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Avril 2005 (page 3/5)
Sommaire du mois d'Avril : Clic
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| 13 Avril 2005 |
| Michel
Gozard a écrit : |
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Ah…
Jésus ! Jésus ??
En parcourant votre site (très
bien conçu et fort intéressant) j'ai
noté votre position favorable à l'historicité
de Jésus.
Je ne partage pas la position de la majorité
des rationalistes sur une invention du personnage,
un coup monté, une machination de la fin du
premier siècle, voire du IIe.
Mais je sais, après avoir travaillé
10 ans sur le dossier, que le Jésus des Évangiles
est historiquement impossible.
Parlons en parabole.
Un maître un jour donna à ses élèves
le sujet de rédaction suivant : faites le portrait
de votre meilleur ami. En corrigeant les copies, il
en trouva une qui retint son attention. Elle était
assez bien écrite, mais le maître repéra
un passage qui avait tout l’air d’avoir
été copié sur La gloire de
mon père de Marcel Pagnol. Après
un examen approfondi, il se rendit compte que toute
la rédaction était un véritable
patchwork dont les pièces provenaient
de divers auteurs pour la jeunesse. Le maître
pouvait-il penser que l’ami décrit dans
la copie pouvait être un ami réel ? Évidemment
non. L’élève pouvait bien avoir
un ami, mais il ne pouvait correspondre à l’ami
de la copie puisque celui-ci était entièrement
synthétique.
| Le
Jésus des Évangiles est tout aussi
synthétique, donc historiquement inexistant.
Autre comparaison (qui
n'est pas raison) pour illustrer la possibilité
d'une preuve de non-existence :
Licorne et centaure sont des fictions : aucun
squelette. Mais la licorne reste possible alors
que le centaure est génétiquement
impossible.
De Jésus ; on peut dire qu’il est
“littérairement” impossible,
même en tant que légende développée
sur un obscur prophète. Les preuves de
sa non-historicité sont dans les textes
mêmes.
C’est la thèse
exposée dans mon ouvrage paru en 2002
aux Éditions Publibook
Jésus
?
Une histoire qui ne peut pas être
de l’Histoire
(disponible sur Internet
où les deux premiers chapitres sont
lisibles sur le site : http://www.publibook.com
: Clic
!)
Dans cet ouvrage, les
origines du christianisme sont éclairées
d’une façon inédite. La
nouvelle religion n’est pas née
d’un mensonge mais d’une série
de confusions sur les Évangiles, leur
sens, leur langue initiale et le motif de leur
rédaction. |
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Quand on lit ces textes tels
qu’ils sont écrits et non tels qu’ils
ont été interprétés, on
réalise qu’ils nous parlent d’un
Jésus qui prêche une morale d’urgence
aux bons juifs de sa génération pour
les sauver car le Jugement de la fin des temps est
annoncé pour le lendemain, et non d’un
Jésus qui prêche une nouvelle foi proposée
à tous les humains.
Quand on constate le caractère fondamentalement
hébraïque de ces textes, on en déduit
qu’ils étaient primitivement rédigés
en hébreu. Note importante : dans cette langue,
les verbes ignorent la distinction nette entre passé,
présent et futur.
Quand on s’aperçoit que l’identité
de Jésus, ses actes, ses paroles, son destin,
sont tirés en totalité de la littérature
antérieure, on comprend que le personnage est
un Messie-patchwork réalisé
à partir d’écrits lus comme prophétiques.
Il s’agit d’un Messie “prévu”
qui n’a rien à voir avec une personne
historique. Les Évangiles sont des visions
anticipatrices, de la religion-fiction, des révélations
sur ce qui va arriver bientôt… ce qui
explique les divergences et contradictions entre les
textes, tout comme les nombreuses anomalies et invraisemblances
qu’on y trouve.
Les premières
rédactions peuvent être datées
du début du gouvernement de Pilate. Mais plus
tard, dans leurs versions traduites en grec (verbes
adaptés), leur contenu est inévitablement
pris pour des récits biographiques sur des
événements passés car contemporains
de Pilate.
Alors le “messianisme” d’une secte
juive devient le “christianisme” hellénistique,
le Messie Jésus devient Jésus-Christ,
le mythe de la fin des temps est recyclé en
mythe fondateur d’une nouvelle religion universelle
qu’il faudra progressivement organiser, doter
d’une institution, d’un culte, de dogmes,
et qui donnera l’exemple du premier totalitarisme.
Cordialement
Michel Gozard |
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| RÉPONSE
: |
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| (…) Comme vous,
je suis convaincu que les Évangiles sont des
œuvres composites et hautement ardues à
interpréter. En revanche, je m'étonne
que l'on puisse déduire de ces textes l'impossibilité
historique du Jésus qui y est décrit
- ou plutôt de tous les Jésus,
puisque le Jésus des Évangiles présenterait
plusieurs facettes (rabbi thaumaturge, moraliste paradoxal,
prophète messianique, prétendant à
la royauté d'Israël). Jusqu'à présent,
le problème pour moi était plutôt
de savoir laquelle de ces personnalités était
la plus vraisemblable, laquelle collait le
mieux à la peau du Jésus de l'Histoire.
. Mais, évidemment, si les pièces du
"Jésus patchwork" des Évangiles
sont toutes réfutées les unes après
les autres, il ne restera plus grand-chose de l'historicité
de ce personnage.…
Naturellement, je tomberais dans le ridicule, voire
dans l'indécence, si je prétendais mettre
en doute la valeur de votre argumentaire. D'une part,
je n'ai pas (encore) lu votre livre, et d'autre part,
je ne suis qu'un historien amateur, un exégète
dilettante (pour ne pas dire "d'occasion"),
bref un lecteur lambda qu'entre bien d'autres
choses, l'histoire du christianisme primitif intéresse…
et qui garde l'esprit ouvert à toute nouvelle
thèse pertinente ! |
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| Conclusion
de Michel Gozard |
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Double
merci. L'un pour avoir répondu à mon
courriel, l'autre pour votre intention de répercuter
l'information sur mon ouvrage.
Ce qui vous fait gagner un supplément d'arguments
!
Je m'étonne que l'on puisse déduire
de ces textes l'impossibilité historique
du Jésus qui y est décrit - ou plutôt
de tous "les Jésus" puisque le
Jésus des Évangiles présenterait
plusieurs facettes (rabbi thaumaturge, moraliste
paradoxal, prophète messianique, prétendant
à la royauté d'Israël).
Les multiples personnalité
de Jésus (qui reste aussi flou qu'un Prince
charmant), s'expliquent par le portrait robot effectué
sur son identité. Pour ne pas rater le Messie
à venir, on a ratissé large en combinant
tous les modèles envisageables à l'époque
:
Pour concilier ses diverses
figures qui peuvent sembler antagonistes (roi et serviteur
- être céleste et agneau sacrifié),
il suffit d'imaginer un scénario en deux temps.
1 - Il viendra avertir de
la fin des temps en parlant en paraboles, en opérant
des miracles (tout cela est prévu par des
textes), en étant sacrifié par les
méchants Judéens (pas par "les
Juifs") comme un agneau docile.
2 - Tel Jonas, il ressuscitera et ce sera alors
le Grand règlement de compte et l'instauration
du Royaume.
Inutile de se demander laquelle
de ces personnalités est la plus vraisemblable…
elles viennent toutes de la littérature antérieure
parce que des rédacteurs sont allés
les y chercher, sûrs qu'ils étaient de
la venue proche du Messie. Figurez-vous que la prophétie
des sept semaines de Daniel (9, 24-26) permet
de dater cette venue… pile pour le gouvernement
de Pilate !
Ouf ! J'arrête là.
Reste qu'il y a eu des tas
de Jésus au premier siècle et même
des Jésus crucifié (le nom était
très courant).
Très cordialement
Michel Gozard |
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| 16 Avril 2005 |
| Jean-Serge
PAPARONE a écrit : |
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Je
suis à la recherche d'une monnaie battue
par le Sénat romain entre le XII et le XIII
siècle, le Paparini, du nom d'un sénateur
romain de l'époque, Scotto PAPARONE.
Seriez-vous en mesure de me
fournir des renseignements ? |
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| RÉPONSE
: |
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| N'étant, hélas,
très féru ni en numismatique ni en généalogie,
tout ce que je sais à propos de ces pièces
médiévales, frappées au nom de
votre ancêtre présumé, se trouve
dans deuxième volume de la célèbre
Histoire du Déclin et la Chute de l'Empire
romain (chap. LXIX).
L'auteur, Edward Gibbon, y explique que :
"Le Sénat de Rome revendiqua au XIIe
ce droit honorable et lucratif de fabriquer les monnaies,
perdu depuis huit cents ans ; droit auquel les papes
semblaient avoir renoncé depuis que Pascal
II (pape de 1099 à 1118) avait établi
leur résidence au-delà des Alpes. On
montre dans les cabinets des curieux quelques-unes
de ces médailles du XIIe siècle frappées
par la république de Rome. On en voit une en
or, sur laquelle Jésus-Christ est représenté
tenant de la main gauche un livre avec cette inscription
: « VŒU DU SÉNAT ET DU PEUPLE
ROMAIN, ROME CAPITALE DU MONDE » ; sur le
revers, saint Pierre remet la bannière à
un sénateur à genoux qui porte la toge,
et qui a près de lui un bouclier où
se trouvent gravés son nom et les armes de
sa famille."
Et une note de bas de page précise :
"La vingt-septième dissertation sur
les « Antiquités de l'Italie
» (t. II, p. 559-569 des Œuvres
de Muratori) offre une suite de monnaies sénatoriales
qui portaient les noms obscurs d'Affortiati, Infortiati,
Provisini, Paparini. Durant cette époque, tous
les papes, sans en excepter Boniface VIII (1294-1303),
s'abstinrent du droit de fabriquer des monnaies, que
Benoît XI (1303-1304) reprit et exerça
de manière régulière dans la
cour d'Avignon".
C'est là tout ce que je peux vous dire à
propos de ces pièces sénatoriales romaines
du Moyen Age.
Comme vous voyez, rien de bien transcendant comme
info !
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| 17 Avril 2005 |
| Aurélien
a écrit : |
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Ce
petit mail pour saluer ce site, ô combien instructif
et amusant de par son écriture, mais aussi,
en emmerdeur patent et récurant, pour pointer
du doigt certaine libertés de traduction
en un français assez moderne, suffisamment
pour faire pâlir un professeur de français
en lettres classiques, et certains oublis.
En effet si les biographies
des empereurs Julio-claudiens sont par le style bien
plus abordables à l'étudiant que je
suis que certains ouvrages, éminemment instructifs
au moins autant qu'ils sont rébarbatifs, je
suis bien malheureux de constater que toute l'œuvre
politique et administrative de cette dynastie et vertement
expédié, voire même envoyée
aux orties, pour des détails plus
scabreux. Il est bien dommage de ne pas traiter ces
aspects, mais je sais que si telle est fait, ce ne
serait plus des notices mais des pavés numériques.
Mais après cette critique, je me permets de
louer l'auteur de ce site pour ses recherches et ses
connaissances qui m'ont fait passer de précieuses
heures de franches rigolades et ont complété
mon ignorance crasse et impardonnable.
Donc ljld soit loué
pour ton site, qui m as été bien salvateur
(lire en une fin de semaine toutes les vies des Julio-claudiens
est en effet mission impossible) ; mais je t'adjure,
et te supplie même de compléter le point
de vue administratif et politique.
Desolé d avance de ce
mail supplémentaire de chieur patenté.
Un glandu supplémentaire d'étudiant. |
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| RÉPONSE
: |
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| Un grand merci pour
ce message très sympa. Merci pour aussi pour
ces légers reproches, avec lesquels je ne puis
d'ailleurs que tomber d'accord avec toi. Tu as en
effet mille fois raison d'écrire que mes traductions
des textes antiques ne sont pas toujours des plus
fidèles. C'est vrai qu'elles auraient
été abominées par mon vieux prof
de latin (Jupiter ait son âme) ! Mais hélas,
les leçons de ce susdit vieux prof sont bien
lointaines ! Les déclinaisons latines ayant
sans doute émigré dans un recoin fort
délabré de mon cerveau, je suis donc
contraint d'utiliser les traductions toutes faites
disponibles sur la Toile. Mais ces traductions "libres
de tout droit" sont évidemment assez anciennes,
et le style de ces traducteurs, aussi amidonné
que les faux-cols avec lesquels ils se pavanaient,
présente parfois des tournures soit ampoulées,
soit archaïques, qui détonneraient dans
mon site autant que la Reine d'Angleterre dans un
Resto du cœur ! C'est pourquoi je me permets
souvent de donner un sérieux coup de loque
à reloqueter (le torchon belge) à
ces vénérables œuvres… non
sans omettre d'indiquer, par un lien hypertexte, le
site où l'internaute scrupuleux pourra prendre
connaissance de la traduction originale dans toute
sa splendeur.
Et puis, évidemment, il peut aussi arriver
que je ne trouve pas de traduction française
du texte latin qui m'intéresse et que je doive
alors me rabattre sur une version dans la langue de
Shakespeare. Et comme ma maîtrise de l'anglais
est nettement plus conceptuelle que littérale
(autrement dit, je vois à peu près ce
que l'auteur veut dire, mais sans reconnaître
tous les mots), autant te dire que le respect du texte
original n'est pas garanti à 100 %. Toutefois,
ici encore, en général, un lien renvoie
à la traduction anglaise.
Ta deuxième critique est tout aussi fondée
que la première. C'est vrai que, dans mon site,
l'œuvre politique et administrative n'est
souvent que trop grossièrement abordée…
quand elle n'est pas tout bonnement passée
au bleu !
Certes ! mais ainsi que tu la remarques toi-même,
une notice biographique ne peut viser à l'exhaustivité.
Aucun site internet ne remplacera jamais un bon gros
bouquin, bien dense, bien touffu !
Il n'en reste pas moins que si j'ai référencé
autant de liens internet à la fin de chacune
de mes notices, c'est bien pour tenter de pallier
les lacunes de mes textes. Et puis, il y a ce Courrier
des visiteurs qui me permet, sur demande et dans
la mesure du possible (car, ne l'oublions pas, je
ne suis qu'un simple amateur, pas un historien professionnel),
de compléter les infos manquantes ou de préciser
certains points restés obscurs ou litigieux.
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| 19 Avril 2005 |
| Nicolas
a écrit : |
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(…)
Je dispose pour cela, entre autres, d'inscriptions
(épitaphes et dédicaces religieuses)
provenant des Germanies et datant des Ier, IIe et
IIIe siècles.
Cependant, j'ai parfois quelques difficultés
à saisir le sens de ces inscriptions.
Je vous retranscris ici celles
qui me posent difficulté :
1.
CIL XIII, 8170 (fin IIe - début IIIe) ; Cologne
; autel.
- Aux dieux conservateurs (de l'empire).
Quintus Tarquitius Catulus, légat d'Auguste
qui a renové le prétoire tombé
en ruine.
Qu'est-ce que le
"légat d'Auguste" ?
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| RÉPONSE
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| Sans entrer dans les
détails, un légat d'Auguste,
c'était, tout simplement le gouverneur d'une
province impériale, c'est-à-dire d'une
province administrée directement par l'empereur.
Personnage de rang consulaire ou prétorien,
il pouvait être (et l'était généralement)
maintenu en fonction pendant plusieurs années.
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2.
AE 1985, 692 (fin IIe-début IIIe) ; Osterburken
; autel.
- A Jupiter Très Bon et Très
Grand et à Junon Reine et à Mars Exalbiovix
et à tous les dieux et déesses et
au Génie du lieu pour lui-même et les
siens ; Quintus Melicius Respectus,
soldat de la huitième légion Auguste,
bénéficiaire du consulaire,
s'est acquitté de son vœu de bon gré
et à juste titre.
J'ai mis en gras les passages
que je ne saisis pas. Qu'est-ce qu'un soldat
"bénéficiaire du consulaire"
? Pourquoi dédier cette inscription à
ces dieux en particulier, et dans quel but ?
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| RÉPONSE
: |
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| En ce qui concerne la
deuxième inscription, ce Quintus Melicius Respectus,
bénéficiaire consulaire
(beneficarius consularis) de son état,
était donc un sous-officier en fin de carrière
versé dans le service civil. Ces "bénéficiaires
consulaires" étaient d'habitude chargés
de tâches administratives - perception des impôts,
des droits de douane, maintien de l'ordre, etc…
Bref des besognes, au demeurant fort utiles, mais
lesquelles l'autorité de Rome se trouvait opportunément
renforcée par l'éloquence naturelle
de gros bras, autant velus que musclés, prompts
à tirer le glaive et à s'en servir efficacement.
(Sur les beneficarius consularis, voyez -
en anglais -, site www.roman-britain.org
: Clic
!).
Je ne vois pas très nettement ce qui vous
tracasse dans la dédicace de cet autel au principal
dieu de la religion traditionnelle romaine (Jupiter,
archétype de l'empereur), à son épouse
Junon (symbolisant le couple impérial), au
dieu la guerre Mars (normal puisque le dédicataire
est un légionnaire blanchi sous le harnais),
et enfin à tous les dieux et déesses
(comme cela, on n'oublie personne). Me paraît
également tout à fait normale cette
préoccupation de respecter les divinités
locales (Mars invoqué sous le vocable, sans
doute gallo-germanique d'Exalbiovix), même
mineures (le "génie du lieu",
entité protectrice de l'endroit ou l'autel
fut érigé [sur les génies romains,
voir ici : Clic
!] ). |
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| 19 Avril 2005 |
| Jacques
a écrit : |
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Fameux
votre site, digne d'éloges en ce qui concerne
le contenu.
Toutefois, n'étant
peut-être pas suffisamment doué, j'éprouve
d'énormes difficultés à "retrouver"
un texte quelconque, y compris ceux que j'ai trouvés
dans vos réponses à vos lecteurs.
Il n'y a pas de moteur de recherche ?
ou je m'y prends comme un manche ?
Je suis persuadé (peut-être
à tort) avoir lu par exemple, une réponse
émanant de vous relative à l'influence
(ou lien) de la mort de Spartacus et l'avènement
et/ou prise de pouvoir du catholicisme à Rome.
Comment retrouver tout ce que
vous avez écrit au sujet de Spartacus (ou tout
autre sujet), me pose problème.
Please help !
Merci |
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| RÉPONSE
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| Non, non, vous ne vous
y prenez pas comme un manche ! Tout simplement, il
est exact qu'il est parfois bien difficile de s'y
retrouver dans un site aussi volumineux que le mien,
pour lequel - vous avez raison - un moteur
de recherche interne s'avèrerait fort
utile, voire indispensable. Faudra que j'y pense sérieusement
un de ces jours… et surtout que regarde si l'installation
d'un tel outil dans mon site ne dépasse pas
mes modestes compétences informatiques !
En attendant ces jours meilleurs, ce paradis promis,
ce matin du grand soir, mes visiteurs devront hélas
se contenter des divers index (chronologique
et surtout thématiques)
qui leur permettent de s'orienter (tant bien que mal)
dans une section "Courrier des lecteurs"
en expansion croissante.
Désolé !
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NOTE
DU WEBMASTER
Un moteur de recherche interne a été
installé le 7 mars 2007.
Il est disponible - entre autres - sur la page-accueil
du site, à la fin de chaque notice biographique
(section "liens" - exemple),
ainsi que dans les pages "Vox populi"
(à la fin de l'index des courriers reçus
au cours du mois - exemple) |
Quoi qu'il en soit, en l'occurrence, parcourir ces
index en long, en large et en travers ne vous aurait
pas servi à grand-chose puisque ce fameux texte
reliant Spartacus au développement
du christianisme ne se trouve pas dans la section
"Courrier", mais dans la notice biographique
consacrée à l'empereur Galba…
Plus précisément dans le passage intitulé
Galba, l'Antéchrist
?, où j'évoque succinctement les
positions - à mon sens souvent très
aventurées - de Jean-Charles PICHON sur le
rôle déterminant de Néron dans
le développement de la religion chrétienne,
et sur l'hypothétique persécution de
la communauté chrétienne de Rome sous
son successeur Galba.
Pour info complémentaire, je parle encore
de Spartacus dans les courriers suivants :
- où un pauvre étudiant se plaint
amèrement de ne rien trouver de consistant
sur Spartacus dans mon site : Clic
!
- une courte bibliographie sur Spartacus : Clic
!
- où l'on s'interroge sur la date de la dernière
décimation. Celle ordonnée par Crassus
lors de la révolte de Spartacus, ou celle
de la fameuse "Légion thébaine"
sous Maximien Hercule ? : Clic
!
… Et si cette révolte service vous intéresse,
je vous invite aussi à visiter le site (associé
au mien) Peplum
- Images de l'Antiquité qui consacre un
copieux article au dernier film relatant l'épopée
du célèbre gladiateur thrace, et surtout
aux mythes engendrés par sa légende
héroïque : Clic
! |
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| Jacques
réécrit : |
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Une
question : Vous parlez souvent de "tortures
extrêmes, supplices etc " ordonnés
et infligés par divers Empereurs à leurs
ennemis.
Mais quelles étaient les tortures pratiquées
par les Romains ? (lesquelles
ont dûévoluer aussi au cours du temps,
je suppose), pas celle de la croix, bien connue. |
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| RÉPONSE
: |
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| Vous vous posiez des
questions sur les tortures et supplices que les Romains
infligeaient à ceux qui avaient le malheur
de leur déplaire ?…
Ne disposant pour ainsi dire pas de documentation
sur ces aspects très particuliers de la justice
romaine ni sur l'évolution de ces pratiques
répressives au cours des siècles, il
me semble que, pour aller au-delà des banales
crucifixions, décapitations ou autres flagellations
létales, qu'évoquent parfois les écrivains
latins, le mieux serait encore de se référer
à la Légende dorée de
Jacques de Voragine. Ce livre dresse en effet un inventaire
quasi exhaustif des atrocités qu'un homme (en
l'occurrence un horrible païen) peut infliger
à un autre (ici, un pauvre martyr chrétien).
Vous m'objecterez que la Légende dorée,
œuvre médiévale (XIIe siècle),
ne peut refléter exactement les châtiments
infligés dans l'Antiquité romaine. C'est
exact, mais pour écrire son pieux ouvrage,
l'auteur, Jacques de Voragine, avait compilé
des Actes des martyrs qui, eux, remontaient
le plus souvent à l'Antiquité tardive.
Vous me direz aussi que ces récits sont pour
la plupart totalement invraisemblables, qu'aucun être
humain ne pourrait jamais résister à
la succession de sévices qui, si l'on en croit
ces textes, s'abattaient sur une seule et même
pauvre victime innocente. Cependant, même si
cette accumulation des tortures est invraisemblable
- et je suis le premier à l'admettre, moi qui
aime à ironiser sur les sanglants mais édifiants
miracles décrits à l'envi par l'auteur
de la Légende dorée -, il n'est
pas impossible que chacune de ces tortures ait figuré
au répertoire des bourreaux romains.
Voici quelques
exemples - parmi bien d'autres - de ces supplices
détaillés complaisamment par Jacques
de Voragine :
- Saint Vincent est frappé de verges
et de bâtons, on lui enfonce des peignes
de fer dans les flancs, on le place sur le
gril où on lui enfonce encore des ongles
de fer et des lames ardentes dans les membres,
puis dans le ventre, on l'allonge sur les
tessons pointus… et il meurt dès
qu'on lui accorde de souffler un brin sur
un lit moelleux !
- Sainte Agathe est longuement torturée
sur le chevalet, ses seins sont tordus puis
coupés, elle enfin roulées sur
des tessons et des charbons ardents.
- Sainte Julienne est écartelée
sur une roue, où on lui brise également
les os, puis elle est jetée dans un
chaudron de plomb fondu, et enfin, elle est
décapitée.
- Saint Second est attaché sur le chevalet
où on lui étire les bras jusqu'à
les désarticuler, on lui verse de la
poix fondue dans bouche, puis il est décapité.
etc, etc…
Point n'est besoin de multiplier les exemples
à l'infini. Disons seulement que, si
l'en en croit l'auteur de la Légende
dorée, l'imagination des tourmenteurs
romains paraît décidément
avoir été très fertile
!
"Pourtant couper des têtes,
Disaient-ils, ça embête.
C'est un truc idiot,
Ça salit nos billots !
Pour nourrir nos vieilles mères,
On saigne Paul ou Pierre
D'un geste un peu brutal,
Mais sans penser à mal !"
(d'après Boby Lapointe,
Sentimental bourreau)
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| Conclusion
de Jacques : |
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Cette
fois, si vous le permettez, nous allons inverser le
flux d'informations.
Il y a sur votre site une question
posée le 21/1/2003, par un de vos lecteurs,
du nom de "Brice", demandant votre opinion
au sujet de l'intoxication des Romains par
le plomb.
Vous sembliez étonné.
Avant de vous informer à
ce sujet, il faut bien que je me présente
Je suis polytechnicien (…) et à ce titre,
fus directeur d'un des 1er producteur de métaux
non ferreux, dont le plomb bien sûr
Nous avions édité un dictionnaire des
métaux non ferreux.
Il est fréquent que
l'on néglige l'impact des métaux (la
possession des sources) sur les guerres antiques.
Il n'y avait pas que l'or de Crésus qui était
recherché, plomb, zinc, cuivre aussi.
C'était identique alors, à ce qu'est
le pétrole pour nous aujourd'hui.
Peu de gens savent qu'il a fallu attendre le 19e siècle,
pour que la production de plomb mondiale retrouve
la même capacité de production atteinte
par les Romains (merci, l'obscurantisme Chrétien
!!).
Il est certain que deux ou trois Empereurs, vu ce
qui a été décrit comme symptômes
de maladie, présentaient les caractéristiques
évidentes de Saturnisme.
Je n'ai pas mis la main sur cette étude (il
faudra que je la retrouve), et j'ai oublié
le nom des empereurs et d'enfants d'empereurs concernés
Mais le fondamental est qu'ils fabriquèrent
de nombreuses coupes, vaisselle en tout genre en plomb,
et que ce fut même le dernier cri de la mode
à une certaine époque, dès qu'ils
exploitèrent les mines de Plomb d'Espagne (mines
qui existent toujours d'ailleurs).
C'était moins cher, moins rare, et ils trouvaient
cela décoratif.
En soi, pas trop grave, mais avec du vin, (et même
parfois avec du vin chaud), c'est un des seul moyen
bien connu aujourd'hui pour fabriquer des Saturnins
avec assurance de résultat/
(L'impact avec l'eau n'est pas significative, n'en
déplaise aux Ecolos, sauf si l'eau est particulièrement
acide, ce qui est peu fréquent). |
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