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Mois 2005 (page 3/4)
Sommaire du mois de Mai : Clic
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| 15 Mai 2005 |
| Jacques
a écrit : |
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(…)
Je ne sais plus où exactement dans votre site
(voir ici : Clic
! et Clic
!), mais en réponse
à une question d'un de vos admirateurs, (qui
devait présenter une thèse quelconque)
vous faisiez état de ce que l'on avait peu
de preuves de "l'industrialisation romaine".
Je puis vous assurer (et démontrer) qu'il n'en
n'est rien.
On possède énormément de preuves,
mais bizarrement c'est un sujet que les historiens
négligent alors que souvent ce furent les raisons
principales de guerres d'annexions.
L'industrialisation romaine était énorme
pour l'époque et au même titre que pour
le plomb, les productions romaines de beaucoup d'éléments
(fer, bronze, coulée diverses etc, même
le zinc de Liège !) ne furent plus jamais atteintes,
si ce n'est dans les temps modernes.
La mémoire de ceci disparaît vite, je
veux dire pas plus de 10 générations
Même aujourd'hui des types ou valeurs s'évanouissent
Exemple Zaïre en 1980 500.00 T Cu : An, en 2005
20.000T, et prévu zéro d'ici 5 ans
Revenez dans deux siècles et parlez aux survivants
de 500.000 T !
Vous seriez étonné ! |
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| RÉPONSE
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| Je ne doute
pas que niveau d'industrialisation de la
société romaine fut plus élevé
que celui d'époques postérieures (Haut
Moyen Age, Moyen Age), et je ne disconviens pas que
certaines productions ne retrouvèrent leur
niveau de l'époque romaine qu'aux Temps Modernes.
Toutefois - et sans vouloir polémiquer (en
ces matières, je ne suis qu'un béotien)
-, je n'ai quand même pas l'impression que la
civilisation antique romaine correspond réellement
à ce que nous appellerions une société
industrielle, voire pré industrielle.
Malgré la splendeur des grandes
viles et le luxe étalé dans les habitations
des riches, il me semble qu'à peu près
partout dans le monde romain, l'économie de
subsistance restait la règle. Une énorme
partie de la main d'œuvre disponible était
affectée à une agriculture dont les
rendements nous paraîtraient dérisoires.
Les crises de subsistances (disettes locales ou générales)
fréquentes et meurtrières laminaient
fréquemment un prolétariat (urbain ou
campagnard) qu'une natalité perpétuellement
déclinante empêchait de renouveler. Et
il ne fallait pas trop compter sur les esclaves, de
moins en moins nombreux et de plus en plus spécialisés
au fil des siècles, pour libérer des
bras au profit de l'industrie : ils ne pouvaient
déjà suffire à remplacer les
ouvriers agricoles, décimés ou venus
gonfler, en désespoir de cause, la plèbe
des villes (une plèbe désœuvrée
et non harassée de travail comme celle des
cités ouvrières du XIXe siècle).
Dans un tel contexte socio-économique,
je vois mal comment une société industrielle
- ou préindustrielle - aurait pu émerger.
De l'artisanat, voire un artisanat puissant, d'accord.
Mais de la vraie "industrie capitaliste",
non !…
Cette société industrielle
aurait d'autant moins pu émerger que le contexte
socioculturel ne s'y prêter guère.
Lors d'un courrier échangé avec un autre
internaute (voir ici : Clic
!), j'avais eu l'occasion de citer un très
intéressant extrait d'un livre de Peter GREEN
relatif à cette problématique (en fait,
l'auteur évoque surtout l'époque hellénistique,
mais il reconnaît lui-même que - grosso
modo - son analyse vaut aussi pour la période
historique suivante, l'Antiquité gréco-romaine).
Je me permets de reproduire ci-dessous la suite (légèrement
condensée) de ce texte, plus explicite quant
au problème qui nous préoccupe. Je crois
qu'il devrait vous intéresser, même si
je subodore que vous ne souscrirez pas à toutes
les thèses de cet auteur pourtant "de
référence" :
"Nous
avons déjà eu l'occasion
de noter, dans différents contextes,
le mépris invétéré
de l'intellectuel grec (…)
pour les activités utilitaires
et mécaniques (…). Nous
avons aussi observé sa prédilection
affirmée pour la théorie
par rapport à l'application simple
et triviale. Nous avons là une
nouvelle explication de l'absence d'évolution
technologique du monde antique. Dans une
lettre aussi instructive que célèbre,
Sénèque critique Poséidonios
et Démocrite, qui attribuaient
aux intellectuels toutes les découvertes
capitales de l'humanité. Non content
d'affirmer avec véhémence
que de telles inventions ne pouvaient
qu'éveiller le mépris des
penseurs et devaient donc avoir pour auteurs
des artisans vulgaires et pragmatiques,
il n'hésite pas à condamner
tous les dispositifs destinés à
économiser la main-d'œuvre
et à ajouter au confort humain,
coupables à ses yeux d'encourager
le luxe et le sybaritisme. Or c'était
la corruption qui en résultait,
et pas autre chose, qui avait rendu les
lois nécessaires : l'idéal
devait donc être le retour à
l'âge d'or de la noble rusticité.
Rien ne nous autorise à penser
que Sénèque le millionnaire
plaisantait en rédigeant cette
fantaisie simpliste : sous une forme ou
une autre, cette thèse était
un article de foi pour la majorité
des gens instruits, au moins depuis le
IVe siècle avant J.-C.
Les Grecs n'avaient pas de mot pour
désigner ce que nous appelons un
« chercheur » ; le physiologos
était plutôt un philosophe
de la nature, et le développement
du savoir scientifique resta toujours
accessoire par rapport à ce qui
relevait, avant tout, de la spéculation
philosophique. Les méthodes quantitatives,
essentielles au vrai progrès scientifique
brillaient par leur absence. (…)
En raison de la domination d'une perspective
philosophique (comportant un puissant
élément moral), le jugement
d'évaluation remplaçait
trop souvent la mesure, le qualitatif
prenait le pas sur le quantitatif ; aussi
les expériences, même lorsqu'elles
existaient, avaient-elles tendance à
manquer à la fois de précision
et de méthode. |
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Il s'agit là d'une attitude fondamentalement
aristocratique, avec d'importantes connotations
sociopolitiques, et qui ne se limite en aucun
cas au monde antique. {…) Elle
repose, en effet, sur des valeurs sociales qui
restent liées à la terre, où
la seule source de richesse admise (si l'on
fait abstraction de la solution « héroïque
» consistant à piller les biens
d'autrui en temps de guerre) est de cultiver
son domaine personnel. (…) Propriétaire
foncier, guerrier, cultivateur, prêtre
: les occupations légitimes d'un homme
de bien étaient rares, et son état
idéal était celui du rentier oisif.
Plus tard, son champ d'activité fut élargi
à d'autres occupations par exemple la
philosophie ou la littérature qui ne
rapportaient pas un sou, et à deux au
moins. la politique et le droit, qui allaient,
officieusement, être des sources de profits
inouïs.
Faire du commerce ou travailler pour autrui
restait, dans l'ensemble, fort mal considéré.
(…) Les allusions frivoles de
Socrate aux cordonniers et aux ânes de
bât ou à d'autres sujets aussi
prosaïques sont considérées.
au mieux, comme excentriques et, en tout cas,
comme regrettablement vulgaires ; pourtant,
le mépris qu'il éprouve pour ces
gens-là est patent dès qu'il aborde
les affaires sérieuses du gouvernement.
Pour Aristote, il était « de mauvais
goût » d'étudier les méthodes
pratiques d'acquisition de biens. Cette attitude
se maintint, grosso modo, à travers toute
l'époque hellénistique et la période
gréco-romaine qui la suivit. Nous avons
déjà vu Archimède, le savant
sans doute le plus brillant et le plus créatif
de l'Antiquité, l'embrasser en toute
connaissance de cause. Si Archimède désirait
passer à la postérité,
c'était uniquement pour ses découvertes
théoriques (…).
Il suffit d'ajouter à cette disposition
ce que nous savons du gouvernement royal hellénistique
- particulièrement dans l'Égypte
ptolémaïque, ce domaine exploité
par excellence -, pour comprendre comment et
pourquoi la technologie se heurta à de
tels obstacles, malgré tout l'éclat
des découvertes scientifiques de l'époque.
De surcroît, la conception d'un ordre
universel immuable, embrassant tout, depuis
les corps célestes jusqu'à la
structure sociale, retira tout attrait au changement
- res novae dans tous les sens. Elle
conféra, en revanche, une valeur immense
à la stabilité et à la
permanence, (…).La structure
de l'existence était immuable : les savants
pouvaient l'interpréter et l'expliquer,
mais l'envie de transformer le monde (une envie
qui est au cœur de toutes les révolutions
modernes, post-coperniciennes, postindustrielles)
ne toucha qu'une infime minorité de philosophes
marginaux et impuissants.
Les grandes révoltes d'esclaves
elles-mêmes n'avaient aucun contenu idéologique
: l'unique objectif de leurs chefs était
de fonder une société parallèle
et libre, dans laquelle, indubitablement, ils
auraient eux-mêmes acquis, tôt ou
tard, leurs propres esclaves. En outre, si la
main-d'œuvre animée, servile ou
libre, animale ou humaine, pouvait se montrer
prodigue ou inefficace (d'une inefficacité
toute relative du reste : la majorité
des esclaves de l'époque hellénistique
et romaine étaient hautement qualifiés),
elle revenait beaucoup moins cher, à
court terme, que des investissements cauchemardesques
de capitaux. L'Antiquité avait parfaitement
compris que le vent, l'air chaud et la vapeur
constituaient des sources potentielles d'énergie
; mais elle ne les exploita pas et l'on comprendra
désormais pourquoi. Quant à l'énergie
hydraulique, son utilisation ne commença
à se répandre qu'à partir
du Ier siècle avant J.-C. Et, du début
à la fin, la scène fut dominée
par la force musculaire humaine et animale,
éventuellement attelée au cabestan,
à la charrue, à la charrette ou
à la trépigneuse. Le dispositif
le plus singulier de cette dernière catégorie
(qui ne date pas de l'époque qui nous
intéresse, mais je ne résiste
pas à l'envie de l'évoquer) est
le cabestan pivotant d'un navire du IVe siècle
après J.-C., engrené sur une roue
dentée transversale et un axe équipés
de roues à aubes extérieures,
et propulsé (comme autour d'une aire
de battage) par plusieurs paires de bœufs
attelées aux barres du cabestan.
(…)
Les riches propriétaires fonciers
avaient moins à cœur d'amasser des
biens que de les consacrer à l'achat
d'objets de luxe, de s'en servir pour favoriser
leur avancement politique ou de les utiliser
pour financer la guerre : or les investissements
de capitaux allaient directement à l'encontre
de ce but. De même, la priorité
de tous les nouveaux riches (…) était
d'acquérir de la terre. L'industrialisation,
au sens que nous donnons à ce terme,
était minime : les fabriques ne dépassèrent
jamais le niveau de l'industrie artisanale,
et la spécialisation était rudimentaire.
L'économie, fondamentalement, resta constamment
agricole, ses unités de production étant
le paysan, le bœuf et l'âne. L'unique
perspective d'un propriétaire rentier,
en plus et au-delà de sa marge de profit,
était une consommation tapageuse, et
la seule méthode connue pour freiner
ces dépenses était de serrer la
vis au moyen de lois somptuaires. (…)
Le système du mécénat
n'était pas, lui non plus, sans inconvénient.
Un risque éternel, aussi courant de nos
jours que sous l'Antiquité, était
la réticence à investir dans des
recherches qui n'étaient pas susceptibles,
à première vue, de produire des
profits rapides ou importants. Écrivant
au Ier siècle après J.-C., Pline
l'Ancien se plaignait amèrement - malgré
la générosité impériale
arbitraire - de l'absence de recherches originales,
de l'incapacité des hommes d'affaires
cupides et myopes à comprendre que l'accroissement
du savoir signifiait l'accroissement du profit.
Nous n'avons aucune raison de penser que les
conditions qui présidèrent à
la fondation du Musée étaient
différentes. (…)
Apparemment, personne n'avait donc de raison
valable d'essayer d'alléger le travail
ou d'accroître la productivité.
Ces deux objectifs auraient immobilisé
des capitaux qui pouvaient trouver des débouchés
plus plaisants ; le premier, au demeurant, risquait,
pensait-on, de provoquer le chômage et
la récession et, partant, l'agitation
sociale. Le Romain qui inventa le verre incassable,
fut, dit-on, exécuté avec son
secret par Tibère auquel il s'était
adressé dans l'espoir d'être récompensé
sous prétexte que si son invention se
répandait, le marché de l'or connaîtrait
un effondrement désastreux ! Comme le
dit Finley, le point le plus étonnant
de cette anecdote est que l'inventeur se soit
adressé à l'empereur en espérant
une gratification, au lieu d'essayer d'obtenir
un soutien financier pour se lancer dans la
production de ce verre incassable. (…).
On ne peut pas parler de pénurie
de capitaux : en fait, les capitaux étaient
simplement utilisés pour toutes sortes
de choses - travaux publics et défense
militaire avant tout au lieu d'être investis
dans la production à long terme.
Si l'on songe à l'abîme qui
séparait le savant plongé dans
ses recherches et l'artisan travaillant de ses
mains, on ne s'étonnera pas de découvrir
que de nombreuses inventions ne purent s'imposer,
faute de compétences techniques. Les
Grecs (nous entendons ici les médecins
ou les physiciens grecs) utilisaient peut-être
une grande variété de produits
chimiques et en comprenaient les effets; mais
leurs connaissances théoriques étaient,
on le sait, déficientes, car les applications
pratiques de la chimie (par exemple la métallurgie
et le vernissage des céramiques) relevaient
de la sphère utilitaire et méprisée
des artisans, et étaient à cent
lieues des théories post-empédocliennes
de la matière et de la forme. À
d'innombrables reprises, un mélange de
compétences inadéquates et de
motivations insuffisantes empêcha la mise
en pratique d'une idée d'avant-garde.
Le successeur de Théophraste à
la tête de l'école péripatéticienne,
Straton de Lampsaque, saisit parfaitement la
nature de la compression de l'air et celle du
vide et proposa des expériences pour
les démontrer. Mais le caractère
rudimentaire de la technique empêcha toute
exploitation de cette découverte. La
« turbine à vapeur » d'Hiéron
n'était qu'un jouet. On a longtemps attribué
l'impuissance des Grecs à inventer la
vraie machine à vapeur - alors même
qu'ils en possédaient tous les éléments
constituants - à l'absence de moyens
techniques leur permettant de tourner avec précision
et de couler des cylindres et des pistons métalliques
s'adaptant étroitement. Or cette hypothèse
est peut-être erronée : on a en
effet retrouvé, dans l'épave d'un
navire marchand du Ier siècle après
J.-C., quatre pompes refoulantes coulées
dans le bronze, dont le jeu entre piston et
cylindre ne dépassait pas 0,1 à
0,35 mm ; une fois graissées, leur rendement
atteignait plus de 95 % - ce qui suggère,
une fois de plus, que l'absence d'évolution,
dans le domaine pourtant capital des sources
d'énergie susceptibles de remplacer la
force musculaire humaine ou animale, tenait
à des raisons socio-économiques
plus que technologiques. Même le bateau
à aubes perfectionné que nous
avons décrit plus haut, une invention
hautement originale et d'une remarquable ingéniosité,
était mû par des bœufs.
La fusion du fer se heurta, elle aussi,
à des problèmes techniques. Bien
que nous sachions aujourd'hui que les fourneaux
à charbon pouvaient atteindre des températures
de 1.300° C au moins, au lieu des 1.150°
C maximum qu'on leur avait attribués
précédemment, il est hors de doute
qu'ils n'atteignaient pas les 1.540° C indispensables
à la production d'acier trempé
(…). Même les systèmes
d'engrenage relativement complexes inventés
par les savants hellénistiques se révélaient
souvent inopérants: les dents étant
faites une à une et à la main,
les imprécisions occasionnelles étaient
inévitables et suffisaient à bouleverser
les calculs théoriques les plus méticuleux.
(…)
Le mépris pour tout ce qui possède
une fonction utilitaire a évidemment
ses inconvénients, dont le premier est
une incapacité gênante à
aboutir à des résultats pratiques,
efficaces dans la vie quotidienne. L'éducation
hellénistique qui, au niveau secondaire,
se limitait largement à la littérature,
l'athlétisme et surtout la rhétorique,
ne pouvait guère y remédier. Le
monde grec, qui n'ignorait rien des principes
du levier et de la poulie, fut incapable d'imaginer
ne fût-ce qu'un outil aussi simple que
la brouette. Les méthodes de portage
humain étaient à peu près
aussi inefficaces que le harnais utilisé
pour les chevaux (essentiellement le même
que le harnais à bœufs), qui avait
tendance à glisser vers le haut et à
étrangler un animal lourdement chargé
et tirant avec énergie. La raison était
la même dans les deux cas : une indifférence
générale aux questions de rendement
et de confort du porteur.”
(Peter GREEN, D’Alexandre à Actium,
Robert Laffont, coll. Bouquins, pp. 519-526) |
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| Conclusion
de Jacques : |
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Vous
êtes extraordinaire : On vous envoie trois lignes
et se prend un bouquin entier sur le coin de la figure,
comme réponse.
Un bouquin bien charpenté, mais comme vous
le subodorez, je ne suis que partiellement d'accord.
Pour la période liée à la Grèce,
OK, on ne peut parler industrialisation. Mais pour
les Romains Entre 50 et 200 après JC c'est
une autre affaire.
Imaginez-vous ce que représente 60.000 T/AN
de plomb, ce que produisaient les Romains.
Que l'on appelle cela de l'artisanat, je veux bien,
pcq les procédés étaient simplistes
(mais pas si simple que cela) les rendements faibles
et la mort des esclaves en Espagne énorme.
Compte tenu des transports de l'époque c'était
un record ! (C'est d'ailleurs un défaut d'approvisionnement
qui accéléra la chute par la suite).
La première usine que
j'ai construite en Algérie, en 1968-1970, était
certes une industrie moderne, mais qui ne faisait
que 60000 T de plomb zinc ! avec 300 ouvriers là
ou les Romains en mettaient 2000 et/ou 5000. Vous
auriez dit aux Algériens qu'ils faisaient de
l'artisanat, vous auriez été bien reçu
!
Avez-vous calculé le
nombre d'épées et lances de tout poil
que ces robustes gaillards consommaient par an ? Même
les Bantous, qui ne sont franchement pas doués,
produisaient de l'acier à partir d'hématite.
Certes ce n'était pas Arcelor, mais on ne fit
pas plus , ni mieux pendant plus de 1000 ans, 1600
ans pour le plomb.
L'or c'est autre chose
c'était la référence monnaie,
l'or était natif.
Parlons un peu du bois. Vous
savez qu'une partie de l'Iran (zone de Yasd, ville
grecque au départ, la porte grecque existe
toujours) est devenue désertique à cause
des Romains , qui ont éliminés tous
les cèdres dits du Liban. Un de ces jours je
vous expliquerai le processus qui a conduit cette
région à la ruine, par voie de désertification
(Romaine par excellence), rien que pour construire
des bateaux.
L'écologie c'était pas le point fort.
On reparlera de tout cela et
de Yasd en particulier, quand vous aurez le temps,
c'est inouï !
En fait, leur immense force était d'être
parvenu à nourrir cette quantité d'esclaves
qui ne cultivaient pas
Mais le système était instable. |
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| 17 Mai 2005 |
| Sim
a écrit : |
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Je
cherche depuis quelque temps des infos
sur la statue d'Auguste de la
Prima Porta.
1. description
: où, quand, qui, pourquoi ?
2. description de la sculpture ...
3. Propagande ? (Sert-il à un
message politique ?)
4. Illustrations
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| RÉPONSE
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| J'ai moi-même
déjà eu l'occasion d'évoquer
cette statue - ou, plus spécifiquement,
l'angelot représenté aux
pieds d'Auguste - à l'occasion
d'une correspondance avec un autre sympathique
internaute (voir ici : Clic
!). Pour d'autres renseignements,
vous trouverez sur la Toile de nombreuses
pages qui vous renseigneront certainement
bien mieux que je ne pourrais le faire.
Voyez en particulier le site datamixer.free.fr
qui, à ce qu'il me semble, devrait
vous fournir la plupart des renseignements
que vous recherchez.
Je vous invite également à
visiter ces autres pages :
- Ac. Lille : Clic
! (photos et description de la statue)
;
- Ac. Orléans-Tours : Clic
! (une belle reproduction de la
statue) ;
- Café du Web - les Couleurs
du blanc : Clic
! (où l'on explique, qu'à
l'origine, cette statue était
richement peinte) ;
- Augustus, images of power : Clic
! (description de l'œuvre -
en anglais).
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| 19 Mai 2005 |
| Alexandra
a écrit : |
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Je
me demande s'il existe des ouvrages grecs ou latins
relatifs :
1) aux techniques
de combat individuel (une sorte d'équivalent
du Hagakuré japonais)
2) aux exercices corporels
(d'entraînement) nécessaires aux soldats
3) aux techniques de combat d'autres peuples
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| RÉPONSE
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| À ma connaissance,
le seul ouvrage de l'Antiquité romaine qui
traite des techniques de combat des légionnaires
est l'Epitoma res militaris de Végèce
(Flavius Vegetius Renatus - v. 379-395 ap. J.-C.).
Une traduction française de ce vénérable
texte est disponible sur le site remacle.org
: Clic
! (original latin : Clic
!).
Pour le reste, malheureusement, je ne dispose pour
ainsi dire pas d'informations sur les arts
martiaux pratiqués par les Romains
ou sur les techniques d'entraînement des légionnaires.
Je n'ai cependant pas l'impression que les Romains
connaissaient des disciplines martiales du genre de
celles que, de nos jours, les Japonais et d'autres
peuples orientaux ont diffusées dans le monde
entier. D'ailleurs, il y a quelque temps de cela,
un sympathique correspondant m'avait fait part de
son intention de créer une association destinée
à l'étude et à la pratique des
arts martiaux antiques. Cependant, n'ayant trouvé
aucune documentation pertinente sur de telles disciplines,
il avait dû se "rabattre" sur le pancrace
(un genre de boxe corsée) ainsi que sur l'entraînement
des légionnaires, et transformer son association
en groupe de reconstitution historique. (Voir : Clic
! et Clic
! - Voyez aussi cette réaction d'un autre
visiteur : Clic
!).
Je me permets encore, pour terminer, de vous signaler,
au cas où, ces quelques liens où vous
trouverez peut-être des renseignements utiles
à vos recherches :
- L'équipement des légionnaires romains
(par Michel Eloy) : Clic
!
- Bibliographie "les soldats de l'Antiquité"
(par Michel Eloy) : Clic
!
- Ressources en ligne pour l'armée romaine
: Clic
!
Et aussi (si les techniques de combat des gladiateurs
vous intéressent), sur le site, associé
et ami, Péplum
-Images de l'Antiquité :
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| 20 Mai 2005 |
| Bidzina
a écrit : |
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| Je
suis intéressée si vous connaissez, aux
Ier - IIIe siècles, des exemples de réunions
de chrétiens dans des chapelles appartenant aux
païens ? |
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| RÉPONSE
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| Voulez-vous savoir si
les premiers chrétiens se réunissaient
dans des temples païens ?
À première vue, cela ne paraît
absolument impossible ! Pour les chrétiens
des premiers siècles, le temple d'un dieu traditionnel,
c'était, tout bonnement, la caverne du démon,
le repaire de Satan, l'antre du Malin, la maison du
diable ! Il y avait là tout plein d'idoles
obscènes, profusion de représentations
triviales de pseudo divinités pornographiques
! On y commettait des rituels dégoûtants
: des orgies prétendument sacrées, des
mutilations soi-disant libératrices, des libations
"dionysiaques" à tomber ivre mort,
d'immondes sacrifices sanglants ! Bref, cela puait
la charogne, le sang et le stupre !…
Les chrétiens commencèrent donc par
se réunir chez le frère dont la maison
disposait d'une pièce assez vaste pour accueillir
la communauté. En réalité, le
lieu importait peu : l'Esprit Saint étant partout,
il pouvait souffler où il le voulait, et le
culte être célébré n'importe
où.
Ce n'est que vers la fin du IIe siècle (ou
le début du IIIe siècle) que les chrétiens
disposèrent de "maisons d'Église"
(en latin domus ecclesiae, c'est-à-dire,
littéralement, "Maison de l'Assemblée
des fidèles"). La plus ancienne de ces
églises primitives a été
retrouvée à Doura-Europos, dans la vallée
de l'Euphrate, en Syrie. D'après une inscription,
elle daterait de 232, mais elle aurait été
détruite dès 260, lors que la guerre
que mena l'empereur romain Valérien
contre les Perses de Sapor Ier. Seules certaines salles
du rez-de-chaussée avaient été
aménagées pour le culte. Pour le reste,
il s'agissait d'une maison syrienne "normale",
à plusieurs étages.
Du reste, à cette époque et jusqu'au
début du IVe siècle, l'aménagement
des lieux n'avait aucune importe. Aux yeux des fidèles,
la seule chose qui importait, qui avait une valeur
symbolique, c'était l'assemblée des
fidèles en elle-même, la communion
en Dieu et en l'Esprit. |
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