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Sommaire Janvier - Février 2007 :

  • 3 Janvier 2007:
    • Voltaire et la juste guerre de Spartacus : Clic !
  • 6 Janvier 2007:
    • Noms d'apôtres et midrashim : Clic !
  • 6 Janvier 2007:
    • L'intolérance de saint Augustin : attention aux anachronismes ! : Clic !
  • 7 Janvier 2007:
    • Au fait, combien d'empereurs romains ? : Clic !
  • 15 Janvier 2007:
    • Comment reconnaître un vrai bronze romain ? : Clic !
  • 17 Janvier 2007:
    • L'espérance de vie des Romains et les performances de leur médecine : Clic !
2e Page
  • 17 Janvier 2007:
    • Comm (Commios), l'irréductible Atrébate : Clic !
  • 22 Janvier 2007:
    • Faisons le point sur la famille et les vertes années de Septime Sévère : Clic !
  • 31 Janvier 2007:
    • Ides de Mars : l'auto-euthanasie du divin Jules ? : Clic !
  • 1er Février 2007:
    • Chute de l'Empire romain : la faute à l'Empire lui-même ! : Clic !
      • Salvien, le théologien de la libération (par les Barbares)… : Clic !
    • Le choix de Marc Aurèle : Commode comme pis-aller ! : Clic !
3e Page
  • 3 Février 2007:
    • Parler du premier triumvirat sans parler des triumvirs ? : Clic !
  • 8 Février 2007:
    • La reine Hélène d'Adiabène, alias Marie de Magdala, alias Marie Madeleine, alias la "Sainte Vierge" : Clic !
  • 13 Février 2007:
    • Le divin Jules, empereur romain : une hérésie ? : Clic !
  • 14 Février 2007:
    • Quelques précisions de bon aloi sur Silbannacus : Clic !
      • GRICCA : Silbannacus : encore d'autres problèmes ! : Clic !
  • 14 Février 2007:
  • 22 Février 2007:
    • La civilisation romaine : la plus ignoble de toutes ? : Clic !
  • 22 Février 2007:
    • L'espérance de vie des Romains : revue à la baisse ! : Clic !
    • Scipion Émilien : le saleur de la terre ! : Clic !
4e Page
  • 23 Février 2007:
    • Le Concile de NIcée orchestra-t-il le complot Dan-Brownien ? : Clic !
    • Les évangiles apocryphes, plus vrais que les vrais ? : Clic !
    • Les Romains se convertirent-ils à la religion grecque ? : Clic !
  • 23 Février 2007:
    • À la recherche de légions césariennes stationnées à Orléans… : Clic !
  • 26 Février 2007:
    • Les Romains ont-ils vulgarisé la science grecque ? : Clic !
  • 26 Février 2007:
    • Les disputes de la jeune Église, plus sanglantes que les persécutions romaines ? : Clic !
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"EMPEREURS ROMAINS"
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3 Janvier 2007
Alex a écrit :
 

Je suis en train d'écrire un article sur la vie de Spartacus. Par conséquent, j'ai lu quelques livres le concernant. Voici mon petit problème :
Pouvez-vous me citer le livre de Voltaire où il traite la révolte de Spartacus ? Je pose cette question parce que j'ai trouvé une source anglaise (F. A. Ridley; Spartacus -The Leader of The Roman Slaves, 1963) qui contient en anglais la citation suivante de Voltaire :
"The war of Spartacus and the Slaves was the most just war in History; perhaps the only just war in History." -Voltaire.
Pourtant, Ridley, n'a pas mentionné la source exacte de Voltaire pour cette citation.
Vous qui de toute évidence connaissez bien l'histoire de Rome, pouvez-vous m'aider ?

 
 
 
RÉPONSE :
 

Cette citation de Voltaire ("De toutes les guerres, celle de Spartacus est la plus juste, et peut-être la seule juste") est extraite de son Dictionnaire philosophique - Article Esclaves (voir : www.voltaire-integral.com).

Je vous signale encore que Montesquieu, autre illustre représentant des Lumières françaises, écrivit lui aussi quelque chose d'assez semblable ("La guerre de Spartacus était la plus légitime qui ait jamais été entreprise" - voir : unade.net/Ils-ont-dit-non-a-la-colonisation)… mais je ne sais pas précisément de quelle œuvre de Montesquieu cette phrase est tirée.

 
 
 
6 Janvier 2007
Michel Lévy (www.cdweb.com/mll) a écrit :
 

Je voudrais confirmer à vos correspondants qui vous interrogent sur l'historicité des personnages des Evangiles, Jésus, Judas (Iscariote et de Gamala), Jean (Baptiste et Evangéliste), Quirinius et autres…. ce que vous leur suggérez. Tous ces noms relèvent de "midrashim" hébreux, de jeux de mots si l'on veut, mais de jeux de mots sérieux. Il y aurait un lexique à faire, qui s'étendrait aux noms géographiques, Galilée, Damas, Gamla, Arimathée….

Quirinius, par exemple, comme Cyrène (Simon de Cyrène), assone avec "Qeren", "rayonner" en hébreu, qui a conduit Michel-Ange à doter son célèbre Moïse de "cornes". Le problème avec ces midrashim, c'est qu'ils sont créateurs d'histoires qui peuplent les écrits "deutérocanoniques" (dont les Macchabées) et "gnostiques". Il est alors impossible de démêler l'historique du romanesque. Flavius Josèphe lui-même raconte comme de l'histoire des épisodes midrashiques. Voir entre autres sur mon blog la série Les cornes de Moïse. .

 
 
 
6 Janvier 2007
"Toubibgv" a écrit :
 

Dans le cadre de recherches sur Augustin, je viens de lire deux courriers sur les forfaits d'Augustin et les circoncellions.
La violente réaction et la brutalité, contre les hérésies, les schismes et les sectes (donatisme, pélagianisme, manichéisme), nous laissent un sentiment de grande intolérance et de violence.
Pourtant il semble d'après plusieurs auteurs dont P.Brown et S.Lancel qu'il nous faut replacer les événements dans leur contexte historique et que la société romaine devenue chrétienne au IV siècle ne puisse pas être jugée selon nos critères actuels. Le fanatisme et l'intolérance, termes que nous utilisons, ne sont pas justifiés. À la fin de l'Empire, la société a mis en avant un comportement religieux, une nouvelle religiosité ; et l'ascétisme. De plus la société romaine est empreinte d'une certaine violence avec une administration pesante, des empereurs se succédant parfois après quelques années de règne, un Etat répressif pour maintenir son unité.
Je ne peux pas apporter une meilleure argumentation que celle des auteurs que je viens de citer et renvoie les curieux à leurs livres qui apporteront aussi des lumières sur les Romains d'Afrique.

  • Brown P .
    La vie de saint Augustin,
    Le Seuil ed., Paris, 2001,
  • Lancel S.
    Saint Augustin,
    Fayard éd, Paris, 1999
  • Marrou H.-I.
    Décadence Romaine ou Antiquité Tardive ?,
    Le Seuil ed., Paris, 1977

Bonne lecture !

 
 
 
RÉPONSE :
 

Un grand merci pour ces intéressantes réflexions, ainsi que pour ces conseils de lecture. Je connaissais le livre de Marrou, pas les autres… mais il est vrai que je n'ai plus guère fréquenté Augustin depuis que j'ai quitté - d'ailleurs prématurément - les bancs de l'université, il y a de cela une trentaine d'années.

Vous avez certes raison : il serait du dernier ridicule de juger les comportements des hommes de l'Antiquité à l'aune des nôtres. Et ce d'autant plus qu'en matière de violence, d'intolérance et de fanatisme, notre charmante époque n'a guère de leçon à donner à quiconque !
Il n'en reste cependant pas moins vrai qu'à moins de tomber dans le "relativisme" si violemment fustigé par notre ami, le pape Benoît XVI, la tolérance est - ou devrait être - une valeur intemporelle et universelle, vers laquelle les hommes de tout temps doivent, devraient, auraient dû tendre.
Utopie, bien sûr…

On peut pourtant regretter que l'Empire chrétien, instauré par Constantin et ses successeurs, se soit si aisément "coulé dans le moule" de l'Empire païen de Dioclétien. Les doux préceptes évangéliques de fraternité universelle, de pardon des offenses, de respect des faibles et des humbles furent vite relégués au placard des naïvetés inapplicables. L'autoritarisme, le dirigisme forcené hérités des Tétrarques ne furent jamais vraiment contestés par l'élite chrétienne. Au contraire, la transformation du christianisme en religion d'État fournit au Bas-Empire romain le seul ingrédient qui lui faisait défaut pour devenir un vrai "totalitarisme", à savoir une idéologie susceptible de contrôler ses "sujets" dans tous les domaines de leur vie, publique, privée, intime.

Cela dit, on peut bien sûr comprendre saint Augustin et ses collègues ecclésiastiques : être si viscéralement convaincu de la force et de l'utilité de sa Vérité ne peut que donner envie de la faire partager à tout le monde… et de vouer aux gémonies les sceptiques, mécréants et autres hérétiques de tout poil. "Faut vraiment avoir le diable chevillé au corps pour nier de telles évidences, pour refuser le salut du Christ !".
Je ne doute toutefois guère qu'in petto, le bon saint Augustin regrettait les violences auxquelles son zèle missionnaire et polémiste le poussaient parfois. Il avait sans doute un bon fond, le bougre, et une âme sensible (quoique bouillante) !… Mais enfin, le Christ lui-même n'avait-il pas prescrit qu'il fallait "contraindre d'entrer" ceux qui refusaient de participer au repas du Seigneur.

saint augustin
 
 
 
7 Janvier 2007
Anne-Julie a écrit :
 
Je voulais, par curiosité (mais pas seulement …) connaître le nombre d’empereurs romains, sans les annexes, etc …qui ont régné ?
 
 
 
RÉPONSE :
 

Il est difficile d'être précis, car certains usurpateurs pourraient être considérés comme des empereurs légitimes, et vice-versa. Toutefois, la chronologie générale que j'utilise couramment (Chronologie universelle d'Histoire, Larousse, coll. "In extenso") se livre à ce petit exercice de calcul. Selon ce bouquin, Romulus Augustule (déposé en 476), serait le 82e et dernier empereur romain d'Occident.

Pour info, voici, d'après cette Chronologie, la liste "officielle" des empereurs :

1. Auguste
2. Tibère
3. Caligula
4. Claude
5. Néron
6. Galba
7. Othon
8. Vitellius
9. Vespasien
10. Titus
11. Domitien
12. Nerva
13. Trajan
14. Hadrien
15. Antonin le Pieux
16. Marc Aurèle
17. Lucius Verus
18. Commode
19. Pertinax
20. Didius Julianus
21. Septime Sévère
22. Caracalla
23. Geta
24. Macrin
25. Élagabal
26. Sévère Alexandre
27. Maximin le Thrace
28. Gordien I
29. Gordien II
30. Maxime Pupien
31. Balbin
32. Gordien III
33. Philippe l'Arabe
34. Dèce
35. Herennius
36. Hostilianus
37. Trebonianus Gallus
38. Volusianus
39. Émilien
40. Valérien
41. Gallien
42. Claude II le Gothique
43. Aurélien
44. Tacite
45. Probus
46. Carus
47. Numérien
48. Carin
49. Dioclétien
50. Maximien Hercule
51. Constance Chlore
52. Galère
53. Sévère
54. Constantin
55. Maxence
56. Licinius
57. Maximin Daïa
58. Constantin II
59. Constant
60. Constance II
61. Magnence
62. Julien
63. Jovien
64. Valentinien Ier
65. Valens
66. Gratien
67. Valentinien II
68. Théodose
69. Magnus Maximus
70. Arcadius
71. Honorius
72. Constance III
73. Valentinien III
74. Pétrone Maxime
75. Avitus
76. Majorien
77. Libius Severus
78. Anthémius
79. Olybrius
80. Glycerius
81. Julius Nepos
82. Romulus Augustule
 
 
 
15 Janvier 2007
"B. Ossien" a écrit :
 
Pourriez-vous me dire comment on reconnaît qu'un grand bronze romain a été frappé à Rome ?
La question suivante sera : comment peut-on dire que c'est la sixième officine ?
Bientôt, les experts nous diront-ils "frappé à 17h44" ?
Si vous arrivez à me répondre, je vous ferai un triomphe digne de la Rome antique.
 
 
 
RÉPONSE :
 

Je vois hélas qu'il me faudra renoncer à ce triomphe romain dont j'avais pourtant rêvé, avec quadrige piaffant, couronne de laurier, visage minium… et, à l'instar du Jules César d'Astérix, calembourdesque (af)franchissement d'un rubicond enchaîné. Je ne dispose en effet d'aucun renseignement relatif aux méthodes d'identification des bronzes antiques, qu'ils soient romains, corinthiens ou autres…
Mais peut-être de sagaces internautes pourront-ils nous aider… et mériter ainsi votre fameux triomphe césarien ?

 
 
 
17 Janvier 2007
Alexandre a écrit :
 
Pour bien commencer l’année, j’ai encore une question à vous poser. Ayant conversé récemment avec un collègue de bureau sur l’Empire romain, je n’ai pas trouvé de réponse à son commentaire disant que la médecine au temps de l’Empire était mauvaise. J’ai eu beau argumenter et lui montrer maints exemples sur la formidable médecine de ce temps, il continue à me raconter que l’espérance de vie était très courte ; ce que bien sûr je ne crois pas.
Vous seul pouvez répondre à cette question. Quelle était l’espérance de vie durant l’Empire romain ?
 
 
 
RÉPONSE :
 

Vous savez quoi ? J'ai bien peur d'être plutôt d'accord avec votre collègue qu'avec vous !… Bon, bien sûr - et ainsi que je le répète souvent, je ne suis pas particulièrement "branché" sur la vie quotidienne à Rome, et je ne dispose donc pas de documentation particulièrement détaillée sur la médecine romaine, ou sur l'état sanitaire et l'espérance de vie des Romains. Même sur la Toile, je n'ai guère pu recueillir que des descriptions sommaires des pratiques médicales, mais pas ou peu d'avis pertinents sur la valeur ou l'efficacité des techniques utilisées. Toutefois, d'après le peu que j'en sais, mieux valait quand même rester en bonne santé que d'avoir affaire aux émules romains d'Hippocrate. Et lorsque l'on tombait malade, il était préférable de n'être pas trop douillet ! (Avez-vous vu la série TV Rome et l'horrifiante trépanation subie un de ses héros, le légionnaire Pullo ?).

N'oublions pas non plus que, même si les techniques chirurgicales étaient connues, dans la pratique, l'absence totale d'anesthésie et d'asepsie limitait fortement la réalisation et le succès des interventions. À quoi bon savoir comment extraire une pierre de la vessie si le patient claque suite au choc opératoire ou si la gangrène l'emporte quelques jours après la "réussite" de l'opération ?…

Pour l'espérance de vie, je crois avoir lu quelque part qu'aux beaux jours de la Rome impériale (Ier - IIe siècle de notre ère), elle se situait aux alentours de 40 ans… Ce qui est peu à nos yeux, mais n'est finalement pas si mal en regard des 25 ans que pouvaient espérer atteindre les gens du "beau" Moyen Age.
Mais évidemment, comme toujours, l'espérance de vie faiblarde des Romains est surtout une conséquence de la très forte mortalité infantile. Un enfant sur deux, un enfant sur trois (?) mourait dans les deux premières années de sa vie (cette proportion restera, grosso modo, inchangée jusqu'au XVIIIe siècle). Et puis, ne perdons pas de vue non plus le grand nombre de femmes qui, malgré les médecins (ou à cause d'eux ?), claquaient en couches dans la fleur de l'âge… ce qui ne contribuait pas à relever le niveau de l'espérance de vie.

chirurgie romaine

Opération romaine
(un chirugien retire une pointe de flèche de la cuisse d'Énée)

Même si elle fut brillante à maints égards, il ne convient donc pas de surestimer la civilisation romaine. Son économie largement "de subsistance", basée prioritairement sur l'agriculture, la rendait éminemment fragile, et sa mentalité traditionaliste (pour ne pas dire passéiste) la rendait foncièrement sceptique (sinon rétive) à tout changement, à tout progrès technologique. (A ce sujet, voyez : Clic !, Clic ! et Clic !).

 
 
 
Alexandre réécrit :
 

Comment oublier la fameuse trépanation du légionnaire Pullo de la série Rome. Elle me semble un peu exagérée selon moi.
Je crois que le chirurgien de notre groupe de reconstitution romaine aurait les cheveux dressés sur la tête en lisant vos propos. Saviez-vous que sur le champ de bataille, il était possible de guérir une fracture ouverte et que le patient avait plus de 90 % de chances de remarcher ? Pour ce qui est des anesthésies, j’ai lu souvent qu’on utilisait l'opium venu du lointain orient ou alors des graines de pavot. Alors, l’anesthésie existait bel et bien.

J’ai finalement fait une compilation de l’âge de tous mes auteurs latins durant l’Empire avec leur date de naissance et de décès et j’ai remarqué que la plupart d’entre eux sont morts entre 70 et 80 ans, nous sommes loin du compte. Bien sûr il y avait un nombre de mortalité infantile quelquefois élevée, mais cela est toujours le cas aujourd’hui dans les pays sous-développés, alors nous n’avons toujours pas évolué de ce côté. Plusieurs mères mourraient en couche également, mais plusieurs étaient sauvées ainsi que leurs enfants. Nous pourrions donc grosso modo monter l’espérance de vie à 60 ans durant l’Empire n’est-ce pas ?

 
 
 
RÉPONSE :
 

Oui, bien sûr, le pavot, voire des fumigations de haschich, pourquoi pas… Comme je vous l'ai dit d'emblée, je ne suis pas trop familier de ce genre de questions. Cependant, si vous voulez mon avis (et quoi qu'en dise le médecin-major de votre légion reconstituée), il m'étonnerait fort que les blessés rescapés des batailles romaines eussent bénéficié de la moindre anesthésie pour souffrir (ô combien) les amputations, cautérisations, trépanations, réductions de fractures et autres abominables charcutages. Si tant est qu'ils existaient, les anesthésiques, hors de prix parce qu'importés à prix d'or du lointain Orient, devaient être réservés aux patriciens douillets, et non à la "chair à balistes", aux grossiers soudards des légions !

Aucun problème pour convenir avec vous qu'une fois dépassé l'âge critique de l'enfance et son effrayante mortalité, le Romain de l'Age d'Or de l'Empire (la situation sanitaire et épidémiologique se dégrada dès le règne de Marc Aurèle, 161-180), avait de bonnes chances d'atteindre un âge relativement avancé, peut-être la soixantaine. Pourquoi pas ?… Mais il n'en demeure pas moins que l'espérance de vie resta toujours globalement faible.
Je lis dans L'Empire romain en mutation de Jean-Michel Carrié et Aline Rousselle (Éditions Seuil, Coll. "Points") qu'à l'époque des Sévères (193-235), "deux tiers des individus du monde romain avaient perdu leur père à onze ans" et qu'"à trente-trois ans, un individu sur cinq seulement avait encore son père". Bien sûr, au tournant des IIe et IIIe siècles, la recrudescence des épidémies et des guerres provoqua peut-être un certain affaissement de la démographie, et puis, l'on sait aussi que les hommes se mariaient assez tard… Mais il n'empêche que ces données statistiques n'incitent guère à doter les Romain d'une espérance digne de Jeanne Calment.

RÉACTION À CE COURRIER :

CLIC !

 
 
 
Alexandre réécrit :
 

Je dois avouer que c’est un point de vue intéressant. L’opium devait être hors de prix comme anesthésiant, en effet. Mais peut-être avaient-ils recours à la bonne vieille méthode de « saouler » le patient jusqu’à ce qu’il ne sente plus rien.
Encore, les débats sont chauds car on n’a que peu de preuves de l’efficacité de la médecine du temps et nous en découvrons plus chaque jour. Nos amis Anglais de ce côté découvrent chaque jour quelque chose. Une chose est sûre, le débat concernant l’espérance de vie dans l’Empire romain n’a pas fini de faire couler l’encre.

Une dernière chose et je vous laisse en paix. Je viens de découvrir un article intéressant sur Wikipedia concernant la médecine romaine. Je vous copie ce que j’ai découvert. Peut-être trouverez-vous cela intéressant et même surprenant.

Hygiène
C'est dans la maîtrise de l'hygiène que les médecins romains sont peut-être les plus surprenants. Bien que ne connaissant pas l'existence des bactéries, ils savaient qu'ils devaient faire bouillir leurs instruments de chirurgie, qu'il ne fallait pas mélanger eaux usées et eaux propres… Par ailleurs, ils attachaient la plus grande importance à la qualité de l'eau qu'ils buvaient et dans laquelle ils se baignaient régulièrement.

Chirurgie
On a découvert des instruments de chirurgie datant de cette époque qui seraient très familiers à un chirurgien moderne, on en conclut qu'en matière de chirurgie le savoir des médecins romains n'a pu être égalé qu'après la renaissance voire l'époque moderne.
Les chirurgiens utilisaient scalpels, crochets, leviers, sondes, forceps, cathéters, Spéculums sur des patients anesthésiés avec de l'extrait de pavot, de (morphine) et de l'extrait de jusquame noire (scopolamine). On savait également opérer certaines cataractes avec des aiguilles. Les instruments étaient bouillis avant emploi. Les blessures étaient lavées en vinaigre et piquées. On utilisait la traction pour remettre en place les os fracturés. On a découvert des spéculums anaux et vaginaux ce qui implique les médecins romains examinaient la taille et l'état des organes internes accessibles par les orifices naturels et étaient capables de faire ainsi des diagnostics ou de pratiquer des interventions.

Pris sur le site : fr.wikipedia.org

 
 
 
RÉPONSE :
 

Merci, Alexandre, pour ces renseignements complémentaires, effectivement très intéressants…Cela dit, il me paraît quand même un fifrelin abusif d'assimiler nos modernes morphine et scopolamine aux (sans doute) infâmes bouillasses, décoctions de pavot ou de jusquiame qui auraient, éventuellement (?), pu servir d'anesthésiques aux Romains. Les techniques (et les produits) nécessaires pour isoler ces molécules étaient totalement inaccessibles aux "chimistes" Romains, aussi doués fussent-ils !

De mon côté aussi j'ai poursuivi mes recherches, et j'ai trouvé, dans un excellent bouquin (Peter GREEN, D’Alexandre à Actium, Ed. Robert Laffont, coll. “Bouquins”, pp. 530-543), un long chapitre consacré à la médecine hellénistique (dont la romaine fut évidemment l'héritière). L'auteur s'y intéresse surtout aux problèmes - comment dit-on déjà ? - "épistémologiques", c'est-à-dire à l'étude critique des fondements scientifiques de la médecine antique. Ce texte est un peu trop long pour être cité ici, mais, en gros, il démontre ainsi - à mon avis non sans raison - que faute de connaissances anatomiques suffisantes, les praticiens grecs recouraient à des théories "a priori", de type philosophique ou analogique, pour expliquer le fonctionnement du corps et ses dérèglements. Et comme ces théories étaient aussi ingénieuses du point de vue intellectuel qu'erronées sur le plan scientifique, les résultats des médecins étaient nécessairement mitigés.

 
alexandre a actium