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Avril 2005 (page 2/5)
Sommaire du mois d'Avril : Clic
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| 7 Avril 2005 |
| Titus
Flavius Postuminus, l'Armoricain, a écrit : |
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Il
me semble avoir lu quelque part que vous êtes
de la Gaule Belgique.
Nous autres Armoricains étions
assez familiers des Ménapiens à l'époque
où ils fréquentaient comme nous la Bretagne
insulaire.
Bien qu'irréductibles
romains depuis une bonne quinzaine de siècles,
nous autres Armoricains péninsulaires, perdons
facilement notre latin.
D'ailleurs il faut bien dire qu'en son temps (Ve siècle),
Paulus Aurelianus, l'évêque fétiche
du Léon, avait complètement raté
l'initiation de ses ouailles au latin de sacristie.
Par contre, si l'on en juge par les résultats
dans le Léon, Paulus Aurelianus fut un champion
pour parler du Jésus en troyen, à ses
léonards.
Jusqu'au XVIIIe siècle, les habitants de la
Basse-Bretagne (l'ouest de la péninsule) appelaient
en effet leur langue le troyen et
pensaient aussi, en bons Romains, être descendants
des Troyens. Mais à partir d'un XVIIIe siècle
assez récent, les néo-druides néo-celtisants
de Lutèce et Londinium (alias Cair Lunden)
leur ont appris que leur troyen de contrebande était
plutôt du berzoneg d'origine celtique.
Il y a un peu de ça. Néanmoins les néo-druides
de Paris et Londres, toujours en recherche de racines
préhistoriques, accusent facilement deux mille
ans de décalage horaire par rapport à
nos réalités péninsulaires contemporaines.
Bien que la langue gallèse (une romane) soit
tout autant que le troyen, l'autre langue indigène
de notre péninsule, les celtomaniaques de Lutèce
et Londinium ne veulent pas en entendre parler. Bref,
ils veulent à tout prix voir en nous de vieux
celtes conservés dans le formol. Notre histoire
en dit pourtant long sur notre romanité antique
et sa conservation ultérieure. Même la
légende arthurienne qualifie Ambrosius
Aurelianus de fils d'un consul du peuple
romain. La légende d'Ambrosius, Uther (le frangin)
et Arthur (le neveu) porte également l'appellation
"légende des fils de Constantin ".
Des Constantin, il y en eut plusieurs, mais ce n'est
pas très important, puisque contrairement à
l'esclavagiste Valentinien III, les Constantin ont
tous une excellente cote à l'argus armoricain.
Constantin, c'est pour nous l'un des noms prestigieux
dont l'évocation est synonyme de transformation
de nos bagaudes en intrépides légionnaires
romains.
Constantin, Martin,
Germain, voilà des noms qui pour les légionnaires
armoricains étaient ceux de leurs patrons.
Ils étaient de la calotte, et Martin puis Germain
sont même passés de la légion
à l'évêché. Mais quels
évêques ! Si Martin n'avait été
à Tours qu'un évêque comme les
autres, il n'y aurait sûrement pas autant de
Martin, Martini, Martinez, Martins, Maertens …
etc, en Europe. De toute manière, Martin conserva
comme évêque, ainsi que Germain après
lui, un tel ascendant sur les légionnaires
qu'à Rome, les Augustes se sentirent obligés
de composer avec eux.
Depuis que les Francs ont pris
la Touraine, tout le monde ne se souvient pas forcément
que Touraine, Anjou et Maine sont des démembrements
de l'ancienne Troisième Lyonnaise fondée
par Dioclétien
et dont l'actuelle Bretagne Armorique constitue la
partie résiduelle. Cependant, à l'époque
du fameux Martin, son évêché de
Tours se situait sans aucun doute dans la Troisième
Lyonnaise. On peut d'ailleurs penser que c'est à
l'occasion d'une visite des îles, surtout de
la grande, qu'une soeur de Martin fit la connaissance
d'un breton insulaire, lequel devint son époux.
Le fils de ce couple brito-tourangeau devint décurion
en Bretagne (insulaire) et leur petit-fils n'est autre
que l'illustre Maewin Succat. Son bon copain Germain
l'Auxerrois était si convaincant qu'il
parvint à convaincre le breton Maewin d'aller
parler du Jésus aux Scots d'Irlande dans leur
langue gaëlique. En principe les bretons insulaires
parlaient troyen (langue celtique P) comme ceux du
continent jusqu'à Ancyre (l'actuelle Ankara).
Par conséquent, ils ne comprenaient rien au
gaëlique (la langue celtique Q, fort différente
de la P dès l'Antiquité), mais Maëwin
était l'homme de la situation. Raflé
dans sa jeunesse lors d'un raid des Scots en Bretagne,
Maëwin avait passé six ans en Irlande
comme prisonnier de guerre. Il en avait bavé
chez Milchu, un vieil esclavagiste scot qui le faisait
bosser dans une porcherie. Finalement après
six années d'enfer, Maëwin était
parvenu à s'évader de chez Milchu puis
d'Irlande. Germain était vraiment très
doué, puisqu'il parvint à décider
Maëwin à retourner de son plein gré
en Irlande. Cette fois Maëwin y toucha le jackpot
clérical, puisque le fameux saint Patrick
des Irlandais, c'est lui.
Plus tard, Germain rentré
chez lui à Auxerre, eut la satisfaction de
recevoir des disciples irlandais de son pote breton
Maëwin.
Germain l'Auxerrois, quel évêque et quel
baroudeur ! L'histoire ne dit pas si son épouse
le remplaçait à la tête de l'évêché
d'Auxerre quand il partait au baroud, mais elle était
paraît-il assez mignonne.
Auxerre ne se situe pas exactement
en Armorique, mais Germain y avait une super cote,
surtout auprès de nos légionnaires dont
il était le big boss. Son commandement armoricain
dépassait tellement les limites de l'Armorique,
qu'il comprenait toutes les Gaules résiduelles,
la péninsule ibérique et la Bretagne
insulaire. Officiellement, ses deux expéditions
outre-Manche avaient pour finalité de tordre
le coup à l'hérésie du pélagianisme.
Germain y parvint d'ailleurs assez facilement en devenant
l'idole des bretons insulaires. Là-bas, Germain
fut si impressionnant à la tête de ses
p'tits gars des légions d'Armorique que les
Pictes et les Scots détalèrent comme
des lapins. Prudents, de leur côté, les
Saxons évitèrent de faire parler d'eux,
mais leur pote païen Vörtigern, lui, s'en
prit plein la gueule pour pas un rond. Germain qui
avait Dieu en ligne directe sur son portable lui demanda
tout simplement d'incendier la citadelle de Vörtigern,
et Dieu s'empressa de rendre aussitôt ce service
à Germain. Du moins Bède le Vénérable
nous présente ainsi l'affaire, en évitant
de trop montrer la fournaise et l'hémoglobine,
mais il ne cache pas que le chef de guerre était
l'évêque Germain d'Auxerre en personne.
Ce n'est que beaucoup plus tard, chez Geoffroy de
Monmouth, que Germain cède la place à
Ambrosius Aurelianus dans l'affaire de l'incendie
de la citadelle de Vörtigern.
On soupçonne depuis ce légendaire Ambrosius
Aurelianus d'avoir été l'historique
Riothimus, lequel était vraisemblablement armoricain
comme l'historique Paulus Aurelianus qui accompagna
effectivement Germain l'Auxerrois outre-Manche.
"Tiens, v'là les
Bretons !" disait-on lorsque ces intrépides
gaillards d'avant rentraient au pays armoricain accompagnés
par quelques disciples bretons. Autrement, non, il
ne vint pas beaucoup de Bretons, ni pour commander
ni pour peupler la péninsule armoricaine. C'est
un mythe complexe trop long à éplucher
ici. Ultimes Romains de Romanie occidentale, Armoricains
et Bretons insulaires resserrèrent toutefois
leurs liens face au danger germanique représenté
par les Wisigoths, les Francs, les Saxons, les Frisons
et… j'en passe.
La France, où les Francs
n'étaient pas assez nombreux pour germaniser
la langue, se considère par conséquent
héritière d'une latinité qu'elle
refuse arbitrairement à ma péninsule,
en l'estampillant "Celte" et en l'excluant
de la carte des Gaules romaines au temps de Clovis.
C'est complètement faux. En réalité
c'est la péninsule armoricaine qui conserva
la romanité (nécessairement celto-romaine
dans les Gaules), pas la France. De guerre lasse,
le conquérant Clovis embourbé sur le
front de l'ouest, signa pour s'en sortir un traité
de paix avec les irréductibles armoricains
en 497, afin de retrouver les mains libres pour s'occuper
ailleurs des Alamans puis des Wisigoths. Et, dans
les Gaules, seule l'Armorique put maintenir les usages
de la société romaine. Quatre siècles
plus tard, lorsque nos aristocrates parlaient des
nobles, ce qualificatif prestigieux désignait
seulement ceux qui descendaient de familles sénatoriales
romaines.
La conservation d'une langue
d'origine celtique appelée troyen est également
une caractéristique de la romanité ouverte
à la diversité linguistique depuis son
ancrage à Constantinople. A contrario,
là ou s'imposèrent les Francs et les
Saxons, la langue celtique périclita rapidement.
Très vraisemblablement, les nouveaux maîtres
germaniques faisaient de l'allergie aux messes basses
en troyen, entre l'ancienne élite celto-romaine
et le populo. Ensuite, l'apparition des langues romanes
est caractéristique d'une massification de
la latinité.
Mais le temps passe.
A+ l'ami romain.
PS : Moi je suis le doyen des
Rennais, Titus Flavius Postuminus. Sous les pavés
de 1968, on a retrouvé quai Duguay-Trouin à
Rennes des stèles qui parlent de moi en bien.
Je suis né sous le règne de Titus,
à l'époque de la dynastie des Flaviens,
donc entre 79 et 81 après JC. J'ai un peu oublié,
mais les stèles disent que j'ai exercé
toutes les charges dans ma patrie, la Civitas Riedonum.
Et, je crois bien qu'il m'arriva en ce temps d'être
un peu de la calotte.
Une stèle dit que je fus deux fois Duumvir
et Flamine à vie de Mars Mullo. Pour nous,
à Condate Riedonum, le super Dieu c'était
Mullo, et on accolait Mars à son nom pour ne
pas avoir d'emmerdes avec Rome. Mais tout cela c'était
bien sûr avant l'arrivée de la mode Jésus-Christ. |
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| RÉPONSE
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| Un grand merci, cher
ami celto-romano-armoricain, pour toutes ces très
intéressantes considérations linguistico-historiques.
Une petite précision cependant : tout Belge
fortissimus (dixit le grand
Jules) que je suis, il ne convient pas de rechercher
mes origines tribales dans les marécages littoraux
de la Mer du Nord, jadis hantés par les Ménapiens
et les Morins. Elles se trouveraient plutôt
chez ces Paemani (ou Faemani), branche
occidentale de la sauvage famille des Éburons,
qui résidaient sur les agrestes collines ondulant
entre rive droite de la Meuse et la vaste forêt
d'Ardenne. Malgré la pression germanique, mes
ancêtres oncques ne renoncèrent à
leur parler latin, puis roman. Et voilà pourquoi
le plus célèbre de nos bardes régionaux,
j'ai nommé Julos
Beaucarne, dit fort justement que le patois wallon
(prononcer "ouallon" et non "vallon",
bien sûr) que l'on parle encore dans mon petit
pays natal n'est rien d'autre que "du latin
venu à pied du fond des âges".
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| 8 Avril 2005 |
| Jean-Marie
(site www.chti.net/jmg)
a écrit : |
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Quand
vous écrivez : "puisqu'il
fallut presque un siècle et demi aux premiers
Chrétiens pour transformer un Jésus-homme
en Jésus-Dieu."
Où
vous expliquez-vous, SVP, sur ce laps de temps ? |
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| RÉPONSE
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Ainsi, ce délai
d'un siècle et demi qui aurait été
nécessaire pour faire de rabbi
Jésus le fils unique de Dieu vous turlupine
?
Vous trouverez dans ces anciens courriers quelques
explications à ce sujet : Clic
! (plus précisément : Clic
!) et Clic
!
Bref, je pense qu'avant que l'idée d'un
"Jésus, Fils de Dieu" ne s'impose
définitivement dans la majorité
des groupuscules d'un christianisme primitif
extrêmement diversifié, où
les "intellectuels gnostiques" côtoyaient
les "activistes messianiques", il
fallut d'abord que la secte rompe définitivement
ses attaches avec le judaïsme. Et d'après
moi, cette rupture radicale n'eut lieu qu'à
la fin du règne d'Hadrien
(117-138), après l'écrasement
de la dernière grande révolte
juive, celle de Bar Kochba.
Je sais bien que beaucoup de spécialistes
(mais pas tous), estiment que le divorce entre
judaïsme et christianisme aurait été
consommé bien plus tôt que cela,
dès la fin du Ier siècle. De fait,
dès cette époque, les rabbins
juifs anathématisaient les chrétiens.
Bien sûr… Cependant, ce n'est pas
parce que les premiers rabbins juifs "excommuniaient"
les chrétiens que ceux-ci ne se considéraient
pas, eux, comme de bons Juifs, voire les seuls
bons, les seuls vrais. D'ailleurs ne considéraient-ils
pas leurs communautés comme le verus
Israël (le vrai Israël) ?
Mais, après 135, tout change. L'Israël
terrestre n'existera plus avant longtemps. Les
espoirs messianiques d'un Jésus revenant
à Jérusalem gouverner les
Nations d'une verge de fer sont remis aux
calendes. Et beaucoup de communautés
chrétiennes de se tourner alors vers
les gnostiques, et de relire attentivement certains
passages des bonnes vieilles épîtres
de saint Paul (que l'on avait un peu oubliées
entre-temps) afin d'élaborer une doctrine
mieux en accord avec l'air du temps. Progressivement,
le caractère vraiment humain et purement
juif de Jésus fut de plus en plus occulté
afin de faire de lui un genre de demi-dieu.
On le fit mourir pour le salut de tous les hommes,
et, pour bien montrer qu'il s'était élevé
au-dessus de la condition humaine, on le fit
descendre aux Enfers puis ressusciter
d'entre les morts. C'est d'ailleurs vers
cette époque que la plupart des communautés
chrétiennes abandonnèrent la célébration
de la Pâque juive, fête de libération
à forte connotation "séculière",
pour lui préférer la commémoration
de la Résurrection du Christ… non
sans résistances des groupes les plus
traditionalistes ou des plus activistes. (Voir
à ce sujet : Clic
!). |
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| 8 Avril 2005 |
| Grégory
a écrit : |
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Étant
étudiant en histoire (oui, je suis un grand chanceux),
j'ai eu à faire un petit laïus sur le rôle
politique des cohortes prétoriennes. En cherchant
des ouvrages concernant ce sujet, je suis tombé
sur un livre de Lucien JERPHAGNON, intitulé
Histoire de la Rome Antique, publié
chez l'éditeur Taillandier en 1987.
À ma grande surprise, les thèses développées
par cet auteur ressemblent fortement aux vôtres,
et j'aurais donc voulu connaître vos sources par
curiosité. |
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| RÉPONSE
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Bien sûr,
je connais cet excellent, et souvent jubilatoire,
bouquin de Lucien JERPHAGNON. D'ailleurs, à
mon humble avis, cette Histoire de la Rome
antique, c'est vraiment le must,
le nec plus ultra pour tout qui veut
aborder intelligemment et plaisamment l'étude
de cette période historique.
Cela précisé, je ne sais pas
si je peux compter cet ouvrage parmi mes sources
(sauf peut-être en ce qui concerne les
textes les plus récents publiés
dans mon site) puisque je ne l'ai acquis et
lu que récemment (en automne 2004).
Je risque probablement de choquer le futur
historien que vous êtes (c'est vrai que
vous avez de la chance), mais ma méthode
de travail n'est guère historiquement
orthodoxe. Pour les rédiger les notices
biographiques d'empereurs, je préfère
en général travailler sur les
textes antiques (en traduction, bien entendu),
et les interpréter à ma façon,
en me fiant à ma petite jugeote, sans
trop me préoccuper des avis des historiens
contemporains. Pour le "courrier des visiteurs",
j'ai davantage recours aux travaux d'exégèse
moderne. Mais cela ne va très loin :
ma bibliothèque est assez réduite,
mes moyens financiers pour l'étoffer
malgré tout limités, et je n'ai
le temps ni l'envie de hanter les bibliothèques.
Tout cela pour vous dire que quand j'ai enfin
lu - et avec quelle délectation ! - le
livre de Lucien JERPHAGNON, j'ai été
ravi et flatté d'y retrouver certaines
idées que j'avais évoquées
dans mes pages internet sans les avoir lues
par ailleurs
Et, contrairement à ce que d'aucuns pourraient
penser, je ne me suis pas dit in petto
: "Normal, les grands esprits se rencontrent !",
mais plutôt, en toute modestie : "Allez,
on dirait quand même que tu n'as pas écrit
trop de bêtises !" |
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| Conclusion
de Grégory : |
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| Si
cela peut vous rassurer, sachez que notre Bibliothèque
Universitaire regorge d'auteurs qui procèdent
de la même manière. D'autres reprennent
scrupuleusement ce qu'on dit des auteurs fielleux comme
Suétone. Ce n'est pas gênant quand le livre
parle des jeux du cirque ou d'un quelconque loisir,
c'est beaucoup plus difficile quand le sujet traité
est celui des gardes prétoriennes où l'on
voit l'auteur débiter pendant tout un chapitre
la litanie habituelle (et, à mon avis, aussi
fausse) des horreurs de l'"affreux" Tibère. |
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| 8 Avril 2005 |
| Laurent
(site www.octonovo.org)
a écrit : |
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Je
suis un passionné de l'affaire de Rennes le
château et l'une des pistes trésoraires
qui anime le landernau des chercheurs est celle du
trésor pillé à Jérusalem
par Titus en 70. À charge, il existe
une légende authentique et assez ancienne qui
fait de Carcassonne ou de sa région le réceptacle
de ce trésor après le pillage de Rome
en 410 par les wisigoths. Un auteur du XIXe siècle
y a consacré une notice détaillée
en s'appuyant sur Jordanès et son histoire
des Goths (voir ici : Clic
!)…
À titre de décharge,
il me semble qu'il existe des mentions postérieures
au sac de Rome qui font mention de ce trésor
comme étant encore en possession des Romains
(je crois que c'est dans les guerres contre les
Vandales de Procope de Césarée
mais je ne suis pas sûr).
1°) Quelles sont les
sources qui parlent de ce trésor après
son arrivée à Rome où il fût
enfermé dans le temple de Jupiter Capitolin
?
2°) Existe-t-il des
traces de lui après le sac de 410 qui indiqueraient
qui en était alors possesseur ?
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| RÉPONSE
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Oh, vous savez,
j'ai bien peur que vous ne surestimiez mon érudition
à propos de l'or du Temple de
Jérusalem. D'ailleurs, en somme,
votre mail reprend les questions que je me pose
moi-même, sans avoir, davantage que vous,
de réponses définitives. Et, finalement,
j'en sais bien moins sur cette question que
l'auteur de l'article
que vous reproduisez dans votre site
internet (par parenthèses très
intéressant).
Comme vous le relevez, il est (à peu
près) sûr qu'après le triomphe
de Titus
sur les Juifs, le Trésor du Temple fut
entreposé dans le temple de Jupiter Capitolin.
On peut présumer qu'il y resta jusqu'au
Ve siècle. Quoique… Depuis le milieu
du IIIe siècle, Rome se débattait
dans une telle mouise financière qu'il
me paraît quand même assez peu vraisemblable
que tout ce magot, si aisément monnayable,
ait échappé si longtemps aux convoitises
de monarques romains, perpétuellement
au bord de la banqueroute et prêts à
tous les expédients pour acquérir
des liquidités ! Mais enfin, admettons…
Alaric
s'en empara-il lorsqu'il prit et pilla la Ville
éternelle ? Rafla-t-il le tout, ou seulement
une partie, le reste tombant dans les vastes
poches du Vandale (ô combien !) Genséric
? Pour moi, cela reste un mystère…
À première vue, j'aurais plutôt
tendance à penser que si l'or sacré
de Jérusalem se trouvait encore à
Rome lors du premier saccage que la Ville depuis
l'irruption des Gaulois de Brennus, il n'a pas
pu échapper à l'avidité
de ces vainqueurs assoiffés d'or. Mais
d'un autre côté, on raconte généralement
que :le superstitieux Alaric, dûment tancé
par les prêtres chrétiens, aurait
modéré l'ardeur ravageuse et la
cupidité des hordes qu'il commandait
en leur ordonnant de respecter les lieux et
objets sacré. Genséric, lui, n'éprouva
pas de tels scrupules : il racla jusqu'à
l'os les richesses romaines. |
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Évidemment, si c'est bien Alaric qui s'empara
de ce trésor fabuleux, il est possible que
celui-ci ait pu se retrouver, à un moment ou
à un autre, dans les possessions wisigothes
du Sud de la France. Peut-être même est-il
toujours caché aux environs de Rennes-le-Château,
qui sait ?… Mais s'il tomba dans les insondables
fouilles de Genséric, il fut d'abord transporté
à Carthage, puis, après la reconquête
byzantine (en 535), à Constantinople, d'où
il fut sans doute envoyé à Jérusalem…
pour probablement tomber entre les mains des Perses
(avec la Vraie Croix et d'autres dépôts
sacrés) lorsque ceux-ci s'emparèrent
de la Ville Sainte (en 614).
Voilà, c'est tout ce que je peux vous dire
à ce sujet… C'est-à-dire, comme
vous le constatez, rien de bien transcendant.
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Conclusion de Laurent : |
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Concernant
le trésor de Jérusalem, je vous serais
reconnaissant si vous pouviez garder cette question
à l'esprit car étant chercheur depuis
20 ans, si vous trouviez des éléments
à l'avenir, mêmes minimes, j'en serais
probablement toujours preneur.
Cette question du trésor
de Jérusalem étant l'une des plus merveilleuses,
elle est très attirante pour beaucoup. Néanmoins
faire de l'histoire en 4 pages sur une période
de 400 ans, cela me semble très hasardeux au
moins sur le principe. Je me souviens de l'épisode
ou il est question de la possession du trésor
par les Romains. Dans une chronique de guerre, les
troupes romaines sont en Afrique (et je crois que
c'est durant leur guerre contre les Vandales ???)
et sont en difficulté. Un juif prend alors
contact avec le général romain pour
lui suggérer de rendre les objets sacrés
du Temple afin de rentrer dans les bonnes grâces
de Yahvé et de s'assurer un soutien divin pour
la suite de la guerre, mais je n'arrive pas à
me souvenir d'où cela est tiré exactement.
Si vous croisez cette information en particulier,
je vous serais très reconnaissant de me dire
où…
Pour ce qui est de l'article
de JAFFUS, il est très ben documenté
mais en même temps, les historiens régionaux
de la fin du XIXe siècle sont parfois très
attirés par le merveilleux. Il fût néanmoins
à l'origine d'une modeste campagne de fouille
peu avant 1900 et je n'ai encore jamais vu de travail
correspondant à celui-là et de cette
érudition depuis.
Je resterais moi aussi surpris
que les Romains (qui détestaient les Juifs;
surtout après Bar Kochba, voir CELSE en 178)
aient résisté à la fonte de cet
or durant 340 ans (mais pourquoi pas, si on en retrouve
trace après 400 dans une chronique…).
S'il est tombé
entre les mains d'Alaric, je peux vous refaire une
histoire crédible pour le faire atterrir à
Rennes le Château ou dans la région,
mais cela reste quand même très hypothétique.
D'autre part, le village voisin
de Rennes-les-Bains (voisin de Rennes-le-Château)
est connu pour être un spot archéologique
gallo-romain (il y avait des termes romains). Pour
votre curiosité personnelle, vous pouvez aller
voir la notice DELMAS qui est une description par
le curé du cru en 1709 des antiquités
visibles, ainsi que certains articles de la SESA en
particulier celui de 1969.. Pour ma part, si vous
trouviez des infos historiques sur la période
romaine de ce village, je vous serais reconnaissant
de me les faire connaître.
Avec tous mes remerciements pour vos lumières
sur ce sujet difficile. |
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| 9 Avril 2005 |
| Manu
a écrit : |
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| Je
cherche à identifier un certain Gaius (ou Caius)
Carrinas, mentionné par Dion Cassius
(L1, 21, 5-9), qui, à l'époque d'Auguste
(ou plutôt avant ses triomphes de 29) aurait soumis
les Morins et d'autres tribus révoltées. |
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| RÉPONSE
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| Je peux me tromper,
mais j'ai bien l'impression que l'essentiel de ce
que l'on sait sur ce Caius (ou Gaius) Carrinas
se trouve dans le livre 51 de l'"Histoire romaine"
de Dion Cassius (traduction anglaise, voir site LacusCurtius
: Clic
!).
Bien que son père eût été
exécuté sur ordre de Sylla, et bien
qu'il fût resté de longues années
sans pouvoir exercer de magistratures notables, ce
Carrinas devint consul suffect en 43 av. J.-C. Ensuite,
il soumit les Morins qui s'étaient révoltées
avec d'autres tribus du Nord de la Belgique actuelle.
Puis (sans doute en 29 av. J.-C.), il repoussa les
Suèves qui avaient traversé le Rhin
pour porter la guerre en Gaule. Il fut récompensé
de ces victoires par un triomphe, célébré
à Rome le 12 juin 28 (av.
J.-C., bien sûr, et non "ap. J.-C.",
comme l'indiquent erronément certains sites
internet).
Évidemment, cette cérémonie fut
incluse dans le "Triomphe universel" par
lequel Auguste
célébra ses victoires successives sur
tous les ennemis de Rome. Il faut dire que, comme
le remarque fort justement Dion Cassius, les succès
de Carrinas aux marches septentrionales de l'Empire
avaient consolidé le pouvoir d'Auguste, et
affermi son autorité. |
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| 11 Avril 2005 |
| Elisabeth
réécrit : |
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| Je
voudrais vous poser encore une petite question : pourriez-vous
me dire le nom, si vous en connaissez une, d'une
impératrice romaine qui serait plus célèbre
que les autres… ? |
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| RÉPONSE
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Sans aucun doute, les impératrices les
plus célèbres sont les premières,
c'est-à-dire les épouses des premiers
empereurs, ceux de la dynastie
Julio-claudienne. Normal : ce sont celles
que l'on connaît le mieux ! Leur légende
noire et celles de leurs époux, tous
prétendument plus faibles, fous ou cruels
les uns que les autres, s'est diffusée
partout grâce aux œuvres d'un écrivain
de génie, l'historien latin Tacite,
ainsi qu'à celles son collègue
Suétone,
certes moins doué sur le plan littéraire,
mais doté d'une plume encore plus venimeuse…
Voici les noms de ces grandes dames romaines
(j'indique également les liens vers les
pages de mon site où vous trouverez des
renseignements les concernant) :
À mon avis, parmi celles-ci, la plus
célèbre devrait être la
terrible Agrippine, qui précéderait
de justesse - dans un mouchoir de poche - la
sulfureuse Poppée. Mais
c'est un peu subjectif, tout ça !…
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