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Sommaire Février 2005 :
REMARQUE DU WEBMASTER
(30 Mars 2005):
La société ("ifrance"),
qui hébergeait jusqu'à présent ce site
internet, ayant connu de gros problèmes techniques,
je ne puis garantir que toutes mes réponses soient
bien parvenues à leurs destinataires, ni non plus d'avoir
reçu tout le courrier qui m'aurait été
expédié.
Désormais, ce site est confié à un hébergeur
bien plus fiable (Nexenservices),
et l'accessibilité du site devrait s'en trouver considérablement
améliorée, tant du point de vue de la navigation
que de celui de la correspondance.
Je vous présente toutes mes excuses pour les désagréments
que vous avez subis lors de vos visites, et vous remercie
de la patience dont vous avez dû faire preuve à
ces occasions. Je suis également désolé
si vous trouvez ci-dessous une réponse dont vous n'auriez
pas eu la primeur, ou si vous n'en avez reçu aucune
de ma part. Dans ce dernier cas, ayez l'obligeance de m'adresser
à nouveau votre message - si du moins il n'est pas
trop tard !… |
- 2 Février :
- Quelques précisions, de très bon aloi,
sur Xanthos de Lycie : Clic !
- 3 Février :
- Gay gay, marions-nous (chrétiennement), à
la mode de Néron et de Sporus !… :
Clic !
- 4 Février :
- Les Romains en Chine : quelques pièces à
ajouter au dossier : Clic
!
- 5 Février :
- Biographie express de Dion Cassius : Clic
!
|
| 2e
PAGE |
- 6 Février :
- A la recherche d'une lettre de St Jérôme
sur les invasions barbares : Clic
!
- Une biographie - très gibbonienne - de Stilicon
: Clic
!
- 7 Février :
- Petite histoire de splendides érections papales… :
Clic
!
- 8 Février :
|
| 3e
PAGE |
- 10 Février :
- Notre 8e mois est justement celui d'Octave : une coïncidence
? : Clic
!
- 11 Février :
- Télescopage de barbes d'airain dans le fouillis
généalogique Julio-claudien ! : Clic
!
- 12 Février :
- Les enfants des Marc Aurèle et de Faustine
la Jeune : Clic
!
- 15 Février :
- Marcus Censorinus, compagnon d'infortune de Crassus
Jr.… : Clic
!
- 18 Février :
- Octave et ses Claudettes… : Clic
!
- 21 Février :
- Audrey recherche de l'aide en grec… : Clic
!
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RECHERCHE
DANS LE SITE
"EMPEREURS ROMAINS"
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| 2 Février 2005 |
| Anne-Marie
Manière-Lévêque a écrit : |
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C'est
par hasard que je suis tombée sur votre site, et
j'ai été attentive à la notice
sur Xanthos puisque j'y travaille.
Je voulais corriger quelques faits car la notice en anglais
publiées sur le site Hotels
in Turkey comporte des erreurs.
Tout d'abord ce qui est sûr
c'est que l'auteur n'est pas allé sur le site sinon
il n'aurait pas confondu les bâtiments de l'acropole
lycienne avec ceux de l'acropole romaine : il n'y a pas
d'église sur l'acropole basse dite lycienne mais
des habitations de notables. Mais ce sont surtout les
dates avancées qui me font réagir. Je passe
les détails de son histoire mouvementée
pour ne reprendre que les dates capitales
| |
1-
aucune installation (ni matériel) antérieure
au VII s av. J.-C. n'a été mise au
jour sur le site depuis sa découverte par
Fellows jusqu'à aujourd'hui !
2- en 545 av J.-C. l'incendie
résultant du raid perse incite les Xanthiens
à demander protection à Athènes,
il s'agit bien d'un protectorat.
3- en 333 av J.-C. Alexandre
n'est pas passé par Xanthos, mais plus globalement
en Lycie, à la suite de quoi la ville est
rattachée à l'empire Hellénistique
avant d'être tiraillée par les successeurs
d'Alexandre, puis effectivement sous le joug de
Rhodes.
4- en 167 av J.-C. elle est
la capitale de la confédération lycienne
ce qui dénote une relative indépendance
de la région par rapport aux grandes puissances
du moment. Néanmoins les rivalités
entre partisans dans l'empire romain vont provoquer
son siège par Brutus. La Lycie est alors
rattachée définitivement à
l'empire romain.
5- les Arabes sont passés
sur la cote Sud de la Turquie, mais pas à
Xanthos. Aucun signe de destruction lié à
une attaque n'a été mis au jour, les
seules destructions relevées sur le terrain
pendant cette période proto-byzantine sont
liées aux tremblements de terre attestés
notamment par les failles du rocher sur lequel la
ville est construite.
6- c'est aux XIIe - XIIIe
s. ap. que la ville est abandonnée pendant
plusieurs siècles jusqu'à l'implantation
de populations grecques que CH. Fellows a pu observer
sur le site lors de ses passages. |
 |
Si on parle peu de la ville après
la bataille de Brutus c'est tout simplement parce qu'elle
n'a plus été l'objet de pillages ou de bataille
et de ce fait n'intéressait plus les auteurs antiques.
Le centre "économique" et "politique"
du secteur (pas de toute la Lycie) s'est déplacé
de 6 km, sur la côte, plus exactement à Pattara
où d'énormes greniers attestent une activité
portuaire intense. Pour autant Xanthos n'est pas totalement
éclipsée, elle reste avec le Letoon le centre
religieux de toute la Lycie et nombre d'empereurs, consuls
ou autres dignitaires grâce à leurs dons
ont participé à divers programmes architecturaux
de construction ou de reconstruction. Néanmoins
il est difficile actuellement de dresser l'inventaire
de tous ces donateurs et plus globalement de l'évergétisme
au profit de Xanthos car la recherche épigraphique
sur le terrain n'a démarré qu'avec le début
de ce siècle. Compte tenu de l'ampleur des découvertes
faites dans ce domaine depuis 2001 il faudra encore attendre
quelques mois avant qu'une publication sérieuse
ne puisse voir le jour, mais rassurez vous çà
arrive !
Anne-Marie Manière-Lévêque
Laboratoire d'Archéologie de l'ENS |
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| RÉPONSE
: |
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| Merci pour ces précieux
renseignements.
Quand, en mars
2001, j'avais eu à m'intéresser Xanthos
afin de venir en aide à un jeune internaute en
panne d'inspiration scolaire, je n'avais guère
trouvé, pour nourrir mes réflexions, que
les maigres renseignements qui existaient alors sur internet,
c'est-à-dire surtout des infos à l'usage
des touristes. C'est donc vraiment très sympathique
de votre part d'avoir pris le temps de remettre à
l'heure ces pendules lyciennes en rectifiant les erreurs
et approximations présentes dans cette notice.
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| 3 Février 2005 |
| Pierre
a écrit
: |
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Ici
en Amérique (Québec), nous sommes plongés
en pleine controverse sur le mariage gai. Or,
il semble que l'Église des premiers siècles
n'ait rien trouvé à redire la question.
Est-il exact que l'empereur Constant
promulgua un édit en 342 afin que l'on cesse
de célébrer les unions de conjoints de
même sexe dans les églises de son territoire
? Il semble que cette pratique ait été
courante jusqu'à ce qu'elle soit férocement
réprimée par Théodose entre l'an
390 et l'an 392. (Ce qui n'empêcha pas les prêtres
de continuer à célébrer des unions
homosexuelles, mais sur le perron des églises
plutôt que devant l'autel).
Une législation
ne change pas les mœurs, mais elle constitue un
début.
Pourriez-vous m'éclairer sur ce point et le rôle
qu'aurait joué Constant (ou ses successeurs)
dans la répression des mariages homosexuels ? |
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| RÉPONSE
: |
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Je n'ai nulle part
trouvé trace d'un édit de l'empereur
Constant
proscrivant la célébration
de mariages homos dans les églises chrétiennes,
et à vrai dire, une telle mesure me paraît
assez peu vraisemblable. Négligeons le
fait que ledit Constant était lui-même
homosexuel car cela ne l'aurait peut-être
pas empêché de promulguer cette loi
: l'Histoire est remplie de souverains qui croient
pouvoir expier sur le dos de leurs pauvres sujets
leur propre faute (ou "péché",
selon la très tolérante expression
utilisée naguère par l'ex-futur
commissaire européen Rocco Buttiglione
pour qualifier l'homosexualité). En fait,
ce qui rend cette législation présumée
de l'inconstant Constant particulièrement
peu vraisemblable, c'est l'attitude constante
de l'Église chrétienne à
l'égard de l'homosexualité. Jamais,
au grand jamais, le catholicisme n'a l'acceptée
! Bien sûr, ce rejet a pu varier dans la
forme, passant, au fil des siècles, d'une
condamnation ferme (avec, à l'appui, de
saints bûchers expiatoires pour les sodomites
opiniâtres et récalcitrants) à
une commisération apitoyée. Mais
le fond est resté inébranlablement
fidèle à la vieille sentence biblique
: "coucher avec un homme comme on coucherait
avec une femme est une abomination aux yeux de
Dieu !" (Voyez à ce sujet ce courrier
de mars 2003 : Clic
! où j'évoquais la condamnation
de l'homosexualité par l'Église
naissante ainsi que sa répression par les
premiers empereurs chrétiens).
Vous conviendrez avec moi que, dans un tel contexte
d'hostilité ecclésiale, la célébration
de mariages gays dans les premières
églises chrétiennes (ou même
sur leurs parvis) me paraît rigoureusement
impossible, et, selon moi, ce bougre de Constant
n'avait donc pas à légiférer
en la matière. Défendre aux prêtres
catholiques de célébrer des mariages
homos, c'eût, par exemple, été
comme leur défendre de prêcher que
Jésus était le fils de Satan. Pas
besoin de loi pour condamner ce qui va de soi
! |
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De surcroît, dans les premiers siècles
du christianisme, même le mariage hétéro
classique, entre un homme et une femme, était
considéré avec beaucoup de suspicion.
Dans le meilleur des cas, ce n'était qu'un pis-aller
: "Mieux vaut se marier que de brûler",
disait le bon saint Paul, jamais en retard d'une formule
incendiaire. Certes, les premiers chrétiens pouvaient
se marier, mais uniquement pour mettre fin à
la concupiscence, afin d'éviter de choir dans
le grave péché de fornication, et uniquement
dans un but de procréation. Mais à tout
prendre, pour l'homme, un célibat chaste et pur,
et, pour la jeune chrétienne, une virginité
perpétuelle et dénuée d'orgueil
étaient infiniment préférables
au mariage.
Bref, pour les Pères de l'Église, il eût
mieux valu que les enfants naquissent dans les choux,
dans les roses, ou fussent apportés par la cigogne.
Mais puisque ce n'était pas le cas, il fallait
s'accommoder de ces turpitudes inhérentes à
la chute originelle… tout en évitant soigneusement
d'y prêter la main
Très longtemps, les autorités chrétiennes
évitèrent donc de se compromettre dans
ces mariages qui n'étaient guère à
leurs yeux que du "concubinage légal".
Elles se contentaient de reconnaître la validité
des unions légales romaines, tout en exigeant
que les conjoints se conforment à la morale chrétienne
(indissolubilité du mariage, relations fécondes).
Et puis c'était tout ! Pas de célébration
dans le lieu de culte, ni même de bénédiction
nuptiale. Celle-ci n'apparut progressivement qu'à
partir du IVe siècle : le prêtre bénissait
le voile de la mariée, les anneaux, ou le lit
nuptial. Ce n'est que bien plus tard, au Moyen Age,
vers les XIe et XIIe, que l'Église chrétienne
fit définitivement entrer le mariage dans sa
sphère de compétence en instituant le
sacrement du mariage. Ce n'est qu'à
cette époque que le passage à Église
devint obligatoire pour les jeunes mariés…
toujours hétéros, ça va se soi
!
Notez d'ailleurs, par parenthèse, que - vieux
fond de répugnance chrétienne à
l'égard des unions charnelles - le mariage est
le seul sacrement chrétien où le prêtre
officiant n'est qu'un témoin, les ministres
étant les deux époux.
À ce sujet, je ne résiste au plaisir
de vous citer ce petit texte, extrait d'un vieux missel,
et qui, de plus et si besoin est, vous démontrera
à quel point le mariage gay et théologie
chrétienne traditionnelle sont inconciliables
:
"Pour sanctifier la famille, cellule primordiale
de la société, le sacrement de Mariage
donne aux époux les grâces dont ils ont
un si pressant besoin, la grâce de la fidélité
absolue et constante, fidélité si difficile
au cœur inconstant de l'homme ; la grâce
de respecter la sainteté du lit conjugal, malgré
les sollicitations contraires de la concupiscence
; la grâce de se consacrer avec un inaltérable
dévouement à l'éducation chrétienne
des enfants.
Les époux sont les propres ministres de
leur mariage, et comme le Christ et son Épouse
(= l'Église catholique), à l'autel,
ils en sont, pour ainsi dire, les prêtres et
les victimes. Dans le mariage, écrit Ozanam,
il y a un sacrifice ou mieux deux sacrifices ; la
femme sacrifie ce que Dieu lui a donné d'irréparable,
ce qui fait la sollicitude de sa mère, sa première
beauté, souvent sa santé et ce pouvoir
d'aimer que les femmes n'ont qu'une fois.
L'homme à son tour sacrifie la liberté
de sa jeunesse, ces années incomparables qui
ne reviendront plus, ce pouvoir de se dévouer
pour celle qu'on aime, qu'on ne trouve qu'au commencement
de sa vie, et cet effort d'un premier amour pour lui
faire un sort glorieux et doux. Voilà pourquoi
je dis que le mariage chrétien est un double
sacrifice ; ce sont deux coupes ; dans l'une se trouvent
la vertu, la pudeur, l'innocence ; dans l'autre, l'amour
intact, le dévouement, la consécration
immortelle de l'homme à celle qui est plus
faible que lui, qu'hier II ne connaissait pas et avec
laquelle, aujourd'hui, il se trouve heureux de passer
ses jours ; et il faut que ces coupes soient également
pleines pour que l'union soit sainte, et pour que
le ciel la bénisse.
Dans ce calice il y a encore tout ce que l'affection
désintéressée suppose de part
et d'autre d'inlassable dévouement et de générosité.
Dans ce calice que les époux offrent à
Dieu, il y a les peines et les souffrances de toute
une existence à deux, il y a les douleurs et
les soucis d'un père et d'une mère qui
doivent donner à leurs enfants et entretenir
en eux la vie naturelle et la vie surnaturelle.
Aussi l'Église conseille-t-elle aux époux
d'offrir cette coupe d'or toute pleine du sang, peut-on
dire, de leur âme, en union avec l'offrande
du calice d'or rempli du sang de jésus, de
qui leur viendra toute force et toute grâce.”
Amen !…
Pour conclure en revenant à Constance,
il m'est donc difficile d'imaginer que le christianisme
originel aurait admis le mariage gay alors que, d'une
part, il avait déjà beaucoup de mal à
sanctifier celui d'un homme et d'une femme, et que,
d'autre part, il abhorrait l'homosexualité.
En outre, comme je le signalais dans cet
ancien courrier, il me paraît assez vain,
voire dangereux, de chercher dans l'Antiquité
des précédents qui justifieraient des
tolérances modernes. Si le mariage homo est reconnu
dans mon pays, en Belgique, ce n'est pas parce que des
peuples d'une Antiquité quelconque (et imaginaire)
le connaissaient, mais parce qu'aujourd'hui, une majorité
significative de Belges estiment qu'il est normal que,
quel que soit le sexe des partenaires, tous les couples
souhaitant légaliser leur union bénéficient
des mêmes dispositions légales. Au fond,
si nous acceptons le mariage homosexuel, c'est parce
que nos sociétés démocratiques
occidentales reposent sur un principe d'égalité…
Ce qui n'était évidemment pas le cas des
civilisations antiques, foncièrement esclavagistes
et brutalement inégalitaires ! |
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| Pierre
réécrit : |
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Merci
de votre réponse exhaustive et étayée.
Étant moi-même issu du Québec des
années cinquante, une société ultra-catholique
entièrement manipulée par les soutanes
et les cornettes, j'ai grandi dans un univers où
le fait de manger autre chose que du poisson le vendredi
était socialement « un manquement grave
», où le journal de Spirou était
« approuvé pour le dortoir »
et où, comme vous l'avez très bien évoqué
en parlant du passé, le célibat et la
virginité étaient le modèle de
la perfection vers laquelle tout être humain se
devait de tendre.
La vision du mariage véhiculée
par l'Église catholique de l'époque était
en fait stratosphériquement éloignée
de la chose « sacrée » pour laquelle
certains dinosaures de l'Esprit montent maintenant aux
barricades ici, en Amérique, sous prétexte
de défendre rien de moins que les fondements
de la civilisation. Imaginez : :
1. Le premier choix de tout jeune québécois
devait être celui de la prêtrise.
2. À défaut, s'il ne pouvait assumer le
seul appel vraiment digne d'un homme bien né,
il pouvait se résoudre à être célibataire.
3. Si même ce statut était trop élevé
pour lui, il pouvait descendre encore au niveau du sacro-saint
mariage, mais sans relations sexuelles (sic)
!!!
4. Par contre, s'il le fallait vraiment, compte tenu
de ses faiblesses, il lui était possible de s'avilir
davantage, jusqu'au mariage consommé, soit le
dernier niveau de la condition humaine qui fut «
acceptable » ici. Ce dernier étage constituait
très majoritairement (et humainement) celui de
ce que nous appelions en reniflant « le peuple
» dans ma famille, ceci sur un ton d'une condescendance
inimitable (et heureusement disparue au cours de ce
que l'on appela ici la « révolution tranquille
»).
Du fait que, malgré sa
bassesse, l'état matriarcal était préférable
à « la sexualité débridée
des païens et des animaux », il nous était
enseigné à l'école que l'union
d'un homme et d'une femme « pouvait » parfois
être bonne car elle « pouvait »
souvent contribuer à assurer le « Grand
Dessein de Dieu » pour la suite du monde (et cela
malgré l'impureté de la femme, source
du Péché Originel). Mais, à l'époque,
les petites gens condamnés à vivre pareil
avilissement au péché de la chair connaissaient
leur classe et leur rang (le dernier) et en avaient
honte. Mes parents devaient conséquemment se
sentir doublement inclus dans cette dégringolade
morale et sociale, puisqu'ils étaient rien de
moins que des anges déchus !
Il y a moins de cinquante ans
de cela, mais quand même, quelle époque
! En vérité, en vérité,
je vous le dis, quel pouvoir nous avions au sein de
cette société-là... Je dis «
nous », car étant moi-même le fruit
de l'union théoriquement et socialement condamnable
d'un clerc et d'une religieuse, j'ai grandi entouré
de chanoines, de mères supérieures et
d'évêques tout puissants (issus des deux
familles) dans une espèce de cocon doré
(je n'ai jamais fait la queue nulle part dans mon enfance,
car tout cédait « magiquement » le
passage devant les soutanes et autres corneilles empesées
qui m'entouraient). Belle hypocrisie en vérité
que celle de ce système social où les
enfants du péché issus du système,
comme moi, avaient « de facto »
préséance sur « les autres »
du seul fait de leur origine quasi divine (après
tout, n'étions-nous pas issus des rangs des élus
du Seigneur) ? Il y a des jours où il me semble
avoir été pape et je n'avais même
pas 8 ans... Passons, même si Alexandre VI fut,
à bien y penser, un modèle humainement
très tentant à imiter !
Vatican II a détruit tout
ce microcosme, mais je ne regrette absolument pas le
sentiment de toute puissance qui auréolait ma
« famille » à cette époque,
même si aujourd'hui je combattrais semblable société
si elle existait encore ici, car ce passé à
la fois proche à l'échelle humaine et
déjà lointain à l'échelle
sociale m'aide à appréhender sereinement
les « différences » à
l'échelle planétaire et séculaire
entre les cultures. Bref, pour l'Église locale
(du moins le peu qu'il en reste), je suis très
certainement à la fois un péché
vivant et une saloperie d'ingrat. Ajoutons que si en
plus j'étais homosexuel, je serais sans aucun
doute pour eux l'Antéchrist, mais la nature m'a
ainsi fait que je dois renoncer - à mon grand
regret - à cette haute et très tentante
fonction ! §:o)
Tout ceci pour vous dire que
je suis franchement conscient de ce qu'était
l'Église de Saint-Thomas d'Aquin et de ses successeurs,
ainsi que très sensible son hostilité
viscérale à tout plaisir charnel quel
qu'il fut. Mais je sais aussi que, dans cet univers
théocratique, constipé et hypocrite, il
y avait très largement place pour des «
accommodements », en fonction des personnes à
accommoder et de la puissance temporelle de leurs géniteurs
et cela récemment (1956-1964) comme sans nul
doute antérieurement (disons les deux derniers
millénaires, pour faire bonne mesure).
Ce pourquoi je n'ai pas été
vraiment surpris, à la lumière de travaux
de certains chercheurs de l'Université Yale,
d'apprendre qu'il y aurait eu antérieurement
une Église beaucoup plus ouverte sur la question
des unions religieuses entre personnes de même
sexe que ce que ma culture sclérosée pouvait
ne serais-ce qu'imaginer. En fait, semblables cérémonies
qui, malgré leur caractère franchement
« déviantes », me paraissent plausibles
du fait de mon propre vécu en matière
d'exception issue d'une orthodoxie toute puissante,
apportent logiquement une perspective nouvelle sur l'Église
des premiers siècles ainsi que, naturellement,
de l'eau au moulin des tenants d'une officialisation
tant religieuse que civile des unions de conjoints de
même sexe malgré leur caractère
instinctivement improbable aux simples mortels que nous
sommes.
Il nous faut refuser les certitudes,
car elles mènent à l'erreur, mais également
questionner les idées nouvelles !
À ce propos, un correspondant
m'a promis de tenter de me transmettre sous peu (je
l'espère) le texte latin de l'édit de
342 promulgué par l'empereur Constant sur le
bannissement des unions homosexuelles des églises
d'Italie et de Sicile, ainsi que la référence
sur les rites religieux « pour faire des frères»
ayant été codifiés vers l'an 740
et subséquemment. Il semblerait que cette première
tentative de l'empereur Constant ait été
contrecarrée par son successeur païen (ou
apostat ?), ce qui expliquerait sa mise en application
effective seulement un demi-siècle plus tard
par Théodose (toutefois avec un effet mitigé
et ce au moins jusqu'au XIe siècle), tout cela
bien avant les saints bûchers expiatoires que
mettront en place une bande de sadiques au moins aussi
pervers que ce qu'ils prétendaient réprimer,
lesquels ont cependant fortement influencé notre
manière d'appréhender le monde ici-bas
et je le déplore autant que je m'en méfie.
Par exemple, a votre remarquable
réponse ci-dessus, j'ignorais totalement que
l'empereur Constant était lui même un sodomite
(en bon Nord-Américain, j'imaginais plutôt
que c'était une manière de texan fruste,
borné et inculte manipulé par des religieux
extrémistes), mais j'aurais pourtant dû
le subodorer, ne pouvant à la réflexion
que citer ce bon vieux Claude comme empereur strictement
hétéro (au sens où nous l'entendons
aujourd'hui) au sein d'une longue liste de gens ayant
exercé le métier à (vraiment très)
haut risque d'empereur des romains.
Ceci dit, ce ne serait pas la
première fois qu'un puissant personnage politique
se livre paradoxalement à la persécution
acharnée de « ceux de son espèce
». Ici, le souvenir de Hoover (le tout puissant
chef du FBI) est encore frais dans bien des mémoires
puisqu'il avait ses émules de notre côté
de la frontière, et qu'ils étaient au
moins aussi hypocrites et déviants que lui.
Mais peu importent ! Retenons
que le délire judéo-chrétien totalement
artificiel dans lequel j'ai grandi au siècle
dernier valorisait plus volontiers les fratries et les
sororités, que « la bestiale fornication
où s'avilissaient le prolétariat et les
païens ». À l'instar de ce qui se
fit en Europe pendant des siècles, l'institution
du mariage au Québec des années Duplessis
(une manière de Salazar ou de Franco local) était,
comme vous l'avez si bien exprimé, « un
pis aller » dans le cadre d'un vieux fond de répugnance
envers le péché de la chair (en fait,
c'était TOUJOURS un péché, même
dans le cadre du devoir conjugal, que de jouir) et toute
« personne bien née » devait fuir
cet état sous peine de déchéance
sociale envers les personnes de son Rang. Ridicule,
mais affreusement exact, et tout cela en valorisant
en sourdine la famille, le travail et la patrie (slogan
connu se passant de commentaires) ce qui était
par ailleurs en absolue contradiction avec l'idéologie
inculquée dans toutes nos écoles !
Aussi, à la lumière
de ces années à la fois lumineuses et
sombres de mon enfance, je m'interroge sur la logique
interne ayant pu cautionner d'éventuelles unions
homosexuelles sanctionnées par le pouvoir religieux
en place aux premiers siècles de l'ère
chrétienne. Il me semble que c'est une possibilité
que nous ne pouvons pas écarter malgré
un évident non-sens doctrinal. Ce n'était
pas si bête au fond ; c'était un cul de
sac génétique et en plus ça éloignait
de bons chrétiens de la source primordiale du
MAL qui était indubitablement la femme (et son
impureté) dans la démonologie biblique.
Bien sûr, cela allait à l'encontre de deux
ou trois lignes dans le Lévitique, mais cela
était par ailleurs en harmonie avec la singulière
vie de Jésus, lequel vivait en célibataire
(bien qu'il ait passé trente ans bien sonnés)
et cela entouré d'hommes qui avaient plaqué
femmes et enfants pour vagabonder à ses côtés
par-dessus le marché... Situation singulièrement
des plus inusitées pour un juif (et encore davantage
pour un rabbi) à moins que nous n'imaginions
des choses absolument innommables pour les gens bien
pensants que nous sommes (ou devrions être selon
nos parents)...
Je ne manquerai pas de vous
transmettre les documents anciens que j'attends avec
impatience et vous assure dans l'intervalle de mon très
grand intérêt envers votre site dont j'apprécie
particulièrement le ton rafraîchissant
ainsi que la rigueur intellectuelle exemplaire dont
il fait preuve.
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| RÉPONSE
: |
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| Ce serait vraiment très
sympathique de me transmettre ces documents relatifs
à ce fameux décret de Constance
(par parenthèse, on peut très bien être
un Texan fruste, borné, intolérant, manipulé
par son clergé et être néanmoins
- excusez l'expression - "pédé comme
un phoque" : il suffit d'allier la tartufferie
à la bêtise !). Dans mon mail précédent,
je ne faisais guère qu'émettre, a
priori, l'hypothèse d'une Église
primitive certainement aussi peu favorable au "crime
pédérastique" (comme dirait
Brassens) que celle qui verra le jour après Constantin
et son Triomphe de la croix. Mais comme je
ne suis pas borné et que le problème de
la réalité ou de l'inexistence de mariages
homos chrétiens aux doux temps d'Hadrien et d'Élagabal
ne m'empêchera pas de dormir du sommeil du juste,
je ne demande qu'à être convaincu par d'irréfutables
documents.
C'est vrai qu'à la réflexion, votre raisonnement
se tient. Il n'est peut-être pas exclu que des
Églises hérétiques qui
insistaient sur la nature démoniaque de la Création
et qui rejetaient toute référence aux
Écritures sacrées juives (et en particulier
aux anathèmes homophobes du Lévitique),
aient pu considérer que les infécondes
unions homosexuelles étaient, à tout prendre,
moins peccamineuses que ces copulations légales
qui perpétuaient l'œuvre de Satan. Si des
chrétiens hérétiques -
mais l'on sait que, dans la première église,
les hérésies précédèrent
longtemps le dogme et les exceptions furent
peut-être longtemps une règle assez commune
- tinrent ce raisonnement tordu, alors la condamnation
par Constance de ces déviances à la fois
théologiques et morales devient sans doute possible.
Mais quoi qu'il en soit, toute info relative à
cette question sera la bienvenue. |
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| 4 Février 2005 |
| Mulot
a écrit : |
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Je
suis tombé par hasard sur votre site et du même
mouvement sur la question concernant ce que les Romains
connaissaient de la Chine (voir ici
: Clic
!).
Des textes, Han me semble-t-il, attestent le débarquement
de commerçants Romains, en 166, dans la région
de Saigon qui, alors appartenait à la Chine.
Le commerce de la soie en était la cause.
Ils nommaient la Chine "le Pays des SERES".
Auparavant la soie fut importée en Europe en
passant par le Grand Tibet (sans doute à travers
le Petit Tibet et la Boukharie, par-delà la Perse,
etc). Les Romains nommaient le pays Serica.
Attestations :
- Emmanuel KANT, Projet
de paix perpétuelle
- Bernard WERBER, "Encyclopédie
des savoirs absolus et relatifs" :
Bateleurs en Chine : "Les annales de l'empire
chinois signalent aux environs de l'an 115 de notre
ère l'arrivée d'un bateau, vraisemblablement
d'origine romaine, que la tempête avait malmené
et qui s'échoua sur la côte après
des jours de dérive. Or les passagers étaient
des acrobates et des jongleurs qui à peine
à terre voulurent se concilier les habitants
de ce pays inconnu en leur donnant un spectacle. Les
Chinois virent ainsi - bouche bée - ces étrangers
au long nez cracher le feu, nouer leurs membres, changer
les grenouilles en serpents, etc. Ils en conclurent
à bon droit que l'Ouest était peuplé
de clowns et de mangeurs de feu. Et plusieurs centaines
d'années passèrent avant qu'une occasion
de les détromper ne se présente."
- Jean-Noël ROBERT, Quand
les Romains allaient en Chine : Clic
!
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| RÉPONSE
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| Merci pour toutes ces
intéressantes attestations.
Le texte amusant de Bernard WERBER concernant le "choc
des civilisations" provoqué par le débarquement
en Chine de bateleurs romains ne m'était pas
inconnu. Je le cite d'ailleurs dans un courrier, échangé
en mai 2003 avec une autre sympathique internaute, où
j'évoque ce que les Chinois savaient de Rome
(voir ici : Clic
!). Et puisque le sujet paraît vous intéresser,
je me permets de vous signaler, au cas où vous
ne l'auriez pas repéré, cet autre ancien
courrier traitant de l'étrange aventure de
légionnaires de Crassus, dont les descendants
habiteraient encore les confins de la Chine. |
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| 5 Février 2005 |
| "Titif"
a écrit : |
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| Pour
dimanche maxi il me faudré la biographie
de Dion Cassius. jsui en fac d'histoir. le site
é super il va bocou m'aidé. j'atten vite
ta réponse au pire dan la semaine. merci é
encor bravo. |
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| RÉPONSE
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| Dion Cassius (Cassius
Dio Cocceianus) était un proche
parent, probablement le petit-fils, de l'orateur célèbre,
Dion de Pruse, dit Chrysostome (= “Bouche
d’Or”), et était, comme lui, originaire
de Bithynie. Son père, Cassius Apronianus, sénateur
romain, occupa les postes de gouverneur de Cilicie et
de Dalmatie.
Les rares détails connus concernant la vie de
Dion proviennent d’allusions occasionnelles rapportées
dans son œuvre. On situe généralement
sa date de naissance entre 155 et 164 ap. J.-C. Nous
savons qu'il accompagna son père lors de son
dernier gouvernorat de Cilicie, et l'on suppose qu'il
vint à Rome après la mort de ce dernier,
probablement vers 180. En effet, lorsqu’il décrit
le comportement de Commode
envers le Sénat et d'autres événements
du début du règne de cet empereur, il
déclare que son récit est dorénavant
le fruit d’observations personnelles et non de
quelconques rumeurs. Il semble donc raisonnable de penser
qu'était déjà membre du Sénat
à cette époque, il devait alors être
âgé d'au moins vingt-cinq ans.
En 193, Pertinax
lui promit la préfecture du prétoire pour
l’année suivante, mais cet empereur, puis
son successeur (Didius
Julianus), ayant été renversés,
il dut attendre le règne de Septime
Sévère (193-211) pour assumer cette
fonction.
Le début du règne, relativement modéré,
de ce souverain suscita l’enthousiasme de Dion
et lui parut comme l’annonce d’une nouvelle
ère glorieuse et prospère. C’est
sans doute à ce moment que Dion Cassius entreprit
la rédaction de son œuvre littéraire.
Il commença par un petit ouvrage sur les rêves
et les présages qui avaient annoncé le
règne glorieux de Septime Sévère.
Il est probable qu’il tenait le récit des
prodiges relatés dans cet opuscule, aujourd'hui
perdu, de la bouche de l’empereur lui-même.
Croyait-il lui-même à ces fables ? C’est
fort possible puisque les textes que nous avons gardés
de lui n'omettent jamais de mentionner ce genre de prodiges.
Quoi qu’il en soit, l'accueil favorable que l'empereur
réserva à cette œuvre courtisane
encouragea Dion à rédiger une histoire
des événements qui avaient précédé
l’accession au trône de son impérial
sponsor. Naturellement, cette œuvre, aussi
"politiquement correcte" que la précédente,
fut elle aussi fort bien reçue, tant de l’empereur
que du public. Et notre Dion Cassius, flatté
dans sa vanité d'auteur, d'aiguiser à
nouveau sa plume afin d'entreprendre son œuvre
majeure, la seule dont nous pouvons encore lire certaines
parties, une grande Histoire de Rome, de la
fondation de la Ville jusqu’à son époque.
Sous prétexte de se consacrer à ses travaux
d’écriture, mais en réalité
parce qu’il était de moins en moins d’accord
avec la politique, arbitraire et violente, de l’empereur,
Dion Cassius se retira alors presque complètement
de la vie publique, et passa le reste du règne
du Septime Sévère dans sa villa des environs
de Capoue.
En 216, il accompagna Caracalla,
fils et successeur de Septime Sévère,
lors de le son expédition en Orient. Il passa
l’hiver suivant à Nicomédie, mais
ne participa pas à la guerre contre les Parthes.
Macrin, assassin
et successeur de Caracalla, le nomma à la tête
des villes de Pergame et de Smyrne, en tant que curator
ad corrigendum statum civitatum (genre de censorat
local ?), fonction dans laquelle le confirma Élagabal,
le successeur de Macrin. Sous Alexandre
Sévère, il devint préfet d’Afrique,
puis fut nommé gouverneur successivement en Dalmatie
et en Pannonie. En 229, il obtint un deuxième
consulat, avec l’empereur en personne comme collègue.
Mais certaines mesures autoritaires, qu'il avait prises
lors de gouvernorat de Pannonie et que les soldats avaient
jugées trop sévères, l’avaient
rendu impopulaire auprès des Prétoriens,
ce qui l'obligea à se tenir éloigné
de Rome. Bientôt, il obtint la permission de se
retirer définitivement dans sa ville natale de
Nicée. À cette époque, Dion Cassius
avait déjà atteint l’âge,
respectable pour l’époque de 70 ans. On
ne sait rien de plus à son sujet.
On situe généralement sa mort vers 235
ap. J.-C., mais c’est peut-être un peu trop
optimiste…
Son Histoire romaine, en 80 livres et écrite
en grec, relate donc tous les événements
historiques de l'arrivée d'Énée
en Italie jusqu'à 229, soit l'année du
consulat de son protecteur, l'empereur Alexandre Sévère.
Malheureusement seuls les livres 36 à 60 (couvrent
la période de 69 av. J.-C. à 46 ap. J.-C.)
sont conservés dans leur intégralité.
Il subsiste également des fragments étendus
des livres 1 à 35. D’autre part, on peut
se faire une idée du contenu des livres perdus
grâce à l'abrégé des livres
61 à 80 qu'en a donné l’historien
byzantin Jean Xiphilin (IXe siècle). Pour le
siècle d'Auguste, Tite-Live constitue bien évidemment
la source narrative privilégiée. Pour
le Haut Empire, l'on doit se référer,
en premier lieu, à Tacite. Bien qu'incomplète,
l'œuvre de Dion Cassius n'est pas sans valeur,
même si l'on déplore également que
le jugement de l'écrivain soit souvent obscurci
par ce sentiment d'attachement par trop excessif qu'il
affiche envers la personne et la politique impériales.
On peut résolument encore considérer Dion
Cassius comme un écrivain atticiste qui colore
son œuvre d'une touche archaïsante et excelle
à composer des discours fictifs, aussi étendus
qu'abondants où il fait généreusement
appel aux procédés de la rhétorique
antique.
(Sources : Site LacusCurtius
: Clic
!, et Dictionnaire des Auteurs grecs et latins
de l'Antiquité et du Moyen age, Edtions
Brepols, 1991) |
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