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Janvier 2006 (page 2/4)
Sommaire du mois de Janvier : Clic
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| 9 Janvier 2006 |
| Gérard
a écrit : |
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Pour
compléter votre biographie sur Marc-Aurèle,
je me permets de vous signaler la trilogie
du Signe de Rome, écrite
par Jean-François PAYS, et
publiée aux éditions Signe de Piste.
(Voir aussi ici : Clic
!)
Au cours des trois romans, on suit les aventures d'un
jeune Gaulois, Loix, et de Marcus, fils de patriciens
romains, qui deviendra bien plus tard l'empereur Marc-Aurèle.
Les trois romans sont bourrés de notes qui
montrent que, même si les aventures du jeune
Marcus sont fictives, l'auteur a quand même
vraiment potassé son sujet à fond.
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| 12 Janvier 2006 |
| Jacky
a écrit : |
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| Après
la visite de votre site, nous avons trouvé d'énormes
renseignements à propos de la loi d'investiture
de Vespasien. Cependant, préparant un
exposé en TD de romaine nous avons de la difficulté
à trouver un plan propice à notre commentaire.
Pourriez-vous nous aider à en trouver un ? ou
en suggérer un ? |
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| RÉPONSE
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| D'après ce que
vous m'écrivez, je suppose que vous avez pris
connaissance du bref commentaire qu'in illo tempore
(février 2002, ça ne nous rajeunit pas
!), j'avais commis, sur cette fameuse lex
de imperio vespasiani (voir
ici : Clic
!).
En gros, mon opinion
à ce sujet n'a pas évolué
depuis : ce n'est pas parce que cette loi décrivait
les pouvoirs conférés à
Vespasien
que ceux-ci furent moins absolus que ceux dont
ses prédécesseurs avaient disposé.
Dans la réalité des faits, le
nouvel empereur reçut les pleins pouvoirs,
cette autorité suprême qu'il souhaitait…
et que nul n'était en position de lui
contester. Depuis le début du Ier siècle
avant notre ère et le doux temps de l'affrontement
entre Marius et Sylla, tout un chacun savait
que celui qui avait le plus de légions
à sa botte devenait, de facto, le maître
de Rome. Lex de imperio ou non, la
raison du plus fort prévalait
Il serait sans doute un peu présomptueux
de ma part de vous suggérer un plan pour
le travail que vous devez effectuer, vu que,
d'une part, je ne suis pas certain d'en être
capable, et que, d'autre pas, je ne connais
pas le contexte de vos cours.
Il me semble cependant que, du point de vue
historique, on pourrait aborder ce texte soit
sous un angle particulier, soit d'un point de
vue plus général.
Dans le premier cas, on s'intéresserait
plutôt à crise de succession qui
s'ouvrit à la mort à mort de Néron,
à la guerre civile qui s'ensuivit, et
à la nécessité, pour Vespasien,
de légitimer un pouvoir dont il ne s'était
finalement emparé que par un putsch
militaire.
En une année, pas moins de quatre empereurs
s'étaient succédés sur
le trône ; les Juifs, les Bataves et les
Gaulois s'étaient révoltés
; l'indiscipline s'était répandue
dans l'armée ; et, comble de malheur,
après les gabegies du règne de
Néron, l'incendie de Rome et l'anarchie
ambiante, les caisses de l'État étaient
désespérément vides. Pour
sauver le bazar, Vespasien avait donc impérieusement
besoin d'un pouvoir absolu, et incontesté.
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Si l'on adopte un angle d'attaque plus général,
on s'intéressera à l'évolution
du pouvoir impérial depuis Auguste
ainsi qu'aux relations entre le Sénat et son
princeps.
Auguste, qui concentra entre ses mains les pouvoirs
des plus importantes magistratures romaines, disposa
des pouvoirs d'un monarque absolu tout en maintenant
la fiction d'une République sénatoriale
et oligarchique. Son successeur, Tibère,
tenta, vainement, de rééquilibrer les
pouvoirs de l'empereur et ceux du Sénat. Claude,
lui, respecta formellement le Sénat tout en
le "mettant sur la touche" en confiant les
affaires de l'État à des hommes de confiance,
des "ministres" choisis parmi ses affranchis.
Quant à Caligula
et Néron,
ils tentèrent, prématurément,
de mettre fin à l'hypocrite fiction augustéenne
pour transformer progressivement la vieille République
romaine en une monarchie absolue de style hellénistique.
Dans ce contexte, la lex de imperio vespasiani
pourrait apparaître comme un retour à
l'ordre augustéen… Mais d'un autre côté,
cette concentration exceptionnelle de pouvoirs divers,
qu'Auguste n'avait pu réaliser que par d'heureux
concours de circonstances - et surtout, justement,
parce qu'il était Auguste (sacré,
noble de cœur) - , se voyait ainsi fixée
dans le marbre. Les pouvoirs dont les empereurs de
la dynastie Julio-claudienne n'avaient disposés
que parce qu'ils était les héritiers
de César
et d'Auguste devenaient maintenant légaux,
"constitutionnels".
On pourrait donc dire que, grâce à cette
loi qui, apparemment, limitait ses pouvoirs, Vespasien
disposait d'une autorité infiniment plus étendue
de tous ses prédécesseurs, puisqu'elle
ressortissait du droit public (une loi) et non plus
du droit privé (pouvoir attribué à
l'héritier de César et d'Auguste).
Et puis, on pourrait aussi s'intéresser à
l'aspect juridique, à la place de cette loi
dans le droit romain… Mais cela sort complètement
de ma sphère de compétence ! |
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| 12 Janvier 2005 |
| Éric
a écrit : |
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Je
crois avoir lu quelque part (Mika WALTARI) que ces
insignes comprenaient notamment les bottes
rouges que seuls les empereurs romains pouvait porter.
Je recherche
de la documentation sur ce point précis.
Le sujet n'est pas anodin dès lors que ce signe
distinctif désignait le pouvoir temporel et
que les derniers papes (JPII et Benoît XIV)
sont apparus chaussés de rouge.
Tout est symbolique.
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| RÉPONSE
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| Vous avez raison, le
port de chaussures rouges par les Pontifes
romains n'est certainement pas anodin… Cependant,
je n'ai pas trouvé d'attestation certaine de
bottes, bottillons ou brodequins de pourpre chez les
empereurs romains d'Occident (d'Auguste
à Romulus
Augustule), alors que ces chaussures constituaient
bien une pièce essentielle de l'appareil vestimentaire
des empereurs romains d'Orient, dits byzantins
(à ce sujet, voyez : fr.wikipedia.org
et voila.fr/lacart/peintres)
On sait toutefois que, déjà au temps
de la République romaine, les Sénateurs
chaussaient des brodequins rouges, généralement
ornés de croissants de lune (voir site
d'Emilia Robin). On peut donc légitimement
supposer que l'empereur, qui était aussi -
sinon surtout - le premier des Sénateurs (princeps
senatus) portait lui aussi de telles chaussures,
peut-être rehaussées de l'un ou l'autre
ornement supplémentaire. Mais évidemment,
si les brodequins de l'empereur ne se distinguaient
pas foncièrement de ceux de ses "collègues"
Pères conscrits, c'est qu'ils n'étaient
pas spécifiquement considérés
comme des insignes impériaux.
Il est pourtant possible qu'une évolution
se soit produite au début du IVe siècle.
À partir de cette époque, l'Empire romain
devint officiellement une "monarchie de droit
divin". L'empereur fut désormais considéré
comme le vicaire des dieux (puis de Dieu) sur terre,
et sa cour adopta le faste cérémoniel
et l'étiquette des cours orientales (traditions
issues des monarchies hellénistiques et/ou
de l'empire perse sassanide)… On peut aussi
supposer que cette métamorphose de l'empereur
romain en idole revêtue, des pieds à
la tête, de pourpre ne devait plaire qu'à
moitié aux plus austères de ses sujets
qui ne voyaient que perversion dans ce cérémonial
exotique et "efféminé". Je
lis en effet, dans l'Histoire Auguste, un
recueil anonyme de biographies impériales datant
de l'extrême fin du IVe siècle, une petite
phrase relative à l'empereur Aurélien
(270-275) qui me paraît non dénuée
d'ironie. On y signale que ce sévère
monarque "interdit à tous les hommes
le port de chaussures rouges, jaunes, blanches ou
vertes, et ne les toléra que pour les femmes."
(Vie
d'Aurélien, 49 : 7).
Évidemment, le brave citoyen romain qui, dans
les dernières années du IVe siècle,
lisait ces lignes ne pouvait que ricaner tout doucettement,
in petto ou dans sa barbe, lorsqu'il contemplait
ce brouillon d'empereur Théodose
ou ses dégénérés de fils,
chaperonnés par des quarterons de généraux
barbares, tous plus hirsutes et puants les uns que
les autres, se pavaner comme des paons dans leurs
superbes "pompes rouges" !
"Et quid des papes ?" me direz-vous.
Eh bien, d'après les renseignements que j'ai
pu recueillir (in Dictionnaire historique
de la Papauté, sous la direction de Philippe
LEVILLAIN, Éditions Fayard, 1994), la filiation
entre les mules rouges des papes et les brodequins
de pourpre des empereurs romains d'Orient (voire d'Occident)
paraît plus évidente du point de vue
idéologique qu'historique.
Je m'explique :
Jusqu'au XIIIe siècle, les chaussures des papes
ne se distinguaient pas spécialement de celles
des autres membres de la Curie. Elles étaient
généralement de couleur noire, et ornées
d'un motif blanc de forme variable. Ce ne fut qu'à
partir du pontificat de Grégoire X (1271-1276)
que la couleur rouge s'imposa progressivement, et
une croix n'apparut sur l'empeigne de ces mules qu'au
XVe siècle, avec l'introduction de l'usage
du baisement du pied du Saint Père. C'est en
effet la croix brodée sur la papale pantoufle
qui justifiait l'hommage, et non la couleur de la
chaussure.
Il est certes possible que cette coutume ait été
empruntée au cérémonial byzantin,
mais ce n'est pas certain… Et ce d'autant moins
que l'Église orthodoxe grecque n'admet pas
la représentation de la croix sur les chaussures.
Mais évidemment, si l'on baisait le pied du
Basileus grec, c'était pour signifier
son allégeance à sa personne et non
pour vénérer le Fils de Dieu, contrairement
à la cérémonie en usage à
la cour pontificale de Rome,
En revanche, l'apparition de ces chaussures rouges
aux pieds des papes à la fin du XIIIe siècle),
c'est-à-dire précisément à
l'époque ou l'Église catholique venait
de triompher des empereurs germaniques (exécution
de Conradin, dernier des Hohenstaufen, en 1268), n'est
certainement pas une coïncidence. En revêtant
les brodequins de pourpre des empereurs d'Orient,
le pape manifestait sa supériorité sur
tous les rois de la terre. Il s'agissait d'une démonstration
supplémentaire de la doctrine politique, en
vigueur à l'époque au Saint-Siège,
qui visait à l'instauration en Europe (sinon
sur la terre entière) d'une théocratie
dirigée par le Serviteur des Serviteurs
de Dieu, c'est-à-dire le Pape. Quelques
années plus tard (vers 1300), dans le même
esprit d'affirmation de la suprématie pontificale,
l'autoritaire pape Boniface VIII se coiffa de la triple
couronne (tiare trirègne) qui symbolisait le
pouvoir absolu du pape sur la terre et le ciel…
Alors que pourtant, il ne manquait visiblement déjà
pas d'air !
Le baisement de pied fut supprimé par Paul
VI. Le même pape remplaça aussi les traditionnelles
mules de satin ou de velours rouge par des escarpins
de peau de couleur brun clair, tirant sur le rouge.
Pour être complet, signalons encore que ces
chaussures sont fabriquées par un spécialiste
qui dirige le laboratoire orthopédique d'un
hôpital de Turin. |
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| 14 Janvier 2006 |
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Marie-Françoise a écrit : |
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Depuis
quelques jours, je suis à la recherche de documents
concernant l'empereur Hadrien,
et son bel amour, Antinoüs.
(…) Pourrez-vous m'aider à dénicher
une représentation graphique, dessin ou gravure,
de la Villa Hadriana ?
Je sais que plusieurs artistes en ont fait, comme
Girault, mais je n'ai encore rien vu.
Merci Infiniment. |
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| 16 Janvier 2006 |
| Loïc
a écrit : |
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Objet
: Un délire incroyable !…
(…) Je tenais à
vous communiquer les coordonnées d'un site
qui développe des théories complètement
folles, même si je n'arrive pas à cerner
ce qu'il y a derrière (secte ? Extrémiste
?…) : Site
miroir du Centre d’Etude et de Recherche sur
la Bipédie Initiale (C.E.R.B.I)
En gros, leur théorie,
en ce qui concerne l'histoire, est que l'église
catholique a profité d'une peste colossale,
et du désarroi occasionné dans la population,
pour changer la chronologie de l'histoire et créer
de façon fictive le Moyen Age.
De ce fait, la Renaissance ne serait pas séparée
de l'empire romain par 10 siècles mais par
quelques années !
Les autres théories
sur des sujets comme la science m'ont l'air tout aussi
délirantes et la démarche intellectuelle
suivie (généraliser un inexplicable,
sortir des références inconnues pour
créer un brouillard de doute) me fait penser
aux "sorciers" dénoncés par
les Zététiciens.
Si je vous parle de ce
site c'est qu'un des postulats visant à
prouver cette déformation chronologique concerne
l'empire romain. Cf. extrait ci-dessous :
"On pensait bien connaître
la liste des empereurs romains, mais des archéologues
romains viennent de découvrir près
d’Oxford 5000 pièces du III° siècle
de notre ère, avec un portrait nouveau autour
duquel était inscrit : « IMP
C DOMITIANUS P F AUG », ce qu’on
traduit par « Empereur Caesar Domitianus,
obéissant et heureux auguste » [ à
ne pas confondre avec Domitien Flavien, qui régna
de 81 à 96 ].
Voilà donc un nouvel empereur, non répertorié
! "
Êtes-vous au courant
de cette soi-disant découverte ? Quelle est
l'explication historique véritable ? |
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| RÉPONSE
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| Amusante, cette page
Web dont vous m'avez communiqué l'adresse…
L'on pourrait en rire de tout son saoul si son auteur
ne proférait ses inepties avec, paradoxalement,
tout le sérieux d'un pape, et si les idées
développées n'étaient pas sous-tendues
par les théories fumeuses en cours chez les
protestants fondamentalistes américains. "Bipédie
initiale" s'intitule ce site qui remet en
cause la théorie darwinienne, défend
l'idée d'un dessein intelligent, et tente,
par des moyens très spécieux et ô
combien contestables, de réhabiliter la vieille
chronologie biblique, à laquelle plus personne
de sérieux ne croit plus depuis la fin du XVIIIe
siècle.
Nous sommes donc
bien ici en présence d'une littérature
sectaire… à n'utiliser qu'avec
la prudence la plus extrême, l'esprit
en éveil, et un aérosol anti-déodorisant
à portée de main pour pallier
les relents méphitiques inhérents
à ce genre de prose !
Quant à ce Domitien II,
son existence m'avait déjà été
signalée, jadis, par d'autres sympathiques
internautes (voir ici : Clic
! et Clic
!).
A mon sens, il ne faut cependant pas surévaluer
la "découverte" de ce personnage.
L'ajout à la liste officielle des empereurs
romains de cet éphémère
et obscur usurpateur qui aurait sévi,
dit-on, pendant le règne d'Aurélien
(270-275) ne remet pas fondamentalement en cause
la validité de cette nomenclature - et
encore moins la chronologie terrestre !
Jusqu'à la fin du XIXe siècle,
la plupart des spécialistes admirent,
sans la discuter, l'existence de certains usurpateurs
cités par l'Histoire Auguste
(Celsus,
Trebellianus, Censorinus et consorts ),
alors qu'il ne s'agissait que de personnages
fictifs, dus à la fertile imagination
du facétieux auteur de ce recueil de
biographies impériales.
Au fil des recherches sur l'histoire romaine,
des noms peuvent donc disparaître de la
liste des empereurs romains comme d'autres peuvent
y entrer… Même si, à l'instar
de ce Domitien II, ou de Silbannacus
et (plus contesté) de Sponsianus,
leur existence n'est attestée que par
quelques pelées pièces de monnaie.
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| 17 Janvier 2006 |
| Patrick
a écrit : |
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Suite
à la question
d'Alexandre du 29 juin 2005 concernant la crucifixion
de Jésus et votre réponse, je vous apporte
les compléments d'information suivants, que
vous devez connaître et pour lesquels j'aimerais
avoir votre point de vue.
Ces informations font référence au site
www.histoire-christ-gnose.org
avec les publications de L'Énigme de Jésus-Christ
de Daniel Massé (datant de 1926) et Comment
naquit le Christianisme par André Wautier
(1991).
Les hypothèses émises
et argumentées dans ces publications font que
le Jésus-Christ des Évangiles canoniques
serait un personnage composite, construit à
partir de plusieurs personnages historiques et mythiques.
Il serait l'aboutissement d'une longue élaboration
d'au moins deux siècles (environ de l'an 150
à l'an 350).
Un des principaux personnages
historiques sur lequel s'appuie le personnage de Jésus
des Évangiles serait, selon les auteurs cités,
Jean de Galilée, fils de Juda de Galilée
(ou le Gaulonite), descendant de David, et prétendant
au trône d'Israël. Il apparaîtrait
dans les Évangiles sous le nom de Jean-Baptiste.
Le Jésus des Évangiles serait,
entre autres, le double de Jean-Baptiste.
Or Juda de Galilée,
et après sa mort son fils Jean, auraient revendiqué
le trône d'Israël face aux Hérode
qui, installés par les occupants romains, étaient
considérés comme usurpateurs par les
Juifs. À la tête de factions et d'hommes
de main, les sicaires, Jean se serait régulièrement
rebellé contre le pouvoir en place (cf. épisode
du Temple). À cause du désordre créé
et comme fauteur de troubles, il aurait été
arrêté par les Romains, condamné
et crucifié.
L'Évangile selon
saint Jean est celui qui serait le plus fidèle
à l'aventure de Jean de Galilée : d'après
Daniel Massé, le nom de Jésus aurait
remplacé celui de Jean, à partir de
la version originelle. Cette substitution expliquerait
certaines incohérences du texte et de situations,
notamment que Jean-Jésus ait été
crucifié par les Romains, non pour des raisons
religieuses (les Romains à cette époque
étant plutôt libéraux sur ces
questions) mais pour des raisons politiques. En revanche
il n'aurait pas été condamné
pour blasphème par le Sanhédrin, c'est-à-dire
les religieux juifs, contrairement aux allégations
des Évangiles, car si tel avait été
le cas il aurait été lapidé et
non crucifié (mode d'exécution réservée
aux condamnés par les Romains).
Pour appuyer sa thèse,
Daniel Massé avançait que le texte le
plus ancien historiquement antérieure aux premières
versions des Évangiles, et qui retrace la profession
de foi de Jean-Jésus dans sa conquête
"mythologique" du pouvoir est l'Apocalypse.
Merci d'avoir votre point de
vue. |
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| RÉPONSE
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| Je ne connais guère
les thèses de Daniel Massé sur Jésus
que par l'intermédiaire de Robert Ambelain
qui avoue s'en être inspiré pour, en
quelque sorte, les vulgariser dans ses bouquins parus
dans les années '70 (Jésus ou le
mortel secret des Templiers, Les Jours secrets
du Golgotha). Mais, en surfant récemment
sur son
site, j'ai remarqué que l'ami François-Domnique
Fournier était en train de mettre en ligne
les textes de Massé sur L'énigme
de Jésus-Christ (voir ici : Clic
!).
Un de ces jours, il faudra vraiment que je prenne
le temps de lire attentivement tout cela.
Robert Ambelain reprend donc l'hypothèse de
Daniel Massé, qui fait de Jésus un fils
de Judas de Gamala (voir à ce sujet cet ancien
courrier). Ainsi que je le signale dans cette
correspondance, personnellement, je trouve cette théorie
assez séduisante… bien qu'elle soit aussi
hautement aventurée que largement improuvable
!
Je suis en revanche beaucoup plus sceptique quant
à cette idée de Daniel Massé
(et que Robert Ambelain ne partage pas) identifiant
Jean le Baptiste à un Jean, fils de Judas de
Gamala, et faisant de ce personnage le "prototype"
du Jésus "composite" des Évangiles.
En effet, si cette hypothèse est exacte, on
pourrait se demander pourquoi les rédacteurs
des textes évangéliques n'ont pas, tout
bêtement, "oublié" de mentionner
ce Jean. C'était la meilleure, la plus simple,
la plus économique et la plus efficace des
solutions pour éviter tout rapprochement entre
les deux personnages et garantir ainsi la pérennité
de leur fraude. Or, ce ne fut pas le cas ! Bien que
Jean-Baptiste les embarrassât au plus haut point
- parce qu'il fut incontestablement le précurseur
et le maître de Jésus -, les Évangélistes
n'osèrent "faire comme si" l'homme
du Jourdain n'avait jamais existé. Pourquoi
? Tout simplement parce qu'au moment où ils
rédigèrent leurs textes, le baptiseur
était au moins aussi connu que Jésus
et les communautés qui se réclamaient
de lui représentaient une concurrence sérieuse
pour les Églises chrétiennes : elles
étaient au moins aussi nombreuses, et les "Mandéens"
qui les composaient ne se gênaient pas pour
revendiquer haut et fort l'antériorité
de leur doctrine face à celle de ce Jésus.
D'ailleurs celui-ci n'avait-il pas sollicité
et reçu le baptême de Jean ?
Comme il était
tout simplement impossible de faire l'impasse
sur ce personnage incontournable, les propagandistes
chrétiens furent donc contraints de s'échiner
à démontrer que :le baptiseur
n'était que le "Précurseur"
de leur maître : selon eux, il avait lui-même
avoué sa subordination ("je
suis indigne de lui nouer ses sandales",
"il faut qu'il croisse et que je diminue",
etc).
Et puis il y a aussi Flavius Josèphe
!
L'on peut certes légitimement douter
de l'authenticité du texte des Antiquités
judaïques (livre XVII, IV) qui mentionne
Jésus (voir ici : Clic
!). En revanche, à ma connaissance,
personne n'a jamais remis en cause celle de
la brève notation relative à Jean
le Baptiste. Or, à première vue,
celle-ci n'évoque absolument pas une
quelconque parenté de ce personnage avec
Judas de Gamala. Jugez-en :
"À cause de Jean, dit «
le Baptiste », plusieurs Juifs crurent
que cette défaite de l'armée
d'Hérode (le Tétrarque,
contre son beau-père Arétas)
était une punition de Dieu, Ce
Jean était un homme très pieux
qui exhortait les Juifs à embrasser
la vertu, à exercer la justice, et
à recevoir le baptême après
s'être rendus agréables à
Dieu en ne se contentant pas de ne point commettre
quelques péchés, mais en joignant
la pureté du corps à celle de
l'âme. Ainsi, comme un très grand
nombre de gens le suivait pour écouter
sa doctrine, Craignant que le pouvoir de cet
homme n'excite quelque sédition, parce
que ceux qui le suivaient paraissaient prêts
à entreprendre tout ce qu'il leur ordonnerait,
Hérode crut devoir prévenir
ce mal afin de ne pas regretter plus tard
d'avoir trop attendu pour y remédier.
Il l'enferma donc dans la forteresse de Macheronte
(…), et les Juifs attribuèrent
la défaite de son armée à
un juste jugement de Dieu pour une action
si injuste." (Flavius Josèphe,
Antiquité judaïques,
XVII, 7).
Comme vous le voyez, à première
vue, il semble difficile de rapprocher le Baptiste
selon Josèphe, emprisonné à
Macheronte (pour y être exécuté
peu de temps après) sur ordre d'Hérode
Antipas, d'un Jean, fils de Judas de Gamala,
crucifié par les Romains pour s'être
révolté contre eux ! |
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Il n'en demeure pas moins vrai que, dans les Évangiles,
certains éléments présumés
de la vie du Baptiste apparaissent comme des doublets
de celle du Christ. Je pense en particulier au récit
de la naissance de ce Jean qui semble comme la préfiguration
(pour partie en négatif) de la Nativité
: dans les deux cas, un ange de Dieu intervient, mais
alors Marie est jeune et vierge, sa cousine Elisabeth
est vieille et stérile.
Tout cela relève de la construction littéraire.
L'auteur ne sachant probablement rien des circonstances
de la naissance du Baptiste (qui devait d'ailleurs
peu se différencier de celle du commun des
bébés de Judée), il a "brodé",
tout en ne perdant pas de vue son objectif, c'est-à-dire
insister sur le rôle de précurseur du
Baptiste.
Reste enfin l'attribution de l'Apocalypse
à Jean (selon Massé) ou à Jésus
(selon Ambelain)… Encore une hypothèse
aussi séduisante qu'aventurée !Mais
puisque je l'ai déjà évoquée
dans une correspondance ancienne, je me permets de
vous y renvoyer (voir ici : Clic
!) |
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