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Sommaire Janvier 2004 :
  • 3 Janvier :
    • Madame Soleil et empereurs romains… : Clic !
  • 5 Janvier :
    • Les diverses casquettes des empereurs : Clic ! 
  • 5 Janvier :
    • Antonin le Pieux : the best of the best ! : Clic !
  • 5 Janvier :
    • Quelques liens sur la religion romaine : Clic ! 
  • 7 Janvier :
    • De quels monuments Rome est-elle redevable aux Flaviens ? : Clic !
    • Vespasien, Titus et Domitien : qu'en pensait le bon peuple ? : Clic !
  • 9 Janvier :
    • Hadrien et (toujours) le mystère de la genèse de sa barbichette : Clic !
     

    PAGE SUIVANTE 

  • 15 Janvier :
    • Sainte Nadia (ou Nadège), sa sainte mère (Sophie), ses saintes sœurs, et leur édifiant martyre : Clic !
  • 15 Janvier :
    • Hadrien aimait la bâtisse ! : Clic !
  • 19 Janvier :
    • Éros et Cupidon, même combat ? : Clic !
  • 21 Janvier :
    • Des anecdotes "sympas" sur Titus… : Clic !
  • 23 Janvier :
    • Pax romana : un jeu vidéo pour prendre le contrôle du Sénat romain : Clic !
  • 25 Janvier :
    • Des bons petits plats romains, en version française : Clic !
  • 25 Janvier :
    • Pas facile d'être syndicaliste sous Dioclétien ! : Clic !
  • Janvier :
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"EMPEREURS ROMAINS"
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3 Janvier 2004

Luc a écrit : 

Dans la revue Historia n° 685 il est dit :

"Comme leurs concitoyens, la plupart des empereurs sont des férus d'astrologie. Au moment de leur avènement, ils n'hésitent pas à rendre public un horoscope justifiant à la fois religieusement et scientifiquement leur arrivée au pouvoir. Ils ont l'habitude d'affirmer que cet horoscope a été dressé le jour de leur naissance, mais il est beaucoup plus probable qu'il a été composé après coup pour l'occasion. Non content de publier ses horoscopes, Auguste fait frapper des monnaies portant l'image du Capricorne, ascendant astrologique du début de son règne. Prudent, il fait interdire tous les horoscopes fixant la date de sa mort et prévoyant l'identité de son successeur. Les empereurs ont près d'eux un mathematicus, à la fois confident et conseiller occulte de son maître. Un de ces personnages connaît la gloire, Thrasylle d'Alexandrie, qui passe presque toute sa vie dans l'intimité de l'empereur Tibère. Par ses conseils mesurés, il parvient bien souvent à adoucir les décisions arbitraires de son ami. Tibère et, après lui, l'empereur Hadrien se font initier à l'art de dresser des horoscopes."

J'aimerais connaître l'influence de l'astrologie sur les empereurs romains.

 

RÉPONSE :

L'influence de l'astrologie sur les empereurs romains ? Difficile de répondre précisément à cette question !… Bien sûr, beaucoup d'empereurs furent - comme leurs sujets romains, d'ailleurs - entichés d'astrologie et clients assidus des astrologues, chaldéens et autres mathemaci. Mais consultaient-ils systématiquement leurs horoscopes avant de prendre des décisions importantes ? Impossible à dire…

Et puis, de toute façon, une "pronostication" astrologique a-t-elle jamais changé le cours de l'histoire ? Les Romains n'affirmaient-ils pas que si les astres régissaient les hommes, c'étaient les dieux qui, en définitive, tiraient les ficelles du destin (Astra regunt homines sed Deus regit astra), et qu'en tout état de cause, "Jupiter aveugle ceux qu'il veut perdre" (Quos vult Jupiter perdere, dementat prius).

Voyez Jules César : un devin lui prescrit d'avoir à se méfier des ides de mars… Ce qui ne l'empêche pas d'aller, ce jour-là, faire son show au Sénat pour y périr sous les coups de poignard de Brutus et de ses acolytes.
Et Julien l'Apostat ! Sa vie durant, il suit les conseils d'un astrologue et évite de se rendre en Phrygie, cette province où, selon les astres, il devait passer de vie à trépas… pour finalement trouver la mort à des centaines de kilomètres de cette maudite Phrygie, lors d'une bataille livrée dans un coin perdu du fin fond de la Mésopotamie… et appelé "les champs phrygiens"…
Y'a vraiment de quoi se taper le derrière dans du verre pilé pour se décongestionner les cordes vocales, comme le dit si justement (quoiqu'un peu trivialement, je vous le concède) le grand Georgius dans une de ses œuvres aussi immortelle qu'incongrue !

Notez aussi, pour terminer, que la passion de l'astrologie n'est pas particulière aux empereurs de Rome : nombre de papes, de princes de la Renaissance, de sultans musulmans, de roys de France et de Navarre recoururent aux services d'un astrologue royalement appointé. Même tonton François Mitterrand ne dédaignait pas, paraît-il, de recourir aux lumières de son astrologue attitrée.

 

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5 Janvier 2004

Vincent a écrit : 

Je reviens sur votre site après quelques mois de repos dans le Saint Empire Romain Germanique.

En fait je voudrais savoir quel est la signification précise des divers titres : Imperator, César, Pontife etc donnés aux empereurs romains.

Je suppose que ce sujet est déjà traité dans votre site. Pouvez-vous me guider ?

 

RÉPONSE :

Bien sûr,, je n'irai pas, pour saluer votre retour sur mon site, jusqu'à tuer le veau gras comme le fit jadis le père de l'enfant prodigue lorsque celui-ci regagna, tout déconfit, le doux foyer paternel. Cependant, croyez bien que c'est avec une grande joie que je vous accueille en ce début d'année, après près de six mois de défection germanique.

Vous avez raison, j'ai déjà eu l'occasion de parler des diverses "casquettes" que portaient les empereurs romains : généralissime des armées romaines (imperator), tribun de plèbe (tribunicia potestas) ad vitam æternam, prince du Sénat (Princeps senatus), grand-prêtre de la religion officielle (Pontifex maximus). Voyez (par exemple) :

  • Auguste et l'instauration du Principat : Clic !
  • Nature du pouvoir des empereurs romains : Clic !
  • Le pouvoir des empereurs était-il absolu : Clic !

Vous trouverez aussi des explications - bien plus savantes et plus complètes que les miennes - relatives à la fonction et à la titulature impériales sur l'excellent site d'Émilia Robin :

  • Le pouvoir et l'administration sous l'Empire romain - L'empereur : Clic !
    • La nature de son pouvoir : Clic !
    • La titulature impériale : Clic !
    • Les attributions de l'empereur : Clic !
      • Le pouvoir législatif dans sa plénitude : Clic !
      • Le pouvoir exécutif : Clic !
      • Le pouvoir judiciaire : Clic !

 

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5 Janvier 2004

Bert a écrit : 

Comment, comment, comment, qu'entends-je ? Antonin aurait été "nonchalant" ? (voir ici : Clic !)
Je m'insurge ! (je sais si bien le faire, vous devriez me voir, tiens, tout insurgé, pire qu'une commune du Brabant !)

Bon, comme pour quasiment tous nos amis de la République ou de l'Empire, faut se satisfaire des sources, n'est ce pas ? Et en l'espèce, c'est l'Histoire Auguste et l'archéologie qui s'y collent, faudra faire avec…

Tout d'abord pour ce qui concerne sa carrière avant l'empire…Très longue carrière ! Tout le cursus, sans faillir, et dans l'ombre (mais en fait, on n'en sait rien, ce n'est pas dans la bio, mais pourquoi n'aurait-il pas eu un beau cursus, de formateurs voyages… ?), et puis, en couronne, proconsul d'Asie, et pour être proconsul d'Asie sous Hadrien, hein ? Le simple fait que l'on a peu d'informations serait plutôt, selon moi, la marque d'une correcte administration.

Choisi par Hadrien (second choix au moins, d'accord, mais tout de même choisi !) pour l'Empire, même en spéculant sur son âge, encore un indice selon lequel ce ne devait pas être un "mauvais", l'Antonin….

Son règne est long, des guerres, il y en aura, Bretagne, Afrique…, il y aura des conjurations, des soupçons sur la femme de César, en bref, il aura eu tout ce qu'un empereur peut avoir durant un règne, mais le résultat !

Quand Marc Aurèle arrive au pouvoir, l'empire va "bien", il est immense et riche, la sécurité est assurée (oui, bien sur, la sécurité surtout pour les 100 plus riches familles, mais la revendication marxiste se marie mal avec une étude de l'Empire, mmmh ?…), toute paix est relative, mais les frontières sont sures…

Antonin, selon moi, est L'Empereur charnière, l'un des plus importants de l'histoire !

  • Il est le pivot entre le culte "païen-romain classique" (culte des anciens, des dieux classiques, conservatisme religieux) qu'il revendique, et l'émergence des "nouveaux cultes" et des "nouvelles religions", qu'il tolère, figurant à lui seul des siècles de politique.
  • Il est le pivot entre l'expansion militaire (jusqu'à Trajan) et la protection des frontières, l'expansion économique que d'aucun juge aujourd'hui nécessaire à l'empire, mais que lui ne voyait peut-être pas ainsi… Ce n'est pas un guerrier, mais il sait décider la guerre. Le politique moderne est là !
  • Stoïque, il préfigure, avec Hadrien, l'arrivée d'une nouvelle forme de pensée politique se rapprochant de La République de Platon (l'empereur philosophe…), forme que Marc Aurèle prouvera ne pas être suffisante à l'administration de l'empire.

En bref, Antonin, you're ze best !

 

RÉPONSE :

Bravo pour cet éloquent panégyrique !

L'époque du Pieux Antonin marque l'apogée de l'Empire romain. Nul n'en disconvient ! Bien sûr, et même si son règne fut - en gros - paisible, il eut néanmoins son contingent de guerres (défensives) et de conjurations (avortées). Bien sûr, le bon administrateur que fut cet Antonin laissa à sa mort un excédent budgétaire de six cent septante-cinq millions de drachmes. Une paille !! Bien sûr, ce bon empereur était affable, consciencieux, modéré (sauf envers ses esclaves et ses affranchis qu'il avait tendance à rudoyer), déférent à l'égard du Sénat, paternel (paternaliste ?) pour le peuple, respectueux de tous des dieux (ceux de Rome et les autres). Bref, ze best, comme vous dites !…

antonin le pieux

Cependant, si "gouverner c'est prévoir", il y aurait peut-être des choses à redire… Antonin poursuivit la politique extérieure d'Hadrien, axée principalement sur la dissuasion : des démonstrations de force en Germanie ou en Écosse suffirent à intimider des Barbares contenus par un limes renforcé.
On connaît la valeur de ces stratégies façon "ligne Maginot" ! Un moment de distraction, un maillon faible, et c'est tout le système défensif qui s'écroule. Patatras ! C'est ce qui arrivera quelques années seulement après la mort du bon Tonin, quand des Marcomans passèrent entre les mailles du filet défensif romain et s'enfoncèrent jusqu'en Italie du Nord. Et, il ne faudra pas attendre la fin du Siècle d'or des Antonins pour voir les Pictes de l'actuelle Écosse jouer à saute-mouton avec les "Murs" d'Antonin et d'Hadrien et s'en venir ravager, piller, violer à tout va l'opulente Britannia romaine.

C'est peut-être assez peu politiquement correct que de dire cela de nos jours, mais je vous le demande : quel est l'avenir d'un Empire qui a renoncé à l'impérialisme ?

Je vous concède que c'est Hadrien qui initia cette politique par trop défensive, et pas Antonin. Toutefois, celui-ci aurait dû se rendre compte que la situation se modifiait, que la pression barbare augmentait aux frontières et que les Parthes recommençaient à s'agiter de l'autre côté de l'Euphrate. Plutôt que de capitaliser les ressources financières de l'Empire, il aurait sans doute mieux fait de les affecter à des compagnes militaires afin de "tuer dans l'œuf" ces menaces.

Résultat : Marc Aurèle utilisera le pactole thésaurisé par Antonin pour bouter les Parthes hors des riches provinces orientales, puis se trouvera fort dépourvu quand il s'agira de repousser d'Italie les Germains… Qui plus est, avec une armée décimée par la peste devenue endémique !
Si vis pacem, para bellum…

La phrase célèbre d'Antonin : "J'aime mieux conserver un seul citoyen que tuer mille ennemis" ne retentit-elle pas un peu comme cette autre : "Pourquoi faudrait-il mourir pour Dantzig ?"
Et je vous parie un casier de bière des Trappistes de ma ville natale de Rochefort contre une bête chope que, tout philosophe qu'il fut, le sage Marc Aurèle, se les gelant dans sa tente ouverte aux quatre vents des rudes hivers germaniques, ne put s'empêcher de maudire dans sa barbe son pieux, mais trop prudent prédécesseur qui avait préféré s'asseoir sur son magot, couver son tas d'or, plutôt que de l'employer à une "guerre préventive" contre les ennemis de la civilisation gréco-romaine.

Deux siècles plus tard, un autre philosophe couronné, l'empereur Julien dit l'Apostat, épinglera encore l'avarice crasse d'Antonin : "Fi le rapiat ! ce vieux croûton est de ceux qui scient un grain de cumin en deux !" (Banquet des Césars, 9). Toutefois, Julien reconnaît que cet homme fut "sage, sinon en amours, du moins en politique".

 

Bert réécrit 

Toujours la réponse acérée, le doigt où ça fait mal en tout bien tout honneur, évidemment !). Ah, il est dur, le bougre !

Je vois les "incursions", puis les "raids", et enfin les attaques en règle des "barbares aux frontières" comme inéluctables. S'il paraît que l'avenir d'un Empire est menacé par celui qui renonce à se comporter en empereur, il en est de même de l'Empire qui décide la "fuite en avant"… A posteriori, il peut paraître y avoir des solutions pour la pérennité de l'empire, mais en ces temps-là ?

Donc, je ne crois pas qu'il soit possible de reprocher à Antonin une politique qu'aujourd'hui l'on qualifierait d'attentiste, mais qui n'en était pas une à l'époque ! Il a connu les échecs de Domitien sur le Danube (enfin, il était né, son père était même consul, je crois, à l'époque, donc il devait avoir 2/3 ans… ok, ok), le retour de Trajan et sa mort, et les préventions d'Hadrien, assez pour le faire douter… Et puis, où aller ? Attaquer qui ? Avec quoi ? Les Parthes ? Défendre les Champs Décumates, et pousser vers le Nord rejouer une "varus story" là-haut dans la froide forêt ? Les Parthes, ils les connaissaient, ils reviennent toujours, n'est ce pas Marc Aurèle ?

Le "limes Maginot" ne marchait pas mal tant que le blitzkrieg ne disposait pas de chars et d'avions. Et puis les Romains d'Antonin avaient une autre classe que nos minables de la Troisième, tout de même, hein ? Lebrun ou Arrien ? Y'a pas photo ! Il recula ceux du Nord, voyant que la protection de quelques villages obérait celle de toute la province… Il a envoyé des troupes avant de construire celui d'Afrique.

Important travail sur le droit, aussi ! Je vous cite : "La phrase célèbre d'Antonin : « J'aime mieux conserver un seul citoyen que tuer mille ennemis » ne retentit-elle pas un peu comme cette autre : « Pourquoi faudrait-il mourir pour Dantzig ? » "
NON ! Elle retentit comme, "je préfère voir un innocent en liberté que 10 coupables en prison" ! Na !
Législation sur les esclaves, sur le mariage (sic)…

Avaricieux, selon le Julien ? Mais tout de même, il refile tout son fric à l'État lors de son avènement, (c'est vrai que tout l'immobilier va à sa fille dans le même temps, bon, Marc Aurèle sera content !), il évite les "résidences officielles". Vrai aussi qu'il était très riche, mais bon, tout de même, ça tranche avec Héliogabale ou même ce cher Julien, pas finaud en finance ! Et sage "sinon en amour", oooh, c'est Julien qui dit ça ? On dit qu'il était cocu, mais qu'il a pardonné, voir le temple, les paons, les monnaies…

Mais nous sommes d'accord sur l'essentiel, Antonin n'était pas un nonchalant, loin s'en faut, ni un visionnaire, mais les autres ?

Au palmarès, je le garde comme le premier ! Tibère second ? Ça se discute !

 

RÉPONSE :

Question escrime littéraire, votre pointe vaut largement mon estoc !

… Mais vous avez raison : finalement, nous sommes d'accord sur l'essentiel, à savoir que le règne du bon Antonin marque le sommet de la civilisation impériale romaine. Cet empereur de l'âge d'or de Rome fut certainement un homme exquis, un César pondéré, un sage administrateur, etc…. Tel fut l'avis unanime de ses sujets et de ses biographes, anciens, et telle est l'opinion des historiens modernes. Alors, admirons-le également (ou louons son service de propagande), et abstenons-nous de critiques qui ne reposent en fait que sur les spéculations aventurées.

Ainsi, mes réserves sur la capacité de cet empereur à anticiper les problèmes qui, en définitive, relèvent davantage de l'histoire-fiction - de l'uchronie, comme on dit aujourd'hui - que de l'Histoire (avec un grand H). Si Hadrien et Antonin avaient opté pour une politique "à la Trajan", l'Empire romain, consolidé, aurait-il perduré plus longtemps ? ou au contraire se serait-il effondré bien avant le Ve siècle sous les coups de "Barbares" revanchards ?
Chi lo sa ?

Avec ses si…

 

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5 Janvier 2004

"Helvincent" a écrit : 

J'ai du mal à trouver ces infos

  • Comment est organisé le culte romain ?
  • Généalogie des dieux romains
  • Comment la religion des Romains a-t-elle subi l'influence extérieure ?
  • Qui est Mithra ?

Merci d'avance

 

RÉPONSE :

Voici quelques liens vers des pages internet où vous devriez trouver des renseignements sur la religion romaine ainsi que sur la mythologie :

  • Ac. Versailles : le Musée vivant de l'Antiquité :
    • Mythes et mythologie : Clic !
    • Religion en Grèce et à Rome : Clic !
  • Site sitec.fr - Mythes antiques : Clic !
  • Ac. Aix-Marseille - La religion romaine : Clic !
  • Site Karl Claerhout - Les religions orientales à Rome (Mithra et le mithraïsme) : Clic !
  • Site "Ils sont fous ces Romains" - Les dieux romains : Clic !
  • Histoire romaine - La religion romaine : Clic !

     Répertoires :

  • Retiarius.org - Ressources internet : Mythologie, cultes traditionnels : Clic !
  • Ac. Versailles - Carnet d'adresses en langues anciennes - Ressources internet concernant la mythologie : Clic !
  • Site LacusCurtius :
    • Astrology, Magic and Religions : Clic !
    • Religions : Classical & Mythology : Clic !
    • Oriental religions : Clic !
  • et pour terminer, cette page de mon propre site internet où sont référencés des courriers relatifs à la mythologie et à la religion des anciens Romains (renseignements d'ordre très général) : Clic !

 

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7 Janvier 2004

Alice a écrit : 

Je m'appelle Alice, je suis en 3e et je fais un exposé sur les Flaviens et votre site m'a beaucoup aidé dans mes recherches, mais j'aurais quand même quelques questions à vous poser :

1. Quels monuments ont construits les 3 empereurs Flaviens (Vespasien, Titus, Domitien) ? Et à quelles fins ?

 

RÉPONSE :

Mieux vaudrait sans doute vous rendre sur le site Maquette de Rome de l'Université de Caen. Vous y trouverez (voir ici : Clic !) un index chronologique reprenant (entre autres) les édifices construits sur ordre de Vespasien, Titus et Domitien, chacun de ces monuments faisant l'objet d'une rubrique particulière, avec renseignements d'ordre architectural, topographique, historique, voire littéraire.

2. Quelle réputation auprès du peuple avaient Vespasien, Titus et Domitien ?

 

RÉPONSE :

Tenter de savoir ce que le peuple pensait du "César" régnant relève un peu de la "mission impossible". Les sources dont nous disposons - en ce qui concerne les Flaviens : les historiens Suétone (début du IIe siècle) et Dion Cassius (milieu du IIIe siècle) - ne reflètent guère que l'opinion de la classe sénatoriale, l'avis de ces aristocrates conservateurs, le plus souvent radicalement hostiles au régime impérial.

Disons seulement que la plèbe romaine fut sans doute reconnaissante à Vespasien d'avoir rétabli la paix publique et la prospérité après les ruineuses folies de Néron et la guerre civile dévastatrice qui régla la succession de l'empereur-artiste.
Il est toutefois probable que la nécessaire austérité budgétaire imposée par le premier des Flaviens hérissait quelque peu un peuple encore accoutumé au faste et aux largesses de la cour de Néron. Le succès considérable d'une plaisanterie - douteuse - d'un mime, lors de ses funérailles de l'empereur, semble la meilleure preuve que son avarice était devenue proverbiale :
"À ses funérailles, le premier pantomime nommé Favor, qui représentait l'empereur et contrefaisait, selon la coutume, ses paroles et ses gestes, demanda publiquement aux gens d'affaires combien coûtaient le convoi et les obsèques. Comme ils répondirent : « Dix millions de sesterces », il s'écria : « Donnez-m'en cent mille, et jetez-moi ensuite dans le Tibre. »" (SUÉTONE, Vie de Vespasien, XIX).

Lorsqu'il succéda à son père, Titus pâtissait d'une exécrable réputation. Cruel, jouisseur, dépravé, corrompu, tous craignaient qu'il ne devienne un "autre Néron" (SUÉTONE, Vie de Titus, VII).
Devenu empereur, il fut sans doute aimé de son peuple à qui il offrit de splendides spectacles (dont une mémorable naumachie - combat naval reconstitué) et à l'égard de qui il fit preuve d'une générosité sans faille, quoiqu'un peu ostentatoire - on la qualifierait aujourd'hui de "démagogique".
Reprenons Suétone : "En toute occasion, il traitait le peuple avec tant de bonté qu'ayant annoncé un spectacle de gladiateurs, il déclara qu'il le donnerait au gré des assistants, et non au sien. En effet, non seulement il ne refusa rien de ce que les spectateurs voulurent, mais il les exhortait même à manifester leurs vœux. Il affectait une préférence pour les gladiateurs thraces, et souvent, en plaisantant avec le peuple, il les applaudissait de la voix et du geste, toutefois sans compromettre ni sa dignité ni la justice. Pour paraître encore plus populaire, il admit quelquefois le public dans les thermes où il se baignait." (Vie de Titus, VIII)

vespasien

titus

domitien

Le même Suétone affirme - et en l'occurrence, je veux bien le croire sur parole - que Titus fut unanimement pleuré lorsqu'il s'éteignit après un règne trop court : "La nouvelle de sa mort répandit un deuil universel, comme si chacun avait perdu un membre de sa propre famille." (Vie de Titus, XI).
Normal ! en deux ans, son étoile n'avait pas encore eu le temps de pâlir (voir à ce sujet : Clic !)

Pour Domitien, il est encore plus hasardeux de se faire une idée de son image auprès du peuple, car, en ce qui le concerne, le parti pris hostile des historiens antiques est des plus manifestes.
Suétone rapporte que le peuple accueillit la mort du "Néron chauve" avec indifférence (Vie de Domitien, 23). Il est toutefois probable que les spectacles splendides (combats de gladiateurs en "nocturne", combats de femmes, naumachies, concours athlétiques ou poétiques, représentations théâtrales, etc) qu'il offrit aux Romains, l'argent qu'il leur distribua, son zèle à rendre une justice équitable, l'attention constante qu'il accordait aux affaires publiques (économie, finances, cultes et politique extérieure) ne laissèrent pas le petit peuple de Rome aussi indifférent que Suétone voudrait nous le faire croire…

 

 

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9 Janvier 2004

Nicole a écrit : 

Après un bref survol de l'ensemble proposé par votre site, je me suis attardée sur l'empereur qui caracole en tête de ma starac perso… Je nomme le bel Hadrien. Les quinquets pleins de votre article et du courrier des lecteurs, me voici prête à dénoncer, en toute modestie, les petits oublis qu'il m'a semblé apercevoir. Attention, je ne prétends pas être une experte, mais seulement une passionnée. Alors ne perdons pas de temps, attaquons le sujet le plus grave qui soit, celui dont on parle dans tous les foyers de France et de Navarre et même en Belgique : depuis quand Hadrien portait-il la barbe ?

Le moyen le plus simple d'avoir des portraits datés est la numismatique. Si l'on considère qu'Hadrien n'a jamais été César mais "Dauphin" à partir de 108 et légat à partir de 114, les premières pièces frappées à son effigie datent de 117, année de son accession au pouvoir. À cette date, il portait déjà la barbe. Peut-être voulait-il cacher quelques marques disgracieuses, mais il ne faut pas perdre de vue qu'il était fort influencé par la culture helléniste au point d'être surnommé "le petit Grec". Qu'importe, et reconnaissons le, qu'est ce qu'il la portait bien cette barbe !.

Permettez-moi de compléter son portrait. Sportif, très intelligent et cultivé, il était également autoritaire et vaniteux, jaloux de son pouvoir. Après un empereur guerrier, cet empereur intellectuel apporta à Rome une période de paix… relative. Il ne fit pas de nouvelles conquêtes, mais l'ordre et la discipline régnèrent dans tout l'empire. Ses voyages avaient pour but de surveiller les limes, de s'assurer de la fidélité de son armée et veiller à la bonne gestion des provinces. Tolérant envers les chrétiens, il déclencha une insurrection juive de 132 à 136, en voulant construire un temple dédié à Jupiter en lieu et place du Temple de Jérusalem.

hadrien

 

RÉPONSE :

Merci pour ces précisions sur le brave empereur Hadrien, cher à votre cœur ainsi qu'à celui de la grande Marguerite Yourcenar. Pour moi, je vous avoue n'avoir pas encore assez approfondi sa biographie pour me permettre de porter un jugement sur lui. S'il fut supérieurement intelligent, plutôt pacifique, curieux de tout, il montra aussi certains traits de caractère (philhellénisme passionné, amour - excessif - de la bâtisse, coquetterie et jalousie littéraire) qui feraient de lui un genre de "Néron qui a réussi"… Mais là, je me fais peut-être un peu trop l'avocat du diable !

Quant à cette histoire de barbe, elle a déjà fait couler pas mal d'encre sur les pages de mon site internet. Toutefois, comme ce n'est pas Hadrien, mais son lointain successeur Julien dit "l'Apostat" qui se fendit d'un long descriptif de sa barbe, hirsute et peuplée d'innommables parasites au nombre incalculable de petites pattes fouineuses, je crains bien que nous demeurions toujours dans l'ignorance des tenants et aboutissants de l'impérial ornement facial du deuxième des Antonins.

 

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