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Sommaire Décembre 2004 :
- 1er Décembre :
- Des doutes chronologiques à propos de l'usurpateur
Jean : Clic !
- 1er Décembre :
- Encore quelques mots sur l'Édit de Milan…
: Clic !
- 1er Décembre :
- Une analyse psychologique de Néron ? : Clic
!
- 3 Décembre :
- Quid des grottesques de la maison de Néron
? : Clic !
- 3 Décembre :
- Braveheart contre l'Empire romain…
: Clic !
- 4 Décembre :
- 4 Décembre :
- François recherche des infos sur les pigeonniers
romains… : Clic !
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| 2e
PAGE |
- 6 Décembre :
- Une césarienne pour Jules et des forceps pour
Hadrien ? : Clic
!
- 10 Décembre :
- Nouveaux indices de la présence de Sénateurs
païens à Rome au-delà de 420… :
Clic
!
- Pourquoi oublie-t-on le paganisme de Magnence et de
Procope ? : Clic
!
- 12 Décembre :
- L'Étoile de César turlupine Giovanni… :
Clic
!
- 12 Décembre :
- Épée de Damoclès et
réponse sibylline. Qu'entend-on par
là ? : Clic
!
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| 3e
PAGE |
- 12 Décembre :
- Autour de la mort de Julius Nepos, dernier empereur
romain d'Occident : Clic
!
- 13 Décembre :
- Addendum aux généalogies fabuleuses… :
Clic
!
- 14 Décembre :
- Quand, par qui et pour qui fut sculpté le groupe
du Laocoon ? : Clic
!
- 14 Décembre :
- Sapor s'en va-t-en guerre, mironton, mironton, mirontaine… :
Clic
!
- 14 Décembre :
- Qui était Théodore Anagnostes
? : Clic
!
- 26 Décembre :
- Le centurion Marcus Flavinius sentait-il bon le
sable chaud ? : Clic
!
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| 4e
PAGE |
- 27 Décembre :
- La dernière écurie du canasson chéri
d'Hadrien… : Clic
!
- 27 Décembre :
- Jésus né en 9 avant Lui-Même :
un canular… plausible ! : Clic
!
- 27 Décembre :
- Procope fut-il le Grouchy de Julien ? :
Clic
!
- 30 Décembre :
- Quid des conquêtes des empereurs romains ? :
Clic
!
- 30 Décembre :
- Ah, si Brutus n'avait pas joué les Ramon
Zarate !… : Clic
!
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RECHERCHE
DANS LE SITE
"EMPEREURS ROMAINS"
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| 1er Décembre |
| Grégory
a écrit : |
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En relisant
une réédition de l'ouvrage L'Histoire
Toulouse, écrit par un dénommé
Cayla en 1839 (ces informations pour démontrer le
scepticisme dont je fais preuve à l'égard
des affirmations de l'ouvrage…), Il parle d'un "empereur"
nommé Jean Le Secrétaire
que je pensais assimiler à votre usurpateur Jean
puisqu'il est aussi décrit dans le livre comme un
usurpateur, mais sous le règne d'Honorius
et non sous celui de son successeur Valentinien.
Donc je ne sais plus quoi penser malgré le peu (et
c'est un euphémisme) de crédit que je porte
à certaines allégations de l'auteur (par son
parti royaliste et ultra catholique). Peut-être l'auteur
se serait-il trompé dans les dates. Après
tout, le règne de Jean, de deux ans, fut assez bref
pour ne pas porter à plus de recherche.
Merci de m'éclairer ! |
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| RÉPONSE
: |
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Je ne connais pas l'œuvre
de ce Cayla, mais je crois néanmoins que
votre hypothèse est exacte : son Jean "le
Secrétaire" et "mon" Jean-Johannès,
primicerius notariorum de l'empereur Honorius
(c'est-à-dire, en fait, son "premier
secrétaire"), ne font très probablement
qu'une seule et même personne.
Du reste - et sans connaître le fin mot de
cette affaire puisque, je vous répète,
j'ignore tout du vénérable bouquin
de Cayla -, le fait de situer cette usurpation
sous le règne d'Honorius ne me parait pas
réellement une erreur. Certes, Jean s'empara
du trône impérial après la mort
d'Honorius (et pour cause, puisqu'il s'agissait
de lui succéder)… Cependant, à
ce moment, en 423, nul n'avait encore reconnu les
droits du jeune Valentinien
à la succession de son impérial tonton
décédé : ni l'empereur d'Orient
qui rêvait peut-être de réunifier
l'Empire à son profit, ni les notables et
généraux d'Occident qui attendaient
de voir de quel côté le bon vent soufflerait,
ne s'étaient encore clairement prononcés
en sa faveur. En fait, Valentinien III ne devint
réellement empereur qu'après la mort
de l'usurpateur Jean (en 425).
Cela explique pourquoi beaucoup de listes chronologiques
d'empereurs (la
mienne, mais aussi celle de l'excellent site
anglophone DIR
- De Imperatoribus romanis) attribuent l'usurpation
de Jean au règne d'Honorius, alors qu'en
vérité, elle se situe dans l'interrègne
qui suivit la mort de cet empereur. D'ailleurs classiquement,
la date retenue pour le début de règne
de Valentinien III est 425 (date de la mort de Jean)
et non 423 (date de celle d'Honorius). |
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| 1er Décembre 2004 |
| Pauline
a écrit : |
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J'ai
quelques petites questions :
Après l'Edit
de Milan, quelle a été la décision
prise ? Comment est-elle justifiée et quels avantages
pour l'Empire romain Constantin et Licinius attendent-ils
de l'application de l'édit de milan ? Que s'est-il
passé ensuite ?
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| RÉPONSE
: |
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| Voilà des questions
qui ne sont pas si petites que cela ! Heureusement
pour moi (et pour la longueur de cette réponse),
j'ai déjà eu l'occasion d'aborder l'Édit
de Milan dans la notice biographique que j'ai consacrée
à Constantin (voir ici : Clic
!), ainsi qu'à l'occasion d'une correspondance,
échangée jadis avec une autre sympathique
internaute (Clic
!).
Ce fameux Édit de Milan constituait
donc surtout un acte de propagande à l'intention
des Chrétiens. Licinius
allait entrer en guerre contre Maximin
Daïa qui contrôlait les provinces orientales
de l'empire romain où, justement, les adeptes
du Christ étaient particulièrement nombreux.
Mieux valait donc ne rien négliger pour se rendre
favorable cette importante minorité, bien organisée
et très remuante.
En quelque sorte, Constantin,
dont les sympathies envers le christianisme étaient
bien connues, servait de garant à Licinius qui,
lui, serait le principal bénéficiaire
de cet accord qui visait faire basculer de son côté
les sujets chrétiens de Maximin Daïa.
Quand Licinius eut remporté la victoire, il publia
dans les territoires qu'il venait de conquérir
une proclamation qui exposait les différentes
dispositions que Constantin et lui avait prises à
Milan. C'est grâce à ce document (transmis
par l'écrivain chrétien Lactance, contemporain
de Constantin) que nous connaissons le contenu de l'Édit
de Milan, le texte original ne nous étant pas
parvenu.
Si cela vous intéresse, vous trouverez à
cette adresse (www.upmf-grenoble.fr)
une traduction française de la proclamation
de Licinius (en fait un genre de "lettre ouverte"
au gouverneur de la province de Bithynie).
Je ne vois pas très bien ce que je pourrais
vous dire de plus à ce sujet… Sinon peut-être
vous renvoyer à ce bref rappel chronologique
des événements qui aboutirent à
ce célèbre (et un peu mythique) Édit
de Milan (voir ici : Clic
!).
Peut-être y trouverez-vous des infos utiles à
vos recherches. |
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| 1er Décembre 2004 |
| Émilie
a écrit : |
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Je
vous remercie d’avoir répondu à
mon premier
mail et je m’excuse aussi de ne pas vous avoir
répondu plus tôt. Je suis toujours aussi
contente d’être tombée sur votre
site qui m’aura certainement beaucoup aidé
dans ma recherche sur l’image de Néron
dans l’imaginaire occidental. Je suis bien déçue
en effet de ne pouvoir donner le point de vue de cet
artiste et empereur romain. Trop célèbre
pour avoir bénéficié d’une
image si négative, j’aurais eu un magnifique
contrepoint de vue avec ses écrits artistiques.
Je vous remercie de m’avoir transmis ce savoureux
vers de Néron et je peux néanmoins m’en
servir pour mon mémoire.
J’aimerais encore une
fois abuser de votre gentillesse en vous demandant s’il
est possible de trouver l’analyse psychopathologique
de Néron dans un livre quelconque. Je
pense que cette analyse ne serait pas non plus un mauvais
élément à ajouter à mon
mémoire. Néron empereur romain et les
psychologues : l’analyse des psy sur Néron
doit être passionnante. (…)
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| RÉPONSE
: |
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| Un portait psychologique
de Néron
?
Personnellement, je n'en connais pas… du moins
qui soit établi par un "expert", psychologue
ou psychiatre car, pour le reste, il y aurait comme
qui dirait plutôt pléthore que pénurie
: tout écrivain, qu'il soit historien ou romancier,
qui s'est intéressé à cet empereur,
a émis "sa petite idée" sur
le caractère de Néron et l'a décrit
à sa façon.
À mon avis,
le gros problème, c'est la nature résolument
partiale des documents antiques dont nous disposons.
Leurs auteurs, Suétone, Tacite ou Dion
Cassius sont ouvertement et constamment hostiles
à l'égard de Néron. À
leurs yeux, il est l'archétype du mauvais
empereur, et toutes ses actions, même celles
qui, objectivement, pourraient apparaître
bonnes, généreuses, sont systématiquement
présentées sous un jour défavorable.
Dès lors, je me demande s'il est réellement
possible de tirer des données psychologiques
objectives d'une matière si éminemment
subjective, si peu sûre du point
de vue historique, si lacunaire ou si visiblement
"polluée" d'esprit partisan.
On peut certes "rectifier" les exagérations
les plus flagrantes des historiens antiques, mais
de là à établir un profil
psychologique de Néron, il y a de
la marge ! Tout au plus la subjectivité
des psychologues modernes, avec leurs "a
priori", favorables ou défavorables
à Néron, se superposera-t-elle à
la partialité des "historio-moralistes"
antiques.
Cela dit, bien qu'il ne fût probablement
le monstre, l'Antéchrist que la tradition
décrit, j'ai quand même l'impression
que Néron ne fût certainement pas
un modèle d'équilibre psychologique
non plus.
Notez que ça peut se comprendre ! Il ne
connut guère son père, d'ailleurs
lamentable personnage. Quant à sa mère,
elle ne s'intéressa à lui que quand
il put servir ses propres ambitions, qui étaient
démesurées. Complice involontaire,
parce que bénéficiaire, des crimes
et forfaits de cette Agrippine
; devenu un pion, un jouet (même sexuel
?) entre les mains de cette femme démoniaque,
il ne put échapper à son emprise
qu'en la faisant assassiner. |
|
Et voilà comment ce jeune homme, probablement
sensible, sans doute dénué d'ambition
autre qu'artistique, avait été propulsé
au sommet de l'État. Il avait d'abord dû
passer sur les corps de son beau-père (l'empereur
Claude),
de son frère adoptif (Britannicus)
et de son épouse (Octavie), puis avait été
contraint de liquider sa propre mère pour garder
le trône qui, seul, lui garantissait l'impunité.
Ajoutez à cela qu'il constata au fil du temps
- et ce n'était pas toujours les effets d'une
paranoïa finalement bien compréhensible
tant il avait été "exploité"
- que l'immense majorité de ses prétendus
amis n'était en fait qu'un ramassis de comploteurs
qui, le méprisant (ou pis encore, se moquant
de son art), ne songeaient qu'à se débarrasser
de lui après avoir pressé jusqu'au zeste
le richissime et généreux citron qu'il
était.
Y'avait de quoi débloquer un peu de temps en
temps, non ?
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| Émilie
réécrit : |
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Je
vous remercie pour vos derniers conseils à propos
de Néron. Ils m’ont beaucoup éclairé
quant à mes dernières réflexions
à propos de mon mémoire.
J’ai fini par tomber sur
un site d’achats de livres sur le Net, et en fouinant,
j’ai été surprise de tomber sur
livre de Fernand DESTAING intitulé
Le pouvoir et la folie, de Caligula à Saddam
Hussein,(Ed. Buchet Chastel, 1994). Aussi courte
que soit son intervention sur Néron, il pourra
peut-être me faire comprendre certaines choses
sur la psychopathologie du pouvoir. Rien ne m’empêche
d’y jeter un petit coup d’œil.
En ce qui concerne les historiens,
je suis assez d’accord avec ce que vous m’avez
écrit.
Mon professeur m’a d’ailleurs
conseillé un livre à ce sujet : Reflections
of Nero, culture, history and representations,
de J. ELSNER et J. MASTER (Londres,
1994). Ce livre explique bien les problèmes de
partialité du récit.
Certains chercheurs pensent que
TACITE se sert de Néron pour
montrer une dégradation des valeurs morales sénatoriales
sous un tyran. Néron
est donc plus un symbole d’une certaine immoralité.
Il marque la transgression de toutes les valeurs républicaines
et amène plus à une sorte de monarchie
absolue. SUETONE est certes considéré
comme un historien mais dont le travail manque de précision.
Tous les deux montrent une grande exagération
sur le portrait psychologique de l’empereur.
Si on réfléchit bien, c’est une
tentative de dresser un portrait psychologique du personnage
de l’empereur plus qu’un travail d’historien.
À partir des petits détails laissés
par ces auteurs, on peut effectivement dresser un portrait
de l’empereur mais cela pose le problème
de l’interprétation des textes des auteurs
anciens.
Vous parlez de DION CASSIUS…
et on ne l’évoque pratiquement jamais à
propos de Néron dans les livres… Auriez-vous
trouvé des passages dans son histoire universelle
qui évoquent Néron ? Je crois bien que
j’ai dû passer à côté
de lui car les auteurs ne semblent point s’y intéresser.
Bref, tout ceci sera expliqué dans mon mémoire.
Je vais essayer de bien soulever tous les problèmes
que comportent ces premiers écrits sur mon mégalomane,
empereur et séducteur préféré
: Néron. (…) |
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| RÉPONSE
: |
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| Effectivement, les problèmes
posés par l'interprétation des textes
de TACITE et de SUÉTONE
sont considérables. Certes, il va de même
avec la plupart des écrivains antiques, mais
dans le cas de ces deux auteurs, les difficultés
se trouvent encore accrues par l'intrusion probable
de thèmes chrétiens dans leurs œuvres
originales. Résultat : des textes mutilés
(surtout dans le cas de Tacite dont seulement une petite
moitié des Annales et un tiers des Histoires
nous sont parvenues), ou suspects d'interpolation (par
exemple, dans la Vie de Néron, l'évocation
des supplices infligés aux chrétiens,
insérée entre des dispositions maraîchères
et de "sécurité routière"
- voir ici : Clic
!).
Naturellement, tout cela ne modifie en rien la ligne
politique générale de ces écrits,
entièrement destinés à glorifier
les empereurs libéraux de la dynastie
dite "des Antonins", ainsi qu'à exalter
les valeurs du parti sénatorial. (À ce
sujet, voyez, entre autres, ces anciens courriers :
Clic !
et Clic !).
Mais il n'en reste pas moins vrai qu'une telle matière
première, tantôt lacunaire, tantôt
douteuse, permet à peu près n'importe
quelle interprétation. Ou bien, en prenant les
textes au premier degré, on nous présentera
des empereurs monstrueux (pas seulement Néron,
mais aussi Tibère,
Caligula
ou Domitien).
Ou au contraire, en les triturant dans tous les sens,
on se livrera à des réhabilitations excessives,
tel le Saint Néron de Jean-Charles PICHON
(voir ici : Clic
!) qui fait de l'empereur-artiste un ardent propagandiste
chrétien, et du poète Lucain, l'évangéliste
Luc.
Faut quand même pas pousser bobonne dans les orties…
ni, en l'occurrence, Néron dans le bénitier
!
En ce qui concerne DION CASSIUS, le
problème se corse encore davantage puisque des
80 livres de son Histoire romaine (de l'arrivée
d'Énée en Italie à l'année
229, écrite en grec), seule une petite partie
est complète (18 livres, n° 36 à 55,
qui couvrent les années 68-10 av. J.-C.). La
suite immédiate (5 livres, n°55 à
60, années 9 av. J.-C. à 46 ap. J.-C.)
constitue en fait un condensé de l'œuvre
originale. Le reste est perdu (excepté des fragments
des livres 79 et 80) et ne peut être reconstitué
que par les résumés d'historiographes
byzantins des XIe et XIIe siècles.
Bref, une œuvre encore plus martyrisée que
celle de Tacite… et probablement bien plus "bidouillée"
que celle de Suétone !
À cela s'ajoute une difficulté personnelle
: les textes (résumés et abrégés
byzantins) de Dion Cassius relatifs aux règnes
des successeurs d'Auguste sont très difficilement
disponibles en traduction française. Sur le Net,
ils ne sont guère accessibles qu'en anglais (sur
le site LacusCurtius).
Or, mon anglais scolaire étant par trop défraîchi
pour une lecture cursive, je dois me résoudre
à n'exploiter cette source qu'au coup par coup,
pour vérifier l'une ou l'autre info fournie par
un autre historien latin.
Mais enfin, vous êtes probablement plus polyglotte
que moi !
Ah oui, peut-être encore une dernière
chose… Avez-vous jeté un coup d'œil
sur le site (ami et associé) Péplum
- Image de l'Antiquité de Michel ELOY, qui
recèle un fort intéressant article consacré
à Néron : Néron,
une icône satanique où sont analysées
(aussi éloquemment que brillamment) diverses
représentations traditionnelles de Néron,
tant dans le cinéma que dans le roman.
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| 3 Décembre 2004 |
| Camille
a écrit : |
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J'ai
quelques soucis en ce qui concerne cette fameuse demeure
de Néron. Je m'intéresse aux grottesques,
trouvées dans sa maison à la Renaissance
qui ont donné lieu à de nombreux débats,
et je ne comprends pas, ou du moins j'aimerais comprendre
quelles étaient les motivations des artistes
à avoir créé de telles œuvres
; si cela faisait partie d'une manière de vivre
; si Néron a été un commanditaire.
Bref d'où elles viennent. Je ne trouve aucune
réponse à ces questions. Les sites internet
ne montrent que de belles œuvres, mais n'en expliquent
ni le sens ni le but. |
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| RÉPONSE
: |
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Malheureusement,
les renseignements que recherchez relèvent
plutôt de l'histoire de l'art, tandis que
mes pages internet sont, quant à elles,
principalement axées sur les biographies
des empereurs romains. Aussi, mes connaissances
sur ces grottesques se limitent à
ce que tout "honnête homme" (pour
parler comme au Grand Siècle) devrait en
savoir. Comme vous l'évoquez dans votre
mail, ce mot viendrait donc des fresques de la
Maison dorée de Néron,
ensevelies depuis la fin du Ier siècle
ap. J.-C., redécouvertes par hasard au
milieu des années 1400, et dont l'originalité
aurait enthousiasmé et inspiré les
principaux peintres de la Renaissance italienne
(le mot grotta d'où dérive
grottesque puis grotesque, désigne
tout bêtement une excavation).
Je n'en sais guère plus… Toutefois,
et pour répondre - selon mes modestes lumières,
cela va de soi - à l'une de vos interrogations,
il me paraît assez évident que Néron
fut bien le commanditaire des œuvres qui
ornaient la seule demeure qu'il estimait digne
de lui. "Me voici enfin logé comme
un être humain !", aurait-il modestement
commenté lors de la "réception
des travaux" (voir SUÉTONE, Vie
de Néron, 31).
J'ai déjà eu l'occasion d'évoquer
la Maison Dorée à l'occasion d'une
correspondance avec autre internaute (voir ici
: Clic !).
Cet ancien courrier résume en quelque sorte,
l'état de mes connaissances sur la question
(je vous invite aussi à consulter les quelques
liens qui figurent au bas de cette réponse).
En outre, j'ai également trouvé
ces quelques sites qui évoquent la Domus
aurea et les grottesques : |
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- Site français du meuble peint - des grottesques
au grotesque : Clic
!
- Site Union centrale des Arts décoratifs -
les grotesques : Clic
!
- Grottesques et lettrines : Clic
!
Désolé de ne pouvoir mieux vous renseigner. |
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| Conclusion
de Camille : |
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Merci
beaucoup d'avoir pris le temps de me répondre.
C'est vraiment très sympa.
Je crois que je vais vraiment avoir du mal à trouver
des réponses. aucun livre d'histoire ne parlent
de ces hybridations ! |
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| 3 Décembre 2004 |
| Kevin
a écrit : |
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Passionné
d'histoire, je me suis particulièrement intéressé
à celle de l'Écosse à l'époque
romaine, la Caledonia, ce pays dont
plusieurs empereurs ont tenté de prendre le contrôle,
en vain.
Pourrais-je connaître précisément
les opérations militaires et diplomatiques, ou
tout autres types d'échange, qui auraient eu
lieu entre ce petit pays, retiré aux confins
du monde connu des Romains, et le colossal Empire méditerranéen
?
Par exemple, y a-t-il eu des témoignages de Romain
ayant voyagé en Écosse, ou d'Écossais
connus pour une quelconque raison au sein du monde romain
?
Merci de répondre autant
que possible à mes questions. |
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| RÉPONSE
: |
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| On sait assez que, lorsqu'ils
envahirent la (Grande-)Bretagne sous l'empereur Claude
(41-54), les Romains n'avaient fixé aucune limite
à leur conquête. Tant mieux si la totalité
de l'île tombait sous leur coupe ! Cependant,
la résistance autochtone se révélant
plus ferme dans les secteurs "excentriques"
(auj. les Cornouailles, le Pays de Galles et l'Écosse),
ils se contentèrent, dans un premier temps, d'occuper
ce qu'ils considéraient comme la Bretagne utile
(grosso modo, l'Angleterre actuelle). Ce qui
ne veut naturellement pas dire qu'ils avaient définitivement
tiré un trait sur la conquête du reste
de l'île, et en particulier sur celle du Nord,
qu'ils appelaient la Calédonie, notre
Écosse. En 83-84, le général Agricola,
beau-père de l'historien Tacite, remporta même
une grande victoire contre les Calédoniens du
chef Galgacus (bataille du mont Graupius, sans doute
entre Édimbourg et Aberdeen - voir Tacite, Vie
d'Agricola, 29).
Cependant, pour Dieu sait quelle raison (fin de l'été,
transferts de troupes vers d'autres fronts… ou
triomphe moins éclatant que Tacite voudrait nous
le faire croire), ce succès ne put être
complètement exploité. L'Écosse
entière ne fut pas conquise. Les opérations
dans ce secteur se poursuivirent donc encore jusque
vers 90, même après le rappel d'Agricola
à Rome (en 85).
Ensuite, les Romains,
pragmatiques comme à l'accoutumée,
se contentèrent de stabiliser les positions
acquises. Au début du IIe siècle
ap. J.-C., des révoltes calédoniennes
- dont l'une semble avoir été fatale
à la Légion IX Hispana - aboutirent
la création du "mur d'Hadrien"
(voir ici : Clic
!). En quelque sorte, l"édification
de cette ligne de fortification symbolisait l'abandon
de tout projet de conquête au Nord de la
Bretagne.
Pourtant, dès 139-140, le gouverneur Q.
Lollius Urbicus reprit l'initiative d'opérations
militaires au-delà du mur d'Hadrien, remporta
une victoire, et ordonna la construction d'un
second mur de défense situé plus
au Nord, entre la Clyde et le Forth. Pourquoi
? Parce qu'il semblerait que les autochtones avaient
profité de la retraite romaine pour créer
un réseau serré de fortifications
entre le mur d'Hadrien et précisément
cette ligne Clyde-Forth. Lollius estimait qu'il
était préférable de cloisonner
ce foyer de résistance calédonien
entre deux systèmes défensifs :
son nouveau mur, servant de rempart, interdirait
l'envoi de renforts aux rebelles, tandis que celui
d'Hadrien contiendrait ceux-ci dans une zone limitée.
Ce nouveau dispositif remplit si bien son rôle
que les fortifications d'Hadrien furent progressivement
abandonnées…
À la fin du IIIe siècle, Clodius
Albinus, alors gouverneur de Bretagne, dégarnit
les garnisons de l'île afin d'augmenter
ses chances dans la guerre civile qui l'opposait
à Septime
Sévère, lui aussi prétendant
au trône impérial. Il fut vaincu,
et les Pictes profitèrent de l'affaiblissement
des défenses romaines pour envahir le Nord
de la Bretagne. Ils furent repoussés par
Septime Sévère qui, non content
de les refouler au-delà des murs d'Hadrien
et d'Antonin, semble avoir poussé son offensive
jusqu'à l'extrémité septentrionale
de l'Écosse. Mais, une fois de plus, ce
succès resta sans lendemain : Septime Sévère
mourut à York (en 211) et fut le dernier
Romain à entreprendre la conquête
de la Calédonie. |
 |
Voilà, aussi brièvement que grossièrement
résumé, tout ce que je peux vous dire
à propos des opérations militaires romaines
en Écosse…
En ce qui concerne les témoignages d'écrivains
romains sur ce pays, à première vue, je
n'en connais pas d'autres que celui de Tacite dont la
Vie
d'Agricola narre (entre autres choses) les
exploits de son beau-père contre les sauvages
guerriers peints de Calédonie.
Quant à des protos-écossais
qui auraient "fait carrière" dans le
monde romain, a priori, je n'en vois pas non plus…
Toutefois, cela ne signifie nullement que les frontières
entre le Nord de la Bretagne, resté barbare
et le Sud romanisé furent inexistants. À
l'instar les fortins des limes germanique ou
danubien, ceux des Murs d'Hadrien ou d'Antonin,
constituaient autant de points d'échange entre
deux mondes qui n'étaient pas forcément
continuellement antagonistes.
Dernière chose, en préparant cette réponse,
j'ai trouvé quelques sites internet qui pourraient
peut-être vous intéresser… si du
moins vous les avez déjà dénichés.
Les voici :
- Site "Terres contées" :
- La Calédonie contre Rome : Clic
!
- Les Pictes et les Scots : Clic
!
- Site perso de Jérôme Thomas - l'Héritage
romain en Écosse : Clic
!
- Site web de la société vexillologique
de l'Ouest - Histoire des Pictes : Clic
!
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| 4 Décembre 2004 |
| François
a écrit : |
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Mes
études d'Architecture me conduisent à m'intéresser
à l'histoire des pigeonniers en Provence.
Or je crois savoir que cette histoire est liée
à la civilisation romaine.
Pourriez-vous me conseiller un ouvrage ou me donner quelques
ficelles ? |
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| RÉPONSE
: |
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| Malheureusement, force
m'est d'avouer que je n'ai pas trouvé beaucoup
de renseignements susceptibles de faire avancer vos
recherches. Mais il est vrai que mon site étant
surtout axé sur les biographies d'empereurs,
ma documentation relative à l'architecture romaine
antique est des plus sommaire. Surtout s'il s'agit d'un
sujet si spécialisé…
En fait, la seule chose que j'ai trouvée est,
sur le Net (voir ici : Clic
!), la mention d'un livre qui pourrait peut-être
vous intéresser :
Louis PALLIEZ, Le pigeon voyageur. Son utilisation
au cours des guerres anciennes et modernes, Lille,
1932.
Selon le créateur de la page
Web où cette référence est
mentionnée (note n° 2) : "L’auteur
rappelle les origines anciennes du pigeon voyageur.
La mythologie romaine fait mention de ces messagers
utilisés par Mars et Vénus pour correspondre.
Dès l’Antiquité, Égyptiens,
Grecs et Romains se servent des pigeons dans l’armée
dans le but d’établir un service postal.
Ainsi, au cours de la conquête de la Gaule,
les Romains jalonnent le territoire de colombiers,
l’objectif est de créer un système
de communication avec Rome, le centre de l’empire
(…)."
Désolé de ne pouvoir mieux vous renseigner.
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