->emp - chrono
courrier site emp
   

Sommaire Juillet - Août 2006 :

  • 1er Juillet :
    • Jouons avec Trajan, et instruisons-nous avec Domitien et Hadrien : Clic !
  • 3 Juillet :
    • Quand Cicéron devient l'homme de paille du divin Jules… : Clic !
  • 4 Juillet :
    • La Junie de Britannicus : Clic !
  • 12 Juillet :
    • La fin de l'amour grec : Clic !
    • Des philosophes athées à Rome ? : Clic !
  • 12 Juillet :
    • La destruction de la bibliothèque d'Alexandrie : la faute à qui ? : Clic !
  • 15 Juillet :
  • 15 Juillet :
    • GRICCA : Les Burgondes et l'installation des Barbares : Clic !
2e PAGE
  • 15 Juillet :
    • César en Gaule : un génocidaire velléitaire ? : Clic !
    • Réunion au sommet : le triumvirat se concerte à Lucques… : Clic !
  • 17 Juillet :
    • Concile de Nicée : Constantin s'était fait beau ! : Clic !
  • 20 Juillet :
    • Des infos sur une mystérieuse divinité ? : Clic !
  • 23 Juillet :
    • Caton d'Utique à poil ? : Clic !
    • Où trouver des infos sur les vertes années de César ? : Clic !
  • 3 Août :
    • Limitis, le site des peuples des frontières (Germains, Daces, Africains, Sarmates…) : Clic !
  • 8 Août :
    • Mangeons à la table des empereurs en compagnie d'Alexandre Dumas : Clic !
3e PAGE
  • 17 Août :
    • Un consul du nom de Donatien ? : Clic !
  • 22 Août :
    • Pour sortir Aetius d'un injuste oubli… : Clic !
    • Aetius et Attila : des frères d'armes ? : Clic !
  • 22 Août :
    • Échange d'infos sur les fastes consulaires, les préfets de la Ville, etc…  : Clic !
  • 24 Août :
    • Quels bienfaits les Chrétiens retirèrent-ils de la conversion de Constantin ? : Clic !
  • 25 Août :
    • Comme quoi toutes les cloches ne sont pas fêlées ! : Clic !
  • 25 Août :
    • L'homosexualité à Rome et les relations d'Hadrien avec Antinoüs, the return ! : Clic !
      • Et Antonin, aima-t-il les jeunes garçons ? : Clic !
  • 26 Août :
    • Jules César, populiste en culottes courtes ? : Clic !
  • 29 Août :
  • 31 Août :
    • La transmission des ouvrages antiques : un travail de Bénédictins… fort sourcilleux ! : Clic !
RECHERCHE DANS LE SITE
"EMPEREURS ROMAINS"
Google Custom Search
 
1er Juillet 2006
Patrick REVEVEUR a écrit :
 

Depuis ceci, j'ai écrit un jeu sur Trajan :

et, si ça vous interesse d'apprendre l'historie en jouant, la suite sur Domitien :

et sur Hadrien :

 
vae victis
 
 
3 Juillet 2006
Gérard a écrit :
 
J'aimerais une petite précision concernant l'achat d'un édifice : la voici ; Pendant que César guerroyait contre les Celtes de "Grande-Bretagne", en 54, il chargea Cicéron d'acheter un terrain pour y construire un Forum (le sien). L'on dit que Cicéron vit grand (comme toujours !). Mais de combien fut la somme versée à cette époque ? Je l'ai lue une fois, mais ne m'en rappelle plus ! La note était gastronomique !
 
 
 
RÉPONSE :
 

Le "brave" Suétone nous apprend que l'acquisition du terrain nécessaire à l'édification de son forum coûta à César la somme rondelette de 100 millions de sesterces (Vie de César, XXVI). Et Cicéron himself, dans une lettre à son ami Atticus (IV, 16, 8), datée de 54, signale que lui et d'autres amis de César avancèrent une partie - environ 60 millions de sesterces - de ce pactole au futur dictateur (voir bcs.fltr.ucl.ac.be).

 
julius caesar
 
 
4 Juillet 2006
Sophie a écrit :
 

Je suis comédienne et j'étudie actuellement le rôle de Junie chez Racine.
A t elle réellement existée ?

 
 
 
RÉPONSE :
 

Il y a bien longtemps que je n'ai plus fréquenté l'œuvre théâtrale de Racine et je croyais me souvenir que la tendre et touchante Junie de la tragédie Britannicus n'était qu'un personnage fictif. Mais, en l'occurrence, j'errais un tantinet. Lisez en effet ce qu'écrit le bon Racine dans la préface de sa pièce :

Junie ne manque pas non plus de censeurs. Ils disent que d'une vieille coquette, nommée Junia Silana [une amie d’Agrippine, qui finit cependant par la dénoncer à Néron], j'en ai fait une jeune fille très sage. Qu'auraient-ils à me répondre si je leur disais que cette Junie est un personnage inventé, comme l'Émilie de Cinna, comme la Sabine d'Horace ? Mais j'ai à leur dire que, s'ils avaient bien lu l'histoire, ils y auraient trouvé une Junia Calvina, de la famille d'Auguste, sœur de Silanus à qui Claudius [l’empereur Claude] avait promis Octavie [sa fille, sœur de Britannicus, qui épousa finalement Néron]. Cette Junie était jeune, belle, et, comme dit Sénèque, « festivissima omnium puellarum » [la plus enjouée des donzelles]. Elle aimait tendrement son frère ; et leurs ennemis, dit Tacite, « les accusèrent tous deux d'inceste, quoiqu'ils ne fussent coupables que d'un peu d'indiscrétion » [Tacite, Annales, XII, 4]. Si je la représente plus retenue qu'elle n'était, je n'ai pas ouï dire qu'il nous fût défendu de rectifier les mœurs d'un personnage, surtout lorsqu'il n'est pas connu.” (Racine, Première préface de Britannicus [1670]).

Dans sa seconde préface de Britannicus (de 1676), Racine précise encore que cette fraîche Junia Calvina qui l'inspira "vécut jusqu'au règne de Vespasien". Autrement dit, elle survécut, au minimum, quatorze ans à Britannicus (lequel mourut en 55, alors que Vespasien régna de 69 à 79 ap. J.-C.)

Voilà ! Junie est donc bien un personnage historique, mais très secondaire, dont nous ne connaissons finalement l'existence qu'au détour de rares passages d'auteurs antiques. Mais, en tout état de cause, la Junie de l'Histoire ne joua d'aucune façon le rôle que lui prête Racine dans sa pièce.

britannicus - jean racine
 
 
 
12 juillet 2006
Pierre a écrit :
 
 

1. Il y a une question que je me pose depuis longtemps : à quel moment « l’amour grec » a-t-il cessé d’être un idéal dans certaines régions de l’empire romain ? L’Église chrétienne a-t-elle condamné explicitement ces pratiques à ses tous débuts, au risque de s’attirer les foudres de certains empereurs ? Si oui, de quelle manière l’a-t-elle fait ? Ces pratiques populaires à l’époque d’Hadrien étaient-elles encore en vigueur à l’époque de Constantin et même plus tard à l’époque de saint Augustin ?

 
 
 
RÉPONSE :
 

J'ai déjà eu, à de multiples reprises, l'occasion d'évoquer l'homosexualité dans l'Antiquité romaine ainsi que les préférences sexuelles prêtées à tel ou tel empereur (voyez, par exemple ici : Clic !)… Et je reste toujours assez sceptique, tant au sujet des ragots colportés - généralement dans le but manifeste de nuire à leur réputation - sur certains Romains illustres (tels Jules César, Tibère, Caligula, Néron, etc) qu'à propos d'une homosexualité largement répandue et acceptée dans la société romaine. D'ailleurs, même en Grèce, patrie de cet amour grec que vous évoquez, la vie n'était peut-être pas aussi rose pour le peuple gay qu'on le croit généralement. Je viens en effet de lire dans un articulet de l'excellente revue L'Histoire (N° 309, mai 2006, p. 27) que, dans l'Athènes "de Périclès", les efféminés (kinaidos) étaient impitoyablement écartés - après examen de moralité - de toute responsabilité publique.
Commentaire d'Aristophane dans sa pièce les Cavaliers : "Voici les anus mis sous surveillance étroite, et empêchés d'agir ceux qui tortillent du derrière !". Et le bon peuple macho d'Athènes, finalement aussi homophobe que beaucoup de nos contemporains, les beaufs de Paris, de Bruxelles et d'ailleurs, d'éclater de gros rires gras…Nous sommes loin de la Cage aux folles attiques que certains imaginent non sans peut-être certains regrets !

Affirmer que l'homosexualité était "populaire" à Rome, même au temps d'Hadrien, cela me paraît donc assez aventuré. L'attirance de cet empereur pour son bel Antinoüs n'est guère connue que par les brefs commentaires - plutôt désobligeants - de quelques auteurs antiques. Nous ne savons strictement rien de l'opinion du "petit peuple" de l'Empire romain sur cette liaison présumée homosexuelle… Mais ne peut-on penser que si Hadrien, empereur féru d'hellénisme, prit grand soin de diffuser le culte de son favori défunt, ce fut précisément afin de tenter de "convertir" définitivement à l'idéal esthétique grec (ainsi qu'à la morale sexuelle qui y était associée) une population qui demeurait en majorité sceptique à cet égard ?
Comme je l'ai déjà souvent écrit à ce propos, le message politique d'Hadrien me semble nettement plus explicite que la nature réelle des relations entre l'empereur et son bel éphèbe. (À ce sujet, voyez aussi ici : Clic !).

A priori, ce n'est donc pas d'une société sexuellement libertaire que le christianisme a triomphé, même si les premiers propagandistes chrétiens n'ont pas manqué de présenter leurs concitoyens païens comme d'infâmes débauchés, de dégoûtants partouzards, d'abominables invertis, et tout le toutim. Une morale sexuelle, qui n'était pas la nôtre, existait évidemment, et avait même sans doute connu d'importantes variations au fil du temps : tour de vis moral au temps d'Auguste, relâchement sous Néron, retour à une plus grande décence au milieu du IIe siècle, puritanisme plus poussé au IIIe siècle, le siècle calamiteux de l'Anarchie militaire, etc… Toutefois le vrai contrôle moral de la société ne vint qu'avec l'imposition, de force, à coups de lois répressives, de la morale judéo-chrétienne qui, de tout temps, avait fermement condamné toute pratique autre qu'hétérosexuelle et strictement reproductrice. Mais puisque j'ai déjà eu l'occasion de développer - assez longuement - cette question à l'occasion d'une correspondance avec un autre sympathique internaute, je me permets de vous y renvoyer : Clic !.

 
 

2. Autre question (rien de trop beau), l’athéisme pouvait-il être professé à l’époque de l’empire ? Certains philosophes s’y sont-ils risqués ?

 
 
 
RÉPONSE :
 

Je ne suis vraiment pas un très fin connaisseur de la philosophique antique, mais, à première vue, je ne connais pas de philosophe romain ouvertement athée au sens moderne du terme. Les épicuriens du genre de Lucrèce, que l'on présente parfois comme athées, professaient plutôt une stricte séparation des sphères humaine et divine : leurs mondes étant radicalement distincts, les hommes n'avaient pas à se soucier ni à craindre les dieux. Ce qui, évidemment, ne niait pas leur existence, que du contraire…

Pour en venir plus précisément à votre question, il est probable que l'athéisme séduisit certains penseurs romains, dont je ne connais pas le nom… Et pour cause puisqu'il est tout aussi probable que ces philosophes évitèrent soigneusement de propager une doctrine que le pouvoir impérial - païen ou chrétien - ne pouvait absolument pas tolérer. Il était en effet périlleux d'affirmer que dieux, déesses, empyrée, et tout le bazar, c'était de la foutaise alors que les tout-puissants empereurs se proclamaient divins, qu'ils aspiraient à prendre place, après leur décès, aux côtés des divinités olympiennes, et qu'ils ne tarderaient pas à se faire adorer, de leur vivant, comme d'authentiques dieux vivants.

 
 
 
12 Juillet 2006
Charles a écrit :
 
Je voudrais savoir si ce ne sont pas les chrétiens qui ont incendié la bibliothèque d'Alexandrie plutôt que les armées arabes, au demeurant très respectueux du savoir contrairement aux intolérants chrétiens… Cf. Contre les païens d'Orose ?
 
 
 
RÉPONSE :
 

Si j'en crois ce site Web :

"La bibliothèque fut incendiée une première fois durant l'entrée de Jules César à Alexandrie (48 av. J.-C.) : César fait incendier la flotte amarrée dans le port pour empêcher que la flotte de Ptolémée XIV ne prenne la ville à revers, de là l'incendie se propage à la Bibliothèque toute proche et entre 40 000 et 400 000 rouleaux sont détruits. En compensation, Antoine offre à Cléopâtre la bibliothèque de Pergame. En 295, les collections sont de nouveau endommagées durant la révolte d'Aemilianus. Puis en 391, le Sérapéion est détruit lors d'une révolte contre Théodose.
Enfin, en 641, Alexandrie étant tombée aux mains des Arabes selon la légende le général Al-as Amrou ordonne la destruction de tous les livres, qui seront utilisés pour chauffer les bains publics pendant six mois, car «
 si tous ces livres sont conformes au Coran, ils sont inutiles, s'ils ne sont pas conformes, ils sont dangereux »."

De fait, il est fort possible que cette destruction des ouvrages antiques à l'initiative du général Amr et du calife Omar ne soit qu'une légende assez postérieure à la conquête arabe (voyez ce site : www.oeildusphinx.com).

Difficile de trancher dans ce débat tant il semble idéologiquement et culturellement marqué, les chrétiens accusant les païens ou les Arabes de vandalisme, et les Musulmans se défaussant sur les infidèles chrétiens (… faute sans doute de pouvoir mettre ces destructions sur le dos des Juifs !). Cependant, à mon avis, après l'incendie de Jules César et les multiples déprédations que la bibliothèque alexandrine subit au cours des siècles - et qui sont, elles, historiquement attestées -, elle ne devait plus receler beaucoup de manuscrits précieux lorsque les Arabes s'emparèrent de l'Égypte.
Cela dit, si vous remplacez le mot Coran par Évangile, la célèbre phrase que l'on prête à Amr ou à Omar n'aurait nullement paru incongrue dans la bouche de la plupart des patriarches chrétiens d'Alexandrie des IVe et Ve siècles (Athanase, Théophile, Cyrille) dont la modération et la tolérance n'étaient guère les vertus… cardinales !

 
 
 
15 Juillet 2006
Fabrizio (site freereservation.com) a écrit :
 

Nous vous invitons à essayer le confort et l'accueil de nos chambres d'hôtel à Rome avant de visiter une de plus belles zones historiques du monde :

freereservation
 
 
 
15 Juillet 2006
Gricca a écrit :
 

Sur les Burgondes et l’installation des Barbares.

En réaction au courriel de Jean-Charles du 26 Avril 2006, j’apporte une petite correction sur le fait que Clotilde n’était pas la fille de Gondebaud, mais d’un frère cadet de ce dernier, Hilpéric le Jeune, et d’une épouse catholique.
Sans entrer dans les détails, on sait qu’en 443, le généralissime Aetius fit transférer les Burgondes des voisinages du Rhin au voisinage du Léman en Sabaudia (d’où le nom de Savoie), avec leur roi Gondioc, qui s’établit à Genève. À sa disparition après 463, malgré qu’il laissa quatre fils, Gondebaud, Godégisèle, Hilpéric le jeune et Godomar, c’est son frère cadet et co-régent Hilpéric l’Ancien qui lui succéda. N’ayant pas d’héritier mâle, ses quatre neveux étaient destinés à lui succéder. Hilpéric l’Ancien envoya l’aîné Gondebaud en Italie faire ses armes sous la tutelle de son oncle maternel, le patrice Ricimer, en froid avec l’empereur Anthémius. Gondebaud l’aida à éliminer ce dernier, à la suite de quoi, il fut fait patrice (en succession de son oncle Ricimer décédé) par le nouvel empereur Olybrius en 472, à la mort duquel il fit proclamer Glycerius en 473, et il ne quitta l’Italie pour regagner la Burgondie qu’avec l’avènement de Julius Nepos en 474, pour prendre peu après (en 476 ?), la succession de son oncle paternel, Hilpéric l’Ancien, avec son frère Godégisèle qui s’établit à Genève, lui-même s’installant à Lyon. Il semble que les deux autres frères cadets, Hilpéric le jeune et Godomar soient déjà morts. Grégoire de Tours nous dit que Gondebaud († 516) s’était débarrassé des parents de Clotilde, mais il n’y a aucune certitude. En tout cas la jeune Clotilde et sa sœur aînée Chrona furent confiées à la tutelle de leur oncle Godégisèle († 500), mariée à une catholique Théodelinde, car nos deux orphelines étaient catholiques. Si les rois burgondes étaient ariens, ils pouvaient épouser des catholiques, Carétène († 506), l’épouse de Gondebaud, était catholique. Chrona préféra rester au couvent, tandis que Clotilde épousa le païen Clovis, qu’elle poussa au baptême par Saint Rémi, évêque de Reims.

Sur ces Burgondes, le noble Sidoine Apollinaire nous en a laissé une description dans un de ses poèmes (carmina XII), lui qui, vers le milieu du Ve siècle, en sa résidence suburbaine de Lyon, dut voisiner avec ces « barbares » et fut fort incommodé par ces grands gaillards aux cheveux enduits de beurre rance, au langage et chansons germaniques et surtout à leur cuisine sentant fortement l’ail et l’oignon. Bref c’est la même chose que l’on entend aujourd’hui sur ses voisins maghrébins ou africains avec leurs musiques exotiques et leurs odeurs de cuisines épicées !. C’est toute la difficulté de l’installation puis de la cohabitation avec des étrangers. C’est ce qui a entraîné la chute de l’empire romain d’Occident miné de l’intérieur par ce problème, car Rome et les Barbares n’avaient pas la même conception des relations publiques : Rome raisonnait en termes d’état à état (les traités d’installation, ou foedus, devaient perdurer malgré la mort d’un ou des contractants) et les Germains ne concevaient que des alliances entre des hommes et des familles (les foedus étaient rompus à la mort d’un ou des contractants). Ce malentendu dans l’installation des Germains sur le sol impérial fut fatal à l’empire romain d’Occident. De plus il ne faut pas oublier qu’avec les foedus, la part des impôts en liquide ou en nature qui revenait à l’armée et à l’Etat, allait désormais aux barbares fédérés. Ces impôts, perdus pour Rome, restaient sur place coupant tout lien entre l’Etat et les territoires concédés. Le versement de l’impôt était en effet le premier et le seul signe tangible d’appartenance à l’Empire avec la nomination des fonctionnaires, que Rome perdait aussi en installant des peuples armés avec leurs rois, son rôle se limitant alors à la reconnaissance, sans pouvoir de révocation ou de déplacement, des frères et fils des rois barbares qui se succédaient selon les coutumes germaniques. Les territoires des peuples fédérés furent donc vite perdus pour l’Empire qui s’en trouva d’autant affaibli.

Comment réagirent les Romains ?
Pour ce qui est de la Gaule, par exemple, on trouvait deux partis, celui, majoritaire, qui voulait renforcer l’autonomie de la province par rapport à l’Italie en s’alliant à la force militaire des chefs barbares et l’autre, les légitimistes à l’empire, qui s’opposaient à la barbarisation. Le premier parti l’emporta, signant la fin de l’empire. Pour la cohabitation chacun dut faire un pas vers l’autre, les gallo-romains ont barbarisés leurs mœurs et leurs noms, les barbares se sont christianisés.

Le premier coup fatal pour l’Empire fut l’installation des Wisigoths dans l’empire en 376, problème non résolu par Théodose (379-395), malgré sa politique pro-barbare, en raison du fameux malentendu ci-dessus évoqué sur la conception du foedus. Après lui, en Occident, les longs règnes d'Honorius (395-423) et de Valentinien III (425-455) ne doivent pas illusionner. Ils furent bien loin d'être une période de stabilité du pouvoir, non seulement, intrigues, coups d'états et assassinats continuèrent, mais en plus les bases en sont complètement bouleversées. Ce sont les barbares qui gouvernent et leurs enfants qui épousent les descendants du grand Théodose, n'hésitant pas, comme Alaric et Genséric, à les enlever de force après avoir pillé Rome. Pratiquement l'empire en Occident n'a dû sa survie qu'à la capacité de son généralissime Aetius à tisser des liens personnels avec les chefs des barbares, la compréhension de ce monde lui venant de ses longs séjours comme otage. La preuve en est, qu'après son assassinat en 454, tout se disloque, les liens personnels sont rompus, Aetius est vengé en 455 par le meurtre de Valentinien III, qui ne laisse pas d'héritiers. C'est alors l'effondrement rapide, les neufs successeurs du dernier Théodosien ne sont que les jouets des chefs barbares. Ricimer s'en passe même quelques temps et Odoacre définitivement en 476, car pratiquement l'empire n'existait plus. Enfin on voit certains empereurs, comme Avitus ou Glycerius devenir évêques, tandis que les évêques remplacent les représentants laïcs des cités ou de l'empire pour négocier avec l'ennemi, le pape Léon Ier en tête traitant avec Attila en 452. C'est vraiment un autre monde qui commence en Occident qu'on appelle le Haut Moyen Age, encore très mal connu et délaissé par les Historiens, la documentation étant particulièrement défaillante.

Les sites sont nombreux sur les Burgondes, je n’en donnerai donc qu’un seul simple qui comporte, avec la liste des rois, la description de Sidoine : www.ebabylone.com

Deux ouvrages récents sont à signaler :

  • Les éditions Pygmalion viennent de sortir en début d’année dans la série « Histoire des Reines de France » un ouvrage sur Clotilde épouse de Clovis par Anne Bernet - ISBN 2 85704.998.6.
  • Sur les Burgondes, un ouvrage important est paru aux éditions Errance en avril 2006 : « Les Burgondes Ier-VIe siècles ap. J.-C. », de Katalin Escher - ISBN 2 87772 325 9.

GRICCA