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Mars 2006 (page 3/3)

Sommaire du mois de Mars : Clic !

 
21 Mars 2006
Alexandre a écrit :
 

On déclare souvent le "divin" Jules comme l'inventeur du régime impérial, mais on hésite à le considérer comme empereur. Si nous regardons bien, dans les dernières années de la vie de Jules César, nous pouvons voir qu'il était commandant en chef des légions, donc Imperator (je ne crois pas qu'il y ait eu un personnage ayant un titre militaire plus haut que César à la même époque), Pontifex Maximus, donc chef de la religion, et Princeps Senatus, donc le premier à prendre la parole au Sénat. Il prenait même les décisions politiques les plus importantes sans consulter ses collègues. De plus à la fin de sa vie, il a été nommé dictateur à vie, ce qui ne s'était jamais vu à Rome jusque-là.
César avait donc tous les pouvoirs d'un empereur. Rome lui appartenait, ainsi que toutes les provinces. Il était le maître; et mêmes les rois étaient sous son autorité (regardez Ptolémée XIII). Pourquoi ne le considérons-nous pas comme un empereur ? Je crois qu'il mérite cette appellation puisqu'il avait tout ce qui consiste à faire un empereur romain.

Dernièrement, un de mes amis m'a parlé d'un documentaire concernant la mort de Jules (je n'ai pas vu ce fameux documentaire malheureusement). Apparemment, César aurait organisé sa propre mort afin d'entrer dans l'Histoire. En renvoyant ses licteurs, en provoquant les sénateurs et en prétendant aller vaincre les Parthes (on dit que ce projet d'aller vaincre les Parthes était bidon et c'était seulement un signe pour les sénateurs d'agir avant qu'il ne soit trop tard). Enfin bref, un commissaire italien a apporté la spéculation que César aurait planifié sa mort afin de quitter en pleine gloire la scène politique.
Personnellement, je doute de cette théorie. Pourquoi se laisser assassiner ? Ce n'était dans le caractère de Jules de se laisser poignarder sans rien faire.
Qu'en pensez-vous ?

 
 
 
RÉPONSE :
 

Oui, vous avez raison : à bien des égards, le régime instauré par Jules César, ou plutôt le régime qu'il aurait sans doute imposé s'il avait vécu plus longtemps aurait probablement été bien plus impérial que le principat augustéen. D'ailleurs, l'Empire d'Auguste ne se voulait guère que la prolongation, voire la "restauration" d'une légitimité républicaine qu'une guerre civile longue d'un siècle avait éclipsée. Formellement plutôt que réellement, je vous l'accorde, Octave dit Auguste ne fut jamais que le premier magistrat de ce que sa propagande présentait comme un authentique revival républicain. Jules, lui, lorgnait plutôt vers une restauration monarchique, même s'il aurait sans doute pris soin, lui aussi, de camoufler sous quelques oripeaux républicains ce titre de roi auquel ses compatriotes romains étaient décidément allergiques.
Mais naturellement, avec des si, on peut mettre Paris en bouteille, et coiffer le divin Jules de ce diadème royal qu'il refusa, dit-on, à trois reprises… et peut-être à grand regret.
En fait, pour trouver des empereurs dotés des pouvoirs comparables à ceux dont Jules César disposait on ne peut plus officiellement (sans même parler de ses hypothétiques prétentions à la royauté), il faudrait sans doute dévider le film de l'histoire romaine jusqu'au Bas-Empire de Dioclétien et ses tétrarques, voire de Constantin et ses successeurs chrétiens.

Finalement, la délimitation chronologique entre République et Empire n'est jamais qu'une convention : on considère classiquement qu'Octave fut le premier empereur, et l'on fait traditionnellement débuter l'histoire impériale de Rome en 27 av. J.-C., lorsqu'il reçut le titre d'Auguste qui consacrait sa prise de pouvoir personnel. Mais peut-être serait-il plus logique d'avancer d'un siècle la mort clinique de la République romaine, lorsque Marius, puis son rival Sylla tentèrent d'imposer leur leadership par la force des armes, en violant la légitimité républicaine. Les consulats à répétition de Marius, la dictature de Sylla ne furent-elles déjà pas autant de tentatives d'instauration d'un pouvoir autocratique, donc impérial par essence…

julius caesar

Je n'ai pas vu non plus ce documentaire sur la mort prétendument programmée de Jules César… mais, il y a précisément deux ans, j'ai déjà eu l'occasion de m'exprimer à ce sujet à la demande d'un autre correspondant (voir ici : Clic !).
Je suis donc entièrement de votre avis ; pour le peu que j'en sais, cette hypothèse me paraît pour le moins farfelue !

RÉACTION A CE COURRIER :

Voyez par ici : Clic !

 
 
 
21 Mars 2006
Arnauld a écrit :
 

Étudiant pour mon plaisir la fiscalité (eh oui !) dans l'empire romain (jusqu'à 235 environ), je cherche désespérément une traduction du DIGESTE, qui comporte entre autres des dispositions de juristes du IIe et de début du IIIe siècle. Mais en dehors de quelques passages traduits comme celui concernant le droit italique accordé à certaines cités, je ne trouve pas de traduction.
Est-ce normal ou cherché-je mal, sachant que n'étant pas étudiant, ni en recherche/mémoire, je n'ai pas possibilité d'accéder à d'éventuelles anciennes traductions d'avant le XXe siècle.
Merci par avance.

RÉACTION A CE COURRIER :
3 mai 2006
Guillaume a écrit :
 

En réponse à votre lecteur (Arnauld) qui recherche une traduction du Digeste, j'ai trouvé, rapidement, une référence, à la Bibliothèque Cujas à Paris :

Titre (s) : Le Digeste ou Pandectes de l'Empereur Justinien / traduits en Français, par M. G. D. F.
Auteur : Goujis Du Favril
Edition : Paris : Moreaux , 1803-1804
Collation : 4 vol. ; in-8
Note générale : T. 1 à 4 seulement (Livre 1 à 6 du Digeste et Loi des XII Tables)
Langue Français
Source des notices : 751052119
N° notice : PRITEC.CUJAS2.041860259001

Il existe aussi une traduction anglaise, mais n'étant pas spécialiste de droit antique, il faut que je retrouve la référence, si vous n'avez pas déjà trouvé.

G. BÉTEMPS.

 
 
 
22 Mars 2006
Olivier Schnoering a écrit :
 

Le Théâtre Gérard Philipe de Saint-Denis, Centre dramatique national, présente, du 12 au 21 mai 2006, Le Procès de Lucullus, de Bertolt Brecht, mis en scène par Pierre Hoden. (détails ci-dessous)

Le Procès de Lucullus
de Bertolt Brecht
mise en scène Pierre Hoden
du 12 au 21 mai 2006

Le général romain Lucullus est mort. Il franchit la porte du Royaume des Ombres, persuadé d’y être accueilli en héros. Mais ici, on ignore absolument les notions "d'enfer" et de "paradis". Les morts jugent les morts et peuvent les condamner à l’exil. Chaque nouvel arrivant est interrogé par un tribunal, chaque cas est discuté par des jurés qui furent autrefois paysan, maître d'école, marchande de poisson, boulanger, courtisane…
Plus connu pour sa luxure que pour ses exploits militaires, Lucullus évitera-t-il la condamnation à l’errance ? Dans le Royaume des Ombres, c'est Lucullus qui fait le premier geste, c'est le peuple qui a le dernier mot…

Ce qui est mis en jugement dans Le Procès de Lucullus, c’est le sens de l'Histoire et de la politique.
Brecht affirme avec un humour cynique que là où il y a héros, il n'y a plus d'hommes. Que les victimes des guerres le sont bien plus encore de leur absence de discernement politique.

lucullus - brecht

Pierre Hoden a monté la saison dernière au Théâtre Gérard Philipe de Saint-Denis Vol au-dessus de l'océan et L'Importance d'être en accord avec des comédiens amateurs. Il propose cette année avec ce spectacle-opéra haut en couleurs qui réunit une trentaine de comédiens amateurs et professionnels, les danseurs du Junior Ballet classique du Conservatoire de Paris et un orchestre de six musiciens de jazz.

Théâtre Gérard Philipe
59 bd Jules Guesde - 93207 Saint-Denis cedex
01 48 13 70 08

Pour en savoir plus sur les spectacles : www.theatregerardphilipe.com

 
 
 
24 Mars 2006
Jacques a écrit :
 
Je cherche une documentation pour des élèves de cm1/cm2 pour expliquer le commerce (basique) de l'Empire Romain : à savoir que pouvait-on acheter avec un sesterce, un denier. Combien coûtait 1 kg de pain, un litre de vin ou d'eau
 
 
 
RÉPONSE :
 

Bien que je sois parfaitement conscient que cette info est fort peu adaptée à un public d'un âge aussi tendre que celui auquel vous prodiguez vos lumières, la seule chose susceptible de faire progresser vos recherches qui me vienne à l'esprit serait le fameux Édit du Maximum… Vous savez, cet édit que l'empereur Dioclétien promulgua en 301 afin de juguler l'inflation un fixant une fois pour toutes le prix maximum qui pouvait être exigé lors de l'acquisition de biens ou la prestation de services.

Voici quelques-uns de ces prix (liste la plus détaillée que j'ai trouvée sur la Toile) :

"I. Graines / céréales : 1. Froment, le boisseau […] ; 2. Orge, le boisseau : 100 deniers ; 3. Seigle, le boisseau : 60 deniers ; 4. Farine de millet, le boisseau : 100 deniers ; 5. Millet, le boisseau : 50 deniers ; 6. Panic, le boisseau : 50 deniers ; 7. Épeautre mondé, le boisseau : 100 deniers ; 8. Épeautre en grains, le boisseau : 30 deniers ; 9. Fèves broyées, le boisseau : 100 deniers ; 10. Fèves non broyées, le boisseau : 30 deniers ; 11. Lentilles, le boisseau : 100 deniers (35 rubriques sous ce titre).
II. - Vins : 1.Vin du Picenum, le setier : 30 deniers ; 2. Vin de Tibur, le setier : 30 deniers ; 3. Vin de Sabine, le setier : 30 deniers ; … 10. Vin de pays, le setier : 8 deniers ; 11. Cervoise, le setier : 4 deniers ; 12. Bière, le setier : 2 deniers.
III. - Huiles : 1. Huile de premier choix, le setier : 40 deniers ; 2. Huile de second choix, le setier : 24 deniers ; 3. Huile ordinaire, le setier : 12 deniers ; 4. Huile apprêtée au raifort, le setier : 8 deniers ; 5. Vinaigre, le setier : 6 deniers ; … 9. Sel d'assaisonnement, le setier : 8 deniers ; 10. Miel de premier choix, le setier : 40 deniers ; 11. Miel de second choix, le setier : 20 deniers ; 12. Miel f., le setier : 8 deniers.
IV. - Viandes : 1. Viande de porc, la livre : 12 deniers ; 2. Viande de bœuf, la livre : 8 deniers ; 3. Viande de chèvre ou de mouton, la livre : 8 deniers ; 4. Viande de truie, la livre : 24 deniers ; … 49. Suif, la livre : 6 deniers ; 50. Beurre, la livre : 16 deniers.
V. - Poissons : 1. Poisson de mer, la livre : 24 deniers ; 2. Poisson de mer de second choix, la livre : 16 deniers ; 3. Poisson de rivière, premier choix, la livre : 12 deniers ; 4. Poisson de rivière de second choix, la livre : 8 deniers ; 5. Poisson salé, la livre : 6 deniers ; 6. Huîtres, le cent : cent deniers ; 7. Oursins, le cent : cinquante deniers ; … 12. Grandes ou petites sardines, la livre : 16 deniers.
VI. - Légumes : 1. Grands artichauts, les cinq : 10 deniers ; 2. Champignons, les dix : 6 deniers ; 3. Chicorée de premier choix, les dix : 10 deniers ; 4. Chicorée de second choix, les dix : 4 deniers ; … 9. Choux de premier choix, les cinq : 4 deniers ; 10. Choux de second choix, les dix : 4 deniers ; … 12. Grands poireaux, les dix : 4 deniers ; 13. Poireaux suivants, les vingt : 4 deniers ; … 18. Grands navets, les dix : 4 deniers ; 19. Navets suivants, les vingt : 4 deniers ; … 26. Courges (les premières), les dix : 4 deniers ; 27. Courges suivantes, les vingt : 4 deniers ; 28. Concombres (les premiers), les dix : 4 deniers ; 29. Concombres suivants, les vingt : 4 deniers ; … 43. Œufs, les quatre : 4 deniers ; … 75. Grand citron : 24 deniers ; 76. Citron suivant : 16 deniers.
VII. - Salaires : 1. Journalier à la campagne, nourri, par jour : 25 deniers ; 2. Tailleur de pierres, nourri, par jour : 50 deniers ; 3. Menuisier en bâtiment, nourri, par jour : 50 deniers ; 4. Chaufournier, nourri, par jour : 50 deniers ; 5. Marbrier, nourri, par jour : 60 deniers ; 6. Mosaïste, nourri, par jour : 60 deniers ; … 65. Pédagogue, par enfant et par mois : 50 deniers ; 70. Grammairien grec ou latin et géomètre, par élève et par mois : 200 deniers ; 71. Orateur ou sophiste, par élève et par mois : 250 deniers ; 72. Avocat ou expert en droit, pour l'introduction de la demande : 250 deniers ; 73. Pour un procès : 1 000 deniers ; 74. Maître architecte, par enfant et par mois : 100 deniers ; 75. Porteur d'habits dans les thermes, à chaque bain : 2 deniers ; 76. Maître nageur privé, pour chaque bain : 2 deniers."
(D'après la traduction de J. Imbert in Histoire des Institutions, Paris, 1957, pp. 216-220, n. 122 - Texte repris de cette page, actuellement inaccessible, du site upmf-grenoble.fr).

Évidemment, nous nous trouvons ici à une époque tardive de l'Empire romain, plus proche de son déclin que de son apogée. Il y a belle lurette que le fameux "sesterce" de la République et du Haut-Empire (et des albums d'Astérix), constamment dévalué, a été supplanté par le denier… qui lui-même ne vaut plus tripette : si j'en crois cette page Web, vers 301, il fallait 2500 deniers pour faire un "aureus".
J'espère toutefois que cette liste de prix vous permettra au moins d'établir quelques parallèles intéressants avec les prix pratiqués aujourd'hui.

 
 
 
25 Mars 2006
Jean-Claude a écrit :
 
J'ai peu de détails sur Arsinoé, la sœur de Cléopâtre VII ; je sais qu'elle fut assassinée par Marc Antoine alors qu'elle était en train de prier…
Merci si vous pouvez m'éclairer.
 
 
 
RÉPONSE :
 

N'étant pas réellement très féru d'Égypte lagide, je me suis rabattu sur le Web et j'y ai trouvé (site www.cosmovisions.com) cette biographie d'Arsinoé, certes courte, qui me paraît rassembler l'essentiel de ce que l'on sait la sœur de la belle Cléopâtre :

"Arsinoé. - Fille de Ptolémée XI Aulète, et sœur de la célèbre Cléopâtre. Pendant que César assiégeait Alexandrie et serrait étroitement dans un des quartiers de la ville Ptolémée XII Dionysus, frère d'Arsinoé, celle-ci, aidée de l'eunuque Ganymède, parvint à s'échapper et, conduite au camp égyptien, y fut saluée du titre de reine. Mais bientôt, Ganymède, qui avait pris la tête des troupes, fut vaincu, et Arsinoé, prise par les légions romaines, fut envoyée à Rome. Traînée à la suite des dépouilles triomphales, elle émut vivement de pitié le peuple romain, à cause de sa beauté et de la dureté de sa destinée. Peu après elle fut rendue à la liberté par César qui la fit reine de Chypre. En l'an 41, Cléopâtre, jalouse de l'empire que sa sœur pouvait exercer à son détriment sur Antoine, pria celui-ci de la faire tuer. Arsinoé se réfugia à Milet, dans le temple d'Artémis Leucophrys, mais, malgré la sainteté du lieu, elle y fut impitoyablement immolée."

Par parenthèse, on notera quand même avec intérêt la clémence dont César fit preuve à l'égard de la belle mais rebelle princesse Arsinoé. Bon d'accord, peut-être s'agissait-il seulement de flatter le peuple romain qui, dit-on, aurait été ému par le charme éploré de la jeune captive orientale. Mais, d'un autre côté, le grand Jules affrontait certainement une pression tout aussi puissante, et certainement plus insistante : tous les jours que Jupiter faisait (et surtout toutes les nuits que Vénus lui accordait), sa chère maîtresse Cléopâtre devait impérieusement lui réclamer la tête de ladite Arsinoé, cette sœur détestée, son inexpiable ennemie et rivale. Or, si César résista à son amante, c'est qu'il était très loin de faire entière confiance à la dangereuse reine d'Égypte. Tout épris qu'il fut sans doute du joli nez de Cléo, César, ne voulait en aucun cas que cette intrigante puisse le mener par le sien, de pif ! Et pour cela, le mieux était encore de se garder sous la main, en réserve, si Cléopâtre se retournait contre lui, une rivale crédible qui, le cas échéant, pourrait lui disputer le trône d'Égypte : Arsinoé.

Antoine, lui, fut plus faible : il sacrifia Arsinoé dès que Cléopâtre l'exigea… et finit par tomber entièrement sous la coupe de la belle et redoutable maîtresse du riche pays du Nil.

 
cleopatre
 
Jean-Claude réécrit :
 
J'ai lu dans un bouquin, qui me semble sérieux que cette Arsinoé pratiquait des rapports très douteux avec son frère Ptolémée Dionysos (rapports sexuels) que Ganymède encourageait… et le dernier époux de Cléo (le dernier Ptolémée) fut assassiné par étouffement alors qu'il était en pleins préliminaires a la demande de l'habile Cléo…
 
 
 
RÉPONSE :
 

Dans la dynastie lagide (celle des Ptolémées), les mariages entre frères et sœurs étaient plutôt la norme que l'exception. Ainsi, lorsque Jules César débarqua en Égypte, notre belle Cléo, au minois si mutin, était-elle l'épouse - très peu aimante - de son frangin Ptolémée XIII. Et après que la rupture entre le frère et la sœur fut définitivement consommée, il est probable que Ganymède, le précepteur (en latin nutritus) d'Arsinoé, qui avait pris la direction de la guerre contre César, poussa dans les bras l'un de l'autre le jeune pharaon et sa pupille, la sœur cadette du jeune roi, histoire de reformer un couple royal crédible.

Ptolémée XIV, le dernier Ptolémée qu'épousa Cléopâtre, connut-il une comparable à celle de Félix Faure, ce président de la IIIe République qui succomba en plein rendez-vous galant ?

C'est ainsi que Jean-Michel THIBAUX présente les choses dans son intéressant Roman de Cléopâtre (Presses de la Cité, 1998). Selon lui, ce Ptolémée, passablement ravagé avant l'âge par la vie de patachon qu'il menait, serait mort dans les bras (enfin, si l'on veut…) d'une séduisante courtisane nommée Ethodée. Soudoyée par Cléopâtre, cette redoutable donzelle aurait étouffé le jeune garçon à la manière de Xenia Onatopp, mémorable et athlétique "méchante de James Bond" (Goldeneye), aux puissantes étreintes inoubliables, à jamais…
D'accord… Mais rappelons quand même que le dernier frère de Cléopâtre, que celle-ci épousa sur ordre de César après la mort au combat de Ptolémée XIII, n'était encore qu'un gamin (10 ans ?) au moment de ces noces (47 av. J.-C.). C'est dire que sa mort en pleins ébats sexuels moins de trois ns plus tard paraît assez peu vraisemblable. La précocité érotique a quand même certaines limites !
En réalité, je ne crois pas que l'on connaisse précisément les circonstances que la mort de ce Ptolémée XIV, même s'il n'est guère douteux que la belle Cléo fut pour quelque chose dans ce trépas prématuré…

 
 
 
30 Mars 2006
"plastisac" a écrit :
 
Est-il exact que Jules, lors des triomphes à Rome, défilait sur son char nu peint en rouge ?
 
 
 
RÉPONSE :
 

Mais non, voyons ! le naturisme n'avait pas droit de cité lors de cette cérémonie solennelle !
Foin donc de nudité : lors des triomphes romains, le triomphateur était revêtu d'un superbe manteau de pourpre constellé d'étoiles. Seul son visage était maquillé de rouge minium, histoire de lui donner l'aspect de la statue de Jupiter capitolin, la divinité aux pieds de laquelle il allait déposer sa couronne de laurier.

(Pour plus de renseignement sur la cérémonie du triomphe, voyez : wikipedia.org, historia.presse.fr et Clic !).