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"Le successeur d'Avitus
présente la découverte heureuse d'un caractère
héroïque tel qu'on en voit naître quelquefois
dans les siècles corrompus pour rétablir l'honneur
de l'espèce humaine" (Gibbon, Histoire du Déclin...,
vol. 1, chap. XXXVI).
Ancien officier, puis adversaire du patrice Aetius,
Majorien était un ami de Ricimer, le général
Suève qui, en fait, gouvernait l'Italie à cette époque.
C'est grâce à ce dernier qu'il fut nommé empereur,
quelques mois après l'éviction d'Avitus
et après qu'il eut, en personne, repoussé les Alamans
qui s'étaient aventurés en Rhétie (Haute-Autriche).
Faut-il accorder foi aux panégyristes de son
temps qui considérèrent Majorien comme l'un des meilleurs
souverains qui ait jamais dirigé l'Empire ? Cela paraît
fort exagéré ! En fait, même s'il est probable
que Majorien tenta de libérer Rome de l'emprise des Barbares,
lui-même ne put jamais s'affranchir totalement de la tutelle
du patrice Ricimer, à qui il devait son trône. Quant
aux quelques succès militaires qu'il remporta au début
de son règne (contre les Wisigoths de Théodoric II,
par exemple), il ne put les réaliser qu'en opposant à
ces Barbares déjà amollis par leurs conquêtes,
d'autres Barbares encore sauvages (Huns, Gépides, Burgondes
).
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