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Juin 2007 (page 2/2)
Sommaire du mois de Juin : Clic
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| 25 Juin 2007 |
| Nadia
a écrit : |
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Je
me perds sur cette toile J Raison pour laquelle je
me permets de vous poser directement la question :
Je cherche à savoir si les lettres
de Ponce Pilate à Titus concernant Jésus
sont réelles, et si elles sont à
la disposition du public ?
Que pensez-vous du livre d'Eric-Emmanuel
Schmitt, L’Evangile selon Pilate
?
Cet écrivain a réellement fait des recherches
? Ou devrions-nous considérer ce roman irréel
?
Je vous pose ces questions, parce que depuis mon enfance,
j’ai instinctivement refusé l’enseignement
biblique tel qu’on nous l’enseignait.
Je posais sans cesse des questions dont les réponses
s'il y en avait ne me donnaient pas satisfaction.
Ce livre m’a percutée
parce que je pensais l’histoire dans le même
sens sans que l’on m’en ait parlé
(il y a déjà 30 ans) ! Ce qui m’a
valu de me faire rejeter de l’enseignement biblique
et de la cérémonie de confirmation !
Comme je doute toujours de
tout… que je recherche sans cesse des réponses
à tout… J’ai connu les mêmes
colères face à ce Dieu que l’on
nous présentait etc… Je veux savoir maintenant
si ces hypothèses peuvent avoir un sens ?
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| RÉPONSE
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C'est avec plaisir
que j'ai lu, moi aussi, L'Évangile
selon Pilate d'Éric-Emmanuel
SCHMITT, mais sans rechercher - et
a fortiori sans trouver - de révélations
historiques inédites sur Pilate
ou sur Jésus
dans cette œuvre qui m'a semblé
avant tout d'ordre littéraire. L'auteur
nous confie d'ailleurs, dans sa postface (Journal
d'un roman volé), que s'il s'est
"approprié", pendant
de longues années, les recherches des
historiens, des "chercheurs du réel",
il s'en est ensuite affranchi pour (re)créer
son Christ personnel. cet être qui fut
"d'abord un homme, puis peut-être
un Dieu" et qui, malgré ses
doutes, ose parier qu'il est le Messie.
Il est vrai que pour écrire un roman
dont le héros est Pilate, mieux vaut
faire preuve d'imagination tant on sait peu
de choses à son sujet ! Pour vous en
rendre compte, je vous invite à jeter
un coup d'œil sur cet ancien
courrier où j'ai résumé
l'essentiel des infos (sûres, moins sûres,
douteuses, fausses) qui nous ont été
transmises sur le plus célèbre
des préfets romains de Judée.
(Plus généralement sur Pilate
et sur son épouse Claudia Procula, voyez
ici : Clic
! ).
La correspondance entre Pilate et son
frère Titus qui sert de trame
au roman d'Éric-Emmanuel SCHMITT est
donc totalement le fruit de l'imagination de
l'auteur. Nous ne possédons plus aucun
document de la main du magistrat romain, et
ce depuis bien longtemps ! À l'époque
de la persécution
de Dioclétien (début du IVe
siècle), les adversaires du christianisme
diffusèrent le soi-disant rapport officiel
de Pilate sur l'exécution de Jésus
(avec l'acte d'accusation), mais il semble bien
que ce document n'était qu'un faux malveillant,
un ramassis de mensonges odieux… Enfin,
c'est là ce qu'affirmèrent les
doctes chrétiens du temps, et comme,
une fois victorieux, ils s'empressèrent
de détruire jusqu'au dernier exemplaire
de ce texte blasphématoire, nous sommes
bien obligés de les croire sur parole
! En revanche nous pouvons encore lire des Actes
de Pilate d'inspiration chrétienne,
un texte encore plus certainement faux que son
homologue païen (il s'agit d'un apocryphe
du IVe siècle), mais nettement plus édifiant
: c'est lui qui servit de base à la tradition
qui présente Pilate, l'autoritaire et
cruel préfet de Judée, presque
comme un disciple du Christ. (Le texte des Actes
de Pilate est disponible sur la Toile :
perso.orange.fr/catholicus).
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| 25 Juin 2007 |
| Philippe
a écrit : |
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| J'aurais
une petite question : savez-vous chez
quel auteur de l'Antiquité on trouve
le récit de la découverte
du Saint des Saints du Temple de
Jérusalem par Titus ? |
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| RÉPONSE
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| Le récit
de l'entrée de Titus
dans le Temple de Jérusalem, qui
précéda de fort peu la destruction
de cet édifice (en 70 ap. J.-C.),
se trouve chez l'historien juif FLAVIUS
JOSÈPHE (Guerre des
Juifs, Livre
VI, IV,
260).
Cependant, comme vous parlez de "découverte
du Saint de Saints", je me demande
si vous ne voulez pas plutôt évoquer
la première intrusion d'un général
romain dans cet endroit sacré,
en l'occurrence celle Pompée, en
63 av. J.-C. Le général
romain entra dans le Temple en vainqueur,
l'épée à main, et,
écartant le rideau qui dissimulait
le Saint des Sains aux yeux profanes,
s'étonna de le trouver totalement
vide. Le récit de cet événement
peut aussi se lire chez FLAVIUS JOSÈPHE
(Antiquités Judaïques,
livre
XIV, IV,
3-5 - Guerre des Juifs, Livre
I, VII,
6 - 2). |
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| Philippe
réécrit : |
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Merci
de combler ainsi toutes mes attentes ! Je vous suis
infiniment reconnaissant pour cette double réponse.
Vous avez raison, j'avais bien à l'esprit l'intrusion
de Pompée.
Cependant vous parlez bien vous-même du "général
romain qui entra dans le Temple en vainqueur, l'épée
à main, et, écartant le rideau qui dissimulait
le Saint des Saints aux yeux profanes, s'étonna
de le trouver totalement vide", et c'est précisément
cela que j'avais entendu et que je recherchais. Or,
dans ces deux textes de Flavius dont vous me donnez
aimablement l'adresse, il parle bien de l'intrusion
de Pompée dans le Temple, mais ne mentionne ni
son entrée dans le Saint des Saints
ni sa réaction étonnée. Il doit
donc y avoir un autre texte dont votre propre remarque
se fait l'écho ! À moins que ma lecture
n'ait pas été assez attentive ! Avez-vous
une piste ? |
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| RÉPONSE
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Oui, vous avez
raison, les textes de FLAVIUS JOSÈPHE
dont je vous avais transmis les références
ne correspondent pas littéralement à
l'anecdote généralement rapportée
: Pompée, pénétrant en
armes dans le Saint des Saints, et
s'étonnant du vide des lieux. Si Josèphe
décrit bien le général
romain, évidemment armé de pied
en cap (il venait de donner l'assaut au Mont
du Temple), entrer dans ledit Saint des
Saints, ce lieu "où il
vit tout ce qu'il est interdit de voir aux autres
hommes, hors les seuls grands-prêtres",
il ne dit rien de son étonnement…
J'avais bien sûr noté cette lacune
au moment de vous répondre, mais je ne
m'en étais guère soucié
puisqu'un passage de l'Histoire de la Rome
antique de Lucien JERPHAGNON, historien
hautement fiable en matière de sources
littéraires, m'avait confirmé
la "piste Josèphe" : "Flavius
Josèphe raconte que Pompée, impressionné
sans doute par ce dieu inconnu, pénétra
l'épée à la main dans le
temple et jusque derrière le rideau qui
dissimulait le sanctuaire, le Saint des Saints.
On dit qu'il fut infiniment désappointé
de n'y rien trouver du tout, le culte juif étant
sans représentation ni statue, et se
voulant tout entier en esprit."
J'ai donc pensé - hypothèse qui
me paraît d'ailleurs toujours valable
- que si je ne retrouvais pas chez Josèphe
l'intégralité du récit
rapporté par Lucien Jerphagnon, c'était
seulement parce que celui-ci s'était
référé à une autre
version du texte de Josèphe. En effet,
les nombreux manuscrits anciens des œuvres
de l'historien juif (non seulement en grec,
mais aussi en slavon, c'est-à-dire en
vieux slave) présentent entre eux des
variantes très importantes. Il faut dire
que les moines-copistes qui retranscrivirent
les textes de cet écrivain, réputé
"perfide" parce que Juif, furent sans
doute plus soucieux du respect des dogmes de
l'Église que de l'intégrité
du texte de Josèphe ! |
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Il existe cependant une autre piste : celle de TACITE.
Voici ce qu'il écrit dans ses Histoires
(V, 9) : "Pompée fut le premier Romain
qui dompta les Juifs. Il entra dans le temple par
le droit de la victoire ; c'est alors qu'on apprit
que l'image d'aucune divinité ne remplissait
le vide de ces lieux, et que cette mystérieuse
enceinte ne cachait rien." (voir : bcs.fltr.ucl.ac.be).
Mais comme vous le constatez, ici non plus, pas de
trace vraiment explicite du supposé ébahissement
de Pompée… |
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| 25 Juin 2006 |
| Jean-Albert
a écrit : |
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La
citoyenneté romaine a été donnée
en 212 par Caracalla à tous les habitants libres
de l'Empire. Quel a été le sort réservé
au Fiscus Judaïcus ? A-t-il été
supprimé ?
Les exemptions concédées aux communautés
juives par Jules César en contrepartie
du financement de sa carrière politique (dispense
d'assister aux cérémonies officielles,
dispense d'être assujetti aux impôts devant
frapper les citoyens romains, etc.) ont-elles
été abrogées par la même
occasion ?
Je n'ai trouvé jusqu'ici aucune réponse. |
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| RÉPONSE
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| Malheureusement, je
n'ai pas trouvé non plus beaucoup de renseignements
sur l'évolution du fiscus judaicus.
On sait que cet impôt fut instauré par
Vespasien
pour remplacer la "redevance" de deux drachmes
que tout Juif devait payer au Temple de Jérusalem.
Ce superbe édifice fut réduit en cendres
par son fiston Titus.
Mais on sait que, pour l'empereur Vespasien, l'argent
n'avait pas d'odeur ! Il se garda donc
bien d'exempter les Juifs, rebelles impénitents,
de cette taxe pourtant désormais sans objet,
et ordonna au contraire que cette redevance annuelle
fût dorénavant perçue plus exactement
et plus diligemment que jamais, et fut ponctuellement
versée au temple de Jupiter Capitolin de Rome,
c'est-à-dire, dans la réalité
des faits, qu'il vienne enrichir le trésor
de guerre des Romains.
Qu'advint-il par la suite du fiscus judaicus
? Je n'en sais trop rien… SI j'en crois cette
page de l'encyclopédie libre Wikipédia
(version anglophone), la date du son abolition demeure
incertaine, même si des preuves confirment encore
sa perception au milieu du IIe siècle, et que
des sources littéraires indiqueraient même
qu'il existait toujours au début du IIIe siècle.
Le même article signale aussi "que
certains historiens attribuent son abolition à
Julien l'Apostat",
donc vers 360-363…
Je n'ai pas pu recueillir non plus de renseignements
sur les fameuses exemptions accordées
aux Juifs par Jules
César… Mais il m'étonnerait
fort qu'elles aient survécu aux grandes révoltes
juives, surtout à celle qui éclata à
la fin du règne de Trajan
(vers 115-117) et qui concerna surtout les Juifs de
la Diaspora (communautés d'Égypte,
de Chypre, de Syrie, d'Asie Mineure, de Rome, etc…).
De toute façon, il ne faut pas trop fantasmer
sur ces exemptions : elles ne concernaient probablement
que Juifs de Rome. Quant à la condition des
autres communautés juives, elle variait sensiblement
d'une province - voire d'une métropole - à
l'autre. Bref, les Juifs d'Alexandrie n'avaient ni
les mêmes droits ni les mêmes devoirs
que ceux d'Antioche, ni ceux d'Antioche les mêmes
que ceux de Cyrénaïque ou que ceux de
Chypre. |
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