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Janvier 2006 (page 3/4)
Sommaire du mois de Janvier : Clic
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| 18 Janvier 2006 |
| Guillaume
a écrit : |
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(…)
Je voulais revenir sur un point, un détail,
mais j'ai cru comprendre que vous y accordiez une
certaine importance ; je vous cite :
"Et pourtant, comme
un souvenir perpétuel de l'antéchrist
Néron, le nom même du grand amphithéâtre
des Flaviens, le célèbre Colisée,
rappelle encore et toujours qu'une gigantesque statue
dorée de Néron, le Colosseum,
se dressa pendant des siècles, et sans que
personne n'y trouve rien à redire, en plein
cœur de la Rome impériale puis chrétienne."
À ce propos, j'ai relevé
dans l'ouvrage, Le Forum romain, de Michael
GRANT, Hachette, 1971, p. 213, que le visage du colosse
de Néron - placé à l'origine
sur le Forum - avait été transformé
sous Vespasien par une figure plus "conventionnelle"
du Soleil. Le colosse n'était donc plus assimilé,
semble-t-il, à Néron, quand Hadrien
décida, pour dégager le Temple de Vénus
et de Rome, de le déplacer (grâce à
80 éléphants) dans la plaine, à
proximité du futur amphithéâtre
flavien. |
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| RÉPONSE
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| J'avais effectivement
lu quelque part que le colosse dit de Néron
représentait une divinité solaire. Mais
je pensais qu'il en allait déjà ainsi
au temps de Néron,
que l'empereur-artiste lui-même s'était
fait représenter en Apollon - ce qui n'aurait
pas été illogique, vu ses talents de
chanteur et d'aurige. Et d'autre part, le fait que
cette statue représentait un dieu éminent
pouvait aussi expliquer sa préservation de
tout vandalisme lors de la chute du régime
néronien.
Quoi qu'il en soit, la "normalisation"
de cette statue, du fait de Vespasien,
ne semble pas avoir été définitive.
Je lis en effet chez Dion Cassius (témoin a
priori crédible puisque contemporain des faits
qu'il rapporte) que Commode,
autre empereur mégalomaniaque, fit "ôter
la tête du Colosse pour mettre la sienne à
la place, puis lui ayant donné une massue,
et placé un lion d'airain à ses côtés,
afin que cette statue ressemblât à Hercule,
y grava une inscription portant (…) ce
qui suit : « Le premier combattant des
secutores, qui, étant gaucher, vainquit
à lui seul douze mille hommes, je crois. »
" (Dion Cassius, Histoire romaine, livre
72, 22 - trad. site www.mediterranees.net).
"Destin des statues d'être là
têtues… et étêtées
!", comme le chantait (presque) jadis le
grand Charles
Trenet. |
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| Guillaume
réécrit : |
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J'ai
une autre question, à vrai dire, assez épineuse…
à propos de coiffure.
En effet, j'ai pu lire dans la dernière biographie
consacrée à Auguste
(Auguste, de Pierre COSME, librairie académique
Perrin, août 2005 - il parle de ce point dans
les images hors-texte) que l'empereur se coiffait
toujours de façon à ce que ses cheveux
forment une pince au-dessus de son oeil droit et un
"peigne" au-dessus de son oeil gauche
; c'est tout à fait visible sur la statue de
la Prima Porta, en particulier.
Voyez-vous une explication
à cette "coquetterie" de l'Imperator
?
[En outre] sur
de nombreuses représentations d’Auguste,
on trouve un capricorne, qui, d’après
les commentateurs, serait le signe astrologique de
l’Empereur. Pourtant, il me semble qu’Auguste
est né en septembre, donc pas sous ce signe.
Auguste a-t-il utilisé comme signe astrologique
celui de l’octroi de janvier 27 ? |
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| RÉPONSE
: |
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| Je n'ai malheureusement
aucune explication à vous fournir quant au
détail de coiffure d'Auguste
que relève Pierre Cosme. L'historien latin
Suétone se contente de noter que le premier
empereur avait "les cheveux légèrement
bouclés et un peu blonds" (Vie
d'Auguste, 79).
Un point, c'est tout.
Afin d'en savoir plus à ce sujet, je me propose
de "publier" votre question dans les pages
consacrées au courrier de mon site. Bien sûr,
je ne manquerai pas de vous faire part des informations
qui, éventuellement, me parviendraient.
Je suis aussi peu féru d'astrologie que de
coiffure, mais, si j'en crois Suétone (Vie
d'Auguste, 94)
et ce site astrotheme.fr
spécialisé ès langue des astres,
il semblerait qu'Auguste était bien
du signe du Capricorne. |
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| 18 Janvier 2006 |
| July
a écrit : |
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Je
fais actuellement des recherches sur l'empereur romain
Titus (frère de Domitien).
On sait que l'arc de Titus,
situé sur le forum, a été construit
après la mort de l'empereur. Titus n'est donc
pas passé dessous avec son cortège triomphal.
Pourtant, un des bas-reliefs nous montre son triomphe.
Ma question est la suivante
:
Le triomphe de Titus a-t-il vraiment eu lieu
et surtout sous quelle porte/arc est-il passé
?
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| RÉPONSE
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| Rassurez-vous ! Après
avoir exterminé des milliasses de Juifs et
en avoir réduit en esclavage des dizaines de
milliers d'autres, le brave Titus,
futur Délices du genre humain, eut
bien droit à son triomphe - de concert avec
son père Vespasien
(dont on connaît le sens de l'économie
: "Tu comprends, fiston, il y a autant de bons
moments dans un triomphe pour deux que dans un triomphe
en solo !")). Le triomphe dudit Titus est en
effet attesté, brièvement, dans les
Douze Césars de Suétone (Vie
de Titus, 6)
et, de façon bien plus détaillée,
par l'historien d'origine juive Flavius Josèphe.
Pour vous épargner de fastidieuses recherches,
voici ce texte (que je me suis permis d'abréger
quelque peu, car il était un peu longuet ;
si vous souhaitez le lire dans "la plénitude
de sa splendeur restituée", voyez le site
remacle.org).
Voici la relation de Josèphe :
"Peu de
jours après [l'arrivée en
Italie de Titus, revenant de Judée via
l'Égypte], Vespasien et Titus résolurent
de ne célébrer qu'un seul triomphe
commun à tous deux, quoique le Sénat
en eût voté un pour chacun. Quand
vint le jour où devait se déployer
la pompe de la victoire, aucun des citoyens
composant l'immense population de la ville ne
resta chez lui ; tous se mirent en mouvement
pour occuper tous les endroits où l'on
pouvait du moins se tenir debout, ne laissant
que l'espace tout juste suffisant pour le passage
du cortège qu'ils devaient voir.
Il faisait encore nuit quand toute l'armée,
groupée en compagnies et en divisions,
se mit en route sous la conduite de ses chefs
et se porta non autour des portes du palais,
placé sur la hauteur, mais dans le voisinage
du temple d'Isis [c'est-à-dire au
champ de Mars, non au Palatin], où
les empereurs s'étaient reposés
cette nuit-là. Dès le lever de
l'aurore, Vespasien et Titus s'avancent, couronnés
de lauriers, revêtus des robes de pourpre
des ancêtres et gagnent les portiques
d'Octavie [A l'ouest du Capitole] où
le Sénat, les magistrats en charge et
les citoyens de l'ordre équestre les
attendaient. On avait construit devant les portiques
une tribune où des sièges d'ivoire
étaient placés pour les princes
; ils s'avancèrent pour s'y asseoir,
et aussitôt toute l'armée poussa
des acclamations à la gloire de leur
vertu. Les empereurs étaient sans armes,
vêtus d'étoffes de soie et couronnés
de lauriers.
Vespasien, après avoir fait bon
accueil aux acclamations que les soldats auraient
voulu prolonger, fit un signe pour commander
le silence qui s'établit aussitôt
; alors il se leva, couvrit d'un pan de son
manteau sa tête presque entière
et prononça les prières accoutumées
; Titus fit de même. Après cette
cérémonie, Vespasien s'adressa
brièvement à toute l'assistance
et envoya les soldats au repas que les empereurs
ont coutume de leur faire préparer. Lui-même
se dirigea vers la porte qui a tiré son
nom des triomphes, parce que le cortège
y passe toujours [la Porta triomphalis,
entre le Capitole et le Tibre]. Là,
ils prirent quelque nourriture et revêtus
du costume des triomphateurs, sacrifièrent
aux Dieux dont les images sont placées
sur cette porte ; puis ils conduisirent le triomphe
par les divers théâtres, pour que
la foule pût le voir plus aisément.
| Il est impossible
de décrire dignement la variété
et la magnificence de ces spectacles, sous
tous les aspects que l'on peut imaginer,
avec ce cortège d'œuvres d'art,
de richesses de tout genre, de rares produits
de la nature. Presque tous les objets qu'ont
jamais possédés les hommes
les plus opulents pour les avoir acquis
un à un, les œuvres admirables
et précieuses de divers peuples,
se trouvaient réunis en masse ce
jour-là comme un témoignage
de la grandeur de l'Empire romain.
(…) On portait aussi des statues
de leurs dieux [c'est-à-dire
des dieux romain ; Joseph écrit pour
des Juifs], de dimensions étonnantes
et parfaitement travaillées, chacune
faite d'une riche matière. On conduisait
aussi des animaux d'espèces nombreuses,
tous revêtus d'ornements appropriés.
(…) Les captifs eux-mêmes,
en très grand nombre, étaient
richement parés, et l'éclat
varié de leurs beaux costumes dissimulait
aux yeux leur tristesse, effet des souffrances
subies par leur corps. Ce qui excitait au
plus haut degré l'admiration fut
l'aménagement des échafaudages
que l'on portait (…). La
guerre y était figurée en
de nombreux épisodes, formant autant
de sections qui en offraient la représentation
la plus fidèle ; on pouvait voir
une contrée prospère ravagée,
des bataillons entiers d'ennemis taillés
en pièces (…). Car
voilà ce que les Juifs devaient souffrir
en s'engageant dans la guerre. L'art et
les grandes dimensions de ces images mettaient
les événements sous les yeux
de ceux qui ne les avaient pas vus et en
faisaient comme des témoins. Sur
chacun des échafaudages on avait
aussi figuré le chef de la ville
prise d'assaut, dans l'attitude où
on l'avait fait prisonnier.(…)
Les dépouilles étaient portées
sans ordre, mais on distinguait dans tout
le butin les objets enlevés au Temple
de Jérusalem : une table d'or, du
poids de plusieurs talents [Table des
pains de proposition - ces objets sont figurés
sur l'arc de Titus], et un chandelier
d'or du même travail, mais d'un modèle
différent de celui qui est communément
en usage (…). On portait ensuite,
comme dernière pièce du butin,
une copie de la loi des juifs. Enfin marchaient
un grand nombre de gens tenant élevées
des statues de la Victoire toutes d'ivoire
et d'or Vespasien fermait la marche, suivi
de Titus, en compagnie de Domitien à
cheval, magnifiquement vêtu ; le coursier
qu'il présentait au public attirait
tous les regards. |
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Le cortège triomphal se terminait
au temple de Jupiter Capitolin ; arrivé
là, on fit halte, car c'était
un usage ancien et traditionnel d'attendre qu'on
annonçât la mort du général
ennemi. C'était Simon, fils de Gioras
; il avait figuré parmi les prisonniers
; on l'entraîna, la corde au cou, vers
le lieu qui domine le Forum [La prison Mamertine],
parmi les sévices de ceux qui le conduisaient
; car c'est une coutume, chez les Romains, de
tuer à cet endroit ceux qui sont condamnés
à mort pour leurs crimes. Quand on eut
annoncé sa mort, tous poussèrent
des acclamations de joie ; les princes commencèrent
alors les sacrifices et après les avoir
célébrés avec les prières
accoutumées, ils se retirèrent
vers le palais. Quelques assistants furent admis
par eux à leur table ; tous les autres
trouvèrent chez eux un beau repas tout
préparé. Ainsi la ville de Rome
fêtait à la fois en ce jour la
victoire remportée dans cette campagne
contre les ennemis, la fin des malheurs civils
et ses espérances naissantes pour un
avenir de félicité."
(Flavius Josèphe, Guerre des Juifs,
Livre VII, V, 3-6 - trad. site remacle.org).
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Ainsi que vous avez pu le lire ci-dessus, Flavius
Josèphe ne fait aucune allusion au passage
du cortège triomphal sous quelque arc de triomphe
que ce soit… lequel, de toute façon -
et vous avez mille fois raison de le souligner - ne
pouvait en aucun cas être celui dit de Titus,
construit ultérieurement.
Personnellement, j'imaginerais volontiers qu'un monument
provisoire était réalisé à
l'occasion de la cérémonie, pour être
remplacé, plus tard, par l'édifice définitif,
construit "en dur". Cependant, force m'est
d'avouer que je ne dispose d'aucune preuve pour étayer
cette hypothèse. Je sais que, durant la Renaissance
(XVe, XVIe siècles) de tels arcs provisoires
(en bois, plâtre, stuc, etc) étaient
réalisés pour célébrer
des victoires, des fêtes ou des "joyeuses
entrées". En allait-il déjà
de même dans la Rome de Titus
? Probable que oui… mais je n'en suis pas certain.
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| 21 Janvier 2006 |
| Elizabeth
Antébi (site
www.antebiel.com)
a écrit : |
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Nous
vous informons de la tenue du Deuxième
festival européen latin grec,
du 10 au 12 mars 2005 à Bécherel, près
de Rennes en Bretagne, dans le cadre du Printemps
des Poètes.
SON THÈME : L'AMOUR, LA MUSIQUE
ET LA DANSE
En 2005 plusieurs centaines de personnes
étaient venues découvrir,
dans le village breton de Bécherel,
près de Rennes, ce bizarre festival
consacré au latin et au grec. Une
affluence qui en a étonné
plus d'un et a, du coup, consacré
cette initiative d'Elizabeth Antébi,
femme de lettres, mais aussi libraire à
Bécherel.
Elizabeth Antébi, la
"Dea ex Machina" du festival n'a
pas fléchi
Au contraire, la cuvée
2006 s'annonce aussi dense et aussi drolatique
que celle de 2005. Placée sous le signe
de "l'Amour, la musique et la danse"
cette édition réserve bien des
surprises.
Eve Ruggieri comme vous
ne l'avez jamais vue
Généralement elle fait
chanter les autres. Cette année, c'est
elle qui donnera de la voix. Dans le DVD exclusif
enregistré pour l'ouverture du Festival,
la spécialiste de l'opéra et
de la musique classique interprétera
un air de la Belle Hélène de
Jacques Offenbach. À ne pas manquer.
Le
répertoire d'Elvis Presley chanté
en latin.
Venu de Finlande, le Dr Jukka
Ammondt "rockera" en latin.
Professeur de littérature à
l'université de Turku (Finlande),
il s'est reconverti dans la chanson
à 50 ans. Son dada: traduire
(et enregistrer) dans des langues anciennes
les chansons du XXe siècle. C'est
ainsi que le célèbre "I
surrender" d'Elvis Presley devient
"Nune aeternatis" et "It's
now or never" "Nunc hic aut
nunquam". À découvrir
absolument.
Le latin et le grec,
mémoires-passerelles en Europe,
attirent les étrangers à
Bécherel.
Dr Jukka Ammondt ne sera pas
le seul Européen à se
déplacer à Bécherel
pour ce festival 2006. Une classe d'un
lycée de Hongrie (pays dont le
latin fut la seconde langue officielle
jusqu'au XXe siècle) viendra
jouer en latin une pièce de Plaute
"Mostellaria". L'occasion
d'entendre aussi les « Catulli
Carmina » (chants de Catulle)
de Carl Orff, suite des Carmina Burana
(ces textes du moyen âge mis en
musique au XXe siècle, notamment
par Orff).
Troisième pays représenté
cette année : le Portugal. Luisa
de Nazaré Ferreira, professeur
de l'université de Coïmbra
viendra éclairer le public sur
la poétesse grecque Sappho.
Des ensembles vocaux
et instrumentaux et des conférenciers
érudits pour captiver l'assistance
Le thème du Festival
"l'amour, la musique et la danse"
sera illustré par des ensembles
vocaux et instrumentaux ou des artistes
inspirés par l'antiquité.
Comme l'ensemble Convivium musicum de
Rennes, La Maurache ou la compagnie
Demodocos ou la comédienne Anastassia
Politi.
De nombreux universitaires, conférenciers
seront également présents
à Bécherel pendant ces
3 jours pour parler, entre autres thèmes,
de la danse antique, du phrasé
des Grecs anciens, ou de la révolution
grégorienne dans la musique liturgique.
Les écrivains ne seront pas absents!
Ils seront nombreux à dédicacer
leurs livres. Cette année en
effet plusieurs éditeurs (Le
Rocher, Assimil, Les Belles Lettres)
s'associent au FELG. |
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A partir de 2007 le Festival
se déclinera dans d'autres pays européens
De par la présence de plusieurs
spécialistes et artistes européens,
l'édition 2006 est le premier maillon
de l'exportation du FELG dans d'autres villes
européennes. Ainsi en 2007, les 2 premiers
jours du FELG se dérouleront à
Bécherel, puis il sera relayé
pendant 3 jours en Hongrie où, dans
le cadre des du partenariat avec la Fondation
Karolyi, une classe d'un lycée français
ira donner un spectacle.
Le
Festival Européen de Latin et de
Grec (FELG) de Bécherel a été
créé en 2005 par Elizabeth
Antébi, femme de lettres, mais
aussi l'une des 15 libraires de Bécherel
(660 habitants, à une trentaine
de kilomètres au nord de Rennes).
Le succès qu'il a rencontré
lui permet de se pérenniser. Il
va même se déployer en Europe
à partir de 2007.
Fortement appuyé dès sa
création par Edith Guimard présidente
de l'association des libraires de Bécherel,
le FELG est particulièrement soutenu
cette année par Marie-Claire Mussat,
présidente de l'Orchestre de Bretagne
et professeur émérite de
musicologie à l'Université
de Rennes II et Albert Foulon, maître
de conférences à l'Université
de Rennes II.
Le FELG est inscrit au programme officiel
du Printemps des Poètes. |
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| 24 Janvier 2006 |
| Nicolas
Vincent a écrit : |
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J'écris
un livre (modestement, ce n'est pas du tout mon métier)
sur l'histoire des poisons depuis l'Antiquité
jusqu'à nos jours. En ce moment je m'occupe
des poisons végétaux, aconit, ellébore,
ciguë, digitale, if, décoction de fleur
de pêcher, laurier cerise… si vous connaissez
anecdotes qui mentionnent ces toxiques, je suis évidemment
intéressé.
Au sujet des poisons
romains je pense que les principaux ingrédients
étaient l'aconit, et des composés d'arsenic.
(d'aconit est mentionné régulièrement
par Pline et Ovide et les mines d'arsenic étaient
on ne peut plus florissants)
Avez-vous des infos là-dessus
?
J'aurais [plus particulièrement] besoin
de vos lumières : est-ce que Locuste
était de mèche dans la première
conspiration (ratée) contre Caligula ? |
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| RÉPONSE
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| Bien que, contrairement
à vous, je ne sois pas très versé
en toxicologie, j'ai déjà eu l'occasion
d'évoquer, à propos de l'affaire Britannicus,
les poisons antiques lors dune intéressante
correspondance avec un autre sympathique internaute,
(voir ici : Clic
!). D'après le peu que je sais à
ce sujet, les Romains ne disposaient donc pas de poisons
vraiment foudroyants (voyez aussi, sur le site PEPLVM
- Images de l'Antiquité : Néron,
l'empoisonneur - Bon
sang de bœuf ne saurait mentir - Circé,
Médée, Canidie, Locuste et le bouillon
d'onze heures et Le
retour des poisons).
Quant à
Locuste (voir aussi ici
: Clic
!), je crois bien qu'aucune source
antique n'indique qu'elle fût déjà
en activité durant le règne
de Caligula
(37-41 ap. J.-C.). Du reste, je ne crois
pas qu'il fut question d'empoisonner le
jeune empereur lors du complot dit "de
Gætulicus et de Lepidus", déjoué
en octobre 39, et auquel participèrent,
entre autres, deux de ses sœurs.
Le poignard devait apparaître à
ces conjurés comme un moyen moins
hasardeux que ces mixtures alambiquées…
et ce sera également l'avis des
assassins conduits par Chaerea qui, deux
ans plus tard, finiront par avoir la peau
dudit Caligula.
L'ineffable Suétone prétend
cependant que cet empereur Caius aurait
bien été victime d'un empoisonnement,
mais que celui-ci fut accidentel, et que
s'il ne lui coûta pas la vie, il
le rendit fou. L'historien latin raconte
en effet que son épouse Cæsonia,
en nymphomane insatiable qu'elle était
censée être, aurait fait
boire à son impérial mari
un philtre d'amour si corsé qu'il
en devint complètement cinglé,
après avoir frôlé
la mort d'un cheveu (Vie
de Caligula, 50
: 6).
Cherchez la femme, bien sûr !…
Depuis qu'Ève persuada son grand
dadais d'époux de croquer la pomme,
dès qu'il y a quelque chose qui
ne tourne pas rond sur ce man's world
qu'est notre pauvre terre, c'est la faute
à ces dames qui mènent les
mecs, par tous les bouts, à leur
perdition !
Certes, Caligula ne fut pas le plus équilibré
des empereurs. Mais son enfance et son
adolescence pour le moins chahutées
expliquent au moins aussi bien sa
"folie" (d'ailleurs probablement
toute relative) que d'hypothétiques
poudres de perlimpinpin instillées
par une épouse en proie aux fureurs
génésiques. |
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| Nicolas
réécrit : |
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| Un
grand merci pour toutes ces précisions, et
encore deux questions :
1.
Agrippine à fait empoisonner son
deuxième mari afin d'être dispo pour
séduire Claude, Locuste était-elle
dans le coup ?
2. Juvénal
dans sa première satire parle de
Tigellin comme ayant "versé l'aconit
à ses trois oncles" avez-vous
des précisions sur le sujet et sur l'identité
de ces trois fameux oncles ?
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| RÉPONSE
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| Effectivement, le décès
de C. Sallustius Crispus Passienus,
deuxième mari d'Agrippine
la Jeune, pourrait paraître bien suspect…
s'il ne s'était produit assez longtemps avant
le remariage (au début 49) de sa veuve avec
Claude. En effet, si j'en crois le site DIR
- De Imperatoribus romanis, ce pauvre Passienus
mourut avant 47, c'est-à-dire in tempore
non suspecto, à une époque où
rien ne laissait présager la chute de Messaline
(août 48), l'exécution de celle-ci, et
le veuvage de Claude.
Bien sûr, on ne prête qu'aux riches, et,
puisqu'il semble bien avéré qu'Agrippine
envoya son troisième mari ad patres
pourquoi n'aurait-elle pas agi de même avec
le deuxième ?
D'accord… Mais encore faut-il un mobile, et
avant 48, celui-ci ne saute pas aux yeux.
Certes, cette langue de vipère de Suétone
évoque bien une affaire de gros sous : Néron,
écrit-il, "s'enrichit de l'héritage
de son beau-père, Crispus Passienus"
(Vie
de Néron, VI,
6). Agrippine n'aurait-elle trucidé son
époux que pour s'emparer de ses richesses et
en faire profiter son gros joufflu de fils unique
et préféré ?
Personnellement, j'ai des doutes : Agrippine ne devait
pas être fauchée au point de commettre
un crime crapuleux… Et en bonne justice, le
doute doit profiter à l'accusé.
Cela précisé, si - dans un grand moment
de prémonition - Agrippine empoisonna son époux
Passienus afin d'être libre de convoler avec
son tonton Claude deux ou trois ans plus tard, il
n'est probablement pas impossible qu'elle bénéficia
de la complicité de la redoutable Locuste.
Mais tout cela reste hautement hypothétique.
Même chose pour Tigellin
: ce n'est pas parce que Juvénal l'accuse d'avoir
empoisonné ses oncles qu'il a réellement
commis ces crimes. Ce genre d'accusation relève
le plus souvent de l'invective stéréotypée.
Tout mauvais citoyen romain était censé
s'en prendre à sa propre famille. Par exemple,
leurs adversaires accusèrent Catilina (Ier
siècle av. J.-C.) et l'empereur Vitellius
(Ier siècle ap. J.-C.) d'avoir tué leur
propre fils pour accaparer leur héritage, alors
que cette accusation était probablement infondée…
et même que - serais-je tenté d'ajouter
- la plupart de leurs contemporains n'étaient
sans doute pas dupes de ces calomnies.
Dans son excellent livre Au bonheur des Sages,
le non moins excellent Lucien Jerphagnon a parfaitement
montré de quels stéréotypes usait
l'historiographie romaine pour "charger"
la mémoire d'empereurs qu'elle voulait transformer
en infâmes tyrans. Ils sont systématiquement
accusés d'impiété envers les
dieux, de cruauté arbitraire, de lubricité,
de démesure ; ils commettent des exactions
financières, ils s'abrutissent dans la vinasse…
et ils ne manquent de maltraiter leur propre famille
“Ces gens [les mauvais empereurs]
sans égards pour les dieux n'en
ont pas davantage pour la famille, la leur
ou celle d'autrui. Suétone parle de
haine pour définir les relations de
Tibère avec la sienne, et il ne consacre
pas moins de quatre chapitres à énumérer
ses mauvais procédés. Il n'avait
pas honoré Livia, sa mère, de
son vivant ; morte, il lui marchande, selon
Tacite, les honneurs funèbres. Caligula
va plus loin, en tachant d'un inceste la mémoire
d'Auguste : le fondateur de la dynastie aurait
eu un enfant de sa propre fille. Suétone
laisse entendre que le même Caligula
aurait empoisonné Antonia, sa grand-mère,
qu'il frustra ensuite de tout faste funéraire
: on dit qu'il regarda flamber le bûcher
du haut de sa salle à manger. Il élimine
successivement son frère et son beau-père,
et couche avec toutes ses sœurs. Néron
n'a pas été arrangé non
plus.Il passe pour avoir couché avec
sa propre mère, puis pour avoir fait
supprimer à la file son frère
adoptif Britannicus - non sans l'avoir une
fois ou l'autre violé, Agrippine, sa
mère, à qui il consent des obsèques
misérables et dont il salit la mémoire
devant le Sénat, sa tante Domitia Lepida,
sa femme Octavie sous le faux prétexte
d'adultère, et sa seconde femme Poppée,
qu'il tua d'un coup de pied alors qu'elle
se trouvait enceinte (…). Domitien,
lui, haïssait son frère Titus,
Aurelius Victor soutenant même qu'il
l'avait dépêché dans l'autre
monde et lui avait ensuite, bien sûr,
refusé les honneurs funèbres.
Domitien ose insinuer que c'est à lui
que Vespasien son père et Titus devaient
le trône, et pour faire bonne mesure,
il séduit sa nièce, puis la
fait avorter : elle en meurt avec l'enfant
qu'elle avait de lui. Encore le même
détail. Commode, le fils du divin Marc
Aurèle, n'avait rien de son père
: il tue une de ses sœurs, couche, paraît-il,
avec les autres, donne le nom de sa mère
à l'une de ses maîtresses et
passe finalement, dans l'Histoire Auguste,
pour parricide.” (Lucien JERPHAGNON,
Au bonheur des Sages, Éditions
Desclée de Brouwer, 2004, pp147-148)
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Il en allait probablement un peu de même pour
les "mauvais bougres" issu du commun des
mortels dans le genre de Tigellin : ils ne pouvaient
être que chargés de tous les défauts
du monde… quitte à tordre la vérité
historique afin qu'elle colle parfaitement au projet
littéraire des historiens antiques, qui étaient
aussi et avant tout des moralistes. |
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