie romaine :
Clic !
- 13 Septembre :
- Le fin mot des "écuries de Caracalla"
: Clic !
- 13 Septembre :
- Nouveautés du site Archeobel
: Clic !
- Quelques intéressantes trouvailles archéologiques
outre-Moerdijk : Clic
!
- Gallien, premier empereur "invaincu" ? :
Clic !
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| PAGE
SUIVANTE |
- 14 Septembre :
- Nouvelles hypothèses pour l'inscription martelée
de Pula : Clic
!
- 14 Septembre :
- Sainte Clotilde descendait-elle de Théodose
? : Clic
!
- 14 Septembre :
- Mais au fait, qui était le triumvir
Lépide ? : Clic
!
- 15 Septembre :
- Des infos sur la transmission des manuscrits antiques
: Clic
!
- 18 Septembre :
- La villa du retraité Maximien Hercule : Clic
!
- 26 Septembre :
- 26 Septembre :
- 29 Septembre :
- Magnus Maximus, alias Macsen Wledig…
: Clic
!
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DANS LE SITE
"EMPEREURS ROMAINS"
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| 4 Septembre 2004 |
| Delphine
a écrit : |
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J'ai
une question (c'est pour mes devoirs de latin) : Quels
sont les pays d'Asie envahis par les Romains ?
Merci d'avance ! |
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| RÉPONSE
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| Comme tu pourras le vérifier
en consultant cette
carte montrant l'empire romain à son extension
géographique maximale, les Romains occupèrent
- en tout ou en partie - les pays asiatiques suivants
:
- Israël (et territoires palestiniens)
- la Jordanie
- le Nord de l'Arabie Saoudite
- le Liban
- la Syrie
- le Nord de l'Irak
- la Turquie
Liste à laquelle on pourrait encore éventuellement
ajouter l'Arménie et la Géorgie (voir ici
: Clic
!), deux pays qui se trouvèrent, à certains
moments, dans la "sphère d'influence"
de Rome, mais sans toutefois faire jamais partie intégrante
de l'Empire.
Comme tu le vois, il ne s'agit là que de pays
du Proche-Orient. Jamais les légions romaines
ne pénétrèrent profondément
en Asie, même si des commerçants "romains"
s'aventurèrent jusqu'aux Indes ou en Chine (voir
à ce sujet ces anciens courriers : Clic
! et Clic
!). Mais ça, c'était seulement du business,
pas une conquête militaire !
Lors d'une correspondance avec un autre sympathique internaute,
j'ai également eu l'occasion d'évoquer la
présence de descendants de soldats romains dans
un village perdu de l'Ouest de la Chine (voir ici : Clic
!). Ici non plus il n'est nullement question d'invasion,
de conquête ou d'occupation romaines. C'est même
exactement le contraire : ces braves gens n'étaient
là que parce que leurs ancêtres avaient été
battus par les ennemis des Romains et déportés
dans ces régions aux confins du monde civilisé. |
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| 8 Septembre 2004 |
| Michel Lévy (www.cdweb.com/ml)
a écrit : |
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Je
suis troublé par la coïncidence
entre l'assassinat de César "aux Ides
de Mars" par Brutus " tu
quoque, mi filii", et la Crucifixion
à la date de la Pâque juive (14-15 Nisân),
puis par l'attribution du nom de Juillet au
7e mois, et d'Août au 8e (Auguste = Octave).
Avez-vous déjà
lu quelque chose là-dessus ? |
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| RÉPONSE
: |
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Pour vous parler
franchement, la "coïncidence" ne
me saute pas immédiatement aux yeux…
César
fut assassiné aux ides de mars 44 (15 mars
44 av. J.-C.) et Jésus, lui, aurait été
crucifié (selon la chronologie la plus
communément retenue, mais non unanimement
acceptée) le 7 avril de l'an 30 après
Lui-Même.
Encore faut-il dans le cas de Jésus, tenir
compte de l'aspect théologique, et non
fondamentalement "historique", du récit
de la Passion : afin de d'insister sur le caractère
rédempteur du "sacrifice" de
Jésus, on le fait mourir au moment
où les agneaux pascaux sont égorgés
dans le Temple. Mais cela ne s'est pas nécessairement
passé comme cela. D'ailleurs, certains
exégètes estiment que si, comme
l'affirment les Évangiles, la mort du Christ
suivit de très peu son entrée triomphale
dans Jérusalem, il serait alors plus logique
de situer la Passion en automne, avant cette autre
grande célébration juive qu'était
la fête "des Tabernacles" (Soukkot).
Je ne vois non plus rien de particulièrement
troublant dans les noms des mois de juillet et
d'août.
Ce serait Antoine
qui aurait décidé de donner le nom
de Jules
César au mois de Quintilis
(ainsi nommé parce que c'était le
cinquième mois de l'année romaine,
laquelle commençait en mars).
Pourquoi ?
Tout simplement parce que le "divin"
Jules était né ce mois-là.
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Quant au mois d'août (anciennement sextilis,
sixième mois), c'est Octave
Auguste qui, en toute modestie, décida de
lui donner son propre nom, et ce bien qu'il fût
né en septembre. Suétone explique qu'il
choisit sextilis "parce que c'était
dans ce mois qu'il avait obtenu son premier consulat,
et qu'il avait remporté ses plus grandes victoires"
(Suétone, Douze Césars, Vie
d'Auguste, XXXI).
Bien sûr, il est amusant de constater que le
huitième mois de notre calendrier tire son nom
du titre d'un empereur dont le patronyme ("Octave")
évoque le nombre huit. Mais ce n'est là,
à mon humble avis qu'une coïncidence purement
fortuite. |
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| 9 Septembre 2004 |
| Michel
Wienin a écrit : |
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Objet : Phrase
de Suétone à propos de Jésus
et... armée du Mehdi !
How (graphie moderne
de notre bon vieux AVE dont la prononciation
est presque conservée malgré un soupçon
d’accent breton !)
Je suis tombé par hasard
sur votre site remarquablement riche et d’un humour
qui le fait lire comme un roman.
Chrétien et même
titulaire d’une maîtrise en théologie
protestante, j’ai énormément apprécié
le chapitre de présentation de Jésus.
J’y ai retrouvé pas mal de choses apprises
en fac mais sociologiquement occultées par ceux
qui ne supportent la coexistence de la foi et de la
lucidité ou de la critique, qu’ils soient
d’un côté ou de l’autre.
Félicitation pour
votre travail de démythification.
1.
Je voudrais vous proposer une piste qui me semble
ne pas avoir ou du moins fort peu été
utilisée, si c’est encore possible (quelques
rares approches dans la tradition de Bultman). J’ai
travaillé jadis un peu sur la manière
dont un mythe se développe en fonction d’un
contexte socioculturel et la naissance ou la filiation
de Jésus ont donné lieu à une
multitude d’interprétations. On a par
exemple un bel exemple d’interprétation
d’origine environnementale avec l’adoptianisme.
Peu de gens se sont par contre penché selon
cet angle sur le rapport entre la mort et la divinité
de Jésus. Il existe un parallélisme
frappant avec bien des souverains, rois ou empereurs,
qui sont ex officio dieux et par conséquent
éternels. Et on en a bien ri dans les palais
avec Claude et son apocoloquintose…
Alors, Jésus roi, nommé
par Tibère, par Dieu, par ses fidèles…
n’est-il pas tout simplement devenu
dieu - et donc immortel - à sa mort
comme n’importe quel empereur ? C’est
en voyant ses funérailles que Jésus
sut qu’il était immortel, comme aurait
pu dire son contemporain Sénèque !
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| RÉPONSE
: |
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| Un grand merci pour ce
message aussi amical que sagace. C'est un véritable
plaisir - et même un honneur - pour moi que de
voir mon travail de simple historien amateur, quelque
peu iconoclaste, apprécié par un savant
érudit, chrétien éclairé
de surcroît…
Votre hypothèse "adoptianiste" d'un
Jésus devenu Dieu par un genre d'apothéose
"classique" est très intéressante
puisqu'en substance, elle rend parfaitement compte d'une
vérité historique on ne peut plus irrécusable
: Jésus était un homme dont on fit un
Dieu.
Ça, c'est
absolument incontestable !
La question la plus ardue demeure évidemment
le processus qui aboutit à la déification
de l'homme Jésus. Pourquoi et quand les
chrétiens, dans leur grande majorité,
admirent-ils que le Christ et le Dieu de la Bible
étaient en gros (n'ergotons pas sur les
hypostases ou la consubstantialité) de
même nature ?
À mon humble avis, dans cette affaire,
la mort de Jésus et son appartenance à
la "maison de David" comptèrent
moins que sa Résurrection d'entre les morts.
Saint Paul n'écrivit-il pas (je cite de
mémoire) : "Si le Christ n'est
pas ressuscité, notre foi est vaine".
Les souverains hellénistiques étaient
divinisés de leur vivant. Ils n'hésitaient
d'ailleurs pas à se donner le titre d'épiphane
(dieu manifesté). Ils étaient dieux
parce qu'ils étaient rois, et leur caractère
divin était reconnu par leurs sujets. Lorsqu'au
début du IVe siècle av J.-C., le
roi Demetrios Poliorcète s'empara de leur
ville, les sages Athéniens ne l'accueillirent-ils
pas par cette petite chanson révélatrice
de l'état d'esprit du temps : "Les
autres dieux sont ou loin, ou sourds - Ou bien
ils n'existent pas, ou bien ils ne s'occupent
pas de nous - Mais toi, nous te voyons parmi nous
; tu n'es ni en bois, ni en pierre : toi, tu es
réel, et nous te prions". Quant
aux Romains, plus pragmatiques (ou plus prudents),
ils ne divinisaient leurs bons empereurs qu'une
fois dûment décédés,
quand cette qualité ne pouvait plus causer
nul préjudice à aucun mortel.
Rien de tel n'existait chez les anciens Juifs.
Ceux-ci connurent certes des "rois-prêtres",
mais aucun "roi-dieu". Ils refusèrent
d'ailleurs de s'incliner devant les prétentions
à la royauté divine d'Antiochos
Épiphane.
Dès lors, je me demande si les modèles
de divinisation hellénistique ou romain
sont transposables chez les judéo-chrétiens
puis chez les chrétiens.
Personnellement, j'ai des doutes… J'ai
plutôt l'impression que les premiers chrétiens
considérèrent que Jésus devint
"roi du ciel et de la terre" parce qu'ils
croyaient qu'ayant triomphé - d'une façon
ou d'une autre - de la mort, il avait accédé
à la divinité selon des modalités
qui mirent des siècles à être
définies dogmatiquement.
Bref, Jésus ne serait devenu vrai roi
que parce qu'il était Dieu, et non Dieu
parce qu'il était roi. |
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2.
On a raconté des tas de trucs sur l’
« impulsore chresto » de Suétone
sans penser au sens littéral du mot !
Le grec Christos/chrestos signifie «
oint » (de même origine que le terme de
« saint chrême », en fait littéralement
« frotté » !) et il traduit
en grec de la koïné (cf. version
grecque de la Bible dite des Septante) l’hébreu
mashiah ailleurs simplement transcrit en
grec et en latin par messias (français
messie).
Au bord du Tibre ou au bord du Tigre, celui qui a
été oint est roi-prêtre désigné,
y compris bien entendu en Israël (cf.
Samuel et Saül par exemple). Ce terme a été
utilisé pour divers « libérateurs
» juifs, par exemple Judas Macchabée
(livres 1 et 2 des Macchabées).
On peut donc traduire très simplement «
sous l’impulsion d’un messie
»… pas obligatoirement nommé Jehoshua
bar Jusep (en araméen).
Je pense que cette notion d’un libérateur
religieux du genre Saül, David etc, n’avait
pas de sens dans la culture gréco-latine, d’où
l’emploi parallèle d’une simple
adaptation phonétique et d’une sorte
d’image se rapprochant le mieux possible du
sens originel.
Quant à mon titre, l’arabe medhi
a exactement le même sens et l’armée
d’As Sadr se nommerait en français « armée
du messie ».
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| RÉPONSE
: |
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| En ce qui concerne Suétone,
vous mettez précisément le doigt sur le
problème qui continue à m'interpeller
: si nous les modernes, nous connaissons le sens très
particulier et précis du mot Chrestos,
le Messie des Juifs, en allait-il de même
pour l'historien latin ?
Comme vous l'écrivez, cette notion d’un
libérateur religieux n’avait pas de sens
dans la culture gréco-latine. C'est donc, me
semble-t-il, à juste titre que beaucoup de traducteurs
indiquent : les Juifs se soulevaient à l'instigation
"d'un certain" Chrestos,
bien que ces mots "un certain" ne
se trouvent pas dans le texte latin.
Quant à moi, je reste convaincu que Suétone
n'a vu dans ce mot qu'un sobriquet ridicule utilisé
par un agitateur qui, au début du règne
de Claude,
aurait poussé les Juifs de Rome à la révolte.
Bizarrement - du moins pour nous, qui connaissons l'histoire
du christianisme -, l'historien latin ne paraît
pas faire le rapprochement ce fameux Chrestos
et ces Chrétiens dont il devait pourtant
avoir entendu parler (même si l'on omet - car
ce passage est hautement suspect d'interpolation - la
brève mention, au chapitre XVI de sa Vie
de Néron, des supplices que cet empereur
leur aurait fait subir).
Et ça, c'est vraiment troublant… (A ce
sujet, voir ici : Clic
! et Clic
!).
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| Conclusion
de Michel ; |
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(…)
Pour répondre à vos remarques : en ce
qui concerne la personne de Jésus, on doit pouvoir
parodier la célèbre phrase d’Anatole
France « Dieu à fait l’homme
à on image et celui-ci le lui a bien rendu
» par « Jésus fut un homme dont
on fit un Dieu faute d’un Dieu qui se fit homme
». Merci de votre appréciation car si l’adoptianisme
historique est bien connu l’idée d’une
apothéose de Jésus est bien moins classique
(mais je suis un calviniste anarcho-édoniste).
Je suis parfaitement votre questionnement
sur la divinité royale ou impériale parfaitement
irréductible à la notion de royauté
divine. Mon idée est que c’est le déphasage
culturel monde juif / monde païen qui est à
l’origine du passage entre messie = roi-prêtre
et = roi-dieu. Et c’est d’ailleurs
précisément ce que les communautés
judéo-chrétiennes refusèrent dans
le glissement pagano-chrétien de Saül de
Tarse. On note facilement la marginalisation des judéo-chrétiens
quand l’église des « gentils
» devient dominante : près de 2000 ans
plus tard, les premières églises sont
toujours considérées comme schismatiques,
voire hérétiques, par Rome ! Je subodore
donc un glissement roi-prêtre (pour les
Juifs) - > roi-dieu (hellénistique)
-> Dieu-roi (encore plus tard) !
Pour ce qui est de Suétone,
il serait facile de penser qu’il ne connaissait
pas le sens du mot Chrestos mais j’ai
du mal à admettre qu’un individu aussi
cultivé ait pu ignorer le grec à une époque
où c’était encore la grande langue
de culture du bassin méditerranéen (Marc
Aurèle, qui naît à peu près
quand Suétone meurt, écrit encore ses
pensées en grec). Il faut toutefois se souvenir
que le latin qui n’utilisait ni article ni majuscules
fait le sens de la phrase nous apparaît comme
ambigu : il peut s’agir aussi bien d’un
titre (messie) que d’une anthroponyme.
Il n’y a aucun moyen de faire la différence.
Rien n’exclut qu’il y ait vu un cognomen
comme il y a en France des gens qui s’appellent
Leroy ou Lempereur.
Il resterait encore à
se poser la question de savoir sous quel nom sont connus
le premiers chrétiens de Rome, peut-être
sous celui de Nazaréen (avec les rapprochements
possibles avec Nazir) et il me semble que de
toute façon ils demeurent considérés
comme une secte juive jusqu’au synode juif de
Jamnia (en 99) où ils sont déclarés
« minim » = hérétiques.
Cette appartenance leur permettait de ne pas se plier
au culte de l’empereur puisque les juifs en étaient
dispensés.
Il n’y a bien entendu rien
d’impossible à ce qu’un autre «
messie » - « christ »
se soit manifesté à Rome sous Claude.
Mais rien n’empêche un soulèvement
politique à l’ « instigation post-mortem
» d’un héros (il y a encore des guerrillas
marxistes alors que l’éponyme est mort
depuis longtemps et… la France a bien un président
soi-disant « gaulliste » !). J’ajouterai
que Suétone possède une vision romaine
du second siècle et sans doute une ignorance
crasse de la réalité juive du premier.
Ça devait ressembler à l’Iraq vu
par un Américain moyen… |
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| 11 Septembre 2004 |
| Solène
a écrit : |
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J'ai
un devoir à faire sur la mosaïque de Ste-Sophie
:
Je voulais savoir ce qu'offrait
l'empereur Constantin Ier le Grand à la vierge
protectrice et pourquoi ?
Quelle est la langue officielle pendant l'empire
Byzantin ? |
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| RÉPONSE
: |
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Ce que vous me demandez
là est un peu à côté
du sujet d'étude de mon site internet qui
est consacré aux empereurs romains d'Occident
de Rome et non à ceux d'Orient. Mais enfin,
l'on peut tout aussi bien considérer Constantin
le Grand comme l'un des derniers empereurs
romains de Rome que comme le premier
des empereurs byzantins, n'est-ce pas
?
Alors, si j'en crois cette page
internet une mosaïque de l'église
Sainte-Sophie montrerait Constantin offrant à
la Vierge une maquette de la ville de Constantinople.
Pourquoi ?
La réponse me paraît évidente
: parce que l'empereur Constantin est le fondateur
de la ville qui porte son nom (Constantinople,
future Istanbul, construite à l'emplacement
de l'antique cité grecque de Byzance).
Si vous souhaitez davantage de renseignements
sur Constantin ou sur la fondation de Constantinople,
voyez ici : Clic
!, Clic !
et Clic
!.
La langue officielle de l'Empire byzantin
?
Je présume que la réponse qu'attend
votre prof c'est : "le latin"… |
|
Cela dit, dès l'époque de Justinien (527-565),
le latin avait presque disparu de l'Empire romain d'Orient.
La langue grecque s'imposait progressivement partout.
Par exemple, le fameux "code Justinien" (recueils
d'anciennes lois romaines rassemblées et "modernisées"
à l'initiative de cet empereur) fut rédigé
en latin, qui était encore la langue officielle
de l'administration et de la cour impériales.
Toutefois une version grecque en fut presque aussitôt
établie, afin que des lois pussent être
appliquées par des magistrats qui ne maîtrisaient
déjà plus très ben le latin…
et qu'elles pussent être comprises par des "Romains
d'Orient" qui n'avaient jamais réellement
assimilé le jargon barbare de leurs anciens maîtres,
les Romains.
On considère généralement que
le grec s'imposa définitivement comme langue
officielle de l'Empire romain d'Orient à
partir du règne de Tibère II (578-582)
ou de celui de son successeur Maurice (582-602).
Si vous voulez donc épater votre prof et lui
faire comprendre, sans avoir l'air d'y toucher (mais
avec tout le respect qui lui est dû, ça
va de soi) que sa question était assez mal formulée,
vous lui répondrez :
1. Que pour l'époque de Justinien, il vaut mieux
parler d'Empire romain d'Orient plutôt
que d'Empire byzantin. D'abord, ce qualificatif
byzantin est un peu méprisant. Ensuite,
il sert surtout à désigner l'Empire de
Constantinople d'après Justinien, lorsque - justement
- il avait abandonné son vernis romain et latin
pour revendiquer son caractère grec…
2. Que la langue officielle de l'Empire romain d'Orient
de Justinien était le latin.
3. Qu'après Justinien le latin s'effaça
totalement au profit du grec qui devint bien vite (dès
le début du VIe siècle et jusqu'à
la prise de Constantinople par les Turcs en 1453) la
seule langue officielle de l'Empire romain
d'Orient tardif (dit Empire byzantin). |
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| 12 Septembre 2004 |
| Jacques
a écrit : |
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Je
recherche le mode précis de construction
d'une voie romaine : Coupe indiquant les différentes
couches de matériaux.
Un grand merci. |
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| RÉPONSE
: |
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| Je ne puis hélas
que vous renvoyer vers ces pages d'autres sites; où
vous vous devriez toutefois trouver les renseignements
que vous recherchez :
(liste vérifiée
et complétée le 9 septembre 2005)
- Wikipedia - Voie romaine : Clic
!
- MEMO, site de l'histoire - L'Histoire des routes
: Clic
!
- Ac. Grenoble - Les Voies romaines : Clic
!
- Site "La Main à Rome" - La Main
du terrassier, les voies romaines : Clic
!
- ARCHEOLYON - Les voies romaines antiques : Clic
!
- Site Lyon Historique - Voies romaines de Lyon
: Clic
!
- Site Roma Antiqua - Les voies romaines : Clic
!
- Site Pax romana :
- Les voies romaines : Clic
!
- Carte des voies romaines en Gaule : Clic
!
- Site perso "Une voie romaine en Tarentaise"
- Voies romaines, généralités
: Clic
!
- Site "Les voies romaines en Méditerranée"
: Clic
!
- Site d'étude de la Via Aureliana : Clic
!
- Site perso Juillot - La Route du sel : Clic
!
En anglais :
- Site "Roman Roads in Mediterranea" : Clic
!
- Site
LacusCurtius : Viae (article - en anglais du Dictionary
of Greek and Roman Antiquities de William Smith) :
Clic
!
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| 13 Septembre 2004 |
| Joëlle
a écrit : |
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Le
16.06, je vous écrivais pour vous demander une
réponse au jeu "Intermèdes".
Cette société
donne les réponses ce jour (!!!!)
La soluc. aux "écuries de Caracalla"
est = " le mausolée de Romulus"
Lustucru ! si je peux me permettre de vous tutoyer (?)
Ceci pour info !
Donc je n'ai pas gagné
ce jeu - ce n'est pas grave - l'intéressant étant
davantage les recherches que les prix à gagner
: 1er prix : 4 jours à Gênes : j'habite
à Cannes, donc je peux y aller seule… Comme
le disait la baronne de Coubertin à son mari :
"l'important, c'est de participer !" |
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| RÉPONSE
: |
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| Merci d'avoir songé
à m'informer de la "solution" de cette
agaçante
énigme.
Enfin, je mets solution entre guillemets car,
à vrai dire, celle-ci me paraît aussi bizarre
- je dirais même plus, aussi étrange -
que la question elle-même.
J'avais évidemment suspecté ce "mausolée
de Romulus", célèbre monument
de la Via Appia antica, mais outre le fait
qu'à ma connaissance, jamais personne - hormis
le rédacteur de cette devinette - ne paraît
avoir affublé cette vénérable bâtisse
du sobriquet d'écuries de Caracalla,
les descriptions que j'en ai trouvées ne correspondent
guère avec le libellé de l'énigme.
Mais tu as raison : soyons philosophes… Et puis,
de toute façon, si l'on en croit le proverbe,
"à Gênes, il n'y a pas de plaisir" !… |
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| 13 Septembre 2004 |
| Michel
a écrit : |
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| Nouveautés
du site Archeobel
:
- Un morceau de
tuile romaine, provenant d'un castellum
romain du long du Rhin aux Pays-Bas près
de Nimègue : Clic
!
Un morceau de tuile… Pas de quoi provoquer
des hausses d'adrénaline s'il ne portait
pas encore une partie du cachet. Il y est inscrit
"…GERINF",
autrement dit "EXGERINF"
ou "Exercitus Germania Inferior"
! Cette fameuse tuile porte donc le cachet du
corps d'armée de la Germanie Inférieure.
Dans la même région,
on trouve aussi des morceaux de tuile avec le
cachet LEGXXX VV ou Légion
30 Ulpia Victrix, la légion victorieuse
du père Trajan. Celui-ci cantonna sa légion,
dite "victorieuse" suite aux moult baffes
qu'elle avait flanquées aux Daces et aux
Thraces, sur le bord du Rhin. Elle y resta et
y construisit des fortifications encore plus importantes
que celles édifiées par le père
Vespasien après sa victoire sur les Bataves
excités !
La demi semelle de légionnaire qui figure
sur mon site (Clic
!) provient elle aussi d'un castellum
près du Rhin, le morceau de tuile ayant
été trouvé quelques castellums
plus loin. Entre-temps une deuxième semelle
a été trouvé près
des tuiles de la légion 30.
Il semblerait également qu'il devait y
avoir des potiers parmi les soldats romains affectés
à la garde du Rhin, car on a retrouvé
de lampes à huile avec des cachets de légions.
Voici l'adresse du site néerlandais parlant
d'une petite lampe trouvée à Holdeurn-Nijmegen
dans un atelier de poterie militaire : www.museumkennis.nl
De nouvelles fouilles sont
prévues aux Pays-Bas, près d'autres
castellums le long du Rhin. On m'informera
au fur et à mesure des découvertes.
Cela promet encore beaucoup de choses intéressantes
! |
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| RÉPONSE
: |
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| Eh bien, voilà
des objets fort intéressants.
Encore une fois, il faut saluer l'organisation de l'armée
romaine : il est vraiment remarquable que ces gens "s'amusaient"
à marquer d'un signe de propriété
des objets aussi banals (même si c'est quand même
de la céramique) que de vulgaires tuiles. Un
peu comme l'armée belge qui faisait inscrire
Armée belge - belgische leger sur le
moindre objet - caleçon, chaussette ou serviette
- gracieusement mis à la disposition de ses troufions
à jamais reconnaissants.
Ils étaient décidément très
en avance, les vainqueurs de nos glorieux ancêtres,
tout braves qu'ils fussent…
Très intéressants aussi ces renseignements
sur les fouilles entreprises dans les castelli
de chez nos chers voisins du Nord. Si jamais vous avez
connaissance de trouvailles que vous pensez susceptibles
de m'intéresser, ou d'intéresser les visiteurs
de mon site, n'hésitez pas à me transmettre
l'information. Je suis preneur ! |
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Autre
chose :
En lisant le courrier de vos
lecteurs, je suis tombé sur cette
question au sujet du mot INVICTO
sur un mur de temple. Cela m'a mis la puce à
l'oreille… Je me suis demandé depuis
quand la légende SOL INVICTO était
utilisée sur le monnayage. Après
avoir remué quelques bouquins et quelques sites
du Net, je suis tombé sur l'empereur Gallien.
Apparemment ce serait ce bougre-là qui, le premier,
aurait mis ce fameux Soleil Invaincu sur le
revers de ces monnaies. Cela permet de se faire une
idée de la période à partir de
laquelle ce temple aurait pu être construit…ou
est-ce que je me trompe ? |
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| RÉPONSE
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| Merci pour ces compléments
d'information sur la légende soli invicto
des monnaies romaines.
En fait, la sympathique internaute qui m'a écrit
le mois passé, ayant vu stèle martelée
dans la ville de Pula en Istrie (Croatie), émettait
l'hypothèse que l'inscription volontairement
endommagée concernait un empereur "maudit"
quoiqu'invaincu. Et puisque les empereurs de
la dynastie
flavienne avaient été généreux
à l'égard de cette ville, elle pensait
que l'empereur invaincu dont question aurait
pu être le pire des Flaviens, c'est-à-dire
Domitien.
Les infos que vous me communiquez confirment donc bien
ce que je pressentais : Domitien n'a jamais été
proclamé invictus, ce terme n'apparaissant
que bien plus tard…. Et, par voie de conséquence,
l'inscription de Pula est bien plus tardive.
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