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Juillet - Août 2006 (page 3/3)
Sommaire de Juillet-Août : Clic
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| 17 Août 2006 |
| Carole
a écrit : |
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| Pourriez-vous
m'indiquer s'il a existé un "consul"
appelé DONATIEN, responsable des armées,
qui aurait en particulier dirigé les batailles
dans la région de Lyon ? |
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| RÉPONSE
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| A première vue,
je n'ai pas trouvé trace du moindre Donatien
(en latin Donatianus ?) dans les listes de
consuls romains que propose le site www.kmatthews.org.uk.
Mais peut-être pourriez-vous m'informer du contexte
et des raisons de votre recherche afin qu'éventuellement,
je puisse mieux cibler les miennes et/ou solliciter
plus efficacement l'aide des visiteurs de mon site
Web.
Désolé de ne pouvoir mieux vous renseigner. |
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| RÉACTION
À CE COURRIER |
| 22 Novembre
2006 |
| Jean-Eric
a écrit : |
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Après
une recherche approfondie dans les divers
documents en ma possession, je n'ai pas
trouvé de Consul de ce nom pour toute
la période après Jésus-Christ
(y compris dans les Consuls suffects connus
et dont les dates sont définies).
Cependant, il en existe un dont le nom est
approchant : Caius Junius DONATUS,
Consul (ordinaire) pour la 2e fois en 260
(la date de son 1er consulat suffect n'étant
pas précisément fixée,
vers 257 ?), il fut Préfet de la
Ville (de Rome) en 257. Je ne connais aucun
autre élément sur ses faits
et gestes.
Je vais poursuivre dans la voie des consuls
suffects aux dates indéterminées.
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| 22 Août 2006 |
| Georges
Thibeaux (site
www.aetius.be) a
écrit : |
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J'ai
retrouvé de manière fortuite notre
échange d'emails sur votre site.
Depuis, j'ai le plaisir de vous annoncer l'édition
de mon texte :
Aetius,
grand Oublié de l'Histoire, vainqueur d'Attila,
fléau du Diable
Georges Thibeaux - Editions EURELIT (une division
de AETIUS asbl) - 2005
isbn 2-9600566-5-5- 12 €
J'ai également
créé l'association : AETIUS
asbl (association de droit belge - type loi 1901-
humanisme et classicisme) en l'honneur de ce grand
personnage, occulté par son ennemi vaincu Attila,
comme l'est Nelson par Napoléon. L'asbl envisage
la création d'un prix d'Histoire, frappé
par la manière dont les "scriptores memoriae"
habillent celle-ci.
Une autre énigme
subsiste : Quelles furent les relations entre
Attila et Aetius ? J''ai le sentiment d'une
""amitié manipulée" au
service de Rome, divisée par le conflit Est-Ouest
(ouest : Galla Placidia et les Wisigoths- Est : Aetius
et Attila).
Je recevrai volontiers
le courrier de vos lecteurs : la communication et
l'échange d'idées (en dehors de toute
idéologie) font partie de notre démarche.
Bien à
vous.
G. THIBEAUX -
Mail : info@eurelit.be
www.aetius.be
- www.eurelit.be
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| RÉPONSE
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| Des relations entre
votre cher Ætius
et Attila,
à mon avis, on ne sait pas grand-chose de plus
que ce qu'en écrivit jadis le bon Gibbon dans
sa célébrissime Histoire du déclin
et de la Chute de l'Empire romain.
Au risque d'enfoncer des portes ouvertes et seulement
afin de vous éviter de farfouiller longuement
dans ce volumineux - mais ô combien passionnant
- bouquin, voici ce passage :
"Par politique autant que par reconnaissance,
Ætius cultivait assidûment l'amitié
des Huns. Durant son séjour dans leur camp,
comme otage ou comme exilé, il vécut
familièrement avec Attila, neveu de son bienfaiteur
; et ces célèbres adversaires semblèrent
avoir été liés d'une intimité
et d'une sorte de fraternité d'armes qu'ils
confirmèrent dans la suite par des présents
mutuels et par de fréquentes ambassades.
Carpilio, fils d'Ætius, fut élevé
dans le camp d'Attila. Le patrice cherchait, par
des protestations d'attachement et de reconnaissance,
à déguiser ses craintes à un
conquérant dont les armées formidables
menaçaient les deux empires." (GIBBON,
op. cit., Éditions Robert Laffont,
coll. Bouquins).
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| CONCLUSION
DE GEORGES : |
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Merci
pour votre réponse !
Je n'avais pas pensé aux mots "fraternité
d'armes" qui semble bien définir la
relation entre AETIUS et ATTILA. |
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| 22 Août 2006 |
| Jean-Éric
a écrit : |
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Je
ne suis qu'un amateur passionné et cela fait
maintenant quelques années que j'effectue des
recherches, pour ma culture personnelle, sur différents
sujets en rapport avec la Rome antique (exemple, fastes
consulaires avec cursus honorum, liste des
Praef. Urbi Romae, généalogie,
etc). Ces recherches sont toujours en cours, mais
je peux à l'heure actuelle, mettre à
votre disposition quelques éléments.
Si vous souhaitez les consulter, n'hésitez
pas à me contacter.
De plus, je suis preneur de toute information concernant
les Préfets de Rome, sous l'empire, c'est mon
sujet de recherche du jour
Jean-Éric - Mail : jec-jec@voila.fr
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| RÉPONSE
: |
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| Merci pour cette proposition
d'échange d'infos. Le cas échéant,
je me ferai un plaisir de recourir à vos lumières…
Bien que les questions qui vous intéressent
ne paraissent pas, a priori, entretenir un
rapport des plus étroits avec le sujet d'étude
de mon site, qui est surtout axé sur les biographies
des empereurs romains (ainsi que sur les relations
de ceux-ci avec le christianisme naissant). Mais,
en tout état de cause, je ne manquerai pas
de répercuter à la fois votre proposition
et votre demande dans les pages réservées
au courrier des visiteurs de mon site. |
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| 24 Août 2006 |
| Ruben
a écrit : |
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Quand
Constantin officialise le christianisme, hormis
le fait qu’il soit reconnu, de quoi bénéficie-t-il
très concrètement ? Je suppose
qu’on lui a donné des lieux de cultes (des
anciens temples ?) et que le clergé devenait
à la solde (dans tous les sens du terme) de l’Empire,
c'est-à-dire de l’empereur
Peut-on faire un parallèle de l’organisation
religieuse du paganisme, de son clergé
vis-à-vis de l’Empire, avec l’organisation
ecclésiale de l’Église ? |
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| RÉPONSE
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Vous trouverez,
dans cet ancien
courrier, les principales dispositions en
faveur des chrétiens prescrites par le
fameux Édit de Milan, promulgué
en 313 par Constantin
et Licinius.
Comme vous le constaterez, outre l'importantissime
transformation du christianisme en en religion
autorisée (religio licita),
les principaux avantages que les chrétiens
retirèrent de cette "paix religieuse"
furent immobiliers : on leur restituait leurs
lieux de culte et on leur permettait d'en acquérir
légalement de nouveaux.
Ce n'était là qu'un début
!… L'emprise du christianisme sur la société
s'accrut ensuite avec l'intérêt
grandissant de Constantin pour le christianisme
(à ce sujet, voyez : Clic
! et Clic
!).
Il serait fastidieux de faire ici l'inventaire
de toutes les lois et décrets en faveur
du christianisme, du clergé chrétien,
ou plus généralement des mesures
d'inspiration chrétienne que promulguèrent
Constantin puis ses successeurs. En définitive,
toutes ces dispositions aboutirent à
l'imposition définitive, dès 380,
du christianisme comme "religion d'état",
ainsi que de l'interdiction de tous les autres
cultes.
Toutefois, à mon avis, à partir
de ce moment, ce ne fut pas le clergé
qui fut à la solde de l'empereur,
mas plutôt l'inverse : l'empereur se retrouva
petit à petit à la botte
du clergé chrétien. Par exemple
à l'occasion du Massacre
de Thessalonique, quand le saint évêque
Ambroise
de Milan obligea Théodose
à d'humiliantes contorsions pénitentielles
devant lui, l'auguste représentant de
la toute-puissante Église chrétienne.
(À ce sujet, voyez aussi : Clic
!) |
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Je ne suis pas grand spécialiste des cultes
païens, sujet infiniment divers et complexe.
Cependant, à ce qu'il me semble, ce n'est que
très tardivement, sous le règne de Julien
dit "l'Apostat", que ceux-ci commencèrent
à s'organiser de manière plus rationnelle.
Cet empereur entreprit en effet de doter la religion
traditionnelle d'un dogme structuré ainsi que
d'une organisation territoriale et hiérarchique
semblable à celle du christianisme. Ce, justement,
afin de combattre à armes égales avec
la nouvelle croyance et d'enrayer enfin sa propagation.
Faute de temps et - il faut aussi l'avouer - de motivation
suffisante des élites païennes, cette
tentative de défense et d'illustration
des cultes ancestraux échoua. Mais, en l'occurrence,
force est de reconnaître que ce fut plutôt
le paganisme qui tenta de copier les institutions
chrétiennes, et non le contraire. |
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| 25 Août 2006 |
| François
a écrit : |
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Bravo
pour votre site et merci de mettre à notre disposition
tous vos travaux.
Je ne crois pas, cependant, que les
autres « sons
de cloches », évoquant les
liens mentionnés avec d’autres travaux
historiques, soit une expression bien appropriée,
leurs auteurs étant certainement plus
érudits que « cloches » ! |
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| RÉPONSE
: |
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| … Mais c'est moi
qui vous remercie pour ce message ainsi que pour le
sympathique intérêt que vous témoignez
à mon site Web.
Quant à ces fameuses
cloches dont vous me faites un tantinet grief,
loin de moi toute intention méprisante ! D'ailleurs,
si l'on dit couramment que, pour se forger un avis
autorisé, il faut toujours écouter
d'autres sons de cloches, c'est bien que les
tintements de ces dites cloches ne sont point aussi
cloches que tendrait à le laisser
supposer cette malencontreuse homonymie née
d'une fâcheuse coïncidence étymologique. |
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| 25 Août 2006 |
| Bert
a écrit : |
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C'est
une contribution à l'ébauche
de débat que vous avez débuté
il y a déjà trois ans (bon
sang qu'il passe vite, et il paraît
qu'ultima necat…), sur
l'homosexualité de certains
empereurs en général, et
la relation entre Hadrien et Antinoüs
plus précisément.
Je crains que la qualité de cette
relation ne puisse être que présumée
; c'est surtout le magnifique texte de
Marguerite Yourcenar qui en fait une belle
et mystérieuse histoire d'amour,
là où les biographes et
les traces historiques ne montrent qu'une
aventure, une liaison, et peut être
une divinisation "en récompense"
de services rendus qui n'étaient
pas nécessairement "amoureux".
Plus largement,
les Mémoires d'Hadrien
sont d'une telle qualité, et d'une
telle érudition, que l'on en vient
rapidement à en faire une biographie
du prince, ce qui n'était pas l'intention
de l'auteur, d'ailleurs ! On rêve
à ce qu'aurait pu être la
vie d'Hadrien telle que présentée
par le roman, mais l'on ne doit pas oublier
que c'est un roman, et de grande qualité,
avec ce que cela peut comporter de suggestion,
de transposition et d'imagination.
Le Satiricon, par exemple, me
paraît plus intéressant pour
juger de la question, hors toute discussion
sur la qualité littéraire
des deux œuvres.
Difficile dès
lors de juger d'une question comme celle
de l'acceptation et de la "valeur
morale" de l'homosexualité
masculine dans la société
romaine des Ier et IIe siècles,
à la simple vue de la relation
entre Hadrien et Antinoüs.
Je n'ai malheureusement
pas encore retrouvé la thèse
en question, j'avais abandonné
mes recherches, mais ce courrier me (re)motive.
Les questions de mœurs "pré-ère
chrétienne" m'intéressent
beaucoup, peut être d'autres de
vos lecteurs sont dans ce cas-là
? |
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| RÉPONSE
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| Je suis entièrement
d'accord avec vous. Faute de sources vraiment explicites,
la nature réelle de la relation entre Hadrien
et Antinoüs
peut difficilement être précisée
(à ce sujet : Clic
!). Au grand dam des militants de la "cause
gay", il demeure hautement conjectural
de transformer cette étrange histoire de déification
d'un joli favori, sacrifiant sa jeune vie pour la
prolongation de celle de l'empereur, en un récit
parfaitement exemplatif de la généralisation
des pratiques homosexuelles au siècle des Antonins.
Ainsi que je l'ai déjà souligné
dans les pages de mon site, je crois que si l'on peut
aisément distinguer les motifs politico-culturels
du culte rendu à Antinoüs à l'instigation
du très philhellène Hadrien, les sentiments
réels de l'empereur envers son jeune protégé
demeurent, et demeureront sans doute inaccessibles.
Vous avez aussi
mille fois raison de souligner qu'il ne faut
pas demander aux Mémoires d'Hadrien
plus qu'ils peuvent offrir. Il s'agit avant
tout d'une fiction littéraire, d'un roman.
Excellent, certes, mais rien qu'un roman !
De surcroît, en ce qui concerne précisément
la relation Hadrien-Antinoüs, la pourtant
géniale Marguerite Yourcenar peut d'autant
moins nous aider qu'elle est comme qui dirait
"de parti pris". L'homosexualité
(masculine ou féminine) constitue en
effet l'un des thèmes majeurs et récurrents
de son œuvre…ainsi que de sa propre
vie, étant elle-même, je crois,
lesbienne (et quelque peu honteuse de l'être).
Si donc elle a choisi de reconstituer fictivement
l'Autobiographie d'Hadrien, c'est probablement
parce que, justement, la passion présumée
de cet empereur pour le jeune Bithynien permettait
de donner une place centrale à cette
thématique "homo" qui lui était
chère.
Le Satiricon serait-il plus fiable
pour connaître les mœurs sexuelles
antiques ?
Bof, je ne sais pas trop
D'accord, il s'agît là d'un "document
d'époque", mais reflète-t-il
réellement les mœurs courantes du
temps il fut écrit (c'est-à-dire,
sans doute, du début du règne
d'Hadrien - voir ici : Clic
!). Ainsi que je l'ai écrit d'autre
part : « J'aime assez une petite remarque
de l'éminent historien Paul Veyne. Permettez-moi
de vous en faire part : le "Satiricon
de Pétrone dut justement son succès
au fait qu'il décrivait des scènes
de débauche à une société,
la société romaine, alors très
puritaine : les Romains compensaient leur propre
austérité par les délices
de l'imagination" (L'Histoire, N°254,
p. 53). Bref, prendre les orgies du Satiricon
au pied de la lettre, ce serait un peu comme
croire que les films pornos américains
sont l'exact reflet de prétendues mœurs
dévergondées du commun des citoyens
des States… On est vraiment loin de compte
! ». |
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| Bert
réécrit : |
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Justes
remarques pour le Satiricon ! Et nous
sommes d'accord sur la grande Marguerite !
Pour en revenir au sujet,
je (re) lisais cet été la biographie
d'Antonin le Pieux "récemment"
parue. Vous avez peut-être eu l'occasion
de voir mon intérêt pour le personnage…
Bernard Rémy évoque en peu de
pages les mœurs connues ou fortement supposées
d'Antonin. Nulle part, et les sources habituelles
ne sont pas plus bavardes, il n'est évoqué
cet "amour pour les jeunes gens"
auquel fait allusion Marc Aurèle dans
le livre I de ses Pensées…
Certains y voient plutôt l'évocation
des mœurs d'Hadrien, alors même que
le chapitre évoque bien Antonin. D'autres
traduisent le texte comme étant une condamnation
dudit amour pour "les jeunes gens",
ou "les adolescents"…
Antonin aurait-il été relativement
débauché dans sa jeunesse ? Ces
légendaires retenue et sagesse lui seraient-elles
venues avec l'âge ? Cela me le rendrait
peut-être encore plus sympathique !
A noter aussi, dans ladite
biographie (excellente, un érudit
et un professionnel, M. Rémy !), qu'il
est là aussi, dès le début,
dit et écrit qu'Antonin "ne
quitta jamais l'Italie", malgré
la longue évocation de son administration
en Asie…
Bon sang, pourquoi faut-il
que les traces de trois des plus grands, empereurs
aux temps peut être les plus importants
de Rome, savoir Hadrien,
Antonin
et Marc
Aurèle, aient été autant
effacées ? |
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| 26 Août 2006 |
| Gérard
a écrit : |
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| Je
voudrais savoir si dans votre site, il serait possible
de trouver quelque chose qui aurait pour thème,
le dialogue avec la plèbe, au temps de Caius
Julius Caesar, et ce vers l'âge de 15-16 ans
? |
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| RÉPONSE
: |
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| Je ne sais pas si j'ai
bien compris le sens de votre question, mais à
première vue, non, je n'ai pas parlé
d'éventuels contacts que César,
à l'âge de 15-16 ans, aurait eus avec
la plèbe. Du reste, je ne pense pas qu'il y
aurait grand-chose à en dire ! César
perdit son père à 15 ans et, à
16 ans (84 av. J.-C.), il rompit ses fiançailles
avec une certaine Cossutia, issue d'une famille de
chevaliers évidemment très "cossue",
pour épouser Cornelia, fille de Cinna, chef
du "parti populaire". Mais, bien sûr,
il ne faut pas pour autant croire que ce mariage donna
automatiquement à César une place éminente
dans ce parti : à Rome, dans l'Antiquité,
un jeunot qui venait de revêtir la toge virile,
sans aucune expérience politique ou militaire,
avait juste le droit de se taire et d'écouter
les hommes d'expérience.
Ce n'est qu'après la mort de Sylla
(78 av. J.-C.) que César commença véritablement
sa carrière politique. |
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| 31 Août 2006 |
| Charles
a écrit : |
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Dites-moi,
j'ai lu que les ouvrages antiques avaient été
réecrits par les moines copistes chrétiens
afin qu'ils soient conformes au christianisme,
cf. travaux de Gys Levic.
Qu'en pensez-vous ? |
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| RÉPONSE
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| On dit souvent que la
civilisation occidentale doit une éternelle
reconnaissance aux moines copistes du (Haut) Moyen
Âge qui transmirent à travers les siècles
de barbarie le précieux héritage de
la pensée gréco-romaine…
Certes, certes, ce n'est pas faux. Toutefois, il ne
faut pas non plus perdre de vue que ces bons moines
ne nous ont pas transmis tous les manuscrits dont
ils disposaient encore. Ils n'ont pas non plus nécessairement
respecté l'intégrité de ces textes
autant qu'il eût convenu. Ils suivirent en cela
l'exemple de l'illustre saint
Jérôme, qui, traduisant les Évangiles
du grec en latin (cette traduction, la Vulgate
resta longtemps la seule autorisée par l'Église
catholique), reconnut sans la moindre gêne qu'il
n'avait pas hésité à omettre
de traduire les passages qui lui paraissaient scandaleux.
Vous imaginez bien que, si saint Jérôme
s'autorisait à censurer les Saintes Écritures,
la parole de Dieu incarnée, ses moins illustres
successeurs, les bons moines copistes du Moyen Âge,
ne prirent guère de gants pour effectuer des
coupes sombres dans la littérature païenne
! D'ailleurs, c'est bien simple, absolument tous les
textes païens qui auraient pu évoquer
l'histoire de l'Église chrétienne primitive
ou les persécutions anti-chrétiennes
ont complètement disparu. Ne subsistent, comme
par hasard, que les témoignages chrétiens
pour nous renseigner sur ces événements.
Et certains historiens de la littérature de
se lamenter, un tantinet naïvement, sur la décadence
des belles lettres latines après la période
(de 50 à 130 ap J.-C.) qui avait vu fleurir
tant de grands auteurs (Tacite,
Sénèque, Juvénal,
Lucain, voire Suétone).
Tu parles ! Combien, d'excellents auteurs ont-ils
été voués à l'oubli parce
qu'ils parlaient du christianisme de manière
scandaleuse, selon l'expression du bon saint
Jérôme.
J'en ai déjà parlé par ailleurs
(Clic !
et Clic
!), mais voyez l'œuvre de Tacite qui, comme
par hasard, s'interrompt toujours précisément
au moment où elle pourrait devenir intéressante
pour l'histoire du christianisme. De surcroît,
quand le texte antique a été, grosso
modo, conservé, les chipotages, interpolations,
interventions - plus ou moins adroites - des copistes
le dénaturent souvent au point de rendre son
témoignage suspect, voire inutilisable. Parfois
c'est si mal fait que cela en devient risible. Par
exemple ce célèbre texte de Suétone
qui présente la persécution de Néron
parmi un bric-à-brac de mesures anodines :
"Il réduisit les festins publics à
de simples distributions de vivres. Il défendit
de vendre dans les cabarets des mets cuits, à
l'exception des légumes et du jardinage, tandis
que, auparavant, on y servait tous les plats. Il
livra aux supplices les Chrétiens, race adonnée
à une superstition nouvelle et coupable.
Il mit fin aux excès des coureurs de chars
qui, profitant d'un ancien privilège, se faisaient
un jeu de tromper et de voler, en courant de tous
côtés. Il exila tout à la fois
les factions des pantomimes et les pantomimes eux-mêmes."
(Vie
de Néron, 16).
"Puisqu'il est question de salades, je vais en
ajouter une belle", semble s'être dit le
copiste.
Mais parfois, le bidouillage est si bien fait que
même les experts s'interrogent sur sa réalité.
Par exemple, le témoignage sur Jésus
de l'historien juif Flavius Josèphe (voyez
ici : Clic
!).
Bref, on doit certes une fière chandelle aux
copistes chrétiens du Moyen Age. C'est entendu
!… mais cette il est regrettable que cette dite
chandelle ait consumé infiniment plus de papier
que de cire ! |
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