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Décembre 2004 (page 3/4)
Sommaire du mois de Décembre : Clic
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| 12 Décembre 2004 |
| Gricca
a écrit : |
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Autour
de la mort de Julius Népos dernier empereur romain
légitime dOccident (480)
Si
les causes de la décadence et de la chute de
l'empire romain ont fait couler beaucoup d'encre,
peu d'historiens se sont réellement intéressés
à sa disparition même car elle s'est
faite sans bruit dans une indifférence presque
générale. Pour en savoir plus c'est
sur l'empereur légitime en exil Julius
Népos qu'il faut se pencher et non sur
l'insignifiant Romulus
Augustule, un usurpateur, qui tient sa renommée
uniquement parce qu'il clôture les listes des
empereurs romains.
Cela commence
donc le 28 août 475, lorsque le patrice Oreste,
en révolte contre Julius Népos, sempare
de Ravenne, contraignant lempereur à
fuir par mer vers la Dalmatie rejoindre son prédécesseur,
Glycérius,
quil avait dépouillé un an plus
tôt de ses ornements impériaux et contraint
à entrer dans les ordres. Népos et Glycérius
étaient compatriotes de Salone (auj. Split
en Croatie), on disait même de Glycérius
quil descendait en ligne droite de Dioclétien
par les femmes. Népos lavait laissé
rentrer chez lui à Salone, où le siège
épiscopal étant devenu vacant, notre
Glycérius y fut choisi comme évêque
avec lassentiment du pape Simplicius (468-483)
et en accord avec Népos (474-475). La tradition
locale prétend que Glycérius gouverna
sagement son diocèse, quil aurait accueilli
Népos fugitif laidant même à
se faire reconnaître roi de Dalmatie et quil
mourut la même année que lui en 480.
Nepos fut en effet traîtreusement assassiné
cette année 480 dans sa résidence proche
de Salone par deux comtes Viator, un illyrien, et
Ovida (ou Odiva), un barbare. Le jour de sa mort varie
dune source à lautre : 25 avril
(selon les Auctarii Hauniensis ordo posterior),
9 mai (selon les Fasti vindobonenses priores),
22 juin (selon les Auctarii Hauniensis ordo
prior). Ces différences proviennent
peut-être du temps nécessaire à
larrivée de linformation suivant
les lieux. Si cétait le cas la date du
25 avril serait la plus proche de la réalité.
Il en sera de même avec la date de la mort de
son successeur Ovida (voir plus loin). |
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Comme dans tout complot
on a voulu y voir de la malveillance, ainsi une source unique
(Malchus historien syrien vers lan 500, résumé
par lintermédiaire du byzantin Photius + 886)
donne à Glycérius le rôle principal
dans le meurtre de Népos. Il aurait ainsi ruminé
pendant 6 ans sa vengeance !! et on a ajoute même
quOdoacre, qui gouvernait lItalie, laurait
récompensé par lattribution de lévêché
de Milan, ce qui est totalement faux, cela étant
basé sur quelques lignes obscures, ajoutées
ou corrompues, dun poème dEnnodius (évêque
de Pavie + 521) en lhonneur dun évêque
de Milan St Glycère (435/6-440) qui na rien
à voir avec notre ex-empereur. Pourquoi pas aussi,
pour des raisons de méfiance familiale, accuser lempereur
dOrient Zénon, qui avait toujours éludé
les demandes daide de son collègue Népos
qui cherchait à rentrer en Italie. Népos était
en effet marié à une proche de limpératrice
Vérine (veuve de Léon Ier et belle-mère
de Zénon) et de son frère Basiliscus,
qui avait un moment détrôné Zénon
(475-476).
Bref, plus que toutes
ces hypothèses douteuses, Népos, qui se considérait
toujours comme lempereur légitime dOccident,
fut simplement victime dintrigues de palais, à
un moment où il renforçait son autorité
en Dalmatie et venait de faire exécuter quelques
ambitieux courtisans. Cela semble conforté par le
fait que lun de ses assassins, le comte Ovida, le
remplaça comme « rex » en Dalmatie. Mais
cest Odoacre qui finalement profita du crime. Celui-ci
avait détrôné lusurpateur Romulus
Augustule le 4 septembre 476, et, au début de
477 (année qui neut pas de consul), le Sénat
romain réuni en assemblée décida :
1°) quun seul empereur suffisait aux deux parties
de lempire et quOdoacre était lhomme
le plus apte par ses qualités de soldat et dhomme
politique à gouverner lItalie. 2°) quune
ambassade sénatoriale serait envoyée à
Zénon pour quil confère à Odoacre
la dignité de patrice et le gouvernement du diocèse
dItalie. Romulus Augustule dut apporter son consentement
à ses propositions, donc à son renoncement
au trône dOccident, le Sénat espérant
par là obtenir aussi le renoncement de Népos
empereur en demi-exil qui résidait dans le palais
de Dioclétien à Salone. Cette ambassade partit
pour Constantinople. Odoacre y avait, peut être, joint
ses propres envoyés, porteurs dune lettre déférente
de leur maître qui reconnaissait la souveraineté
de Zénon, lui annonçant lenvoi de la
pourpre et des insignes impériaux et sollicitant
la dignité de patrice. Cette mission arriva au début
de 477 à Constantinople. En même temps dautres
ambassades arrivaient, une venue de Gaule méridionale
représentant lAssemblée des Gaules réduite
aux députations dArles, Aix et Marseille qui
demandait le rétablissement de Népos et une
venue de Dalmatie au nom de Népos qui félicitait
Zénon de sa victoire sur Basiliscus et lui demandait
une aide financière et militaire pour rentrer en
Italie. Indécis et prudent, Zénon éluda
les sollicitations des Gallo-romains, répondit à
Népos quil acceptait son retour en Italie exhortant
le Sénat de Rome à le restaurer et à
Odoacre, tout en le louant de son respect des institutions
romaines, à laccueillir pour quil puisse,
comme empereur, recevoir de lui le patriciat. Zénon
conseillait à Népos de faire dOdoacre
son patrice et généralissime, et que pour
sa part il lui accordait le patriciat. Odoacre refusa den
passer par Népos et les choses en restèrent
là, malgré des complots qui se tramèrent
pour rétablir Népos. On sait que Théodoric,
roi des Ostrogoths établis en Mésie Inférieure,
offrit à Zénon son armée en Dalmatie
pour réinstaller Népos sur le trône
dOccident, mais Zénon naccepta point
se défiant de lui et informé des mauvaises
dispositions du Sénat romain qui préférait
Odoacre à Népos. Avec lassassinat de
ce dernier en 480, Odoacre se sentit libre dagir,
il déclara la guerre à Ovida, traversa lAdriatique,
le captura et le tua de sa propre main en 481 (selon
Cassiodore et les Fasti vindobonenses priores),
le 27 novembre 482 (selon les Auctarii Hauniensis ordo
prior), ou le 9 décembre 482 (selon les Auctarii
Hauniensis ordo posterior). Novembre 481, semble la
date la plus valable, l'année 482 étant semble-t-il
celle de la soumission totale de la Dalmatie à Odoacre
vu la configuration géographique du pays. Lautre
comte assassin Viator échappa, à moins quil
ne mourut avant Ovida.
Lempereur Zénon
navait rien pu entreprendre contre Odoacre, Constantinople
étant alors menacée par les Ostrogoths.
Julius Népos
fut le dernier empereur romain légitime d'Occident
reconnu par l'empire d'Orient et, après sa mort sa
résidence, le palais de Dioclétien, sera utilisé
comme dépôt de munitions et transformé
en atelier de confections militaires où les femmes
tissaient des uniformes pour larmée. Cependant
lesprit de la collégialité impériale
survécut encore longtemps puisque lempereur
dOrient Maurice qui, en 590, avait associé
au trône son fils aîné Théodose,
destinait son second fils Tibère au gouvernement
de lOccident. Son assassinat avec toute sa famille
en 602, mit fin à ce rêve. Les invasions arabes
à partir du VIIe siècle et la fondation de
lempire carolingien par le couronnement à Rome
de Charlemagne le 25 décembre 800 (reconnu quau
printemps 812 par lempereur dOrient, Michel
Ier), acheva à jamais de réduire les successeurs
des Constantin
(+ 337), Théodose
(+ 395), Justinien (+ 565) à la partie balkanique
et anatolienne de lempire romain.
MILLE ANS PLUS TARD
: Ce sont les Ottomans qui mirent fin à lempire
« romain » dOrient : Constantinople fut
prise le 29 mai 1453, Trébizonde, lautre
capitale impériale, en 1461 et la dernière
seigneurie grecque, létat de Gothie ou Theodoro
en Crimée, en 1475. Cependant, comme le village
gaulois dAstérix, la forteresse dArdasa
(actuel Torul au sud de Trébizonde en Turquie) résista
contre vent et marée aux Ottomans jusquau début
de 1480, quand son commandant appartenant à
la famille Kabazites, nayant plus despoir dune
aide chrétienne quelconque, finit par capituler.
John Freely, à qui je dois cette information dans
son «The Black Sea Coast of Turkey - Istanbul 1996
- page 217», en fait la dernière place
forte byzantine, ce qui a de quoi surprendre, car il est
paradoxale que lhistoire « romaine » sachève
ainsi dans les montagnes du Pont-Euxin autrefois au cur
du royaume de Mithridate VI Eupator (120-63 avant JC) le
plus grand ennemi de Rome avant même Hannibal (qui
lui est mieux connu en Occident), et en lan 1480,
soit 1000 ans après la mort de Julius Népos.
GRICCA
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| 13 Décembre 2004 |
| Camille
a écrit : |
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(…)
Une internaute vous demandait il y a quelque temps (voir
ici : Clic
!, Clic
!, Clic !
et Clic !)
ce que vous pensiez des ascendances plus ou moins
fictives ou plus ou moins légendaires de certains
personnages.
Voilà de quoi nous éclairer
sur le sujet :
Selon ce
texte, certaines avancées récentes en
génétique laissent en effet supposer que "la
totalité du monde occidental descend probablement
de Charlemagne" !
J'ai trouvé ça assez étonnant à
vrai dire, mais ça me paraît probable…
Bref en ce qui concerne les empereurs romains on peut donc
supposer chacun d'eux comme étant l'un de nos ancêtres
! Ascendance prestigieuse parfois mais moins glorieuse par
certains côtés…De même il paraît
logique dès lors de voir Napoléon fils biologique
de son modèle Auguste, ou encore George Bush Jr.
digne descendant de Trajan (qui lui aussi s'en fut mettre
un de ces bo…. dans les coins de l'Euphrate…)
! Parce que si on considère comme certains que les
traits de caractères sont héréditaires…
ça expliquerait parfois bien des choses ! |
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| RÉPONSE
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| Vous me parlez de ces gens
qui prétendent descendre qui de Théodose,
qui d'un cousin de Néron,
qui de Constantin…
Personnellement, ce genre de préoccupation me semble
fondamentalement inintéressant : l'absence totale
de données fiables dès que l'on remonte un
peu loin dans le temps rend ces généalogies
aussi fabuleuses que celle du Gargantua de Rabelais. Se
vouloir le descendant d'un personnage illustre, n'est-ce
donc pas surtout démontrer par l'absurde sa propre
médiocrité ? Et quand bien même cela
serait vrai, cela ne rend pas le rejeton moderne plus beau,
plus sage, plus intelligent ou plus honnête…
Bien sûr, la loi des probabilités voudrait
qu'en remontant assez haut dans les générations,
tout un chacun puisse se revendiquer d'un ancêtre
illustre. Mais en tout état de cause, que je sois
le descendant de Charlemagne ou de son palefrenier ne fait
pas la jambe plus belle, ni le teint plus éclatant
!
Finalement, et tout bien pesé, données historiques
douteuses contre dogmes religieux contestables, je préfère
donc encore imaginer George Dubbelliouw Bush en
réincarnation de Trajan
plutôt que comme son descendant. Mieux vaut en effet
recourir à une théologie par nature contestable
que de dévoyer une science historique qui, autant
que possible, se doit d'être rigoureuse. |
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| 13 Décembre 2004 |
| Grégory
réécrit : |
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Pour
un sujet que j'ai à traiter je dois étudier
la statue du Laocoon qui a été
retrouvée à Rome en 1506 dans les vestiges
du palais de Titus. Ce dernier
l'a-t-il rapatrié de Grèce, ou était-ce
juste une commande ?
Je sais que cette question est à
la limite des sujets traités par votre site mais
vu que les sources d'informations sont plus qu'évasives
(une statue sculptée par des artistes grecs du Ier
siècle avant JC sur commande d'un empereur qui règne
de 79-à 81 après JC j'avoue ne pas comprendre
le schmilblick…)
Je me tourne vers vous dans l'espoir
que vous éclairiez une fois de plus ma lanterne… |
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| RÉPONSE
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Effectivement, vous atteignez
ici l'extrême bord de mon "seuil de compétence"
ainsi que les limites de ma maigre documentation…
Je n'ai guère trouvé de renseignements
sur la genèse du célèbre Laocoon
que dans le livre de Peter GREEN, D'Alexandre
à Actium (Éd. Robert Laffont, coll.
Bouquins, 1990).
Il semblerait donc (mais cela reste matière
à vive controverse entre spécialistes)
que cette statue serait une copie du Ier siècle
d'un original de la fin du IIe siècle av. J.-C.,
lui-même œuvre de trois sculpteurs rhodiens
: Hagésandre (ou Agésandre), Athénodoros
et Polydore (noms fournis par Pline l'Ancien, Histoire
Naturelle, 36 : 37).
Pour info, certains critiques d'art estiment que
l'original grec se limitait à deux personnages
(Laocoon et le fils à sa droite ?). Le troisième
personnage, de facture "classicisante",
aurait été ajouté lors de la
réalisation de la copie romaine.
Cette hypothèse (original grec, copie romaine)
est certainement la plus largement répandue.
C'est aussi celle qui, à mes yeux de béotien,
me semble la plus défendable. Cependant, je
me dois de vous signaler que certains experts estiment
que l'ensemble du groupe daterait bien du Ier siècle
ap. J.-C. et que ce marbre retrouvé à
la Renaissance dans ruines des thermes de Titus serait
donc bien un original "gréco-romain".
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| 14 Décembre 2004 |
| Bidzina
a écrit : |
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| Pourriez-vous
me dire, si, à votre connaissance, la Perse
a attaqué Constantin le Grand ? |
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| RÉPONSE
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| Le roi de Perse a-t-il attaqué
Constantin le Grand ?
La réponse est : oui… et non !
Je m'explique :
Les Perses avaient eu beaucoup de mal à digérer
les défaites que leur avait infligées, à
la fin du IIIe siècle, le césar Galère,
l'adjoint de Dioclétien
pour l'Orient. Depuis, ils rêvaient de revanche. Mais
l'Empire de Constantin,
c'était un gros morceau ! Aussi, avant de l'affronter
ouvertement, ils voulurent d'abord mettre tous les atouts
dans leur jeu.
Vers 326, ils envisagèrent
d'abord de prendre les Romains à revers en
assujettissant la péninsule arabique. Malheureusement,
cette tactique se retourna contre eux : les tribus
arabes septentrionales, jusque-là plutôt
hostiles à Rome, s'allièrent à
elle. Du coup, ce secteur entre Arabie, Syrie et Perse
fut désormais protégé par les
Arabes, ce qui libéra les contingents romains
affectés à cette tâche.
Ayant échoué au Sud, les Perses tentèrent
alors leur chance vers le Nord, en Arménie,
cette éternelle pomme de discorde entre les
empires romain et sassanide. L'Arménie avait
conquis son indépendance face aux Perses, mais
les Romains considéraient encore ce pays comme
une sorte de protectorat (d'autant plus que, depuis
le début du IVe siècle, ce royaume s'était
officiellement converti au christianisme et que Constantin
se considérait comme le protecteur naturel
de tous les chrétiens). Les Perses envahirent
donc l'Arménie et l'annexèrent (en 334).
C'était un véritable casus belli.
Pourtant, la guerre n'éclata pas immédiatement.
Il y eut certes de troubles aux frontières,
des escarmouches entre garnisons nerveuses, mais finalement
tien de grave. Dans chaque camp, on fourbissait ses
armes, mais sans encore tirer l'épée.
C'est à cette époque que se situe l'épisode
dont je vous ai déjà parlé précédemment
: cette demande du soi Sapor d'importer du fer d'Asie
mineure, à laquelle Constantin aurait répondu
en exigeant que le roi sassanide cesse immédiatement
les persécutions contre les Chrétiens.
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Quoi qu'il en soit, la guerre ne fut officiellement déclarée
qu'au début de l'année 337, quelques semaines
(voire quelques jours) avant la mort de Constantin, et les
opérations militaires ne débutèrent
réellement que sous le règne de son successeur
en Orient, Constance
II.
Le roi de Perse n'a donc pas tout à fait attaqué
Constantin… mais a multiplié les provocations
contre les pays satellites ou alliés de Rome. Et
si le choc des Titans entre Constantin et Sapor
n'a pas eu lieu, ce n'est vraiment pas la faute de ce dernier !
Encore deux petites choses pour terminer :
- Les sources historiques dont nous disposons sur ces
événements sont toutes romaines ou grecques.
Elles racontent donc l'histoire du point de vue
de Rome. Il est probable que les Perses, eux, accusaient,
preuve à l'appui, les Romains d'être responsables
de cette guerre.
- Le conflit de 337 ne constitue finalement qu'une péripétie
de l'interminable guerre que se livrèrent pendant
près de huit siècles (de la défaite
de Crassus en 53 av. J.-C. aux victoires de l'empereur
"byzantin" Héraclius en 630), les mondes
gréco-romains et perses.
Alors, en l'occurrence, savoir qui, de Sapor II ou d'Héraclius,
a dégainé le premier n'est réellement
qu'un détail anecdotique.
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| 14 Décembre 2004 |
| Rachel
a écrit : |
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| Auriez-vous
l'obligeance de me dire s'il existe quelques notes biographiques
sur cet auteur chrétien qu'est Théodore
Anagnoste ? |
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| RÉPONSE
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| Voici ce que j'au trouvé
à ce sujet :
Théodore le Lecteur vécut
aux Ve et VIe s. Il doit son surnom de "lecteur"
(en grec Anagnostes), à son activité
de lecteur à Ste Sophie de Constantinople.
À la fin du règne de l’empereur Anastase
Ier (491-518), il écrivit, à l'instigation
d'un clerc paphlagonien, une Historia tripartita
qui rassemblait les trois histoires ecclésiastiques
dites canoniques (c'est-à-dire celles de
Socrate, de Sozomène et de Théodoret). Le
moine Epiphanius en traduisit quelques parties en latin,
et ce pour répondre aux souhaits de Cassiodore, qui
lui-même s'en inspira pour sa propre Historia
tripartita personnelle. Il reste deux livres (inédits)
de l'ouvrage de Théodore.
Celui-ci aussi se fendit d'une Histoire ecclésiastique
de son cru, en quatre livres, sur la période 439-527.
Il n'en reste que peu de fragments originaux. On en trouve
aussi des extraits, très résumés, dans
un Épitomé sur l'histoire ecclésiastique,
datant du début du VIIe s. (entre 610 et 615). Sa
première partie repose sur l'Histoire d'Eusèbe
de Césarée. Elle est suivie d'un chapitre
intermédiaire avec des extraits de l'Histoire
ecclésiastique de Gélase. La deuxième
partie repose essentiellement sur celle de Théodoret.
(Source : Dictionnaire des auteurs grecs et latins de l’Antiquité
et du Moyen Age, Éditions Brepols, 1991)
Si vous êtes polyglotte, voyez aussi :
- En anglais :
- Catholic Encyclopedia - Theodorus Lector : Clic
!
- Et en allemand :
- Bigraphisch-Bibiographisches Kirckenlexicon - Theodoros
Lektor : Clic
!
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| 26 Décembre 2004 |
| Gérard
a écrit : |
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Puis-je
faire appel à votre remarquable érudition
pour m'aider à résoudre un problème
qui me chagrine d'autant plus qu'il est tout à fait
anecdotique ?
Vous avez cité en mai
2003 les TERTULLUS connus !
L'un d'entre eux pourrait-il être celui cité
dans la lettre que vous connaissez certainement ? :
“On nous avait dit, lorsque
nous avons quitté le sol natal, que nous allions
défendre les droits sacrés que nous confèrent
là-bas tant d’années de présence,
tant de bienfaits apportés à des populations
qui ont besoin de notre civilisation et de notre aide.
Nous avons pu vérifier que tout cela était
vrai, et parce que c’était vrai, nous n’avons
pas hésité à verser l’impôt
du sang, à sacrifier notre jeunesse, nos espoirs.
Nous ne regrettons rien. Mais alors qu’ici cet état
d’esprit nous anime, on me dit que dans la ville
se succèdent cabales et complots, que fleurit la
trahison, et que beaucoup, hésitants, troublés,
prêtent des oreilles complaisantes aux pires tentations
de l’abandon, et vilipendent notre action.
Je ne puis croire que tout cela soit vrai, et pourtant
des guerres récentes ont montré à
quel point pouvait être pernicieux un tel état
d’âme, et où il pouvait mener.
Je t’en prie, rassure-moi au plus vite, et dis-moi
que nos concitoyens nous comprennent, nous soutiennent,
nous protègent, comme nous protégeons nous-mêmes
la grandeur de l’Empire.
S’il devait en être autrement, si nous devions
laisser en vain nos os blanchis sur les pistes du désert…
alors que l’on prenne garde à la colère
des légions !”.
Cette lettre d’un combattant
de l’Aurès, rapportée par l’écrivain
latin Suétone, mort en l’an 160, a
été écrite voici plus de 18 siècles
par le centurion Marcus Flavinius à l’un de
ses cousins de Rome, Tertullus, alors qu’il
servait à la 2e cohorte de la légion Augusta,
au camp de Nambèse, en Numidie, c’est-à-dire
dans l’actuel Constantinois.
Pour avoir été moi-même,
en d'autres temps et d'autres lieux, un " Centurion
" de l'Empire, j'ai une grande admiration pour ce texte
prémonitoire et son auteur, et tout ce qui
les concerne m'intéresse.
Par avance, merci ! |
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| RÉPONSE
: |
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| Malheureusement, j'ai bien
peur qu'en l'occurrence, vous n'ayez surestimé la
remarquable érudition dont vous m'honorez.
En effet, j'ignore tout de ce texte… Toutefois, à
première vue (mais je peux me tromper), je dois avouer
qu'il me paraît un fifrelin trop prémonitoire
pour être authentiquement d'époque romaine…
De fait, cette lettre à Tertullus, que
je ne trouve pas dans les Vies
des douze Césars de l'historien latin Suétone,
ne semble apparaître que dans Les Centurions
de Jean Lartéguy. Tous les sites internet
qui la citent ne fournissent d'ailleurs pas d'autres références
que celles de ce roman.
Il y a donc de quoi se poser des questions… Peut-être
faudrait-il demander à M. Lartéguy lui-même
où diantre il a dégotté ce texte !…
En tout cas, une chose est sûre : je vais soumettre
votre question à la sagacité des visiteurs
de mes pages internet. Je ne manquerai pas de vous informer
si je reçois des renseignements susceptibles de vous
intéresser.
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| Conclusion
de Gérard : |
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Merci
pour votre réponse si rapide.
Il y a quarante ans que j'ai ce livre
de LARTEGUY et que ce texte me trotte dans la tête.
Je serais très déçu s'il était
apocryphe. Mais, vous le savez mieux que moi, tant
de belles phrases ont été inventées.
Quoi qu'il en soit, j'aimerais bien
en avoir le cœur net et je serais heureux si un de
vos lecteurs pouvait m'éclairer. Je n'ai moi-même
rien trouvé d'autre avec "Google" sur le
net.
Je retiens l'idée de
demander à l'auteur lui-même, je vais essayer
de trouver son adresse. (…)
LA
SOLUTION DU MYSTÈRE
DE LA LETTRE DE MARCUS FLAMINIUS ?
CLIC
! |
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