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Janvier 2003 (page 2/3)
Sommaire du mois de Janvier : Clic
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| 11 Janvier 2003 |
| Michel
Eloy a écrit : |
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| Plusieurs internautes
vous ont demandé votre avis à propos
de Murena, la BD de Jean Dufaux (scénariste)
et Philippe Delaby (dessinateur) qui, actuellement,
"fait un malheur"
Comme, d'une part, vous
vous êtes déclaré incompétent
en la matière, et que, d'autre part, la BD
et le cinéma sont mon domaine (voir site
Cinérivage),
je vais tenter de répondre à votre
place dans une (copieuse) réponse en deux
parties :
DE
MURENA À LOLLIA PAULINA :
- I. Murena : un héros
de papier - La BD Murena proprement
dite, soit la vie de Néron vue par Dufaux
et Delaby : Clic
!
- II. Les lolos de Lollia
: il y a murène sous roche
-
Dufaux et Delaby ont eu la curieuse idée
de faire de leur héros de papier Lucius
Murena le fils d'un personnage historique, Lollia
Paulina qui, justement, est restée dans
la mémoire des historiens pour n'avoir
jamais porté d'enfant ! Et voici que près
de deux mille ans après son (éphémère)
mariage avec Caligula et ses intrigues pour remplacer
Agrippine dans le lit du vieil empereur Claude,
la belle, mais stérile, Lollia Paulina
accouche enfin d'un merveilleux petit héros
de papier : Lucius Murena. Voilà une gestation
qui ferait pâlir d'inquiétude les
derniers éléphants d'Afrique, en
voie d'extinction ! : Clic
!
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| 12 Janvier 2003 |
| Emeline a écrit : |
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| Je cherche le nom d'un auteur
latin tardif, qui aurait écrit des textes historiques
sur la décadence de l'empire et sur la chute de
l'empire romain d'occident. Je cherche désespérément
et je ne trouve pas ce que je veux, si vous pouvez m'aider
! Merci beaucoup. |
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| RÉPONSE : |
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| Avec aussi peu d'informations, il est difficile d'être
sûr à 100% , mais ne s'agirait-il pas d'Ammien
Marcellin ?
Ammien Marcellin (vers 330-395 ap. J.-C) fut le
dernier grand historien latin, car c'est bien en latin
qu'il écrivait bien qu'il fût un Grec d'Antioche
(en Syrie).
Il est l'auteur d"Histoires" en 31 livres, qui
couvrent la période qui va 96 à 378 ap.
J.-C., soit de la mort de Domitien
à la bataille d'Andrinople, où l'empereur
Valens
fut battu et tué par les Goths. Malheureusement,
les treize premiers livres sont perdus, et seuls nous
restent ceux qui traitent des événements
contemporains d'Ammien, événements dont
l'historien fut souvent le témoin direct puisqu'il
fut soldat sous les ordres de plusieurs empereurs. C'est
dire que, malgré leur caractère lacunaire,
et bien que le style ne soit pas toujours à la
hauteur du propos. les Histoires d'Ammien Marcellin
constituent une source documentaire précieuse (voire
irremplaçable) sur l'Antiquité tardive.
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| 12 Janvier 2003 |
| Camille a écrit : |
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| Je vous écris pour vous
dire, comme certainement tant d'autres, combien j'ai apprécié
votre site. Je dis bien "apprécié", au passé,
parce que ça y est, j'ai tout lu ! Depuis des mois,
petit à petit, comme un bon vieux bouquin. J'ai
même relu certaines biographies ! D'ailleurs vous
dites à un endroit que "200.000 visiteurs ont parcouru
près de 600.000 pages". Je me pose donc cette question
: comment font-ils, ces gens, pour ne lire que 3 pages
en moyenne ?
C'est vraiment passionnant, vous
arrivez à rendre compréhensible et à
nouveau vivante cette époque lointaine. On lit
toute l'histoire, on s'attache à tel Empereur,
on déteste tel autre, on est heureux malgré
nous d'apprendre que l'Empire Romain a encore gagné
une victoire et s'est agrandi. Puis arrive l'anarchie
militaire, les combats entre Romains, et ça fait
mal au cur de voir cette civilisation très
en avance sur son temps se massacrer comme ça elle-même.
Et quand arrive la fin
c'est vraiment émouvant,
cet Empire millénaire qui rétrécit
inexorablement, ces Empereurs débiles, Rome saccagée
C'est bête, mais je trouve ça triste ! C'est
aussi dû à votre talent de conteur
Bref je crois que dire que j'ai apprécié
est un euphémisme ! Alors voilà, je voulais
vous en remercier.
Comme tous j'ai moi aussi mes questions,
des petits trucs qui m'intéressent, peut-être
même l'envie de cette "réponse personnalisée"
que vous nous promettez
Alors je me suis enfin décidé
à vous écrire ! Mais vous l'aurez compris,
ces questions ne sont pas "vitales" pour moi, je n'ai
pas d'exposé à faire ni de devoir à
rendre, aussi je comprendrais fort bien que vous n'y répondiez
pas. Ce sont, en somme, des questions de civilisation,
qui sortent comme vous le rappelez souvent du "strict
cadre de mes biographies d'Empereurs Romains" ! Mais
elles m'aideraient à saisir un peu "l'état
d'esprit" de cette époque. C'est pourquoi elles
sont "facultatives", et que je vous engage à ne
répondre qu'à celles qui pourraient profiter
à d'autres ! Alors voilà :
1.
Comment les Romains ont-ils pu se massacrer ainsi entre
eux ? Je sais que l'Empire était vaste, que
les gens ne déménageaient pas forcément
beaucoup, mais quand même d'une région à
une autre il devait bien y avoir quelques liens de parenté
non ? Je prends l'exemple de "L'affaire de Thessalonique":
comment ces soldats romains ont-ils pu tuer tous ces gens,
dans une région romanisée depuis fort longtemps
? Ils auraient pu avoir là de la famille, non ?
Il y a là quelque chose qui m'échappe
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| RÉPONSE : |
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| Même par ce froid glacial, votre mail m'a fait
chaud au cur ! Rares sont les internautes qui ont
"tout lu" dans mon site, et plus rares encore sont
ceux qui ont "tout apprécié". Je
vous remercie vivement pour tous ces compliments et tous
ces encouragements : votre enthousiasme est la plus belle
récompense que je puisse recevoir, et la meilleure
motivation pour continuer d'améliorer et d'enrichir
mes pages "Empereurs romains". (À ce propos puisque
vous avez maintenant tout lu, n'oubliez pas de consulter
de temps en temps la page Quoi
de IX ? qui vous informera de l'évolution de
ce site - notices nouvelles ou enrichies, parution des
pages courrier, etc
)
C'est avec plaisir que je répondrai à vos
quelques questions. Je me fais un devoir de répondre
personnellement à tout qui m'écrit, même
à ceux (rares, heureusement) qui critiquent mon
travail (ce qui est leur droit le plus strict) ou qui,
me prenant pour le bureau de renseignement du coin, me
demandent, parfois avec insistance, des infos sur tout
et n'importe quoi. Alors, vous comprenez bien que c'est
avec plaisir que je vais tenter de vous fournir des infos
complémentaires, à vous qui appréciez
mon travail, et, de plus, qui ne considérez pas
ma réponse comme un dû, mais bien comme un
"service facultatif" !
En ce qui concerne ces Romains qui s'étripent
entre eux, on sait assez que les guerres civiles sont
les plus sanguinaires de toutes. Celles qui ensanglantèrent
l'Empire romain ne font, hélas, pas exception à
cette règle : au cours de leur longue histoire,
les Romains ratèrent rarement l'occasion de se
massacrer joyeusement entre eux
même si la
clémence de Jules
César lors des "discordes civiles" fut unanimement
louée (s'il avait eu la main plus lourde, il n'aurait
probablement pas été assassiné par
des ingrats qui avaient pris parti contre lui et qu'il
avait graciés), et même si l'éphémère
empereur Othon
se suicida afin d'écourter une guerre civile qui
le désolait.
Cependant, dans cette fameuse affaire de Thessalonique
que vous évoquez, la situation était sensiblement
différente. Il ne s'agissait pas d'une guerre civile,
mais d'un châtiment collectif, et les massacreurs
n'étaient pas nécessairement des Romains.
En effet, l'armée romaine de l'empereur
très chrétien Théodose
le Grand, n'avait guère de romaine que
le nom : elle était composée massivement
de contingents barbares, avec des Goths, des Vandales,
des Alains, des Francs et autres joyeux compagnons aussi
sauvages qu'exotiques ! D'ailleurs, le général
qui avait été assassiné par la populace
de Thessalonique répondait au doux, mais bien peu
romain, nom de Bothéric
. On peut donc soupçonner
que n'est pas seulement par devoir, mais par plaisir,
que les soldats romains (tu parles !) de Théodose
obéirent à l'ordre inhumain de leur commandant
en chef : en transformant les arènes de Thessalonique
en boucherie, non seulement ils vengeaient l'assassinat
de l'un des leurs (en l'occurrence le fameux général
Bothéric), mais ils s'entraînaient aussi
à exécuter massivement une foule de vrais
Romains (qui sait, ça pouvait toujours servir !) |
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2.
Savez-vous pourquoi les Romains n'ont pas continué
leur expansion en Afrique, vers le Sud ? Je ne connais
pas bien la géographie de là-bas, mais il
me semble que, le long de la côte ouest tout du
moins, il y a autre chose que du désert, et certainement
maintes choses intéressantes pour une civilisation
qui adorait les produits et animaux exotiques. Qui les
a donc empêchés de poursuivre leur extension
par là, à moins que ce soit eux qui y aient
mis volontairement un terme ? |
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| RÉPONSE : |
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| Les Romains étaient pragmatiques. Tout territoire
insoumis était bon à annexer à leur
Empire
pour autant du moins que sa conquête
ne soit pas trop coûteuse (en hommes et en argent)
et que la nouvelle province soit rentable (impôts,
matières premières, esclaves, etc
).
Donc, si une contrée était trop bien défendue,
ou considérée (à tort ou à
raison) comme trop pauvre, Rome renonçait à
s'en emparer. C'est ainsi que les Romains se contentèrent
d'exploiter l'Afrique du Nord "utile", c'est-à-dire
la bande côtière, très fertile et
très peuplée car civilisée depuis
l'époque des Carthaginois, mais qu'ils ne ressentirent
jamais le besoin de s'enfoncer dans le Sud saharien, aride
et peuplé de tribus nomades hostiles et en outre
difficilement assimilables. Une expédition risquée
aurait d'ailleurs été inutile puisque les
routes caravanières trans-sahariennes aboutissaient
impérativement sur le littoral méditerranéen
déjà contrôlé par les Romains.
Même si l'intérieur du continent noir restait
largement inconnu, pourquoi s'y aventurer alors que toutes
ses richesses (animaux exotiques, métaux précieux,
joyaux, esclaves noirs) affluaient, sans effort ni importante
majoration de prix, vers des ports romains. |
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3.
Dans le même registre, sait-on la connaissance
que les Romains avaient de l'Asie ? Ils devaient bien
savoir grâce à Alexandre qu'il existait là
la civilisation indienne, mais qu'en était-il à
leur époque? Avaient-ils des relations avec eux,
voire un commerce ? Ou même avec la Chine ? |
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| RÉPONSE : |
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| Les Romains recueillirent les acquis géographiques
de l'expédition d'Alexandre le Grand et auraient
sans doute bien aimé recueillir aussi son héritage
politique en restaurant à leur profit son vaste
empire, du Nil à l'Indus ; ils auraient ainsi contrôlé
de bout eh bout la route commerciale dite "de la soie".
Tel fut sans doute le rêve d'empereurs tels que
Trajan
ou Julien
"l'Apostat", mais la résistance d'abord des
Parthes, puis celle de leurs successeurs, les Perses sassanides,
empêcha l'accomplissement de ce grand dessein, et
la soie chinoise resta toujours hors de prix sur les marchés
de l'Empire romain !
Héritiers d'Alexandre et de ses successeurs séleucides,
les Romains connaissaient aussi parfaitement l'existence
du grand empire situé au-delà des terres
soumises par le grand conquérant macédonien
: la Chine, le pays de la soie. Le plus curieux
(du moins quand on connaît leur mentalité
très "géocentrique"), c'est que les Chinois
n'ignoraient pas non plus l'existence de l'Empire romain
auquel ils donnaient le nom flatteur d'Empire des Richesses
ou, plus extraordinaire encore, qu'ils nommaient Dat
Qin, c'est-à-dire "l'autre Chine" ! Cependant
les contacts directs entre les deux empire étaient
rares. Par voie terrestre, les royaumes d'Asie centrale,
parthe puis perse, faisaient obstacle à toute relation
suivie entre Rome et la Chine. On pouvait certes prendre
le bateau, mais la route maritime était bien plus
longue et encore plus dangereuse que la "route de la soie"
(contournement des péninsules arabique, indienne
et indochinoise avant d'aborder la Mer de Chine). Cependant
même s'ils étaient assez limités et
s'il est assez difficile d'en évaluer l'impact,
des contacts entre Rome et la Chine existèrent.
Certains historiens ne suggèrent-ils pas que si
l'empereur Hadrien
édifia le réseau défensif du limes
rhénano-danubien, c'est parce qu'il aurait entendu
parler de la Grande Muraille de Chine ? |
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4.
Nombre de visiteurs de ce site disent posséder
des pièces Romaines (Dieu que j'aimerais
bien en avoir une !). Y en a-t-il eu tant de frappées
? Je pense bien que ça n'avait rien à voir
avec nos milliards de pièces d'ruros, mais il semble
que les Romains aient eu pas mal de pièces ! Chaque
citoyen en avait-il ? |
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| RÉPONSE : |
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| Comme je le répète à l'envi dans
mon site, je ne suis vraiment pas très "calé"
en numismatique, et je ne puis donc répondre à
vos questions sur le nombre de monnaies romaines disponible
ainsi que sur la quantité de pièces émises.
(Pour info, jetez un coup d'il sur ces deux sites
: wildwinds.com
et i-numis.com).
Ce qu'il ne faut cependant pas perdre de vue que la monnaie
romaine n'était pas "fiduciaire" comme la nôtre.
Sa valeur n'était fonction que de la quantité
de métal précieux qu'elle contenait. Les
autorités romaines ne pouvaient donc frapper des
pièces d'or ou d'argent "de bon aloi" que s'ils
disposaient d'une réserve suffisante de ces métaux.
Dans le cas contraire (qui sera le plus fréquent
à partir de la fin du IIe siècle), de nombreuses
pièces étaient, certes, émises, mais
elles contenaient plus de métal vil (bronze ou
cuivre) que de métal précieux, et leur valeur
s'en trouvait sensiblement altérée.
Cela dit, je pense que le nombre de pièces émises
resta longtemps suffisant pour que la monnaie soit utilisée
dans la plupart des transactions (achat et vente de biens
de marchandises, payements de redevance). À mon
avis, ce n'est que qu'après l'époque de
Dioclétien
(IVe siècle) que les habitants de l'Empire furent
de plus en plus souvent contraints de recourir au troc
et à se convertir à un système économique
de type "naturel" (usage du troc et des payements en nature)
qui préfigure celui du Moyen Age. |
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5.
Que faisaient donc de leurs journées les jeunes
gens de mon âge
(21 ans) à cette époque ? Les
plus pauvres devaient sûrement travailler, mes les
autres ? Je ne crois pas qu'ils passaient leur temps à
étudier non ? |
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| RÉPONSE : |
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| L'emploi du temps quotidien des jeunes Romains
devait sans doute être aussi varié de celui
des jeunes d'aujourd'hui
À cela près
que, dans le Rome de l'Antiquité, à 21 ans,
si on était toujours un homme jeune, on
n'était, déjà plus à proprement
parler un jeune homme, si vous saisissez la nuance
Ce n'est pas ici le lieu de vous faire un cours sur le
système éducatif romain (et je serais d'ailleurs
fort embarrassé si vous me demandiez de la faire),
mais, en général, un jeune Romain devenait
adulte aux environs de sa quinzième année,
quand il abandonnait sa "tunique prétexte" pour
prendre "la toge virile". Il devenait alors un citoyen
à part entière, avec tous les droits et
les devoirs imposés par cette qualité. Ensuite,
je présume que la plupart de ces jeunes hommes
se mariaient (ou plutôt étaient mariés
selon les intérêts de la gens, c'est-à-dire
du clan familial), vaquaient aux occupations de leur caste,
qu'elles soient professionnelles (le plus souvent déterminées
par la condition sociale de leur père), ou, pour
les plus riches (donc souvent les plus "nobles"), politiques.
Mais je suppose aussi que d'autres (je ne parle que ceux
des classes favorisées, cela va soi) poursuivaient
leurs études, à Rome ou, pour les plus aisés,
en Grèce
Sans parler de l'armée qui
ouvrait ses grands bras aux jeunes gens avides de gloire
!
Tout cela ne vous paraît peut-être très
conventionnel et pas franchement hilarant, mais la société
romaine traditionnelle était effectivement austère,
clanique et autoritaire ; l'individualisme forcené
cher à notre monde moderne y aurait été
considéré comme une gravissime tare sociale. |
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| 16 Janvier 2003 |
| nlouis1 a écrit : |
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| À propos de la réponse
sur Silbannacus du Courier du 25 décembre
(Clic
!), j'aimerais apporter des précisions
et d'autres hypothèses. Ils proviennent des Dossiers
de l'archéologie 248 (Novembre 1998) consacrés
aux monnaies antiques.
En gros, comme vous l'avez écrit
Marcius Silbannacus n'est connu que par une monnaie du
British Museum réputée venir de Lorraine.
Or, en 1996, on a publié une autre monnaie de ce
personnage. Grâce à cette découverte,
on peut supposer qu'elle a été frappée
à Rome à cause du style. De plus, la légende
du revers fautivement abrégée, (MARTI PROPVGT
pour les experts) ne se retrouve qu'à Rome sous
le règne éclair d'Émilien (été
253).
Donc d'après ces indices,
on pourrait en déduire que cet officier d'origine
gauloise (suffixe -acus) a été laissé
en garnison à Rome pendant que son maître
partait affronter son rival Valérien. Après
la défaite et la mort d'Émilien en septembre
253, Silbannacus aura tenté de devenir empereur
avec l'appui des troupes cantonnées à Rome,
contrôlant ainsi l'atelier monétaire, avant
d'être rapidement éliminé par Valérien
et Gallien. |
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| RÉPONSE : |
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| Cette intéressante hypothèse d'une tentative
d'usurpation de Silbannacus à Rome, au moment
où Émilien
d'une part, Valérien
et Gallien
d'autre part se disputaient le pouvoir me paraît
au moins aussi plausible que celle qui situait sa tentative
à l'époque de Philippe
l'Arabe
Même si cela reste toujours une
reconstruction des plus fragiles. En effet, le "style
romain" et la légende figurant au revers d'une
unique monnaie, est-ce réellement suffisant pour
attester l'époque, le lieu, voire les circonstances
du présumé coup d'état de l'énigmatique
Gaulois (?) Silbannacus ?
Dans mon patelin natal, quand quelqu'un élabore
de tels échafaudages branlants, on dit qu'il "arrange
des gayes (= des noix) sur un bâton"
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| 16 Janvier 2003 |
| Un étudiant
en détresse a écrit : |
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| Voila, je suis un étudiant
belge de 18ans, et je cherche en ce moment pas mal de
documentation pour mon travail de fin d'étude :
"L'Influence d'Agrippine sur Néron". Et, j'ai beau
lire et lire, je trouve très peu de choses concernant
Lépida, la mère de Messaline et tante
de Néron, chez qui ce même Néron
est allé vivre pendant l'exil de sa mère.
J'aurais en fait voulu parler plus en détail de
l'éducation que Lépida a donnée
au fils d'Agrippine. Si vous connaissiez des sources
ou des documents qui pourraient m'aider, informez-moi
! Cela me ferait le plus grand plaisir. En espérant
recevoir de vos nouvelles |
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| RÉPONSE : |
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| J'ai bien peur que tantine Domitia
Lepida n'ait pas eu le temps d'influencer beaucoup
son jeune neveu Néron.
Comment d'ailleurs en aurait-il été autrement
? Tout d'abord, Néron avait à peine trois
ans quand, sa mère exilée et son père
décédé, il fut recueilli par Lepida
(en 40 ap. J.-C.). Ensuite, l'absence d'Agrippine
ne dura pas bien longtemps ; quelques mois seulement,
le temps que d'autres comploteurs réussissent là
ou elle avait échoué, et la débarrassent
de cet encombrant frère dont elle n'avait pu venir
à bout. Le sang de Caligula
était à peine sec qu'elle était de
retour en Ville, et l'on peut croire qu'elle reprit aussitôt
son fils avec elle ; n'était-il pas son meilleur
pion sur l'échiquier politique ? Caligula ayant
été assassiné en janvier 41, Néron
ne resta donc chez sa tante que deux ans, en comptant
large
et ce n'était alors encore qu'un tout
petit enfantelet qui avait davantage besoin de ses deux
chères nourrices Eglogé et Alexandra que
de savants professeurs.
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L'ineffable Suétone prétend
pourtant (Vie
de Néron, VI) que sa tante Lepida
lui donna deux maîtres : "un danseur et
un barbier".
Ô merveille ! On s'interrogera longtemps
encore sur l'utilité de la présence
d'un digne émule de Figaro auprès
d'un si jeune enfant ; même s'il se nommait
Ahenobarbus ("Barbe d'airain"), baby Néron
devait pourtant avoir les joues aussi lisses que
celles du bébé Cadum ! Tante Lepida
désirait-elle accoutumer le futur empereur
à des discours "barbants" ? (Excusez le jeu
de mot facile, je n'ai pas pu me retenir). Quant
au danseur, on se demande bien ce qu'il aurait pu
apprendre de son art à un bambin qui pouvait
encore à peine se tenir sur ses jambes !
Peut-être le brave Suétone voulut-il
souligner les lacunes de l'éducation du jeune
prince
D'accord, mais alors pourquoi diantre
le même historien écrit-il plus loin
(Vie
de Néron, LII) qu'encore enfant "Néron
toucha à toutes les connaissances libérales",
à l'exception de la philosophie. Une contradiction
de plus
Ce sont là toutes les informations que nous
possédons sur les soins que "matante"
Lepida aurait prodigué au jeune Néron.
C'est peu, et de plus, guère vraisemblable. |
Comme vous me dites que vous n'avez pas trouvé
pas grand-chose sur Lepida, voici, à tout
hasard, quelques petites infos à son sujet. Tant
pis si elles font double emploi avec celles que vous auriez
déjà recueillies.
Domitia Lepida fille d'Antonia l'Aînée et
de Lucius Domitius Ahenobarbus était la petite
fille d'Antoine,
le Triumvir, le rival d'Auguste.
Mais comme Antoine était également le beau-frère
d'Auguste, Lepida était aussi la petite-nièce
de ce dernier. Son frère, Cnæus Domitius
Ahenobarbus, qui épousa Agrippine
la jeune, était le père de Néron
(voir tableau généalogique : Clic
!)
Lepida se maria deux fois :
1. Avec Faustus Cornelius Sulla. Un fils naquit
de ce mariage, Faustus Cornelius Sulla Felix, que Néron
bannit à Marseille en 58 ap. J.-C.
2. Avec Marcus Valeria Messala Barbatus. De cette union
naquit Messaline
qui épousa l'empereur Claude,
se distingua par sa vie de patachon, et fut contrainte
au suicide par son impérial cornard d'époux.
Tacite relate d'ailleurs (Annales, XI, 37) que, "bien
que brouillée avec sa fille tant que celle-ci
fut heureuse", Domitia Lepida assista à ses
derniers instants. "Conquise par la pitié
en ces moments suprêmes", ce fut même
elle qui conseilla à Messaline "de ne pas
attendre le meurtrier" pour "honorer sa mort". Une
forte femme que cette Lepida !
En 54 ap. J.-C., Agrippine, qui avait entre-temps remplacé
Messaline dans le lit du vieil empereur Claude, décida
d'en finir avec son ancienne belle-sur. Pourquoi
? "Pour des raisons toutes féminines", affirme
ce misogyne de Tacite, qui poursuit : "Parce que
(
) Domitia Lepida se croyait son égale
en noblesse, et qu'en outre, la beauté, l'âge
et les richesses différaient peu entre l'une et
l'autre. Toutes deux impudiques, déshonorées,
violentes, elles étaient rivales par les vices
non moins que par les succès. Mais, assurément,
le grand sujet de discorde entre elles était de
savoir qui, de la mère ou de la tante, aurait le
plus d'ascendant sur Néron. Lepida s'attachait
ce jeune cur par les flatteries et les cadeaux tandis
qu'on ne trouvait que sévérité et
menaces chez cette Agrippine qui acceptait volontiers
de donner le pouvoir à son fils, mais se pouvait
supporter qu'il en exerçât la réalité"
(Tacite, Annales, XII, 64).
Être rivale de l'impératrice Agrippine,
c'était courir à une mort certaine ! Domitia
Lepida fut donc accusée d'avoir tenté d'envoûter
l'empereur Claude, d'entretenir une milice privée
d'esclaves en Calabre, et fut obligée de se suicider.
Voilà. J'espère que ces quelques renseignements
vous aideront pour votre travail. |
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| 20 Janvier 2003 |
| Michel
Eloy a écrit : |
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| Chers amis du péplum,
Je vous invite à jeter un
petit coup d'il sur le sondage "le plus beau
péplum" actuellement sur www.cinerivage.com
(allez dans le coin supérieur droit de la page
d'accueil. Votez pour un titre de votre choix).
Si vous cliquez en bas sur RÉSULTATS,
vous entrez également dans la page des commentaires.
Venez y rajouter votre grain de sel, plus on est de fous,
plus on rit ! |
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| 21 Janvier 2003 |
| Daniel a écrit : |
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| Suite à une question
d'un de vos lecteurs (Stéphane) du 10 janvier (Clic
!), je vous livre l'adresse que j'ai découvert
il y a peu, d'un site qui pourrait le satisfaire :
- Latin pour grands débutants
: Clic
!
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