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Février-Mars 2009 (page 2/2)
Sommaire de Février-Mars 2009 : Clic
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| 22 Février 2009 |
| "Bew
bew" a écrit : |
Je
suis, soyez en sûr, navrée de participer
à la logorrhée quotidienne qui doit
sûrement s'abattre sur votre messagerie, mais
mon féminisme me démange par trop pour
que je puisse passer sous silence les quelques précisions
qu'il me semble devoir vous communiquer. Rien de grave,
je vous rassure, si tant est que vous fussiez un instant
inquiet.
Je fais actuellement un travail
(très scolaire) sur la condition féminine
dans la Rome antique et ayant besoin d'un
léger (ô litote) rafraîchissement
de ma chronologie mentale des empereurs romains, je
suis par hasard tombée sur votre site. Comme
votre prose se lit comme on boit du petit lait, et
que la procrastination est un travers que j'affectionne
particulièrement, je suis tombée dedans
comme Obélix dans la potion. Pour excuser le
temps que j'avais "perdu" entre vos lignes,
je me mis donc en quête de quelques informations
qui eussent pu alimenter mon travail sur votre site,
et je suis tombée sur les
références que vous donnez. J'en
ai parcouru quelques-unes et le moins que l'on puisse
dire c'est qu'elles ne brillent pas par leur réflexion
critique. En fait, il me semble qu'elles suivent dans
l'ensemble ce même point de vue tacito-suétono-moralisateur
que vous récusez pourtant dans le reste de
vos analyses (à savoir, en schématisant
grossièrement, une évolution de la condition
féminine sur le mode "matrone des origines
vertueuse et effacée" VS débauchée
de l'époque impériale, qui ne fait plus
d'enfants et menace de ce fait la survie de l'Empire").
Or cette tendance constitue une sorte de paradigme
assez révoltant dans la mesure où, lorsqu'on
cherche à en sortir un tantinet, on se trouve
très vite confronté à une frustrante
raréfaction de l'information. Ainsi des grands
latinistes qui se sont penchés sur le sujet
comme Pierre Grimal (Civilisation Romaine ou
Histoire mondiale de la Femme) tombent en
plein dedans avec une bonne foi tout à fait
déconcertante. Même le "Que sais-je"
sur la question (par Guy Achard, publié en
1995 !) suit le même schéma, avec un
moralisme latent pour le moins agaçant. Bref,
comme je sais qu'il s'agit (hélas) d'un thème
annexe de vos recherches, je m'arrête là.
Je me permets néanmoins de glisser quelques
références que je vous serais reconnaissante
de bien vouloir ajouter à celles
qui sont déjà en ligne. D'autres
personnes intéressées par le sujet seraient
peut-être heureuses d'en profiter (et puis aussi
un peu pour lutter contre les préjugés
phallocrates de tous ces universitaires vieillots
au machisme latent, non mais !). Ce sont des travaux
"scientifiques", donc un peu ardus parfois
mais je suis intimement convaincue que la complexité
(toute relative cependant) vaut mieux qu'un succédané
politiquement correct.
Disponibles sur la toile :
- le portail de la revue
Clio (consacrée à l'histoire des femmes),
très bien fait, qui adopte un point de vue
un peu moderne sur la question (ce qui n'est pas
du luxe quand on voit les analyses classiques, mais
voilà que je m'égare à nouveau…)
: Clic
!
- le portail Persée,
consacré aux sciences humaines et notamment
un article comparatif (et historiquement irrévérencieux)
sur la condition des femmes grecques et romaines
: Clic
!
- un article glané
ça et là, très intéressant
et bien documenté sur la vie de couple sous
Trajan à travers des textes de Pline le Jeune
et de Juvénal : Clic
!
… et en bibliothèque
:
- Florence DUPONT, La
vie quotidienne du citoyen romain sous la République,
Hachette. (1989).
- Danièle GOUREVITCH,
La Femme à Rome, (mais je me souviens
plus du reste, désolée)
- George DUBY, Michelle PERROT,
Histoire des femmes (tome 1: l'Antiquité)
Trois ouvrages qui ont
le mérite de s'abstraire de tout préjugé
moral et de chercher à intégrer
dans leur recherche l'histoire des représentations.
Un travail de relativisation salutaire fait par
des historiens (et non des littérateurs
qui, en dépit de leurs innombrables qualités,
ont le défaut de prendre souvent les sources
comme elles se présentent !) qui prennent
en compte la difficulté des études
sur le sujet et cherchent à éviter
les certitudes et évidences toutes faites.
Merci de votre attention et
pour finir je voulais vous communiquer l'admiration
que j'éprouve face à une culture aussi
bien employée, avoir une petite preuve que
quelque part (bien cachée dans les arcanes
du web) la philanthropie existe, ça fait du
bien un jour de pluie comme aujourd'hui.
Cordialement,
Une lycéenne enthousiaste
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| RÉPONSE
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Mais c'est moi qui vous
remercie, chère "lycéenne enthousiaste",
précisément pour votre enthousiasme,
pour vos sympathiques encouragements, ainsi que pour
ce message, lui aussi fort sympathique, pétillant
d'intelligence, sémillant de style, et paré
d'un vocabulaire aussi riche que précis. Ah,
que cela me repose des - hélas - trop fréquents
courriels de "students", au style SMS indéchiffrable,
à la syntaxe barbare et à l'orthographe
fantaisiste !…
Je suis ravi que vous avez pu dénicher dans
mon site des infos pour votre travail sur les femmes
romaines, alors que cette thématique reste
assez éloignée de celle qui y est prioritairement
développée. Je vous remercie également
d'avoir pris la peine de me communiquer les références
internet et bibliographiques que vous avez recueillies
au cours de vos recherches. Elles viendront bien à
point pour compléter celles
qui figurent déjà dans mes pages Web
et qui sont du reste - j'en conviens - passablement
défraîchies… et, ainsi que vous
le faites fort pertinemment remarquer, trop conventionnelles
!
Car, même sans être féministe
(un mec peut-il d'ailleurs être réellement
féministe ? faudra poser la question à
Me Gisèle Halimi…), je suis entièrement
d'accord avec votre analyse. Sans avoir vraiment approfondi
la question, cette vision simpliste de l'évolution
de la condition féminine romaine m'a toujours
paru caricaturale au plus haut point. D'abord des
Cornelias, austères, courageuses, vertueuses,
puis des Messalines et des Agrippines, insatiables
dévergondées, intrigantes et manipulatrices
!
Ces études ne se focalisent-elles pas trop
sur les hautes sphères de la société
romaine ? Mutatis mutandis, c'est comme si
l'on pensait que les pauvresses des bidonvilles de
Calcutta ou de New Delhi vivent peu ou prou de la
même façon que les épouses et
filles des richissimes familles Mittal, Tata ou Gandhi.
Or, pendant que Cornelia conditionnait ses Gracques
de fils à devenir les hérauts de la
plèbe, ou pendant que Messaline courait les
bouges de Subure en petite culotte de soie chinoise
(enfin, si l'on accorde foi aux ragots de Suétone
et consorts), la condition de l'immense majorité
des femmes romaines demeurait misérable et
précaire. Elles restaient soumises d'abord
à leur père (et à leurs frères),
puis à leur mari, "pondaient" autant
de gosses qu'elles pouvaient le supporter, et elles
passaient le reste de leur triste vie à élever
cette marmaille, si du moins elles avaient la chance
de ne pas mourir prématurément en couches.
Bref, une vie de femme dans la plus belle (ou plutôt
la pire) tradition méditerranéenne !
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| 1er Mars 2009 |
| Thierry
a écrit : |
Quelle
était la nature de l'épidémie qui
causa la mort de milliers de Romains en l'an 80 ?
Peste, typhus ou choléra ? Peut-on la déterminer
d'après les sources historiques ? Sinon, nous
devrons attendre les résultats d'analyses ADN
:
http://www.lepoint.fr/actualites-sciences-sante/les-faux-martyrs-de-rome/1055/0/287277 |
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| RÉPONSE
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Hélas, il ne faut
pas trop compter sur les auteurs romains pour établir
le diagnostique précis de la "peste"
de 80. Suétone
comme l'abréviateur byzantin de Dion Cassius,
(à ma connaissance, les deux seules sources
antiques qui l'évoquent) se contentent d'une
notation des plus laconiques (Voyez : bcs.fltr.ucl.ac.be
et - en anglais - penelope.uchicago.edu).
Cette "pestilence" de 80 était-elle
vraiment la peste bubonique ?
Cela me paraît assez improbable. Un indice
? Lorsque cette maladie frappa, au VIe siècle,
l'Empire de Justinien, les médecins grecs cherchèrent
en vain dans l'œuvre de leur maître Galien
la description clinique et les remèdes de ce
mal nouveau pour eux. Or, Galien avait vécu
au IIe siècle. Peut-on sérieusement
envisager qu'il ait omis de décrire une maladie
connue, qui avait cruellement frappé Rome quelques
années avant sa naissance, et qui était
probablement encore endémique à l'époque
où il exerçait son art ?…
Au reste, si je m'en réfère à
un excellent "petit" livre, à ce
jour, il n'y aurait eu que trois pandémies
de peste bubonique : "Son histoire se divise
en trois pandémies. La première ravagea
le pourtour méditerranéen du Ve au VIIIe
siècle. La deuxième, apparue vers 1346
et envahissant ensuite l'Europe entière, marqua,
davantage que la prise de Constantinople un siècle
plus tard, la charnière entre le Moyen Age
et la Renaissance ; elle disparut d'Occident à
la fin du XVIIIe siècle. La troisième,
partie de Chine en 1894, fut réellement mondiale
puisqu'elle atteignit tous les continents."
(Jacqueline BROSSOLLET et Henri NOLLARET, "Pourquoi
la peste ? le rat, la puce et le bubon", Découvertes
Gallimard, 1994). |
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| Thierry
réécrit : |
Ce
qui est étonnant c'est que Dion
Cassius pense que cette maladie était due
aux cendres qui furent propulsées dans l'atmosphère
lors de l'éruption du Vésuve :
"Ces cendres n'apportèrent
alors aux Romains qu'une légère incommodité.
Mais depuis elles leur causèrent une maladie
contagieuse."
J'ai voulu en savoir plus sur
les conséquences de ce type de pollution sur
la santé humaine. Le meilleur document en ma
possession est celui-ci : www.john-libbey-eurotext.fr.
Quoi
qu'il en soit, il apparaît certain que
cette maladie contagieuse n'était pas
la peste bubonique. À mon sens, il faudrait
plutôt rechercher du côté
du typhus européen : fr.wikipedia.org
Remarquez cet
indice :
"Un symptôme
commun à toutes les formes de typhus
est la fièvre qui peut atteindre 39°."
C'est bigrement intéressant
lorsque l'on lit ce que rappportent Dion et
Suétone au sujet de la mort de Titus
:
"À
sa première halte, la fièvre
le prit. Il continua à voyager en litière,
et, ayant tiré les rideaux…"
(Suétone, Vie de Titus, X).
"L'année suivante …
il mourut aux mêmes eaux, où
Vespasien son père était mort.
Il courut un bruit que Domitien son frère
l'avait empoisonné, et ce bruit-là
trouva d'autant plus aisément créance
dans les esprits, qu'il était certain
qu'il lui avait auparavant dressé un
piège pour le faire périr. D'autres
assurent qu'il mourut de maladie, mais que
la guérison n'étant pas désespérée,
Domitien pour avancer la mort le fit mettre
dans un coffre plein de neige."
(Dion Cassius, LXVI, 26).
Ah, les mauvaises langues
! Domitien
a peut-être tout simplement voulu faire
tomber la fièvre de son frère
en plaçant de la glace ou de la neige
sur son corps… |
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Il existe une autre source
à ne pas négliger : l'Apocalypse
selon Jean.
Après la description de ce qui semble être
l'éruption du Vésuve (tremblements de
terre, chute de lapillis sur Pompéi, destruction
d'Herculanum), Jean fait lui aussi allusion à
une maladie mortelle ayant sévi en ce temps-là
:
"Il tomba du ciel
une grande étoile ardente comme un flambeau
; et elle tomba sur le tiers des fleuves et sur
les sources des eaux. Le nom de cette étoile
est Absinthe ; et le tiers des eaux fut changé
en absinthe, et beaucoup d'hommes moururent par
les eaux parce qu'elles étaient devenues
amères." (Apocalypse,
8, 10-11).
Et il apparaît que les
auteurs bibliques antérieurs la connaissaient
déjà :
"C'est parce qu'ils
ont abandonné ma loi, que j'avais mise en
eux ; parce qu'ils n'ont point écouté
ma voix, et qu'ils ne l'ont point suivie ; parce
qu'ils ont suivi les penchants de leur cœur,
et qu'ils sont allés après les Baals,
comme leurs pères leur avaient appris. C'est
pourquoi ainsi parle l'Éternel des armées,
le Dieu d'Israël : Voici, je vais nourrir ce
peuple d'absinthe, et je lui ferai boire des eaux
empoisonnées. Je les disperserai parmi des
nations que n'ont connues ni eux ni leurs pères,
et j'enverrai derrière eux l'épée,
jusqu'à ce que je les aie exterminés."
(Jérémie, 9, 13-15).
Si l'on met de côté
le fait que Jérémie qualifie d'absinthe
et de poison la détresse et la misère
(cf. Lamentations, 3, 19), nous avons peut-être
là une preuve de l'existence du choléra
dans l'Antiquité (?).
Néanmoins, il est étonnant
de constater que Jean emploie le terme "Absinthe"
pour désigner le flambeau qui tombe et empoisonne
l'eau. L'absinthe n'est-il pas un remède efficace
contre les diarrhées ? Si la maladie en question
était le choléra - infection provoquant
jusqu'à cent "coulantes" par jour
- pourquoi emploie-t-il "Absinthe"
? À moins qu'il ne l'utilise en pensant à
la déesse Artémis (déesse de
la mort subite) ? Nous ne le serons probablement jamais…
Espérons que les analyses
ADN des corps découverts au cœur des catacombes
Saints-Pierre-et-Marcellin soient rendues publics
prochainement… |
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| RÉPONSE
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Un grand merci pour ces
toutes ces précisions et informations aussi
intéressantes que pertinentes.
Oui, vous avez raison : si l'on, écarte la
peste bubonique (ainsi que son acolyte pulmonaire,
encore plus foudroyante et létale), le typhus
ou le choléra demeurent de bons suspects pour
les épidémies antiques des Ier et IIe
siècles.
Pour l'Étoile absinthe de saint Jean,
j'ai toujours cru que l'adjectif soit caractérisait
la couleur verdâtre de la comète, soit
symbolisait l'amertume des conséquences de
sa chute. En effet, outre ses vertus curatives (sauf,
bien entendu, pour la fameuse fée verte,
l'apéro toxique cher à Verlaine et à
Rimbaud), l'absinthe est particulièrement amère.
Sans que ceci contredise formellement cela, je lis
cependant dans un Dictionnaire de la Bible
que le mot hébreu qui désigne cette
plante signifie "la maudite". Réputée
vénéneuse, l'absinthe, est donc, dans
la Bible, symbole de malfaisance, d'amertume, voire
de mort. Ainsi, l'Étoile absinthe
serait, tout simplement "l'étoile maudite".
Une dernière petite chose… J'ai trouvé,
dans l'excellent "petit" livre cité
lors de ma précédente réponse,
quelques brèves mises au point au
sujet de quelques fausses pestes. Je me permets
de les reproduire ci-dessous :
Les
fausses pestes
Le terme pestis, dont le sens général,
en latin, signifie « fléau »,
fut appliqué à de très
nombreuses épidémies, de l'Antiquité
à nos jours, quels qu'en aient été
la nature et les symptômes. Pour certaines
d'entre elles, les études modernes ont
pu écarter formellement le diagnostic
de peste proprement dite, voire en proposer
un autre.
Les Philistins souffraient-ils de dysenterie
?
L'épisode biblique communément
appelé Peste des Philistins, rapporté
au Premier Livre de Samuel, raconte la victoire
des Philistins sur les Hébreux dont ils
avaient emporté l'Arche d'Alliance. Une
maladie épidémique s'abattit sur
les habitants d'Ashdod tandis que des hordes
de rongeurs envahissaient la cité ; les
deux fléaux cessèrent dès
que l'Arche fut rendue aux Hébreux. Selon
les diverses traductions de la Bible, les diagnostics
de dysenterie, de typhus ou de bilharziose peuvent
être envisagés.
Le châtiment de David
Au Deuxième Livre de Samuel, apparaît
l'épisode dit de la Peste de David. Parce
qu'il avait tiré vanité du nombre
de ses soldats, malgré l'interdiction
de Moise de recenser les élus dont Dieu
seul devait connaître le nombre, David
eut à choisir entre trois châtiments
trois années de famine, trois mois de
guerre ou trois jours de peste. Il choisit la
peste en raison de la brièveté
de cette peine ; mais, en trois jours, l'Ange
du Seigneur tua 70 000 hommes. Si le texte biblique
décrit le dénombrement et le châtiment,
il ne mentionne aucun symptôme permettant
de proposer un diagnostic.
À Athènes en 430 av. J.-C.,
il s'agissait probablement de typhus
La « peste » qui frappa Athènes
en 430 av. J.-C., durant la guerre du Péloponnèse,
a été décrite par Thucydide.
Dans la ville assiégée et surpeuplée,
cette épidémie a pu être
le typhus, peut-être la dengue; mais les
symptômes nettement rapportés par
l'historien ne permettent pas d'incriminer la
peste. Pourtant La Peste d'Athènes
est un texte classiquement étudié
et forme, avec les récits de Boccace,
Defoe, Manzoni et Camus, la base de toute étude
littéraire sur ce fléau.
Saint
Louis mort de la peste ?
Selon la plupart des livres d'histoire,
Saint Louis serait mort de la peste, en
1270, devant Carthage. En fait rien, dans
la description de sa maladie, n'évoque.
ce diagnostic : maladie durant trois semaines,
lucidité jusqu'au dernier souffle
et surtout absence, dans les textes des
témoins oculaires, du signe caractéristique,
le bubon. Pour Charles Nicolle qui dirigea
longtemps l'Institut Pasteur de Tunis
et s'intéressa à cet épisode,
le roi dut être repris d'un accès
de dysenterie bacillaire dont il aurait
déjà souffert lors de la
précédente croisade : l'un
des chroniqueurs raconta qu'en 1270, en
proie à une diarrhée continue,
il fallut « lui couper les chausses
». Néanmoins Saint Louis
est entré dans la longue cohorte
des saints antipesteux.
En 1821, la fièvre jaune arrive
à Barcelone
Elle y fut introduite par des bateaux
provenant de La Havane, foyer bien connu
de cette maladie ; d'août à
décembre, elle enleva le sixième
de la population. Son retentissement fut
énorme en France et Louis XVIII
envoya une partie de l'armée française
sur les Pyrénées afin d'empêcher
les Espagnols d'entrer dans le royaume
d'y importer la maladie. Quatre médecins
français allèrent soigner
les malades et l'un d'eux, André
Mazet, en mourut. La fièvre jaune
était identifiable par le corps
médical, grâce à ses
deux symptômes principaux : ictère
et vomito negro. Pourtant, la même
année, l'Académie française
choisit cette épidémie comme
sujet de son grand prix, sous le titre
La Peste de Barcelone.
Les « pestes » animales
De nos jours, plusieurs maladies animales
portent ce nom : peste bovine, peste porcine,
peste équine : il s'agit d'infections
causées par des virus n'ayant aucun
rapport avec le bacille de la peste.
(Jacqueline BROSSOLLET et Henri
NOLLARET, Pourquoi la peste ? le
rat, la puce et le bubon, Découvertes
Gallimard, 1994).
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| 5 Mars 2009 |
| Jean-Charles
a écrit : |
En
complément à votre réponse au
courrier de France du 16 Janvier 2009 : "Et
plus généralement y a-t-il de bonnes
études sur la manière dont l'empire
a reçu le sac de Rome ?"
On peut citer La Cité de Dieu de Saint
Augustin dont une partie est consacrée
à dédouaner le christianisme de la responsabilité
(ou de la malédiction) de la chute de Rome
en 410. Certes, il ne s'agit pas d'une étude
historique, mais c'est un écho du traumatisme
que cela constitua. Les réflexions morales
et théologiques de Guguste abordent aussi le
déclin militaire de Rome, mais ceci ne satisfera
sans doute pas le sympathique Thierry (courrier
du 13 janvier 2009) car on est bien loin d'une
analyse militaire. M'enfin c'est un témoignage
de l'époque (écrit dans les années
qui ont suivi cet événement).
Le texte : www.abbaye-saint-benoit.ch |
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| RÉPONSE
: |
Houlà (ou
plutôt Oufti !, comme on dit
dans mon beau petit pays wallon), vous n'y allez
pas avec le dos de la cuillère, cher
Jean-Charles ! La Cité de Dieu
du grand Augustin,
rien que cela ! Le moins que l'on puise dire,
c'est que vous ne sous-estimez ni votre serviteur
ni les "sympathiques internautes"
qui fréquentent son site. Recommander
rien moins que la lecture de ce copieux et indigeste
bouquin à une personne curieuse du sac
de Rome de 410, c'est un peu - je ne sais pas
moi - comme conseiller Das Kapital
de Marx à quelqu'un intéressé
par les révolutions de 1848. Une référence
certes parfaitement pertinente, mais difficilement
praticable !… Car - c'est sans doute regrettable,
mais c'est ainsi - qui donc, excepté
de savants érudits dont je salue l'abnégation,
a encore le courage de lire ce gros livre autrement
d'en extraits choisis ? En tout cas, pas moi…
Même pendant mon (bref) cursus universitaire,
je n'ai abordé l'œuvre - l'océan
- de l'évêque d'Hippone que par
le biais de ses Confessions, son seul
texte encore "lisible"… du moins
aux dires de mes maîtres, les "bons"
pères de la Compagnie de Jésus,
lesquels, à vrai dire, avaient peut-être
gardé une certaine rancœur à
l'encontre du maître à penser du
Pascal janséniste et grand bouffeur de
Jésuites des Provinciales !
Mais trêve de plaisanterie…
Je vous remercie pour ce complément d'info
car, effectivement; des passages de la Cité
de Dieu pourront éclairer les "sympathiques"
internautes sur l'état d'esprit des Romains
après la chute de leur Ville présumée
éternelle. Toutefois, point ne leur sera
nécessairement besoin d'aller farfouiller
dans l'immensité de l'œuvre d'Augustin
: les passages les plus significatifs de sa
Cité de Dieu sont cités
dans l'excellent "petit" livre
d'André Piganiol que j'ai recommandé
à ma correspondante. Mais, évidemment,
rien ne vaut le texte intégral…pour
autant que ni le courage ni la patience ne lui
fassent défaut. |
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| 7 Mars 2009 |
| Thierry
a écrit : |
| En
ce qui concerne la marque de la bête dont
il est question en Apocalypse, 13,
je pense que Jean faisait allusion au tatouage
qui était porté par les esclaves romains
sur leur front et sur leur main. Un historien m'a dit
qu'il y a des références dans les tablettes
d'Épidaure et chez les satiristes latins. Seriez-vous
documenté en ce sens ? |
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| RÉPONSE
: |
Non, malheureusement,
je ne dispose d'aucune info sur les tatouages des
esclaves romains.
Par parenthèses, il est assez étrange
de voir l'auteur de l'Apocalypse décrire
tous les maudits adeptes de la religion impériale
romaine marqués du signe de la Bête,
afin, en quelque sorte, de procéder au boycott
total des braves chrétiens : "[la Bête]
arrivait à ce que tout le monde, petits
et grands, riches et pauvres, hommes libres et esclaves,
se marquât la main droite et le front, de façon
à ce que personne ne pût acheter ou vendre
sans être marqué du nom de la Bête
ou de son chiffre." (Apocalypse,
13 : 16-17).
Pourquoi étrange ?
Parce qu'il est bien possible qu'après avoir
triomphé de ladite Bête et imposé
leur foi dans l'Empire romain, les chrétiens
reprirent la tactique de "stigmatisation inversée"
imaginée par l'auteur de l'Apocalypse.
Je me souviens en effet d'avoir lu, dans les Contes
des mille et une nuits, un épisode "interpellant"
(mais dont il m'est, pour l'instant, impossible de
retrouver les références exactes). À
l'occasion d'une relation épique de l'un des
sièges de Constantinople par les Arabes - mais
il s'agit peut-être de l'adaptation d'un récit
plus ancien, d'origine perse - un archer "sarrazin"
s'y vantait d'avoir occis un chrétien d'une
seule flèche, fichée en plein front,
"là où ces infidèles ont
l'habitude de porter une croix tatouée".
Alors, le tatouage de la Croix, utilisé sans
doute comme symbole de la persistance de l'onction
baptismale, aurait-il supplanté le fameux signe
de la Bête ?
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| Thierry
réécrit : |
Il
y a deux hypothèses :
1) La marque est symbolique
et correspond en fait à un dénombrement
de tous les Juifs de l'empire romain. L'auteur exhorte
ses lecteurs à ne point accepter de se soumettre
à ce recensement (celui de Quirinius
?) car la loi édicte que seul Yahvé
peut recenser biens et hommes sur la terre qui lui
appartient. De même, les "collabos"
et le grand-prêtre (le faux prophète
?) construisent des monuments en l'honneur de César
(image). Il devient impossible d'acheter ou de vendre
sans avoir à payer l'impôt à
Rome. Confronté à cette abomination,
le dénommé Jean appelle ses lecteurs
à la résistance. A son sens, il est
préférable de mourir en martyr plutôt
que d'accepter l'occupation romaine.
2) La marque est physique
et correspond au tatouage que portaient les esclaves
sur leur front et leur main droite (voir les satiristes
latins qui se moquent des anciens esclaves qui tentent
de dissimuler leurs marques). L'auteur exhorte ses
auditeurs à la résistance car la loi
interdit les incisions et marques sur le corps.
Dans ce cas, le faux prophète peut être
Flavius Josèphe, le roi Hérode Agrippa
II, ou encore le petit Antiochos, fils d'un prêtre,
qui apparaît presqu'à la fin du récit
de la Guerre des Juifs. Il est vrai que
la plupart des survivants devinrent esclaves et
donc portèrent cette marque. Là également,
aux yeux de l'auteur, il est préférable
de mourir en martyr plutôt que de violer la
loi.
"A ceux qui m'appartiennent,
dit le Seigneur, j'écrirai mon Nom sur le front
et j'imprimerai mon sceau sur la main droite ; ils
n'auront ni faim ni soif et le Fils de l'Iniquité
n'aura pas de pouvoir sur eux ; les trônes ne
les retiendront pas, mais ils marcheront avec les
anges jusqu'à ma ville" (Apocalypse
d'Élie, I, 9-10).
Il se pourrait que cette marque est un signe d'appartenance.
En Apocalypse 7, le reste d'Israël (ceux
qui se considèrent comme tels) est recensé
et appartient à Dieu, alors qu'un peu plus
loin ceux qui reçoivent la marque de la bête
appartiennent à César. Se pourrait-il
que cela soit une allusion à un recensement
? S'il s'agissait du recensement de Quirinius,
on peut comprendre que des juifs pieux qui voyaient
dans cet acte une violation des préceptes et
des lois d'Israël aient voulu y échapper
par tous moyens, voire encourager leurs compatriotes
à la résistance contre l'occupant romain
et les collabos (la bête de la terre ou faux-prophète).
Lorsque je me remémore ce qui s'est passé
au début de notre ère et, un peu plus
tard, lorsque la Galilée et la Gaulatinide
sont passés sous administration romaine, je
ne peux m'empêcher de faire le rapprochement
avec Apocalypse, 13. Reste à savoir
si d'autres recensements se sont produits à
la fin du premier siècle ?
Lien intéressant : Simon
le Zélote était-il un révolutionnaire
? |
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| RÉPONSE
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| Non, à première
vue, pour la Judée du Ier siècle, je ne
connais pas d'autre recensement que celui de Quirinus
en 6 ap. J.-C. Mais il est possible - voire probable
- que de telles opérations furent pratiquées
chaque fois qu'une région changeait de statut,
devenant soit royaume vassal, soit province romaine.
Cela dit, je crois que Flavius Josèphe n'évoque
que le recensement de Quirinus, mais peut-être
parce qu'il provoqua une sérieuse révolte
zélote tandis que les autres firent "moins
de vagues". |
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| RÉACTION
À CE COURRIER |
| 27 Mars 2009 |
| Michel
ELOY (site PEPLVM
- Images de l'Antiquité)
a écrit : |
Cette
histoire d'esclaves marqués au
front et au bras m'étonne un peu.
La marque au front se faisait au fer rouge
et désignait des esclaves fugitifs
repris. Mais il ne devait pas être
très agréable pour un citoyen
de vivre entouré de serviteurs
ainsi défigurés… aussi
cela me semble-t-il devoir être
une exception, les fortes têtes
condamnés aux mines, aux travaux
des champs. Les satiristes en question
n'y font allusion que pour désigner
la lie des esclaves marrons, et par extension
censément être des retors
qui ont tout fait pour échapper
à leur condition servile. Je ne
comprends d'ailleurs pas très bien
la logique de ton visiteur selon qui ces
hommes marqués seraient les serviteurs
de la Bête.
Je préfère
(sans la partager, car moi les prophéties
qui se réaliseraient 2.000 ans
plus tard… hum !) la théorie
ésotérique selon laquelle
ces serviteurs de la Bête seraient
les nazis (allusion à l'insigne
à croix gammée sur la casquette
des membres du parti et/ou le matricule
tatoué sur le bras de leurs esclaves
relégués dans les camps
de concentration). Hitler m'est toujours
apparu comme un "Antéchrist"
très acceptable - cf. Renée
Davis, La croix gammée, cette
énigme, Presses de la Cité,
1967, pp. 33-37.
En fait, j'ai
néanmoins du mal à accepter
que le chiffre 666 ait représenté
une croix gammée, même à
trois branche…. Il s'écrirait
en grec de Pathmos avec trois "gamma"
(la troisième lettre de l'alphabet,
non la sixième voyons !). Selon
la précitée journaliste
R. Davis, cette [surprenante] théorie
aurait été développée
par Benjamin Ullmo, un officier de marine
français déporté
à Cayenne pour haute trahison (gracié
en 1934). Cela n'a pas
laissé de m'intriguer car,
en grec, 666 ne s'écrit pas GGG
(comme avec notre alphabet arabe), mais
avec trois lettres différentes
soit respectivement 600 (khi'), 60 (xi')
et 6 (sti [ou bau]).
L'occasion de ce mail m'a d'ailleurs poussé
à aller vérifier dans le
texte grec Apocalypse, XIII, 18,
la manière exacte dont ce fameux
nombre est représenté. Voici
donc ce fameux verset 18 :

et
666 est bien écrit de la manière
que j'avais déduite de ma vieille
grammaire : .
Moralité : méfions-nous
systématiquement des élucubrations
prophétiques. Les voies du Seigneur
restent impénétrables, n'est-ce
pas ?
Michel
ELOY |
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| 9 Mars 2009 |
| Gricca
a écrit : |
Un
autre scénario de fin pour le règne
de Philippe l'Arabe
Ouvrage
de référence : Philip the Arab
A Study in Prejudice de Yasmine Zahran,
(Stacey International London 2001).
La version traditionnelle
situe la mort de Philippe
à Vérone, en Italie du Nord, dans
une rencontre entre l'armée de Philippe
et les légions danubiennes qui venaient
de proclamer empereur leur général
Dèce.
Elle est basée principalement sur le
récit d'Aurelius Victor qui écrit
plus d'un siècle après les évènements
et confortée par tous les autres écrits.
Mais en 1976, un historien serbe Slobodan Dusanic,
dans The end of the Philippi, donne une
version totalement différente de la fin
du règne de Philippe, suite à
la découverte d'un fragment d'une chronique
byzantine, s'étendant de la Création
à l'an 610, attribuée à
un certain Jean d'Antioche.
D'après cette
source divergente, Philippe envoie Dèce
supprimer la révolte de Pacatien
à Viminacium, sur le Danube, en Mésie
supérieure (actuelle Serbie). Ce dernier
est tué par ses propres soldats et Dèce
entreprend de combattre les envahisseurs Goths
en Mésie et Thrace, mais il est battu
et rappelé à Rome (fin 248). Beaucoup
de soldats romains défaits passent à
l'ennemi. Ostrogotha, le roi Goth, les accueille
avec plaisir. En attendant les Carpes et autres
barbares franchissent le Danube et Ostrogotha,
avec 30.000 guerriers et 3.000 Carpes, pille
la Mésie. Marcianopolis est assiégée
pour la seconde fois. Au printemps 249, Philippe
lance une campagne victorieuse contre les Goths
et les repousse au-delà du Danube. De
Thrace, Philippe se dirige vers Byzance, dans
l'intention d'aller combattre l'usurpateur Jotapien
en Cappadoce et Syrie du Nord, de repousser
l'invasion Perse de l'Arménie, et de
mettre fin aux troubles éclatés
à Alexandrie d'Egypte. Mais, à
Périnthe, sur la Propontide (mer de Marmara),
il apprend la nouvelle d'un soulèvement
populaire à Rome orchestré par
les partisans de Dèce. Il envoie à
Rome ses agents calmer l'insurrection et traiter
avec le Sénat, mais celui-ci préfère
clairement soutenir Dèce, consul et ancien
préfet de la Ville (l'historien Michel
Christol, spécialiste du IIIe siècle,
doute que Dèce fut préfet de Rome),
et retourne les agents de Philippe qui reconnaissent
Dèce comme empereur. La Dacie se rallie
à ce dernier, tandis que la Mésie
reste fidèle à Philippe. La guerre
civile s'ensuit. Philippe gagne la Macédoine
où Thessalonique choisit le camp de Dèce.
Une rencontre a lieu plus à l'Ouest,
à Beroea (Veroia/Veria), où l'armée
de Philippe est battue (Slobodan Dusanic ne
croit pas à une confrontation armée,
bien que les traditions latine et byzantine
s'accordent à dire qu'il y eut bataille).
Philippe s'enferme dans la ville pour continuer
le combat, mais il est assassiné en septembre
249 par des hommes de Dèce qui avaient
caché des poignards sous leurs vêtements
civils. Philippe
fils est assassiné à Rome
près du camp des prétoriens après
avoir quitté le palais du Palatin. Philippe
fit l'objet d'une damnatio memoriae,
et son nom fut effacé sur de nombreuses
inscriptions. |


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Chris Scarre, dans La Chronique
des empereurs romains (Casterman 1995), adhère
à cette localisation de la mort de Philippe
à Béroé en Macédoine.
Mais, plus fournie et riche en cartes -ainsi que bustes
et portraits monétaires impériaux-,
The complete chronicle of the emperors of Rome
de Michael Kean et Oliver Frey (Thalamus publishing
2005) maintient la version de la mort de Philippe
à Vérone, tout en signalant celle de
Béroé indiquant que géographiquement
(carte des lieux jointe) il est difficile d'y adhérer
: Dèce aurait eu un parcours considérable
à accomplir, Rome-Aquilée-le Danube-Macédoine,
puis retour à Rome en octobre 249. De plus,
aucune source contemporaine n'indique que l'armée
de Philippe soit allée jusqu'en Illyricum et
dans le sud des Balkans.
Les mauvaises lectures et confusions
de noms n'étant pas exceptionnelles, comme
le lieu de naissance de Carus,
Narbona, Narbonne en Languedoc (France), avec Narona,
près de Metkovic en Dalmatie (Croatie), le
chroniqueur byzantin du début du VIIe siècle
a probablement fait la même erreur entre Verona,
ville italienne, et Veroia, ville macédonienne
rivale de Thessalonique bien mieux connue en Orient.
Il aurait alors rapporté les événements
de la fin du règne de Philippe dont il avait
connaissance, de façon à expliquer sa
mort à cet endroit.
Gricca |
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