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Sommaire Juillet - Août 2007 :

  • 2 Juillet :
  • 2 Juillet :
    • L'impératrice Livie, la discrète (ou la secrète) : Clic !
  • 6 Juillet :
    • Un trou documentaire entre 95 et 117… : Clic !
    • L'union sacrée partho-romaine contre les Alains ? : Clic !
      • Des cataphractaire parthes et du napalm contre les Juifs ? : Clic !
  • 16 Juillet :
  • 19 Juillet :
  • 22 Juillet :
    • Mérobaude et son panégyrique d'Aetius : Clic !
  • 27 Juillet :
2e PAGE
  • 31 Juillet :
    • Recherche d'infos sur les royaumes annexés par les Flaviens : Clic !
  • 3 Août :
    • Les Mérovingiens ne descendent pas de Jésus, mais de Crispus, fils de Constantin ! : Clic !
  • 17 Août :
    • Un "trou" dans la biographie de Varus : Clic !
  • 23 Août :
    • Quand l'Apocalypse d'Élie fut-elle composée ? : Clic !
  • 25 Août :
    • GRICCA - Quelques livres sur l'Empire romain : Clic !
      • Rome et la naissance de l'art européen - Michel MEYER : Clic !
      • Les voies romaines en Gaule - Gérard COULON : Clic !
      • Les nouvelles hypothèses sur les origines du christianisme - Jacques GIRI : Clic !
      • Les origines du christianisme 30-451 - Michel ROUCHE : Clic !
      • Les douze Césars. Du mythe à la réalité - Régis MARTIN : Clic !
      • L’Histoire de France : L'Empire Romain d’Occident de ses débuts à sa chute en 476 : Clic !
      • Shâhpur, roi des rois - Paul DELORME : Clic !
      • Le Papyrus de la via Appia - Anne-Laure CARTIER DE LUCA : Clic !
      • Uchronie : l’utopie dans l’histoire - Charles RENOUVIER : Clic !
      • Rééditions "poche" : Clic !
 
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2 Juillet 2007
François-Dominique Fournier a écrit :
 

Pour votre information, et si cela vous intéresse, je viens de mettre en ligne une étude historique de Polydore HOCHART, parue en 1884, dans les Annales de la Faculté des Lettres de Bordeaux : La persécution des chrétiens sous Néron.

LA PERSÉCUTION DES CHRÉTIENS SOUS NÉRON
ÉTUDE HISTORIQUE
Polydore HOCHART

site histoire antique
 
 
 
2 Juillet 2007
"L. P." a écrit :
 
(…) J'aime particulièrement Rome, et je dois vous avouer que j'ai passe cette dernière année à me gaver d'histoire et d'idées. Rome a été le phare présomptueux dans l'age des ténèbres…
Mais bon, je m'éloigne quelque peu.
J'aimerais savoir si vous aviez eu vent de livres, de documents ou de récits se rapportant a l'impératrice Livia. Ce que je trouve chez Suétone ou sur Internet est loin de me satisfaire.
 
 
 
RÉPONSE :
 

Je viens de visionner - non sans plaisir d'ailleurs - les premiers épisodes de Moi, Claude, empereur ("I, Claudius"), cette série-culte de la BBC qui fit un tabac jadis, à la fin des années 70. L'impératrice Livie s'y taille un rôle de tout premier plan, mais c'est celui d'un personnage malfaisant. Que dis-je, malfaisant ? Un véritable démon incarné, un succube ! Manipulatrice, venimeuse, intrigante, ambitieuse, et pour faire bonne mesure, criminelle multirécidiviste, coupable d'avoir empoisonné elle-même, ou commandité l'empoisonnement ou le meurtre des principaux prétendants à la succession de son Auguste de mari. En vrac, elle aurait fait passer de vie à trépas Marcellus, Agrippa, Drusus (son propre fils), Caius et Lucius Césars, Agrippa Postumus, Germanicus. Et j'en oublie sans doute…
Pourtant, en me documentant - voici maintenant quelques années - en vue de la rédaction, pour mon site Web, des notices biographiques d'Auguste et de Tibère, je n'avais pas remarqué que l'influence de Livie sur les événements de son temps eut pu être à ce point considérable. Plus récemment encore, j'ai lu, avec grand plaisir et intérêt l'excellente biographie que Pierre COSME vient de consacrer à Auguste. Elle non plus ne met guère en exergue le personnage de Livie, dont l'auteur relativise plutôt l'importance politique :

Quand bien même tout les opposait sur le plan politique au moment de leur rencontre, Auguste semble avoir été d'abord sensible à la beauté de Livie, qui allait rester son épouse pendant cinquante-deux ans. Les portraits sculptés ou gravés, comme les auteurs anciens, sont d'ailleurs unanimes à célébrer la prestance que celle-ci conserva jusqu'à un âgé avancé. Elle mourut en effet en 29 de notre ère à quatre-vingt-six ans. En revanche, en ce qui concerne le caractère de a première impératrice, les témoignages se font plus nuancés. Elle semble avoir incarné à la perfection les vertus de dignité et d'affabilité requises chez une patricienne. Mais Suétone et plus encore Tacite lui reprochent son ambition qui l'aurait poussée à favoriser par tous les moyens l'ascension politique de ses fils. Aurait-elle ainsi en quelque sorte exaucé les vœux de son premier mari Tiberius Claudius Nero, qui l'aurait abandonnée à Octave dans l'espoir de ménager une place de premier plan aux Claudii dans le nouveau système politique en gestation ? Son goût de l'intrigue, sa dissimulation et ses ruses lui auraient ainsi valu le surnom d'« Ulysse en jupons », donné par son arrière-petit-fils - le futur empereur Caligula - qui passa les premières années de sa vie chez elle. Il est vraisemblable que la personnalisation croissante du pouvoir a pu susciter la formation de clans rivaux dans l'entourage immédiat du prince. Cependant, il reste assez difficile de mesurer le poids exact de Livie dans ces luttes d'influence. Celui-ci a pu être exagéré, comme l'opposition prétendue entre Mécène et Agrippa.
(Pierre COSME, Auguste, Ed. Perrin, 2005)

auguste - pierre cosme  

De fait, Livie est étrangement presque absente des Douze Césars de Suétone, pourtant très prompt à colporter le moindre ragot désobligeant à l'encontre des Julio-Claudiens. Elle est certes plus présente dans les Annales de Tacite, justement pour faire les frais de cette campagne de médisances ou de calomnies que Suétone n'a pas relayée. Mais peut-on réellement accorder crédit à ces accusations ? Souvent, Tacite lui-même les présente comme de vagues rumeurs. Exemple : "quelques soupçons tombèrent sur son épouse [Livie]. Un bruit avait couru que, peu de mois auparavant…" (Annales, 1, 5 ).

Plus loin dans son bouquin, Tacite, relatant la mort de Livie, rédige, en guise d'épitaphe, un court exposé de ce que fut sa vie. Et là, plus aucune allusion à ces fâcheux ragots ! Au contraire, il décerne à feue l'impératrice une sorte de satisfecit global, le tout assorti, évidemment, de quelques pointes acerbes, de quelques notations ironiques, mais qui visent in fine davantage son Auguste mari et son Tibère de fils qu'elle-même :

"Sous les consuls Rubellius et Fufius, surnommés tous deux Geminus [donc en 29 ap. J.-C.], mourut, dans un âge très avancé, Julia Augusta [c'est-à-dire Livie], héritière de la noblesse des Claudii, réunie par adoption à celle des Livii et des Julii. Elle fut mariée d'abord à Tiberius Nero qui s'enfuit de sa patrie dans la guerre de Pérouse et y revint lorsque la paix fut faite entre Sex. Pompée et les triumvirs. Déjà mère et enceinte de nouveau, César [c'est-à-dire Auguste], épris de sa beauté, l'enleva à son mari (on ne sait si ce fut malgré elle) ; et, dans son impatience, il en fit son épouse, sans attendre même qu'elle fût accouchée. Il n'eut pas d’enfants de ce dernier mariage ; mais l'union d'Agrippine et de Germanicus mêla son sang à celui d'Auguste, et lui donna des arrière-petits-fils communs avec ce prince. Elle fut pure dans ses mœurs comme aux anciens jours, prévenante au-delà de ce qui semblait permis aux femmes d'autrefois, mère impérieuse, épouse complaisante, le caractère enfin le mieux assorti à la politique de son époux, à la dissimulation de son fils. Ses funérailles furent modestes, son testament longtemps négligé. Elle fut louée à la tribune par C. César [dit "Caligula"], son arrière-petit-fils, qui depuis parvint à l'empire." (Tacite, Annales, 5, 1).

livie - livia augusta

Il faut aussi préciser que, pour rédiger ses Annales, Tacite avait sans doute largement recouru à des textes aujourd'hui perdus, notamment aux "Mémoires" d'Agrippine la Jeune (la mère de Néron). Évidemment, ces documents étaient violemment hostiles à LIvie et à Tibère : sa mère, Agrippine l'Ancienne, les avait en effet accusé presque ouvertement, mais sans apporter de preuves réellement probantes, d'avoir commandité l'assassinat de son cher époux, le prestigieux général Germanicus. Mais de toute façon, qu'il ait bénéficié d'archives partiales ou non, ce vieux réactionnaire de Tacite aurait de toute façon épinglé Livie. Il lui fallait en effet démontrer que les Julio-Claudiens n'avaient guère été que des tyrans incapables et tarés. Une des meilleures tactiques pour obtenir ce beau résultat était encore de les accuser d'avoir trop souvent laissé leurs femmes - qu'elles soient leurs mères, sœurs ou épouses - porter la culotte (enfin, en l'occurrence, plutôt la toge), non seulement dans leur foyer, mais aussi dans les coulisses de la République. Au lieu de se mêler de politique ("avec le désastreux résultat que l'on sait !", n'aurait pas manqué d'ajouter Tacite), toutes ces Livies, Julies et autres Agrippines auraient mieux fait de se contenter de filer la laine auprès de l'âtre, de veiller aux tâches de leurs esclaves, et de donner de beaux enfants à leurs débiles de maris. O tempora, o mores !
Bref, aux yeux de Tacite, même réduite au rang de simple confidente de son Auguste époux, Livie serait encore sortie de son rôle d'épouse modèle. Alors !…

Des livres précisément consacrés à Livie ?
Personnellement, je n'en connais pas… Je constate toutefois que la notice "Livie" de l'encyclopédie libre Wikipédia (qui d'ailleurs me paraît excellemment résumer l'essentiel de ce qu'il faut savoir à propos de cette digne matrone) se conclut par une brève bibliographie.
Je crains cependant que ces titres, pour la plupart en anglais, ne soient guère accessibles à un public disons "non spécialisé".

 
 
 
6 Juillet 2007
Thierry a écrit :
 
Où pourrais-je trouver des renseignements sur l'histoire des empires romain et parthe entre l'an 70 et l'an 115 de notre ère ? La Guerre des Juifs de Flavius Josèphe s'arrête avec la chute de Massada. Les Annales (livre XVI) de Tacite s'arrêtent en l'an 66. Histoires à peu près pareil…
 
 
 
RÉPONSE :
 

C'est exact ! À partir, disons, de la mort de Domitien (96 ap. J.-C.), les sources historiques classiques (Suétone, Tacite, Josèphe) se tarissent totalement. Il faut attendre l'arrivée au pouvoir d'Hadrien pour retrouver "le fil de l'histoire" avec un continuateur (tardif, et hélas souvent très fantaisiste) de Suétone en la personne du facétieux auteur de l'Histoire Auguste.

Pour les règnes de Nerva et de Trajan, force nous est donc de nous contenter du peu de ce qui nous à été transmis. À savoir, et sauf erreur ou omission de ma part :

  • Les textes du Dion Cassius, dont les livres relatifs à cette époque ne nous sont connus que dans la version "condensée" réalisé en plein Moyen Age par un historiographe byzantin du nom de Xiphilin (XIe siècle).
    L'Histoire romaine de Dion Cassius est disponible (traduction anglaise, sur le LacusCurtius de Bill Thayer : Clic !). (Pour les règnes de Nerva et de TRajan : livre 68)
  • Les œuvres de Pline le Jeune (voir : agoraclass.fltr.ucl.ac.be)
  • Les abréviateurs romans du IVe siècle, parmi lesquels Eutrope et Aurélius Victor (remacle.org) sont les plus connus.

… Mais, heureusement pur les internautes curieux d'histoire, l'excellent site Méditerranées a eu la non moins excellente idée de mettre en ligne la plupart de ces sources antiques, autrement assez difficilement accessibles.

Vous trouverez sur ce site :

(Pour les autres empereurs romains du IIe siècle : Clic !)

site mediterranees
 
 
Thierry réécrit :
 

Dernière question : savez-vous s'il a été fait usage de cataphractaires durant la guerre de Judée ? Je crois savoir qu'un certain nombre de rois parthes s'étaient alliés à Titus : Vologèse, roi de Commagène, il me semble… En plus, selon mes sources, ce dernier avait la mauvaise manie de jeter de l'"huile de pétrole" sur ses ennemis… Je me trompe peut-être… Connaîtriez-vous quelqu'un qui serait spécialisé sur le Moyen-Orient antique période 68 à 75 ap. J.C. ?

Voilà plus précisément ce qui m'intéresse…

Un nouveau raid des Alains se produit en 75 et Vologèse est si menacé qu'il propose une lutte commune contre les nomades à l'empereur Vespasien qui refuse. En représailles, Vologèse envoie une armée parthe envahir les régions frontalières de la Syrie. Ces forces sont repoussées par les 4 légions qui stationnent dans la province et la paix revient.

Où puis-je trouver des infos précises sur ces événements ? Flavius Josèphe reste assez vague… Y a-t-il eu ou non usage de cataphractaires et d'huile de roche ?

 
 
 
RÉPONSE :
 

Je ne voudrais pas vous paraître exagérément pessimiste, mais je ne vois pas très bien où vous pourriez trouver des infos supplémentaires sur ce raid des Alains qui poussa le roi des Parthes à solliciter - infructueusement - l'aide de Rome.

Ainsi que vous l'avez noté, Flavius Josèphe évoque brièvement une razzia de ces barbares dans sa Guerre des Juifs (livre IV, 7-4). Mais cette campagne, qui visa principalement l'Arménie, précéda sans doute celle de 75, dirigée quant à elle vers l'Empire parthe proprement dit. On trouve mention des soucis du roi Vologèse et de son SOS adressé à Vespasien dans les Douze Césars de Suétone (Vie de Domitien, 2). Dion Cassius (Histoire romaine, livre 65, 15) y fait également allusion, ainsi qu'Aurélius Victor (Cæsaribus, IX). Comme vous le constaterez, ces deux derniers historiens, assez tardifs, disent à peu près la même chose. Sans apporter de précisions complémentaires, ils se contentent de reprendre les données fournies par Suétone, dont ils se sont sans doute inspirés.
Quant aux sources historiques d'origine parthe, j'ai bien peur qu'elles fassent totalement défaut. En tout cas, je n'en connais pas l'ombre d'une…

Je ne puis malheureusement guère vous aider dans vos recherches sur l'emploi des cataphractaires et de l'huile de roche par les Parthes : je ne dispose pas de documentation très détaillée ni sur l'armée romaine, ni (et encore moins) sur celle des Parthes.
Au hasard de me déambulation sur le Web, j'ai cependant trouvé ces pages qui pourront peut-être vous intéresser :

vespasien

Désolé de ne pouvoir mieux vous renseigner à ce sujet.

 
 
 
16 Juillet 2007
"lirado" a écrit :
 

Je viens d'ouvrir un annuaire qui référence uniquement les sites en rapport avec la scolarité.
Il s'adresse aux enfants et adolescents : Les Ecoliers

annuaire - les ecoliers
 
 
 
 
 
19 Juillet 2007
Raoul a écrit :
 

En jetant un coup d'œil sur la Toile, j'ai vu qu'un intervenant vous avait envoyé un e-mail concernant Néron.
Or il se trouve que, toujours sur le réseau, j'ai vu que le DIR avait consacré une nouvelle biographie à Néron, en français, sous la plume de M. Donatien GRAU que, je crois, vous mentionnez dans votre section "courrier" pour son ouvrage sur les monnaies romaines.

DIR

Néron (54-68 A.D.)
Donatien GRAU

Ecole normale supérieure-Ulm

 
nero
 
 
22 Juillet 2007
Jdecl a écrit :
 

Dans un email du 15 mars 2002 (que du neuf !), vous dîtes que Fl. Mérobaude est un poète, auteur du panégyrique d'Aetius… Tout à fait, mais il ne fut pas que poète ! Il fut également, si j'en crois Emilienne Demougeot, historienne des années 60 & 70 mais largement reconnue par ses pairs actuels, un officier d'Aetius qui mena une campagne contre les bagaudes Aracélitains d'Espagne en 443 dans la région de Pampelune, campagne d'ailleurs victorieuse (E. Demougeot, La formation de l'Europe et les invasions barbares, Ed. Montaigne, 1979, pp. 480 et 500 - citant la chronique d'Hydace / Idace de Chaves).

Mis à part celà, il est donc l'auteur en 446 d'un panégyrique d'Aetius, ce qui est des plus surprenant puisque, sauf erreur de ma part, les panégyriques étaient réservés aux Auguste et Augusta (jusqu'à la prise de pouvoir de Théodoric roi des Ostrogoths, qui aura droit à son panégyrique écrit par Ennodius de Pavie… mais bien en tant que souverain officiel de l'Italie)

Aetius semble être le seul personnage "non-souverain" à avoir bénéficié d'une telle reconnaissance ; pourtant les Patrices Constantius (de 411 à 421), Ricimer (de 457 à 472) et Gondebaud (473-474) eurent une influence considérable sur leurs empereurs respectifs sans bénéficier de panégyriques à leurs gloires personnelles… Comment peut-on interpréter celà ? Aetius, comme Jules César en son temps, se servait-il du stylet pour coucher sur papier ses hauts-faits tant pour sa gloire personnelle que pour défendre des intérêts politiques ? A l'époque, il était cependant Patrice, et ne pouvait guère viser plus haut, sauf à préparer le terrain à son fils…

 
 
 
RÉPONSE :
 

Un grand merci pour ces précisions complémentaires sur le deuxième Mérobaude, qui fut donc (s'il faut en croire Mme DEMOUGEOT) non seulement poète, mais aussi soldat.

Comment se fait-il qu'il consacra un panégyrique à Aetius alors que celui-ci n'était pas empereur, mais seulement "patrice" ?

Tout d'abord, je ne suis pas sûr du tout que le dédicataire d'un panégyrique se devait d'être le chef de l'État romain ou son épouse. Je constate en effet qu'un peu avant l'époque d'Aetius, le poète Claudien pondit des panégyriques à la gloire de consuls pour nous assez obscurs, en tout cas, beaucoup moins illustres que le "Dernier des Romains". Par exemple, pour le consulat de Probinus et d'Olybrius (voir remacle.org), ou pour celui de Mallius Theodorus (remacle.org).

Si c'est pourtant bien le cas, honnêtement, je n'ai pas d'explication décisive à la faveur dont Aetius aurait bénéficié… Toutefois si j'en crois GIBBON (Histoire du Déclin et de la Chute de l'Empire romain, chap. 35), les "écrivains de son temps le [= Aetius] nommaient duc ou général des Romains en Occident". C'est-à-dire qu'ils le considéraient comme un genre de "régent", gouvernant effectivement l'Empire à la place de l'empereur légitime, l'incapable Valentinien III.
Voyez aussi cette thèse universitaire de François PLOTON-NICOLLET. Outre quelques éléments biographiques (qui confirment ceux que vous me communiquez), elle fournit peut-être un autre élément d'explication. En effet, selon l'auteur, il faudrait plutôt considérer cet ouvrage comme un remerciement : même s'il respecte strictement les formes du panégyrique, "ce texte est en fait une gratiarum actio, prononcée pour remercier le généralissime d'Occident qui avait obtenu pour Mérobaude le titre de patrice."