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Sommaire Avril - Mai 2008 :
- 18 Avril :
- 21 Avril :
- Alaric II et la radiesthésiste… :
Clic !
- 23 Avril :
- Jésus : un mythe… comme Socrate
et Mahomet ! : Clic !
- 1er Mai :
- 3 Mai :
- Jean le Baptiseur… et Jésus-Baptiste
? : Clic !
- Toutes les églises regardent-elles le soleil
levant ? : Clic !
- 8 Mai :
- 8 Mai :
- De belles monnaies de Carausius trouvées en
Angleterre : Clic !
- 8 Mai :
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| 2e
PAGE |
- 10 Mai :
- Respectons la parole de Tibère ! : Clic
!
- 17 Mai :
- Tacite et l'empereur-histrion : Clic
!
- 18 Mai :
- GRICCA - Sélection de livres sur l'Empire
romain : Clic
!
- La fin du paganisme - Gaston BOISSIER
: Clic
!
- La Romanisation de la Germanie - Werner
ECK : Clic
!
- Les Romains, culture et mythes - Lesley
et Roy ADKINS : Clic
!
- Jésus et ses héritiers, mensonges
et vérités - Michel BENOÎT
: Clic
!
- Galla Placidia - Henri GOURDIN : Clic
!
- La France gallo-romaine - Martial MONTEIL
et Laurence TRANOY : Clic
!
- Voter pour définir Dieu - Trois siècles
de conciles - Ramsay MACMULLEN : Clic
!
- Julien dit lApostat - Lucien JERPHAGNON
: Clic
!
- Lindividu dans la famille à Rome
au IVe S. - Dominique LHUILLIER-MARINETTI :
Clic
!
- Rome, la gloire et la liberté
- Jean-Noël ROBERT : Clic
!
- La chasse dans l'Antiquité romaine
- Monique JALLET-HUANT : Clic
!
- Léon le Grand - Philippe HENNE
: Clic
!
- Rome - Yann LE BOHEC et Jean-Joël
BRÉGEON : Clic
!
- La Guerre des Gaules - Christophe ROLLET,
Thierry SCHNEYDER et Julien GRYCAN : Clic
!
- Rome sous le regard des historiens latins
(Anthologie) - Annette FLOBERT : Clic
!
- Rome et les Barbares - La naissance dun
nouveau monde : Clic
!
- La Fin des Païens - Rome, An 385
- Gabriel REILLY : Clic
!
- Caligula d'Allan MASSIE : Clic
!
- Les derniers jours de Pompéi -
Monique AMIEL et Alain d'ORANGE (BD d'après
Bulwer Lytton) : Clic
!
- 25 Mai :
- La suite des aventures de Quirinus au Pays de l'Or
noir… : Clic
!
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DANS LE SITE
"EMPEREURS ROMAINS"
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| 18 Avril 2008 |
| J.
Audibert a écrit : |
Dernièrement,
j'ai mis en ligne deux livres qui,
à mon avis, sont très intéressants
pour la connaissance du monde romain :
- Gaston BOISSIER,
L'opposition sous les Césars,
qui traite, malgré ce que son titre
laisse supposer, de littérature et un peu
d'histoire : Clic
!
- Albert GRENIER,
Le Génie romain : Clic
!

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| 21 Avril 2008 |
| Claude
a écrit : |
Depuis
environ 8 ans je m'intéresse à Alaric
II.
Nous savons tous qu'il a été tué
à Vouillé près de Poitiers. Personne
ne sait au jour d'aujourd’hui ou il a pu être
enterré.
Est-ce que l’on peut penser qu'Alaric pouvait
voyager avec sa horde de domestiques, sa famille,
sa richesse ?
Tout le monde pense
qu'il aurait laissé tout son bien dans le sud
de la France.
Imaginez que les troupes
d'Alaric, et toute sa horde aient été
pris à revers, par les ennemis ne pouvant pas
fuir vers le sud. Ils se seraient déplacés
vers l'est. Sachant que d'autres Wisigoths se trouvaient
dans le Berry, et qu'historiquement, les Wisigoths
sont partis de la région à la mort d'Alaric
II, le corps d'Alaric, ne pouvait pas être promené
longtemps, vu la décomposition, il aurait pu
être enterré dans le Berry et quelques
richesses avec lui.
Je suis radiesthésiste
amateur, et j'ai quelques fois des flashs - Un jour
que j'emmenai mes enfants à l'école
j'ai eu la vision de 3 monuments en pierre dans un
terrain proche de chez moi.
J'ai fait des recherches, car jusqu’ici, les
quelques flashs que j'ai eus dans ma vie correspondaient
à des évènements ou choses vérifiables.
Je n'ai pas trop peiné,
je dois dire, car j'étais comme guidée.
Je ne connaissais rien des Wisigoths, et la nuit qui
a suivi ma vision, j'ai rêvé que j'étais
en Espagne, et qu'une dame me disait que ces "nécropoles"
étaient encore présentes en Espagne,
et qu'elles étaient de l'époque des
Wisigoths, et je crois qu'elle m'a parlé de
Carolingiens ou Mérovingiens, mais ces deux
noms là je n'ai qu'un vague souvenir.
J’ai donc fait des recherches
sur mon village qui se sont avérées
fructueuses, et cinq ans après j'ai trouvé
une revue sur les Wisigoths, et, chose impensable,
j'ai retrouvé un article qui était à
l'identique de ce que j'avais rêvé, et,
j’ai trouvé une revue sur les îles
Majorque où j'ai reconnu les nécropoles.
J'ai fait venir d'autres radiesthésistes
et ont confirmé qu'il y avait quelques choses
de très vibratoires à cet endroit. Les
propriétaires du terrain, nous ont dit qu'ils
avaient construit les maisons actuelles avec les pierres
de ce terrain, et qu'une de leur grande tante, dans
les années 1900, parlait d'un trésor
dans ce terrain. Il faut dire que les propriétaires
de ce terrain sont très âgés et
n'ont pas paru étonnés quand je leur
ai raconté ce que j'avais vu car j’avais
peur de me faire passer pour une illuminée.
Je n'ai pas pu à l'heure
actuelle continuer mes recherches, car j'ai eu durant
quelques années, des impératifs qui
m'ont stoppé dans mes recherches. En ce moment
je vais faire d'autres cours avec des radiesthésistes
confirmés, de façon à reprendre
mes recherches.
Je peux vous assurer de ma
bonne foi, et que je possède toutes mes facultés,
car il est vrai que ce n'est pas facile de raconter
tout cela a une personne qui ne me connaît pas.
Je voulais vous apporter ce
petit encart très personnel, qui peut-être
pourrait déboucher, Dieu seul le sait, sur
une piste. |
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| RÉPONSE
: |
Je vous remercie d'avoir
pris la peine de me relater de votre expérience…
il est vrai aux limites du paranormal ! Mais tout
n'est pas n'est pas nécessairement explicable
logiquement ni rationnellement, surtout dès
qu'il s'agit d'impression, d'intuition, de ressenti,
bref de l'utilisation d'un "sixième sens"
probablement plus exacerbé ou mieux contrôlé
par certaines personnes que par le commun des mortels.
Cela précisé, je crains cependant bien
d'être peu compétent pour vous indiquer
des pistes utiles à vos recherches. En effet,
Alaric II "sort" du cadre de mon site internet
: l'histoire de ce roi wisigoth relève davantage
du Haut Moyen Age que l'Antiquité tardive. |
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| 23 Avril 2008 |
| J.
Audibert (Site Roma-quadrata)
réécrit : |
| (…)
J'aimerais, à l'occasion
de ce mail, vous poser une question qui me poursuit
depuis longtemps : sur quels textes vous fondez-vous
pour affirmer la réalité historique
du Christ ? Comment, à cette époque,
peut-on se rendre compte de l'activité d'une
province ? Si ce n'est par des rapports, parfois serviles,
des gouverneurs (voir Pline le Jeune), mais a-t-on la
trace d'une lettre de Ponce Pilate sur cet incident
? Je ne le pense pas (voir le livre de Jean-Pierre Lémonon,
Ponce Pilate). Car ce n'était qu'un
incident pour lui. C'est un acte, même une condamnation
à mort, qui est de peu d'importance au niveau
de l'Empire qui s'est passé bien loin, même
dans une province belliqueuse. La polémique au
sujet de l'historicité du Christ reste ouverte.
Mais à la lecture des livres d'histoire, rien
ne permet une affirmation. Tout ce que l'on peut lire
part d'un présupposé. |
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| RÉPONSE
: |
L'historicité
de Jésus ? Je me suis déjà
exprimé à plusieurs reprises à
ce sujet dans les pages de mon site. (Voyez - entre
autres courriers : Clic
! - Clic
! - Clic
!).
Malgré mon agnosticisme viscéral, c'est
d'assez bon cœur que, moi, exégète
amateur (voire d'opérette) me rallie à
l'avis des spécialistes dont l'immense majorité,
quelle que soit la "chapelle" à laquelle
ils appartiennent, ne remet pas en cause la réalité
historique du personnage de Jésus. Bien sûr,
je ne dispose pas de preuves nouvelles, et
je n'ai pas non plus accès à des sources,
inédites, restées jusqu'ici inaccessibles
au commun des mortels, qui viendraient étayer
cette conviction. Celle-ci me paraît seulement
représenter l'hypothèse la plus rationnellement
économe : il est plus simple d'admettre l'historicité
de Jésus pour expliquer l'émergence,
au milieu du Ier siècle, d'un "mouvement
chrétien" (quelle que fut sa doctrine
originelle) que d'imaginer l'élaboration de
dieu sait quel mythe solaire. En outre - et c'est
peut-être l'argument le plus convaincant - aucun
des adversaires antiques du christianisme (Celse,
Porphyre, Julien) n'a jamais nié l'historicité
de Jésus. Il leur aurait été
facile de narguer leurs adversaires : "Au fond,
ce Christ que vous adorez, rien ne prouve qu'il a
bien existé !" Mais non, tous actent sa
réalité, et se contentent d'ironiser
sur l'infamie du supplice qui lui a été
infligé, sur son auditoire, composé
de gens simples et influençables, etc…
Il est vrai que les sources antiques relatives à
Jésus sont soit partiales, soit lacunaires,
soit corrompues. Mais il en va de même avec
bien d'autres personnages antiques. Socrate, par exemple.
Il n'a pas laissé d'écrits et sa vie
ne nous est guère connue que par le truchement
des écrits, purement hagiographiques, de son
disciple Platon. Alors, Socrate ne serait-il qu'un
mythe ? Non, bien sûr. Personne ne soutient
cela !
Et que dire de Mahomet ? Pour vous paraphraser, comment,
à son époque et dans la région
isolée où il vécut, peut-on se
rendre compte de son activité ? Pour ce faire,
nous ne disposons que des rapports, quelquefois
serviles, et souvent de troisième ou quatrième
main, de ses compagnons. Quant au Coran, il ne fut
définitivement compilé que deux (ou
trois) générations après celle
du prophète, soit, approximativement, le même
laps de temps qu'entre la mort de Jésus et
la première rédaction d'un évangile.
Et pourtant, que je sache, il ne viendrait à
personne l'idée de contester l'historicité
du Prophète de l'Islam. |
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| 1er Mai 2008 |
| Bidzina
a écrit : |
| J'aimerais
savoir si le nom Anastasia était connu
avant le christianisme. Connaissez vous un
exemple dans la Rome antique dont dans la famille impériale
que le nom soit connu. |
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| RÉPONSE
: |
Je l'ai signalé
récemment dans ce site : une fille de Constance
Chlore, père de Constantin,
aurait porté ce nom (voir le texte de Paul
PETIT : Clic
!). Mais comme cette informaion sert précisément
à mettre en évidence la présence
de chrétiens dans l'entourage de ce César,
je n'ai pas l'impression que le nom Anastasia
(en français Anastasie) était
usité avant le christianisme. Il faut dire
qu'il dérive du mot grec signifiant "Résurrection",
concept aussi flou que difficilement acceptable, philosophiquement
parlant, pour les païens de l'Antiquité.
N'oublions pas que saint Paul lui-même qualifiait
la croyance en la Résurrection du Christ de
"folie pour les uns et scandale pour les
autres" ! À mon avis, il s'agit donc
d'un vocable typiquement chrétien qui n'apparut
qu'avec l'émergence du christianisme.
Si i vous parcourez la vie de sainte Anastasie, vous
constaterez d'ailleurs que son père - un affreux
idolâtre, cela va de soi - s'appelait Prætextatus.
En bonne logique romaine, on peut supposer qu'à
sa naissance, sa fille avait reçu comme nom
la forme féminine de ce patronyme, soit Praetextata.
"Anastasie" serait donc son nom chrétien,
qu'elle se serait choisi lors de son baptême,
après avoir été convertie par
sa mère Fausta et l'évêque saint
Chrysogène. (Voir Jacques de Voragine, La
Légende dorée, Vie
d'Anastasie).
Par parenthèse, et histoire de nous divertir
un brin, je ne puis résister au plaisir de
relater l'étrange aventure du préfet
de Rome et des servantes d'Anastasie, telle que le
relate cet épisode de la Légende
dorée :
Or donc, la pieuse
Anastasie avait pour servantes trois sœurs,
très jolies, très vertueuses et
très chrétiennes, qui répondaient
aux doux noms d'Agapé, Chiona et Irène.
Il advint que s'éprit d'elles le préfet
de Rome, un horrible païen, bien vicelard
et sadique de surcroît. Sous couleur de
leur faire abjurer la Sainte Foi, il les fit enfermer
dans un réduit où l'on entreposait
aussi des ustensiles de cuisine. Ne pouvant résister
davantage à son désir lubrique,
il les alla visiter, en tête-à-tête,
et se mit en devoir de les besogner. Mais la Providence
céleste protégeait la vertu de ses
élues : au lieu d'étreindre les
pures donzelles, le concupiscent préfet,
pris de folie, se mit à caresser les poêles,
à léchouiller les plats, à
embrasser les chaudrons, bref, à violer
les ustensiles de cuisine, qui n'en pouvaient
mais.
Son désir assouvi - du moins le croyait-il
-, il s'en alla, repu et fier comme un coq en
sa basse-cour. Hélas, il s'était
si bien activé et la batterie de cuisine
était si sale qu'il était totalement
méconnaissable : ses vêtements couverts
de suie, et lui-même plus noir que tous
les démons de l'Enfer. C'est d'ailleurs
ce que crurent ses serviteurs qui l'attendaient
au-dehors : croyant avoir affaire à une
créature démoniaque, ils le rouèrent
de coups. Le préfet, lui, ne comprenait
rien à ce qu'il lui arrivait : comme aveugle
à son désordre vestimentaire, il
se croyait tout propret et élégamment
vêtu comme devant et pourtant, lui qui était
habitué à être traité
avec égard, respect et considération,
ne recevait de tous que lazzis et quolibets !
Que diantre se passait-il ? Outré, Il s'en
alla se plaindre à l'empereur du manque
de respect généralisé de
la populace à son égard, mais là
aussi, on le chassa comme le malpropre qu'il était,
le fouettant, lui crachant à la face, lui
donnant des coups de poings et de pieds, lui jetant
de la boue, de la poussière et des excréments…
"Pourquoi, se disait-il à nouveau,
se moque-t-on ainsi de moi ? Pourquoi suis-je
subitement la risée de tous ?". Ce
n'est que rentré chez lui, qu'on lui fit
se rendre compte de l'état lamentable où
il se trouvait. Ne pouvant trouver d'explication
plus logique à ce désordre (comment
en effet aurait-il pu imaginer qu'il avait fricoté
avec des casseroles ?), il songea que les trois
servantes d'Anastasie lui avaient jeté
un sort. Pour se venger, il les fit mettre nues
devant lui, pour se repaître de leur nudité…
Las, leurs vêtements adhéraient si
fortement à leur splendide charnure , si
rosée et si délicate, qu'il fut
impossible de les leur ôter. Et, comme conclut
laconiquement la Légende dorée
: "Alors, le préfet, saisi de
stupéfaction, s'endormit si profondément
et ronfla si fort qu'aucun coup ne put le réveiller
; quant aux vierges, elles reçurent enfin
la couronne du martyre".
Allez, tout est bien qui finit bien… |
| 
Sainte
Anastasie |
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Sainte Anastasie aurait été martyrisée
(brûlée vive) vers 304 lors de la persécution
de Dioclétien. On prétend aussi, (mais
c'est très douteux) que son corps aurait été
transféré à Rome et déposé
dans une église qui fut placée sous
son vocable : l'église Sainte-Anastasie. En
réalité, il semble plutôt que
les reliques de la sainte furent d'abord vénérées
à Sirmium, en Illyrie, avant d'être transférées
à Constantinople au milieu du Ve siècle,
sur ordre du patriarche Gennade.
Si vous voulez mon avis, l'église de Rome,
au pied du Palatin, fut d'abord celle de la Résurrection,
d'après le nom grec du dogme. Mais, plus tard,
de moins en moins de Romains pratiquant la langue
grecque, cette appellation parut étrange. On
connaissait le prénom, mais on avait oublié
la signification originelle du mot "Anastasia".
C'est ainsi que, pour tous, le titulus Anastasiae
(l'église de la Résurrection) devint
le titulus sanctae Anastasiae (l'église
de sainte Anastasie), et, pour justifier a posteriori
ce nouveau vocable, on forgea la légende du
transfert des reliques de la sainte éponyme
à Rome, alors qu'en fait, elles étaient
toujours vénérées à Constantinople.
Pour être complet, signalons encore que l'hagiographique
chrétienne connaît une autre sainte Anastasie,
plus précoce que celle que je viens d'évoquer
puisqu'elle aurait été martyrisée
sous Néron (54-58) ou sous Valérien
(253-260). Admirons la précision ! Son existence
est encore plus discutable que celle de l'autre. C'est
dire !…
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| 3 Mai 2008 |
| Philippe
a écrit : |
1.
Je suis en pleine lecture du Dictionnaire
philosophique de ce bon vieux VOLTAIRE, et
un premier point m’interpelle : il rappelle
que Jésus a été baptisé,
mais n’a jamais baptisé personne. (En
aparté, quel courage de la part de Voltaire
d’avoir écrit de tels textes dans les
années 1765, où le bûcher était
encore bien chaud pour les "hérétiques"
!)
Bien sûr, l’eau est à peu près
partout un symbole de purification, on le retrouve
même dans l’Islam où l’on
doit se laver les pieds et les mains avant d’entrer
dans la mosquée. Même chose dans les
temples hindous. Rien donc de surprenant que les
chrétiens aient pris cette tradition, mais
il est tout de même surprenant de voir le
silence qui en est fait dans les Evangiles.
Selon vous, à qui les chrétiens
ont-ils emprunté la cérémonie
du baptême et à partir de quand ?
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| RÉPONSE
: |
L'eau baptismale
lavant les souillures de l'âme, "une
étrange idée venant de la lessive",
écrivait l'ironique VOLTAIRE dans son
Dictionnaire philosophique. Certes
! mais encore ? Il semble bien que ce soit Jean
le Précurseur, dit précisément
le Baptiste ou le Baptiseur
qui, le premier, proposa ce rite de purification.
Bien sûr, les Esséniens - vous
savez, cette secte qui serait à l'origine
des fameux "Manuscrits de la Mer Morte"
- pratiquaient intensivement des ablutions rituelles.
Mais, cette purification était inlassablement
répétée (avant chaque cérémonie
importante, avant chaque prière, que
sais-je…), tandis que le baptême
johannique se distinguait par son unicité
: le croyant était, une fois pour toutes,
absout de ses fautes, lavé de ses péchés
et prêt à affronter, avec les meilleures
chances de salut, la Fin des Temps et la Colère
de Dieu dont le Baptiste prêchait l'imminence.
Par ce rituel, Jean
le Baptiste prenait évidemment le
contre-pied du judaïsme officiel. Il individualisait
la rédemption alors que jusqu'alors,
celle-ci revêtait un caractère
collectif. Il revenait en effet au Grand Prêtre
de purifier l'ensemble du peuple juif en chassant
vers le désert un bouc chargé
de tous ses péchés (le fameux
bouc émissaire). En quelque
sorte, Jean le Baptiste déniait donc
toute efficacité aux cérémonies
officielles du Kippour (du Grand Pardon).
Il les remplaçait par une pratique individualisée
et personnelle. Le salut n'était plus
du ressort de la collectivité, mais dépendait
d'une démarche personnelle.
On sait - les Évangiles le sous-entendent,
non sans réticence d'ailleurs - que Jésus
fut un temps le disciple de Jean le Baptiste,
mais c'est seulement son Église qui reprit
à son compte la pratique baptismale,
alors que Jésus lui-même, comme
l'indique Voltaire, n'aurait jamais baptisé
personne.
Quoique !… L'Évangile selon
Jean indique pourtant (4 : 1) qu'il
(c'est-à-dire Jésus) faisait
plus de disciples que Jean [le Baptiste]
et en baptisait plus que lui. Bien
sûr, suit immédiatement une nuance,
un correctif, bref une interpolation d'un copiste
bien intentionné jugeant utile de préciser,
assez naïvement, qu'à proprement
parler, ce n'était pas Jésus qui
baptisait, mais ses disciples. Évidemment,
une absurdité gosse comme le Temple de
Jérusalem ! Pourquoi insister sur l'activité
baptismale de Jésus, dans le but patent
de le montrer plus important que Jean le Précurseur,
s'il ne baptisait pas de ses propres mains ?
Comparer la quantité de baptêmes
conférés par le Baptiste et Jésus,
ça, c'est significatif. Mais opposer
son activité et celle des disciples de
Jésus, cela n'a aucun sens. |
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Admettons donc que, à l'instar de son maître
Jean, Jésus, au début de sa "vie
publique" baptisa de nombreux fidèles,
et qu'ensuite, à mesure qu'il se distanciait
de Jean et de sa prédication, il abandonna
cette pratique.
Pourquoi ? Sans doute parce qu'il était foncièrement
hostile à toute ritualisation de la purification
(sabbat, interdits alimentaires et sociaux, etc…).
Pour lui, l'âme se purifiait surtout par le
pardon (aux autres et à soi-même), par
la compassion et par la charité ? Non par l'eau
du baptême.
Si son Église reprit ce rite après
sa mort, ce fut probablement afin de concurrencer
plus efficacement et sur leur propre terrain les communautés
héritières du message du Baptise. Afin
de bien manifester l'originalité du baptême
dit "de Jésus", les premiers officiants
"chrétiens" prirent d'ailleurs bien
soin de préciser qu'ils baptisaient "au
nom du Christ" ou "au nom du Père,
du Fils et du Saint-Esprit" (les deux formulations
furent un temps en concurrence).
Rien de tel qu'une bonne étiquette pour ne
pas tromper le client sur la marchandise, n'est-ce
pas ?… |
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2.
Ma deuxième interrogation
se porte sur la construction des églises.
Pour la plupart, elles ont toujours leur
entrée orientée vers l’est,
au soleil levant. (Je connais une exception,
l’église de Lagnieu, dans l’Ain,
qui, pour des raisons d’agrandissement tardif,
aurait dû faire raser une partie des habitations
environnantes)
Pas très « catholique » tout
ça, ont-il pris cette habitude par rapport
aux constructions des temples romains ou autres
?
Merci pour éclairer ma petite lanterne.
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| RÉPONSE
: |
| En ce qui concerne l'orientation
des églises, je n'ai malheureusement
pas pu recueillir d'informations très précises…
C'est vrai, elles sont, depuis toujours, majoritairement
orientées vers l'est (ce qui est en soi un, pléonasme,
puisque l'Oient, c'est l'Est). Toutefois, et ce déjà
dès les premiers temps du christianisme officiel,
quelques-unes furent occidentées, septentrionnées
ou méridionnées, parce que le
terrain ou les constructions antérieures ne permettaient
pas une autre orientation. Bref, une règle générale,
mais pas si impérative que cela et qui, dès
son édiction, souffrit de maintes exceptions… |
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| 8 Mai 2008 |
| Jean-Paul
Flahaut a écrit : |
Passionné
d’histoire, je parcours régulièrement
le web à la recherche de nouveaux sites historiques
relatifs aux périodes allant de la Révolution
Française à la fin du Second Empire.
Je ne néglige pas pour autant les autres
périodes de l'histoire de France, ni les
thèmes transversaux.
Dans le souci de rassembler un maximum de sites
historiques, j'ai créé un annuaire
spécifique :
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| 8 Mai 2008 |
| Hugues
a écrit : |
(…)
Je viens d'apprendre que, tout récemment,
on a trouvé, en Angleterre, des
pièces de monnaie très
rares à l'effigie de Carausius.
Voici le lien
"officiel" rapportant l'histoire
(c'est en anglais), qui permet d'accéder
aussi a de très beaux visuels
de l'"usurpateur" en question
tel qu'il apparaît sur l'avers
de chacune :
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