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Avril 2005 (page 5/5)
Sommaire du mois d'Avril : Clic
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| 24 Avril 2005 |
| Gricca
a écrit : |
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Lépouse
et la fille de Dioclétien étaient-elles
païennes ou chrétiennes ?
Pendant très
longtemps les œuvres dEusèbe de
Césarée servirent de base pour lhistoire
de lépoque de la Tétrarchie, même
après la découverte en 1678 dans les
réserves du monastère bénédictin
de Moissac (Tarn et Garonne) dun manuscrit,
un codex en minuscule de la fin du XIe siècle
appelé depuis Colbertinus, contenant le traité
« De la mort des persécuteurs »
dun contemporain de la Tétrarchie, le
chrétien Lactance originaire dAfrique
du Nord. Son récit, daté approximativement
de 320, considéré comme fiable malgré
son orientation tendancieuse, a mis longtemps à
simposer et pourtant il est le seul qui nous
renseigne sur lépouse de Dioclétien
et nous livre son nom : Prisca.
En écartant
lhérédité dans la construction
de la Tétrarchie, les femmes devenaient un
enjeu politique important surtout comme moyen de renforcement
des liens entre les empereurs, ainsi Dioclétien
avait donné en mariage sa fille unique Valérie
à son César Galère
en 293. Lactance essaie de récupérer
les épouses des persécuteurs pour en
faire des chrétiennes ou sympathisantes.
Juste
avant le début de la persécution
contre les chrétiens durant lhiver
302-303, Dioclétien ordonnait à
son entourage de sacrifier aux Dieux de Rome et,
souhaitant montrer à tous que même
les épouses des empereurs participaient
à la politique religieuse de lempire,
il obligeait sa femme Prisca et sa fille Valérie
à sexécuter les premières,
ce quelles firent. Par ce geste spectaculaire
qui eut probablement une grande efficacité
propagandiste, non seulement les deux femmes écartaient
tout soupçon dêtre chrétiennes,
mais elles donnaient aux autres dames romaines
lexemple à suivre, la voie de la
conformité à prendre.
Ont-elles, chrétiennes, été
forcées et contraintes à sacrifier
comme veut le laisser croire Lactance ? Ou, au
contraire, païennes, ont-elles volontairement
apporté leur soutien à la politique
de leurs époux ?
Cette dernière hypothèse semble
la bonne car, à labdication de Dioclétien
en 305, Prisca ne le suivit pas dans sa retraite
de Salone en Dalmatie, préférant
rester à la cour auprès de sa fille
et de son gendre Galère, persécuteur
acharné des chrétiens.
Valérie est la seule impératrice
représentée sur le monnayage de
la Tétrarchie. Elle n'apparaît toutefois,
tardivement, quaprès la conférence
de Carnuntum du 11 novembre 308, et disparaît
à la mort de Galère, en mai 311.
Elle est représentée, sous le nom
de Galeria Valeria Augusta, avec un diadème,
parfois drapée dun vêtement
très ornementé décorée
de fils dor et gemmée. Les monnaies
nous la montrent avec un visage solide, presque
masculin, avec une grande mâchoire et un
menton proéminent, tout à fait dans
le style standard des portraits des Tétrarques.
Son physique réel devait probablement être
autre. Sur les revers des monnaies cest
Vénus victorieuse qui est à lhonneur,
donc la tradition païenne. |
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[ Sur le portrait
de Galeria Valéria, voir le très beau
site de portraits monétaires www.romancoins.info,
ou encore le site en anglais hwww.forumancientcoins.com
]
Lorsque quen
311, Galère, malade, revint sur sa politique
envers les chrétiens par un édit de
tolérance et en confiant avant de mourir sa
famille à la protection de son ami Licinius,
plutôt bienveillant envers les chrétiens,
on a voulu y voir linfluence de Valérie.
Mais, encore une fois, il semble que non, car les
deux femmes préférèrent rester
à Nicomédie où vint rapidement
sinstaller, pour y résider en 311-312,
Maximin Daïa,
le neveu de Galère, qui ne passait pas pour
un tendre envers les chrétiens. Lune
de ses premières idées fut de demander
à Valérie de lépouser,
espérant ainsi gagner du prestige en sunissant
à la fille de Dioclétien et veuve de
Galère, et aussi probablement intéressé
par la richesse de celle-ci qui possédait de
nombreux biens. Il se disait prêt à quitter
sa jeune femme pour cela [ Timothy D. BARNES pense
que Maximin, neveu de Galère, avait dû
épouser une de ses cousines, (Faustina ?),
petite-fille du même Galère, ce qui complique
un peu plus les relations matrimoniales entre les
tétrarques ]. Devant le refus de Valérie,
Maximin, vexé et déçu, réagit
avec haine et fureur en faisant exiler Valérie
et sa mère Prisca dans un village du désert
syrien. Les démarches du vieux Dioclétien,
alerté au fond de sa retraite dalmate, ne purent
obtenir leur libération. Maximin fit même
exécuter à Nicée quatre nobles
dames, proches amies de Valérie, dont une vestale
et sa mère. Seule la guerre civile qui éclata
entre Maximin et Licinius, et qui coûta la vie
au premier en 313, permit aux deux femmes de séchapper
et, sous un déguisement, de tenter de gagner
la retraite de Dioclétien. Mais la mort de
ce dernier les laissa sans refuge et, après
avoir erré de ville en ville, les deux fugitives
furent reconnues sur une place de Thessalonique, arrêtées,
et aussitôt décapitées avant que
la foule, qui avait autrefois vénéré
leurs impératrices, ne réagisse en leur
faveur. Les corps seront jetés à la
mer (comme chez les martyrs chrétiens pour
les soustraire à la vénération).
Leur exil par Maximin, leur longue errance qui dura
15 mois, leur traque et leur exécution en 315
par Licinius, renforcèrent chez les chrétiens
lidée de martyres des deux impératrices
et, après que la veuve de Maximien, Eutropie,
se fut convertie au christianisme vers 324, il sera
encore plus facile de laisser croire que les trois
épouses des derniers grands persécuteurs,
Dioclétien, Maximien et Galère, furent
toutes chrétiennes. En réalité
Prisca et sa fille Valérie étaient païennes
et devaient partager les mêmes idées
que leurs maris, même si elles purent avoir
des sympathies pour les chrétiens de leur entourage,
assez nombreux à la cour au début du
règne de Dioclétien.
Lacharnement contre les deux femmes relevait
de raisons purement politiques. Malgré une
union de 18 ans, Valérie, nayant pu avoir
denfant de Galère, avait adopté
et soccupait du fils naturel de ce dernier,
Candidien, et celui-ci représentait un candidat
potentiel à lempire bénéficiant,
par lintermédiaire de Prisca et surtout
de Valérie, du soutien dune bonne partie
des anciens amis et courtisans de Dioclétien
et de Galère.
Il est bien malencontreux,
alors que, sur cette période, la plupart des
sources écrites contemporaines ont disparu,
que le traité de Lactance soit tombé
aussi rapidement dans loubli, à tel point
que des textes tardifs ignoreront le nom de Prisca.
Dans le Liber
Pontificalis (61 : 6), il est mentionné
que le pape Vigile sattendait à être
convoqué à Constantinople (en 547)
par le très pieux couple impérial, Justinien
et Théodora, mais quil a trouvé
un Dioclétien et Eleuthéria, cest-à-dire
un couple persécuteur et païen (ici
sous entendu hérétique, le pape et lempereur
étant alors en désaccord sur la question
dite des Trois Chapitres). Le nom de lépouse
de Dioclétien dans ce document officiel tardif
nest confirmé nulle part, mais lon
peut y voir un rapprochement entre le nom de lempereur
persécuteur et le nom du martyr Eleuthère
(mentionné au 2 octobre dans lancien
Martyrologe Romain), un soldat accusé,
avec bien dautres chrétiens, davoir
mis le feu au palais impérial de Dioclétien
à Nicomédie.
Il est quand même intéressant de noter
que le nom de la femme de Dioclétien, même
sil y a erreur dessus, est joint à celui
de son mari dans le souvenir du dernier grand persécuteur
païen des chrétiens.
A linverse, les actes légendaires de
St Marcel et de Ste Suzanne nous racontent que Ste
Suzanne, originaire de Dalmatie, était la fille
du prêtre Gabinius et nièce du pape
Caius, cousins de lempereur Dioclétien.
Convertie au christianisme, comme son père
et son oncle, elle fit vu de virginité
pour se consacrer à Dieu. Dioclétien
pour se lier au mieux à son fils adoptif Galère,
lui promit Suzanne comme épouse. Cest
alors quintervient Séréna, lépouse
de Dioclétien, qui avait secrètement
embrassée la foi chrétienne, pour conforter
Suzanne dans sa volonté de rester vierge. Dioclétien
irrité obligea alors la jeune fille à
adorer un simulacre de Jupiter et, devant son refus,
il la fit décapiter chez elle.
Face aux critiques, la tradition a trouvé une
réponse à cette inconnue de Séréna
: elle serait la première épouse de
Dioclétien avant que celui-ci accède
à lempire. Quand son mari découvrit
sa foi, il nhésita pas à la répudier,
craignant que la présence dune chrétienne
à ses côtés ne préjudicie
à sa carrière politique. Plus tard lépouse
répudiée de lempereur aurait témoigné
sa foi par le sang, probablement durant la persécution
déclenchée par son ex-mari, à
travers laquelle en revanche passèrent, saines
et sauves, la fille Valérie et la seconde épouse
Prisca. Le martyre de Sainte Séréna,
inséré dans le Martyrologe dAdon
archevêque de Vienne ( 875), passa dans
lancien Martyrologe Romain au 16 août
(il a été supprimé de nos
jours). Mais, selon dautres sources, Sainte
Séréna aurait terminé ses jours
en exil à Foglia, (commune de Magliano Sabina)
sur le Tibre au nord de Rome. On constate que la réalité
historique a été grandement déformée
et enjolivée pour parvenir à un roman
situé à Rome, alors que Dioclétien
résidait à Nicomédie en Asie
Mineure où, daprès Lactance, il
fit, dans sa passion de bâtisseur, construire
pour sa femme et sa fille une maison à chacune.
Pour des informations
sur Galeria Valeria voir le site en anglais : www.crystalinks.com/
GRICCA
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| 26 Avril 2005 |
| Simon
a écrit : |
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(…)
En parcourant la correspondance
de votre site, je suis tombé sur la question
suivante (voir ici : Clic
!) :
"Je suis à
la recherche d'une illustration de la couronne
de laurier de César et si possible la signification
de cette couronne"
À votre
réponse, j'aimerais aussi ajouter que Caius
Julius Caesar a reçu la couronne civique
lors du siège de Mytilène pour sa bravoure
au combat. Il aurait en effet sauvé (ou contribué
à sauver) la vie de plusieurs citoyens romains.
Une fois la couronne reçue, un citoyen peut
la porter quand bon lui semble en public et tous se
doivent de l'applaudir à son passage. César
à dû apprécier le privilège
et je ne serais pas surpris qu'il en ait profité
au maximum, ce qui explique qu'on l'a souvent montré
avec sa couronne (pas forcément de laurier,
réservée au triomphe) sur la tête.
On le dépeint souvent avec la couronne avant
même qu'il ait reçu son premier triomphe
à son retour des Gaules…
Il ne faut pas non plus confondre
la couronne civique avec la couronne d'herbe remise
à un général victorieux par ses
soldats après une bataille qui, elle, n'a aucune
valeur juridique, civile ou militaire (mais est par
contre hautement symbolique).
Une autre anecdote veut qu'il
ait dû porter sa couronne en public en tout
temps sur l'ordre de Sylla, qui, dans une dernière
"vacherie" à son égard, a
trouvé le moyen ultime de toujours se rappeler
à lui. Comme vous le savez, le vieux Sylla
n'avait pas apprécié le refus de César
de divorcer de la fille de Cinna… |
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| 27 Avril 2005 |
| Benoît
a écrit : |
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Je
suis en licence d'histoire de l'art et travaille actuellement
sur un exposé portant sur les villas
impériales romaines et plus particulièrement
sur celle de Castel Gandolfo, que fit construire Vespasien.
Pourriez-vous m'indiquer des sites ou ouvrages compétents
et précis à propos de cette villa ?
Je vous remercie d'avance. |
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| RÉPONSE
: |
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| Malheureusement, je
n'ai trouvé strictement aucune information
concernant cette villa de Vespasien
à Castel Gandolfo. Ni dans ma documentation
personnelle, ni - et c'est plus étrange - sur
le Web, même anglophone.
Je ne peux donc guère que "publier"
votre demande dans les pages réservées
au "courrier des visiteurs" de mon site,
en espérant que des internautes disposent d'informations
intéressantes sur cette bâtisse. Bien
sûr, le cas échéant, je ne manquerai
de vous transmettre les renseignements qui me parviendraient.
Désolé de ne pouvoir vous aider davantage.
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| Conclusion
de Benoît : |
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Je
vous remercie beaucoup des recherches que vous avez
entreprises pour me rendre service.
Si cela peut vous intéresser
le seul livre que j'ai trouvé à propos
de la villa de Castel Gandolfo est : L'époque
romaine, Tome 2, de Pierre GROS. Il y fait une
synthèse des recherches sur cette villa.
REACTION
A CE COURRIER :
- À propos de la villa impériale
de Castel Gandolfo : Clic
!
- Les villas des premiers Julio-Claudiens
: Clic
!
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| 28 Avril 2005 |
| Marine-Eva
a écrit : |
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J'ai
bien lu votre résumé sur les flamines.
Je me demande quelle différence
il y a entre eux et les prêtres. |
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| RÉPONSE
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| En fait, il n'y a pas
réellement de différence entre les flamines
et les prêtres puisque les flamines
étaient des prêtres romains parmi d'autres.
… Mais comme ces nuances ne sont pas vraiment
simples, et que moi-même je ne suis pas très
à l'aise dans la complexité des cultes
romains (voyez aussi ici : Clic
! et Clic
!), je préfère laisser la parole
à une historienne qui vous expliquera tout
cela bien mieux que je ne pourrais le faire :
"Le prêtre
romain est celui qui, au nom de la communauté,
accomplit les actes imposés par la
religio. Les prêtres romains ne constituent
pas une caste spécifique. On ne leur
demande pas d'avoir une vocation religieuse.
Ils n'ont pas d'obligations particulières
en dehors de l'exécution des rites attachés
à leur sacerdoce.
Le prêtre romain est en fait à
la fois un technicien et un magistrat. Ce qui
explique pourquoi tous les membres de la noblesse
exercent un ou plusieurs sacerdoces au cours
de leur carrière politique : César
est grand pontife, Cicéron, augure, etc.
La complexité de la religion romaine,
les apports successifs de rites ou de dieux
extérieurs entraînent un grand
désordre dans la situation des prêtres.
Il n'y a aucune hiérarchie ni aucune
harmonisation entre eux et ils sont indépendants
les uns des autres. Certains exercent des sacerdoces
individuels, consacrés à un dieu
particulier. D'autres sont constitués
en collèges. Il existe enfin des «
sodalités » ou confréries
religieuses qui n'ont d'activités que
lors de la fête annuelle du dieu qu'elles
servent.
Les quelques sacerdoces individuels romains
sont de nature archaïque et leurs détenteurs
sont écartés de la carrière
politique, ce qui explique le désintérêt
des Romains pour eux à la fin de la République.
Il y a tout d'abord le Rex Sacrorum,
héritier de certaines fonctions religieuses
des rois. Il est nommé par le grand pontife
et est chargé des sacrifices en l'honneur
de Janus.
Les flamimes représentent
un stade très ancien de la religion.
(voir ici : Clic
!) (…)
Les collèges sacerdotaux
sont de conception beaucoup plus moderne et
correspondent bien au souci primordial des Romains
de substituer la collégialité
à l'individualisation, que ce soit dans
la vie publique ou religieuse.
Cependant, un des collèges de la religion
romaine est de création ancienne, c'est
celui des vierges vestales.
Ce sont les prêtresses chargées
de veiller à l'entretien du feu sacré
qui brûle en permanence dans le temple
de Vesta sur le Forum et qui est le symbole
de la vie de la cité. (…)
Le collège des pontifes
est d'origine plus récente que les sacerdoces
précédents. On s'interroge sur
le sens du mot « pontife »,
qui signifie littéralement « celui
qui fait le pont ». Cela vient peut-être
du fait que leur première fonction aurait
été la garde du Pont Sublicius,
le plus vieux pont de Rome. On pense aussi que
le pontife serait celui « qui ouvre le
chemin vers les dieux ». (…)
Les pontifes jouent un rôle de plus
en plus important dans la religion romaine et
finissent par représenter, à l'époque
classique, l'orthodoxie religieuse. Ils sont
chargés de la surveillance de tous les
cultes, privés ou publics, que ceux-ci
s'adressent aux divinités « d'en
haut » (du Ciel) ou « d'en bas »
(des Enfers). Ils consacrent les édifices,
contrôlent le calendrier, réglementent
l'introduction à Rome des rites et des
cultes étrangers. Ils rédigent
les Annales pontificales, où
sont consignés les faits majeurs de l'année.
Ces Annales seront une des sources
essentielles de l'historiographie latine.
En fait le grand pontife est
devenu au cours des siècles le chef suprême
de la religion romaine. Il contrôle l'exercice
de tous les autres sacerdoces, nomme les vestales,
les flamines, le Rex Sacrorum, et a le droit
de prendre les auspices. On comprend les raisons
qui, par la suite, ont poussé les empereurs
à avoir toujours la fonction de grand
pontife (voir ici : Clic
!), qui leur donne la haute main sur
le monde des dieux.
Le collège des Septemvirs
Épulons, créé
en 196 av. j.-C., regroupe sept membres, peut-être
d'origine plébéienne. On connaît
mal leurs attributions précises, mais
on sait qu'ils sont chargés d'organiser
le banquet offert à Jupiter Capitolin.
Les prêtres chargés
de l'interprétation des signes divins
Les Romains attachent une grande importance
aux signes de toute nature donnés par
les puissances invisibles. En cela ils diffèrent
des Grecs qui préfèrent la divination
« naturelle » par les oracles ou
par les songes prophétiques. L'oracle
permet de connaître l'avenir, mais on
ne peut pas le modifier. En revanche les Romains
font appel à une divination « artificielle
» en décryptant les signes grâce
à une technique issue de l'expérience.
Ces signes n'annoncent pas l'avenir. Les dieux
se contentent d'indiquer par eux leur neutralité
bienveillante ou leur hostilité dangereuse.
C'est ainsi que se développe à
Rome un corps de prêtres spécialisés
dans l'interprétation de ce langage codé.
Les signes peuvent être de différentes
natures. Les Romains font appel aux auspices,
signes venant du ciel (tonnerre, éclairs,
nuages, etc.), du vol des oiseaux, de l'appétit
des poulets sacrés. (Voir ici :
Clic
!) (…)
Une autre
catégorie de signes divins est
fournie par les omina.
Un omen est
une parole ou un événement
fortuits qui annoncent indirectement l'avenir.
Le Romain peut assez facilement modifier
le sens de l'omen à son
avantage.
C'est ainsi que Paul-Émile, au
moment de quitter Rome pour aller mener
la guerre en Macédoine, entend
sa petite fille pleurer parce que sa petite
chienne Persa est morte. Immédiatement
le général considère
qu'il s'agit d'un omen concernant la mort
du roi Persée de Macédoine.
Les Prodiges
constituent des présages qui ne
peuvent en aucune façon être
favorables et qui sont toujours signes
de la colère divine. Ils proviennent
d'objets inanimés ou de phénomènes
naturels (chute de pierres, tremblement
de terre, éclipse de lune, etc.),
ou d'êtres animés (naissance
d'animaux monstrueux, d'hermaphrodites,
etc.). Il est alors nécessaire
de pratiquer la procuratio du
prodige, c'est-à-dire supprimer,
dans la mesure du possible, le signe néfaste
des animaux monstrueux et les hermaphrodites
sont noyés), ceci permet d'effacer
la souillure, et la « procuratio
» est suivie d'une cérémonie
expiatoire. (…)
Les augures
sont d'origine très ancienne.
Leur nom est formé sur la racine
aug-, qui indique l'idée
de plénitude, d'augmentation des
pouvoirs (exactement comme le nom
Auguste). Tout d'abord nommés,
puis élus à partir du IIe
siècle av. J.-C., les augures au
nombre de seize sont les assistants techniques
des magistrats, pour lesquels ils consultent
et interprètent les présages.
Aucune manifestation publique ne peut
se passer de leur intervention. Ils ont
pour insigne de leur fonction le
lituus, long bâton recourbé
que l'on voit souvent représenté
sur les monnaies ou les bas-reliefs pour
indiquer la fonction d'un personnage. |
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Les
haruspices sont des
prêtres d'origine étrusque
(…). Ils examinent le foie
des victimes des sacrifices, car celui-ci
est censé être une projection
de l'univers céleste et des demeures
des dieux. L'haruspice donne le présage
en interprétant les signes particuliers
(graisse, hypertrophie, etc.) du foie
en fonction de cette représentation
du monde. (…)
Les Decemvirs,
puis Quindecemvirs sacris
faciundis (…) constituent
un collège d'origine récente,
chargé de garder et d'interpréter
les Livres sibyllins. Ceux-ci
sont un recueil d'origine grecque qui
aurait été acheté
par le roi Tarquin. Dans la réalité,
ce recueil d'oracles a dû pénétrer
à Rome à la fin du Ve siècle
av. J.-C. Les Livres sibyllins
contiennent essentiellement des recettes
pour remédier à des situations
catastrophiques (défaite militaire,
épidémie, etc.) ou des prodiges
particulièrement redoutables. (…)
Quant aux sodalités
ou confréries, les plus
importantes sont celles des luperques,
qui, en l'honneur du dieu-loup Faunus
Lupercus (voir ici : Clic
!), parcourent les rues de Rome
le 15 février en flagellant les
femmes pour les rendre fécondes,
celles des Frères
arvales, qui sont chargés
du culte de la divinité agraire
Dea Dia, et celles des fétiaux
et des saliens (voir
ici : Clic
!), dont les fonctions sont liées
à la guerre."
(Catherine SALLES, l’Antiquité
romaine, Larousse, 2002) . |
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| 29 Avril 2005 |
| Damir
a écrit : |
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| En
lisant votre page
consacrée à Maxime, un doute me saisit,
vous écrivez que c'est en feignant la plus stricte
orthodoxie que ce dernier envahit l'Italie avec le soutien
d'Ambroise et de ses disciples. Mais Maxime
ne c'était-il pas fait excommunier par Ambroise
peu de temps auparavant pour son soutien à l'évêque
Itace de Trèves ? (Du moins selon FLICHE Augustin,
MARTIN Victor, Histoire de l’Église
: depuis les origines jusqu’à nos jours,
Tome 3 : De la paix constantinienne à la
mort de Théodose, éd Blond &
Gay, 1947.) |
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| RÉPONSE
: |
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C'est toujours
un plaisir d'avoir affaire à des internautes
perspicaces qui, non contents de me lire attentivement,
vérifient les affirmations qui leurs
paraissent aventurées. Et en l'occurrence,
je vous accorde bien volontiers que celle qui
présente Maxime
"feignant l'orthodoxie la plus stricte"
l'est quelque peu. Il n'empêche cependant
que la condamnation à mort de l'hérésiarque
Priscillien,
sinon sur son ordre, du moins avec son consentement,
montre bien son souci d'apparaître comme
un ferme rempart contre les hérésies.
Une posture qui n'était certes pas anodine
alors qu'il se préparait à pénétrer
en Italie afin de combattre Valentinien
II, de le détrôner, et de s'emparer
des territoires qui lui étaient dévolus
… Une perspective qui ne pouvait que faire
pousser un grand "ouf" de soulagement
à l'évêque de Milan, le
grand saint Ambroise : depuis un bon bout de
temps, Valentinien II et surtout sa terrible
mère, l'impératrice Justine, horribles
suppôts de l'hérésie arienne,
lui en faisaient voir des vertes et des pas
mûres !
"Comment cela ? m'objectez-vous.
Ambroise ne fut pas du tout soulagé
de voir les armées de Maxime fondre sur
l'Italie puisqu'il l'avait excommunié,
cet infâme usurpateur qui avait assassiné
légalement le prêtre Priscillien
!".
Ben oui… mais ce n'est pas si simple. |
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Tout d'abord (et ici, il ne s'agit plus d'hypothèses
personnelles : je me réfère au deuxième
volume de la monumentale Histoire du Christianisme,
parue aux éditions Desclée), on n'est
pas très sûr de la réalité
de cette excommunication. En effet dans sa correspondance,
Ambroise se contente de reconnaître que, suite
à la condamnation de Priscillien, "il
évita d'entrer en communion" avec
Ithace (évêque non de Trêves, mais
d'Ossonoba - auj. Faro au Portugal) et ses
acolytes, ainsi qu'avec Maxime.
C'est son biographe, Paulin de Milan, qui prétendit,
par la suite, qu'il alla jusqu'à excommunier
l'usurpateur, non sans ajouter que cette sentence
frappait le meurtrier de l'empereur Gratien,
et non celui de l'hérésiarque Priscillien.
(cf. sous la direction de J.-M.
MAYEUR, Ch. et L. PIETRI, A. VAUCHEZ, M. VENARD, Histoire
du Christianisme, vol II : Naissance d'une
chrétienté 250-430, Éditions
Desclée, 1995 - p. 426)
Ensuite, bien qu'il fût très à
cheval sur l'orthodoxie, et très soucieux d'asseoir
la suprématie du pouvoir spirituel sur le temporel,
le bon saint Ambroise se montra toujours d'une prudence
extrême dans ses choix politiques :
"Évêque d'une résidence
palatine, Ambroise est entré à plusieurs
reprises en conflit avec divers princes, avec Valentinien
II (en 384 et 386), avec Maxime en 386, avec Théodose,
à deux reprises, enfin, avec Eugène
en 393. Mais jamais ses objurgations ni les sentences
spirituelles dont il brandissait la menace n'aboutirent,
comme avec Théodose dans l'affaire de Thessalonique,
à la soumission totale du détenteur
suprême du pouvoir civil, se reconnaissant humblement
le fils obéissant de l'Église. En fait,
le Milanais a toujours protesté de sa loyauté
politique envers les maîtres du moment, quels
qu'ils fussent, assumant deux ambassades au nom de
Valentinien II auprès de Maxime assurant l'usurpateur
Eugène de sa soumission aux autorités
établies, puis, peu après, l'empereur
Théodose de la fidélité qu'il
lui avait malgré tout conservée. Mais
en revanche, Ambroise n'a jamais admis que l'empereur,
dont il respectait les constitutions, pût s'estimer
au-dessus de la Loi de Dieu. Grâce à
lui, en Occident, l'Église refusait de se soumettre
à l'arbitraire monarchique, en revendiquant
son indépendance dans le domaine spirituel."
(Histoire du Christianisme, op. cit.,
pp. 410-411).
Ambroise resta donc, par principe, apparemment loyal
à l'hérétique Valentinien
II tout en se gardant probablement bien, par prudence,
de s'aliéner irrévocablement, en l'excommuniant;
le dangereux et puissant - mais orthodoxe - Maxime.
À sa décharge, il faut quand même
bien reconnaître que saint Ambroise était
dans une position assez délicate. Soutenir
Valentinien II, c'était promouvoir l'hérésie.
Mais d'un autre côté, Maxime, lui, n'avait
pas hésité à empiéter
sur le "domaine spirituel" en condamnant
à mort, au terme d'une procédure fort
opaque (aujourd'hui encore on s'interroge sur la véritable
doctrine des priscillianistes) et très brutale
(aveux extorqués sous la torture), Priscillien
et ses disciples qui, tout mal-pensants qu'ils fussent
(peut-être) n'en étaient pas moins des
prêtres, des hommes d'Église. C'état
là un précédent qui pouvait s'avérer
très fâcheux si l'empereur Valentinien
II et sa terrible mère Justine s'avisaient
un jour de recourir à la force pour le mettre
au pas, lui, Ambroise, et chers ses amis bons catholiques
!
Pris entre le marteau et l'enclume, l'évêque
de Milan ne pouvait guère que ménager
la chèvre et le chou, si je puis me permettre
ces poncifs imagés. |
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| 30 Avril 2005 |
| Michel
(site Archeobel)
a écrit : |
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Nouveautés
du site Archeobel
:
Le site Archeobel
s'est enrichi de plusieurs pièces.
- La plus ancienne
est une coupelle de l'âge
du fer : Clic
!
- Une
urne, ou vase funéraire romain
du deuxième siècle,
et un gobelet (ou tasse) à
deux anses : Clic
!
- Des
jouets.
C'est incroyable ce que les gamins gallo-romains
pouvaient avoir comme jouets ! Des poupées
pour les filles, des petits soldats
de plomb pour les garçons, des
petits services en terre cuite (mini
cruches, mini amphores, etc) pour les
commerçants en herbe etc….
Il y avait aussi les objets funéraires
pour les gosses (mini lampe à
huile, petit brûle parfum, etc…).
J'ai rassemblé sur la même
page Web une mini cruche, une mini amphore,
un petit brûle-parfum, et un gobelet
à la taille d'une main d'enfant
: Clic
!
- J'ai également
trouvé quelques intéressants
fragments de poteries romaines
(type "Dragendorf"). J'ai
exposé ici trois fragments. Ils
représentent un athlète,
un masque de théâtre et
une dame portant un pain (statuette
entière devait en principe représenter
2 personnages, formant ainsi un couple
; j e n'ai malheureusement que ce morceau,
mais on y voit bien le buste et la coiffure
de la dame) : Clic
!.
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- Et
pour terminer, clou de la séance, quelque
chose de vraiment exceptionnel !
Apparemment, ce n'est qu'une simple petite monnaie
(un as en cuivre) de Faustine.
Mais en y regardant de plus près, on voit
qu'elle est très spéciale. En effet,
le buste de l'impératrice est dirigé
vers la gauche, alors que sur toutes les
autres monnaies (à part les aurei),
le buste est dirigé vers la droite : Clic
!
Cette inversion me chiffonnant, j'ai donc entrepris
des recherches… Mais rien, zéro, nada,
que dalle !
Alors je me suis dit : "utilisons la grosse
artillerie !", et j'ai écrit au Cabinet
des Médailles de Bruxelles où un très
aimable monsieur m'a éclairé : Il
existe une pièce semblable au British Museum
(elle se trouve dans le catalogue des Coins
of the British Museum), répertoriée
sous la référence mentionnée
dans mon site. Cette pièce ne semble pas
connue par ailleurs.
Par acquit de conscience, j'ai également
écrit au cabinet des médailles de
France, mais je n'ai pas encore reçu de réponse.
Je suis donc très fier de pouvoir présenter
à tout le monde cette petite pièce,
assez vilaine, certes, mais d'une grande rareté.
(14 mai
2005)
Réponse
de M. Hollard,
de la Bibliothèque Nationale de France
- cabinet des médailles :
Cher Monsieur,
Après vérification
et compte tenu de la qualité limitée
de votre photo, il semble que notre exemplaire
ne soit pas du même coin de droit que
le vôtre (même si les deux sont
proches et procèdent à l'évidence
de la même main).
Je serais moins affirmatif pour les revers :
ils peuvent, compte tenu de la différence
d'usure, sortir d'un même coin.
Quoi qu'il en soit, l'exemple
de cet as de Faustine démontre que, même
pour des règnes abondamment documentés
comme celui d'Antonin le Pieux, nous ne connaissons
qu'une fraction des émissions effectivement
frappées. C'est en particulier le cas
pour les divisions du sesterce, qui, s'usant
plus vite et étant moins thésaurisées
que les grands bronzes, sont connues de façon
lacunaire. De ce point de vue, chaque exemplaire,
même dans un état médiocre,
peut avoir son importance et c'est l'un des
apports
indispensables des collectionneurs que de repérer
et de signaler ces monnaies, souvent absentes
des collections des grandes institutions, constituées
à l'origine autour de "beaux exemplaires"
plus dans un souci de prestige et d'esthétique
que d'exhaustivité, même si depuis
déjà près d'un siècle
les conservateurs s'efforcent de combler les
manques et d'offrir l'échantillon le
plus large possible des frappes antiques.
En vous souhaitant de nouvelles
trouvailles je vous prie de recevoir l'assurance
de mes salutations les meilleures.
D. HOLLARD |
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