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Sommaire Avril 2005 :

  • 1er Avril :
    • De quels pays actuels l'Empire romain se composait-il ? : Clic !
  • 1er Avril :
    • Une formule magique pour ne plus mélanger Caligula et Néron ? : Clic !
  • 3 Avril :
    • Comment un pape choisit-il son nom ? : Clic !
  • 4 Avril :
    • Le retour de Gabriel, le héros de Dieu : Clic !
  • 6 Avril :
    • Un plan de la bataille d'Actium ? : Clic !
  • 6 Avril :
    • Philippe l'Arabe, premier empereur chrétien ? Existe-t-il des preuves ? : Clic !
2e PAGE
  • 7 Avril :
    • Titus Flavius Postuminus, l'Armoricain, nous parle de ses racines celto-romano- troyennes : Clic !
      • … Et, en vrac, d'Ambrosius Aurelianus, de saint Martin, de saint Patrick, de saint Germain l'Auxerrois… : Clic !
  • 8 Avril :
    • Un siècle et demi pour transformer rabbi Jésus en Dieu ? : Clic !
  • 8 Avril :
    • Une dette envers l'épatante Histoire de la Rome antique de Lucien Jerphagnon ? : Clic !
  • 8 Avril :
    • Qu'est devenu l'or du Temple de Jérusalem ? : Clic !
  • 9 Avril :
    • Qui était Caius Carrinas ? : Clic !
  • 11 Avril :
    • L'impératrice la plus connue ? : Clic !
3e PAGE
  • 13 Avril :
    • Jésus, un improbable Messie en patchwork ? : un livre de Michel GOZARD : Clic !
  • 16 Avril :
    • Des monnaies frappées au nom du Sénat de Rome en plein Moyen Age ? : Clic !
  • 17 Avril :
    • Où l'on reproche au webmaster d'en prendre à son aise avec les textes anciens : Clic !
    • … Et de négliger l'œuvre politico-administrative des Césars : Clic !
  • 19 Avril :
    • Qu'est-ce qu'un Légat d'Auguste ? : Clic !
    • … Et un Bénéficiaire consulaire ? : Clic !
  • 19 Avril :
    • Pourquoi n'y a-t-il pas, sur ce site, un moteur de recherche interne… pour retrouver, par exemple, une remarque sur la mort de Spartacus ? : Clic !
    • Les exécuteurs des basses œuvres romains étaient-ils à la hauteur ? : Clic !
    • Du plomb dans la tête des pauvres Romains : Quelques précisions d'un spécialiste… : Clic !
4e PAGE
  • 20 Avril :
    • Notre nouveau Saint Père Benoît XVI ne serait-il qu'un vil plagiaire ? : Clic !
  • 20 Avril :
    • Caracalla fut-il l'heureux père de roses fillettes ? : Clic !
    • Hiérocles : le rude mari de l'empereur Elagabal : Clic !
    • L'historicité du "Moi, Sporus…" de Cristina RODRIGUEZ : Clic !
  • 21 Avril :
    • Pourquoi "Douze Césars" ? Que signifie ce titre de Suétone ? : Clic !
  • 21 Avril :
    • La Dacie : dans l'Empire d'Occident ou dans celui d'Orient ? : Clic !
    • L'évacuation de la Dacie a-t-elle précipité la chute de l'Empire romain ? : Clic !
    • Pourquoi Byzance n'a-t-elle pas secouru Rome ? : Clic !
  • 23 Avril :
    • De quoi Trajan est-il mort ? : Clic !
5e PAGE
  • 24 Avril :
    • Prisca, l'épouse de Dioclétien, et Valeria, sa fille, étaient-elles chrétiennes ? : Clic !
  • 26 Avril :
    • Quelques capiteuses précisions sur les couronnes de César… : Clic !
  • 27 Avril :
    • A la recherche d'infos sur la villa de Vespasien à Castel Gandolfo… : Clic !
  • 28 Avril :
    • Pontifes, flamines, augures et tutti quanti : quelques précisions sur les desservants des cultes romains : Clic !
  • 29 Avril :
    • Saint Ambroise et l'usurpateur Maxime : excommunication ou accommodements ?… : Clic !
  • 30 Avril :
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"EMPEREURS ROMAINS"
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1er Avril 2005
Élisabeth a écrit :
 
Je suis en deuxième secondaire (pour la Belgique) et je fais un travail en latin. Cependant, il y a une question à laquelle je ne trouve pas la réponse : "Cite tous les pays actuels qui ont fait partie de l'empire romain".
 
 
 
RÉPONSE :
 

La liste des pays modernes qui firent jadis partie de l'Empire romain est assez facile à établir. Il suffit de prendre une carte représentant cet empire à son extension (par exemple celle qui figure dans ce site : Clic !) et de la comparer avec une "carte politique" moderne.

Sauf erreur ou omission de ma part, tous les pays suivants furent donc soumis, un jour ou l'autre, à l'autorité de Rome :

En Europe :

  • l'Angleterre et le Pays de Galles,
  • le Portugal,
  • l'Espagne (avec Andorre),
  • la France (y compris la Corse, et avec Monaco),
  • l'Italie (y compris les îles de la Méditerranée - Sardaigne, Sicile, etc -, et avec Saint-Marin et la Cité du Vatican),
  • la Belgique,
  • le Sud-Ouest des Pays-Bas,
  • le Grand-Duché de Luxembourg,
  • l'Ouest et le Sud de l'Allemagne (rive gauche du Rhin, rive droite du Danube)
  • la Suisse,
  • le Liechtenstein,
  • l'Autriche,
  • l'Ouest de la Hongrie,
  • la Slovénie,
  • la Croatie,
  • la Bosnie-Herzégovine,
  • la Serbie Monténégro,
  • le Sud de la Roumanie,
  • la Bulgarie,
  • l'Albanie,
  • la Macédoine,
  • la Grèce,
  • la Turquie d'Europe (Thrace).

En Asie :

  • la Turquie,
  • la Syrie,
  • le Liban,
  • Israël (avec les territoires palestiniens),
  • la Jordanie,
    (À noter que, sans être réellement annexés à l'Empire, le Nord de l'Arabie saoudite, le Nord de l'Irak, l'Arménie, la Géorgie et l'Azerbaïdjan se trouvèrent, sporadiquement, dans la zone d'influence romaine).

En Afrique :

  • l'Égypte,
  • le Nord de la Libye,
  • la Tunisie,
  • le Nord de l'Algérie,
  • le Nord et le Nord-Ouest du Maroc.

En Méditerranée :

  • Malte,
  • Chypre.

Ouf…

 
 
 
1er Avril 2005
Annie a écrit :
 
Connaissez-vous la phrase mnémotechnique qui relie le début de chaque nom des empereurs romains, pour retrouver la chronologie de leur règne ? Je l'ai entendue une fois, et n'arrive pas à la retrouver.
 
 
 
RÉPONSE :
 

Si j'en crois cette page de l'encyclopédie libre Wikipedia, cette fameuse phrase, censée être plus facile à retenir que la liste des premiers empereurs romains, serait : "césautica claunégalo vivetido…"… C'est-à-dire, en la décomposant :

Naturellement, pour que ce truc tordu fonctionne, encore faut-il déjà avoir une vague idée de l'ordre de succession des maîtres de Rome. Sinon, comment savoir que le "ti" de "césautica" rappelle Tibère et non Titus ? Ou que le "o" de "claunégalo" désigne un empereur nommé Othon et non un certain Ovide, Oreste ou Onésime ?… Aussi, à tout prendre, je me demande s'il n'est pas préférable et plus aisé de mémoriser, une bonne fois pour toutes, les noms de ces "Césars" plutôt que d'encombrer son esprit d'une phrase sibylline…

Mais pourquoi faire simple quand on peut faire compliqué ?

 
 
 
3 Avril 2005
Alexandre a écrit :
 

(…) J'ai une question pour vous dont j'ai cherché la réponse partout surtout avec la mort toute récente de Jean-Paul II et avec la venue prochaine d'un autre pape qui, évidemment, changera de nom, je voulais savoir comment se décidaient les noms des papes et je voulais savoir si vous aviez des informations sur comment cela est choisi. Car après tout, la nomination de papes provient depuis St Pierre dans l'Antiquité jusqu'à aujourd'hui. J'ai eu des belles listes de noms de pape (comme Clément, Alexandre, Innocent, Jean et etc.), mais on n'expliquait jamais comment le nom était choisi. J'aimerais donc savoir si vous avez des informations là-dessus et, si oui, j'aimerais que vous m'en fassiez part s'il vous plaît.

 
 
 
RÉPONSE :
 

Comment les papes choisissent-ils leur nom pontifical ?

On a coutume de dire que le nom d'un pape constitue, en quelque sorte, son "programme politique". Le ci-devant Saint Père Karol Wojtila aurait choisi de se s'appeler Jean-Paul parce qu'il voulait indiquer que son pontificat se s'inscrirait dans la continuité de ses prédécesseurs immédiats Jean-Paul Ier, Paul VI et Jean XXIII…

En réalité, c'est un peu plus compliqué que cela…Aussi, afin de ne rien oublier - et de ne pas proférer trop de grosses bêtises -, je préfère citer (en le condensant, résumant et simplifiant quelque un peu) un article extrait du Dictionnaire historique de la Papauté, un gros et pesant bouquin que je conserve toujours à portée de main et qui, je le pressens, risque bien de m'être fort utile ces prochains jours afin de décrypter le cérémonial d'inhumation d'un pape défunt, les mystères du conclave, et les fastes de l'intronisation (je crois qu'aujourd'hui, on parle plutôt d'inauguration) de son successeur.

"Ce n’est qu’à partir du pontificat de Serge IV (1009) que le changement de nom devint une véritable règle (bien que non écrite). Deux élus seulement devinrent papes sous leur prénom : Adrien IV (1154-1159) et Marcel II (1555).

Le choix du nom pontifical a d'abord surtout obéi à un principe généalogique qui parut ensuite suspect : aussi les parents proches eux-mêmes l'évitèrent. Ce n'est qu'à partir de 1500 qu'on y revint à l'occasion (Pie III, Clément VIII).

Les papes de la Réforme (grégorienne), marchant sur les brisées théologiques et politiques de Grégoire V (996-999) et de Silvestre II (le pape de l’An Mil, 999-1003), choisirent les noms de prédécesseurs légendaires ou historiques antérieurs au sæculum obscurum (le Xe siècle, le "siècle obscur" - ô combien ! - de la Papauté). Cela explique la remarquable fréquence du chiffre Il : sur le total des vingt-sept sept candidats (y compris les candidats qui ne furent pas reconnus par la suite) qui se succèdent entre 1046 (concile de Sutri) et 1145 (assassinat de Lucius II), seize papes portent le chiffre II. Quatre autres se réfèrent également à des prédécesseurs qui avaient déjà eu des successeurs homonymes : Léon IX, Étienne IX, Grégoire VII, Silvestre IV. (…)
À partir de cette époque (plus précisément, à partir de Landon, 913-914), il n'y a plus de noms nouveaux ; de sorte que le chiffre I disparaît jusqu'à 1978 (Jean Paul Ier).

Tandis qu'entre 1145 et 1159, les papes rompirent de manière frappante avec la tradition des noms grégoriens (Eugène III, Anastase IV, Adrien IV), les papes de l'époque des Hohenstaufen et de la période qui va de la fin de la lutte entre la papauté et la famille des Staufen jusqu'à Innocent V (1276) revinrent exclusivement au fonds des noms des papes grégoriens (Alexandre, Victor, Pascal, Calixte, Innocent, Lucius, Urbain, Grégoire, Clément, Célestin, Honorius). Par la même occasion, il n'est point rare que les noms de profession retenus expriment un dessein politique d'actualité (Alexandre III, Grégoire IX).

À la fin du XIIIe siècle, le choix des noms pontificaux est souvent indépendant de toute considération ecclésiologique et politique. Jean XXI (Pierre d'Espagne) prit sans doute ce nom en mémoire du cardinal Giovanni Gaëtano Orsini ; Nicolas IV en souvenir de son protecteur Nicolas III. Adrien V et Nicolas III se référaient au saint patron de leur église cardinalice ; Martin IV au patron de Tours. Pour Célestin V (Pietro del Morrone), c'est l'étymologie qui fut sans doute déterminante.

Au XIVe siècle, les papes reprirent, avec Jean, Boniface et Benoît, les noms du sæculum obscurum qui avaient perdu leur connotation négative. Pour les papes d'Avignon, le rappel de leurs prédécesseurs français constituaient une manière de programme.

Durant le Grand Schisme, le parti français reprit des noms de papes avignonnais (Clément, Benoît), tandis que le parti romain renvoyait aux représentants les plus illustres d'une conception romaine de la souveraineté universelle (Boniface IX, Innocent VII, Grégoire XII).
En 1415, Martin V marqua une rupture en choisissant le saint du jour, renonçant ainsi aux mobiles politiques.

À l'époque des papes de la Renaissance, se fait jour un désir d'originalité et d'individualisation ; le chiffre II, devenu rare, réapparaît (Pie II, Paul II, Jules II). On évoque explicitement le souvenir des héros païens (les discours d'intronisation d'Alexandre VI font allusion à Alexandre le Grand ; les satires contre Jules II rappellent Jules César).

À partir du XVIe siècle, le nom des papes est toujours inspiré par le principe de la pietas : certains papes s'attribuèrent le nom de ceux de leurs prédécesseurs qui les avaient élevés au cardinalat, certains celui du pape qui leur avait ouvert la voie de la carrière curiale, d'autres enfin choisirent le nom du pape qui avait activement soutenu leur famille.

La reprise du nom d'un prédécesseur avait non seulement valeur de remerciement symbolique, mais marquait aussi la volonté d'être fidèle et soumis à un héritage spirituel. C'est pourquoi la succession des noms pontificaux à l'époque moderne prend un caractère stéréotypé, conservateur. Jules, Marcel et Sixte ne furent choisis qu'une seule fois ; mais pour le reste, le choix des noms, au cours des quatre cents ans environ qui séparent le concile de Trente (milieu du XVIe siècle) de Vatican II, se réduit à neuf : Paul, Pie, Grégoire, Urbain, Innocent, Clément, Léon, Alexandre et Benoît. Aux XVIIIe et XVIIIe siècles, c'est le nom de Clément qui domine, puis ensuite, jusqu'en 1958, celui de Pie. Jean XXIII (A. Roncalli, 1958) est le premier à reprendre un nom médiéval, soulignant ainsi symboliquement la fin de la « papauté des Pies ». Son successeur Paul VI fit un choix subjectif, inspiré d'abord par une réflexion théologique. Jean Paul Ier est le premier pape de l'histoire à avoir adopté un double nom, mais son choix demeure cependant fidèle au principe de pietas respectueuse à l'égard de ses prédécesseurs. Le nom pontifical de Jean Paul II rassemble le souvenir de ses trois prédécesseurs immédiats. "
(D'après Bernd-Ulrich HERGEMÖLLER, article onomastique pontificale, in Dictionnaire Historique de la Papauté, Éditions Fayard, 1994)

livre papaute
 
 
 
4 Avril 2005
Paul a écrit :
 

Permettez-moi à nouveau de vous poser une question, par rapport à la réponse au courrier de JP Landrier du 5 nov. 2004.
Vous écrivez :

"Quoi qu'il en soit, nul contemporain du Christ mieux que ce Judas de Gamala, chef charismatique de l'insurrection du recensement et fondateur de la secte des Zélotes, ne pourrait prétendre au titre de héros de Dieu… qui, en hébreu, se dit Geber El. Et justement, Geber El (en français "Gabriel"), c'est précisément le nom de l'ange qui annonça à Marie qu'elle était enceinte des œuvres de l'Esprit-Saint."

Judas de Gamala - héros de Dieu - Geber El - Gabriel

Ça concorderait tout à fait avec les théories de Massé, de Cascioli…
Mais si je veux bien croire que Gabriel vient de Geber El et que cela signifie héros de Dieu, j'aimerais avoir plus de précision sur le lien entre Judas et cette dénomination de héros de Dieu.

Est-ce une déduction émise par vous suite à la "bravoure" de Judas ? ou est-ce que cela est référencé quelque part ?

 
 
 
RÉPONSE :
 

Votre remarque est à nouveau fort pertinente !

Comme je le précise plus loin dans cette réponse que vous me faites l'honneur de citer, "même si elle est séduisante", je ne "souscris pas entièrement" à la thèse qui ferait de Judas de Gamala le père de Jésus. Il faut dire que cette hypothétique paternité suscite bien peu d'enthousiasme de la part de exégètes sérieux. Personnellement, je ne l'ai jamais lue que chez Robert Ambelain, qui avoue lui-même s'être inspiré des travaux de Daniel Massé… et je ne suis moi-même pas assez spécialisé ès sciences bibliques pour juger de la valeur exégétique et historique des recherches de ces deux érudits…

Cela précisé, à mon avis, Robert Ambelain ne considère le fait que le nom attribué à l'ange de l'Annonciation (Gabriel, en hébreu "héros de Dieu") rappelle Judas de Gamala (le "héros de la Révolte du Recensement") que comme un indice supplémentaire susceptible d'étayer son hypothèse, et non comme un fondement de celle-ci. En fait, s'il présente Jésus comme le fils de Judas de Gamala, c'est surtout parce qu'il estime avoir trouvé la preuve que d'une part Simon-Pierre et Jacques seraient bien des frères charnels de Jésus, et que d'autre part, ces deux apôtres seraient fils de Judas de Gamala.
D'où ce syllogisme :

"a) le Simon et le Jacob que Tiberius Alexander fit crucifier, à Jérusalem, sont les mêmes que le Simon Pierre et le Jacob, dit Jacques, des Évangiles,
b) comme tels, ils sont « fils de Juda de Gamala », alias Juda de Gaulée ou Juda le Gaulonite, le « héros de la Révolte du Recensement »,
c) étant établi qu'ils sont frères puînés de Jésus, Jésus est donc nécessairement, lui aussi, « fils de Juda de Gamala, et le fils aîné…
" (Robert AMBELAIN, Jésus ou le mortel secret des Templiers, éd. Robert Laffont, 19,70).

Un syllogisme évidemment imparable… Pour autant bien sûr que ses prémisses le soient également. Et ça, c'est une autre paire de manches ! En effet, les textes auxquels se réfère Robert Ambelain (apocryphes ou œuvres de Flavius Josèphe) ont été tellement tripatouillés au cours des siècles que l'on peut facilement y trouver matière à étayer deux thèses complètement antagonistes.

livre ambelain

Par exemple, prenez l'apôtre Jacques. En bien, vous lirez bien chez Flavius Josèphe le témoignage qui permet à Robert Ambelain de le faire mourir sur la croix en 46-17, en tant que "fils de Judas de Gamala" (Antiquités Judaïques, XX, 2). Mais si vous poursuivez la lecture de cette œuvre de Josèphe, vous y trouverez aussi mention d'un Jacques, "frère de Jésus" mort vers 62, lapidé sur ordre du grand-prêtre Ananus (Ant. Jud, XX, VIII).
Évidemment, à moins que ce deuxième Jacques serait lui aussi un fils de Judas de Gamala (ce que Josèphe n'indique pas), le beau syllogisme de Robert Ambelain prend un peu de plomb dans l'aile !…

Voilà (entre autres) pourquoi, comme je vous l'ai dit d'emblée, je reste assez circonspect face à cette hypothèse - au demeurant séduisante et féconde - qui ferait de Jésus le fils aîné de Judas de Gamala… que celui-ci ait été surnommé "le héros de Dieu" (Geber El, Gabriel) ou non.

 
 
 
6 Avril 2005
Isabelle a écrit :
 

Salut, ô Auguste,

Ma prof de latin m'a donné un exposé te concernant, mais je n'arrive pas à trouver une carte retraçant la bataille d'Actium ou du moins une carte situant cette ville

Merci d'avance, grand Auguste

 
 
 
RÉPONSE :
 

Ben oui… mais moi, je m'appelle Lucien, et pas Auguste !… Si vous voulez vous adresser directement au premier empereur, c'est plutôt au site Dialogus qu'il faudrait vous adresser (voir cette page : Clic !).

J'étais convaincu que j'avais quelque part un plan de la bataille d'Actium. Pourtant j'ai eu beau farfouiller partout, pas moyen de remettre la main dessus… Mais ce n'est pas trop grave puisque j'en ai trouvé un sur le Web qui devrait vous convenir, bien qu'il soit légendé en anglais : Clic !.
Vous pouvez aussi aller jeter un coup d'œil sur cette page (malheureusement en anglais, elle aussi) qui présente d'autres cartes : The Actium Project.
Enfin, si vous souhaitez approfondir vos connaissances sur cette bataille célèbre, vous trouverez peut-être quelques renseignements utiles à votre exposé dans mon propre site, à cette page où sont référencés d'autres liens concernant la bataille d'Actium : Clic !.

 
 
 
6 Avril 2005
Philippe a écrit :
 

Existe-t-il des preuves que Philippe l'Arabe était chrétien ?

Sur cette question qui décidemment fait couler beaucoup d'encre depuis quelques siècles, je me permets une réflexion sur un simple constat qui en lui-même est assez significatif.

Les preuves historiques en ce qui concerne cet empereur sont assez concordantes pour reconnaître que durant son règne bon nombre de postes importants étaient occupés par des chrétiens. D'autre part nombreux sont aussi les chrétiens qui s'étaient enrichis durant cette période. Par ailleurs ces faits ont par eux-mêmes été à l'origine de mouvements populaires de la part d'une population romaine ou romanisée jalouse de prérogatives accordées à des représentants de ce que l'on considérait alors comme une secte dangereuse (les chrétiens).

Alors je me pose la question de savoir, si en dehors du fait de sa protection avérée des chrétiens durant son règne, il se serait entouré d'autant de serviteurs (sens général) chrétiens s'il n'avait pas lui-même été chrétien. Il me semble que l'on retrouve de tout temps ce comportement en politique, où l'on place auprès de soi ses partisans et les gens de son bord. Il n'a pas échappé à cette coutume de bon sens.

 
 
 
RÉPONSE :
 

Votre réflexion est frappée au coin du bon sens ! Effectivement, il semblerait bien que, sous le règne de Philippe l'Arabe, la religion chrétienne ait acquis une "visibilité" qu'elle n'avait pas encore connue jusque-là. C'est là bien sûr un indice sinon du ralliement de l'empereur au christianisme, du moins de la faveur qu'il accordait à cette religion. J'ai d'ailleurs l'impression que ce que l'on a coutume de nommer la persécution de Dèce ne fut, pour l'essentiel, qu'une épuration politico-économique. Selon moi, elle aurait surtout été destinée, d'une part, à briser l'influence politique toute neuve de ces sectaires soupçonnés (à tort ou à raison) d'antipatriotisme sournois (ou déclaré), et d'autre part à confisquer le magot d'une Église devenue scandaleusement riche alors que l'État, qu'elle haïssait, devait quant à lui faire feu de tout bois pour repousser l'ennemi de provinces ruinées.

L'on n'aura probablement jamais la preuve formelle que Philippe l'Arabe fut le premier empereur chrétien, même si, en ce qui me concerne, je me rallie de bon cœur à l'opinion de plusieurs grands savants - passés et présents - favorables à cette hypothèse. Mais il n'en reste pas moins qu'il faut bien reconnaître que ceux qui la refusent disposent d'un argument-massue : un empereur chrétien n'aurait pas célébré les fêtes, nécessairement païennes, du millénaire de Rome.

D'accord, leur réponds-je (modestement) ! Toutefois, n'oublions pas qu'Eusèbe de Césarée prétend qu'un évêque lui aurait interdit de participer à l'office de Pâques avant qu'il n'ait confessé et expié "les nombreux crimes qu'il avait commis". Et puisqu'il n'est pas sûr que Philippe fût responsable de la mort de son prédécesseur Gordien III, peut-être n'est-il pas impossible que, parmi les "crimes" évoqués par l'austère prélat, se trouvait son apostasie formelle lors du jubilé de Rome.

Et c'est peut-être aussi pour cela que l'Abrégé des Césars (texte anonyme de la fin du IVe siècle) rapporte que, lors de ces fameuses fêtes du Millénaire de Rome, l'empereur Philippe adopta une attitude des plus désinvoltes, et qu'il encourut pour cela les reproches de son fils.
Je cite :
"Son "fils (de Philippe l'Arabe) Caius Julius Saturninus qu'il avait associé au pouvoir (…) avait un caractère si sévère et triste que, dès l'âge de cinq ans, aucun stratagème de quiconque ne put jamais le faire rire. Ainsi, voyant son père s'esclaffer sans la moindre retenue lors des jeux séculaires, il le blâma, malgré son très jeune âge, en détournant le visage." (Pseudo Aurelius Victor, Abrégé des Césars, XXVIII)

ohilippe l'arabe

Dame ! Philippe, empereur chrétien, se moquait ouvertement de ces cérémonies insanes auxquelles il devait pourtant présider, tandis que son jeune fils à la triste figure, chrétien convaincu lui aussi, trouvait qu'il n'y avait vraiment pas de quoi rigoler. En faisant mine d'adorer ces idoles répugnantes, non seulement son père risquait son âme, mais, en plus il paraissait y prendre du plaisir, le bougre !…