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Mois 2005 (page 2/4)

Sommaire du mois de Mai : Clic !

 
9 Mai 2005
Vanessa a écrit :
 

J'ai appris beaucoup de choses sur votre site, mais je me permets de relever, à toutes fins utiles, une petite erreur dans la rubrique qui concerne le mariage d'Octave et de Livie. Auguste ne deviendra grand pontife qu'en -12, et ne dirige donc pas ce collège au moment de son mariage.

Merci pour le reste !

 
 
 
RÉPONSE :
 

Effectivement, vous avez entièrement raison : Auguste ne devint Pontifex Maximus qu'à la mort de Lépide, en 12 av. J.-C. (voir ici : Clic !). À l'époque de son mariage avec Livie, il n'était encore que simple membre du collège pontifical.

Je vous remercie d'avoir pris la peine de me signaler cette erreur que je me suis empressé de corriger. Ça fait vraiment plaisir d'avoir affaire à des internautes aussi attentifs et perspicaces que vous !

 
 
 
12 Mai 2005
"G.N." a écrit :
 
Sur votre site, vous relatez l'inversion du fonctionnement de l'horoscope avec l'astrologie suivie par les anciens. Alors, dans la logique de votre écrit, nous sommes, après Gémeaux, Taureau et Bélier, dans le Poisson. Après le Poisson qu'y a-t-il ? Excusez-moi de mon ignorance, mais je ne suis pas sûr qu'il s'agisse du Verseau.
Ensuite, que signifie chacun de ces signes ? Comment les interpréter sans erreur comme vous l'avez si bien écrit ?
J'ai vu des représentations des Riches heures du Duc de Berry, mais sont-elles exactes et que signifient-elles ?
Merci d'avance pour vos réponses.
 
 
 
RÉPONSE :
 

C'est toujours un plaisir que d'avoir affaire à des internautes qui lisent attentivement ma modeste prose ! Toutefois, en l'occurrence, dans cette section de la notice biographique que vous mentionnez (Galba l'Antéchrist), je me contente de commenter - sans les partager - les thèses (à mon sens, très aventurées) de Jean-Charles PICHON. En effet, dans son (très controversé) Saint Néron, cet auteur relie la naissance du christianisme avec l'avènement de l'ère astrologique des Poissons.

Bon, moi, face à l'astrologie, je suis un peu comme tout le monde : par principe, je dis que ce sont des foutaises, mais cela ne m'empêche de jeter de temps à autre un coup d'œil sur mon horoscope !… Cependant, les Anciens, eux, y croyaient ferme, et je veux donc bien admettre que les premiers chrétiens, pour mettre toutes chances célestes de leur côté afin que leur secte triomphe, aient adopté progressivement un symbolisme adapté à nouvelle ère, celle des Poissons. En revanche, je peux difficilement croire à une action directe des astres, qui joueraient le rôle d'un genre de "super-conscience universelle" ; à un genre de "noosphère", style Teilhard de Chardin, qui régirait les hommes et leur imposerait de facto des comportements liés à une représentation symbolique (et non scientifique) du mouvement apparent du soleil dans la voûte céleste.

Bref, à mon avis, sur base d'observations empiriques et d'un raisonnement préscientifique, les hommes ont créé les signes du zodiaque, puis ont imaginé qu'ils se concilieraient les dieux en conformant leurs rites religieux à la symbolique qu'ils avaient inventée.
Astra regunt homines sed Deus regit astra (les astres régissent les hommes, mais c'est Dieu qui régit les astres).

astrologie

Tout cela pour vous dire que, si je puis bien vous confirmer que l'ère qui suit celle des Poissons est bien celle du Verseau, je n'ai absolument aucune idée de la signification astrologique de ce signe puisque je ne suis moi-même absolument pas féru d'astrologie.
J'ai bien peur qu'avec l'effet de serre, le réchauffement du climat, la diminution de la couche d'ozone, et toutes ces joyeusetés climatiques, cette ère du "Verse-eau" dans laquelle nous allons entrer (si ce n'est déjà chose faite) ne s'annonce pas sous les meilleurs "eau-spices"… Mais, si vous voulez mon avis, les astres n'y sont pas pour grand-chose !

Pour conclure, voici quelques sites internet qui tentent d'expliquer à quelle sauce nous devrions être mangés. Je ne garantis pas nécessairement leur caractère scientifique… :

  • L'ère du Verseau - Ésotérisme zodiacal : Clic !
  • Astrologie expliquée - l'Ère du Verseau : Clic !
  • Ère du Verseau, mythe ou réalité astrologique :Clic !
  • Ère du Verseau :Clic !
  • Les grandes ères et l'ère d Verseau : Clic !
  • L'Ère du Verseau, pour bientôt ? : Clic !
  • Les portes de l'Ère nouvelle - L'échéance 2012 : Clic !
    etc…
 
 
 
13 Mai 2005
Jean-Luc a écrit :
 
Jeune numismate, j'ai acheté un sesterce de LUCILLE.
Auriez-vous des renseignements sur celle-ci ? Je ne sais à quelle époque elle se situe, ni qui était son "mari" certainement plus célèbre.
Merci de votre aide.
 
 
 
RÉPONSE :
 

Cette Lucille n'est certes pas une inconnue. Je dirais même plus : elle est devenue illustrement célèbre dans le monde entier grâce à l'excellent film Gladiateur de Ridley Scott (voir ici : Clic !), où elle était incarnée par l'actrice Connie Nielsen.

Pour faire bref, Lucille (en latin : Lucilla) était l'une des nombreuses filles de l'empereur-philosophe Marc Aurèle (161-180) et de l'impératrice Faustine la Jeune. (À propos des nombreux enfants de ce couple pourtant mal assorti, voyez ici : Clic ! et Clic !). Elle était donc la sœur de l'empereur Commode (180-192), fils et successeur de Marc Aurèle.

Lucille épousa d'abord Lucius Verus, qui fut un moment co-empereur avec Marc Aurèle. Devenue veuve, elle convola avec un certain Claudius Pompéianus. Ensuite, accusée d'avoir comploté contre son impérial frère Commode, elle fut d'abord exilée à Capri puis exécutée (vers 183).
(Sur Lucilla, voyez encore ici : Clic ! - Pour des représentations de monnaies à son effigie : www.wildwinds.com).

 
lucilla
 
 
 
14 Mai 2005
Gricca a écrit :
 

Objet : Sur la villa impériale de Castel Gandolfo

En réponse à l'email de Benoît du 27 avril, sur la villa impériale romaine de Castel Gandolfo, il ne s’agit pas d’une villa de Vespasien, mais celle, grandiose, que son fils cadet Domitien (81-96) fit aménager près de la « via Appia », sur le versant ouest du lac cratère d’Albano, nécessitant d’ailleurs de grands travaux de terrassement.

Le noyau central de la villa était constitué du palais, de l'hippodrome, du théâtre, de cryptoportique et de citernes.
On pense que cette villa fut réalisée par le grand architecte du règne le seul connu, Rabirius, maître d’œuvre du palais impérial de Domitien sur le Palatin à Rome. Grâce à Martial, on connaît six autres villas de Domitien à Tusculum, Antium (Anzio), Caieta (Gaète), Circei (Circeo), Anxur (Terracine) et Baiae sur la baie de Naples. Mais la villa Albaine fut sans doute la première acquise par Domitien et celle où le prince résida le plus souvent, ce qui entacha la réputation du lieu d’où émanaient les ordres du tyran, si bien qu’après son assassinat au Palatin à Rome, la villa fut délaissée par ses successeurs. Seul Septime Sévère s’y intéressa car il fit établir à côté le casernement de sa légion Parthica et un amphithéâtre. La propriété de ces lieux constitua la "massa Caesariana" qui est mentionnée comme possession du Patrimoine de Saint Pierre sous le pape St Grégoire II (715-731). Les ruines de la villa sont encore visibles dans les magnifiques jardins de la villa Barberini, résidence actuelle d’été des Papes à Castel Gandolfo et territoire du Vatican, d'où la difficulté d'y accéder et d'étudier le site.

domitien

Par contre Vespasien et son fils aîné Titus avaient leurs villas un peu au-dessus de la « via Salaria» (la route du Sel et pas du Salaire) qui remontait la vallée du Velino, en Sabine (d’où ils étaient originaires). Elles se trouvaient à Aquae Cutiliae (auj. Terme di Cotilia à l’est de Rieti), près du lac sacré de Paterno, admiré par Sénèque. Grâce aux Flaviens, cette localité devint, un véritable centre thermal touristique, réputé pour ses abondantes sources d’eaux acides, sulfureuses et ferrugineuses connues pour leur qualité thérapeutique. En témoignent les restes des villas dites des empereurs Vespasien et Titus et les écrits (allons-y par ordre alphabétique !) de Caton, Celse, Denis, Festus, Macrobe, Pline, Sénèque, Tite Live, Varron, Virgile et Vitruve (ouf !). Vespasien venait passer chaque été aux eaux de Cutiliae et c’est là qu’il mourut au tout début de l’été 79. Titus y mourut aussi à la fin de l’été 81. Ces sources sulfureuses virent, sous l’empereur Trajan (qui lui appréciait sa villa d'été de Centumcellae aujourd'hui Civitavecchia au bord de la mer), le martyre de l’évêque d’Amiterne (à l’Ouest de l’actuelle ville de L’Aquila dans les Abruzzes), Victorin (en italien Vittorino). Il resta en effet suspendu au-dessus la tête en bas pendant 3 jours avant de rendre l’âme et d’être honoré comme martyr (fête au 5 septembre de l’ancien martyrologe romain).

Comme autre référence sur la villa de Domitien on trouve deux articles en anglais dans « Les Années Domitien - Pallas revue d’études antiques - Presses Universitaires du Mirail 1994 » celui de Robin Darwall-Smith « Albanum and the villas of Domitian » pages 145 à 165 (avec plan de la villa à la page 149), et celui de Brian W. Jones « Domitian and the Court » en particulier les pages 332 et 333 au chapitre « The Court à Alba ». On peut ajouter en anglais « Domitian Tragic Tyrant » de Pat Southern - Routledge 1997 - en particulier « l’Appendix Domitian as builder » avec plan de la villa page 131, enfin pour situer l’époque citons « La Rome des Flaviens : Vespasien, Titus, Domitien » de Catherine Salles -Perrin 2002, et sur l’empereur Vespasien, la traduction en français du « Vespasien » de Barbara Levick - Infolio éditions 2002.

GRICCA

 
15 Mai 2005
Gricca réécrit :
 

Complément d'info : Les villas des premiers Julio-Claudiens

[EXTRAIT du site italien www.romaeterna.org (sur lequel ont trouve une carte et des photos des villas)]

Voici rapidement quelques grandes villas (par ordre alphabétique et entre parenthèse le nom actuel avec celui de la province) du Latium et de Campanie (en dehors de la zone urbaine et suburbaine de Rome) entrées dans le patrimoine personnel de l’empereur et dont les premiers Julio-Claudiens purent bénéficier :

  • Antium (Anzio - Rome) : une des résidences de la famille Julienne, près de laquelle naquirent Caligula et Néron, ce dernier d’ailleurs l’agrandit de façon grandiose.
  • Astura (Torre Astura - Rome) : villa impériale fréquentée par Tibère et Caligula, c’est du port d’Astura que ce dernier leva l’ancre sur une quinquérème peu de jours avant son assassinat.
  • Capreae (Capri - Naples) : L’île était la propriété d’Auguste qui y fit construire une villa maritime, ce qui n’empêcha pas Tibère d’ériger plusieurs autres villas dont la très célèbre Villa Iovis.
  • Misenum (Miseno - Naples) : Lucullus s’y fit construire une splendide villa maritime qui passa dans le domaine impérial, c’est là que mourut Tibère.
  • Pontia et Pandataria (Ponza e Ventotene - Latina) : Ces îles étaient la propriété d’Auguste qui y construit deux luxeuses villas maritimes qui servirent aussi d’exil doré à quelques-uns de ses descendants.
  • Spelunca (Sperlonga - Latina) : cette villa maritime fut fréquentée par Tibère, c’est là alors qu’il banquetait dans une grotte-nymphée qu’il risqua d’être enseveli sous un éboulement.
  • Tusculum (Tuscolo - Rome) : cette localité proche de Rome dans les agréables collines au sud-est de la capitale était la résidence estivale de nombreuses grandes personnalités romaines dont Tibère qui y avait sa propre villa.

Sur les villas romaines et le paysage aquatique voir le site : xxi.ac-reims.fr/fig-st-die

GRICCA

 
 
 
14 Mai 2005
Jean-Luc réécrit :
 
Je suis encore à la recherche d'une femme : après Lucille (…), CRISPINE !
J'ai trouvé grâce à un site d'identification de monnaie, qu'elle a vécu vers les années 181. donc je me suis empressé de regarder les bios des personnages de cette époque mais je n'ai rien trouvé à COMMODE, ni à MARC AURÈLE, ni AVIDIUS CASSIUS.
Pourriez-vous m'éclairer de vos lanternes ?
 
 
 
RÉPONSE :
 

Crispina (en français, Crispine), fut l'épouse de l'empereur Commode. Elle fut donc également la belle-sœur de cette Lucille dont nous avons parlé précédemment.

Ne vous étonnez pas de n'avoir pas trouvé grand-chose sur la Toile à son sujet, car, à mon avis, on ne sait presque rien d'elle.
De son nom latin complet, cette gente dame s'appelait Bruttia Crispina, et était issue d'une noble famille, proche de la famille impériale. En 177, elle épousa Commode, qui n'était encore, à cette époque, que prince héritier (son père, l'empereur Marc Aurèle vivait encore). Ensuite, elle connut un destin similaire à celui de Lucille : impliquée dans un complot, elle fut exilée, puis exécutée vers 183.

(Pour plus d'infos sur Crispina, ses origines, sa beauté, sa vie et les motifs de sa condamnation à mort, je vous invite à lire cet article de Gricca, un des plus fidèles correspondants de ce site : Clic !)

 
crispina
 
 
15 Mai 2005
Jean-Yves a écrit :
 

(…) Je vous écris pour vous demander un recentrage de l'ossature de votre site sur d'autres empereurs romains/consuls significatifs. Vous dites vous-même que les empereurs "byzantins" sont injustement oubliés, relent d'une partie orientale de l'empire qui avait cessé d'être romaine effectivement. Mais avant l'orientalisation avérée d'un empire grec et orthodoxe, le Latin avait cours et le paganisme finissant va survivre encore un siècle avant que l'édit de Justinien ne lui tranche définitivement la tête et ne "ferme" l'Antiquité.

De plus, dire que Julius Nepos est en réalité le dernier empereur romain revient à légitimer ce regard justement de l'Orient quant à la romanité de l'Empire, moribond uniquement à l'Est, et il m'est de citer Marcien comme un empereur parfaitement latinisé qui est selon moi, le dernier empereur romain significatif. Justinien n'a fait que puiser dans les recettes de l'État qui avaient été largement remplies par Marcien pour justifier de ses conquêtes à l'Est. Je trouve donc vraiment dommage que vous ne parliez pas de ces empereurs romains jusqu'au dernier Consul romain, l'eunuque Narsès.

La romanité est un dynamisme qui n'a pas d'âge, un Saint-Empire romain germanique s'en revendique jusqu'aux papes et même le dernier Benoît XVI dans une idiosyncrasie toute païenne et très peu chrétienne. Cela étant, il y a une véritable continuité jusqu'à Narsès, 95 ans qui est le dernier défenseur de la romanité. Vous qui aimez l'histoire romaine, vous devez en parler dans votre site et ne pas arrêter l'étude à cet insignifiant Romulus Augustule ni aller jusqu'à ces querelles byzantines qui sont le reflet d'un Moyen Age oriental bien spécifique, là je suis d'accord.

 
 
 
RÉPONSE :
 

Vos arguments en faveur d'une extension de l'objet d'étude de mon site internet au premier siècle de ce qu'il est convenu d'appeler l'Empire byzantin (sinon d'un "recentrage" sur cette période) ne manquent pas de poids. Je ne puis en effet disconvenir que, tel qu'il se présente actuellement, ce site peut apparaître boiteux. De quel droit, en effet, exclure de l'histoire romaine les premiers empereurs romains de la partie orientale de l'Empire romain ? Comment comprendre l'action (ou plutôt l'inaction) des fantoches qui régnaient sur l'Occident sans rien dire de la politique de ceux qui, à Constantinople, tiraient véritablement les ficelles de ces pantins (ou moins une partie d'entre elles) ? Comment ignorer la reconquista de Justinien ? Pourquoi occulter la romanité qui subsista longtemps en Orient ? etc…

C'est vrai, pour être cohérent, il faudrait parler de tout cela…
Je n'ai d'ailleurs jamais exclu de le faire. Jamais, je n'ai repoussé l'idée de prolonger - ou, si vous préférez, de "compléter" - mon site par les biographies des basileus de Constantinople (au moins celles des premiers d'entre eux), ou par celles des principaux souverains mérovingiens et carolingiens, ou encore par celles des premiers papes. Bref, par l'étude de personnages impliqués, à un titre ou à un autre, dans ce que vous appelez "le processus de romanité".
Mais si l'envie est là, si la bonne volonté ne fait pas défaut - et même si quelques ébauches de textes se trouvent déjà "dans mes cartons" - le temps de concrétiser ces projets me manque cruellement.

Étant seul à gérer ce site (un choix que j'assume et revendique), je suis actuellement déjà contraint, faute des temps, de sacrifier à la gestion quotidienne d'un courrier des visiteurs, de plus en plus abondant et "pointu", l'exécution de travaux pourtant très nécessaires (étoffer des notices existantes mais par trop laconiques, vérifier et compléter les liens figurant au bas de chacune des notices, rationaliser la section courrier, intégrer un moteur de recherche).
Souvent débordé alors même que je travaille déjà presque à plein temps sur ce site (ainsi qu'au site associé Péplum - Images de l'Antiquité de Michel ELOY, mais dont je suis également le webmaster), comment pourrais-je donc raisonnablement envisager de succomber à cette tentation byzantine que vous brandissez à nouveau devant moi ?

Le bon sens me commande d'essayer d'abord de terminer ce que j'ai entrepris il y a maintenant cinq ans, c'est-à-dire l'étude des empereurs romains, d'Auguste à Romulus Augustule. Ensuite, on verra…