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Décembre 2004 (page 4/4)
Sommaire du mois de Décembre : Clic
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| 27 Décembre 2004 |
| Remi
a écrit : |
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L'empereur
Hadrien, fervent amateur de chasse, possédait
un cheval nommé Borysthène. Lors d'une
partie de chasse dans le sud de la Gaule, Borysthène
mourut, et Hadrien, pour honorer la mémoire de son
cher cheval disparu, décida de lui construire un magnifique
tombeau.
Savez vous ou se situait exactement ce tombeau, et reste-t-il
des traces de celui-ci ? |
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| RÉPONSE
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| En gros, vous en savez presque
autant que moi que sur le cheval d'Hadrien.
Il s'appelait donc Borysthène (ou Borystènes,
nom grec du Dniepr, fleuve du pays des Alains d'où
provenait le bel animal).
Selon l'historien Dion Cassius (Histoire romaine,
livre 69, 10 - trad. anglaise, site LacusCurtius : Clic
!), il fut le cheval de chasse favori d'Hadrien, si
bien qu'à sa mort, l'empereur fit édifier
une tombe à son intention, sur laquelle il fit placer
une épitaphe hippique, rédigée de sa
propre et auguste main. Vous trouverez une traduction française
de cette inscription sur l'excellent site Noctes
Gallicanae : Clic
!.
En fait cette inscription, retrouvée à Apt,
constitue le seul vestige du tombeau de Borystènes,
qui devrait donc probablement se trouver aux environs de
cette jolie ville provençale, mais qu'à ma
connaissance, on n'a pas mis au jour jusqu'à présent.
C'est malheureusement tout ce que je peux vous dire à
ce sujet. |
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| 27 Décembre 2004 |
| Christian
a écrit : |
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Venant de
consulter votre rubrique sur Auguste (suite à la diffusion
d'un téléfilm
sur France 2), je suis tombé sur une phrase où
vous situez la naissance de Jésus en 9 avant
JC.
J'aimerais connaître les raisons qui vous font retenir
cette date plutôt qu'une autre - si ce n'est pas indiscret,
bien sûr ! |
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| RÉPONSE
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| Non, non, il n'y a rien d'indiscret
là-dedans… C'est seulement que la "déduction"
qui m'a amené à proposer la date de 9 av.
J.-C. n'a strictement rien d'historique ni de scientifique.
Je m'explique :
Il y a une bonne dizaine d'années de cela, j'avais
commencé à écrire, pour le fun,
une sorte de biographie fantaisiste de Jésus, orientée
sur les thèmes ésotériques qui, aujourd'hui,
font le succès du Da Vinci code, le best-seller
de Dan Brown (Jésus épousant Marie-Madeleine
et en ayant des enfants, le sang royal, sangreal
ou Saint Graal, transmis aux Mérovingiens,
etc…). Des "théories" qui, par parenthèse,
n'avaient déjà rien d'inédit à
l'époque (livres de Robert Ambelain et de Gérard
de Sède dans les années '70 et ceux d'Henry
Lincoln et consorts sur l'Énigme sacrée
de Rennes-le-Château dans les années '80).
Comme dirait le duc d'Elbeuf, c'est avec du vieux qu'on
fait du neuf !…
Enfin bref, même dans
le cadre de ce travail farfelu, je me suis vite rendu
compte que la date de naissance du Christ
posait problème. La plupart des érudits
proposaient (et proposent toujours d'ailleurs) 6 av.
J.-C. Cependant, les raisons de ce choix restent discutables
- et sont d'ailleurs controversées. Certes, Jésus
semble né sous le règne d'Hérode
le Grand (donc entre 40 et 4 av. J.-C.), mais pourquoi
le faire nécessairement naître à
l'extrême fin de ce règne ? Est-ce seulement
à cause de l'hypothèse - du reste fort
discutable - d'un premier mandat de Quirinus en Syrie
(voir ici : Clic
!) ? Pourtant, à l'évidence, un Jésus
juste trentenaire, et célibataire de surcroît,
avait peu de chance de passer auprès des Juifs
pieux pour un rabbi, pour un docteur de
la Loi vénérable, donc crédible
?
Les Évangiles ne rapportent-ils pas qu'un jour,
quelqu'un lui reprocha d'enseigner alors qu'il n'avait
pas encore atteint la cinquantaine (d'ailleurs, pourquoi
précisément cinquante ans ? Si
les autres juifs s'adressaient à un homme qui
avait à peine trente ans, ne lui auraient-ils
pas plutôt objecté : "Comment
oses-tu prêcher, toi qui n'as pas franchi le cap
de la quarantaine ?") |
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Pour sortir de cette impasse, j'ai donc recouru à
un subterfuge amusant, mais historiquement indéfendable
: j'ai imaginé que saint François d'Assise
(1191-1226) s'était si bien identifié à
Jésus, son divin modèle, qu'il avait peut-être
reçu ses stigmates (en 1124) au même âge
que Jésus s'était vu infliger les siennes,
sur la croix du Golgotha.
Ayant fait de savants calculs (!) sur cette base, j'en suis
arrivé à proposer 9 av. J.-C comme année
de naissance de Jésus … Pour être précis,
le 1er avril 9 av. J.-C. - 1er avril : le jour des "poissons
d'avril", bien sûr !…
En réalité, partant de la même hypothèse
pataphysique d'un François d'Assise "clone
mystique" de Jésus, on pourrait tout aussi bien
tomber sur 13 ou 14 av. J.-C.. En effet, outre le fait que
la chronologie de saint François est elle aussi assez
douteuse, j'avais opté, à l'époque,
pour une chronologie "longue" de la vie de Jésus,
qui situait la crucifixion en 33 ap. J.-C. et non en 30,
comme j'incline plutôt à le penser aujourd'hui.
Mais je le répète : il ne s'agissait là
que d'un canular, placé dans le cadre d'une fantaisie
historique…
"Mais, me direz-vous, s'il s'agissait
d'une blague, pourquoi avoir repris cette date dans votre
biographie d'Auguste
qui se veut, quand même, un peu plus sérieuse
?"
Tout simplement parce qu'à la réflexion, cette
date, ouvertement imaginaire, en vaut bien une autre, historiquement
douteuse. Et puis, en me démarquant des chronologies
généralement étables, j'attire incidemment
l'attention des visiteurs de mon site sur l'incertitude
qui entoure la date de naissance du Christ.
Et enfin, vous parler franchement, je pense - mais sans
pouvoir le prouver - que Jésus fur crucifié
à un âge beaucoup plus avancé que celui
que l'on avance couramment. D'ailleurs, c'est, je crois,
saint Irénée (père apostolique du IIe
siècle) qui a écrit quelque part que lorsqu'il
prêchait, le Christ était "proche de la
vieillesse". Et même dans l'Antiquité,
on n'était pas encore vieux à 33 ou 36 ans… |
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| 27 Décembre 2004 |
| Jean-Pierre
a écrit : |
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Je viens
de lire votre note
consacrée à Procopius.
J'y retrouve la thèse de la "trahison"
de Procopius.
Dans son livre consacré à Julien, Benoist-Méchin
évoque lui aussi la thèse de la trahison de
Procopius. Le problème est que Bernoist-Méchin
cite en général ses sources [presque toujours
Libanius]. Or, à propos de cette "trahison",
il ne cite aucune source. Compte tenu de l'importance cruciale
de cette "trahison", cela paraît un peu
surprenant.
Avez-vous connaissance d'un source
historique évoquant cette trahison ? |
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| RÉPONSE
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| Force m'est de reconnaître
que, sans prendre la peine de vérifier ses sources,
j'ai moi aussi "pompé" cette thèse
de la trahison de Procope
dans le (du reste excellent) livre Julien ou le rêve
calciné de Benoist-Méchin. Cette trahison
me paraissait en effet expliquer l'étrange inactivité
du second corps d'armée de Julien
qui aurait - peut-être, car le plan de campagne de
Julien est lui aussi éminemment controversé
- empêcher la retraite stratégique de l'armée
perse vers l'Orient après la prose de Ctésiphon.
Quelles sont les sources de cette anecdote ?
Ne connaissant pas le grec et n'ayant pas accès
à des traductions françaises, je n'ai pas
pu vérifier, mais je crois qu'elle se situe chez
Libanios (Or., 18, 04-280).
En guise de complément d'info, voici encore quelques
renseignements, tant sur la stratégie de Julien que
sur les auteurs antiques qui l'ont évoquée,
glanés dans l'apparat critique d'une édition
de l'Histoire nouvelle de Zosime. Je me suis permis
de condenser et de simplifier le texte original :
R. T. Ridley (Notes
on Julian’s Persian expedition) reproche
à Ammien et à Zosime de méconnaître
le véritable sens de la mission de Sébastien
et Procope en la mettant en relation avec une attaque
de pillards perses qui auraient menacé les
garnisons romaines de la vallée du Tigre. Libanios
(Or., 18, 214) donnerait une vue plus claire
des intentions de Julien : il ignore l'attaque des
pillards perses et mentionne le projet d'une opération
offensive combinée entre le corps de Julien
et celui de Sébastien-Procope.
Ammien Marcellin (23,
3, 4-5), tout en mettant lui aussi en relation
l'attaque des pillards perses et l'envoi du corps
de Sébastien et Procope, ne se borne pas à
faire état d'une mission défensive de
ce corps : il doit si possible rejoindre le roi d'Arménie
Arsace et plus tard épauler Julien (23,
3, 5).
Jean Malalas (historiographe byzantin, VIe siècle)
mentionne cette attaque combinée comme si elle
était en train de réussir.
On voit donc que, comme Libanios, Malalas et Ammien
connaissent la mission d'attaque combinée de
Sébastien et Procope. Zosime, lui, ne parle
pas d'emblée de cette mission d'attaque, mais
on peut cependant tenir pour assuré qu'elle
figurait dans la tradition qu'il suit et qu'il l'a
omise, par une négligence qui lui est coutumière.
En effet, mentionnant à nouveau Procope (Histoire
nouvelle, 4, 4, 2), il indiquera alors la mission
offensive combinée dont parlent Libanios et
Ammien. On ne peut donc pas dire que Libanios, Ammien
et Zosime ont chacun pour sa part plus ou moins bien
compris le plan de Julien ; ils se bornent à
exploiter diversement un fonds commun de renseignements,
Libanios abrégeant et laissant de côté
l'attaque des pillards perses, Zosime, à son
habitude, embrouillant tout par sa négligence.
Les sources parallèles
se contredisent quant aux effectifs du corps
de Sébastien et Procope : 18.000 selon
Zosime, 20.000 selon Libanios, 30.000 pour Ammien,
6.000 chez Malalas. Aucun critère objectif
ne permet de trancher entre ces données
qui divergent pratiquement du simple au quintuple.
Sébastien était un officier
de carrière; manichéen convaincu,
fort aimé de ses soldats, excellent général,
il jouera un rôle important dans les années
375-378.
Procope,
lui, était apparenté à
Julien,
qui l'aurait secrètement désigné
comme son successeur (Ammien. 23,
3, 2). Sa carrière antérieure
semble avoir été essentiellement
civile ; il jouera un rôle de premier
plan comme usurpateur au début du règne
de Valentinien
Ier et Valens.
Ce qu'il faut surtout relever, c'est que ni
l'un ni l'autre de ces deux personnages ne réapparaissent
chez Zosime dans le contexte de l'expédition
de Julien contre les Perses. Il n'est donc plus
fait mention, dans la suite de l'Histoire
nouvelle, de ce qui arrive au corps d'armée
qui fut confié à ces deux officiers.
Grâce aux autres sources, nous savons
cependant que la mésentente régna
entre les deux généraux. Ils ne
réussirent que partiellement à
détourner l'attention des ennemis, restèrent
en position d'attente à la frontière
perse et n'exécutèrent pas le
mouvement qui leur eût permis de rejoindre
Julien (Libanios, Or. 18, 260 sq. ;
Ammien, 25,
7, 12 et 8,
16 ; Malalas p. 330, 20331, 4 [Bonn]). |
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Dans son Histoire nouvelle (Livre III, XXVI,
2), Zosime rapporte que Julien, ayant livré
bataille devant Ctésiphon, fit traverser le
Tigre à son armée, établit son
camp dans une bourgade nommée Abouzatha. Arrivé
là, il “estima, après avoir
réfléchi à la suite de son offensive,
qu’il valait mieux ne plus faire suivre la rive
du fleuve à l’armée, mais pénétrer
à l’intérieur des terres, puisqu’il
ne subsistait plus de motif qui les engageait à
utiliser des navires. Une fois qu’il a pris
ce parti, il explique son projet à l’armée
et ordonne d'incendier les navires”.
Zosime se borne ici à enregistrer un temps
de réflexion chez Julien et le résultat
de cette réflexion. Il ne commet aucune erreur,
mais résume tellement que son récit
est fort peu clair, surtout si on le compare aux sources
parallèles. Par ailleurs, les quelques données
qu'il fournit complètent précieusement
les autres récits. Chez Ammien (24,
7, 3), après une lacune, nous sommes très
clairement à la fin d'un conseil de guerre,
qui s'est évidemment tenu durant l'arrêt
de cinq jours à Abouzatha connu grâce
à Zosime, lequel a donc substitué une
réflexion solitaire de Julien à cette
délibération de l'état-major.
Malheureusement, la lacune chez Ammien ne permet pas
de remplacer avec certitude ce que Zosime escamote
en résumant. Que s'est-il passé à
ce conseil de guerre ? La malice du hasard nous a
privés d'un développement très
précieux (et qui devait être assez long)
chez Ammien. Des déductions, tirées
du contexte et des récits postérieurs
permettent pourtant certaines conjectures quant au
contenu de cette lacune. Il faut s'y arrêter
pour comprendre la suite des opérations, trop
hâtivement esquissée chez Zosime.
D’Ammien (24,
7, 8 et 8,
6), on déduit qu'il était question,
dans la lacune, du corps de Sébastien et de
Procope. On en est réduit aux conjectures quant
aux motifs qui l’ont empêché de
rejoindre Julien. Ce qu'il y a de sûr, c'est
que Julien attendait d'un moment à l'autre
l'arrivée de ces généraux, mais
n'avait d'eux aucune nouvelle précise. L'approche
espérée de ces renforts joue évidemment
un rôle dans la décision stratégique
de Julien. N. J. E. Austin (Julian at Ctesiphon
: A Fresh Look at Ammianus' Account) a tort de
prétendre que seul Ammien comprend bien la
mission de ce corps de Sébastien et Procope
; Malalas est aussi parfaitement au clair sur l'opération
de prise en tenaille prévue par Julien.
Il faut tenter
maintenant d'énumérer les solutions
qui s'offraient à l'État-major
romain dans sa réunion d'Abouzatha. Puisqu'on
avait déjà décidé
de ne pas assiéger Ctésiphon,
on pouvait :
a) revenir par l'itinéraire emprunté
à l'aller ;
b) remonter le long du Tigre pour tenter une
éventuelle jonction avec Sébastien
et Procope ;
c) essayer de rejoindre Sapor.
Tout montre que Julien s'opposait absolument
à la solution a) : l'approvisionnement
de l'armée eût été
impossible à assurer par cet itinéraire.
Du reste, Julien avait refusé un arrangement
pacifique avec les Perses et, comme il n'avait
remporté jusqu'alors que des succès,
il n'avait aucune raison de se retirer (s'il
avait mieux connu le pays et son adversaire,
il en aurait peut-être jugé autrement).
Que son armée, et Ammien lui-même,
fussent d'un avis opposé paraît
aussi clair (cf. Ammien. 24,
7, 4 sq.).
Cette solution une fois écartée,
il était nécessaire de détruire
la flotte : elle ne devait pas tomber intacte
aux mains des Perses, et lui faire remonter
le Tigre eût mobilisé une proportion
excessive de l'armée à un travail
très pénible sous un climat accablant
; c'est ce que disent clairement Ammien (24,
7, 4) et Libanios (Or. 18, 262
sq). Ce dernier auteur affirme catégoriquement
que l'incendie de la flotte était un
acte prémédité et judicieux,
surtout sans doute pour blanchir la mémoire
de Julien,
mais les arguments qu'il donne ont du poids.
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 |
(D’après François PASCHOUD, Édition
de l’Histoire nouvelle de Zosime -
Tome II, 1re partie -, Les Belles Lettres, Paris,
1979 - notes 33 et 73). |
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| 30 Décembre 2004 |
| François
a écrit : |
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| J'effectue
des recherches sur les épopées et les
conquêtes des empereurs romains (…).
Je me demande où je pourrai trouver des informations
concernant ce sujet (seulement la partie sur les conquêtes)
car j ai arpenté internet de tous côtés
sans résultats. Sauriez-vous où je pourrai me
procurer ces renseignements ? |
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| RÉPONSE
: |
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| Je ne suis pas sûr de
comprendre précisément le sens de votre demande…
Les sites consacrés l'histoire militaire romaine
foisonnent sur le Net. Voyez, par exemple, à cette
page quelques-unes de ces ressources en ligne.
Même mon propre site, dont ce n'est pourtant pas le
thème principal, ne manque d'évoquer les conquêtes
de la Rome impériale dans les notices biographiques
d'empereurs qu'il recèle. De surcroît, ces
informations peuvent souvent être complétées
par les nombreux liens (vers mon propre et site et d'autres)
qui sont référencés en fin de chacune
de ces notices.
Cela précisé, si l'on n'entre pas trop dans
les détails, l'histoire des conquêtes des empereurs
romains est vite racontée.
Après l'expansion romaine aux temps de la République
(dont vous trouverez un résumé, par exemple,sur
le site Noctes
Gallicanae : Clic
! , Clic
! et Clic
!), Auguste,
le premier empereur fixa, bon gré mal gré,
les limites de l'expansion romaine (voir Auguste
et la politique des trois fleuves et carte
des conquêtes d'Auguste en Europe).
Grosso modo, Rome ne put donc se maintenir de façon
prolongée dans des territoires situés au-delà
du Rhin, du Danube et de l'Euphrate. La conquête de
la Bretagne, sous l'empereur Claude
(voir : Claude
et la Bretagne) ainsi que l'annexion par Trajan
de la Dacie (Roumanie actuelle), tête de pont sur
la rive gauche du Danube, ne firent que parachever la mainmise
de Rome sur l'Occident.
Au début du IIe siècle ap. J.-C., l'Empire
romain avait atteint son apogée (voir carte).
Hadrien
renonça même aux conquêtes les plus aventurées
de son prédécesseur Trajan. L'époque
de l'expansionnisme était révolue, et les
Romains concentrèrent désormais leurs efforts
sur la protection des provinces acquises plutôt que
d'user leurs forces dans d'éphémères
conquêtes !…
Certes, bien des empereurs (Septime
Sévère, Gordien
III, Carus,
Galère,
Julien,
etc) tentèrent d'agrandir leur Empire au détriment
de l'ennemi héréditaire perse, et de le doter
de frontières sûres du côté de
l'Orient. Mais aussi ambitieuses fussent-elles, ces tentatives
échouèrent les unes après les autres.
Les plus chanceux des conquérants romains parvinrent
juste à occuper précairement quelques districts
mésopotamiens du royaume perse ; les autres furent
défaits par les cavaliers du Roi des Rois.
Les zones d'influences des deux super-puissances
antiques que furent Rome et la Perse, fixées
avant la période impériale romaine (défaite
de Crassus en 53 av. J.-C. : Clic
!), restèrent inchangées jusqu'à
la conquête arabe (635 : effondrement du Royaume perse
- 636 ;: défaite de l'empereur byzantin Héraclius
sur le Yarmouk).
Quant à l'Occident romain, comme je l'ai dit, en
gros "la messe était dite" dès le
début du IIe siècle de notre ère. |
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| 30 Décembre 2004 |
| Alain
a écrit : |
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| Que
serait le monde si césar n'avait pas été
assassine ? Je pense qu'il est l'une des seules personnes
de l'histoire qui aurait façonné un monde qui
n'aurait rien à voir avec le nôtre. |
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| RÉPONSE
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| C'est effectivement le propre
des génies que de marquer leur temps d'une empreinte
indélébile. Et Dieu sait que le divin César
fut un véritable génie !… Mais quant
à savoir si le monde eût été
différent si le grand Jules avait survécu
aux ides de Mars et à ses poignards assassins, c'est
là un sujet qui relève moins de l'Histoire
(avec un grand H) que d'un genre littéraire fort
en vogue actuellement, celui de l'uchronie, c'est-à-dire
l'utopie dans l'histoire…
Notez cependant que,
dans le cas de César, imaginer les conséquences
de sa survie au-delà de mars 44 av. J.-C. ce
n'est vraiment pas coton ! En effet, on ne connaît
pas précisément le projet politique
du dictateur, et les historiens ne cessent de se disputer
à ce sujet. Comment se serait-il accommodé
d'un Sénat, composé de gens de sa caste,
mais qui avait été constamment hostile
au chef du parti populaire qu'il était
? Envisageait-il de ceindre la couronne royale ou
pas ? Voulait-il entrer en guerre contre les Parthes,
mettre ses pas dans ceux d'Alexandre le Grand et restaurer
son empire, de la Méditerranée aux Indes
? Et quid de Césarion, le fils que Cléopâtre
lui avait donné ? L'aurait-il adopté
à l'instar d'Octave (futur Auguste)÷…
ou même à la place de celui-ci ? etc…
etc…
Autant de questions qui resteront, bien sûr,
à jamais irrésolues…
Personnellement, je ne pense qu'à long terme,
la survie de César n'aurait pas changé
grand-chose : à moins de sombrer dans le chaos,
Rome était condamnée, tôt ou tard,
à se transformer en Empire, c'est-à-dire
en un genre de monarchie militaire. C'en était
fini de l'armée de citoyens en armes
; désormais, les soldats se battaient surtout
pour leur "imperator", leur comandant en
chef, qui les emmenait de victoires lucratives en
triomphes rémunérateurs ! Quant aux
provinces conquises, elles ne pouvaient être
indéfiniment considérées comme
prises de guerre, comme des réserves de butin
destinées seulement à assouvir l'inextinguible
soir d'or de patriciens romains égoïstes
et corrompus.
À la mort de Jules
César, cela faisait près d'un siècle
que le système politique romain était
en crise profonde. Et si les Julio-claudiens
n'avaient pas réussi à transformer cette
République agonisante en un Empire
certes imparfait, mais viable, une autre dynastie
y serait sans doute parvenu. |
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Mais naturellement, avec des si !… |
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