Poussant même la vengeance à
son comble, Pétrone Maxime, devenu empereur, viola sauvagement
la veuve de Valentinien III. On profitera de cette occasion pour
remarquer que, même si l'évangélisation des
élites avait encore quelques progrès à accomplir,
le christianisme triomphant avait du moins déjà inculqué
aux dirigeants romains le noble concept biblique :"il pour
il, dent pour dent, fesse pour fesse"
Dans ce panier de crabes qu'était devenu l'Empire, il se
trouvait cependant encore une personne peu disposée à
"tendre l'autre joue", c'était l'impératrice Eudoxie,
madame-veuve Valentinien
III pour l'État Civil. En effet, cette Eudoxie, n'était
pas une quelconque pouffiasse toute disposée à éponger
la libido d'un criminel, mais bien la propre fille de l'empereur
d'Orient Théodose II, rien que ça ! C'est donc peu
de dire que son amour-propre n'avait guère apprécié
l'étreinte brutale que lui avait imposée le nouveau
maître de l'Empire d'Occident, le meurtrier de son cher Valentinien,
bref, ce salaud de Pétrone Maxime.
Pour venger son honneur bafoué et assouvir
sa soif de vengeance, elle se tourna vers les Vandales de Genséric
qui ne demandaient qu'une occasion pour étrenner leur toute
nouvelle flotte de guerre.
Prenant prétexte de l'appel à l'aide
de la veuve outragée, Genséric remplit ses galères
de féroces Barbares (des Vandales, des Alains et des Maures),
leur fit traverser la Méditerranée et accoster au
port d'Ostie, devant Rome.
L'empereur Pétrone Maxime, épouvanté
de l'irruption de ces sauvages, ne songea qu'à prendre la
poudre d'escampette. Comme il s'apprêtait à quitter
la Ville en catimini, la foule romaine, révoltée de
son incurie et indignée de sa couardise, l'écharpa
littéralement, jetant dans le Tibre ce qui restait de sa
dépouille sanguinolente (2 juin 455). |