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Octobre - Novembre 2007 (page 2/3)
Sommaire d'Octobre et Novembre 2007 : Clic
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| 4 Novembre 2007 |
| Philippe
a écrit : |
Après
une absence assez longue, je retourne avec autant
de plaisir et d'apprentissage sur votre site étant
toujours fasciné par cette époque qui
a vu les religions "païennes" éliminées
par une obscure secte qui, à mon avis, a profité
de bien d'éléments en sa faveur. Les
seuls écrits (ou presque) sont uniquement issus
des vainqueurs. On ne possède donc qu'une seule
vérité.
Mais je m'éloigne du sujet : les relations
entre l'empire romain et l'Inde antique pour
faire suite aux précédents échanges
(dont un voisin
helvétique [Philippe habite Ferney-Voltaire], si
je me souviens bien).
Une preuve intéressante
: dans l'actuel Kérala qui a depuis toujours
été un carrefour d'échanges :
à Cochin (ou Kochi) existe la
communauté juive la plus vielle d'Asie centrale
(la synagogue tout en céramique de Chine à
l'intérieur mérite la visite) dont on
suppose que leurs descendants soient les rescapés
des événements de la prise de Jérusalem
par Vespasien et Titus.
Je ne sais pas si vous avez des informations complémentaires
mais il est intéressant de se pencher sur la
raison qui les a attirés ici plutôt qu'ailleurs.
Il est vrai que le Maharajah local les avait accueillis
les bras ouverts mais quand même est-ce suffisant
?
N'y avait-il pas déjà
des comptoirs marchands, trait d'union entre la Chine
et l'Europe, voir même avec certaines îles
de l'actuel Indonésie dont une épice
(je n'arrive plus à me rappeler laquelle -
clou de Girofle ?) ne pouvait se trouver qu'aux Îles
Moluques et était pourtant connue des Romains
et coûtait plus cher que l'or. Ont-ils donc
logiquement suivis la voie de navigation ?
Tout cela est passionnant.
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| RÉPONSE
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Après un silence
de plus de plus d'une année, cela fait vraiment
plaisir de vous relire, toujours Voltairien - et ce
à double titre ! Un grand merci pour votre
fidélité à mon site Web.
À part cette
correspondance - dont vous avez , semble-t-il
pris connaissance - échangée avec votre
voisin genevois Christian, à propos de ces
Malabars romains qui auraient été
recrutés comme gardiens de temples indiens,
je n'ai pas collecté d'autres infos sur la
présence romaine aux Indes. Mais il
est aussi vrai que je ne les ai guère recherchées.
Ce problème historique, bien qu'intéressant,
n'est en effet pas directement relié à
la thématique principale de mon site.
Vous évoquez la présence d'une ancienne
communauté juive à Cochin. Mais faut-il
voir là une preuve de contacts entre l'Empire
romain et le monde indien ? Peut-être…
Mais il existait aussi - et surtout - de très
importantes et très anciennes communautés
juives disséminées de par les vastes
états du Roi des Rois (Parthe arsacide, puis
Perse Sassanide). Or, les souverains perses contrôlèrent
longtemps la basse vallée de l'Indus et ses
ports "indiens", à partir desquels
les Juifs (mais aussi d'autres populations d'origine
"perse", telles les Parsis, par exemple)
pouvaient se répandre un peu partout dans le
sous-continent…
À première vue - et sans être
un grand spécialiste de l'histoire des diasporas
juives - on peut donc, sans tomber dans l'invraisemblance
crasse, voir dans ces vieilles communautés
juives des Indes un essaimage de celles dites de Babylone.
Mais l'on peut tout aussi bien - les deux hypothèses
ne s'excluant pas - les imaginer composées
de réfugiés des guerres juives de Vespasien,
Titus ou Hadrien.
Je lis d'ailleurs chez Léon POLIAKOV que l'histoire
de ces Juifs indiens serait assez difficile à
retracer :
“(…) Les Juifs de l'Inde, dont
l'immigration s'est faite en plusieurs vagues successives,
se sont conservés en nombre jusqu'à
nos jours. Ils sont encore quelques dizaines de
milliers : « Béni-Israël »,
à la peau olivâtre, dans les régions
de Bombay et, plus au sud, Juifs de Cochin ou de
Malabar, dits « Juifs noirs » ; ethniquement,
les uns et les autres ne se distinguent de nos jours
en rien de la population environnante. La date de
leur premier établissement se situe vers
les premiers siècles de l'ère chrétienne.
Au cours du Moyen Age, d'autres Juifs se sont établis
aux Indes, venus soit de Mésopotamie par
voie de terre, soit de l'Europe par voie de mer
: ceux-là se tiennent rigidement à
l'écart des Juifs indigènes. Si le
commerce est l'occupation dominante de ces derniers
arrivants, les « Béni-Israël »
et ceux de Cochin sont le plus souvent agriculteurs
et artisans (les « Béni-Israël
» sont aussi appelés « Shauvar
Telis » = « Presseurs d'huile de samedi
»). Leur histoire est très mal connue,
et on pourrait en conclure qu'ils furent heureux,
puisque les peuples heureux, dit-on, n'ont pas d'histoire
en tout cas, au cours des temps modernes, ces humbles
n'ont guère suscité les haines, et
ont ignoré les persécutions.“
(Léon POLIAKOV, Histoire de l’Antisémitisme,
vol 1, Éditions Calmann-Lévy, 1955)
Quant à la présence, attestée,
d'épices orientales sur les marchés
romains de l'Antiquité, le prix exorbitant
auquel elles étaient négociées
prouve à l'envi les difficultés presque
insurmontables du commerce "intercontinental".
Outre la distance et les obstacles géographiques
qui allongeaient les voyages et les rendaient périlleux
à l'extrême, presque toutes les routes
commerciales étaient contrôlées
par l'ennemi héréditaire perse, qui
exerçait un monopole de fait sur les produits
de luxe orientaux. Rares étaient donc les commerçants
"romains" qui osaient s'aventurer le long
des côtes perses de l'Océan indien. Et
encore plus rares ceux qui étaient assez téméraires
pour s'aventurer au cœur de l'Empire du Roi des
Rois, pour tenter de court-circuiter les intermédiaires
perses et leurs indécentes marges bénéficiaires.
Cela dit, j'ai quand même lu récemment
- enfin, il y a déjà un bon bout de
temps, mais j'attendais l'occasion d'en parler dans
mon site - un petit quelque chose sur les
Romains en Orient. Oh, a priori, rien de
très sérieux ! Simplement un bon roman
historique de Valerio MANFREDI, intitulé L'Empire
des Dragons (Pocket).
En voici la 4e de couverture :
Edesse, 260
après Jésus-Christ.
Le légendaire Marcus Metellus Aquila,
chef de la garde personnelle de Valérien,
empereur des Romains, vient de tomber dans
un piège. Capturé en plein
royaume de Perse, humilié, il réussit
à s'évader et vient en aide
à un mystérieux prince chinois
dont le pouvoir a été usurpé
par son ennemi mortel, l'eunuque Wei, et
ses terribles guerriers, " les Renards
volants ".
Commence alors une expédition riche
en péripéties qui mènera
Marcus Metellus Aquila et sa légion
au cur de la Chine, à la découverte
d'une civilisation cruelle et raffinée...
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De la pure fiction, bien sûr… Toutefois,
dans sa post-face, l'auteur fournit quelques justifications
historiques qui seront peut-être susceptibles
de vous intéresser, bien qu'il y soit évidemment
question de la Chine, et non de l'Inde :
NOTE
DE LAUTEUR
Ce roman est le fruit de mon imagination,
tout comme ses personnages principaux, à
l'exception des grands acteurs historiques de
l'époque à laquelle son action
se déroule - l'empereur Valérien,
Chahpour Ier de Perse, Gallien -, mais il s'inspire
d'une hypothèse dont on a récemment
débattu, à savoir la présence
de soldats romains en Chine.
Ce problème a été soulevé
pour la première fois par Homer Dubs,
dans une publication datée de 1942. Il
y commentait un passage des Annales des Han
qui évoquait une bataille menée
près du fleuve Talas, non loin de la
ville de Zhizhi, dans le Gansu (aujourd'hui
Douchanbe, dans le Tadjikistan), entre des troupes
chinoises et les forces d'un chef local qui
s'était rebellé. Parmi les forces
rebelles, se battaient des soldats étrangers,
probablement des mercenaires, selon une tactique
particulière : au moyen de boucliers
ovales disposés en écailles de
poisson. Dubs pensa aussitôt qu'il s'agissait
de Romains appliquant la tactique traditionnelle
de la testudo. En outre, ces soldats
étaient retranchés dans un campement
constitué de gros piquets en bois, une
sorte de castrum.
La bataille fut remportée par les troupes
Han. Cependant, l'empereur Houang-ti cantonna
les soldats étrangers en Chine dans le
district de Fanmou (l'actuel Yongchon). Il les
déporta dans une ville à laquelle
il donna le nom de Likien, qui indiquait, semble-t-il,
à l'époque les terres de l'Occident
et Rome. Selon l'explication la plus courante,
le toponyme « Likien » venait en
réalité d'« Alexandreia
»; en d'autres termes, il désignait,
du nom des anciennes fondations d'Alexandre
le Grand en Bactriane et en Asie centrale, toutes
sortes d'implantation d'Occidentaux. D'après
les sources chinoises, Likien serait toutefois
demeurée indépendante pendant
six cent douze ans, fait étrange et absolument
singulier.
Mais si cette hypothèse est avérée,
qui pouvaient être ces Romains ? Nombreux
sont ceux qui ont pensé, en raison d'une
correspondance chronologique, qu'il s'agissait
peut-être de prisonniers romains qui avaient
échappé au massacre de la bataille
de Carrhes, en 53 avant J.-C.. et que les Parthes
avaient déplacés dans les régions
orientales de leur empire. Ces hommes auraient
donné naissance à la tradition
de la mythique « légion perdue
». On sait en effet que, lorsque Auguste
conclut la paix avec les Parthes, en 20 avant
J.-C., exigeant la restitution des enseignes
et des prisonniers, il n'obtint que les premières,
les seconds ayant disparu sans laisser de traces.
Qu'étaient-ils donc devenus ?
Selon Homer Dubs et, après lui, plusieurs
chercheurs chinois et d'autres nations, ils
auraient atteint au terme d'une longue errance
les confins de la Chine et y auraient fondé
leur implantation.
De récents repérages dans la
localité de Zhelaizhai, ainsi que des
fouilles archéologiques, auraient amené
les chercheurs à penser qu'ils avaient
affaire à cette fondation romaine. Ils
auraient même reconnu les caractères
des Romains antiques dans les traits somatiques
des populations locales.
Il convient de signaler que les arguments
adoptés pour soutenir cette thèse
sont plutôt faibles. Si l'on ne peut l'exclure
a priori, il est nécessaire de
l'étayer par des témoignages plus
consistants.
Malgré tout, les Romains connaissaient
l'existence des Chinois, et vice versa : non
seulement Horace, Pline et d'autres auteurs,
mais aussi le plus grand monument cartographique
de l'Antiquité, la Tabula peutingeriana,
indiquent à l'extrémité
orientale du monde la Sera Major, c'est-à-dire
la Terre de la Soie, la Chine. Il faut rappeler
à ce propos un épisode extraordinaire,
qui se produisit entre 97 et 98, à l'époque
de l'empereur Hedi, quand le maréchal
chinois Ban Chao, chargé de rétablir
l'ordre et la sécurité le long
de la route de la soie, une voie vitale à
l'ouest, poussa jusqu'à la mer Caspienne.
Ban Chao avait pour frère un historien
célèbre, Ban Gu, et c'est peut-être
sur ses conseils qu'il décida d'envoyer
une délégation, menée par
un de ses hommes, Gan Ying, auprès du
souverain du Ta-T'sin, le mythique empire de
l'Extrême-Occident, l'Empire romain !
Gan Ying arriva non loin des frontières,
sans doute en Mésopotamie, en Syrie ou
dans le Caucase. Comprenant ses intentions,
ses guides parthes lui déconseillèrent
toutefois de poursuivre son chemin en évoquant
mille difficultés, si bien que l'officier
chinois renonça à son projet.
Les Parthes tiraient d'énormes profits
des taxes qu'ils imposaient aux chargements
de soie qui traversaient leur territoire, ils
ne pouvaient donc pas accepter que l'Empire
romain et l'empire Han entrent en contact et
établissent des relations qui les auraient
exclus. Si la mission de Gan Ying avait été
couronnée de succès, les conséquences
auraient été innombrables. Les
deux plus grands empires de la planète
auraient pu échanger de précieuses
connaissances, peut-être même stipuler
une alliance, d'autant plus que le pouvoir,
à Rome, était alors détenu
par un homme sage, intelligent et honnête,
l'empereur Nerva. En raison de la distance qui
les séparait, les deux empires ne pouvaient
entrer en compétition l'un avec l'autre
et avaient tout intérêt à
collaborer. Le cours de l'histoire aurait peut-être
été changé si Rome et Luoyang
avaient pu communiquer !
Peut-être parce que les grands empires
se ressemblent, au fond, Rome et la Chine avaient
de nombreuses caractéristiques communes
l'organisation des forces armées, le
système routier, l'usage d'établir
des colonies militaires, la façon de
mesurer et de partager la terre, le concept
de confins et de mur fortifié, la pratique
de cantonner des Barbares à l'intérieur
de cette enceinte fortifiée pour les
naturaliser et les employer dans la défense
du territoire contre d'autres Barbares. Ils
eurent même des ennemis en commun, s'il
est vrai que les Hiong-nou des documents chinois
ne sont autres que les Huns des sources romaines.
La Chine survécut, transmettant sa
tradition, sa civilisation et son union étatique,
tout au long de quatre millénaires d'histoire
jusqu'à nos jours, alors que Rome s'éteignit
il y a fort longtemps. Cette histoire a pour
but de raconter, comme en un rêve, l'expérience
merveilleuse qu'aurait pu vivre un Occidental,
ici le commandant Marcus Metellus Aquila, s'il
avait atteint cet empire éloigné
qu'on appelait alors Sera Major, un
événement peut-être pas
impossible, un de ces événements
que l'Histoire a oubliés ou perdus dans
les vicissitudes turbulentes qui caractérisent
l'aventure de l'humanité.
(Valerio MANFREDI, L'Empire des Dragons
[Note de l'Auteur], Pocket) |
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| 7 Novembre 2007 |
| Calembro
a écrit : |
Objet
: Antonin le Pieux
Auriez-vous des informations sur une médaille
qu'aurait portée cet empereur et
dont la titulature aurait été
celle-ci :"MOK, IEP, AXT, APPO"
? |
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| RÉPONSE
: |
Peut-être
certains sympathiques (et serviables)
visiteurs de mon site pourront-ils vous
aider, mais quant à moi, n'étant
nullement féru en numismatique,
je serais absolument incapable de vous
dire si des médailles à
l'effigie d'Antonin
le Pieux portèrent ces légendes,
pour moi hermétiques, "MOK,
IEP, AXT ou APPO".
Personnellement, je ne puis donc que
vous renvoyer à ces deux sites
qui détaillent le monnayage d'Antonin
: www.inumis.com
et (en anglais) www.wildwinds.com.
Désolé de ne pouvoir vous
renseigner. |
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| 12 Novembre 2007 |
| François-Dominique
Fournier (www.mediterranee-antique.info)
a écrit
: |
A
propos de la naissance de Jésus, vous
dites sur votre site : “ Quant à moi
je pencherais plutôt pour l'an 9 avant J.-C.
”
Pour moi cette date me semble
bien optimiste, en effet nous trouvons des allusions
à Jean-Baptiste dans le texte slavon
de Josèphe, et notamment celui-ci
:
Quant aux Méliens,
pour l’avoir porté sur leurs bras et
l’avoir honoré des honneurs royaux,
ils furent massacrés.
Il y avait alors un homme qui parcourait la Judée
dans des vêtements étonnants, des poils
de bête collés sur son corps aux endroits
où il n'était pas couvert de ses poils
et de visage il était comme un sauvage.
En abordant les Juifs, il les appelait à
la liberté en disant : « Dieu m'a envoyé
pour vous montrer la voie de la Loi, par laquelle
vous serez sauvés d'avoir plusieurs maîtres
et vous n'aurez plus sur vous de maître mortel,
mais seulement le Très-Haut, qui m'a envoyé.
»
En entendant ces paroles, le peuple était
heureux ; et toute la Judée le suivait, et
les environs de Jérusalem. Et il ne leur
faisait rien d'autre que les plonger dans le cours
du Jourdain ; et il les renvoyait en leur enseignant
de cesser de faire le mal, et qu'il leur serait
donné un roi qui les libérerait et
soumettrait tous les insoumis, et ne serait lui-même
soumis à personne. Les uns se moquaient de
ses paroles, les autres y ajoutèrent foi.
Il fut amené auprès d'Archélaüs,
et les docteurs de la Loi se réunirent, et
on lui demanda qui il était et où
il avait été jusque alors. Et il répondit
en disant : « Je suis l'homme que l'Esprit
de Dieu m'a assigné d'être, me nourrissant
de roseaux et de racines et de copeaux de bois.
» Comme ils menaçaient de le torturer
s'il ne cessait ces paroles et ces actes, il dit
: « C'est vous qui devez cesser vos actes
impurs et adhérer au Seigneur votre Dieu.
» Alors, se levant avec fureur, un scribe,
Simon, essénien d'origine, dit : «
Tous les jours nous lisons la divine écriture,
et toi, sorti aujourd'hui de la forêt comme
une bête, tu oses nous faire la leçon
et séduire le peuple avec tes paroles impies
? » Et il s'élança pour déchirer
son corps. Mais lui, leur faisant reproche, dit
: « Je ne vous découvrirai pas le mystère
qui est parmi vous puisque vous ne l'avez pas voulu.
Ainsi est venue sur vous une perdition invincible,
et par votre faute. » Ayant ainsi parlé,
il s'en alla de l'autre côté du Jourdain
; et, sans que personne osât l'en empêcher,
il continua d'agir comme auparavant.
Quand Archélaüs eut pris la possession
de l’ethnarque, il se souvint de l’hostilité
des Juifs, et les écrasa sous des charges
insupportables, ainsi que les Samaritains. Et la
neuvième année de son pouvoir il vit
un songe : c’étaient neuf épis
dans un champ, pleins et grands, que des bœufs
s’en vinrent manger et arracher. Il appela
les Chaldéens interprètes des songes
et leur demanda ce que signifiait ce signe. Comme
ils parlaient chacun différemment, un sadducéen
nommé Soum dit : « Les épis
sont des années, et les bœufs un changement
de régime. Et tu dois régner selon
le nombre des épis, et après diverses
vicissitudes et afflictions, tu périras.
»
Et aussitôt, quatre jours après le
songe, César l’appela à son
tribunal.
Car auparavant les Juifs et les Samaritains avaient
envoyé une députation à César
pour se plaindre de ses violences. César,
après enquête, l’exila dans la
ville gauloise de Vienne ; quant à ses richesses,
elles furent versées dans le trésor
de César.
Remarquez dans le texte que
cet homme, s'il est le Jean-Baptiste, celui qui est
nommé comme le Jean Précurseur dans
le texte slavon, alors que ce n'est pas l'habitude
de Josèphe, est interrogé par Archélaüs,
soit à l'âge de d'environ vingt-quatre
ans, avant sa naissance.
J'aimerais bien, mais entre
nous, que vous me développiez votre dire sur
la naissance de J.-C. en - 9 av JC., si j'en crois
les écrits que j'ai mis sur mon site, j'arrive
péniblement à -7.
Mais bon Josèphe me remet du baume au coeur,
il semble confirmer les moins de cinquante ans (Jean),
à l'époque où ce Jésus
commence son ministère.
Au fait, en parlant de J.-B. vous aviez parlé
d'un ministère aquatique, ce texte le confirme. |
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| RÉPONSE
: |
Oh, le "comput"
qui me permet de fixer la date de naissance de Jésus
à 9 avant Lui-Même n'a vraiment rien
de confidentiel, ni de secret ! Je l'ai expliquée,
in illo tempore, dans une réponse
à un internaute, un de ceux que je qualifie
systématiquement de sympathiques.
Je vous invite donc à vous en référer
à cette correspondance : Clic
!.
Ceci précisé,
cet extrait du manuscrit slavon de Josèphe
relatif à Jean
Baptiste - car c'est certainement de lui
dont il s'agit - est vraiment intéressant.
Il complète fort utilement le passage
habituellement cité :
"Or, il y avait des Juifs pour penser
que, si l'armée d'Hérode avait
péri, c'était par la volonté
divine et en juste vengeance de Jean surnommé
Baptiste. En effet, Hérode l'avait
fait tuer, quoique ce fût un homme de
bien et qu'il excitât les Juifs à
pratiquer la vertu, à être justes
les uns envers les autres et pieux envers
Dieu pour recevoir le baptisme ; car c'est
à cette condition que Dieu considérerait
le baptême comme agréable, s'il
servait non pour se faire pardonner certaines
fautes, niais pour purifier le corps, après
qu'on eût préalablement purifié
l'âme par la justice. Des gens s'étaient
rassemblés autour de lui, car ils étaient
très exaltés en l'entendant
parler. Hérode craignait qu'une telle
faculté de persuader ne suscitât
une révolte, la foule semblant prête
à suivre en tout les conseils de cet
homme. Il aima donc mieux s'emparer
de lui avant que quelque trouble se fût
produit à son sujet, que d'avoir à
se repentir plus tard, si un mouvement avait
lieu, de s'être exposé à
des périls. À cause de ces soupçons
d'Hérode, Jean fut envoyé à
Machæro [ou Machéronte], la forteresse
dont nous avons parlé plus haut, et
y fut tué. Les Juifs crurent que c'était
pour le venger qu'une catastrophe s'était
abattue sur l'armée, Dieu voulant ainsi
punir Hérode." (Antiquités
judaïques, Livre XVIII, 5 : 2 -
trad. site remacle.org)
Ouais ! Disons qu'à mes yeux profanes,
ce passage me paraît assez suspect d'interpolation
ou d'autres chipotages "monastiques".
D'abord, une phrase circonstancielle sur une
défaite des armées d'Hérode
Agrippa, puis l'ajout - digression aisément
supprimable [passage mis en italiques]
- d'un copiste, consistant en un genre de "flash-back",
un retour en arrière narratif sur la
carrière du Précurseur.
Pourquoi cette manipulation ? Mais précisément
pour combler le vide laissé par la suppression
d'un passage antérieur (situé
à la fin du chapitre 12 du livre XVII
- voir remacle.org
?). Passage dont votre manuscrit slavon a heureusement
- mais probablement non sans autres interpolations
- gardé la trace. |
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Évidemment, cette coupure peut s'expliquer
: le fait de situer la mission du Baptiste avant la
mort d'Hérode (4 av.J.-C.), alors que son fils
Archélaüs n'avait pas encore accédé
au trône, avait de quoi troubler les esprits
faibles. En effet selon l'Évangile de Luc
(1 : 39 et suivants), Jean Baptiste ne serait que
de peu - quelques mois tout au plus - l'aîné
de son cousin Jésus : quand Marie, qui vient
de recevoir la visite de l'Ange annonciateur (fécondateur
?), se rend chez sa parente Elisabeth, celle-ci est
déjà enceinte de son Jean. "Dès
qu'Elisabeth entendit la salutation de Marie, l'enfant
tressaillit en son sein", précise
joliment l'Évangéliste (Luc,
1 : 41). Or, si le Baptiste était déjà
actif en 4 av. J.-C., ces événements,
Annonciation et Visitation, se seraient déroulés
au moins vingt années auparavant. Ce qui situerait
la naissance de Jean Baptiste - et de Jésus
- vers 25 avant Son ère. Au plus tôt
!
On est loin de l'An Zéro !
Évidemment, il convient de relativiser ces
conclusions.
Tant le lien de parenté entre Marie et Elisabeth,
mère du Baptiste (et, partant, celui qui aurait
existé entre Jésus et Jean), que la
quasi-contemporanéité du Christ et de
son "Précurseur" ne sont probablement
que des reconstructions des Évangélistes.
La nativité du Baptiste, avec le "merveilleux
biblique" de ses vieux parents, chenus mais si
fermes dans leur foi, rappelle, trop pour être
honnêtement vraie, celle d'Isaac, le fils tard-venu
d'Abraham et de sa vieille épouse Sara, si
longtemps stérile.
De surcroît, les rédacteurs des Évangiles
devaient absolument éviter de décrire
un Christ trop étroitement subordonné
au Baptiste, bien que celui-ci fût probablement
son maître et qu'il était impossible
d'occulter un fait aussi notoire que son baptême.
Ils s'employèrent donc à rajeunir Jean
de quelques bonnes années. Ils abrégèrent
ainsi considérablement la durée de sa
carrière de prophète et la lièrent
intimement à la mission de Jésus. Le
Baptiste ne fut plus alors considéré
que comme le Précurseur, uniquement
"programmé" d'abord pour annoncer,
pendant quelques mois seulement, l'avènement
du Messie Jésus, celui "est plus grand
que lui", puis pour lui conférer un baptême
qui sert surtout de rite de substitution à
l'onction royale.
Je terminerai en disant qu'il me semble donc difficile
de déduire des indices relatifs à la
date de naissance du Christ sur base d'indications
biographiques concernant Jean le Baptiste. Toutes
les sources anciennes (Josèphe ou le Nouveau
testament) ont été retravaillées
de manière à inverser le lien de subordination
qui existait entre ces deux personnages.
Il est probable que Jean était bien plus âgé
que Jésus, qu'il était déjà
actif depuis longtemps quand ledit Jésus devint
son disciple, et que celui-ci resta un moment dans
son orbite avant de le quitter pour voler de ses propres
ailes, non sans avoir "débauché"quelques
autres compagnons du Baptiste. Mais tout cela a été
occulté afin de ne pas promouvoir l'Eglise
mandéenne, celle de Jean, qui fut un moment
une concurrente très sérieuse de l'Eglise
"chrétienne" des Apôtres et
de Paul. |
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| 15 Novembre 2007 |
| Frédéric
a écrit : |
Objet
: jeux de simulation historique à propos de
l'empire romain
Pour
les amateurs de simulation historique, je me permets
de signaler à votre attention les magazines
Vae Victis n° 42, 56
et 74 qui traitent de la situation stratégique
de l'Empire lors des périodes 161 à
217 ap. J.C., 305 à 374 ap. J.C. et 405 à
490 ap. J.C.
Le dernier en particulier
me semble intéressant pour ceux qui ont lu
La fin de l'armée romaine de Philippe
RICHARDOT et/ou La fin de l'Empire romain d'Occident
de Georges-André MORIN.
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| 15 Novembre
2007 |
| Bidzina
a écrit : |
| Dans
votre site vous dit qu'Hélène
a été déjà chrétienne
en 303. Pourriez-vous préciser la
source pour cette conclusion ? |
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| RÉPONSE
: |
Sainte Hélène
déjà convertie au christianisme
en 303 ?
Il est vrai que c'est un peu ce que laissait
supposer ma notice biographique consacrée
à Constance
Chlore. J'y écrivais qu'en
303, "Hélène, sa
première épouse (…)
était Chrétienne".
Pure spéculation de ma part ! Pour
être exact et précis, j'aurais
dû me contenter de supposer à
Hélène des sympathies chrétiennes.
Je vais d'ailleurs corriger mon texte
en ce sens.
En réalité, nous ne connaissons
pas précisément la date
de la conversion de sainte
Hélène, la mère
de Constantin.
Ainsi que je vous l'avais indiqué
dans un courrier
de Novembre 2002 (il y a donc plus
de cinq ans que nous correspondons, comme
le temps passe !), Eusèbe de Césarée
sous-entendrait qu'elle se serait convertie
sous l'influence de son fils. Mais comme
la date de la conversion de Constantin
est elle-même très controversée,
nous ne sommes guère plus avancés
!… |
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