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Sommaire Novembre - Décembre 2006 :

  • 4 Novembre :
    • Julien et le limogeage de Saloustios : Clic !
  • 9 Novembre :
    • Gniphon, le précepteur du petit Jules : Clic !
  • 19 Novembre :
    • Des malabars romains en Inde ? : Clic !
  • 29 Novembre :
    • GRICCA : À propos des nombreuses propriétés italiennes appartenant à Matidie l'Ancienne et à sa fille Matidie la Jeune : Clic !
    • GRICCA : Des ouvrages récents sur l'Empire romain : Clic !
      • L'empire romain du IIIe siècle - Michel CHRISTOL : Clic !
      • Les légions romaines - l'armement à travers 1000 ans d'histoire - Silvano MATTESIN : Clic !I
      • Voyage chez les empereurs romains (Ier siècle av. J.-C. - IVe siècle ap. J.-C.) - Aquarelles de Jean-Claude GOLVIN - Textes de Catherine SALLES : Clic !
      • Constantin en son temps - Le Baptême ou la pourpre ? - Robert TURCAN : Clic !
      • La “crise” de l’empire romain de Marc Aurèle à Constantin - Mutations, continuités, ruptures, - Marie-Henriette QUET (dir.) : Clic !
      • L’atlas de la Rome antique : Clic !
      • L’image de l’empereur en Gaule romaine portraits et inscriptions - d’Emmanuelle ROSSO : Clic !
      • Le clan des Illyriens de Dioclétien à Julien le Philosophe 284-363 - Anne de LESELEUC : Clic !
      • La Rome ancienne - Ier siècle avant Jésus-Christ - Ier siècle après Jésus-Christ - Hugues MOUCKAGA : Clic !
      • Le proconsul et le prince, d'Auguste à Dioclétien - Frédéric HURLET : Clic !
  • 5 Décembre :
    • Moi, Claude empereur en français et en DVD… : Clic !
2e Page
  • 6 Décembre :
    • Mme Brison s'enquiert d'un homonyme… fort tristement diminué ! : Clic !
  • 8 Décembre :
    • Oppius et Balbus, espions de César ? : Clic !
  • 11 Décembre :
    • À la recherche de nobles Romaines adeptes de l'émancipation sur canapé : Clic !
  • 11 Décembre :
    • Une mosaïque à la gloire d'émules de Polyeucte ? : Clic !
  • 13 Décembre :
    • GRICCA : Constantin avait-il le choix des moyens pour restaurer l'unité de l'empire ? : Clic !
    • GRICCA : De beaux livres sur l'Empire romain : Clic !
      • Héliogabale, empereur prêtre et pornocrate - Emma LOCATELLI : Clic !
      • La trahison du pouvoir - Ève LERNE : Clic !
3e Page
  • 13 Décembre :
    • Le nom des dignes matrones : Clic !
  • 15 Décembre :
    • Si Justinien avait réunifié l'Empire romain (chronologie uchronique) : Clic !
  • 23 Décembre :
    • Tacite et Suétone, l'éditorialiste et le paparazzi ! : Clic !
  • 25 Décembre :
    • Michel-Ange et la chapelle piscine… : Clic !
  • 28 Décembre :
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"EMPEREURS ROMAINS"
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4 Novembre 2006
Nicolas a écrit :
 

Lorsque Julien apprit le départ de Salluste, était-il en sa présence ? Comment l’histoire du rappel de Salluste s’est-elle déroulée exactement ?

 
 
 
RÉPONSE :
 

Le limogeage de Salluste (que l'on nomme plus communément Saloustios) constitue l'épilogue de l'une des nombreuses couleuvres que Julien eut à avaler lors de son séjour en Gaule en tant que César (co-empereur subalterne) de son cousin, "Son Éternité" l'Auguste Constance II.

Au cours de l'hiver 358-359, un obscur fonctionnaire fut accusé de malversation. Théoriquement, l'affaire aurait dû être tranchée par Florentius, le Préfet du Prétoire des Gaules, mais il apparut vite que ce haut personnage était impliqué dans ces magouilles.
Ledit Florentius se rendit bientôt compte qu'il n'avait aucune indulgence à attendre de l'intègre César Julien. Celui-ci n'allait pas hésiter à mettre en place une commission d'enquête, devant laquelle il n'avait que bien peu de chance de sortir blanchi, vu qu'il était manifestement coupable. En guise de contre-attaque, il se résolut alors à une manœuvre de diversion. Prenant sa plus venimeuse plume et un morceau de papyrus infiniment plus net que sa conscience, il écrivit à la chancellerie impériale une bafouille secrète joliment tournée où il accusait le questeur Saloustios, ami et homme de confiance de Julien en Gaule, de l'avoir indignement calomnié, et - qui pis est - de pousser le jeune César à prendre trop de libertés avec les mandements de l'empereur.

Cette missive fit mouche. Normal ! elle exprimait précisément ce que la chancellerie impériale, peuplée d'ennemis de Julien, avait envie de lire : toute occasion était bonne à ces personnages pour isoler le César et pour le discréditer dans l'esprit de son "patron", l'empereur Constance. "Bien sûr, tout était de la faute de Saloustios, ce pelé, ce galeux ! C'était lui qui tirait les ficelles des infâmes accusations portées contre le bon, le brave, l'intègre Florentius, dont la conscience était plus blanche que l'agneau naissant et les comptes plus clairs et limpides que l'eau de la fontaine Clitumne !"

Ce fut donc l'honnête Saloustios, et non le corrompu Florentius, qui dut quitter la Gaule et le service de son ami Julien. On l'expédia d'abord en Illyrie puis vers le front Perse…

U

Julien dit l'Apostat

Comme l'écrit Lucien JERPHAGNON dans l'excellent bouquin où j'ai puisé ces renseignements sur cette sombre affaire : "Cette injustice affecta vivement Julien, qui savait trop bien d'où elle venait. Il devait à Saloustios toute son instruction militaire, et les deux hommes avaient vécu ensemble plus d'un coup dur. Il lui fit ses adieux dans une longue lettre écrite dans le style des « Consolations », mais derrière les artifices du style, derrière la pacotille mythologique et les perpétuels beaux exemples, on sent une tristesse sincère." (Lucien JERPHAGHON, Julien dit l'Apostat, Seuil, 1986).

 
 
 
9 Novembre 2006
Gérard a écrit :
 
Comment César rencontra-t-il son grammairien Gniphon ? Sa mère l'avait-elle convoqué, ou le rencontra-t-il lui-même ?
Certains disent qu'il le choisit parmi plusieurs autres grammairiens. Cela ce pourrait-il ?
 
 
 
RÉPONSE :
 

À première vue et au risque de vous décevoir, tout ce que l'on sait de Gniphon, de sa vie, de son œuvre, se trouve tout entier dans la petite notice que lui a consacrée le brave Suétone dans la section réservée aux grammairiens (De Grammaticis) de ses Vies des hommes illustres (De Viris illustribus) - un ouvrage qui, du reste, paraît nous être parvenu assez mutilé.
Je n'ai pas trouvé de traduction française de ce texte. Aussi, je me suis risqué - la maison ne recule devant aucun sacrifice - à en risquer une moi-même, sous toute réserve et uniquement pour info, sur base du texte anglais mis en ligne par www.fordham.edu.
Voici mon pensum :

"VII. Marcus Antonius Gnipho naquit en Gaule de parents libres, mais il ne fut pas reconnu. Il fut affranchi par son père adoptif et, selon certains, reçut son éducation à Alexandrie, en intime association avec Dionysius Scytobrachion - mais cela, je peux difficilement l’attester, pour des raisons chronologiques.
On dit de lui qu'il était un homme de grand talent, doté d’une puissance de mémoire sans pareille et fort érudit, aussi bien en latin qu’en grec. D’un naturel empli de bonté et doté d'un abord aimable, il ne récrimina jamais au sujet de ses honoraires, ce qui le n'empêcha nullement d'être comblé par la générosité de ses élèves.
Il commença à prodiguer son enseignement dans la maison du divin Jules, à l’époque où celui-ci était encore un jeune garçon. Ensuite, il donna ses cours dans sa propre demeure. Il enseigna aussi la rhétorique, enseignant l’éloquence chaque jour et la déclamation seulement une fois par semaine (les jours de marché). On prétend également que certains hommes distingués fréquentèrent son école, comme Cicéron lui-même, alors qu’il était préteur.
Bien qu’il n’atteignît point la cinquantaine, il écrivit une œuvre abondante. Toutefois, Ateius Philologus déclare qu’il ne reste de lui que deux volumes, « sur la langue latine », soutenant que les autres ouvrages qui lui sont attribués ne sont pas de lui mais de ses élèves. Pourtant, son nom figure bien sur ceux-ci, par exemple… [Le manuscrit de Suétone s’interrompt ici]."
(SUETONE, De Viris illustribus - De Grammaticis, VII - d'après a traduction anglaise de www.fordham.edu)

Comme vous le voyez, Suétone ne mentionne pas la mère du César. Il n'est cependant pas impossible - à vrai dire, c'est même plutôt probable - que ce soit elle qui ait engagé ce grammairien… Surtout si l'on admet, à l'instar de Max Gallo (dans son César imperator), que, souvent absent, le père du petit Jules se soucia peu de l'éducation de son rejeton.

À propos de Gniphon, voyez aussi (en anglais) :

  • Encyclopédie Wikipedia - Marcus Antonius Gnipho : Clic !
 
 
 
19 Novembre 2006
Christian a écrit :
 

Cela fait trop longtemps que je n'avais pas parcouru votre site. J'en profite pour vous écrire le plaisir que je prends à le consulter. Votre approche de l'histoire est des plus roboratives et dans des discussions, j'ai le plaisir d'évoquer les destins de la savante Hypatie ou du mystérieux Apollonius de Tyane.
Il faut dire que j'habite en Géorgie et que certains de mes interlocuteurs pratiquent une orthodoxie religieuse qui, après 70 ans de soviétisme, semble provenir du fond des âges.

J'ai donc lu l'intervention d'un habitant de Ferney, qui m'est proche parce que j'habitais autrefois à Genève, à côté de la villa des Délices et que Voltaire, aujourd'hui plus que jamais, à beaucoup à nous dire. Il y a une quinzaine d'années, j'ai effectué un grand voyage en Inde et je me suis arrêté à Madurai, dans le Sud, où se dresse l'un des grands temples du sub-continent. Là, un guide m'a expliqué que dans l'Antiquité, une partie des gardes étaient des légionnaires romains, engagés en raison de leur stature, et qu'en échange, les prêtres envoyaient à Rome des soieries.

Légende ou vérité, je ne sais. Mais peut-être y a-t-il là un fond historique.

 
 
 
RÉPONSE :
 

Je tiens tout d'abord à vous remercier de l'intérêt que vous témoignez à mon site internet. Je suis sincèrement ravi et flatté que vous y trouviez matière à "évangéliser" à la mode de Voltaire vos interlocuteurs géorgiens.
"Écrasons l'infâme !" devrait redevenir la devise de toutes les sociétés démocratiques et laïques !

Pour en venir au problème indien qui vous préoccupe, il est indéniable que des liens commerciaux existèrent entre l'Empire romain et le sous-continent (voyez ici : Clic !). Cependant, a priori, je ne crois guère à cette histoire de légionnaires romains préposés à la garde de temples indiens en échange de somptueuses soieries.
Y aurait-il eu pénurie subite de colosses sur les côtes de Malabar ?

Non, à mon avis, les seuls "Romains " qui atteignirent ces régions éloignées, ce "bout du monde connu", n'étaient probablement que d'audacieux marchands orientaux (syriens, arabes, juifs). Bien sûr, ils étaient probablement accompagnés de quelques robustes gardes du corps, de baroudeurs peut-être recrutés parmi les vétérans des légions. Mais ceux-ci n'avaient aucune raison de rester en Inde puisqu'ils devaient évidemment veiller sur le voyage de retour de leurs patrons. Quant aux vrais légionnaires, ils n'étaient déjà pas trop nombreux pour protéger les frontières de l'Empire. Alors, vous pensez, protéger les temples indiens pour habiller de chatoyantes soieries les élégantes de Rome, il n'y fallait point songer !

 
 
 
Conclusion de Christian :
 

Merci de votre réponse, très probablement conforme à la réalité. Mais je trouvais la légende jolie, quoique peu vraisemblable. D'autant que le temple de Madurai se situe à l'Est de l'Inde, près du Golfe du Bengale, donc sur la voie maritime conduisant vers la Chine. Il est vrai que là, on n'avait pas affaire à des Malabars, mais à des plus petits Tamils.

Et pour rapprocher la Géorgie, où j'habite, de vos pages, Pompée en traversa une partie, qui se nommait alors Ibérie, en venant d'Arménie. Il s'est arrêté à Gori qui bien plus tard donnera naissance à un certain Staline, appelé par certains le Néron des temps modernes. (Oui, d'accord, ce n'est pas gentil pour Néron !).

 
 
 
29 Novembre 2006
Gricca a écrit :
 

Présence en Italie de propriétés appartenant à Matidie l’Ancienne (68 ?-119)
et à sa fille Matidie la Jeune (vers 82 ?-162 ?).

Depuis ma notice d’octobre 2005 sur les Matidie, les sites internet se sont multipliés.
On trouve désormais les renseignements historiques (en anglais) sur le site : www.fofweb.com
Sur Matidie l’Ancienne : www.answers.com
Sur Matidie la Jeune : www.answers.com
et sur les princesses dans le culte impérial dans la Rome ancienne, voir le site (Document pdf à télécharger - en anglais) : www.stm.unipi.it

Je n’aurais donc rien à rajouter sur elles, sauf que le souvenir de leurs propriétés s’est parfois conservé jusqu’à nos jours en Italie. En voici quelques exemples :

En quittant vers le sud Foligno (province de Pérouse) en Ombrie, on entre sur la commune de Trevi dont le premier hameau porte le nom de Matigge qui dériverait probablement de l’Insula Matidiae. C’est là que Trajan aurait donné à sa nièce Matidie l’Ancienne une villa non loin de la Via Flaminia. Matidie la Jeune en aurait hérité et sut gérer ses affaires avec compétence, bien que quand sa soeur cadette Sabine devint impératrice, elle voyagea souvent avec elle et son beau-frère Hadrien.

Passons sur le littoral toscan où Strabon nous parle du « Portus Cosanus » en lien évident avec la cité étrusque de Cosa. Avec la conquête romaine, la localité est insérée, probablement comme prise de guerre, dans une vaste propriété foncière. Celle-ci revint par la suite à la famille des Ænobarbi Domitii, banquiers (argentarii) de profession, qui, au titre des sommes versées à la République durant la Seconde Guerre Punique, avait obtenu comme solde de tout compte, l'entier Promontoire, dit par la suite "Argentariorum Mons", actuel Monte Argentario (province de Grosseto). A cette famille (dont Néron est un descendant), devait, sans doute, appartenir la villa romaine de Santa Liberata, dite Villa Domitia, car incluse au Ier siècle dans la dot de Domitia Longina, épouse du patricien L. Aelius Lamia Aemilianus, enlevée par l’empereur Domitien pour en faire sa propre épouse en 70. Trajan la céda en dot à sa petite-nièce Vibia Matidia, pour revenir sous l’empereur Marc Aurèle (161-180) dans les possessions impériales sous le nom d’Insula Matidiae, qu’elle portait encore lorsque l’empereur Constantin en octroya les revenus à la basilique romaine des Saints Marcellin et Pierre. Au début du Ve siècle, le nom de Mons Argentariorum réapparaissait sous la plume de Rutilius Namatianus dans son "De Reditu suo".

De Matidie l’Ancienne, qui reçut le titre d’Augusta à la mort de sa mère l’Augusta Marciana en 112, nous savons qu’elle avait de grandes propriétés à Rome sur l’Esquilin. Mais l’on connaît aussi dans la capitale une basilique Marciana et une basilique Matidiae à identifier probablement avec les deux édifices semblables à des portiques qui bordaient de chaque côté le temple dédié par Hadrien à sa belle-mère, Matidie, sur le Champ de Mars, près de l’actuelle Piazza Capranica, telle que le montre une monnaie impériale datée de 120. - voir la maquette du temple sur le site : www.maquettes-historiques.net

matidie la jeune

A quelques kilomètres de Rome vers le sud-est, l’Ager Tusculum (actuelle Frascati), lieu d’accueil pour les aristocrates romains, comprenait une constellation de maisons de campagne, dont une « Villa Matidiae », sous l’actuel observatoire astronomique de Rome à Monte Porzio Catone. Des soubassements à l’aspect de grandes niches absidiales d’époque romaine ont contribué à donner à la zone le nom de « Cappellette ». Ces ruines ont d’abord été identifiées au temple de la « Bonne Fortune », puis arbitrairement à une villa ayant appartenu à Caton d’Utique, jusqu’à ce qu’en 1888, on découvrit une conduite d’eau en plomb portant une inscription se référant à Matidia Augusta, c’est-à-dire à Matidie l’Ancienne. Depuis, sur le site, on a découvert au moins 10 pièces souterraines et des pavements de mosaïques, mais la difficulté des fouilles à cause de la présence de l’observatoire et de la complexité de l’organisation des phases de construction sur plusieurs niveaux, rend l’identification de la Villa suburbaine de Matidie non résolue. On émet l’hypothèse d’une phase initiale entre la fin du IIe et les débuts du Ier siècle avant J.-C.. Après des événements assez complexes durant lesquels la première propriété républicaine tardive semble se transformer en une villa résidentielle avec d’évidentes phases de restructuration (les grandes pièces hypogées sont probablement attribuables à cette époque), on arrive au règne d’Hadrien (117-138) sous lequel le complexe subit une profonde transformation où la destination d’utilisation de quelques pièces semble avoir profondément changée. La villa appartenait alors peut être à Matidie la Jeune. La dernière grande réorganisation de la « Villa » dut avoir lieu à la suite du IVe siècle, selon des concepts non plus résidentiels mais économiques.

Lorsque Trajan décida de doter Ostie, d’un nouveau port (Portus), il fit creuser un canal artificiel (La fossa Traiana). Parmi les infrastructures, on jeta un pont sur le canal pour relier l’Isola Sacra à Porto. Une inscription, datant des règnes d’Honorius et Théodose II, soit entre 408 et 423, se réfère à la dédicace du « Pons Matidie » reconstruit après avoir été détruit par un incendie. Il avait donc été dédiée à Matidie, trois siècles plus tôt. Plus qu’une véritable propriété personnelle cette dénomination à Matidie semble se référer à une sorte de largitio, c’est-à-dire à une distinction due au patronage effectif de la famille impériale, peut être personnel de Matidie la Jeune, pour l’achèvement de la grande œuvre commencée par Trajan. Il devait aussi relier des propriétés de Matidie situées de part et d’autre de la Fossa Traiana car nous savons que Matidie l’Ancienne avait de vastes propriétés à Ostie. On y a trouvé une inscription dans la nécropole à gauche du canal de Trajan, d’un Mindius, son esclave, et une fibule en plomb portant son nom. A la mort de Matidie la Jeune, après 162, Marc Aurèle qui avait été élevé chez elle, décida de l’honorer par un funus publicum. c’est-à-dire par des funérailles publiques et solennelles de jour. En relation avec le pont, de chaque côté de la Via Severiana (construite sous Septime Sévère entre 198 et 209 pour relier Ostie à Terracine) sur la rive gauche du canal, se trouvait sans doute une statio établie pour le paiement des droits de passage du pont et de l’important trafic fluvial qui se déroulait le long des rives. Ajoutons qu’une telle activité entraîna la construction sous Hadrien d’un complexe thermal dit « de Matidie » à cause de son voisinage du pont homonyme et qui sera utilisé jusqu’au VIe siècle. — sur les thermes de Matidie voir le site : www.fiumicino-online.it

Matidie la Jeune avait encore des biens à Suessa Aurunca en Campanie (province de Caserte), où elle fit construire une route de 7 milles avec des milliaires à son nom. Elle contribua fastueusement à la restauration du théâtre probablement endommagé par un tremblement de terre sous Antonin le Pieux (138-161) et une splendide statue de la princesse y fut placée.
Matidia la Jeune, très noble femme, petite-fille de la divine Marciana Augusta, fille de la divine Matidia Augusta, sœur de la divine Sabina Augusta, tante maternelle de l’empereur Antonin Auguste le Pieux, était sûrement très importante pour l’image publique de la dynastie, c’est pourquoi on en connaît de nombreux portraits. Un buste en marbre, conservé au Musée Archéologique de Naples, représentant Matidie en âge mûr, en pose altière, presque hiératique, la « Palla » lui recouvrant partiellement la tête mettant en évidence l’imposante coiffure, est peut-être le plus majestueux de ces portraits. - Voir des portraits de Matidie sur le site : http://www.phil.uni-erlangen.de

Lorsqu’on sait que ces propriétés passèrent de la mère à la fille, pour aboutir à Marc Aurèle et ensuite à ses enfants, puis dans la famille des Sévères qui se rattachèrent fictivement à la famille des Antonins, on comprend que le nom de Matidie soit resté dans la dénomination de leurs propriétés pendant très longtemps, jusqu’aux IVe et début du Ve siècles. D’ailleurs toutes ces grandes dames du IIe siècle, comme Plotina, femme de Trajan, Marciana, sœur de Trajan, les deux Matidia, les deux Domitia Lucilla, les deux Faustina, Boionia Procilla, grand’mère d’Antonin, Arria Fadilla, mère d’Antonin, Aurelia Sabina, fille, Annia Cornificia Faustina, sœur et Ummidia Cornificia Faustina, nièce de Marc Aurèle, jouèrent, grâce à leur richesse et bonne notoriété, un rôle capital dans les relations familiales en l’absence d’héritiers mâles chez les empereurs jusqu’à Marc Aurèle.

GRICCA

Rubrique : Ouvrages sur l'empire romain

Voici quelques livres (parutions récentes - que je recommande) :

  • L'édition corrigée et augmentée de L'empire romain du IIIe siècle de Michel CHRISTOL
    Éditions Errance Paris - ISBN 2 87772 344 5
  • Les légions romaines - l'armement à travers 1000 ans d'histoire de Silvano MATTESINI
    Éditions Gremese Rome - ISBN 88 7301 621 9
    Présentation en dos de livre : Quel était l'équipement des divisions de l'armée la plus puissante du monde antique ? Un voyage passionnant au coeur de la romanitas conquérante et guerrière, à la découverte de l'armement qui accompagna dix siècles de conquêtes …
  • Voyage chez les empereurs romains (Ier siècle av. J.-C. - IVe siècle ap. J.-C.) - Aquarelles de Jean-Claude GOLVIN - Textes de Catherine SALLES
    Actes Sud – Errance, Arles-Paris 2006 - ISBN 2 87772 342 9
    Présentation en dos de livre : La plupart des empereurs de Rome se firent bâtir des palais qui rivalisaient de luxe et de démesure. Néron avec sa Maison Dorée à Rome, Tibère avec sa villa perchée sur les hauteurs de Capri, Hadrien avec son énorme propriété dans les environs de Rome.
    Chacun y recherchera un décor surprenant, modifiant l'environnement pour qu'il corresponde à ses souhaits les plus extravagants. Le faste de ces palais avait étonné les auteurs antiques, leurs vestiges provoquent l'admiration des visiteurs actuels.
    C'est avec les empereurs qui dirigèrent le monde méditerranéen que Jean-Claude Golvin et Catherine Salles nous entraînent dans un voyage extraordinaire parmi les constructions les plus originales de l'Antiquité, vouées au plaisir et à la magnificence.
  • Constantin en son temps - Le Baptême ou la pourpre ?, de Robert TURCAN
    Éd. Faton, Dijon 2006 - ISBN 2 87844 085 4 (très beau livre)
    L’avènement de Constantin il y a 17 siècles, le 25 juillet 306, prélude à une mutation décisive pour le destin du monde : l’émergence d’un empire chrétien, fondement religieux de la civilisation occidentale, marquée notamment par l’édit de Milan de 313 et le concile de Nicée de 325.
    Au moment où Constantin fut proclamé empereur par l’armée de Bretagne insulaire, la “Grande Persécution” édictée 3 ans plus tôt continuait de sévir aux dépens des chrétiens. Constantin, comme son père Constance, connaissait une part du message évangélique. Mais celui-ci n’avait guère pénétré que les milieux urbains. Les institutions et le fonctionnement du pouvoir demeuraient païens dans le fond et la forme. Les convictions intimes d’un souverain romain ne pouvaient donc s’affirmer d’emblée et trop ouvertement. En revendiquant la vision de la Croix avant la victoire au pont Milvius en 312, qui devait lui assurer la maîtrise de l’Occident, Constantin accomplit un premier geste d’affirmation chrétienne. Cependant, il temporisa jusqu’à la réunification de l’Empire en 324. Sa propre conversion ne prit pas un caractère officiel. Respectueux à sa manière d’une certaine apparence de romanité, il ne se fit baptiser (juste avant sa mort, en 337) qu’après avoir quitté la pourpre du manteau impérial. Constantin a sans doute rêvé d’une monarchie chrétienne. Mais à la fois prudent, lucide et résolu, il a dû prendre en compte l’état des choses et des hommes.
    Ce livre érudit nous montre Constantin aux prises avec la variété des croyances et des pratiques religieuses d’un territoire immense. Il nous offre le portrait d’un personnage d’exception, qui a fondé une nouvelle Rome en Orient, Constantinople.
  • La “crise” de l’empire romain de Marc Aurèle à Constantin – Mutations, continuités, ruptures, Marie-Henriette QUET (dir.)
    PUPS (Presses de l’Université Paris-Sorbonne), 2006 - ISBN 2 84050 465 0.
    Le présent livre réunit des études élaborées dans le cadre d’un programme de recherche du Centre Gustave Glotz (UMR 8585). Avec 716 pages, les articles sont partagés en 3 rubriques : I - Des princes et de leur image ; II - Du centre et de la périphérie : Rome, Cités, Provinces et III - Temps de crises et imaginaires religieux, politique, social et historiographique.
  • L’atlas de la Rome antique
    Éd. Atlas – Glénat, 2006 - ISBN 2 7234 5707 9
    Source d’inspiration majeure de notre civilisation occidentale, Rome a joué un rôle majeur dans nos cultures, en nous léguant ses mythes, son art, et son architecture, sa culture et son mode de vie. La Rome antique ne s’est jamais effacée des esprits, laissant dans l’imaginaire collectif une marque indélébile. Fascinante, la civilisation des Romains nous a légué nombre de réalisations étonnantes et subtiles. Cet ouvrage, magnifiquement illustré, permet de découvrir des peintures, sculptures, mosaïques et monuments de la Rome antique. Il constitue une initiation idéale pour les amateurs de l’art du monde classique.
  • L’image de l’empereur en Gaule romaine portraits et inscriptions, d’Emmanuelle ROSSO
    CTHS (Comité des travaux historiques et scientifiques), Paris 2006 - ISBN 2 7355 0583 9
    Cet ouvrage porte sur la façon dont l’image de l’empereur (au sens concret de représentation statuaire) a été accueillie, assimilée, reproduite et diffusée dans les provinces gauloises et alpines. La richesse exceptionnelle de ce corpus régional de portraits impériaux - plus de 300 témoignages iconographiques et épigraphiques, dont on trouvera ici le catalogue détaillé -, permet d’envisager la question dans tous ses aspects et toutes ses implications : la répartition géographique et chronologique des oeuvres, leur présentation formelle, les ateliers qui les réalisaient, leurs dédicants, leur financement. Toutefois, c’est à la re-contextualisation de ces images qu’est consacrée la plus grande partie de l’étude : on a successivement envisagé l’insertion du portrait impérial dans les groupes statuaires dynastiques, les monuments, le tissu urbain ; la concentration des hommages pendant la période julio-claudienne et en Gaule Narbonnaise révèle une forte corrélation entre la “marmorisation” du sud de la Gaule et la diffusion programmée de l’image impériale. En outre, la récurrence des pratiques d’hommage démontre que la dédicace d’une statue impériale est un phénomène urbain et officiel, s’inscrivant dans un cadre hautement formalisé ne laissant que peu de place aux initiatives locales.
  • Le clan des Illyriens de Dioclétien à Julien le Philosophe 284-363, d’Anne de LESELEUC
    Éd. du Sagittaire, Wimereux 2006 - ISBN 2 9516377 6 4
    « Un nouveau regard sur la décadence de l’Empire romain. Ce nouveau regard, éclairé par les textes latins et grecs contemporains des faits, nous incite à découvrir la période de 284 à 363 comme celle de la naissance d’un monde nouveau qui deviendra le nôtre. Le mérite prend le pas sur la naissance, le nouvel empereur Dioclétien est fils d’un esclave croate. Il divise l’Empire en quatre territoires et s’associe à trois généraux, comme lui sortis du rang, marie les fils des uns avec les filles des autres et crée une dynastie héréditaire dont les successions vont s’avérer tumultueuses. Les valeurs ancestrales sont bousculées : les querelles politiques, religieuses avec l’émergence du christianisme agité par l’affrontement entre catholiques et ariens, les révoltes sociales des Bagaudes en Gaule, les intrigues féminines et les menaces des Perses. L’aventure familiale se terminera avec le dernier héritier, mort sans enfant, Julien, dit l’Apostat. César des provinces occidentales, de sa résidence de Lutèce, il refusa d’envoyer ses troupes sur l’Euphrate, et sera proclamé empereur par les Parisiens. Il entreprendra une première ébauche de l’Union européenne regroupant les Gaules, l’Allemagne rhénane, la (Grande) Bretagne et l’Espagne ».…
    « Un livre qui se lit comme un roman ».

    Anne de Leseleuc, docteur en Histoire et Civilisations de l'Antiquité. Elle est l'auteur, notamment, de la série des « Marcus Aper », de « Vercingétorix ou l'épopée des rois gaulois » et de « Le secret de Victorina ». Elle nous entraîne à découvrir la vérité sur les hommes et les femmes de ce clan familial qui a bouleversé l'ordre établi au profit d'une conception plus moderne du pouvoir - 386 pages + 18 planches en noir et blanc.
  • La Rome ancienne - Ier siècle avant Jésus-Christ - Ier siècle après Jésus-Christ, d’Hugues MOUCKAGA,
    Éd. L'Harmattan, Paris 2006 - ISBN : 2-296-01631-6
    Au Ier siècle avant J.-C., Rome, devenue capitale du monde grâce à son armée, à l'équilibre de ses institutions, à sa morale et à sa religion, était engluée dans une telle crise qu'elle fut réduite à l'état de ville en déliquescence. Au Ier siècle après Jésus-Christ, cette tendance commença à s'inverser. Rome devint une ville de reconstruction, en restructuration. Cet ouvrage aide à comprendre tous les ressorts sur lesquels Rome s'est appuyée pour devenir et rester la Ville éternelle. Au travers de Rome ancienne, l'auteur fait une ouverture sur son pays, la Gabon, et tente d'en comprendre certains travers.
  • Le proconsul et le prince, d'Auguste à Dioclétien, de Frédéric HURLET,
    Éd. Ausonius - Coll. « Scripta Antiqua » n° 18, Bordeaux, 2006 - ISBN : 2-910023-77-X :
    L'analyse des relations entre le proconsul et le prince est conçue comme une contribution à l'étude plus générale de la place des principaux sénateurs dans l'entourage des Césars et le gouvernement de l'Empire romain. Le livre veille à associer la description du fonctionnement des structures administratives et de son personnel politique à une meilleure connaissance des pratiques et des formes institutionnelles que le pouvoir impérial eut à inventer pour choisir, collaborer et communiquer avec la dizaine de gouverneurs des provinces publiques.

GRICCA

 
 
 
5 Décembre 2006
Henri Lenique (Antartic vidéo) a écrit :
 

J'ai le plaisir de vous annoncer la sortie prochaine (avril 2007) de I Claudius - Moi, Claude Empereur, en DVD (VF et VO/St).

NOTE DU WEBMASTER (23 Mai 2007)

La série Moi, Claude Empereur est désormais disponible en DVD (luxueux coffret de 5 DVD - Antartic Video). Pour conditions d'achat voyez, par exemple : Clic !, Clic ! ou Clic !

Fierté de la BBC en 1976, Claudius - Moi, Claude Empereur débarquera enfin dans nos rayons à partir du 10 mai prochain. L'éditeur Anatartic Vidéo a mis les bouchées doubles à cette occasion. En effet, l'éditeur prévoit un coffret en bois comprenant l'intégrale des treize épisodes étalés sur cinq disques.

Résumé :
Entre Histoire et pure fiction, mêlant personnages réels et protagonistes imaginaires, Claudius - Moi, Claude Empereur dépeint, de l’enfance à la mort, le parcours d’un lettré humaniste qui, malgré plusieurs lourds handicaps (il est bègue, épileptique et boiteux), accède au pouvoir suprême romain après que son neveu Caligula eut été assassiné. Témoin des manoeuvres de sa grand-mère, l’empoisonneuse Livia, qui, peu à peu, élimine tous ceux qui pourraient barrer à son fils Tibère l’accès à la succession d’Auguste, Claude survit aux deux empereurs suivants, Tibère justement et surtout Caligula dont les excentricités et la paranoïa plongent Rome dans la luxure et la violence… Devenu Empereur contre sa volonté, Claude s’affirme en homme d’état de premier ordre. Mais dans l’ombre, se trame un complot qui, s’appuyant sur les frasques sexuelles de sa femme Messaline, aboutit à un nouveau mariage avec l’une de ses nièces, la perfide Agrippine…

  • Audio : Français, Anglais (Mono 2.0)
  • Sous-titres : Français
  • Format : 4/3

Bonus :

  • Documentaire dédié au film inachevé "I, Claudius" qui réunissait Charles Laughton et Merle Oberon sous la direction de Josef von Sternberg en 1937

Sortie prévue le 10 mai 2007.

Source : Antartic Vidéo et dvdbelgorama.wifeo.com

moi claude empereur
   

[19 AVRIL 2011]
SORTIE D'UNE EDITION LIMITÉE
(Clic)

Avec Bonus :

  • Documentaire : «?The Epic That Never Was?» (1965 - 71’)
  • Scènes favorites (30’)
  • Remise des prix (8’)
  • Interview (26’) de Michel Eloy, spécialiste du péplum et de l’antiquité [et rsponsable du site associé peplums.info]
i claudius, moi claude empereur
 

Pour toutes les infos utiles et nécessaires surcette prestigieuse série de la BBC, voyez sur le site PEPLUM - Images de l'Antiquité de Michel ELOY ;

I Claudius
Moi, Claude, empereur

(Herbert Wise, TV BBC 1976)

Les Grandes Familles…

MÉMOIRE DES JULIO-CLAUDIENS

BIBLIOGRAPHIE

FICHE TECHNIQUE - version 1976

FICHE TECHNIQUE - version 1937

LEXIQUE DES PERSONNAGES