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Avril - Mai 200i (page 2/2)
Sommaire d'Avril et Mai 2008 : Clic
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| 10 Mai 2008 |
| Paul
a écrit : |
| Je
vous envoie ce mail car je pense que vous
avez fait une erreur dans la partie Tibère.
Vous écrivez qu'il a dit Oderint
dum metuant ("Qu'ils
me haïssent, pourvu qu'ils me craignent"),
alors que je crois que cette phrase appartient
plutôt à Caligula. Tibère
aurait dit Oderint, dum probent
("Qu'ils me haïssent pourvu qu'ils
m'approuvent."). |
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| RÉPONSE
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Bien vu !
Effectivement, Tibère
aurait proféré la phrase
désabusée "Qu'ils me
haïssent, pourvu qu'ils m'approuvent"
(Oderint dum probent - Voir Suétone).
Sentence que son successeur Caligula
aurait parodiée - en lui donnant
un tour plus menaçant : Oderint
dum metuant ("Qu'ils me haïssent,
pourvu qu'ils me craignent" - Voir
Suétone).
Je vous remercie d'avoir pris la peine
de me signaler cette erreur, que je m'empresse
de corriger. Merci aussi pour l'intérêt
attentif que vous témoignez à
mon site internet. |
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| 17 Mai 2008 |
| Carole
a écrit : |
Je
suis élève en terminale et (…)
ma classe et moi n'avons pas de réels commentaires
(…) sur un texte de TACITE, l'empereur histrion
(Annales, XIV, 14-15) :
(XIV, 14) Il avait
depuis longtemps à cœur de conduire
un char dans la carrière : et par une
fantaisie non moins honteuse, on le voyait souvent,
tenant une lyre, imiter à table les chants
du théâtre. "Des rois, disait-il,
d'anciens généraux l'avaient fait
avant lui. Cet art était célébré
par les poètes et servait à honorer
les dieux. Le chant n'était-il pas un
attribut sacré d'Apollon ? et n'était-ce
pas une lyre à la main que, dans les
temples de Rome, aussi bien que dans les villes
de la Grèce, on représentait ce
dieu, l'un des plus grands de l'Olympe, le dieu
des oracles ?" Déjà rien
ne pouvait plus le retenir, quand Sénèque
et Burrus résolurent de lui céder
une victoire, pour éviter qu'il en remportât
deux. On établit dans la vallée
du Vatican une enceinte fermée où
il put guider un char sans se prodiguer aux
regards de la foule : bientôt le peuple
romain fut appelé à ce spectacle
et applaudit avec transport, avide de plaisir,
comme l'est toute multitude, et joyeux de retrouver
ses penchants dans le prince. On avait cru que
la publicité de la honte en amènerait
le dégoût ; elle ne fut qu'un aiguillon
nouveau : se croyant moins flétri plus
il en flétrirait d'autres, il dégrada
les fils de plusieurs nobles familles, en traînant
sur la scène leur indigence vénale.
Tout morts qu'ils sont, je ne les nommerai pas,
par respect pour leurs ancêtres : le plus
déshonoré, après tout,
est celui qui emploie son or à payer
l'infamie plutôt qu'à la prévenir.
Des chevaliers romains d'un nom connu descendirent
même dans l'arène : il les engagea
pour ce honteux service à force de présents;
mais les présents de qui peut commander
ne sont-ils pas une véritable contrainte
?
(XIV, 15)
Cependant, pour ne pas se prostituer encore
sur un théâtre public, il
institua la fête des Juvénales.
C’est ainsi qu'il appela des jeux
nouveaux, où les citoyens s'enrôlèrent
en foule. Ni la noblesse ni l'âge
ne retinrent personne : on vit d'anciens
magistrats exercer l'art d'un histrion
grec ou latin, se plier à des gestes,
moduler des chants indignes de leur sexe.
Des femmes même, d'une haute naissance,
étudièrent des rôles
indécents. Dans le bois qu'Auguste
avait planté autour de sa naumachie,
furent construites des salles et des boutiques
où tout ce qui peut irriter les
désirs était à vendre.
On y distribuait de l'argent, que chacun
dépensait aussitôt, les gens
honnêtes par nécessité,
les débauchés par vaine
gloire. De là une affreuse contagion
de crimes et d'infamie ; et jamais plus
de séductions qu'il n'en sortit
de ce cloaque impur n'assaillirent une
société dès longtemps
corrompue. Les bons exemples maintiennent
à peine les bonnes mœurs ;
comment, dans cette publique émulation
de vices, eût-on sauvé le
moindre sentiment de pudicité,
de modestie, d'honneur ?
Enfin Néron monta lui-même
sur la scène, touchant les cordes
d'une lyre, et préludant avec une
grâce étudiée. Ses
courtisans étaient près
de lui, et, avec eux, une cohorte de soldats,
les centurions, les tribuns et Burrus,
qui gémissaient tout en applaudissant.
Alors fut créé ce corps
de chevaliers romains qu'on appela les
Augustiani, tous vigoureux et
brillants de jeunesse, attirés
les uns par un esprit de licence, les
autres par des vues ambitieuses. Le jour
entendait leurs acclamations ; ils en
faisaient retentir les nuits, cherchant
à la voix, et à la beauté
du prince des noms parmi les dieux : ils
avaient à ce prix ce qu'on mérite
par la vertu, les honneurs et l'illustration.
(TACITE, Annales, XIV - Trad.
: bcs.fltr.ucl.ac.be).
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Serait-il possibles de vous
demander l'explication de ce texte avec 2 ou 3 axes
de commentaires ? Merci d'avance et bon courage. |
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| RÉPONSE
: |
Mais quel vieux ronchon,
ce Tacite
! Vraiment rien ne trouve grâce à ses
yeux ! Pourtant, dans tout ce qu'il dégoise
là, sur un ton indigné qui deviendrait
comique à force d'être excessif, il n'y
a pas de quoi fouetter un chat : le jeune Néron
(ces événements se situent en 59 ap.
J.-C. - l'empereur a donc 21 ans révolus) s'amuse
à conduire des chars et à jouer de la
lyre. Ces menus plaisirs impériaux
suffiraient déjà à attiser la
hargne de l'historien moraliste… Mais le pervers
Néron, écrit-il encore, ne s'arrêtant
pas si vite sur la voie de la dépravation,
ne fait rien pour préserver le caractère
strictement privé de ces divertissements. Qui
pis est, il flatte les bas instincts de la vile populace
et tente de pervertir les élites vertueuses
(tu parles !) en instituant des compétitions
artistiques (les Juvenalia) ainsi qu'en rassemblant
autour de sa personne des jeunes gens (les Augustans)
sensibles aux belles choses et donc chargés
d'assurer la "claque" de ses tours de chant.
Quelle horreur !
Tout cela nous semble bien anodin. L'indignation
de Tacite nous apparaît comme incompréhensible
tant elle est outrée. Il est d'ailleurs fort
vraisemblable que les contemporains de Néron,
même les notables assez traditionalistes, ne
trouvaient pas grand-chose à redire au comportement
de leur jeune empereur. La pratique de l'art équestre
n'était évidemment pas incompatible
avec l'éducation d'un jeune aristocrate. Que
du contraire : un jeune Romain de bonne famille incapable
de monter à cheval ou de conduire un attelage
aurait été aussi déconsidéré
qu'aujourd'hui un membre de la "jet-set"
sans permis de conduire sa Porsche ou sa Ferrari.
Je gage aussi que, parmi ses contemporains, bien peu
trouvaient malséant que Néron poussât
la chansonnette en public en taquinant la lyre. Après
tout, dans les banquets les plus huppés, il
était courant que chaque convive entonne son
petit couplet. Par exemple, Britannicus,
peu avant sa mort et au grand dam de Néron,
exhiba publiquement son bel organe (si j'ose dire),
comme nous le raconte encore l'ineffable Tacite (voir
: bcs.fltr.ucl.ac.be).
Mais voilà, Tacite rédigea ses récits
une bonne trentaine d'années après la
mort de Néron, à une époque où
les mœurs étaient redevenues plus austères
et la contrainte sociale plus stricte. Sous la dynastie
dite des Antonins, les valeurs anciennes de l'ancienne
Rome (sérieux, gravité, décence,
etc) avaient été remises à l'ordre
du jour, et sous ce régime quelque peu hypocrite,
adepte d'un genre de "politiquement correct",
la présumée licence effrénée
de l'époque précédente (celle
de Néron et de ses prédécesseurs
Julio-claudiens)
faisait scandale. En réalité, en clouant
Néron au pilori de l'Histoire, c'est toute
la société romaine de l'ère précédant
la sienne que Tacite dénigre, critique, voue
aux gémonies. Notez d'ailleurs que, dans l'extrait
qui nous intéresse, aucun individu ni aucun
groupe social ne trouve grâce aux yeux de cet
historien grincheux : Sénèque et Burrus,
les précepteurs du jeune empereur sont faibles
et opportunistes, la plèbe cherche à
justifier ses bas instincts par des exemples venus
de plus haut, les patriciens sont vénaux, les
femmes sont faibles et frivoles, les jeunes cupides
et jouisseurs. Même les "gens honnêtes"
sont corruptibles "par nécessité"
!
En fait, Néron n'est que le catalyseur d'une
société qui, selon Tacite, se délite,
d'une Rome décadente.
Il faut donc remettre ce texte dans son vrai contexte,
qui est celui du temps de Néron et non celui
de l'écriture de Tacite. On voit alors que,
loin d'être absurde ou scandaleuse, la démarche
de l'empereur s'inscrit parfaitement dans la logique
politique de son règne.
Car Néron poursuivait deux objectifs principaux
(qui étaient d'ailleurs étroitement
liés) : d'une part, il souhaitait instaurer
à Rome un authentique régime monarchique
d'essence divine, une monarchie de type hellénistique
(comme celle, par exemple des Ptolémées
d'Égypte), et d'autre part, il désirait
consolider l'unité idéologique de son
Empire en promouvant partout la culture grecque.
Dans cette optique,
quoi de plus approprié que la réponse
à ses censeurs, rapportée par
Tacite : "Pourquoi m'abstiendra-je de jouer
de la lyre alors que des rois et d'anciens généraux
l'ont fait avant moi, alors que cet art est
célébré par les poètes
et sert à honorer les dieux, alors que
le chant est un attribut sacré d'Apollon.
N'est-ce pas une lyre à la main que,
dans les temples de Rome aussi bien que dans
les villes de la Grèce, l'on représente
ce dieu, l'un des plus grands de l'Olympe ?".
Sous-entendu : "Je ne chante pas seulement
pour passer le temps ! Moi, Néron, je
m'inscris dans la tradition des rois hellénistiques,
parce que je suis, moi aussi, prétendant
à la royauté universelle. Et si
je pratique si bien l'art chéri d'Apollon,
c'est que je suis d'essence divine".
Contrairement à ce que prétend
Tacite, je mettrais aussi ma main, au feu que
Burrus et Sénèque voyaient ces
exhibitions d'un très bon œil :
elles renforçaient à bon compte
la popularité du prince. Et plus le prince
était populaire, moins la noblesse ne
mouftait, ne regimbait, ne contestait la légitimité
de ce pouvoir impérial d'essence éminemment
"populiste" !
Remarquez d'ailleurs l'incohérence de
Tacite qui ose prétendre, sans rire,
que les prestations de Néron au cirque
du Vatican devaient rester secrètes,
mais que, le bruit s'en étant répandu,
rien ni personne n'avait pu empêcher une
foule de plus en plus nombreuse d'y assister.
Quelques robustes gardes prétoriens postés
devant l'enceinte auraient pourtant largement
suffi à empêcher tout badaud d'accéder
aux gradins ! Comble d'absurdité, Tacite
prétend que, finalement, c'est pour faire
honte à l'empereur qu'on se résigna
à laisser entrer la populace ("on
avait cru que la publicité de la honte
en amènerait le dégoût").
Quelle vaste blague ! Un peu comme si on offrait
le Stade de France à une strip-teaseuse
professionnelle, "pour la ramener à
un peu de décence" !
Tout aussi logique l'instauration des Juvenalia
: pour promouvoir la culture grecque, quoi de
plus approprié qu'une manifestation culturelle
axée sur les arts les plus raffinés
de la civilisation hellénique (chant,
danse, pantomime, théâtre, etc)
? Bien sûr, Tacite, lui, aurait préféré
des manifestations plus authentiquement romaines,
comme des combats de gladiateurs bien sanglants,
des chasses aux fauves façon boucherie
exotique, ou d'édifiants supplices assaisonnés
à la sauce mythologue. Mais ce rabat-joie
de Néron, cette tapette grecque, avait
horreur du sang. Quelle lavette ! Quel dégénéré
que cet histrion couronné ! |
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Quant à la création du corps des Augustiani,
que Tacite présente, de façon caricaturale,
comme la "claque appointée de Néron",
elle s'inscrit à la fois dans la plus pure
tradition grecque et dans les plus anciens usages
romains. Comme les anciens rois de France avaient
leurs mignons, les princes hellénistiques
avaient des compagnons, des fidèles
qui avaient été éduqués
avec eux et qui - du moins l'espéraient-ils
- leur restaient fidèles tout au long de leur
règne à venir. D'un autre côté,
tout patricien romain constituait autour de lui une
famille, autrement dit une "clientèle",
un groupe de personnes qui, en échange de sa
protection et son assistance, lui rendaient de menus
services pour sa carrière politique. Les "Augustans"
de Néron se situaient au confluent de ces deux
traditions : à la fois les compagnons
de ce jeune prince romain qui se voulait Grec, les
fans de l'empereur-artiste et les clients
du successeur d'Auguste.
Voilà, j'espère que ces quelques pistes
pourront éclairer votre lanterne… Et
surtout qu'elles ne sont pas trop "originales",
ni trop critiques à l'égard de l'œuvre
du grand Tacite pour votre prof de latin. |
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| 18 Mai 2008 |
| Gricca
a écrit : |
Bibliographie
sur lempire romain
Je reprends l'actualité
bibliographique sur l'empire romain. Comme
toujours il s'agit d'un choix de livres en
français et non d'une liste exhaustive.
- La
fin du paganisme - Étude sur les dernières
luttes religieuses en Occident au quatrième
siècle de Gaston BOISSIER - Arctic
2007
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(il s'agit d'une réédition de
l'ouvrage de 1891) |
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- La Romanisation
de la Germanie de Werner ECK - Editions
Errance, 2007
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Les
découvertes archéologiques récentes
en Allemagne apportent une lumière nouvelle
sur l'intégration étonnamment
rapide de la région dans l'Empire romain.
Werner Eck esquisse une grande fresque historique
de cette partie extrême de la Gaule. Une
histoire mouvementée, de l'extermination
des Éburons par César, la déportation
des Ubiens, à la fondation des cités
et leur organisation. C'est de Cologne que Trajan,
en 98 apr. J.-C., accomplit ses premiers actes
de gouvernement. Cologne fut, aussi, associée
à l'histoire de la conversion au christianisme
de Constantin. D'Auguste à Constantin,
la province et sa capitale, Cologne, participent
à la grande histoire de l'Empire romain. |
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- Les Romains, culture
et mythes de Lesley et Roy ADKINS - Evergreen
Taschen, 2008
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Cet
ouvrage couvre la période qui s'étend
de la naissance de Rome au déclin de
l'empire. Il décrit la vie quotidienne
des Romains et offre un aperçu de leurs
habitudes alimentaires, mais aussi étudie
aussi leurs religions, le commerce ou l'armée.
Illustrations et photographies d'édifices
romains, de statues, de fresques ou d'objets
quotidiens de toutes sortes illustrent très
richement cette introduction à l'histoire
de l'Imperium Romanum. |
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- Jésus et
ses héritiers, mensonges et vérités
de Michel BENOÎT - Albin Michel,
2008
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Qui
était Jésus ? Romanciers, essayistes,
philosophes ne cessent de questionner cet homme
qui vécut il y a 2000 ans. Plus on écrit
sur le personnage, et plus semble s'épaissir
le mystère qui l'entoure. Au fil d'une
enquête rigoureuse qui s'appuie sur les
recherches historiques les plus contemporaines,
Michel Benoît revisite l'entourage du
« célèbre inconnu »,
ces hommes et ces femmes qui auraient dû
transmettre son héritage. Qui l'a trahi
? Judas était-il coupable, et comment
est-il mort ? Quel fut le rôle joué
par l'apôtre Pierre ? Marie-Madeleine
fut-elle la concubine de Jésus ? Y a-t-il,
dans les Évangiles, des vérités
cachées ? |
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- Galla Placidia
- Impératrice Romaine, Reine des
Goths d'Henri GOURDIN - LŒuvre,
2008
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Rome. 24 août 410. Les Barbares sont vainqueurs.
"D'horribles nouvelles se sont répandues,
écrit saint Augustin. Nous gémissons,
nous pleurons et nous ne sommes point consolés"
C'est l'une de ces époques cruciales
où les peuples, les civilisations, les
sensibilités se rencontrent et se jaugent.
Sur d'Arcadius et d'Honorius, empereurs
d'Orient et d'Occident, fille de Théodose
le Grand, Galla Placidia est enlevée
par Athaulf, futur roi des Goths. Une passion
inattendue naît entre le ravisseur et
la captive. Leur mariage, célébré
dans le rite barbare puis chrétien, est
un acte précurseur, l'expression d'une
vision politique novatrice. En acceptant cette
union, Galla va à l'encontre des préjugés
de la chrétienté et de l'éthique
romaine. Aveuglés par une morale de mépris
et de xénophobie, ses frères ne
voient pas que la fin de l'Empire est proche.
Visionnaire, Galla Placidia est la première
à incarner l'ouverture vers le monde
barbare dont la vigueur va, pense-t-elle, sauver
Rome. Fille, sur et mère d'empereur,
otage puis reine des Goths, soutien de l'Église
naissante, Galla Placidia dirige l'Empire depuis
sa capitale, Ravenne. Aujourd'hui, les merveilles
de cette cité témoignent encore
de sa gloire. Le destin de Galla Placidia éclaire
une période fondamentale de notre histoire.
Au terme de dix ans de recherches, Henri Gourdin
reconstitue et révèle cette grande
figure féminine. |
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- La France gallo-romaine
de Martial MONTEIL et Laurence TRANOY - La
Découverte - Collection "Archéologie
de la France", 2008
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La
conquête de la Gaule par Rome a entraîné
des transformations majeures. Une société
originale va en découler, dite "gallo-romaine"
au sens où elle mêle des traits
propres à ces deux civilisations, et
va évoluer entre le Ier siècle
avant notre ère et le Ve siècle
après. Elle nous a laissé nombre
de monuments, encore visibles sur le territoire
français en emblématiques de la
culture romaine (enceintes, théâtres
et amphithéâtres, mausolées,
etc.), mais les vestiges enfouis permettent
d'en éclairer bien d'autres aspects.
L'archéologie de la Gaule romaine a en
effet, depuis le début des années
1980, profondément renouvelé nos
connaissances et conduit à réviser
les apports des sources antiques. Martial Monteil
et Laurence Tranoy, associés à
plusieurs autres chercheurs, en proposent ici
une synthèse qui fait une large place
aux résultats acquis lors de fouilles
et recherches récentes. Le paysage est
ainsi dessiné avec son infrastructure
routière et ses fleuves parcourus par
des navires de commerce ou encore ses cités
avec leurs villes capitales et agglomérations,
nées d'un mouvement d'urbanisation sans
précédent. Les activités
agricoles et artisanales, qui profitent de l'ouverture
de nouveaux marchés, sont également
dépeintes tandis qu'un nouveau regard
est porté sur les pratiques funéraires
et la religion. Enfin la vie quotidienne du
petit peuple et des notables nous fait pénétrer
plus avant dans l'intimité des hommes
et femmes de la Gaule romaine. |
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- Voter pour définir
Dieu - Trois siècles de conciles
(253-553) de Ramsay MACMULLEN - Les Belles
Lettres, 2008
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Quels étaient les sentiments des évêques
des premiers siècles de l'Église
quand il s'agissait de voter sur la définition
de Dieu et sur la vraie foi ? Quel était
leur comportement lorsqu'ils ne s'accordaient
pas sur ces questions ? Il leur arrivait souvent
de crier, de s'agiter, de recourir à
la violence pour régler leurs désaccords.
Sortant des sentiers battus, Ramsay MacMullen
étudie minutieusement comment les premières
doctrines devinrent la doctrine officielle de
l'Église. À partir d'un grand
nombre de comptes rendus sténographiques,
il analyse les conciles cuméniques
depuis Nicée jusqu'à Constantinople
II, où les participants entérinèrent
des choix doctrinaux par un vote majoritaire.
L'auteur enquête sur la violence verbale
aussi bien que physique, avec effusion de sang,
qui était la toile de fond des conciles.
Il se penche ensuite sur la préparation
et le cadre des concile, le rôle de l'empereur,
le déroulement des débats, la
manière dont les participants appréhendaient
les problèmes, leurs opinions sur l'intervention
de Dieu dans leurs affaires. En conclusion,
l'auteur examine l'importance des conciles et
de leurs décisions dans l'histoire du
christianisme. |
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- Julien dit lApostat
de Lucien JERPHAGNON - Tallandier, 2008
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On avait exterminé sa famille entière.
On l'avait relégué dans un lointain
palais truffé de mouchards. On méditait
même d'en faire un prêtre. Bref,
le très chrétien Constance glorieusement
régnant n'avait rien négligé
pour évincer Julien de la pourpre de
ses ancêtres. Et voilà qu'il était
devenu empereur de Rome ! Et qu'entre-temps
il s'était converti en secret aux dieux
qu'on croyait morts. Et alors… La noire
saga d'un dynastie, hantée de monstres
froids, de prélats doubles, de barbouzes
et de philosophes arrivistes est racontée
ici jour après jour, au plus près
des textes. Extraordinairement informé,
Lucien Jerphagnon joint à l'érudition
un rare talent d'évocation. En entreprenant
cette réhabilitation de l'empereur Julien,
il réussit avec ce livre un modèle
de biographie. |
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- Lindividu
dans la famille à Rome au IVe siècle,
daprès luvre dAmbroise
de Milan de Dominique LHUILLIER-MARINETTI
- Presses universitaires de Rennes, 2008
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Le
but de cette étude est de s'interroger
sur la liberté de l'individu dans sa
famille à la fin du IVe siècle,
quand l'Église triomphante a pu influencer
les murs et les lois, par l'action notamment
d'un personnage puissant et actif tel qu'Ambroise,
évêque de Milan. La nouvelle religion
change-t-elle quelque chose à la vie
quotidienne des hommes et des femmes du Bas-Empire
? L'ouvrage observe les permanences avec l'ancienne
société mais aussi les mutations
amenées par l'ordre nouveau à
différents moments cruciaux de la vie
des familles. C'est tout d'abord l'étape
importante du mariage : quand, comment et avec
qui se marier ? Les questions religieuses, économiques
et militaires de l'époque viennent interférer
dans la nouvelle législation. Autre temps
familial délicat : l'heure des conflits,
entre époux, entre parents et enfants,
entre frères et surs. On se déchire
pour une infidélité conjugale,
pour des questions d'argent, de succession,
de religion…. Les solutions romaines traditionnelles
de résolution des conflits sont tantôt
approuvées, tantôt dénoncées
par le clergé. L'auteur tente d'éclaircir
ce que doit alors être la conduite chrétienne
voulue par l'Église et d'établir
quelles sont les marges de la liberté
qui reste à l'individu, souvent pris
en tenailles entre des volontés parfois
contradictoires : l'empereur et Dieu, ou le
père et le Père. |
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- Rome, la gloire
et la liberté - Aux sources de lidentité
européenne de Jean-Noël ROBERT
- Les Belles Lettres, 2008
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La
civilisation romaine offre à l'homme
moderne un visage original et sans égal.
Elle seule a su dominer un empire immense pendant
une aussi longue période ; elle seule
a fait de la paix et de la prospérité
de ses provinces sa préoccupation première
; elle seule a réussi à tisser
un lien d'égalité entre tous les
hommes libres de l'Empire en leur accordant
les mêmes droits qu'aux citoyens de Rome.
L'observateur prend rapidement conscience que
les mots utilisés pour qualifier le pouvoir
romain, ceux d'impérialisme, de colonianisme,
de nationalisme… , ne correspondent en
rien à la réalité historique.
Le Romain portait sur les êtres et les
choses un regard différent du nôtre
; sa société ne ressemblait guère
à la nôtre ; l'homme lui-même
nous apparaît étrange, étranger.
Et cependant, sa culture a posé les fondements
de la nôtre en Europe. Son souci d'humanité
a orienté durablement notre conception
moderne des valeurs humaines. A nous d'en nourrir
notre réflexion sur notre identité,
car, comme le notait Paul Valéry, "l'histoire,
je le crains, ne nous permet pas de prévoir
; mais, associée à l'indépendance
de l'esprit, elle peut nous aider à mieux
voir". |
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- La chasse dans
l'antiquité romaine de Monique
JALLET-HUANT - Montbel, 2008
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En
s'appuyant sur les auteurs classiques et les
découvertes archéologiques, cet
ouvrage détaille les techniques antiques
de chasse, les armes et les chiens utilisés
par les Romains. Il évoque aussi largement
la place de cette activité dans la mythologie,
avec les figures si célèbres de
Diane ou d'Actéon. L'auteur témoigne
de la passion des Étrusques, des paysans
d'Italie et des aristocrates romains pour la
chasse, aussi bien dans les campagnes de la
péninsule que de l'autre côté
de la Méditerranée et en Orient.
Le texte décrit aussi longuement les
spectacles cynégétiques grandioses
(les venationes) offerts, au Colisée
notamment, par les empereurs au peuple de Rome,
avec du gibier, des fauves et des éléphants
capturés spécialement en Afrique.
Le dernier chapitre traite de la cuisine du
gibier et des banquets romains. |
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- Léon le
Grand de Philippe HENNE - Cerf; 2008
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Seul
face à Attila, Léon se dresse,
armé d'une simple croix. Cette vision
simpliste du grand pape met pourtant en lumière
plusieurs de ses qualités. Il est seul.
L'Empire romain d'Occident est non seulement
balayé par des hordes barbares, mais
celles-ci peu à peu s'installent et créent
leur propre royaume. L'empereur est faible,
il ne reste que la force morale des évêques
pour veiller sur le peuple terrorisé.
Léon défend Rome, non pas simplement
la capitale d'un empire disloqué, mais
la tête de l'Église. C'est Pierre,
le prince des apôtres, qui parle dans
cette ville par ses évêques, ses
indignes successeurs. Cette parole porte sur
la foi comme sur la discipline. Malheur à
cet évêque d'Arles qui, par son
zèle intempestif, risque de détacher
le sud de la Gaule de l'union avec l'Église
universelle. Face à l'Orient déchiré
par de subtiles querelles dogmatiques, Léon
rappelle la foi en la divinité et l'humanité
du Christ dans un document reconnu par tous,
le Tome à Flavien. Seul face à
l'adversité, Léon veille sur le
peuple, rétablit la vérité
de la foi, affermit l'autorité pontificale.
Ce fut un grand pape. Ce fut un grand saint. |
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- Rome de Yann
LE BOHEC et Jean-Joël BRÉGEON
- Cultures Guides PUF Clio, 2008
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"La
nostalgie de Rome a dominé pendant quinze
siècles l'Histoire de l'Europe, à
travers le rêve impérial de Charlemagne,
des souverains germaniques et de Charles Quint,
dans le temps où la lecture de Plutarque
et Sénèque fournissaient des modèles
héroïques et les règles d'un
art de vivre fondé sur le courage et
le souci de la dignité. Les poètes
de la Renaissance, les artistes et les honnêtes
gens du Grand Siècle, et aussi les tenants
de la République jacobine, cherchèrent
dans la civilisation romaine les sources de
leur inspiration et les exemples qui devaient
les aider à relever les défis
de leurs époques respectives. Faite d'énergie,
de fidélité et de sens de l'honneur,
le tradition romaine a profondément influencé
les mentalités et les représentations
collectives de la vieille Europe. C'est donc
le choix d'un pèlerinage aux sources
que fait le voyageur qui part pour Rome. Vingt-cinq
siècles d'histoire défilent en
effet sur le site où fleurit la Cité
des sept collines. Des vestiges de l'ancien
Latium aux forums impérieux ou à
l'amphithéâtre flavien, des catacombes
chrétiennes aux églises baroques
en passant par la prodigieuse coupole de la
basilique Saint Pierre, c'est à Rome
que les Européens peuvent retrouver une
bonne part des éléments fondateurs
de leur identité." - Yann Le Bohec |
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- La Guerre des Gaules
-58 -51 avant J-C de Christophe ROLLET,
Thierry SCHNEYDER et Julien GRYCAN - L'Histoire
pour la Jeunesse - Bernard Giovanangeli Éditeur,
2008
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César
et Vercingétorix, Gergovie ou Alésia,
voici racontés les acteurs et les grands
épisodes de la guerre des Gaules (-58
à -51 av. J.-C.), qui a changé
le cours de l'Histoire. Le texte résume
le témoignage de César. De nombreuses
illustrations commentées l'accompagnent.
L'ensemble forme un livre pédagogique,
qui restitue cette grande épopée. |
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- Rome sous le regard
des historiens latins. Anthologie d'Annette
FLOBERT - Flammarion Collection GF, 2008
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- Rome et les Barbares
- La naissance dun nouveau monde
- Le volume est une coédition Palazzo
Grassi / École française de
Rome / Skira Editore, 2008
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-
Les Barbares et Rome
- Identités romaines et barbares. Regards,
échanges et confrontations (Ier-IIIe
siècles)
- Lébranlement de lEmpire
et son établissement. Vers lEmpire
chrétien (251-376)
- Lentrée des Barbares et leffondrement
des frontières en Occident (376-476)
- La formation des royaumes barbares et le souvenir
de lEmpire (Ve-VIIIe siècles)
- Religion, société et cultures
dans les royaumes barbares (Ve-VIIIe siècles)
- LEurope carolingienne et les nouveaux
peuples (VIIIe-Xe siècles)
- Notes aux textes et bibliographie
- Glossaire
- Chronologie
- Liste des uvres exposées
Voir : www.lesoir.be/culture |
Je termine par trois
romans historiques, le dernier bien connu,
en bandes dessinées :
- Les derniers jours
de Pompéi de Monique AMIEL et Alain
d'ORANGE, BD d'après le roman d'Edward
George BULWER LYTTON - Éditions
du Triomphe, 2008
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Une
belle histoire d'amour au Ier siècle
après J.-C. A Pompéi, villégiature
romaine au sud de Naples, la jeunesse dorée
coule des jours tranquilles. Pourtant, il y
a ces premiers chrétiens qui perturbent
les autorités et ce Vésuve qui
gronde… le célèbre roman
d'Edward George Bulwer Lytton adapté
en BD par Monique Amiel et finement dessiné
par Alain d'Orange.
Voir : www.laprocure.com |
GRICCA.
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| 25 Mai 2008 |
| François-Dominique
Fournier (site www.mediterranee-antique.info)
a écrit : |
Théodore
Mommsen, dans l’appendice intitulé :
De P. Sulpicii Quirini titulo Tiburtino,
p. 111-119, de ses Res gestæ divi Augusti
ex monumentis Ancyrano et Apolloniensi, montre
que Sulpicius Quirinus (ou Quirinius,
ou Cyrinus, suivant les sources) fut deux
fois gouverneur (légat) de Syrie ;
la seconde légation est attestée par
Flavius Josèphe entre 6 et 10 de notre ère,
et pendant le début de laquelle il fut chargé
du recensement des biens d'Archélaüs qui
venait d'être déposé, déposition
qui amena le rattachement de la Judée (Palestine)
à la province de Syrie. La première
légation (ou le premier gouvernat) de Quirinus
est donnée par Mommsen comme allant de 4 à
1 avant notre ère, en remplacement de Varus,
illustre pour sa défaite quelque treize ans
plus tard en Germanie (cf. Dion, Florus, Velleius
Paterculus et Tacite) et pour sa légation médiocre
de la Syrie (Velleius Paterculus), et avant celui
de Caius César.
À l'issue de cette longue
introduction, je me pose les questions suivantes :
- Sulpicius Quirinus a été
précepteur de Caius César, mais à
quelle époque ?
- A-t-il pu avoir un recensement
en Judée (Palestine) pendant la première
légation de Quirinus, pour ma part j'en doute,
mais si oui pourquoi sachant que la Judée
n'était pas une province romaine, mais une
royauté indépendante, bien que morcelée
après la mort d'Hérode le Grand.
- Au cas où ce recensement
aurait eu lieu, pourquoi le père putatif
et la mère de Jésus se seraient-ils
déplacés de Nazareth en Galilée
à Bethléem en Judée ? Pour
mémoire il existe un village nommé
Bethléem en Galilée (Josué,
19, 14-15) qui se situe à quelques encablures
de Septuors (sud-est) et de Nazareth (nord-est).
Et j’ai bien d’autres
questions qui me turlupinent, mais je ne veux pas
vous importuner outre mesure. |
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| RÉPONSE
: |
À l'occasion d'une
correspondance échangée avec un sympathique
internaute, j'ai déjà eu l'occasion
d'évoquer Quirinus, sa carrière et son
très hypothétique premier mandat en
Syrie, d'une dizaine d'années antérieur
à celui dûment attesté historiquement
: Clic
!. (Voyez aussi : Clic
!).
Vous avez raison de relever qu'un recensement romain
dans un royaume "indépendant" n'aurait
pas eu beaucoup de sens. Comme vous, je suis également
assez sceptique sur le modus operandi du
"recensement de Quirinus" tel que décrit
par l'Évangile selon Luc. Sans même
prendre en compte les problèmes de sécurité
dans ce pays infesté de brigands et périodiquement
ravagé par de sauvages révoltes, obliger
les contribuables à venir se faire inscrire
dans le lieu d'origine de leur famille me semble singulièrement
contre-productif du point de vue administratif et
fiscal. Imaginez : un paysan galiléen qui,
comme le brave saint Joseph, se trouvait être
"de la lignée de David" aurait été
tenu de se faire enregistrer à Bethléem
de Judée (lieu de naissance du Roi David),
alors que les terres dont il tirait profit se situaient
à plus de cent kilomètres de là.
Voilà qui ne facilitait pas la tâche
du percepteur !
En outre, le bon Joseph n'avait strictement aucune
raison de se soumettre au recensement de Quirinus
: habitant de Galilée, il n'était pas
sujet de Rome mais d'Hérode Antipas, tétrarque
de Galilée et de Pérée. Pourquoi
diantre les fonctionnaires romains auraient-ils dépensé
leur temps et leur énergie à recenser
des individus qui ne dépendaient pas directement
du pouvoir de Rome ?
Je partage donc assez l'avis de nombreux spécialistes
qui estiment que le recensement de Quirinus n'apparaît
dans les Evangiles qu'à des fins utilitaires,
mais sans vraie logique historique. Pour se conformer
aux prophéties, il fallait que le Messie naquît
à Bethléem de Judée, berceau
de la lignée du roi David. Or, tout le monde
savait que Jésus
était un Galiléen pur jus. On tira donc
parti d'un (bien réel) recensement réalisé
du temps de Quirinus pour justifier a posteriori
la présence, autrement inexplicable, de la
"Sainte Famille" en Judée, et plus
précisément à Bethléem,
au moment (présumé) de la venue au monde
de Jésus. Nous sommes là en pleine reconstruction
historique…
| A nos yeux, selon
notre esprit rationnel, cette fraude semble inconcevable
tant elle nous paraît grossière.
Imaginez : utiliser un événement
dûment attesté historiquement (le
recensement de Quirinus, réalisé
en 6 de notre ère) pour justifier les circonstances
d'une naissance antérieure d'une bonne
dizaine d'années au moins (Jésus
serait né, au
plus tôt, en 4 avant Lui-Même).
Fallait oser ! Mais nous, nous raisonnons trop
logiquement, trop rationnellement… En réalité,
le fait que ce recensement fut réalisé
plusieurs années après la vraie
naissance du Christ ne troubla probablement ni
la conscience du rédacteur de l'Évangile
selon Luc, ni la Foi des premiers chrétiens.
Car de la date de naissance de Jésus, tout
ce petit monde s'en souciait comme de colin-tampon.
Tant pis si un Évangile le faisait naître
"au temps d'Hérode le Grand"
et un autre plus de dix ans plus tard ! Qui se
souciait de l'âge du Rédempteur puisqu'il
était enfin venu accomplir sa mission divine
? Ce qui, en revanche, leur importait, c'était
de vérifier, point par point, la merveilleuse
concordance entre les prophéties des Saintes
Écritures juives et la vie de leur Christ.
Voir avec quelle précision toutes les circonstances
de sa naissance, de sa vie, de sa mort avaient
été prédites par les Prophètes
d'Israël, ça c'était révélateur,
impressionnant, signifiant ! |
 |
Bref, eux s'intéressaient à ce qui
nous paraît anecdotique, et nous, nous faisons
précisément le contraire. |
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| François-Dominique
réécrit : |
Dans
votre réponse, vous me dites : En outre,
le bon Joseph n'aurait eu strictement aucune raison
de se soumettre au recensement de Quirinus : habitant
de Galilée, il n'était pas sujet de
Rome mais d'Hérode Antipas, tétrarque
de Galilée et de Pérée. Pourquoi
diantre les fonctionnaires romains auraient-ils dépensé
leur temps et leur énergie à recenser
des individus qui ne dépendaient pas directement
du pouvoir de Rome ?
Mais autre part vous dites aussi que vous pensez que
la naissance de Jésus se situe vers l’an
9 avant notre ère. Il y a visiblement contradiction
entre vos deux écrits, l’un situant la
naissance de Jésus, votre réponse à
mon mail, vers l’an 6 de notre ère, et
l’autre, 15 ans auparavant.
N’étant pas un
historien de formation, je vous posais la question
de savoir : si Sulpicius Quirinus a été
précepteur de Caius César, mais à
quelle époque ? Mais je n’ai
pas eu de réponse. Comme ce pauvre Caius avec
une vie très courte et sa légation en
Syrie, la question que je me pose est de savoir si
cette…. comment dire, tutelle, professorat,
ou autre, - le latin m'étant étranger,
comme le grec, - a été exercée
pendant une éventuelle légation de Quirinus
en Syrie, alors qu’il semble que le jeune Caius
était assis auprès d’Octave, à
Rome ?
Au début de votre réponse,
vous me renvoyez sur site. D’accord… Mais
vous ne faites aucune référence aux
assertions de Théodore Mommsen, pourquoi ? |
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| RÉPONSE
: |
Je me serais donc mal
exprimé… Ce que je voulais dire, c'est
que l'évangéliste selon Luc
a utilisé le fameux recensement de Quirinus
pour justifier la naissance du Galiléen Jésus
à Bethléem de Judée. Et cela
malgré l'invraisemblance du modus operandi
décrit et bien que ce recensement ait été
réalisé plusieurs années après
la naissance du Christ (que nous savons par ailleurs
né sous le règne d'Hérode le
Grand, en 4, 6 ou 9 avant notre ère). C'est
pour cela que, dans ma réponse, je précisais
qu'aux yeux des rédacteurs des Évangiles,
la date de naissance de Jésus avait moins d'importance
que la réalisation des prophéties de
l'Ancien Testament.
Pour Quirinus, l'encyclopédie
Wikipédia
signale qu'il fut donné comme conseiller
(rector) à Caius César en 1
ap. J.-C., à l'époque où
celui-ci était chargé de représenter
Auguste dans la partie orientale de son empire. J'en
accepte volontiers l'augure… D'autant plus que
cette mission en Orient préparait notre Quirinus
à sa future légation en Syrie qu'il
inaugura en 6 ap. J.-C. soit deux ans après
le mort du jeune Caius César (4 ap. J.-C.).
Quant à Mommsen, je n'ai pas lu ses œuvres,
mais si j'ai bien compris votre message précédent,
il était tenant (voire le fondateur) de la
thèse d'un premier mandat de Quirinus en Syrie,
exercé environ douze années avant celui
qui est historiquement avéré, légation
durant laquelle il aurait également réalisé
un recensement. Or, dans la
correspondance à laquelle je vous renvoyais
, j'évoque bien cette thèse -mais, il
est vrai, sans citer nommément Mommsen :
« D'autres exégètes, sans doute
plus respectueux des textes évangéliques,
déployèrent de louables efforts afin
de concilier les informations des deux grands Évangiles
synoptiques. Avec un certain culot, mais sans preuves
bien solides, ils soutinrent qu'en fait, Quirinius
aurait exercé deux mandats en Syrie : l'un,
bien connu, entre 6 et 9 ap. j.-C., mais aussi un
autre, antérieur d'environ douze années.(…)
Dois-je vous préciser que ni Tacite ni l'historien
juif Flavius Josèphe ne font état
ni de ce premier séjour de Quirinius en Syrie,
ni de ce premier recensement. (…)
Le premier mandat de Quirinius en Syrie me paraît
donc extrêmement douteux… Et Luc s'est
sans doute tout bonnement "emmêlé
les pinceaux" lorsqu'il a situé la naissance
de Jésus à l'époque du recensement
de 6 ap, J.-C. (lequel est attesté historiquement
: il était nécessaire à bonne
perception de l'impôt dans la province romaine
de Judée, nouvellement créée
après la destitution d'Archelaüs, fils
d'Hérode le Grand). Signalons toutefois à
la décharge de l'Évangéliste
qu'il avait impérativement besoin d'un prétexte
pour arracher le bon saint Joseph de son atelier
de menuiserie, le déloger de son trou perdu
au fin fond de la Galilée, afin de faire
naître son fils Jésus à Bethléem,
la ville de David. » (Pour le texte complet,
voyez ici : Clic
!)
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