|
Juin 2004 (page 2/2)
Sommaire du mois de Juin : Clic
!
|
| |
| 8 Juin 2004 |
| Emmanuel
a écrit : |
| |
Pourriez-vous
m'éclaircir encore sur un point ?
Vous (et Gibbon) reconnaissez qu'il existait toujours à
Rome, en 467-472, un "parti païen".
Or, à part Gabinius Barbarus Pompéianus (préfet
de Rome en 408-409), Lampade (préfet de Rome en 409-410),
Tertullus (sénateur et consul en 410) et Rutilius
Claudius Namatianus (préfet de Rome en 414), je n'ai
pas trouvé dans mes bouquins la moindre attestation
de sénateurs païens à Rome au-delà
des années 410-420 (André Chastagnol a aussi
noté que, de 395 à 423, sur 18 préfets
de Rome dont la religion nous est connue, 9 étaient
païens !). Pourriez-vous donc me dire s'il y eu des
sénateurs païens à Rome de 423 à
476, et si oui me communiquer le nom de quelques-uns
ainsi que leurs années de fonctions ? |
| |
| |
| |
| RÉPONSE
: |
| |
|
Je serais vraiment très mal venu
prétendre compléter, et encore moins de
contester, les données que vous avez recueillies
sur les sénateurs païens du Ve siècle.
Votre érudition est vraiment impressionnante…
alors que moi, de mon côté, je n'ai sans
doute pas été assez explicite.
Dans mon précédent
mail, j'ai effectivement mentionné un parti
païen qui aurait accueilli avec faveur la tolérance
de notre brave Anthemius…
mais j'ai aussitôt nuancé cette expression
en ajoutant : "ou ce qu'il en restait".
En effet, je suis assez sceptique quant à la persistance
d'une opposition païenne structurée à
une époque si tardive. Nous sommes bien loin du
temps où un sénateur païen comme Symmaque
pouvait, au nom d'un certain "principe de précaution",
demander le maintien de certains cultes officiels à
Rome. Désormais, même vénérer
les dieux des Anciens in petto, dans le secret
sa conscience, n'était déjà plus
guère licite, et célébrer ouvertement
leur culte était passible de la peine de mort.
Pour préciser ma pensée, "ce qui
restait" du "parti païen"
à Rome, à la fin du Ve siècle, ne
devait guère représenter que quelques personnes
de l'aristocratie sénatoriale, officiellement chrétiennes,
mais qui restaient vaguement attachées, plus par
nostalgie d'une grandeur révolue que par conviction
profonde, aux cultes pratiqués par leurs glorieux
ancêtres.
Bref, des réactionnaires de salon davantage que
des agitateurs politico-religieux !
Voyez par exemple Andromaque, ce sénateur qui
se fit "remonter les bretelles" par le pape
Gélase (492-496) parce qu'il avait prétendu
défendre la fête païenne des Lupercales
(voir ici : Clic
!). Le pape, dans l'admonestation qu'il lui adressa,
le présuppose chrétien, parce qu'évidemment,
s'adresser à un païen aurait été
à la fois inutile et en dessous de sa dignité,
mais l'était-il réellement ? That's
the question !
Outre que le comportement de cet Andromaque est symptomatique
de cette nostalgie que j'évoquais plus
haut, le fait qu'il se soit ouvertement impliqué
dans la défense d'une fête aux antipodes
des bonnes mœurs chrétiennes semble quand
même le signe d'une foi chrétienne bien tiède…
|
| |
| |
| |
| Emmanuel
réécrit : |
| |
1.
Juste pour conclure (et pour le fun), j'ai lu votre
courrier parlant des pièces-médaillons
contorniates (voir ici : Clic
! et Clic
!), ce qui m'a poussé
à lire le paragraphe qui leur est consacré
dans l'Encyclopaedia Universalis. J'y ai appris
que ces monnaies de propagande païenne émises
dans la clandestinité circulèrent uniquement
parmi l'aristocratie sénatoriale de Rome. Qu'on
en trouve jusqu'en 472 a de quoi laisser songeur, s'il
n'y avait plus de sénateurs païens pur jus
à l'époque (je sais, je suis emmerdant)…
|
| |
| |
| |
| RÉPONSE
: |
| |
|
Mais point du tout ! Vous n'êtes
nullement "emmerdant". Que non point
! Que du contraire même, puisqu'en réalité,
je vous le répète - et croyez bien qu'il
ne s'agit pas d'hypocrite flagornerie de ma part, ou d'une
tendance maladive au consensus mollasson -, je suis, grosso
modo, d'accord avec vous.
Pas plus que je ne n'ai affirmé qu'un "parti
païen" bien structuré existait encore
dans la Rome de la fin du Ve siècle, je n'ai jamais
écrit qu'il n'y avait plus aucun sénateur
païen à cette époque. Il s'en trouvait
probablement encore, mais faute de pouvoir afficher ouvertement
leur attachement à la religion de leurs ancêtres,
ils ne manifestaient sans doute plus guère qu'une
nostalgie de la gloire de Rome à jamais révolue.
Bref, il ne leur restait plus que leur liberté
de penser, comme chante l'autre. Mais, elle aussi
allait bientôt leur être enlevée…
L'émission "dans la clandestinité"
(pour reprendre vos termes) de ces fameux contorniates
n'est-elle d'ailleurs pas l'indice que l'aggravation de
la répression chrétienne empêchait
de plus en plus l'expression de sentiments liés
à la religion traditionnelle ? Si Symmaque
avait vécu cinquante ans plus tard, il se serait
probablement contenté d'émettre clandestinement
d'anonymes contorniates au lieu de jeter d'éloquentes
apologies des cultes traditionnels à la face d'empereurs
chrétiens… Et vingt ans après la diffusion
de ces monnaies satiriques, les sénateurs nostalgiques
du paganisme d'antan imiteront sans doute l'attitude prudente
de leur collègue Andromaque (celui qui intervint
pour le maintien des Lupercales) : devenus officiellement
chrétiens, ils livreront un combat d'arrière-garde
pour défendre non plus des croyances, mais un vague
"folklore" païen !…
|
REACTION
A CE COURRIER :
Voir ici : Clic
!
|
|
| |
|
| |
2.
Et aussi, je ne voudrais pas avoir l'air d'ergoter,
mais votre site, censé parler de TOUS
les empereurs romains, n'ont pourtant pas de notices
consacrées aux empereurs Attale Priscus (409-410)
et Jean (423-425)…
|
| |
| |
| |
| RÉPONSE
: |
| |
|
En ce qui concerne votre petite remarque
sur l'absence de notice biographique pour certains empereurs,
vous avez une nouvelle fois, mis dans le mille !
Bon, bien sûr, je pourrais ergoter en disant que
TOUS les empereurs romains "officiels",
c'est-à-dire ceux qui sont repris dans la plupart
des nomenclatures classiques, font bien l'objet d'une
notice biographique (quoique de longueur et de qualité
très variable) et que ni ce Jean, ni cet Attale
ne furent à proprement parler de "vrais"
empereurs romains. Mais il n'en reste pas moins que vous
tout à fait raison : pour être complet, je
devrais aussi évoquer ces usurpateurs… ne
serait-ce que parce beaucoup d'empereurs officiels ne
furent que des usurpateurs ayant réussi !
En fait, l'exhaustivité reste mon objectif, même
si je crains qu'il ne soit de plus en plus difficile à
atteindre. En effet, le traitement du courrier des visiteurs
de mon site - toujours plus abondant et pertinent (vos
mails en sont la preuve) - exige de plus en plus de temps,
qui dès lors me manque cruellement pour l'écriture
de nouvelles notices (ou à la réécriture
de notices incomplètes).
J'espère donc toujours pouvoir proposer aux internautes
un site vraiment complet sur TOUS les empereurs et usurpateurs
romains. Mais quand ? Encore une fois, that's the
question …
|
| |
| |
|
| |
| 9 Juin 2004 |
| Solio
a écrit : |
| |
| Une question
que je me pose depuis des années : y a-t-il un lien
entre le mot "Romain" et le peuple "roumain".
En gros, la Roumanie a-t-elle quelque chose à
voir avec Rome ? |
| |
| |
| |
| RÉPONSE
: |
| |
|
Oui, bien sûr, les Roumains
ont quelque chose à voir avec Rome : ils sont,
en quelque sorte, les Romains de l'Est de l'Europe.
Sans entrer dans les détails de l'histoire roumaine
(dont du reste, je ne connais que les grandes lignes),
rappelons que la plupart des régions qui correspondent
à l'actuelle Roumanie firent partie intégrante
de l'Empire romain pendant environ 150 ans (du règne
de Trajan
à celui d'Aurélien).
Quand les légions romaines évacuèrent
cette province de Dacie, elle y laissèrent une
population originale, mélange de colons romains
et d'indigènes daces, mais qui parlait latin. Ensuite,
toutes sortes de barbares exotiques déferlèrent,
des Slaves s'infiltrèrent, ensuite des Hongrois
puis des Turcs occupèrent…. Mais les habitants
de ces régions continuaient à parler une
langue latine fortement teintée de dialectes slaves.
Bref, ils parlaient le roumain, une autre façon
de dire, le romain.
Enfin en 1862, le pays devint indépendant et prit
le nom de Roumanie. Pourquoi ? Précisément
parce que le roumain était le ciment de ce nouvel
état. C'était la langue commune aux habitants
des diverses petites principautés qui composaient
la grande Roumanie.
La Roumanie, c'est donc le pays des gens qui parlent
le roumain, c'est-à-dire le romain, autrement
dit, du latin qui a évolué au fil des siècles
au contact de langues slaves. |
| |
| |
|
| |
| 9 Juin 2004 |
| Quentin
a écrit : |
| |
| Quel
est le rôle des flamines ? |
| |
| |
| |
| RÉPONSE
: |
| |
|
Le flamine était un prêtre
nommé au service d'un dieu particulier à
qui il devait sacrifier.
Il y avait aussi des flamines dans d'autres villes du
Latium, mais, à Rome, les flamines étaient
au nombre de quinze : trois flamines majeurs (majores),
issus de familles nobles, qui se consacraient au culte
des dieux les plus importants (Jupiter, Mars et Quirinus),
et douze flamines mineurs (minores), d'origine
plébéienne, qui s'occupaient de divinités
moins prestigieuses (Cérès, Pomone, Flore,
Vulcain, etc). Les quinze flamines étaient nommés
par le peuple, élus à vie et placés
sous l'autorité du Pontifex maximus, le
grand prêtre de la religion officielle romaine.
Leur costume se caractérisait par un chapeau de
cuir blanc conique (l'apex), mais le flamine
de Jupiter (flamen dialis), de loin le plus important
en dignité et le plus honoré, portait aussi
en permanence un manteau de laine pourpre tissé
par sa femme. En contrepartie de ces honneurs, le flamine
de Jupiter était soumis à tout un système
de contraintes, de règles et de tabous, qui visaient
à le préserver de toute souillure, et qui
réglaient même la conduite de son épouse.
Il n'était pas autorisé à monter
à cheval, il ne pouvait quitter Rome, il lui était
interdit d'exercer toute autre magistrature, etc…
Il va de soi que toutes ces obligations découragèrent
les candidats au poste : malgré son importance,
la charge de flamine du Jupiter tomba presque en désuétude
au milieu du Ier siècle av. J.-C.
Sous l'Empire - la période historique à
laquelle mon site internet s'intéresse plus particulièrement
- les flamines devinrent les prêtres chargés
du culte impérial (c'est-à-dire celui de
l'empereur divinisé) dans toutes les villes soumises
à Rome (voir ici : Clic
!).
(Sources : Université d'Oxford, Dictionnaire
de l'Antiquité, Éditions Robert Laffont,
coll. Bouquins ; J.-P. THUILLIER, Dictionnaire de
l'Antiquité grecque et romaine, Éditions
Hachette).
|
| |
| |
|
| |
| 10 juin 2004 |
| Bidzina
a écrit : |
| |
| En propageant
le Christianisme dans plusieurs pays, Constantin
le Grand voulut-il fonder en même temps l'Église
Latine ? |
| |
| |
| |
| RÉPONSE
: |
| |
|
Je ne me souviens pas d'avoir lu quelque
chose à ce propos, mais je n'ai pas l'impression
qu'il voyait si loin…
Bien sûr, il y a cette fameuse Donation de Constantin,
par laquelle l'empereur, malade de la peste, non content
de léguer la ville de Rome au pape, lui aurait
également donné tout pouvoir sur l'Occident
romain… un document qui servait fort les intérêts
de la Papauté, mais qui serait un faux du IXe ou
Xe siècle (voir ici : Clic
!).
Quand Constantin
s'empara du pouvoir, la Chrétienté
était très majoritairement orientale et
grecque. En Occident (excepté en Italie et en Afrique
du Nord), les communautés chrétiennes restaient
rares et disséminées. L'Espagne commençait
à peine à être évangélisée,
et les Gaules restaient massivement païennes. Les
grandes missions d'évangélisation en Gaule
et en (Grande-)Bretagne ne viendront qu'après la
fin de la dynastie constantinienne, dans la seconde moitié
du IVe siècle.
À l'époque de Constantin, fonder une Église
latine qui se poserait en rivale de l'Église grecque
relevait de l'utopie : l'Occident chrétien était
encore dans les limbes !
D'autre part, chacune des différentes
églises locales revendiquait une large autonomie,
tant sur le plan du dogme que sur celui de la "discipline".
Église d'Antioche estimait ne rien devoir
à celle d'Alexandrie, comme celle de Carthage
résistait de toutes ses forces aux empiètements
de l'évêque de Rome. La grande tâche
du premier empereur chrétien fut donc moins
de propager le christianisme que d'unifier ses diverses
Églises, au moins au niveau du dogme.
On sait ce qu'il en advint : loin de résoudre
la crise arienne, Concile de Nicée l'aggrava
plutôt.
Je terminerai en notant qu'en fondant Constantinople,
l'empereur ne facilitait guère l'émergence
d'une chrétienté latine. La nouvelle
capitale de son Empire en voie de christianisation
était de culture et de langue grecque, et
le prestige de son évêque fit bientôt
de l'ombre à son collègue romain.
La rivalité entre le patriarche, orthodoxe
et grec, de la nouvelle Rome et le pape, catholique
et latin, de l'ancienne, qui se transforma bien
vite en hostilité, finit par aboutir (sous
couvert de toutes sortes d'arguties théologiques)
au schisme des Églises d'Orient d'Occident.
Une catastrophe que Constantin, tout grand
qu'il fût, n'avait pas prévue…
|
|
|
| |
| |
|
| |
| 24 Juin 2004 |
| Jacky
a écrit : |
| |
Je suis
à la recherche de plan sur des meules domestique
destinée à moudre le grain.
Je sais qu'elles sont faites en roche basaltique.
J'aimerais m'en fabriquer une. |
| |
| |
| |
| RÉPONSE
: |
| |
|
Faute de pouvoir vous renseigner moi-même,
je me suis adressé quelqu'un de bien plus savant
que moi en matière d'archéologie antique,
en l'occurrence le "webmestre" du site Archeobel.
Toutefois, même cet ami averti n'a pas trouvé
grand-chose sur le sujet qui vous intéresse, si
ce n'est cette page du site Archéologie
dans le Lot-et-Garonne" : Clic
!.
A mon humble avis, pour recevoir des infos susceptibles
de vous guider dans votre projet, mieux vaudrait sans
doute vous adresser à des archéosites,
ces lieux où, justement, où l'on tente,
par l'archéologie expérimentale, de reconstituer
le cadre de vie de nos ancêtres gallo-romains.
Voici les adresses des trois archéosites que je
connais :
|
| |
| |
|
| |
| 27 Juin 2004 |
| Gricca
a écrit : |
| |
|
Lédit
de Caracalla sur la citoyenneté romaine
et ses conséquences sur le nom.
Pour
qui parcourt lhistoire de lempire
romain, on saperçoit dune évolution
dans le port du nom après lédit
de lempereur Caracalla
de 212 accordant la citoyenneté romaine
à tout homme libre de lempire. En
effet on voit apparaître chez une certaine
catégorie de citoyens, d'abord chez ceux
exerçant dans larmée, puis
ensuite aussi dans ladministration impériale,
les mêmes noms, en tout premier celui de
Marcus Aurelius dans la 2ème moitié
du IIIe siècle, puis celui de Valerius
sous la Tétrarchie et enfin celui de Flavius
sous lempire chrétien.
Ces changements
furent progressifs, à la suite de lédit
de 212, des militaires devenus citoyens romains
durent prendre le nom de Marcus Aurelius (en
lhonneur de Caracalla qui est connu pour
avoir manifesté une grande sollicitude
envers larmée) et le transmirent
à leurs fils, militaires à leur
tour, qui arrivèrent au sommet de la hiérarchie
dans la seconde moitié du IIIe siècle.
On y atteint le maximum de Marcus Aurelius et
les empereurs soldats le portèrent tous
de Claude
II le Gothique à Carin
(268-285) -(à lexception dAurélien
(270-275) et des demi-frères Tacite
et Florien
(275-276))- et même le tétrarque
Maximien,
y compris aussi des usurpateurs comme Marius,
Julien II, ou Carausius.
Il semble
quil y ait eu autorisation à remplacer
son propre gentilice par le principal nom gentilice
de lempereur. Pour illustrer ce propos,
on constate que deux usurpateurs Alexandre (308-310)
à Carthage et Domitien III (297) à
Alexandrie, portent le nom de Lucius Domitius,
qui est le celui de lempereur Aurélien
(270-275), on peut supposer quils ont dû
commencer leur carrière au service de cet
empereur et prendre le nom de celui-ci. Citons
encore, parmi dautres, le cas caractéristique
dAblabius, natif de Crète dhumble
origine, entré au service du gouverneur
de lîle, partit pour Constantinople
continuer une brillante carrière à
la cour où il acquit une grande influence
sur Constantin
Ier, dont il sadjoignit le nom de Flavius
avec, très certainement, lautorisation
impériale. |
|
Le nom napparaît
plus ici employé dans le sens traditionnel dun
gentilice, que les grandes familles sénatoriales
continuent à se transmettre, mais pour signifier
le statut supérieur de ceux qui sappelaient
ainsi par rapport à la masse des autres citoyens
de lempire. Dioclétien,
peut être pour honorer un Valerius, prit
ce nom, que chaque tétrarque sadjoignit au
sien (y compris notre Flavius Constantinus Ier) et qui
fut en vogue jusqu'à ce quaprès la
victoire de Constantin Ier sur Licinius
en 324, cest le nom de Flavius (hérité
de Constance Chlore,
le père de Constantin Ier) qui prendra le relais,
tous les empereurs le portèrent à quelques
exceptions près, comme Maxime (383-388) -(mais
son fils et associé Victor le portait)-. Le
nom de Flavius connut une grande fortune et eut une très
longue existence, la dynastie des Héraclides à
Constantinople le portait encore au VIIème siècle,
tant Constantin avait marqué de son nom le cours
de lhistoire de lempire romain en accélérant
son évolution vers le christianisation et en fondant
Constantinople.
Ceci n'est qu'une
explication rapide et superficielle d'une constatation,
car je n'ai pas trouvé grand chose dans les "livres"
à ce sujet, mais peut être avez-vous plus
d'éléments ou une autre explication de ce
phénomène ?.
Gricca. |
| |
| |
|
| |
| 28 Juin 2004 |
| Marc
a écrit : |
| |
|
La dernière
fournée de votre courrier des lecteurs m'a fait
tiquer à deux reprises.
1.
D'abord, LAPSARE. (voir
ici : Clic
!)
Certes, le latin (comme le français,
au demeurant) comportait beaucoup de variations morphologiques
autour d'une même racine. Lapsare, Lapsari,
Lapsitare, Labascere, Labefacere, Labare sont autant
de verbes à la signification analogue (tomber,
chanceler, trébucher, glisser), tous construits
sur LABI. Cependant LAPSUS n'est le
participe passé que de ce dernier. Le participe
passé de Lapsare serait Lapsatus,
si ce verbe était transitif, ce qu'il n'est pas.
|
| |
| |
| |
| RÉPONSE
: |
| |
|
Comme vous le voyez, je suis aussi peu
doué en grammaire latine qu'en arithmétique
chronologique (vous en rappelez-vous, c'était l'objet
d'une de vos premières
réactions à un courrier de mon site
?).
Merci d'avoir ici encore judicieusement rectifié
le tir ! Nous nous contenterons donc de dire que lapsi
dérive du verbe latin lapsare (tomber,
chuter, trébucher, glisser). |
| |
|
| |
2.
Ensuite (et ceci n'a rien à voir avec Rome),
je me désole de ce qu'un
de vos correspondants puisse écrire : "à
18 ans, l'argent est important."
Quand je pense à ce qui
a toujours fait la différence entre la jeunesse
et l'âge mûr, cette capacité du jeune
de s'enthousiasmer pour ses amours au détriment
du patrimoine, pour ses élans politiques altruistes
au détriment de la conservation de son portefeuille,
pour l'utilité et la beauté de son activité
au détriment de la basse considération
matérielle, je me désespère qu'un
jeune puisse écrire cela. Triste époque
! Est-ce avec cette génération qu'on peut
espérer une amélioration du monde ?
Toute ma jeunesse, j'ai développé
ma connaissance pour le seul plaisir de savoir. Jamais
il ne m'est venu à l'idée d'en faire profit
dans une émission de télé.
Mais si cette génération
ne vaut pas qu'on lutte pour lui transmettre un monde
plus beau que le nôtre, alors que nous reste-t-il
comme raison d'espérer ?
|
| |
| |
| |
| RÉPONSE
: |
| |
|
Votre remarque sur le matérialisme
de certains jeunes est tout aussi judicieuse… Cependant,
n'avons-nous pas connu, aux temps bénis de notre
propre jeunesse (quant à moi, je vous parle là
du début des '70), de ces jeunes idéalistes,
cheveux longs et rouges blousons communards, qui, remplis
de nobles et généreux idéaux révolutairo-maoïsto-lénino-trotskystes
se promettaient de consacrer leur existence entière
à la défense des opprimés de tout
poil et de toute couleur ? Et aujourd'hui, ces anciens
disciples du Che, ces idéalistes qui se
voulaient solidaires de tous les damnés de
la terre, qui étaient prêts à
partager leur spartiate tartine avec tous les forçats
de la faim, dédaignent de se déplacer
autrement qu'en Ferrari, dirigent leurs entreprises avec
toute la verve ultralibérale d'un Berlusconi, et
pressent leurs "ressources humaines" pire que
des oranges chez Minute Maid…
Ne pourrait-on pas espérer pour nos matérialistes
yuppies le même retour de flammes, mais
en sens inverse ?
Peut-être, après de longues années
consacrées à la quête obstinée
de gloire télévisuelle et de biens matériels,
ce sympathique internaute, qui tant vous mortifia, finira-t-il
ses jours dans le Haut Larzac en lisant les Bucoliques
de Virgile pour son seul plaisir et celui de ses quelques
chèvres, même pas laitières. |
| |
| |
|

|