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Sommaire Juin 2006 :
- 2 Juin :
- Alain nous fournit quelques précisions sur
les Nazôréens : Clic
!
- 2 Juin :
- Néron en illustre compagnie… :
Clic !
- 4 Juin :
- GRICCA : La rébellion du comte dAfrique
Héraclien en 413 : Clic
!
- 13 Juin :
- Découvertes romaines en Inde du Sud… :
Clic !
- 14 Juin :
- Arria la Jeune, Josèphe, Thraseas, Sénèque,
Néron, les Pison, les Chrétiens : rien
que du beau monde ! : Clic
!
- 21 Juin :
- Marius et Sylla ; de vieux potes en froid ? :
Clic !
- Marius et Sylla beaufs ? Du roman ! (Réaction
de Michel ELOY) : Clic
!
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| 2e
PAGE |
- 22 Juin :
- La conversion de Constantin : rien qu'une vaste blague
? : Clic
!
- 26 Juin :
- La Sibylle taquine Tarquin : soyons moins sibyllin
! : Clic
!
- 26 Juin :
- Bataille de la Sabis : Labienus ne commandait pas
les Carabiniers d'Offenbach ! : Clic
!
- 26 Juin :
- Allez, tentons une bonne fois d'y voir clair dans
la smalah de la belle Cléo ! :
Clic
!
- 29 Juin :
- Constantin à Trèves ? : Clic
!
- 30 Juin :
- Guerres juives et données chiffrées… :
Clic
!
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DANS LE SITE
"EMPEREURS ROMAINS"
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| 2 Juin 2006 |
| Alain
Vezes a écrit : |
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Je
suis tombé par hasard sur
votre réponse à propos du vocable "Nazoréen",
qui désignait les tout premiers paléochrétiens
d'origine juive. Je me suis beaucoup intéressé
à ce sujet et je vous livre en brut le résultat
de ces recherches.
NAZÔREENS
Le vocable "Nazôréen"0
dsignait, au Proche-Orient, les palochrtiens dĠorigine
juive. Voici, rsum, ce quĠaprs de multiples recherches,
on peut en penser :
- Tout dĠabord, il semble
acquis que Jsus lui-mme fut bien dsign comme
Nazôréen (ou Nazaren).
- Cela nĠtait pas li
lĠhypothtique village de Nazareth mais ses
accointances avec un mouvement religieux marginal
messianique qui tait surtout tabli dans le Nord
du pays, cĠest--dire en Galile, en Dcapole
et en Pre.
- CĠtaient en quelque sorte
les pendants des Essniens de Jude.
- La famille de Jsus, en
particulier son frre Jacques, taient aussi des
sympathisants de ce mouvement. CĠest pourquoi
les premiers judo-chrtiens, dirigs par ce Jacques,
furent assimils des Nazôréens.
- Il ne faut pas confondre
les Nazôréens (gardiens, veilleurs,
protgs) avec les nazirens, c’est-à-dire
ceux qui faisaient vœux de nazirat, bien
que Jacques fut la fois un Nazôréen
et un nazir.
- Le judasme du IIe
sicle appelait les premiers chrtiens des nozrim,
et dans tout le Proche-Orient actuel ils sont
encore dsigns comme des nasrani.
- Il y avait des relations
entre ces Nazôréens du Nord, les
Essniens du Sud et les divers baptistes de lĠEst.
- Jsus sĠest ensuite rapproch
du mouvement baptiste et sĠest surtout fortement
dmarqu des Nazôréens (mme si le
nom lui est rest). En particulier il mangeait
de la viande et buvait du vin, alors que beaucoup
de Nazôréens taient vgtariens
(dĠo sa dsignation comme Ò mangeur et buveur Ó).
- CĠest pourquoi aussi il
ne fut pas compris au dbut par ses frres.
- CĠest chez les Nazôréens
du Nord que lĠon utilisait le terme de "Fils
de lĠHomme", que Jsus a repris pour lui.
- On considre quĠaprs
les guerres juives, les Nazôréens
du Nord ont fui en Syrie. L, le mouvement sĠest
diversifi puis lentement tiol.
- Beaucoup pensent que les
actuels Mandens dĠIrak sont des lointains descendants
de ces Nazôréens. Ils se dsignent
dĠailleurs eux-mmes comme tels. Ils honorent
Jean Baptiste et rejettent Jsus.
- Quant la ville de Nazareth,
il est possible quĠil sĠagissait simplement
lĠpoque dĠune communaut de Nazôréens
(comme Qûmran, mais en beaucoup plus simple)
appele Nazara (cf. Luc). Jsus
y aurait t instruit.
- Comme cette dnomination
de Nazôréen tait gnante, les pagano-chrtiens
ont par la suite imagin, partir de la communaut
de Nazara, la ville de Nazareth et transform
Nazôréen en Nazarnien.
- Ce nĠest que beaucoup
plus tard, au IIIe sicle, que Nazareth
exista rellement.
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| 2 Juin 2006 |
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Philippe a écrit : |
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Je
me permets de vous écrire à propos d'une
remarquable céramique italienne du
XVIe.
Il s'agit d'un plat d'offrande,
sans doute destiné à honorer un prince
ou un personnage important. Trois figures y apparaissent
: Néron - Hercule - Enée
Il me semble que ces trois personnages sont les symboles
de trois types :
- Néron, négatif
- Hercule, positif, qui a pour mission de purifier
la terre des dangers, de la rendre habitable.
- Enée, entre
le bien et le mal, qui ne progresse pas sans hésitation,
dont l'excellence n'est jamais tout à fait
assurée.Ce héros "intermédiaire"
est aussi un explorateur, donc quelqu'un qui traverse
des épreuves, symbole du génie expansif
et civilisateur
Ces trois personnages sont
entourés d'une guirlande d'instruments de musique,
qui est la recherche de l'harmonie. L'harmonie humaine
serait donc à trouver au centre du plat dans
cet angelot, archer de l'amour qui reste attaché
à un arbre.
Fait étrange, entre les trois personnages figurent
des inscriptions en hébreu dans des cartouches.
J'essaie de les traduire, sans résultat pour
le moment.
Connaissez-vous cette
association de Néron, Hercule, Enée
dans des textes ou bien des objets romains ou plus
tardifs (je pense en particulier à la Renaissance)
? |
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| RÉPONSE
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| Cette association Néron,
Hercule, Énée, a priori aussi
fantaisiste qu'une énumération de Prévert,
pourrait peut-être trouver un semblant d'explication
historique - ou plutôt, mythologico-historique.
En effet, en jetant un coup d'œil sur ces deux
tableaux généalogiques, extrêmement
simplifiés (voir ici : Clic
! et Clic
!), vous constaterez non sans intérêt
(enfin, je l'espère) que Néron
descendait à la fois d'Auguste
(donc aussi de Jules
César) et d'Antoine.
Or, la famille des Jules (gens Iulia) prétendait
remonter à Iule, fils d'Énée,
tandis que le vigoureux Antoine se disait, quant à
lui, descendant d'Hercule. [Par parenthèse,
je viens de lire dans un récent numéro
de la revue L'Histoire - n°310 de juin
2006, p. 24 - que ce serait pour étayer cette
prétention qu'Antoine n'hésita pas à
se dévêtir pour participer aux Lupercales
de 44 av. J.-C. alors que, pour un Romain de son âge,
la nudité était jugée inconvenante].
D'autre part, les instruments de musique peuvent également
illustrer les prétentions artistiques de l'empereur-artiste
Néron, lui qui se voulait l'égal des
plus grands citharèdes de son temps.
Évidemment, je doute fort que ces liens "familiaux"
entre Néron, Énée et Hercule
soient venus à l'esprit d'un céramiste
du XVIe siècle. Votre explication des allégories
représentées sur cet objet est donc
probablement bien plus vraisemblable que l'hypothèse
que je viens de formuler.
Du reste, j'ai bien peur que votre demande ne dépasse
largement mes compétences, n'étant ni
particulièrement bien documenté, ni
même spécialement intéressé
par la mythologie gréco-romaine, par les objets
usuels voire par les œuvres d'art de l'Antiquité
romaine (et encore moins sur celles de la Renaissance).
En "publiant" votre message dans les pages
réservées au courrier des visiteurs
de mon site, j'espère donc qu'un internaute
mieux averti pourra nous fournir des renseignements
intéressants sur les motifs étranges
de cette étrange céramique. Le cas échéant,
je ferai, naturellement, le plaisir vous transmettre
ces infos. |
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| 4 juin 2006 |
| Gricca
a écrit : |
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La
rébellion du comte dAfrique Héraclien
en 413
Sous le règne du faible
Honorius (395-423), les années 406 à
413 furent très agitées en Occident
puisquon vit non seulement la prise de Rome
en 410 par les Wisigoths dAlaric, suivie de
leur installation en Aquitaine, mais aussi la rupture
du limes rhénan avec linvasion
des Gaules et de lEspagne par les Barbares,
labandon de la Grande-Bretagne et une série
dusurpations révélatrices de la
crise profonde que traversait alors cette partie de
lempire romain. Ces usurpateurs furent Marc,
Gratien, Constantin III, Constant,
Maxime, Attale, Jovin et
Sébastien (les usurpateurs
marqués en rouge
n'apparaissent pas sur ce site), sans oublier
la rébellion du comte dAfrique Héraclien.
Cest à ce dernier que lon va sintéresser.
Flavius Héraclianus
était un officier romain, partisan convaincu
de la faction « anti-germaniste » menée
par le maître des offices Olympius, et qui dut
sa fortune pour être celui qui aurait tué
de ses propres mains Stilicon à Ravenne le
22 août 408. En récompense de ce service
Héraclien fut nommé par lempereur
Honorius comte
dAfrique à la fin 408 après la
disgrâce et lexécution de son prédécesseur
(depuis 401), Bathanarius, époux de
la sur de Stilicon. Cest donc tout naturellement
quen décembre 409, lors de lusurpation
à Rome de Priscus Attalus avec le concours
dAlaric roi des Wisigoths, Héraclien
resta fidèle à Honorius retranché
dans Ravenne.
Pour nourrir son peuple, Alaric proposa aussitôt
à Attale denvoyer une flotte mixte romano-barbare
semparer de lAfrique, grenier à
blé de Rome, avec à sa tête son
fidèle lieutenant, Drumas. Attale refusa ne
voulant pas livrer aux Goths les clés de lAfrique.
Persuadé de pouvoir sen emparer sans
coup férir, il n'y dépêcha qu'un
petit nombre de soldats romains avec un mauvais général
Constant chargé de remplacer Héraclien.
Celui-ci neut aucune difficulté à
capturer et à tuer Constant à peine
débarqué.
Héraclien prit alors une série de mesures
: contrôle des ports africains, arrêt
de lapprovisionnement de Rome en blé
et en huile, envoi à Ravenne dune grosse
somme dargent représentant le tribut
des Africains pour aider financièrement Honorius
alors aux abois et qui put ainsi reprendre lavantage
en distribuant dutiles congiaires pour raffermir
la fidélité des mercenaires Huns et
acheter des partisans. L'empereur demanda même
à Héraclien de venir le rejoindre avec
ses troupes pour combattre les Goths. Héraclien
resta cependant à son poste car, la famine
éclatant à Rome, Alaric voulut renvoyer
en Afrique une autre expédition mixte romano-barbare,
500 Goths seulement, toujours sous le commandement
de Drumas. Le Sénat de Rome fut daccord,
mais Attale, toujours peu favorable à ouvrir
lAfrique aux Goths, décida denvoyer
un détachement de soldats romains avec une
grosse somme dargent destinée à
débaucher les troupes dHéraclien.
Le Sénat de Rome, appelé à payer
la majeure partie de cette somme, ne montra aucun
empressement et Alaric, craignant en fait que celle-ci
tombe aux mains dHéraclien, décida
finalement de se réconcilier avec Honorius
en faisant déposer Attale à Rimini (juillet
410).
Mais
lintransigeance du gouvernement impérial
revenu à une politique anti-germaniste
entraîna la prise et le pillage de Rome
par Alaric le 24 août 410. Ensuite, les
Goths, toujours à la recherche de nourriture,
se dirigèrent vers les riches Campanie
et Apulie, Alaric songeait toujours à
semparer de lAfrique et se hâta
de rassembler une flotte avant léquinoxe
de septembre. Mais une tempête lui fit
échouer la traversée du détroit
de Messine et il mourut soudainement à
Cosenza en Calabre, probablement en octobre
410. Son successeur Athaulf transigera avec
Ravenne et les Goths quitteront lItalie
pour le Sud de la Gaule.
Le danger barbare séloignait
de lAfrique. Cependant, pour Héraclien,
une autre menace surgissait, venant cette fois
du nouvel homme fort du gouvernement, Flavius
Constantius (le futur empereur Constance
III en 421) devenu en 411, après
avoir rétabli la situation politique
de lempire, général en chef
(comes et magister utriusque militiae)
de larmée impériale. Il
avait réussi à faire condamner
à mort par la justice Olympius, en tant
que chef du complot contre Stilichon. Maintenant,
comme catholique dévot, il intervenait
contre les donatistes en Afrique. En juin 411
un important concile dévêques
africains, soit 286 catholiques et 279 donatistes,
put se réunir à Carthage sous
la présidence du tribun et notaire Marcellin
pour régler le conflit entre eux. Impartial,
Marcellin trancha en faveur des catholiques.
Honorius confirma cette décision le 30
janvier 412. Le culte donatiste fut interdit
et ses biens confisqués. Lordre
était en apparence restauré dans
léglise dAfrique par la répression
des hérétiques.
Pendant ce temps, Héraclien,
qui avait, dit-on, un penchant pour le
vin et les pots-de-vin, donnait sa fille
en mariage à son familier et domestique
Sabinus, un homme à lesprit fin
et actif, avec lequel, mêlant avidité
et vénalité, il se livra à
divers trafics et exactions. St Jérôme
( 419) accuse Héraclien davarice
et de cruauté envers les réfugiés
romains ayant fui la capitale après le
sac de 410. |
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| Alors
que St Augustin exhortait les fidèles à
prendre en charge les plus démunis et les
malades, Héraclien aurait organisé
la vente à des marchands syriens de jeunes
réfugiées italiennes destinées
à finir dans les lupanars dOrient.
Une grande dame, Anicia Faltonia Proba, fille,
veuve et mère de consuls, qui, comme beaucoup
d’autres, s’était réfugiée
en Afrique après le sac de Rome, était
encore assez riche pour tenter le cupide Héraclien,
qui la traita durement dans le rachat de captifs.
|
On peut se demander si le mauvais
côté du personnage na pas été
forcé, car Honorius continua à lui apporter
son soutien par lattribution du consulat pour
le 1er janvier 413, avant même son principal
ennemi Constance. Mais Héraclien ne fut guère
rassuré par cette manifestation de reconnaissance,
car il voyait chaque jour les accusations contre lui
prendre de lampleur et linfluence de Constance
sur Honorius croître de plus en plus. Cela expliquerait
pourquoi, soudain, au printemps 413, il se décidait
à retenir la flotte annonaire, ce qui lui valut
dêtre aussitôt déclaré
« ennemi public » par Honorius. Alors,
plutôt que dattendre une réaction
impériale, Héraclien, sachant que Constance
était occupé dans ses préparatifs
militaires contre lusurpateur gaulois Jovin,
décida de rassembler le plus de bateaux possible
(3700 navires de transport, sans doute de petites
embarcations si on accepte le chiffre donné
par Orose, ou mieux, selon une autre source, 700 navires
et 3000 soldats) afin de conduire une armée
en Italie.
Laissant à Carthage
son gendre Sabinus, il sembarqua pour atteindre
lembouchure du Tibre. De là, négligeant
Rome, il prit la route de Ravenne où se trouvait
la cour, mais près dUtriculum (Otricoli
province de Terni en Ombrie) première place
où la via Flaminia franchit le Tibre après
le pont Milvius, il éprouva un sanglant échec
face au comte Marinus, un lieutenant de Constance,
envoyé à sa rencontre. Alors, abandonnant
rapidement ses troupes, Héraclien revint presque
seul à Carthage où se sachant menacé,
il chercha refuge dans un monument circulaire funéraire
commémoratif situé sur le plateau de
lOdéon au Nord-Ouest de la ville. Mais,
découvert, il fut tué par deux agents
de Constance entre mars et juillet 413 (Les Annales
de Ravenne placent lassassinat dHéraclien
au 7 mars 413, ce qui semble bien tôt dans lannée
car normalement les liaisons maritimes régulières
entre Carthage et lItalie sont interrompues
entre novembre et mars).
Son consulat et ses actes furent annulés, son
nom effacé par un édit impérial
du 2 août, ses propriétés confisquées
et donnés au général en chef
Constance, qui en usa pour financer son consulat accordé
pour le 1er janvier 414. A cette occasion, on rapporte
que Constance aurait été déçu
de ce que ces biens naient pas eu plus de valeur.
Son gendre Sabinus, plus chanceux,
avait pu senfuir et gagner Constantinople qui,
au bout de quelques temps, le renvoya en Occident
où il fut condamné à lexil.
Il avait échappé à la mort car
le comte Marinus qui avait débarqué
à Carthage à la suite dHéraclien,
pour le remplacer comme conte dAfrique, sen
prit avec zèle aux partisans de son prédécesseur
qui semble avoir trouvé un certain soutien
chez les Africains. Marin en profita aussi pour faire
arrêter sous prétexte de corruption et
de participation à la révolte, Marcellin
qui avait présidé le concile de Carthage
de juin 411 (ses ennemis lavaient déjà
accusé de corruption), ainsi que son frère
lex proconsul (en 411) Apringius. Ils
furent exécutés à la mi septembre
413, malgré lintervention des évêques
africains (dont celui dHippone [396-430],
le célèbre St Augustin). La cour
impériale avisée de linnocence
des deux frères reconnut linjustice commise
par Marin qui fut immédiatement rappelé
dAfrique et démit de ses fonctions. Marcellin
sera réhabilité et lEglise romaine
ira jusquà le vénérer comme
martyr (fête au 6 avril dans le martyrologe
romain).
Comme la folle équipée
d’Héraclien échoua lamentablement,
on ne saura jamais ses intentions en marchant vers
Ravenne alors résidence impériale. Voulait-il
seulement se disculper auprès de la cour des
soupçons qui pesait sur sa conduite et tenter
de détruire l’influence de Constance
sur Honorius ? Essayer de partager le pouvoir avec
Honorius comme venait de le faire en 409 l’usurpateur
Constantin III et le fera en 421 Constance III ? Ou
purement et simplement remplacer l’empereur
légitime comme on l’accusa par la suite
après son débarquement en Italie ?
En tout cas Héraclien ne prit pas le titre
dAuguste et ne fit pas frapper monnaie à
son nom.
Quant à lAfrique,
qui avait échappé à linvasion
des Wisigoths par lItalie, elle sera envahie
par les Vandales de Genséric venus dEspagne
et occupée après la défaite au
printemps 430 du comte Boniface, lun des successeurs
dHéraclien, Carthage tombera en 439.
Les Romains ne récupéreront lAfrique
sur le royaume des Vandales quen 533 grâce
au général Bélisaire.
Et comme lhistoire présente
parfois des similitudes, en 608, le vieil exarque
dAfrique qui portait le nom dHéraclius
se révoltait contre lempereur Phocas
et sa première action fut de suspendre immédiatement
lenvoi du blé à Constantinople,
la seule capitale impériale depuis 476. Son
fils homonyme chargé de conquérir lempire
réussira à renverser Phocas et à
le remplacer.Héraclius fils régnera
de 610 à 64. Il fut le contemporain des premières
conquêtes « arabes », mais aussi
le premier empereur à utiliser le titre impérial
grec de « Basileus » en 629.
Carthage sera définitivement perdue pour l’empire
en 698 et la rapide islamisation de l’Afrique
fera disparaître complètement le christianisme
de la patrie de Tertullien, Cyprien et Augustin. Et
ce contrairement à l’Égypte ou
au Moyen-Orient où les communautés chrétiennes
se sont maintenues jusqu’à nos jours
(Coptes, Maronites, Syriaques et autres), ce
qui laisse perplexe pour expliquer ce phénomène
qui changea à jamais les rapports de lAfrique
du Nord davec les autres contrées de
lex-empire romain dOccident restées
ou redevenues chrétiennes.
Sur ce phénomène
d'arabisation et d'islamisation voir le site : www.amazighworld.org
GRICCA |
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| 13 juin 2006 |
| Philippe
a écrit : |
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Objet
: Découvertes intéressantes en Inde
du Sud, en relation avec la Rome antique
Cet article de la BBC devrait
vous intéresser : news.bbc.co.uk.
Il concerne la découverte du port de Muziris,
au Kerala, place connue pour avoir eu de
nombreux échanges commerciaux avec la Rome
antique
En vous souhaitant bonne lecture…
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| 18 Juin 2006 |
| Claude
a écrit : |
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Suite
à la lecture de La vie quotidienne à
Rome de J. Carcopino, je fais actuellement des
recherches (plutôt pour ma culture générale
que pour autre chose) sur une certaine Arria
la Jeune, fille d'Arria l'Aînée
(célèbre pour son « Paete,
non dolet » ["Non, Paetus,
ça ne fait pas mal", aurait dit cette
forte femme en donnant à son époux Paetus
l'exemple d'un suicide réussi
- note du webmaster]),
femme de Publius Clodius Thrasea Paetus
et mère entre autres de Flavius Josèphe.
D'après ce que j'ai
trouvé sur Internet, elle aurait vécu
sous Claude (pas moi, mais mon homonyme) et Néron,
et son mari fut contraint au suicide par ce dernier,
car trop vertueux (ou trop critique envers le comportement
de Néron ?). Est-ce vrai ? Par ailleurs, cette
Arria la jeune serait d'origine juive (appartenant
à la famille d'Hérode de Judée,
mais quel lien exactement ?). Est-ce exact ?
Existerait-il un lien entre cette grande famille
Pison (dont ferait partie ce Thrasea Paetus)
et l'histoire du Christ ? Car j'ai également
lu que Sénèque encourageait
Néron à accepter les
premiers chrétiens, avant
l'incendie de Rome en 64, pour garder la main mise
sur l'esclavage: la religion au service de la politique
en quelque sorte…? |
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| RÉPONSE
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| Je ne sais pas grand-chose
d'Arria la Jeune, mais ce dont je
suis quasiment sûr et certain, c'est que ce
ne fut pas elle qui donna le jour à l'historien
juif Flavius Josèphe. Dans
son Autobiographie, lui -même précise
que, bien loin d'être une matrone romaine, sa
mère descendait de la famille royale des Asmonéens
- autrement dit, de la famille nationaliste juive
des Macchabées. Donc une lignée on ne
peut plus juive pour cet homme qui se présentait,
non sans un soupçon d'arrogante fierté,
comme un pharisien, né de pharisien, "issu
non seulement de la race des sacrificateurs (des
grands prêtres), mais de la plus éminente
des vingt-quatre lignées qui le composent".
Rien que ça !
Effectivement, Paetus Thraseas,
un stoïcien radical, nostalgique de la République
et admirateur des meurtriers de César,
Cassius et Brutus, se suicida après l'échec
de la conspiration
de Pison contre Néron
. C'est d'ailleurs sur cette mort philosophique que
s'achèvent abruptement les manuscrits mutilés
des Annales de Tacite que nous possédons
encore aujourd'hui (traduction, voir site bcs.fltr.ucl.ac.be)…
Personnellement, je ne sais rien des relations qui
auraient existé entre ce Thraseas,
les Pisons et les premiers chrétiens.
Jadis, dans mes pérégrinations sur la
Toile, j'avais, me semble-t-il, repéré
un site consacré à cette problématique.
L'ayant trouvé assez fantaisiste (ô combien
!), je ne l'avais pas gardé parmi mes signets,
et je ne sais s'il existe encore. À première
vue, je ne l'ai point retrouvé via Google…
En revanche, les relations entre Sénèque
et les premiers chrétiens sont mieux attestées,
même si leur réalité historique
reste hautement problématique. En effet, l'authenticité
du texte qui en fait état - la correspondance
apocryphe entre Sénèque et Paul - n'est
reconnue par aucun historien sérieux. Mais,
naturellement, ce n'est pas parce que ces lettres-là
sont bidonnées qu'une correspondance authentique,
probablement bien plus intéressante du point
de vue historique, n'a jamais existé. (À
ce sujet, voyez ici : Clic
!). |
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| 21 Juin 2006 |
| Gérard
a écrit : |
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Sylla
n'était-il point ami de Marius, avant de devenir
un ennemi ?
L'on dit qu'ils auraient fait campagne ensemble. |
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| RÉPONSE
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| Marius et
Sylla ?
Ces personnages, qui vécurent près
d'un siècle avant l'avènement
du premier de mes empereurs,
ne m'intéressent évidemment
donc pas au premier chef. Cependant, je
crois savoir - vieux souvenirs scolaires
- que Sylla fut le chef de cavalerie de
Marius lors de la guerre contre Jugurtha.
S'il m'en souvient bien, ce serait même
Sylla qui manigança l'embuscade
fatale au roi de Numidie. Se fiant à
ma parole de ce Romain, encore plus fourbe
que lui-même, il se rendit au camp
romain pour négocier, sans armes
et avec une escorte dérisoire.
Mais à peine fut-il entré
que les légionnaires massacrèrent
ses gardes et s'emparèrent enfin
de lui, de cet Africain qui narguait Rome
depuis des années. |
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| 28 Juillet 2006 |
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RÉACTION
DE MICHEL
ELOY
(Site PEPLVM
- IMAGES DE L'ANTIQUITÉ) |
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Je
voudrais réagir à ce
courrier.
J'ignore sur quelle base intervient ton
correspondant. Ta réponse est historiquement
parfaitement correcte. Mais peut-être
ton visiteur a-t-il (entre)vu une autre
"vérité" ?
Comme tu sais,
je suis "fan absolu" de Colleen
McCullough, qui est au roman historique
ce que
ROME (HBO) est au péplum et
Murena
à la BD. Du tout bon. Oui, mais…
Donc de Colleen
je me régale, car c'est un must,
mais je la lis toujours avec un pistolet
chargé sur le coin de ma table
(en l'occurrence une série de bios
des différents protagonistes).
La brave romancière néo-zélandaise
raconte que Marius et Sylla épousèrent
respectivement une Julia et une Julilla,
filles d'un Caius Julius Caesar qui était
le grand-père de l'autre, le nôtre,
C. Julius Caesar - le conquérant
des Gaules.
Julilla est un diminutif pour différencier
la cadette de l'aînée car
chez les Romains, il n'existe pas de prénom
pour les filles, qui à la place
portent le paternel patronyme, au féminin.
Toutes les filles d'un C. Valerius Messala
s'appellent nécessairement Valeria
Messalina (la fameuse Messaline, par exemple
!), et les filles d'un C. Julius Caesar
se nomment toutes Julia, forcément.
Libre aux parents
de leur donner des surnoms aussi affectueux
que Julia Prima, Julia Secunda, Julia
Tertia… ou l'"aînée",
la "cadette". Julilla est la
cadette de Julia, l'épouse de Marius.
Selon Colleen
McCullough, donc, non seulement Marius
et Sylla sont collaborateurs dans les
guerres contre Jugurtha et contre les
Cimbres, mais ils sont aussi beaux-frères,
ayant chacun épousé une
Julia, l'aînée et la cadette.
Ici, nous entrons dans le roman,
l'information n'étant corroborée
par aucun bio de Marius ou de Sylla.
En fait, si j'en
crois celle de Sylla par François
Hinard (Fayard), la première épouse
de Sylla se serait nommée Ilia.
Absurde évidemment, aucune famille
romaine digne d'épouser un Cornelius
Sylla ne se nomme Ilius. Quelques historiens
ont donc corrigé - car Plutarque
écrit en grec et massacre un peu
les noms latins - en Iulius, Julius quoi.
C'est l'hypothèse qu'en bonne romancière
Colleen a choisi de suivre.
Mais une autre première ou seconde
épouse de Sylla, toujours selon
Hinard, se serait nommée Aelia.
Il semble plus probable que ces deux femmes
n'en étaient qu'une seule, et que
Ilia soit la même qu'Aelia. Cette
Julia-la-Jeune ou Julilla n'a donc jamais
épousé Sylla; elle n'a même
probablement jamais existé.
Aucun historien, en tout cas, n'a
jamais laissé entendre que Marius
et Sylla étaient parents par alliance
(au contraire de "notre" Jules
César, qui - lui - était
effectivement apparenté aux deux).
A mes yeux, ça
ne diminue en rien l'intérêt
de la saga
de Colleen McCullough en neuf volumes,
Les Maîtres de Rome, un vrai
régal, plein de finesse et d'observations
judicieuses. Mais c'est un roman. Retenons
donc que Marius et Sylla ont été
collègues avant d'être ennemis.
Mais ils n'ont jamais été
beaufs.
MICHEL ELOY
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