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Sommaire Janvier -> Mars 2010 :
- 4 Janvier :
- Une enquête à l'époque de Julien
l'Apostat : Le Feu de Mithra, un polar antique
de Patrick DEMORY : Clic !
Dans la même collection :
- Spartacus, de Thierry ROLLET : Clic
!
- Le Légionnaire de Lata Petra, de Paul Christophe
ABEL : Clic !
- 16 Janvier :
- Des infos sur les cités de Germanie inférieure,
SVP ! : Clic !
- 19 Janvier :
- Le Chronicon Paschale et les émeutes
de 223 (ou de 222) : Clic !
- 7 Février :
- Ovide et Virgile portés à l'écran
: Resonabilis Echo, de Claude Aubert : Clic
!
- 17 Février :
- E.V. : "en ville" ? "empereur
Vespasien" ? : Clic !
- 23 Février :
- La fin du paganisme : Hypatie, et la fuite de cerveaux
athéniens chez l'ennemi perse : Clic
!
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| 2e
Page |
- 4 Mars :
- Dèce, le premier César tombé
au champ d'honneur ? : Clic
!
- 10 Mars :
- Quand saint Honorat éradiquait les venimeux
démons des îles de Lérins…
: Clic
!
- 15 Mars :
- Faut-il remplacer mon Julot pas beau par un plus
jojo ? : Clic
!
- "Tu quoque fili mi" : Jules aurait-il
eu tendance à gâtouiller, dans ses vieux
jours ? : Clic
!
- 16 Mars:
- Les derniers conseils de lecture de GRICCA : Clic
!
- Rome et l'Occident - Jean-Pierre MARTIN
et Giovanni BRIZZI : Clic
!
- Vers la pensée unique. La montée
de l'intolérance dans l'Antiquité
tardive - Polymnia ATHANASSIADI : Clic
!
- L'économie du monde romain - Jean
ANDREAU : Clic
!
- La véritable histoire de Constantin
- Pierre MARAVAL : Clic
!
- Sarmates et Alains face à Rome - Iaroslav
LEBEDYNSKY : Clic
!
- "Rends-moi mes légions !"
: Le plus grave désastre de l'armée
romaine - Luc MARY : Clic
!
- Le rituel du vote. Les assemblées du
peuple romain - Virginie HOLLARD : Clic
!
- Occidents romains - de François
CHAUSSON : Clic
!
- Femme dans la Rome impériale de
Nathalie PAPIN : Clic
!
- Histoire antique et médiévale n°48
: Clic
!
- Miserere nobis de Roger BEVAND : Clic
!
- 23 Mars:
- A quoi ressemblait donc l'impératrice Justine
(celle de Rome, pas celle du tennis !) : Clic
!
- 26 Mars:
- À Marle, les 26-27 juin 2010, le 5e Festival
d'Histoire vivante : Clic
!
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RECHERCHE
DANS LE SITE
"EMPEREURS ROMAINS"
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| 4 Janvier 2010 |
| Patrick
Demory (site demory-formation.fr)
a écrit : |
Je
me permets de porter à votre connaissance la
sortie de mon premier roman Le Feu de
MIthra, paru aux éditions Calleva
en novembre 2009.
L'intrigue se situe au IVe
siècle de notre ère, en 357 pour être
plus précis. Il s'agit d'un roman de type "polar
historique" sur une période hélas
peu connue, celle du Bas-Empire.
Un meurtre rituel est commis sur la personne d'un
sous-officier romain et le César Julien (pas
encore empereur…) charge un centurion en garnison
à Lutèce de mener l'enquête.
Celle-ci le conduira alors jusqu'à la bataille
d'Argentoratum, relatée en détail.
Si l'intrigue est de pure fiction,
je me suis efforcé de respecter le contexte
historique et toutes les sources dont je me suis inspiré
sont intégralement citées.
Je ne suis pas historien professionnel
mais consultant de métier (demory-formation.fr),
et féru d'histoire romaine. J'ai également
participé à de nombreux groupes de reconstitutions
sur le haut et bas empire (XXII Primigenia Bavay et
Bittsburg, Foederatis et Herculianis).
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LE FEU DE MITHRA
Polar historique - Bas
Empire Romain
Patrick DEMORY
Le livre
Aurelius Carro, officier du César
Julien, a été sauvagement
assassiné selon un rituel particulièrement
pervers… Le centurion Marcus Valerius
Pius se voit confier l’enquête.
Il se retrouve rapidement sur la piste
d’un complot de très grande
envergure autour d’une arme nouvelle
et terrible, qu’on nomme le «
feu de Mithra. »
Marcus Pius et ses hommes doivent alors
faire face, au péril de leur vie,
à un ennemi redoutable et sournois,
qui agit dans l’ombre des ruelles
de Lutèce, que l’on commence
tout juste à appeler Paris.
Entre enquête policière et
espionnage, le mystère du feu de
Mithra les poursuivra jusqu’à
la bataille d’Argentoratum (Strasbourg),
dans les derniers soubresauts de l’Empire
romain d’occident qui joue sa survie
face à la menace barbare.
L’auteur
Patrick Demory est consultant
(demory-formation.fr),
et membre de plusieurs groupes de reconstitution
historique spécialisés dans
l’histoire du Bas-Empire romain,
notamment le Ve siècle, marqué
par le triomphe du christianisme et la
montée de la pression barbare.
Ce premier roman mêle avec succès
intrigue policière et découverte
de cette période méconnue
de notre histoire.
Spécifications
Broché - 13,5 x 21 cm - 350 pages
- 19 €
ISBN 978-2-917582-06-0
Diffusion :
Calleva • 6 rue d’Alsace -
ZA Muckental 67140 Barr
Tél. : 03 88 08 51 70 • Fax
: 03 88 08 51 70 • Mail : info@calleva.fr
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DANS LA MÊME COLLECTION
:

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Thierry ROLLET
SPARTACUS
LA CHAÎNE BRISÉE
Gladiateur d'exception, doté d'un
instinct et d'une intelligence rares,
Spartacus n'a jamais accepté de
donner la mort sur le sable de l'arène.
Tour à tour adoré et rejeté
par le peuple de Rome avide de spectacle
et de sang, il a subi tant de brimades
et d'humiliations qu'il finit par entraîner
ses frères d'armes dans une rébellion
sans retour.
Son charisme et la soif de liberté
des esclaves d'Italie jettent alors sur
les routes des dizaines de milliers de
révoltés derrière
celui que tous ses fidèles appellent
simplement l'Homme.
Alors que la République assiste
à la défaite des légions
envoyées pour l'abattre et que
Rome tremble de peur, Spartacus ne rêve
plus que de paix et de fraternité.
Il veut établir, au beau milieu
de l'Italie, une Cité du Soleil,
un nouvel État égalitaire
et libre.
De tous les obstacles qui se dressent
devant cette utopie, le pire sera-t-il
l'implacable riposte romaine ou la sauvagerie
de ses propres compagnons de route ?
L'histoire vraie de Spartacus est un récit
éternel, une source de réflexion
pour notre temps.
Thierry Rollet est né
à Remiremont (Vosges) en 1960.
II se consacre à la littérature
depuis l'âge de 15 ans et a publié
son premier ouvrage à 21 ans. D'abord
enseignant, il est depuis 1999 conseiller
littéraire, éditeur, formateur
en français et anglais et anime
un atelier d'écriture. Sociétaire
des Gens de Lettres de France, il a publié
une quinzaine d'ouvrages ainsi que de
nombreuses nouvelles en revues et sur
Internet. |
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Paul Christophe
ABEL
LE LÉGIONNAIRE
DE LATA PETRA
De Lata Petra, communauté celtique
des forêts vosgiennes où
il est né, Aulus Dagillius Lupulus,
jeune citoyen romain, part s'engager dans
la légion pour étancher
sa soif d'aventure sur les routes de l'Empire.
Au moment de son engagement, il s'éprend
de Kaïna, une jeune esclave nubienne.
Mais au retour de ses classes, la belle
a disparu. Pendant plusieurs années,
Lupulus doit composer avec ses obligations
de soldat romain pour la rechercher à
travers la Germanie, la Gaule et l'Italie.
Ce voyage exceptionnel, parsemé
de multiples rebondissements, le mènera
finalement à l'apaisement... à
la rencontre de lui-même.
L'histoire de Lupulus nous plonge dans
le quotidien impérial du IIe siècle
de notre ère ; une reconstitution
éclatante de précision et
de vie.
Ce livre a obtenu le Prix 2008 de la
Société des Écrivains
d'Alsace et de Lorraine.
Paul Christophe Abel
vit près de Brumath, l'ancienne
capitale romaine de la Basse-Alsace. Féru
d'histoire antique, il est membre de la
Société d'Histoire et
d'Archéologie de Brumath et environs.
Fruit de ses recherches minutieuses, cette
fresque bouillonnante est son premier
roman. |
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| 16 Janvier 2010 |
| Thierry
a écrit : |
(…)
Je ne sais pas si vous
pouvez répondre à la question suivante
:
La Germanie inférieure,
érigée en Province par Domitien,
avait pour capitale Cologne, mais quelles
étaient les cités officielles de cette
province et leurs chefs-lieux ? Il y a
bien sûr Tongres pour la cité des Tongres
et Cologne elle-même pour la cité des
Ubiens mais les Cugernes (avec Xanten) formaient-ils
une cité indépendante ? et les Frisons
(avec Colijnsplaat) ? et les Bataves (avec Nimègue)
? et les Cananéfates (Voorburg) ?
Werner Eck limite le Nord
du territoire de Cologne à la frontière
avec le territoire de Xanten mais sans préciser
si celui-ci formait une cité.
Selon Desjardins, mais l'ouvrage
date quelque peu, il y avait 3 cités officielles
en Germanie inférieure : Cologne, Bonn et
Nimègue. Cela me paraît contradictoire
avec les autres sources.
Wikipedia cite les colonies
et les municipes mais sans précision sur
le fait qu'il s'agit de chefs-lieux de cités
(elles seraient alors bien petites il me semble)
Bref, je ne m'y retrouve
pas et vous ? |
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| 19 Janvier 2010 |
| Arnauld
a écrit : |
J'ai
lu récemment dans un livre de André
Chastagnol (qui fut jadis mon professeur de maîtrise
d'histoire romaine à la Sorbonne) intitulé
LE SÉNAT ROMAIN A L ÉPOQUE IMPÉRIALE,
qu'en 223, Ulpien étant alors préfet
du prétoire, des émeutes nocturnes
eurent lieu à Rome pendant trois jours consécutifs
au témoignage du Chronicon Paschale.
Je m'intéresse beaucoup
entre autres à la vie sociale de la ville
de Rome sous l'Empire et notamment aux "émotions
populaires". Cette référence
m'a donc interpellé, mais en dépit
de recherche je vois mal ce qu'est que ce Chronicon
Paschale, d'autant que dans le livre en question
il y a une note en bas de page pour ces termes,
note peu explicite qui indique : Mommsen, Chron.
Min. p.227. Je sais qui est Mommsen, bien sûr,
mais je comprends mal comment tout cela s'articule.
Ceci pose le problème
de l'accès aux sources qui sont les seuls
témoins réels du passé.
Si vous avez des
informations sur ce Chronicon Paschale et sur ces
émeutes de 223, je suis preneur.
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| RÉPONSE
: |
Le Chronicon
Paschale ?
Si j'en crois mon petit Dictionnaire
des auteurs grecs et latins (Éditions
Brepols, 1991), il s'agit d'un répertoire
chronologique, réalisé, entre 631
et 641, par un clerc anonyme byzantin, proche du
patriarche de Constantinople. À l'origine,
il couvrait la période allant de la création
d'Adam, le 31 mars 5009 av J.-C. (une précision
qui honore l'écrivain !) à l'année
639 ap. J.-C., mais cette dernière année
manque (ce qui est peu de chose). Ce répertoire
chronologique, enrichi de notices historiques et
de documents d'archives, doit son nom, Chronicon
Paschale aux considérations sur le cycle
de la date de Pâques figurant dans l'introduction.
Mon petit dico signale encore qu'il s'agit de la
plus importante chronologie grecque chrétienne,
après la Chronologie d'Eusèbe
de Césarée. Toutefois, il ne s'agit
que d'une compilation qui n'a guère de valeur
historique que pour le VIIe siècle de notre
ère.
En 223,
le juriste et préfet du prétoire
Ulpien fut égorgé par ses prétoriens
qui refusaient l'élémentaire
discipline qu'il voulait leur imposer. Cet
assassinat fut-il prétexte à
une "émotion populaire",
comme on disait sous le règne du Roi
Soleil ? C'est possible, mais je n'en ai pas
trouvé trace dans ma documentation… N'y
aurait-il pas confusion avec les graves troubles
qui se produisirent à Rome un an plus
tôt, lors de la chute et l'élimination
de l'empereur Élagabal ? Ces événements
sont brièvement évoqués
dans la notice
biographique que j'ai consacrée
à cet excentrique souverain. Pour des
relations plus détaillées (encore
que…), vous pouvez jeter un coup d'œil
à l' Histoire romaine de l'historien
antique Hérodien (livre
V) ou à la "Vie d'Élagabal"
de l'Histoire Auguste (chap. 16 et
17 - Clic
!).
Un autre indice de la réalité
de ces troubles populaires : la mort du "pape"
Calixte Ier, tué en 222, lors d'un
genre de pogrom antichrétien. On peut
supposer qu'écœuré des
orgies prétendument sacrées
de leur empereur d'origine syrienne et dégoûté
de ses innovations religieuses orientales,
le peuple de Rome, exaspéré,
s'en serait également pris à
tous les tenants de superstitions exotiques,
qu'elle soient venues avec Élagabal
ou non. Les Chrétiens, favorisés,
dit-on, par l'empereur massacré, auraient
alors pâti de certains amalgames hâtifs
et inconsidérés…
On trouve comme un écho de ces événements
dans la Légende dorée,
le célèbre recueil de "vies
de saints", compilé au XIIIe siècle
par le moine dominicain Jacques de Voragine.
(Voyez : www.abbaye-saint-benoit.ch).
Il ne faut bien évidemment pas prendre
la Légende Dorée au
pied de la lettre (d'ailleurs, Jacques de
Voragine situe le martyre du saint pape Calixte
sous le règne de Sévère
Alexandre, un empereur pourtant réputé
pour sa tolérance - voire sa complaisance
- à l'égard des chrétiens).
Il est néanmoins permis de voir dans
ces incendies qui tombent à point nommé
autre chose que "la main de Dieu",
de penser que les morceaux d'or pur qui "disparaissent
miraculeusement" des statues d'idoles
pendant une révolution populaire doublée
d'un coup d'état militaire ne sont
pas perdus pour tout le monde, et enfin, que,
quand des combattants perdent subitement la
vue, c'est plus souvent par l'intercession
de gnons bien ajustés que par celle
de l'Esprit-Saint. |
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| 7 Février 2010 |
| Claude
Aubert a écrit : |
J'ai
réalisé ces deux dernières
années un petit péplum mythologique
amateur de 42 minutes sur l'histoire d'Écho
et Narcisse : Resonabilis Echo.
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| 17 Février 2010 |
| Marie-Christine
a écrit : |
Je suis passionnée par l'Histoire de l'Italie
mais surtout par le Vie à Pompéi. Pas
seulement le drame, mais tout le contexte. Je tente
de "traduire", les divers livres que je
peux recueillir, dont les documents de M. G. Fiorelli.
Celui-ci emploie souvent : une date suivie
de E.V. Je crois comprendre qu'il s'agit
de : date + empereur Vespasien.
Auriez-vous l'amabilité de m'indiquer si je
comprends bien ?
Je réside en Nouvelle-Calédonie et les
informations sur Rome sont… Rares ! |
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| RÉPONSE
: |
Je ne connais guère
la belle langue italienne, mais, à première
vue, l'acronyme E.V.
signifierait plutôt Era volgare
- littéralement "ère vulgaire",
c'est-à-dire "de notre ère",
"après J.-C.". (voyez : it.wikipedia.org).
Bonne chance et bon courage pour vos recherches
sur la vie à Pompéi. |
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| 23 Février 2010 |
| Philippe
a écrit : |
(…)
Je cherche des informations
concernant les derniers moments de l’école
hellénistique d’Alexandrie et la terrible
fin d’Hypatie d’Alexandrie
(en français ou en anglais). Également
sur l’histoire (un peu plus tardive) de Damascius
et de son exil, avec d’autres penseurs, en
532 après J.-C., à la cour de Khosrô
Ier de Perse, de ses disciples comme Simplicius
de Cilicie ou Priscian de Lydie. A-t-on des écrits
à ce sujet ?
Y a-t-il eu selon vous des
échanges culturels à cette époque
avec l’Inde brahmanique ou bouddhiste ? Ce
qui expliquerait en partie qu’à l’époque
de la naissance de l’Islam, bien des textes
sanskrits tant de sciences que religieux aient été
traduits. Bref j’ai l’impression qu’on
ne sait pas grand-chose de cette période.
J’ai du mal à
admettre (peut être un peu par nostalgie)
que cette école néoplatonisme ait
tout simplement disparu. Elle est finalement la
dernière héritière de la culture
des Grecs et Romains « païens »
malgré les persécutions dont ils furent
victimes.
J’ai également
lu que dans des villages reculés de la Grèce
il y aurait eu pendant plusieurs siècles
des adeptes des anciens cultes, malheureusement
il n’y avait pas de référence,
je ne sais donc pas si cette information était
sérieuse ou non.
D’avance, merci pour
votre réaction qui sera comme à son
habitude pertinente, je n’en doute pas. |
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| RÉPONSE
: |
Voyez comme le monde
est bien fait ! Vous vous interrogez sur Hypatie,
et ô coïncidence, je viens de mettre
en ligne, pour le compte de mon compatriote et camarade
Michel ELOY, sur son site www.peplums.info,
le copieux dossier qu'il a consacré à
cette femme savante et éminente philosophe,
à l'occasion de la sortie du film Agora
d'Alejando Amenabar (Clic
!). Je vous vous invite instamment à
jeter un coup d'œil à cette étude.
Que dis-je, y "jeter un coup d'œil"
? Plutôt à la lire avec toute l'attention
qu'elle mérite, car elle récapitule
parfaitement l'essentiel de ce qu'on sait aujourd'hui
à propos d'Hypatie et de sa mort atroce.
Vous y trouverez aussi une recension des sources
antiques évoquant la philosophe alexandrine
ainsi qu'une bibliographie sur Hypatie. C'est dire
si l'ami Michel ELOY a fait dans exhaustif !
Autre coïncidence : vous vous interrogez sur
le destin des derniers penseurs païens,
et je termine précisément la lecture
d'un bouquin susceptible de répondre à
toutes vos interrogations à ce sujet, et
que je m'empresse donc de vous recommander. Il s'agit
de Chronique des derniers païens,
de Pierre CHUVIN (Les Belles Lettres / Fayard, 2009).
Histoire de vous "mettre en appétit",
de vous montrer l'intérêt de cet ouvrage
pour vos recherches, en voici un court extrait (que
je me suis permis d'encore condenser quelque peu),
relatif aux philosophes athéniens
exilés en Perse. Ceux-là
même dont la destinée vous turlupine
tant !
“Les
biens de l'Académie [d’Athènes]
furent confisqués par l'empereur
[Justinien], sans doute à
la fin de 531 ou au début de 532. Alors,
dit [l’historien] Agathias,
les philosophes d'Athènes cherchèrent
un asile en Mésopotamie, chez les Perses.
C'est là un des épisodes les
plus romanesques de la période ; les
adorateurs du Soleil en marche vers l'Orient,
emportant avec eux le trésor de la
sagesse hellénique… Selon l'historien
Agathias, né vers 532, ils auraient
été sept comme les planètes
qu'ils adoraient et comme les sages de la
Grèce antique. Ces symboles faciles
n'empêcheraient pas par eux-mêmes
l'épisode d'être historique.
Sur l'Empire sassanide règne alors
un jeune souverain, Chosroès, qui veut
auprès de lui des savants […].
Que seraient-ils allés chercher,
eux, chez Chosroès ? Ils auraient eu
probablement, outre le désir d'échapper
au christianisme triomphant, une curiosité
intellectuelle ; on peut supposer un mouvement
analogue à celui qui porte les derniers
païens vers les dieux des étrangers.
Mais bien que le zoroastrisme n'exclue pas
le polythéisme, Chosroès n'était
pas vraiment païen. Selon Agathias, les
philosophes se seraient fait une image des
Perses, honnêtes et sincères,
bref vertueux, idéalisée et
assez naïve, inspirée apparemment
par les écrits d'Hérodote et
de Xénophon, un millénaire plus
tôt ; ils auraient déchanté
bien vite devant une société
plus dure, plus hiérarchisée
et bien moins hellénisée qu'ils
n'escomptaient. Ils auraient reculé
devant la tâche d'enseigner leurs chères
doctrines par des truchements pehlevis aux
accents rauques et forcément imprécis
à des nobles certes peu portés
sur l'ascétisme. […]
Selon
Agathias, les invités revinrent
donc après quelques mois de chez
Chosroès, mais sans qu'il y eût
de brouille entre eux et le souverain
iranien. Cette fiction permettait de
soutenir que la paix conclue en 532
entre celui-ci et Justinien prévoyait
que les philosophes rentreraient chez
eux, la sécurité de leurs
personnes étant garantie, pour
y vivre « à leur guise
». Damaskios se retira apparemment
dans sa province d'origine, la Syrie
(il était de Damas) […]
Les disciples de Damaskios et notamment
Simplikios, qui continuèrent
à écrire, ne revinrent
pas pour autant à Athènes
; Michel Tardieu vient de montrer que
Simplikios s'installa à Carrhae
(Harrân en araméen), en
territoire romain mais au-delà
de l'Euphrate, à proximité
de la frontière perse, et y fonda
une école néoplatonicienne.
Celle-ci devait vivre près de
cinq siècles, dans un milieu
favorable et qui le resta. En effet,
bien que Carrhae, étape d'Abraham
sur la route de Canaan, pays de Laban
où Jacob rencontra Rachel près
du fameux puits, attirât les pèlerins
chrétiens et les moines, la population
y était restée païenne.
[…] Après la campagne
de 540 au cours de laquelle Chosroès
envahit la Syrie, pille, dépeuple
et détruit partiellement Antioche,
le conquérant exempte Carrhae
de tribut parce que la population y
appartient « en majorité
à l'ancienne religion »
; des manichéens s'y sont aussi
réfugiés. Dans les trêves
entre Sassanides et Byzantins, si une
clause prévoyait la liberté
religieuse, elle ne visait pas à
assurer la sécurité des
déplacements d'une poignée
de philosophes. Elle garantissait à
des populations frontalières
qu'elles ne seraient pas trop brimées
par leur maître provisoire.
Au IXe siècle, le savant
harrânien fondateur de l'école
de Bagdad, Tabit ben Qurra, déclare
que sa patrie n'a « jamais été
souillée par l'erreur de Nazareth
». Un peu avant 946, le voyageur
arabe al Masoudi, visitant Harrân
voit « sur le marteau
de la porte du lieu de réunion
des Sabiens, une inscription en caractères
syriaques, tirée de Platon :
elle m'a été expliquée
par Malik ben Uqbun et d'autres personnes
de la même secte : "Celui
qui connaît sa nature devient
dieu" ». |
|
Michel Tardieu a reconnu là une
citation du Premier Alcibiade (133 c), que
les platoniciens considéraient précisément
comme la porte d'accès à la
doctrine du maître ; [le] «
saint des saints » du platonisme tardif.
À travers les siècles, les héritiers
aramaïsés de Platon, de Plotin,
de Porphyre, de Proclos et de Damaskios gardent
leurs rituels, prières, jeûnes,
sacrifices (en particulier de coqs, animal
solaire et victime offerte par Socrate pour
son ultime sacrifice) et, à l'intérieur
de l'école, l'usage du vieux calendrier
luni-solaire attique. Ils revendiquent le
nom de païens, mais leur lieu de réunion
est distinct des temples païens de la
ville, dont un seul fonctionnait encore au
Xe siècle.
C'est par l'intermédiaire de l'école
de Harrân que la philosophie grecque
arriva à Bagdad - d'où, comme
on sait, elle revint, traduite en arabe, vers
l'Occident, via l'Andalousie musulmane. Quant
à l'école de Harrân, elle
disparut au XIe siècle dans les troubles
provoqués par l'arrivée des
Turcs Seldjoukides en Irak."
(Pierre CHUVIN, Chronique des derniers
païens, Les Belles Lettres / Fayard,
2009) |
Je n'ai pas vraiment d'infos sur ce problème,
mais, à priori, je reste assez sceptique
quant à l'existence d'échanges
philosophico-religieux entre l'Inde brahmanique
et l'Antiquité tardive gréco-romaine.
En effet, la Perse sassanide, l'ennemi farouche
et héréditaire de la "Romanité",
avait établi une sorte de cloison étanche
entre ces deux mondes culturels, simplement du fait
de sa position géographique, mais aussi par
sa volonté de garder le contrôle exclusif
des routes commerciales vers les richesses de l'Extrême-Orient.
En revanche, des influences croisées entre
la Perse et l'Inde me paraissent très probables,
et pourraient expliquer la traduction d'ouvrages
sanskrits en arabe après l'anéantissement
de l'Empire perse par les armées des successeurs
du Prophète. Mais encore une fois, l'histoire
de l'Inde et la Perse pré-médiévales,
ce n'est pas ma "zone de confort", comme
disent aujourd'hui les managers branchés.
Pour mémoire, Pierre Chuvin évoque
aussi brièvement une "poche
de résistance" païenne dans le
Péloponnèse. "Des
Laconiens isolés dans la presqu'île
du Magne, montagneuse et aride", précise-t-il.
Selon lui, ces païens, qui n'étaient
nullement des Slaves mais des autochtones, ne furent
convertis au christianisme que sous le règne
de l'empereur byzantin Basile Ier (IXe siècle).
On ignore cependant quelles étaient précisément
leurs croyances et quels rites ils pratiquaient. |
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| Conclusion
de Philippe : |
Eh
bien, si je faisais une petite crise d’ego,
je dirais que les grands esprits se rencontrent
!
Trêve de vanité,
ça n’est pas bon pour les chevilles
! Je pense que cette coïncidence vient que
nous sommes de plus en plus de personnes à
s’interroger et à remettre en cause
l’enseignement scolaire et « politiquement
correct » .
Toute personne remettant en cause l’image
bien huilée de la naissance du christianisme
et osant mettre en doute bien des points de cette
histoire ou encore, d’aspect spirituel , (finalement
les premiers « chrétiens » ne
considéraient pas tous le Christ comme fils
de Dieu - Quelle chance, on ne va plus au bûcher
pour cela !), ne peut qu’être naturellement
attirée par ces personnes historiques : passant
de Julien, Symmaque Gabinius Barbarus, Pompéianus
mais surtout ces grands derniers penseurs mentionnés
dans le précédent message, c’est
inévitable, plutôt logique.
Comme d’habitude votre
réponse est forte enrichissante et très
pointue.
Vous avez raison d’avoir
rappelé le caractère fort conservateur
du monde zoroastrien des Sassanides. J’ai
d’ailleurs lu quelque part qu’il eut
des persécutions tant envers les sectes chrétiennes
que les bouddhistes ou brahmaniques (il y a donc
dû avoir un début de contact, ne serait
qua par les marchands). Cela dépendait du
bon vouloir des monarques et de la position dominante
du clergé Zoroastre, de leurs sensations
de perte d’identité (tiens ça
me rappelle quelque chose de très contemporain
!) …
Je suis très agréablement
surpris d’apprendre que ces penseurs aient
pu perpétuer leur culte au moins jusqu’au
Xe siècle. Là aussi, un peu de logique
quand on y réfléchit un peu plus profondément
: les cultes de l’ancienne Asie mineure (notamment
Zoroastre) n’ont pas rapidement disparu, une
forte minorité subsiste encore en actuelle
Iran (et Inde) à tel point qu’elle
a influencé l’Islam - certains pensent
que bien des sourates auraient été
inspirées des pensées de cette religion.
Notre brave al Masoudi a
juste fait une erreur sur l’origine de la
phrase « Celui qui connaît sa nature
devient dieu », qui doit plutôt venir
du fameux « Gnoti seauton » ["Connais-toi
toi-même"] de
Socrate, mais ce n’est qu’un insignifiant
détail. |
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