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Janvier 2005 (page 2/2)
Sommaire du mois de Janvier : Clic
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| 18 Janvier 2005 |
| Ch-Martin
a écrit : |
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Je fais
des recherches sur le nom de Munda, donc
bien évidemment sur la fameuse bataille.
1.
Quelle est l'année exacte de cette bataille
(je pense 46 av JC) mais je trouve aussi la date de 214
av JC sur le Web ?
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| RÉPONSE
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| La bataille de Munda (auj.
Montilla, près de Cordoue) a eu lieu le 17 mars
45 av. J.-C.
Pour info, j'ai déjà eu l'occasion d'évoquer
la bataille de Munda dans les pages de mon site internet.
Au cas où vous n'auriez pas déjà repéré
ces passages et que vous voudriez en prendre connaissance,
voici les liens qui vous permettront d'y accéder
directement :
- Notice biographique de Jules César - Bataille
de Munda : Clic
!
- Quelques mots sur Titus Labienus, mort à Munda
: Clic !
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2.
Les Romains de cette époque avaient-ils
l'habitude de prendre des esclaves dans les peuples battus
?
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| RÉPONSE
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| Oui, bien sûr…
À cette époque, les lois de la guerre voulaient
que le sort de l'ennemi vaincu dépende uniquement
du bon plaisir de son vainqueur. S'il était magnanime,
il passait l'éponge, mais s'il avait tripe cruelle,
il exterminait tout. Entre ses deux mesures extrêmes,
il pouvait aussi choisir de réduire toute la population
en esclavage, ou seulement les femmes et les enfants, après
avoir occis les hommes en âge de combattre. C'est
cette option que choisit souvent César
- un chef dont la clémence était pourtant
proverbiale (voir ici : Clic
!) lors de la Guerre des Gaules.
Cependant, il ne faut pas croire que les Romains se distinguaient
fondamentalement des autres peuples de l'Antiquité.
Toutes - absolument toutes - les civilisations anciennes
étaient esclavagistes, et la guerre représentait
le meilleur moyen d'étoffer ou de renouveler le stock
de main d'œuvre servile indispensable au bon fonctionnement
de leurs économies. Mais d'un autre côté,
on doit aussi remarquer qu'en matière de "déplacements
de populations", de "génocides", de
"crimes de guerre", bref de ces notions modernes
qu'ils auraient sans doute trouvées pour le moins
bizarroïdes, les Romains ne se montrèrent ni
plus sauvages, ni plus inhumains que bien d'autres peuples
conquérants, anciens ou modernes. Pour eux la guerre,
mal nécessaire (si vis pacem, para bellum),
était, inévitablement, toujours horrible et
cruelle. D'ailleurs, les bas-reliefs des colonnes de Trajan
et de Marc
Aurèle sont à cet égard mille fois
plus réalistes et crûment explicites qu'aujourd'hui
les images de "frappes chirurgicales" retransmises
par CNN ou Fox-News. Cependant, une fois les vaincus soumis
au joug de Rome, la Paix romaine succédait
bien vite aux horreurs nécessairement inhérentes
à la guerre. La plupart du temps, les vaincus d'humble
condition, qui n'étaient ni dirigeants ni combattants,
et qui avaient eu la chance d'échapper à l'esclavage
et à la mort, reprenaient le cours normal de leur
existence, n'ayant, en somme, que changé de maître.
Or, les maîtres romains n'avaient nul intérêt
à asservir physiquement ou à ruiner des populations
qui leur versaient annuellement des impôts substantiels.
Comme le disait l'empereur Tibère
: "un bon berger tond ses moutons, il ne les écorche
pas !". |
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| 18 Janvier 2005 |
| Anne-Sophie
a écrit : |
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Je suis
à la recherche du nom latin de la ville de
Pauillac, dans le Médoc, en France
Pourriez-vous m’aider ? |
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| RÉPONSE
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| D'après le peu que
j'en sais, c'est-à-dire ce que je viens de découvrir
dans ce vénérable bouquin qu'est La Gaule
de Ferdinand LOT, il semblerait bien que tous les noms de
localités du genre Pouilly, Pouillé, Pauliat,
Paulhac, et autre Pauillac dériveraient
du même nom latin "Pauliacus".
Reprenons le susmentionné vénérable
bouquin :
"Le suffixe « ~acus », «
~iacus » (…) accolé à un
nom de personne (…) atteste qu'une terre,
un domaine, appartient à tel ou tel (…)
: « Brennacus » (Berny) est la terre de
Brennos ; « Juliacus » Juilly) est
la terre de Jules.
Les noms de lieux de ce type emplissent par milliers notre
« Dictionnaire des postes ». Ce sont les
noms de nos communes, de nos « paroisses »,
comme on disait avant 1790, et nos villages représentent,
quasi immuables en leurs limites depuis vingt siècles,
l'étendue d'un domaine de noble gaulois, son seigneur,
à l'époque romaine et même antérieurement.
Si l'appellation s'est conservée immuable, c'est,
avons-nous vu, qu'elle était inscrite sur les registres
du fisc romain. Elle était officielle et, quels
que fussent les partages du domaine, l'administration
financière n'en persistait pas moins à considérer
les parties léguées, vendues ou données,
comme du ressort d'un tout, la villa, pour la commodité
dans la perception des impôts. Ainsi fixé,
le nom du premier propriétaire soumis à
l'impôt foncier persiste au cours des âges.
Le nom du propriétaire est un nom romain. C'est
que le cadastre n'a été exécuté
que pendant le Ier siècle de notre ère,
à une époque où les propriétaires
nobles gaulois avaient pris des noms romains.”
(Ferdinand LOT, La Gaule, Arthème Fayard,
1967).
À l'époque romaine, Pauliacus,
la future ville de Pauillac, aurait donc été
le domaine d'un certain Paul (latin Paulus), riche
romain (ou gallo-romain) sans doute déjà amateur
des bons crus du Médoc. |
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| 22 Janvier 2005 |
| Maude
et Lorraine ont écrit : |
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Lycéennes
en terminale S, nous effectuons actuellement des recherches
pour nos TPE (travaux personnels encadrés).
Nous avons choisi d'étudier le sujet des poisons
dans l'Antiquité, et en particulier la mort de l'empereur
Claude et celle de Britannicus.
Nous avons déjà posé
des questions à M. Michel Eloy du site
Péplum, qui nous a gentiment aidées, et
le votre propre site est une mine de renseignements - à
ce propos, félicitations ! - mais il nous reste encore
beaucoup de questions ...
Tout d'abord, nous avons lu sur
votre site que M. Robert Ambelain avait avancé
l'hypothèse d'un empoisonnement récurrent
de Néron par sa mère. Comme vous
le dites, bien que séduisante elle est difficilement,
même plutôt impossible à vérifier.
Nous aimerions cependant, sinon nous lancer dans une grande
analyse, du moins en parler dans notre travail. Le livre
étant épuisé chez l'éditeur
et ne l'ayant pas trouvé d'occasion, accepteriez-vous
si vous l'avez de nous communiquer le passage ayant un
rapport avec cette affaire ?
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| RÉPONSE
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| Voici donc le texte de Robert
AMBELAIN relatif au très hypothétique empoisonnement
de Néron par chère môman, l'ambitieuse
et démoniaque Agrippine.
Par quel cheminement
mystérieux, Lucius Domitius Ahenobarbus,
empereur sous le nom de Néron César,
du sage empereur, pacifique et doux lui aussi, devint-il
le personnage scandaleux de ses dernières années
? Dès à présent nous donnons
la réponse, le lecteur saisira mieux par la
suite le déroulement de cette tragique destinée.
« Néron naquit à Antium, neuf
mois après la mort de Tibère, dix-huit
jours avant les calendes de janvier, précisément
au lever du soleil, en sorte qu'il fut frappé
de ses rayons presque avant la terre. » (Cf.
Suétone, Vie des Douze Césars,
Néron, VI' livre) (1).
Antium est une ville située un peu au sud de
Rome, à environ cinquante kilomètres.
Le dix-huitième jour avant les calendes de
janvier, cela nous amène au 14 décembre,
mais en style julien. Ajoutons donc onze jours pour
retrouver l'ère grégorienne exacte,
et nous avons le 25 décembre, jour de la grande
fête annuelle de Mithra, le dieu protecteur
des légions romaines, le « Sol invictus
», ou « soleil invaincu », celui
qui marche devant leurs enseignes.
L'heure natale de Néron, pour la latitude d'Antium,
est donc 7 h 30 du matin, et le Soleil se trouve au
quatrième degré du Capricorne. Nous
donnons ci-dessous le thème astrologique du
sujet, pour les lecteurs que cet aspect de l'étude
intéresse. Observons en passant que le thème
donné par Julevno dans le Traité
d'Astrologie (tome I) est faux (2).
Dans la maison IX du ciel, nous trouvons l'étoile
Zosma, delta du Lion. Selon la tradition classique,
elle fait prévoir : « Égoïsme,
impudeur, immoralité, danger de poison,
troubles cérébraux. »
Et maintenant, relisons Suétone en son quatrième
livre, consacré à Caligula :
« Mais quelquefois cependant, pris d'une subite
défaillance, il pouvait à peine marcher,
se tenir debout, revenir à lui, et se soutenir.
Quant à son désordre mental lui-même
s'en était aperçu, et plus d'une fois,
il projeta de se retirer pour se dégager le
cerveau. On croit que sa femme Caesonia (3)
lui fit prendre un philtre et que celui-ci le rendit
fou. Il souffrait tout particulièrement
de l'insomnie, car il ne dormait pas plus de trois
heures par nuit ; encore ce repos n'était-il
pas complet, mais troublé par des visions étranges.
Une fois, entre autres, il rêva qu'il s'entretenait
avec le Spectre de la Mer. Aussi, d'ordinaire, pendant
une grande partie de la nuit, las de veiller et de
rester couché, tantôt il demeurait assis
sur son lit, tantôt il errait à travers
d'immenses portiques, ne cessant d'attendre et d'invoquer
le jour... » (Cf. Suétone : Vie des
Douze Césars, livre IV, Caligula, 50).
(4)
A cette époque à Rome, règne
une célèbre empoisonneuse, Locuste.
Elle sera mise à mort en 68, sous le règne
de Galba. Elle avouera, sous la torture, avant de
mourir, avoir fourni le poison qui fit périr
Britannicus. Comme on ne lui demanda pas de détails
sur ses relations avec Caesonia, il n'y a donc qu'une
présomption pour qu'elle ait également
fourni celui qui rendit fou Caligula.
Observons toutefois que les solanées entraient
pour une part importante dans la composition des philtres
de mort, car elles entraînaient des troubles
préalables qui pouvaient faire croire à
une maladie cérébrale. Mais si le philtre
était insuffisant, si le sujet, traité
à temps, pouvait échapper à la
mort, il y avait malgré tout des séquelles
graves, et des troubles cérébraux en
résultaient immanquablement. Il en était
de même d'ingestion de poisons à base
mercurielle, lésant lentement mais irrévocablement
le cerveau.
Or, négligeons ce que révèle
le thème astrologique de Néron, la menace
de mort par la mère, figurée
par la Lune en la VIIIe maison du ciel, frappant d'opposition
Mars, seigneur par « exaltation » de l'Ascendant,
il reste que cette mère assoiffée de
domination et de pouvoir, n'hésitant pas pour
cela à tenter de séduire son propre
fils, et venant s'offrir en plein jour, parée,
et en la tenue propre à l'inceste, (cf. Tacite
: Annales, XIV, 2), cette femme qui, dès
l'enfance, s'était prostituée à
Lepidus par ambition de régner, puis pour la
même raison, à l'affranchi Pallas, qui
avait organisé le meurtre de Claude, puis celui
de Britannicus, cette femme commencera à haïr
son fils à partir du moment où il lui
interdira de se mêler des affaires de l'État.
Chacun la sait capable de n'importe quel crime, et
Sénèque et Burrhus, qui furent les précepteurs
de Néron et sont maintenant ses conseillers,
l'avertissent sans cesse du danger. Burrhus, préfet
du prétoire, raisonne en homme de guerre, si
Sénèque le fait en philosophe : de la
reine mère ou de lui, un des deux doit disparaître.
Mais avant que
ce démon femelle ne soit mis hors d'état
de nuire, le mal sera fait. Bien sûr,
Agrippine ne veut pas, peut-être, la mort
de son fils. Elle sait qu'un nouvel empereur
ne lui laisserait aucune chance de régner.
Mais si Néron, rendu dément par
un poison bien composé, perd tout contrôle,
se coupe du peuple romain, il suffira de le
laisser s'engluer peu à peu dans la débauche
et l'ivrognerie pour gouverner l'empire à
sa place. Ce plan ne réussit qu'à
moitié ; lorsque Néron se résignera
à faire disparaître le monstre
qu'il avait pour mère (et qu'il avait
tant aimé, cependant), il sera trop tard,
le coup aura été porté.
Ce qui est certain, c'est que l'exécution
d'Agrippine, à une époque où
de telles mesures étaient choses banales
et courantes, cette exécution ne sera
jamais reprochée à Néron.
A son retour à Rome, le peuple acclamera
l'empereur, et le Sénat le glorifiera
pour cette décision, car Agrippine était
communément haïe (5).
Ainsi donc, nous pouvons dès maintenant
dissocier l'existence de Néron en deux
parties. L'une couvrira les années de
sagesse, l'autre les années de folie.
Robert AMBELAIN, La vie secrète de
saint Paul, Robert Laffont, 1972
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NOTES (de R. Ambelain) :
(1) Cette date correspond
à l'an 37 de notre ère. - Retour
texte
(2) Pour le public,
de plus en plus nombreux, s'intéressant
à l'astrologie, nous donnons ci-après
les positions planétaires et la domification
du ciel natal de Néron, d'après
les données de Suétone : AS :
3°46 du Capricorne - II : 14° Verseau
- III : 26° Poissons - FC : 29° Bélier
- V : 23° Taureau - VI : 14° Gémeaux
- VII : 3°46 Cancer - VIII : 14° Lion
- IX : 26° Vierge - MC 29° Balance -
XI : 23° Scorpion - XII : 14° Sagittaire
- Soleil : 31,55 Capricorne - Saturne : 10°
Capricorne - Mars : 22° Verseau - Neptune
: 9° Poissons - Lune : 9° Lion - Vénus
: 5° Balance - Uranus : 21° Balance
- Jupiter : 17° Scorpion - Mercure : 19°
Sagittaire - ARMC : 13 h 46, T.S. : 18 h 16
- Latitude : 41°54.
On observera soigneusement en ce thème
les antisces et contreantisces, ils sont importants.
C'est ainsi que l'antisce de Vénus sur
la cuspide de la IIIe maison du ciel montre
que le sujet aimera ses frères ; ce qui
confirme que ce ne fut pas Néron qui
fit empoisonner Britannicus, son beau-frère.
- Retour texte
(3) Caesonia fut tuée
d'un coup de glaive, et sa fillette écrasée
contre un mur, au cours de l'assassinat de Caligula
par les conjurés que conduisaient Chaerea
et le tribun des cohortes Cornelius Sabinus
(Cf. Suétone : op. cit.). - Retour
texte
(4) Déjà
Lucrèce, le poète latin, né
à Rome en 99 avant notre ère,
et mort en -55, à quarante-quatre ans,
avait été la victime d'un philtre
que lui fit absorber une maîtresse jalouse,
et qui le rendit fou. Au cours d'une période
de lucidité, se rendant compte de sa
déchéance, l'auteur du De natura
rerum se suicida. - Retour
texte
(5) N'oublions jamais
en effet qu'aucun reproche ne fut fait à
Auguste pour l'exil de Julia, sa fille débauchée,
ni à Tibère pour la mort de Sabinus,
de Germanicus, et de tant d'autres. On ne reprocha
pas à Claude d'avoir fait exécuter
Messaline pour ses débordements nocturnes
dans les lupanars, ni à Caligula d'avoir
fait tuer Gemellus. La joie du peuple romain
à l'exécution d'Agrippine, et
celle du Sénat romain, ne doivent donc
pas surprendre.- Retour
texte |
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Dois-je vous dire que je suis très loin de partager
les vues, à mon sens très aventurées,
de M. Ambelain ? Certes, la conscience de la mère
de Néron
ne pesait pas bien lourd en regard de son inextinguible
soif de pouvoir. Mais, d'un autre côté, elle
ne pouvait assouvir cette soif que si que son rejeton joufflu
restait en vie, sinon en bonne santé. Dès
lors, je n'ai pas l'impression qu'Agrippine
aurait jamais pris de risque de "scier la branche sur
laquelle était assise" en tentant sur son fils
une expérience aussi dangereuse qu'une intoxication
au mercure ou aux solanées. En outre, pour obtenir
l'effet souhaité, ces substances devaient sans doute
être administrées à petites doses mais
fréquemment, ce qui nuisait considérablement
à la discrétion de l'opération ainsi
qu'à la sécurité de l'empoisonneuse
présumée. Bref, ç'aurait été
une prise de risque maximale pour un résultat incertain,
la probabilité d'une réussite (aliénation
manifeste mais non létale de Néron) étant
bien moindre que celle d'un échec (mort du fiston,
effets négligeables de la substance administrée
ou complice pris la main dans le sac). |
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D'autre part, sur le site d'un
passionné de biologie et de mycologie, nous avons
pu lire que Claude aurait été tué
par du jus d'amanites versé sur ses champignons.
Nous aimerions avoir votre avis : cette hypothèse
n'est-elle pas une "variation" de celle, assez
répandue bien que très douteuse, de l'empoisonnement
par ingestion d'amanites ?
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| RÉPONSE
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| En ce qui concerne la
mort de Claude,
les champignons ont effectivement la côte ! Tacite
(Annales,
XII,
67)
parle d'un toxique incorporé dans un succulent plat
de cèpes. Quoique plus évasif, Suétone
(Vie
de Claude, 44),
évoque néanmoins lui aussi ces végétaux
dont le vieil empereur était, paraît-il, très
friand.
Personnellement, je ne vois aucune raison de remettre fondamentalement
en cause les hypothèses des historiens antiques :
Claude fut empoisonné, sinon par Agrippine
elle-même, du moins sur son ordre, et probablement
à l'aide d'un plat de champignons.
Maintenant, quant à savoir à quelle sauce
le poison fut préparé, c'est une autre histoire
! Versa-t-on du jus d'amanite (ou un autre poison) sur un
plat d'innocents bolets ? C'est possible… Mais il
ne me paraît pas impossible non plus que l'impériale
fricassée de ce goinfre de Claude ait été
agrémentée de quelques amanites phalloïdes,
printanières ou vireuses !
Voyez d'ailleurs à ce sujet ce petit article, découpé
assez récemment dans mon journal quotidien :
Le crime parfait ?
Près de 2.000 ans plus tard, tes symptômes
de La mort de l'empereur Claude lei ont été
décortiqués par les scientifiques. D'après
les faits connus, Claude est brutalement tombé
malade te 13 octobre de l'an 54 après J.-C. après
avoir mangé un copieux repas, dont une grosse portion
d'amanites des Césars. Il devait décéder
après douze heures d'agonie. Un spécialiste
de l'Université du Maryland soupçonne Agrippine
ta Jeune, la seconde épouse de Claude, d'avoir
glissé dans le plat d'autres variétés
d'amanites, mortelles celles-ci… La longue liste
des symptômes présentés par Claude
avant sa mort correspond tout à fait à un
empoisonnement causé par l’alcaloïde
très toxique contenu dans cette amanite. Les historiens
ne doutent plus depuis des années du rôle
joué par Agrippine dans la mort de Claude."
(AP - LE SOIR - lundi 19 février 2001).
Je n'ai donc pas réellement
d'avis tranché sur la question. Je suis à
peu près certain que la mort
de Claude relève du crime avec préméditation
: l'accession au trône de Néron fut un
genre de "coup d'état", qui réclamait
nécessairement une préparation et une
planification. J'admets encore d'assez bonne volonté
l'hypothèse de l'empoisonnement… quoiqu'à
la vérité, un coussin judicieusement
placé sur le visage d'un vieillard alourdi
de boustifaille et abruti de vinasse me paraisse un
modus operandi plus discret, moins compliqué
et moins hasardeux que le poison. Tout le reste -
à savoir les modalités pratiques du
crime, ses divers acteurs, son déroulement
circonstancié - demeure pour moi un mystère…
Mais consolons-nous en songeant que Tacite, Suétone
et consorts n'en savaient probablement guère
plus que nous sur les "poisons de la couronne"
julio-claudienne. Les récits qu'ils nous ont
transmis sur les morts suspectes de Claude ou de Britannicus
ne sont nécessairement que la transcription
des ragots colportés par la vox populi
romaine et le reflet de leurs propres hypothèses.
Que je sache Agrippine
n'avoua jamais le meurtre de son impérial époux,
ni ne confessa la manière dont elle s'y était
prise pour le faire passer outre ! Néron
non plus ne se glorifia jamais d'avoir liquidé
discrètement son frangin adoptif. Quant à
leurs éventuels complices, ils gardèrent,
bien évidemment, un silence aussi obstiné
que prudent, hormis peut-être la célèbre
Locuste…
qui n'avoua probablement que ce que l'on attendait
d'elle, c'est-à-dire les infamies indispensables
pour noircir à jamais la réputation
de Néron, l'empereur déchu, et de sa
maudite famille !
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