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Sommaire Juillet 2005 :
- 1er Juillet :
- Réforme du calendrier julien et réforme
grégorienne : Vincent remet les pendules à
l'heure ! : Clic !
- 5 Juillet :
- Quelques bonnes lectures sur les premiers temps du
christianisme : Clic !
- Comment distinguait-on tous ces empereurs qui portaient
le même nom latin ? : Clic
!
- Faute de maîtresses de Rome, quelques maîtresses
femmes… : Clic !
- Galba et le contre-pied du contrariant Juvénal
: Clic !
- Galba devait-il renforcer son Epéda multispires
? : Clic !
- Généralisation fâcheuse… ou
exception qui confirme la règle ? : Clic
!
- 7 Juillet :
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| 2e
PAGE |
- 7 Juillet :
- Le vin préféré de l'empereur
Probus ? Hongrois que c'était le Tokay…
: Clic
!
- 8 Juillet :
- Julien sur le pavois : à la mode d'Abraracourcix… ou
de Mérovée ? : Clic
!
- Réaction à ce courrier : Clic
!
- 16 Juillet :
- Le meilleur empereur : la médaille d'or du
pieux Antonin : Clic
!
- 22 Juillet :
- La mort en spectacle : Alexandre s'interroge sur les
combats de gladiateurs : Clic
!
- Un commentaire d'Eric TEYSSIER à propos
de la fréquence de ces combats : Clic
!
- 22 Juillet :
- La dernière décimation ? Celle de bataillons
d'Afrique sous Tibère ? : Clic
!
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| 3e
PAGE |
- 27 Juillet :
- Quid des relations diplomatiques sino-romaines sous
Marc Aurèle ? : Clic
!
- 30 Juillet :
- Jésus souffrit-il pour nous sur une croix façon
IKEA ? : Clic
!
- 31 Juillet :
- Villas dans les îles, lieux d'exil : Clic
!
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RECHERCHE
DANS LE SITE
"EMPEREURS ROMAINS"
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| 1er Juillet 2005 |
| Vincent
a écrit : |
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Je
m'appelle Vincent, je suis étudiant, pas en
histoire, mais cela ne m'empêche pas d'être
curieux ;-).
(…) Parfois un ou deux
points me chiffonnent un peu, des détails,
et mon tempérament de matheux m'amènent
à ergoter de façon (honte sur moi) peut-être
un peu mesquine.
Par exemple, il
y a sur certaines pages de votre site l'écho
d'un amalgame historique malheureusement extrêmement
répandu : "Réforme
grégorienne : pourquoi le pape GRÉGOIRE
XIII modifia-t-il le calendrier julien
?"
Or, il n'y a rien du tout à
voir entre la réforme du calendrier par Grégoire
XIII en 1582 et la Réforme grégorienne,
qui fut en fait au dixième siècle une
réforme de l'Église dans son entier,
amorcée par Léon IX et poursuivie par
d'autres, dont Grégoire VII (Dictatus papae,
1075) qui donne lui sont nom. Cette réforme
fut caractérisée par une lutte contre
la simonie et le nicolaïsme, un renforcement
considérable du pouvoir papal et, avec le temps,
corollaire du point précédent, une rivalité
avec le pouvoir impérial (Querelle des
Investitures), qui tourna d'ailleurs à
l'avantage du pape (Concordat de Worms en 1122). Comme
il est d'ailleurs mentionné quelque part sur
ce site, la Papauté sortait d'une période
noire où les rares papes ayant donné
un semblant de dignité à leur pontificat
étaient nommés par l'Empereur (dont,
notamment, l'étonnant Gerbert d'Aurillac-Sylvestre
II, le pape de l'An Mil qui est également mentionné
quelque part sur ce site, et aussi, ironie de l'Histoire,
Léon IX !).
Il convient de préciser
que cette confusion est courante et qu'une recherche
sur Internet de "Réforme grégorienne"
donnera probablement un lien sur deux en rapport avec
la réforme du calendrier. |
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| RÉPONSE
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| Je vous remercie vivement
de cette judicieuse remarque. Vous avez en effet mille
fois raison : faut pas confondre la réforme
du calendrier julien par Grégoire XIII
et la réforme grégorienne. Ne mélangeons
pas les torchons avec les serviettes", ni la
tiare pontificale avec la calotte du professeur Nimbus
!
Évidemment, il n'y eut d'autre réforme
grégorienne que celles des papes de l'après
l'An Mil. Celle qui aboutit à la trop fameuse
Querelle des Investitures puis, plus tard,
sous l'intransigeante férule du si mal nommé
pape Innocent, troisième du nom, à l'assez
calamiteuse tentative d'instauration d'une théocratie
pontificale. J'ai donc illico corrigé les malencontreux
libellés qui figuraient dans mon site.
Encore merci, et bravo pour votre sagacité
! |
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| 5 Juillet 2005 |
| Vincent
réécrit : |
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Je
vous récris pour plusieurs questions et remarques
qui me sont venues.
1.
Outre les mathématiques et l'Histoire pour
le plaisir, j'ai un autre centre d'intérêt
que vous semblez partager : le christianisme
à ses origines. Néanmoins,
l'image que j'en avais (moins redevable à
d'érudites lectures qu'à la conversation
brillante, il est vrai) était radicalement
différente à la fois de celle qui
ressort de votre site et de celle qu'on en perçoit
traditionnellement. J'ai donc à ce sujet
un reproche à vous faire : vous me rendez
extrêmement curieux d'en savoir davantage
!
L'Histoire traditionnelle
de l'Église des premiers siècles est
émaillée d'invraisemblances et vous
avez largement raison de les épingler, d'autant
qu'aujourd'hui encore, la voix docte très
haut élevant ses idoles, le catéchisme
raconte, thuriféraire, maint antique martyr
avalé par le fauve, les raisons recueillies
par nul chrétien auteur ! Du moins en était-il
ainsi de mon temps, et je ne pense pas que mes vingt
ans à peine sonnés fassent déjà
de moi un patriarche d'un temps révolu.
Puisque ma curiosité
est si bien aiguisée, je souhaiterais savoir
quels travaux d'historiens ont été
effectués dans le sens de vos propos, si
vous aviez des références
bibliographiques à me suggérer
à ce sujet, plus particulièrement
sur les temps antérieurs à 136.
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| RÉPONSE
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| Puisque
j'ai, semble-t-il, bien plus que le double de votre
âge, vous pouvez aisément imaginer qu'en
mes vertes années, l'étude de l'Histoire
sainte était encore nettement plus académiquement
traditionaliste qu'en les vôtres. En ce temps
(que les moins de trente ans ne peuvent
pas connaître) où l'autorité
des enseignants n'était ni contestée
ni contestable, le dogme historique des édifiantes
origines du christianisme, naissant telle une fleur
d'espoir du fumier méphitique de l'Empire romain
et indûment persécuté par des
tyrans démoniaques, nous était asséné
avec une force redoutable, qui ne tolérait
ni discussion ni contestation.
Personnellement, ce sont deux livres
qui m'ont permis de briser cet étouffant cocon
culturel : le Dictionnaire philosophique
de VOLTAIRE et Jésus ou le mortel secret
des Templiers de Robert AMBELAIN.
Si vous n'avez pas encore lu premier - ce dont je
doute, vu la riche culture littéraire que vos
mails manifestent - vous pouvez toujours jeter un
coup d'œil sur ses articles (peut-être
parfois un peu dépassés quant au fond,
mais qui n'ont rien perdu ni de leur mordant ni de
leur alacrité) à cette adresse Web :
www.voltaire-integral.com.
Pour le bouquin d'AMBELAIN, paru chez Robert Laffont
en 1972 (eh oui, quand je vous le disais : ça
ne nous rajeunit pas, tout ça !), si vous désirez
le lire, il faudra sans doute passer chez un bon bouquiniste
car je ne crois pas qu'il a été réédité…
Bien sûr, j'ai parfaitement compris
que ce qui vous intéresse, ce ne sont pas ces
vieilleries, mais des livres récents et sérieux
qui refléteraient certaines "thèses"
développées dans mon site… Mais
ça, c'est hélas, un peu plus compliqué.
Attention, cela ne signifie pas pour autant que je
ne me base que sur du vent, que je lance bêtement
des idées en l'air ! Au contraire, je suis
rarement le premier à énoncer certaines
hypothèses, même osées, sur les
premiers temps du christianisme. Le problème,
c'est que ces références sont très
éparpillées (tirées de nombreux
ouvrages dans un bel esprit d'éclectisme),
ou encore qu'elles sont enregistrées dans mon
cerveau si profondément et depuis si longtemps
qu'il m'est difficile de me souvenir où je
les ai pêchées.
Tout ce que jeux faire, c'est donc de
vous communiquer les titres de quelques-uns
des derniers livres que j'ai lus sur la question.
Étant bien entendu que, dans le meilleur des
cas, vous n'y détecterez que certains reflets
de mes opinions (d'ailleurs en évolution constante
; je me pose à moi-même plus de questions
que je n'ai de réponse) sur la naissance
du christianisme.
Voici ces bouquins :
- Geza VERMES, Enquête sur l'identité
de Jésus - Nouvelles interprétations,
Éditions Bayard, 2003
- Aux origines du christianisme,
textes rassemblés par Pierre GEOLTRAIN,
Éditions Gallimard, Folio Histoire,
2000
- André LAMA, Des dieux et des
empereurs - Mélanges romains,
Éditions des écrivains, 2002
Quoique ce livre concerne une période
plus tardive, j'ai bien aimé aussi
:
- Rudolf BRANDLE, Jean Chrysostome (349-407)
"Saint Jean Bouche d'Or" - Christianisme
et politique au IVe siècle, Cerf
Histoire, 2003.
Et aussi, parce qu'il faut accepter (et
se confronter) au discours de chrétiens
convaincus, tenants de l'historio-hagiographie
traditionnelle :
- Anne BERNET, Les Chrétiens dans
l'Empire romain, Éditions Perrin,
2003
- Alain DECAUX, L'avorton de Dieu, une
vie de saint Paul, Éditions Perrin
et Desclée de Brouwer, 2003.
Enfin, si vous aimez l'histoire romancée
:
- Gérald MESSADIÉ, L'affaire
Marie-Madeleine, Éditions J.-C.
Lattès, 2002
- Anne BERNET, Mémoires de Ponce
Pilate, Pocket 10718 (Plon, 1998).
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2.
Dans un courriel ancien, un lecteur se demandait
la nature des noms romains. Je ne crois pas inutile
de surenchérir sur la question : si
on se transmettait simultanément le nom,
le prénom et le surnom, comment fait-on pour
distinguer les différents membres d'une famille
? Chez les Julio-Claudiens, par exemple,
pourquoi l'un s'appelle-t-il Tibère, l'autre
Claude, le troisième Néron puisqu'en
fait ils s'appelaient tous les trois Tiberius Claudius
Nero (sauf Néron : Lucius Claudius Nero)
? De même pour Titus et Vespasien.
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| RÉPONSE
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| Comment
distinguait-on l'un de l'autre ces empereurs qui portaient
le même nom ?
Vous tombez à pic ! je viens
précisément de lire ceci dans l'un des
livres que j'ai actuellement "sur le feu"
:
“Dès
son avènement, Antonin affirma clairement
sa conception du pouvoir impérial en
prenant les noms d'IMP(erator) T(itus)
AEL(ius) CAES(ar) ANTONINVS
AVG(ustus). Il est le premier empereur à
avoir mentionné ses propres tria nomina
(T. Aelius Antoninus) d'homme prive en plus
des tria nomina officiels (Imperator
Caesar Augustus).
Fondateur du principat, Auguste
est désigné dans les documents
par ses seuls tria nomina officiels,
mais, depuis Tibère, cette indication
ne suffisait plus, car il fallait distinguer
les différents souverains. On se contenta
d'abord d'ajouter, avant le surnom officiel
Augustus, le prénom (Tiberius,
pour Tibère ; Caius, pour Caligula,
qui est connu aujourd'hui par son sobriquet),
le gentilice - le nom de famille - (Claudius,
pour Claude) ou le cognomen - le surnom
privé - (Néron, Vespasien, Titus,
Domitien, Nerva, Trajan, Hadrien) de chaque
Prince.
On reconnaissait l'empereur,
mais l'individu concret était avant tout
désigné par ses tria nomina
officiels et les attributs du pouvoir impérial
(puissance tribunicienne, grand pontificat…)
qui le plaçaient au-dessus des autres
hommes; officiellement, l'homme privé
s'effaçait en quelque sorte derrière
sa fonction.
En décidant cette innovation
importante, Antonin a fait un pas décisif
dans la voie de la personnification du pouvoir
impérial et de l'établissement
déclaré d'une véritable
monarchie. L'empereur n'est plus seulement un
lointain successeur d'Auguste chargé
de diriger le monde romain. Désormais,
en accordant une très grande place à
ses propres noms d'homme privé, il affirmait
son individualité, sa personnalité.
Il était l'empereur Antonin le Pieux.
Marc Aurèle et tous les autres empereurs
ont suivi cet exemple et indiqué leurs
noms privés. Ce n'est sans doute sans
doute pas un hasard." (Bernard RÉMY,
Antonin le Pieux, le siècle
d’or de Rome 138-161, Fayard, 2005) |
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3.
Une question plus ciblée : quelles
sont les femmes qui ont exercé le pouvoir
à Rome ? (Je sais que "Rome
veut un maître, et non une maîtresse",
mais Julia Moesa est là pour prouver qu'il
y eut des exceptions).
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| RÉPONSE
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| Évidemment
jamais aucune femme ne gouverna réellement
l'Empire romain. Comme vous le faites remarquer, les
Romains étaient trop machos pour accepter
qu'une femme eut (officiellement) autorité
sur eux.
Rome tomber en quenouille ? quelle horreur !
Il est cependant évident que de nombreuses
matrones, qui tirèrent en catimini les ficelles
de leur impérial pantin de fils ou d'époux,
auraient porté la toge bien plus dignement
que bien des césars.
On peut citer par exemple (liste non exhaustive) :
- Agrippine
la Jeune, épouse de Claude
et mère de Néron
- Julia
Domna, épouse de Septime
Sévère et mère de Caracalla
- Julia
Moæsa, grand-mère d'Élagabal
et d'Alexandre
Sévère, et Julia Soæmias,
mère d'Élagabal
- Julia
Mammæa, mère d'Alexandre
Sévère
- Salonine,
épouse de Gallien,
ne fut sans doute pas sans influencer son mari…surtout
si celui-ci fut aussi débile et incompétent
que ses adversaires le prétendirent (ce qui
est loin d'être prouvé)
- Zénobie,
évidemment… Cette reine de Palmyre
qui, au nom de son fils Vaballath, eût bien
voulu gouverner Rome, si elle l'eût pu…
et si Aurélien
l'eût laissé faire
- Sainte
Hélène influa certainement
sur la politique de son fils Constantin
ainsi que, peut-être sur celle de son époux
Constance Chlore
- Eusébie,
épouse de Constance
II est réputée pour son influence
positive et modératrice sur son époux
volontiers (et souvent à juste titre) paranoïaque
- Galla
Placidia, mère de Valentinien
III
Et puis, n'oublions pas non plus les impératrices
du IIe siècle. Toutes, dirait-on, furent dotées
d'un caractère bien trempé et d'une
forte personnalité : Plotine
(épouse de Trajan),
Sabine (épouse d'Hadrien),
Faustine l'Ancienne (épouse
d'Antonin le Pieux)
et Faustine la Jeune (épouse
de Marc Aurèle).
D'ailleurs celui-ci aurait dit un jour, en manière
de boutade - mais en était-ce réellement
une ? - qu'il ne tenait l'Empire qu'à titre
de dot, qu'il lui faudrait rendre s'il venait à
divorcer d'avec son encombrante Faustine (voir ici
: Clic
!). |
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4.
Vous remettez en cause la réputation que
Suétone et Tacite font aux Empereurs antérieurs
aux Antonins, arguant (ce qui me paraît tout
à fait justifié) que leur travail
d'historien était contaminé par leur
devoir de propagande. Néanmoins, si on lit
Juvénal (qui ne se prive
pourtant pas de traiter Trajan de "tribun
en chaleur", le seul empereur sur lequel
il porte un jugement favorable est Galba
("un grand citoyen"). Cela ne
conforte-t-il pas la perception traditionnelle qu'on
a de ces empereurs ?
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| RÉPONSE
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Je
ne vois pas précisément en quoi
l'avis - exceptionnellement positif - de Juvénal
sur Galba
conforterait la vision traditionnelle que l'on
a des empereurs qui précédèrent
les Antonins. Au contraire, puisqu'on ne reconnaît
communément à Galba que bien peu
de qualités publiques ou privées
(excepté un certain talent militaire)
et qu'il est généralement admis
qu'il fut un détestable empereur, l'opinion
(justifiée ou non) de Juvénal
à son endroit ne devrait-elle pas nous
inciter à ne pas prendre pour argent
comptant la légende noire des empereurs
Julio-claudiens
?
Cela précisé, il
est possible que si le satiriste affirme que
ce radin de Galba fut un "grand citoyen"
c'est uniquement parce qu'après les dérives
orientalo-hellénistico-monarchiques de
Néron,
cette vieille ganache réactionnaire avait
proclamé la restauration des "libertés
romaines", c'est-à-dire le retour
à l'Empire tel qu'Auguste
l'avait conçu. De plus, Galba avait également
anticipé la politique successorale des
Antonins
en adoptant Pison,
dont il avait voulu faire son successeur. "L'adoption
permettra de trouver à chaque fois le
meilleur empereur" aurait-il péroré
à cette occasion. Une phrase que Nerva
ou Trajan,
tout "tribun en chaleur"
qu'il fût, aurait pu reprendre à
son compte…
Personnellement, je connais mal
l'œuvre de Juvénal : du temps de
mes études classiques, nul prof respectueux
des lois et des bonnes mœurs n'eût
osé "polluer l'esprit" de jeunes
gens influençables avec des textes aussi
sulfureux. Cependant, d'aucuns, bien plus au
fait que moi, affirment qu'il ne faut pas nécessairement
prendre pour argent comptant toutes les "vérités"
que ce poète satirique assénait
à ses concitoyens : "Des critiques
ont mis en doute sa sincérité,
se sont demandés s'il (= Juvénal)
n'était pas, plutôt qu'un citoyen
indigné qui donne le fouet à son
époque, un rhéteur habile et de
très grand talent, prêtant une
forme artistique aux lieux communs moraux ayant
cours dans son milieu." (Léon
Thoorens, Panorama des Littératures,
vol 2, Marabout, 1966). |
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Cela expliquerait tant la critique de
Trajan que l'éloge de Galba. Le premier ne
fut certes pas seulement un soudard aviné et
libidineux, et le second fut tout sauf un honnête
homme et un grand homme d'état… Mais
c'était probablement ce qui se disait au "Café
du commerce du Forum", où l'on regrettait
systématiquement le "bon vieux temps"
et où l'on regardait de fort haut ces provinciaux
arrivistes qu'étaient les Flaviens (des banquiers
italiques !) ou les Antonins (des cul-terreux
espagnols !). "Mon pauf' Mossieu, voyez un
peu qui parle en maître de nos jours… On
ne s'est quand même pas débarrassé
des banquiers étrusques pour tomber sous la
botte de pieds-noirs échappés, pour
notre malheur, du fin fond de l'Ibérie ! Pauvre
Rome décadente ! Ah, ce qu'il nous faudrait,
c'est un nouvel Auguste, ou même un autre Galba
: il n'était peut-être pas très
décoratif, ce vieux schnock, mais pour remettre
au pas les zazous de Néron ou pour rogner les
soldes exorbitantes que réclament les soudards,
il se posait un peu là ! Enfin, c'était
le bon temps…" |
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5.
Enfin, cette curieuse citation de Suétone
à propos du même Galba : "Question
amour, il préférait les hommes ; et
encore, les voulait-il vigoureux et adultes",
note-t-il brièvement. (Douze Césars,
Vie de Galba, XXII)
"Et encore"
? C'est fort curieux, j'avais cru comprendre que
dans l'Antiquité, l'amour pour les jeunes
adolescents était considéré
comme moins déshonorante que l'amour des
hommes plus virils. "Douze ans, bel âge
qui m'enchante ! Mais l'enfant de treize ans a beaucoup
plus d'attraits ! Avec deux fois sept ans, vous
avez une fleur des amours plus exquise ! Encore
plus charmeur, celui qui va entrer dans son troisième
lustre ! Seize années, partage des dieux
! Dix-sept n'est pas pour moi, c'est réservé
pour la chasse de Zeus ! Si d'un gars plus âgé
encore on est épris, ce n'est plus jeux d'enfants,
c'est chercher la réplique." dit
le poète grec Straton.
Une traduction imprécise ? Une évolution
des mœurs ? Ou une différence entre
la Grèce et Rome ?
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| RÉPONSE
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| Galba
aimait les grands costauds baraqués ?
Chacun ses goûts, serais-je tenté de
dire. De gustibus et coloribus…
Je crois qu'ici encore, nous avons un
exemple de la malveillance de Suétone. À
mon avis, le biographe des "Douze césars"
voudrait surtout laisser sous-entendre que ce vieux
dégoûtant de Galba assumait le rôle
passif dans ses relations homosexuelles. Ce qui était
très mal vu à Rome où, en matière
d'homosexualité, l'âge comptait moins
que la position, au sens propre comme au
figuré (voir ici : Clic
! et Clic
!). |
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6.
Dans la réponse au mail
de Camille du 11 août 2003 (…) vous
écrivez : "Une majorité de
Français interrogés connaîtraient
les noms des Présidents de la Ve République…
Mais quid de ceux de la IVe ou de la IIIe République
? Et ne parlons pas de la liste des Rois de France
depuis Charlemagne jusqu'à Louis-Philippe
!"
Peut-être serez-vous
surpris d'apprendre que lorsque je n'étais
qu'un simple collégien, je connaissais
déjà (et pouvais réciter) la
liste des rois de France de Charlemagne
jusqu'à Louis-Philippe (qui, soit dit en
passant, n'était pas roi de France,
mais roi des Français), non parce
que je l'avais apprise, mais que les connaissant
un peu tous, je savais à qui chacun avait
succédé et qui il aurait pour successeur
! Certes, je ne connaissais pas (et je ne connais
toujours pas) tous les présidents de la République,
mais il y eut un temps où nos honorables
présidents ne marquaient pas vraiment l'histoire
et se contentaient, suivant l'expression chère
à De Gaulle, d'inaugurer les chrysanthèmes.
De plus, une succession d'élus est toujours
plus fastidieuse que des têtes couronnées.
Il y a d'ailleurs souvent moins d'anecdotes croustillantes
à leur sujet. Oui, je sais, il y eut Félix
Faure : "Il voulut être César,
il ne fut que Pompée".
Tout ceci pour affirmer qu'il
existe encore en France suffisamment de gens qui
étudient un peu l'Histoire de leur pays pour
qu'un enfant un peu curieux en connaisse tous les
rois ;-) !
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| RÉPONSE
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| Vous connaissez
la liste de tous rois de France ?
Bravo !… mais, honnêtement, dans votre
entourage, combien de personnes sont-elles capables
de la même performance ?
Vous savez, j'ai vu dans ma jeunesse,
dans une autre vie, il y a bien longtemps, des étudiants
de fac qui confondaient allègrement Charlemagne
et Charles-Quint et qui n'en sont pas moins devenus
profs d'histoire…. Depuis, vous comprendrez
que je nourris assez peu d'illusions sur la culture
générale de beaucoup de mes contemporains
! Voyez aussi par exemple (rien qu'en zappant, pour
le pas se "polluer l'esprit" bien plus gravement
qu'avec Juvénal !) la prestation de la plupart
des participants à des émissions du
genre de Qui veut gagner des millions ? ou
du Maillon faible. Si ces érudits-là
peuvent vous réciter la liste des rois de France,
moi je m'appelle Hugues Capet ! |
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| 6 Juillet 2005 |
| Ghislain
a écrit : |
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