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Sommaire Septembre 2006 :
- 3 Septembre :
- 3 Septembre :
- Auguste et Vespasien : des procédés
similaires pour accéder au pouvoir ? : Clic
!
- 9 Septembre :
- Hadrien et la diaspora juive : les jambons de Bayonne
et d'Ardenne ne sont guère kasher !
: Clic !
- Réaction de Michel ELOY : Clic
!
- 12 Septembre :
- Julien fut-il réellement un stratège
de génie ? : Clic !
- La place de Julien dans les programmes scolaires ?
: Clic !
- Julien fit-il des cadeaux fiscaux aux Gaulois ? :
Clic !
- 17 Septembre :
- Que penser de la série TV Rome (HBO)
? : Clic !
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| PAGE
SUIVANTE |
- 19 Septembre :
- Le mystère du chiffre IIII : Clic
!
- Réactions à ce courrier : Clic
!
- 22 Septembre :
- Le quart d'heure de célébrité
du tribun Aquila : Clic
!
- 22 Septembre :
- Constancia, sœur de Constance II et belle-sœur
de Julien : Clic
!
- Son rôle dans l'usurpation de Vetranio :
Clic
!
- 26 Septembre :
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DANS LE SITE
"EMPEREURS ROMAINS"
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| 3 Septembre 2006 |
| Albert
L'Huillier (Site Rome-passion.com)
a écrit : |
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| Découvrez
Rome et le Vatican sur ROME
PASSION
Ce site est entièrement consacré
à la ville de Rome et au Vatican. Vous pourrez
découvrir Rome en photos, ses monuments les
plus célèbres et connaître leur
histoire. Rome, la ville éternelle, saura
conquérir votre coeur.
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| 3 Septembre 2006 |
| Madga
a écrit : |
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| Je
cherche à savoir par quels procédés
Auguste a su installer et légitimer
son pouvoir et même chose pour Vespasien.
Sortant tous deux l'empire d'une période difficile,
ils ont su établir une nouvelle dynastie. Ont-ils
eu les mêmes procédés ?
Et lesquels ? Il semble que la politique édilitaire,
la littérature et les monnaies aient été
un bon moyen. Pouvez-vous m'éclairer un peu plus
sur ce sujet ? |
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| RÉPONSE
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J'ai évoqué
l'accession au pouvoir d'Auguste
dans la notice biographique que je lui ai consacrée
(voir plus précisément ici : Clic
!), ainsi que l'intronisation de Vespasien
sous couvert de la fameuse Lex de imperio
vespasiani (voir : Clic
! et Clic
!)… Et, à première vue,
je vois assez peu de points communs entre ces
deux prises de pouvoir. Passons sur la personnalité
des deux protagonistes : celle de Vespasien,
bourru mais jovial, était aux antipodes
de celle d'Octave, introverti, dissimulateur,
cynique. On peut cependant souligner que la
famille d'Octave comme celle de Vespasien était
liée aux milieux d'affaires et d'argent.
Les Octavii et les Flavii
étaient des chevaliers, des banquiers.
Or, l'argent, on le sait, c'est le nerf de la
guerre !…
Bien sûr, Octave et Vespasien s'emparèrent
du pouvoir après une guerre civile. Mais,
leur situation personnelle au début des
hostilités était radicalement
différente. Le futur Auguste pouvait
se présenter comme le représentant
légal de la république romaine.
Il fut légalement investi par le
Sénat et le peuple romain des pouvoirs
civils et militaires lui permettant de mettre
fin aux empiètements la reine d'Égypte
Cléopâtre,
laquelle avait - fiction patriotique - "ensorcelé"
Antoine.
Octave put donc agir au nom de la République
tandis que Vespasien, lui, ne fut d'abord qu'un
général rebelle, acclamé
empereur par ses propres soldats avant
de voir son pouvoir reconnu par d'autres armées
puis enfin par le Sénat.
Les circonstances spécifiques de ces
deux prises de pouvoir déterminèrent
les choix politiques de ces deux empereurs.
Après Actium, Auguste, agent légal
du Sénat, n'eut pas à s'imposer
à cette vénérable institution
pour mettre en œuvre son programme de réformes.
Il avait déjà suffisamment terrorisé
les Sénateurs auparavant pour que ceux-ci
approuvent tous ses diktats sans regimber. Il
n'en reste pas moins d'une bonne dose de propagande,
magistralement orchestrée par Mécène
et interprétée par sa fine équipe
(Virgile,
Horace et consorts) était nécessaire
pour dorer la pilule à l'opinion publique,
lui faire croire que ce lent glissement vers
la monarchie n'était qu'une restauration
de la République.
À l'époque de Vespasien, ce luxe
de précaution était devenu inutile.
L'utopie d'une restauration de la "République
oligarchique" du vieux Caton était
morte en même temps que ses derniers partisans,
les stoïciens radicaux complotant avec
Pison.
Même si la fiction républicaine
était officiellement maintenue, la réalité
du pouvoir personnel d'un princeps-empereur
était maintenant acceptée par
presque tous. Vespasien n'eut donc pas à
lutter pour être investi d'un pouvoir
absolu inédit, mais il dut batailler
pour ce pouvoir, vacant, lui échoie à
lui. Toute la nuance est là ! |
|
Cela signifie également que, pour s'imposer,
Vespasien eut moins besoin de la propagande d'artistes
de génie que de la force de persuasion des
légions qui s'étaient ralliées
à lui. Ces légions menaçantes
lui permirent d'ailleurs d'obtenir du Sénat,
sans se départir de son affabilité bonhomme,
les mêmes pouvoirs dont avaient disposé
Auguste… et même davantage puisqu'il exigea
que ses fils lui succèdent.
Fonder officiellement une dynastie, à cela,
le premier princeps avait sans doute songé,
mais il n'avait jamais osé le faire officiellement
! |
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| 9 Septembre 2006 |
| Meir
a écrit : |
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Un
de mes amis me dit qu'Adrien, après
la destruction du Temple à Jérusalem,
a transféré des milliers de juifs
au nord de l'Espagne (pays basque de nos jours) et dans
les pays rhénans a la frontière de l'Empire
Romain.
Je n'ai rien pu trouver sur le sujet. En savez-vous
quelque chose ? |
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| RÉPONSE
: |
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Non, je n'ai pas
d'informations réellement précises
à ce sujet. Il faut cependant signaler
que la dernière grande révolte
juive, celle de Bar Kochba, écrasée
par Hadrien
en 135, est assez mal connue. Peu de textes
antiques sur cette époque, et plus particulièrement
sur cette boucherie tragique, nous ont été
conservés, et ce peu demeure assez évasif
et tardif… Il est cependant possible -
et même probable - que les traditions
rabbiniques et talmudiques ont gardé
la mémoire des douloureuses suites de
l'effondrement du dernier espoir messianiste.
Mais, hélas, je ne connais rien de ces
textes.
J'ai cependant certains doutes quant à
une déportation en masse de Juifs
en Espagne et en Germanie après
la défaite définitive des nationalistes
réunis autour de Bar Kochba et de rabbi
Akiba. Étant venus très difficilement
à bout d'une dangereuse révolte
en Judée, les Romains n'avaient évidemment
nul intérêt à risquer de
la voir essaimer et renaître de ses cendres
en permettant le regroupement massif de rebelles
revanchards dans d'autres provinces de leur
Empire. Surtout dans régions stratégiques
comme le Golfe de Gascogne (qui contrôlait
la trafic maritime Méditerranée
- Mer du Nord) ou les rives du Rhin, où
une éventuelle collusion entre Zélotes
aguerris et sauvages Germains aurait vite tourné
au cauchemar pour les légions romaines
!
Les grandes révoltes serviles des Ier
et IIe siècles av. J.-C. avaient appris
aux Romains, à leurs dépens, combien
il était dangereux de rassembler dans
une même région des foules de captifs
fraîchement asservis, et très peu
résignés à leur nouvelle
condition d'esclaves… |
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Il convient toutefois de souligner que les textes
antiques évoquent un tel bain de sang après
la chute de Béthar (le dernier refuge de Bar
Kochba et ses partisans) que l'on peut légitimement
douter qu'il y ait eu beaucoup de prisonniers. On
parle d'un demi-million de morts, ce qui, même
en tenant compte de l'exagération coutumière
des historiens de l'Antiquité, représente
quand même un fameux carnage de la part des
légionnaires, exaspérés par ce
siège interminable et épouvantable…
Même si on en sait peu de choses, de nombreux
indices semblent donc montrer que la répression
de la révolte du Bar Kochba fut vraiment une
"sale guerre", une guerre inexpiable. Dans
ces conditions, l'empereur Hadrien se contenta sans
doute de vendre à l'encan quelques milliers
de prisonniers de guerre, survivants d'un climat d'hystérie
généralisée, afin qu'ils soient
dispersés aux quatre coins de son empire.
Cela dit, bien avant cette époque tragique,
il existait déjà des communautés
juives en Espagne et en Germanie. Voyez à ce
sujet ce court extrait d'un article de Claude AZIZA
:
"Récusons d'emblée la fable
complaisamment répandue par les Pères
de l'Église qui fait partir la diaspora de
la chute du Temple (en 70). Interprétation
qui n'a qu'un petit millénaire de retard,
puisque, dès le Xe siècle avant notre
ère, des Juifs s'étaient établis
en Égypte, puis en Syrie. Peu à peu,
cette installation déborde le cadre de la
Méditerranée orientale pour en arriver,
au Ier siècle de notre ère, à
un tableau impressionnant de la diaspora juive,
dont les indications nous sont fournies par l'historien
Flavius Josèphe (Antiquités juives,
XI, 5), le philosophe Philon d'Alexandrie
(In Flaccum, VI, 3), le Talmud (Menahot,
IIIa) et le célèbre texte de Luc
(Actes, II, 9-11) sur les foules qui affluent
de partout célébrer la pâque
à Jérusalem.
Et, de fait, les Juifs sont partout. Ils se
sont installés très nombreux en Europe
: on les trouve dans toute l'Italie (Rome bien sûr,
mais aussi Ostie, Gênes, Milan, Ferrare, Bologne,
Ravenne, Capoue, Naples, Pouzzoles, Pompéi,
Tarente), en Sicile, en Sardaigne, en Espagne,
aux Baléares, en Gaule (Narbonne, Marseille,
Arles, Avignon, Uzès, Bordeaux, Lyon, Mâcon,
Dijon, Poitiers, Nantes, Orléans, Lutèce),
en Germanie (Cologne, Bonn), en
Grande-Bretagne, en Dalmatie (Sarajevo), en Thrace,
en Macédoine, en Grèce (Delphes, Athènes,
Corinthe, Sparte, Délos). Aucun de
ces établissements n'étant postérieur
au IIIe siècle de notre ère.
En Asie Mineure, où l'implantation est plus
ancienne, on trouve des Juifs dans toutes les colonies
grecques d'Orient, les îles, Chypre, l'Ionie,
la Lydie. La Syrie, avec Antioche, Samosate, Damas,
est un des hauts lieux de l'émigration, mais
aussi la Cilicie, la Bithynie et le royaume de Palmyre.
Mentionnons enfin le littoral phénicien et
la bande côtière de Palestine (Gaza,
Césarée, Ascalon).
Quant à l'Afrique, elle accueille des Juifs
par milliers : dans toutes les cités égyptiennes,
mais aussi en Éthiopie, en Cyrénaïque
(aujourd'hui Libye) et surtout dans l'Afrique romaine
où les colonies juives, dont celles de Carthage,
Tripoli, Tozeur, Sousse, sont florissantes. La Numidie
et les Maurétanies (l'Algérie et le
Maroc actuels) ont aussi des centres importants.
Sans parler de la Babylonie et de la Mésopotamie
qui sortent des limites de l'empire.
Pour ce qui est des chiffres, on ne peut que
tenter des estimations en faisant une moyenne raisonnable
entre les évaluations des spécialistes.
Au Ier siècle de notre ère, on compterait
près de 7 millions de Juifs dans le monde
romain (plus un million en Babylonie), dont 4 millions
pour la diaspora et 3 en Palestine. Si l'on s'en
tient à ces chiffres, cela signifierait que,
dans l'Empire romain, évalué à
la même époque à 70 millions
d'habitants, un habitant sur dix est juif une proportion
qui est ramenée, en Méditerranée
orientale, à un sur cinq. On comprendra mieux
alors la force du judaïsme et son attraction
sur les foules (il y a sans nul doute beaucoup de
convertis dans ces chiffres), et le danger qu'il
peut représenter aux yeux de certains Romains.
Sur les grandes métropoles, nous avons quelques
précisions. Alexandrie compte 500.000 Juifs
(soit presque 50 % de la population), Rome doit
en avoir, avant 70, 50.000 sur 600 000 habitants
(davantage ensuite, avec l'afflux de captifs), Carthage
entre 20.000 et 30.000 (sur 300.000 habitants),
du moins à la fin du IIe siècle. Quant
à la Jérusalem du Ier siècle,
elle ne doit guère dépasser les 120.000
habitants !"
(Claude AZIZA, 135, la destruction de Jérusalem,
in revue L'Histoire N° 212, Juillet-Août
1997).
Pour terminer, deux pages Web :
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RÉACTION
DE MICHEL
ELOY
(Site PEPLVM
- IMAGES DE L'ANTIQUITÉ) |
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| Concernant
les Juifs en Occident. Il y aurait
peut-être une explication à
glaner dans L'Histoire de l'Antisémitisme
de L. Poliakov, mais je n'ai pas le temps.
Il me revient toutefois que dans son roman
La juive de Tolède, Leon
Feuchtwanger fait remonter au Xe. s. la
présence juive en Espagne, à
l'époque de Salomon et des navigations
vers Tarsih (Tartessos ?).
La révolte
juive de Bar Kocheba, souvent considérée
- mais à tort, comme le rappelle
Claude Aziza, spécialiste en la
matière - comme le début
de la diaspora, avait été
précédée par une
série d'autres révoltes
juives dans l'Empire - Alexandrie, Cyrénaïque,
Chypre - toutes réprimées
dans le sang après moult excès
de part et d'autre (les Chypriotes échaudés
édicteront une loi condamnant à
mort tout juif qui, à l'avenir,
poserait le pied dans l'île d'Aphrodite,
fût-ce suite à un naufrage).
Je me suis souvent
demandé - et je ne suis pas le
seul !! - ce qu'étaient advenues
les fameuses dix tribus d'Israël
déportées par les Assyriens
au VIIe s. av. n.E., mais je me plais
à penser que ce fut là la
première diaspora, et que nombre
de citoyens du Royaume du Nord n'échappèrent
à l'esclavage des Assyriens qu'en
leur tournant le dos et en s'établissant
à l'Ouest (Chypre, Cyrénaïque).
A mon avis, c'est d'eux que descendent
les berbéro-juifs du Maghreb dont
la Kahena fut peut-être la plus
illustre représentante (VIIe s.
de n.E.). Mais j'ai lu aussi que dans
l'Empire romain chrétien, nombre
de berbères païens préférèrent
se convertir au judaïsme toléré
plutôt qu'au christianisme officiel
persécuteur. Ceci n'empêchant
pas cela, d'ailleurs.
Bon, bref, la
diaspora juive semble s'être diffusée
sur une longue période. Non pas
par le commerce - tordons le cou au vieux
cliché antisémite qui associe
les Juifs à l'argent -, car les
Juifs n'étaient pas plus commerçants
que les autres peuples, comme le rappelle
Flavius Josèphe dans son Contre
Apion, décrivant ses compatriotes
comme avant tout agriculteurs. Mais, tout
simplement, pour se trouver une terre
d'asile loin des oppresseurs assyriens,
gréco-syriens ou romains qui occupèrent
leur pays. Ce n'est qu'au Moyen Age que,
régulièrement expulsés
d'un pays à l'autre par des souverains
désireux de "faire le ménage"
avant de partir aux croisades - ainsi
Philippe Auguste - que les Juifs se sont
tournés vers des biens plus aisés
à emporter avec soi qu'un champ
ensemencé. Donc l'argent.
Voilà,
ça ne répond pas directement
à la question de ton visiteur.
Mais cela suggère qu'un long cheminement
dans le temps explique la présence
de juiveries dans telle ou telle région
: un lot d'esclaves par-ci, quelques familles
immigrantes par là…
MICHEL ELOY
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| 12 Septembre 2006 |
| Pierre
a écrit : |
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J’aimerais
fort connaître en détail les principales
batailles qu’a menées l’empereur
Julien contre les barbares germains, Alamans etc et
les Perses (effectifs, pertes).
D’après les résumés que
j’ai vus sur votre site et sur d’autres,
l’empereur m’a l’air d’être
l’un des . meilleurs stratèges que l’empire
romain ait connu (il est demeuré invaincu,
il me semble). Qu’en pensez vous ?
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| RÉPONSE
: |
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| Ainsi que je le signale
souvent dans mes pages Web, je suis assez peu à
l'aise dans les problèmes relatifs à
l'armée romaine, ses effectifs à telle
ou telle époque, ou les stratégies mises
en œuvre par l'un ou l'autre imperator
pour triompher de ses ennemis. Non que ces sujets
ne m'intéressent pas, mais ils sont souvent
si complexes et si controversés que, risquant
d'énoncer de grosses bêtises, j'hésite
à ajouter la moindre goutte d'huile au feu
grégeois du débat entre spécialistes.
Je ne me risquerai donc pas à relater en détail
les campagnes de l'empereur Julien
contre les Germains et les Perses. Détails
que vous pourrez cependant connaître - non sans
faire preuve d'une certaine persévérance,
la prose de ce vieux guerrier regorgeant parfois de
digressions oiseuses - grâce à l'Histoire
de Rome d'Ammien Marcellin, témoin
oculaire de beaucoup d'événements qu'il
relate (pour le règne du Julien, voyez plus
particulièrement les livres XVI à XXII).
Julien fut-il bon stratège ?
Voilà une question que, moi aussi, je me pose
depuis longtemps.
Je le répète encore, je ne suis vraiment
pas fin connaisseur en ces matières. Cependant,
à première vue, ses diverses compagnes
contre les Barbares infiltrés en Gaule, ainsi
que son raid en Italie et à travers
les Balkans à la rencontre de l'armée
rassemblée contre lui par son impérial
cousin Constance
II, le montrent bon tacticien, habile manœuvrier.
D'accord… Cependant - et sans vouloir diminuer
les mérites de Julien - sa "Guerre des
Gaules" se limita le plus souvent à des
opérations de nettoyage, à de multiples
marches et contremarches entrecoupées d'escarmouches
contre des bandes éparses de barbares qui,
selon qu'ils s'estimaient ou non en position de force,
négociaient leur retraite ou attaquaient, s'esquivaient
ou tentaient de traiter avec les Romains. Quant à
sa ruée à travers les Balkans, il s'agit
sans nul doute d'une offensive "de grand style"…
à travers des territoires quasiment dépourvus
de troupes ennemies. Mais il faut également
reconnaître que si Julien rencontra peu de résistance
et si ce blitzkrieg, cette guerre-éclair
fut peu onéreuse en vies humaines, ce fut précisément
grâce à l'excellence de sa stratégie,
privilégiant la rapidité et le mouvement
à l'occupation de provinces ou de villes dépourvues
d'intérêt stratégique immédiat.
Après tout, Napoléon lui-même
ne dut-il pas sa victoire d'Austerlitz autant aux
souliers de ses soldats qu'à leurs fusils ?
Je suis en revanche plus sceptique à l'égard
de sa compagne contre les Perses.
Le plan initial
paraissait brillant : le corps d'armée
de Julien devait s'enfoncer en Mésopotamie
du côté de l'Euphrate, tandis qu'une
seconde armée romaine, opérant
plus à l'Est, descendant d'Arménie
par la vallée du Tigre, prendrait les
Perses à revers, les empêcherait
de faire retraite vers l'Iran et les forcerait
au combat. En gros, sur une plus vaste échelle,
c'était la même tactique que celle
qui aurait dû être mise en œuvre
contre les Germains qui ravageaient la vallée
du Rhin : il était alors prévu
que deux colonnes romaines opèrent parallèlement
sur chaque rive du Rhin, une du côté
des Vosges, l'autre du côté de
la Forêt-Noire, afin de prendre les Germains
comme dans une nasse… Mais, hélas,
en Mésopotamie comme dans la vallée
du Rhin, la deuxième branche de la tenaille
se brisa. En 357, Barbation, préférant
plaire à Constance plutôt que d'obéir
à Julien, la joua perso et perdit
presque toutes ses forces dans d'absurdes opérations.
Et en 363, le corps d'armée placé
sous le commandement de Procope
et de Sébastien ne quitta jamais l'Arménie.
Bien sûr, en Gaule, Julien, avec les seules
troupes dont il disposait, avait remporté
la brillante victoire de Strasbourg. Mais le
Roi des Rois Sapor II était un adversaire
autrement puissant, rusé et coriace que
le chef alaman Chnodomaire !
Julien défit encore les Perses devant
Ctésiphon, leur capitale, mais ne put
prendre la ville, qui parût absolument
inexpugnable. Étant sans nouvelles de
son aile gauche, il aurait sans doute dû
comprendre que la partie était perdue,
qu'il convenait maintenant de sauver son armée
en ordonnant la retraite, quitte à connaître
quelques difficultés de ravitaillement
en retraversant le pays déjà dévasté
à l'aller. Hélas, il ne retint
pas cette option - la moins mauvaise de toutes
- et s'enfonça en territoire ennemi,
sous un soleil brûlant (c'était
le plein été), soit pour tenter
de faire jonction avec l'armée de Procope,
soit afin d'accrocher le gros des forces perses
et les contraindre au combat. Un choix qui,
comme on le sait, fut fatal à Julien
comme il fut néfaste aux aigles romaines.
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2.
Qu’en est-il de la place accordée
à Julien dans les programmes scolaires (en
France et ailleurs) ? Personnellement je
n’en ai pas entendu parler dans ma scolarité.
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| RÉPONSE
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| N'étant pas prof,
j'ignore tout des programmes scolaires actuellement
en usage dans les écoles belges - et a
fortiori dans les françaises. Toutefois,
il m'étonnerait fort que l'empereur
Julien soit évoqué : aujourd'hui,
on néglige l'étude des "grands
personnages qui ont fait l'histoire" pour s'intéresser
à des choses plus "concrètes"
comme la nourriture, les vêtements, l'architecture
à travers les âges… Et c'est ainsi
que nos djeunes ne savent plus trop si les
huttes gallo-romaines furent construites au temps
de Jules César ou de Charles le Téméraire,
et si les boulangers du palais d'Aix-la-Chapelle cuisirent
leurs miches pour Charlemagne ou pour Charles-Quint
!
Cela dit, je suis comme vous, je ne me souviens pas
d'avoir entendu parler de Julien lors de ma scolarité
(début des seventies). Je n'ai appris
son existence que vers mes seize ans, en lisant, tout
seul, comme un grand, le Dictionnaire philosophique
du génial Voltaire. |
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3.
Will Durand dans son
« histoire universelle » dit que
l’empereurJulien a baissé les impôts
des pauvres. Quelques détails ?
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| RÉPONSE
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| Comme je commence à
fatiguer un peu, je vais laisser la parole à
l'excellent Lucien JERPHAGNON :
| “Lorsque
le César (= Julien)
était arrivé en Gaule, la contribution
foncière, répartie par unités
d'exploitation rurale capables de nourrir une
famille, était fixée à vingt-cinq
pièces d'or, ce qui était démesuré.
Évidemment, l'impôt rentrait mal.
Constatant un déficit, le préfet
[du prétoire Florentius] décida,
par un automatisme que nous ne connaissons que
trop, de le combler en appelant un impôt
supplémentaire. Or Julien, de même
qu'il s'était initié aux techniques
de la guerre, avait pris soin, parallèlement,
de s'informer des problèmes de gestion,
et il savait maintenant établir un budget.
Il avait pu constater sur place que la surtaxation
ne faisait qu'accroître la misère
des contribuables, et, partant, diminuait encore
le rendement de l'impôt. De plus, le recouvrement
se faisait le plus souvent au seul profit d'une
bureaucratie pléthorique et sans génie,
quand ce n'était pas au bénéfice
d'administrateurs peu scrupuleux, dont la main
droite ignorait ce que touchait la main gauche.
Julien avait donc fait ses calculs, qu'il opposa
à ceux de Florentius. Plutôt que
d'augmenter stupidement les contributions, il
fallait d'abord réprimer, et durement,
le coulage, les malversations des gestionnaires,
restreindre les dépenses, renoncer aux
remises d'arriérés qui ne profitaient
en fait qu'aux plus grands des latifondiaires.
De plus, les vaincus devaient être tenus
à des dommages de guerre. Florentius maintint
son point de vue. Il y eut entre les deux hommes
des discussions violentes, et Florentius porta
le différend devant l'empereur. Constance
soutint son préfet, mais Julien tint bon.
Il obtint même que, dans certaines régions
sinistrées, l'administration renonçât
à poursuivre les contribuables défaillants.
Quand Julien quitta les Gaules, le taux d'imposition
avait baissé, dit Ammien, des deux tiers.
On comprend sans peine, mais non sans envie, le
même auteur quand il écrit : «
pour cette raison, comme si un soleil sans nuages
avait brillé sur ces régions après
tant de ténèbres affreuses, la joie
des Gaulois s'exprimait dans l'enthousiasme et
dans les danses… » |
 |
On comprend nos
ancêtres les Gaulois… Cette politique
fiscale intelligente, assortie d'une extrême
rigueur dans la tenue de la comptabilité
publique, qui dérangea plus d'un administrateur
des finances dans ses petites habitudes, vaudra
même au César un satisfecit posthume
de la part de Grégoire de Nazianze, à
qui pourtant les compliments écorchent
la bouche quand il s'agit de Julien. En revanche,
le César ne s'était pas fait un
ami de Florentius, et il aurait bientôt
l'occasion de s'en apercevoir.”
(Lucien JERPHAGNON, Julien dit l'Apostat,
Seuil, 1986). |
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| 17 Septembre 2006 |
| Patricia
a écrit : |
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| Quelle
est votre opinion à propos de la superbe
série Rome
(HBO). Quelle
est votre opinion à propos du réalisme
de la série ainsi que la manière dont
est traité l'histoire de Jules César et
sa famille. |
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| RÉPONSE
: |
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| La série
Rome ?
Je la trouve tout bonnement fantastique,
formidable, somptueuse, passionnante et, qui mieux
est, fort intelligente et (relativement) fidèle
à l'Histoire (avec un grand H) !… Mais
je n'en dirai guère plus. En effet, je ne voudrais
pas empiéter sur les plates-bandes de mon excellent
camarade Michel ELOY, le grand spécialiste
belge des péplums, qui, dans le cadre de son
site Péplum
- Images de l'Antiquité, prépare
un très volumineux dossier sur cette série,
en complément de celui qui y figure déjà
: Clic
!.
Afin d'être informée en temps et heure
de la mise en ligne de cette exégèse,
je vous invite donc à consulter régulièrement
la page consacrée aux Nouveautés
du site Péplum.
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