->emp - chrono
courrier site emp
   

Sommaire Avril - Mai 2008 :

2e PAGE
  • 10 Mai :
    • Respectons la parole de Tibère ! : Clic !
  • 17 Mai :
    • Tacite et l'empereur-histrion : Clic !
  • 18 Mai :
    • GRICCA - Sélection de livres sur l'Empire romain : Clic !
      • La fin du paganisme - Gaston BOISSIER : Clic !
      • La Romanisation de la Germanie - Werner ECK : Clic !
      • Les Romains, culture et mythes - Lesley et Roy ADKINS : Clic !
      • Jésus et ses héritiers, mensonges et vérités - Michel BENOÎT : Clic !
      • Galla Placidia - Henri GOURDIN : Clic !
      • La France gallo-romaine - Martial MONTEIL et Laurence TRANOY : Clic !
      • Voter pour définir Dieu - Trois siècles de conciles - Ramsay MACMULLEN : Clic !
      • Julien dit l’Apostat - Lucien JERPHAGNON : Clic !
      • L’individu dans la famille à Rome au IVe S. - Dominique LHUILLIER-MARINETTI : Clic !
      • Rome, la gloire et la liberté - Jean-Noël ROBERT : Clic !
      • La chasse dans l'Antiquité romaine - Monique JALLET-HUANT : Clic !
      • Léon le Grand - Philippe HENNE : Clic !
      • Rome - Yann LE BOHEC et Jean-Joël BRÉGEON : Clic !
      • La Guerre des Gaules - Christophe ROLLET, Thierry SCHNEYDER et Julien GRYCAN : Clic !
      • Rome sous le regard des historiens latins (Anthologie) - Annette FLOBERT : Clic !
      • Rome et les Barbares - La naissance d’un nouveau monde : Clic !
      • La Fin des Païens - Rome, An 385 - Gabriel REILLY : Clic !
      • Caligula d'Allan MASSIE : Clic !
      • Les derniers jours de Pompéi - Monique AMIEL et Alain d'ORANGE (BD d'après Bulwer Lytton) : Clic !
  • 25 Mai :
    • La suite des aventures de Quirinus au Pays de l'Or noir… : Clic !
 
RECHERCHE DANS LE SITE
"EMPEREURS ROMAINS"
Google Custom Search
 
 
18 Avril 2008
J. Audibert a écrit :

Dernièrement, j'ai mis en ligne deux livres qui, à mon avis, sont très intéressants pour la connaissance du monde romain :

  • Gaston BOISSIER, L'opposition sous les Césars, qui traite, malgré ce que son titre laisse supposer, de littérature et un peu d'histoire : Clic !
  • Albert GRENIER, Le Génie romain : Clic !

site roma quadrata

 
 
 
 
21 Avril 2008
Claude a écrit :

Depuis environ 8 ans je m'intéresse à Alaric II.
Nous savons tous qu'il a été tué à Vouillé près de Poitiers. Personne ne sait au jour d'aujourd’hui ou il a pu être enterré.
Est-ce que l’on peut penser qu'Alaric pouvait voyager avec sa horde de domestiques, sa famille, sa richesse ?
Tout le monde pense qu'il aurait laissé tout son bien dans le sud de la France.
Imaginez que les troupes d'Alaric, et toute sa horde aient été pris à revers, par les ennemis ne pouvant pas fuir vers le sud. Ils se seraient déplacés vers l'est. Sachant que d'autres Wisigoths se trouvaient dans le Berry, et qu'historiquement, les Wisigoths sont partis de la région à la mort d'Alaric II, le corps d'Alaric, ne pouvait pas être promené longtemps, vu la décomposition, il aurait pu être enterré dans le Berry et quelques richesses avec lui.

Je suis radiesthésiste amateur, et j'ai quelques fois des flashs - Un jour que j'emmenai mes enfants à l'école j'ai eu la vision de 3 monuments en pierre dans un terrain proche de chez moi.
J'ai fait des recherches, car jusqu’ici, les quelques flashs que j'ai eus dans ma vie correspondaient à des évènements ou choses vérifiables.

Je n'ai pas trop peiné, je dois dire, car j'étais comme guidée. Je ne connaissais rien des Wisigoths, et la nuit qui a suivi ma vision, j'ai rêvé que j'étais en Espagne, et qu'une dame me disait que ces "nécropoles" étaient encore présentes en Espagne, et qu'elles étaient de l'époque des Wisigoths, et je crois qu'elle m'a parlé de Carolingiens ou Mérovingiens, mais ces deux noms là je n'ai qu'un vague souvenir.

J’ai donc fait des recherches sur mon village qui se sont avérées fructueuses, et cinq ans après j'ai trouvé une revue sur les Wisigoths, et, chose impensable, j'ai retrouvé un article qui était à l'identique de ce que j'avais rêvé, et, j’ai trouvé une revue sur les îles Majorque où j'ai reconnu les nécropoles.

J'ai fait venir d'autres radiesthésistes et ont confirmé qu'il y avait quelques choses de très vibratoires à cet endroit. Les propriétaires du terrain, nous ont dit qu'ils avaient construit les maisons actuelles avec les pierres de ce terrain, et qu'une de leur grande tante, dans les années 1900, parlait d'un trésor dans ce terrain. Il faut dire que les propriétaires de ce terrain sont très âgés et n'ont pas paru étonnés quand je leur ai raconté ce que j'avais vu car j’avais peur de me faire passer pour une illuminée.

Je n'ai pas pu à l'heure actuelle continuer mes recherches, car j'ai eu durant quelques années, des impératifs qui m'ont stoppé dans mes recherches. En ce moment je vais faire d'autres cours avec des radiesthésistes confirmés, de façon à reprendre mes recherches.

Je peux vous assurer de ma bonne foi, et que je possède toutes mes facultés, car il est vrai que ce n'est pas facile de raconter tout cela a une personne qui ne me connaît pas.

Je voulais vous apporter ce petit encart très personnel, qui peut-être pourrait déboucher, Dieu seul le sait, sur une piste.

 
 
 
RÉPONSE :

Je vous remercie d'avoir pris la peine de me relater de votre expérience… il est vrai aux limites du paranormal ! Mais tout n'est pas n'est pas nécessairement explicable logiquement ni rationnellement, surtout dès qu'il s'agit d'impression, d'intuition, de ressenti, bref de l'utilisation d'un "sixième sens" probablement plus exacerbé ou mieux contrôlé par certaines personnes que par le commun des mortels.

Cela précisé, je crains cependant bien d'être peu compétent pour vous indiquer des pistes utiles à vos recherches. En effet, Alaric II "sort" du cadre de mon site internet : l'histoire de ce roi wisigoth relève davantage du Haut Moyen Age que l'Antiquité tardive.

 

 
 
 
23 Avril 2008
J. Audibert (Site Roma-quadrata) réécrit :
(…) J'aimerais, à l'occasion de ce mail, vous poser une question qui me poursuit depuis longtemps : sur quels textes vous fondez-vous pour affirmer la réalité historique du Christ ? Comment, à cette époque, peut-on se rendre compte de l'activité d'une province ? Si ce n'est par des rapports, parfois serviles, des gouverneurs (voir Pline le Jeune), mais a-t-on la trace d'une lettre de Ponce Pilate sur cet incident ? Je ne le pense pas (voir le livre de Jean-Pierre Lémonon, Ponce Pilate). Car ce n'était qu'un incident pour lui. C'est un acte, même une condamnation à mort, qui est de peu d'importance au niveau de l'Empire qui s'est passé bien loin, même dans une province belliqueuse. La polémique au sujet de l'historicité du Christ reste ouverte. Mais à la lecture des livres d'histoire, rien ne permet une affirmation. Tout ce que l'on peut lire part d'un présupposé.
 
 
 
RÉPONSE :

L'historicité de Jésus ? Je me suis déjà exprimé à plusieurs reprises à ce sujet dans les pages de mon site. (Voyez - entre autres courriers : Clic ! - Clic ! - Clic !).

Malgré mon agnosticisme viscéral, c'est d'assez bon cœur que, moi, exégète amateur (voire d'opérette) me rallie à l'avis des spécialistes dont l'immense majorité, quelle que soit la "chapelle" à laquelle ils appartiennent, ne remet pas en cause la réalité historique du personnage de Jésus. Bien sûr, je ne dispose pas de preuves nouvelles, et je n'ai pas non plus accès à des sources, inédites, restées jusqu'ici inaccessibles au commun des mortels, qui viendraient étayer cette conviction. Celle-ci me paraît seulement représenter l'hypothèse la plus rationnellement économe : il est plus simple d'admettre l'historicité de Jésus pour expliquer l'émergence, au milieu du Ier siècle, d'un "mouvement chrétien" (quelle que fut sa doctrine originelle) que d'imaginer l'élaboration de dieu sait quel mythe solaire. En outre - et c'est peut-être l'argument le plus convaincant - aucun des adversaires antiques du christianisme (Celse, Porphyre, Julien) n'a jamais nié l'historicité de Jésus. Il leur aurait été facile de narguer leurs adversaires : "Au fond, ce Christ que vous adorez, rien ne prouve qu'il a bien existé !" Mais non, tous actent sa réalité, et se contentent d'ironiser sur l'infamie du supplice qui lui a été infligé, sur son auditoire, composé de gens simples et influençables, etc…

Il est vrai que les sources antiques relatives à Jésus sont soit partiales, soit lacunaires, soit corrompues. Mais il en va de même avec bien d'autres personnages antiques. Socrate, par exemple. Il n'a pas laissé d'écrits et sa vie ne nous est guère connue que par le truchement des écrits, purement hagiographiques, de son disciple Platon. Alors, Socrate ne serait-il qu'un mythe ? Non, bien sûr. Personne ne soutient cela !
Et que dire de Mahomet ? Pour vous paraphraser, comment, à son époque et dans la région isolée où il vécut, peut-on se rendre compte de son activité ? Pour ce faire, nous ne disposons que des rapports, quelquefois serviles, et souvent de troisième ou quatrième main, de ses compagnons. Quant au Coran, il ne fut définitivement compilé que deux (ou trois) générations après celle du prophète, soit, approximativement, le même laps de temps qu'entre la mort de Jésus et la première rédaction d'un évangile. Et pourtant, que je sache, il ne viendrait à personne l'idée de contester l'historicité du Prophète de l'Islam.

 

 
 
 
1er Mai 2008
Bidzina a écrit :
J'aimerais savoir si le nom Anastasia était connu avant le christianisme. Connaissez vous un exemple dans la Rome antique dont dans la famille impériale que le nom soit connu.
 
 
 
RÉPONSE :

Je l'ai signalé récemment dans ce site : une fille de Constance Chlore, père de Constantin, aurait porté ce nom (voir le texte de Paul PETIT : Clic !). Mais comme cette informaion sert précisément à mettre en évidence la présence de chrétiens dans l'entourage de ce César, je n'ai pas l'impression que le nom Anastasia (en français Anastasie) était usité avant le christianisme. Il faut dire qu'il dérive du mot grec signifiant "Résurrection", concept aussi flou que difficilement acceptable, philosophiquement parlant, pour les païens de l'Antiquité. N'oublions pas que saint Paul lui-même qualifiait la croyance en la Résurrection du Christ de "folie pour les uns et scandale pour les autres" ! À mon avis, il s'agit donc d'un vocable typiquement chrétien qui n'apparut qu'avec l'émergence du christianisme.
Si i vous parcourez la vie de sainte Anastasie, vous constaterez d'ailleurs que son père - un affreux idolâtre, cela va de soi - s'appelait Prætextatus. En bonne logique romaine, on peut supposer qu'à sa naissance, sa fille avait reçu comme nom la forme féminine de ce patronyme, soit Praetextata. "Anastasie" serait donc son nom chrétien, qu'elle se serait choisi lors de son baptême, après avoir été convertie par sa mère Fausta et l'évêque saint Chrysogène. (Voir Jacques de Voragine, La Légende dorée, Vie d'Anastasie).

Par parenthèse, et histoire de nous divertir un brin, je ne puis résister au plaisir de relater l'étrange aventure du préfet de Rome et des servantes d'Anastasie, telle que le relate cet épisode de la Légende dorée :

Or donc, la pieuse Anastasie avait pour servantes trois sœurs, très jolies, très vertueuses et très chrétiennes, qui répondaient aux doux noms d'Agapé, Chiona et Irène. Il advint que s'éprit d'elles le préfet de Rome, un horrible païen, bien vicelard et sadique de surcroît. Sous couleur de leur faire abjurer la Sainte Foi, il les fit enfermer dans un réduit où l'on entreposait aussi des ustensiles de cuisine. Ne pouvant résister davantage à son désir lubrique, il les alla visiter, en tête-à-tête, et se mit en devoir de les besogner. Mais la Providence céleste protégeait la vertu de ses élues : au lieu d'étreindre les pures donzelles, le concupiscent préfet, pris de folie, se mit à caresser les poêles, à léchouiller les plats, à embrasser les chaudrons, bref, à violer les ustensiles de cuisine, qui n'en pouvaient mais.
Son désir assouvi - du moins le croyait-il -, il s'en alla, repu et fier comme un coq en sa basse-cour. Hélas, il s'était si bien activé et la batterie de cuisine était si sale qu'il était totalement méconnaissable : ses vêtements couverts de suie, et lui-même plus noir que tous les démons de l'Enfer. C'est d'ailleurs ce que crurent ses serviteurs qui l'attendaient au-dehors : croyant avoir affaire à une créature démoniaque, ils le rouèrent de coups. Le préfet, lui, ne comprenait rien à ce qu'il lui arrivait : comme aveugle à son désordre vestimentaire, il se croyait tout propret et élégamment vêtu comme devant et pourtant, lui qui était habitué à être traité avec égard, respect et considération, ne recevait de tous que lazzis et quolibets ! Que diantre se passait-il ? Outré, Il s'en alla se plaindre à l'empereur du manque de respect généralisé de la populace à son égard, mais là aussi, on le chassa comme le malpropre qu'il était, le fouettant, lui crachant à la face, lui donnant des coups de poings et de pieds, lui jetant de la boue, de la poussière et des excréments… "Pourquoi, se disait-il à nouveau, se moque-t-on ainsi de moi ? Pourquoi suis-je subitement la risée de tous ?". Ce n'est que rentré chez lui, qu'on lui fit se rendre compte de l'état lamentable où il se trouvait. Ne pouvant trouver d'explication plus logique à ce désordre (comment en effet aurait-il pu imaginer qu'il avait fricoté avec des casseroles ?), il songea que les trois servantes d'Anastasie lui avaient jeté un sort. Pour se venger, il les fit mettre nues devant lui, pour se repaître de leur nudité… Las, leurs vêtements adhéraient si fortement à leur splendide charnure , si rosée et si délicate, qu'il fut impossible de les leur ôter. Et, comme conclut laconiquement la Légende dorée : "Alors, le préfet, saisi de stupéfaction, s'endormit si profondément et ronfla si fort qu'aucun coup ne put le réveiller ; quant aux vierges, elles reçurent enfin la couronne du martyre".
Allez, tout est bien qui finit bien…

sainte anastasie

Sainte Anastasie

Sainte Anastasie aurait été martyrisée (brûlée vive) vers 304 lors de la persécution de Dioclétien. On prétend aussi, (mais c'est très douteux) que son corps aurait été transféré à Rome et déposé dans une église qui fut placée sous son vocable : l'église Sainte-Anastasie. En réalité, il semble plutôt que les reliques de la sainte furent d'abord vénérées à Sirmium, en Illyrie, avant d'être transférées à Constantinople au milieu du Ve siècle, sur ordre du patriarche Gennade.
Si vous voulez mon avis, l'église de Rome, au pied du Palatin, fut d'abord celle de la Résurrection, d'après le nom grec du dogme. Mais, plus tard, de moins en moins de Romains pratiquant la langue grecque, cette appellation parut étrange. On connaissait le prénom, mais on avait oublié la signification originelle du mot "Anastasia". C'est ainsi que, pour tous, le titulus Anastasiae (l'église de la Résurrection) devint le titulus sanctae Anastasiae (l'église de sainte Anastasie), et, pour justifier a posteriori ce nouveau vocable, on forgea la légende du transfert des reliques de la sainte éponyme à Rome, alors qu'en fait, elles étaient toujours vénérées à Constantinople.

Pour être complet, signalons encore que l'hagiographique chrétienne connaît une autre sainte Anastasie, plus précoce que celle que je viens d'évoquer puisqu'elle aurait été martyrisée sous Néron (54-58) ou sous Valérien (253-260). Admirons la précision ! Son existence est encore plus discutable que celle de l'autre. C'est dire !…

 

 
 
 
3 Mai 2008
Philippe a écrit :

1. Je suis en pleine lecture du Dictionnaire philosophique de ce bon vieux VOLTAIRE, et un premier point m’interpelle : il rappelle que Jésus a été baptisé, mais n’a jamais baptisé personne. (En aparté, quel courage de la part de Voltaire d’avoir écrit de tels textes dans les années 1765, où le bûcher était encore bien chaud pour les "hérétiques" !)
Bien sûr, l’eau est à peu près partout un symbole de purification, on le retrouve même dans l’Islam où l’on doit se laver les pieds et les mains avant d’entrer dans la mosquée. Même chose dans les temples hindous. Rien donc de surprenant que les chrétiens aient pris cette tradition, mais il est tout de même surprenant de voir le silence qui en est fait dans les Evangiles.
Selon vous, à qui les chrétiens ont-ils emprunté la cérémonie du baptême et à partir de quand ?

 
 
 
RÉPONSE :

L'eau baptismale lavant les souillures de l'âme, "une étrange idée venant de la lessive", écrivait l'ironique VOLTAIRE dans son Dictionnaire philosophique. Certes ! mais encore ? Il semble bien que ce soit Jean le Précurseur, dit précisément le Baptiste ou le Baptiseur qui, le premier, proposa ce rite de purification. Bien sûr, les Esséniens - vous savez, cette secte qui serait à l'origine des fameux "Manuscrits de la Mer Morte" - pratiquaient intensivement des ablutions rituelles. Mais, cette purification était inlassablement répétée (avant chaque cérémonie importante, avant chaque prière, que sais-je…), tandis que le baptême johannique se distinguait par son unicité : le croyant était, une fois pour toutes, absout de ses fautes, lavé de ses péchés et prêt à affronter, avec les meilleures chances de salut, la Fin des Temps et la Colère de Dieu dont le Baptiste prêchait l'imminence.

Par ce rituel, Jean le Baptiste prenait évidemment le contre-pied du judaïsme officiel. Il individualisait la rédemption alors que jusqu'alors, celle-ci revêtait un caractère collectif. Il revenait en effet au Grand Prêtre de purifier l'ensemble du peuple juif en chassant vers le désert un bouc chargé de tous ses péchés (le fameux bouc émissaire). En quelque sorte, Jean le Baptiste déniait donc toute efficacité aux cérémonies officielles du Kippour (du Grand Pardon). Il les remplaçait par une pratique individualisée et personnelle. Le salut n'était plus du ressort de la collectivité, mais dépendait d'une démarche personnelle.

On sait - les Évangiles le sous-entendent, non sans réticence d'ailleurs - que Jésus fut un temps le disciple de Jean le Baptiste, mais c'est seulement son Église qui reprit à son compte la pratique baptismale, alors que Jésus lui-même, comme l'indique Voltaire, n'aurait jamais baptisé personne.
Quoique !… L'Évangile selon Jean indique pourtant (4 : 1) qu'il (c'est-à-dire Jésus) faisait plus de disciples que Jean [le Baptiste] et en baptisait plus que lui. Bien sûr, suit immédiatement une nuance, un correctif, bref une interpolation d'un copiste bien intentionné jugeant utile de préciser, assez naïvement, qu'à proprement parler, ce n'était pas Jésus qui baptisait, mais ses disciples. Évidemment, une absurdité gosse comme le Temple de Jérusalem ! Pourquoi insister sur l'activité baptismale de Jésus, dans le but patent de le montrer plus important que Jean le Précurseur, s'il ne baptisait pas de ses propres mains ? Comparer la quantité de baptêmes conférés par le Baptiste et Jésus, ça, c'est significatif. Mais opposer son activité et celle des disciples de Jésus, cela n'a aucun sens.

jean le baptiste

Admettons donc que, à l'instar de son maître Jean, Jésus, au début de sa "vie publique" baptisa de nombreux fidèles, et qu'ensuite, à mesure qu'il se distanciait de Jean et de sa prédication, il abandonna cette pratique.
Pourquoi ? Sans doute parce qu'il était foncièrement hostile à toute ritualisation de la purification (sabbat, interdits alimentaires et sociaux, etc…). Pour lui, l'âme se purifiait surtout par le pardon (aux autres et à soi-même), par la compassion et par la charité ? Non par l'eau du baptême.

Si son Église reprit ce rite après sa mort, ce fut probablement afin de concurrencer plus efficacement et sur leur propre terrain les communautés héritières du message du Baptise. Afin de bien manifester l'originalité du baptême dit "de Jésus", les premiers officiants "chrétiens" prirent d'ailleurs bien soin de préciser qu'ils baptisaient "au nom du Christ" ou "au nom du Père, du Fils et du Saint-Esprit" (les deux formulations furent un temps en concurrence).
Rien de tel qu'une bonne étiquette pour ne pas tromper le client sur la marchandise, n'est-ce pas ?…

 
 

2. Ma deuxième interrogation se porte sur la construction des églises. Pour la plupart, elles ont toujours leur entrée orientée vers l’est, au soleil levant. (Je connais une exception, l’église de Lagnieu, dans l’Ain, qui, pour des raisons d’agrandissement tardif, aurait dû faire raser une partie des habitations environnantes)
Pas très « catholique » tout ça, ont-il pris cette habitude par rapport aux constructions des temples romains ou autres ?
Merci pour éclairer ma petite lanterne.

 
 
 
RÉPONSE :
En ce qui concerne l'orientation des églises, je n'ai malheureusement pas pu recueillir d'informations très précises… C'est vrai, elles sont, depuis toujours, majoritairement orientées vers l'est (ce qui est en soi un, pléonasme, puisque l'Oient, c'est l'Est). Toutefois, et ce déjà dès les premiers temps du christianisme officiel, quelques-unes furent occidentées, septentrionnées ou méridionnées, parce que le terrain ou les constructions antérieures ne permettaient pas une autre orientation. Bref, une règle générale, mais pas si impérative que cela et qui, dès son édiction, souffrit de maintes exceptions…

 

 
 
 
8 Mai 2008
Jean-Paul Flahaut a écrit :

Passionné d’histoire, je parcours régulièrement le web à la recherche de nouveaux sites historiques relatifs aux périodes allant de la Révolution Française à la fin du Second Empire. Je ne néglige pas pour autant les autres périodes de l'histoire de France, ni les thèmes transversaux.
Dans le souci de rassembler un maximum de sites historiques, j'ai créé un annuaire spécifique :

annuaire histoire - revolution et empire

 

 
 
 
8 Mai 2008
Hugues a écrit :

(…) Je viens d'apprendre que, tout récemment, on a trouvé, en Angleterre, des pièces de monnaie très rares à l'effigie de Carausius.

Voici le lien "officiel" rapportant l'histoire (c'est en anglais), qui permet d'accéder aussi a de très beaux visuels de l'"usurpateur" en question tel qu'il apparaît sur l'avers de chacune :

 
  carausius
 
 
 
8 Mai 2008
François-Dominique Fournier (site www.mediterranee-antique.info) a écrit :

L’Histoire de la Décadence et de la Chute de l’Empire romain, d’Édouard GIBBON, est enfin terminée.
Presque quatre années de travail (août 2004-mai 2008) !

site histoire antique
 
 
 
RÉPONSE :

Ouf ! Ce fut une longue aventure et une dure lutte !
Bravo, et, au nom de tous les amateurs d'histoire antique, encore merci d'avoir mis en ligne la version française de ce texte, aussi important pour l'étude de la civilisation romaine (et byzantine) que capital pour l'histoire de cette étude.