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Sommaire Juin 2004 :
- 2 Juin :
- A la recherche de testaments d'empereurs romains…
et en particulier de celui Auguste : Clic
!
- 4 Juin :
- Jérôme s'intéresse de très
près à bataille de Lyon (197) : Clic
!
- 5 Juin :
- Eutrope : son deuxième nom serait-il "légion"
? : Clic !
- 7 Juin :
- La succession, les funérailles et l'apothéose
de Septime Sévère : Clic
!
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- 8 Juin :
- "Parti païen" et religion des Sénateurs
romains de la fin du Ve siècle : Clic
!
- "TOUS les empereurs romains" ? Vraiment
? : Clic
!
- 9 Juin :
- Les Roumains et les Romains : Clic
!
- 9 Juin :
- A quoi servaient les Flamines ? : Clic
!
- 10 Juin :
- Constantin, fondateur de l'Église latine ? : Clic
!
- 24 Juin :
- Jacky voudrait fabriquer une meule à gain digne
du vieux Caton… : Clic
!
- 27 Juin :
- L’édit de Caracalla sur la citoyenneté
romaine et ses conséquences sur le nom : Clic
!
- 28 Juin :
- Rectificatif afin de rendre la chute des lapsi
plus grammaticale ! : Clic
!
- Ah, sordide jeunesse !… : Clic
!
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DANS LE SITE
"EMPEREURS ROMAINS"
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| 2 Juin 2004 |
| Estelle
a écrit : |
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J'aurais
voulu savoir si vous ne disposiez pas d'un (ou plusieurs)
testament d'empereur romain... Notre professeur
nous ayant demandé d'en trouver un (ou plusieurs
toujours !) j'ai fouillé toute la toile mais... ce
fut un échec.
Si vous pouviez m'aider, je vous en serais très reconnaissante
! |
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| RÉPONSE
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A première vue, je ne vois pas
exactement ce dont votre prof veut parler avec ces "testaments
impériaux"…
Bien sûr, les empereurs rédigeaient leur
testament, qui d'ailleurs n'étaient souvent guère
mieux respectés que ceux des rois de France -,
mais à ma connaissance, il ne semble pas que nous
ayons conservé le texte original de l'un de ces
documents.
… Enfin, c'est à voir,
car si nous ne disposons plus du "testament"
d'Auguste, nous pouvons encore lire un texte qui,
en quelque sorte, en faisait partie.
En effet, après le décès d'Auguste
(en 14 ap. J.-C.), Tibère,
son fils et successeur désigné, convoqua
le Sénat pour donner lecture aux honorables
Pères conscrits des "documents successoraux"
du princeps décédé, des documents
rédigés par Auguste lui-même
et restés secrets jusqu'à ce moment
(ils avaient été confiés aux
Vestales). Or, le "testament" proprement
dit d'Auguste, c'est-à-dire le texte par
lequel il disposait de ses biens, ne constituait
qu'une partie de ces manuscrits. Il y avait aussi
trois mémoires supplémentaires. Le
premier indiquait les dispositions à prendre
pour ses funérailles. Le deuxième
proposait un inventaire exhaustif des ressources
de l'Empire en troupes et en argent (Breviarium
totius imperii, c'est-à-dire "Résumé
de tout l'Empire"). Enfin, le dernier écrit
d'Auguste énonçait, aussi noblement
que sobrement, tous les hauts faits accomplis par
le princeps au cours de sa vie (Res
gestae divi Augusti, en français : "la
geste du divin Auguste").
De ces trois documents (quatre en comptant le "testament"
proprement dit), seules les fameuses Res gestae,
sont parvenues jusqu'à nous. Et pourquoi
cela ? Uniquement parce qu'Auguste avait exigé
que cet écrit fût gravé sur
des tables de bronze à placer devant son
mausolée. Si ce texte - qui ne constitue
donc pas à proprement parler le "testament
d'Auguste", mais qui fait néanmoins
partie de ses documents successoraux - vous intéresse,
voyez cette page de l'excellent site Noctes
Gallicanae qui en donne le texte latin et la
traduction française, agrémentée
de quelques commentaires éclairés
: Clic
!
Pour le reste, les dispositions du "testament"
(proprement dit) d'Auguste
ne sont connues que par les historiens latins. Tacite
par exemple, qui les évoque dans ses Annales
(Livre
I, VIII).
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| 4 Juin 2004 |
| Jérôme
a écrit : |
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Je fais actuellement
un travail personnel sur l’histoire d’un
lieu et son influence à travers les ages. Je
suis très intéressé de connaître
tout le déroulement militaire avant la
bataille qui a opposé Septime Sévère
à Albin en 197 dans l’Ain.
Et plus précisément :
- Le lieu de la bataille, j’ai
entendu parler de Trévoux et du Vernay près
de Rillieu la Pape.
- Sait-on où et combien
de temps furent stationnées les troupes de
Septime, avant la bataille finale.
- Le nom du village de Meximieux,
vient-il du nom de Marius Maxime ?
- Y a t il eu regroupement de
troupes, combien d’hommes avaient les deux armées
? Si oui la plaine de l’Ain n’était
elle pas le lieu privilégié ? Certaines
troupes venant du Sud auraient pu passer par Pont
de Chéruy ? Mais ce sont des hypothèses....
Pourriez-vous m’éclairer
? Ou me conseiller des lectures.
Jérôme
Boucq |
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| RÉPONSE
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J'ai déjà eu l'occasion
de dire tout (le peu ?) de ce que je savais sur cette
bataille dite de Lyon, qui
vit la victoire de Septime
Sévère sur son rival Clodius
Albinus, dans cet ancien courrier : Clic
!.
Malheureusement, j'ai bien peur qu'il me soit impossible
d'aller au-delà de ces renseignements d'ordre
très général. Outre le fait que
mes connaissances en histoire militaire sont des plus
réduites, les questions que vous me soumettez,
géographiquement très ciblées,
ressortent davantage des compétences d'historiens
et archéologues locaux que de celles de l'amateur
- nécessairement "généraliste"
- que je suis.
Toutefois, je ne manquerai pas de publier vos questions
dans les pages consacrées au courrier des visiteurs
de mon site. Peut-être se trouvera-t-il des internautes
capables de vous renseigner mieux que je ne peux - à
mon plus grand regret - le faire. |
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| 5 Juin 2004 |
| Joséphine
a écrit : |
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| Je voulais
savoir qui était Eutrope ? Quand
est-il mort ?, Comment est-il mort ? et pourquoi il a
été martyrisé ? |
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| RÉPONSE
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D'accord pour Eutrope, mais le problème,
c'est que l'on connaît plusieurs personnages ayant
porté ce doux nom, et qu'aucun d'eux ne semble
avoir été martyrisé.
- Un premier Eutrope vécut dans la deuxième
moitié du IVe siècle. Historiographe
officiel de l'empereur Valens,
il rédigea, à la demande de son maître,
un abrégé d'histoire romaine, de la
fondation de la Ville à la mort de Jovien (en
364).
Si vous souhaitez des renseignements complémentaires
sur ce personnage et son œuvre,, je vous invite
à consulter cet ancien courrier : Clic
!.
- Un deuxième Eutrope, qui vécut à
cheval sur les IVe et Ve siècles, était
un prêtre originaire du Nord de l'Espagne ou
de l'Aquitaine. Il a écrit de savants traités
sur la chasteté des jeunes files, sur l'incarnation
ou sur l'idéal de perfection du vrai chrétien.
À vrai dire, certains prétendent que
les écrits de cet Eutrope auraient été
quelque peu contaminés par la pestilentielle
doctrine de l'hérétique Pélage.
Mais faut-il croire ces mauvaises langues ? les gens
sont parfois si méchants…
- Un troisième Eutrope, Eutrope de Valence,
était un moine espagnol qui devint, comme son
nom l'indique, évêque de la bonne ville
espagnole de Valence, également célèbre,
quoiqu'à un autre titre, pour ses bons fruits
et sa délicieuse paella. Cet Eutrope là
mourut entre 600 et 610 ap. J.-C. J.-C. Lui aussi
écrivit quelques ouvrages (des lettres) sur
l'ascétisme chrétien.
- Il y a enfin Eutrope d'Orange qui est sans doute
celui qui vous intéresse, mais dont malheureusement,
je ne peux rien vous dire, ma documentation restant
muette à son sujet. Force m'est donc que vous
renvoyer à cette page internet où vous
trouverez une brève notice biographique relative
à ce saint homme : Clic
!
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| 7 Juin 2004 |
| Éric
a écrit : |
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| Je crois
savoir que l'empereur Septime Sévère
est mort en février 211 en Calédonie au
cours de sa campagne britannique. De quoi est-il mort
et a-t-il eu des funérailles à Rome,
quand exactement et comment se sont elles déroulées
? Firent-elles l'objet d'une cérémonie publique
et à quelle occasion ses deux fils, Caracalla et
Geta sous la tutelle de leur mère Julia Domna,
se sont-ils déclarés empereurs ? Du moins
comment se passait ce moment et quelle annonce publique
en était faite, par quelles voies/voix ? |
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| RÉPONSE
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Septime
Sévère mourut à York (alors
nommée Eburacum) le 4 février
211, de mort naturelle, comme on dit. En fait
l'empereur était déjà en mauvaise
santé depuis un bon bout de temps, et les fatigues
de la campagne militaire contre les Calédoniens,
ainsi que les rigueurs du climat de ces régions
septentrionales n'arrangèrent pas les choses.
Caracalla
et Geta,
les fils de Septime, n'avaient nul souci à
se faire quant à leur destin impérial.
Papa Sévère avait, de longue date,
tout réglé comme sur du papier à
musique : le premier de ses fils avait été
nommé Auguste (co-empereur) dès
198, et le cadet le fut en 209.
On rapporte cependant - mais faut-il le croire
? - que cette brute de Caracalla aurait songé
à hâter son accession au trône
en faisant assassiner son pauvre père alors
que celui-ci était déjà en
train d'agoniser sous sa tente. Cet inepte complot
aurait été éventé
à temps pour laisser mourir en paix le
vieil empereur qui aurait ainsi ignoré
l'impiété de son aîné.
On ne prête qu'aux riches, et en matière
de cruauté, Caracalla ne fut pas précisément
un SDF !…
Dire que Caracalla et Geta ne pouvaient se voir
en peinture serait encore un doux euphémisme.
S'ils régnèrent de conserve un an
(avant que l'aîné ne trucide son
cadet dans les bras de leur mère), ce fut
uniquement sous la pression des conseillers de
leur père et des soldats qui ne voulaient
pas d'une guerre civile fratricide. On peut certes
penser que le rôle de leur mère Julia
Domna dans cette réconciliation fraternelle
aussi apparente que provisoire fut loin d'être
négligeable. Toutefois, Madame Veuve
Septime Sévère n'exerçait
aucune "tutelle" à proprement
parler. À la mort de leur père,
Caracalla et Geta n'étaient plus des enfants
: le premier avait près de 24 ans (voir
ici : Clic
!), et le second un an de moins. |
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Les funérailles de Septime
Sévère eurent lieu à Rome en
mai 211.
Après avoir été saluée par
le Sénat et le peuple de Rome, l'urne contenant
les cendres de l'empereur défunt, portée
en procession par les consuls en fonction, fut déposée
solennellement au Mausolée d'Hadrien (actuel
Château Saint-Ange). Ensuite eut lieu la cérémonie
de l'apothéose, dont l'historien Hérodien
- qui y assistait peut-être - a relaté
le déroulement, avec tout un luxe de détails
aussi pittoresques qu'intéressants :
| "Les Romains ont l'habitude
de diviniser ceux de leurs empereurs qui, à
leur mort, laissent la succession à leur
fils. Un tel honneur s'appelle apothéose.
À travers la ville tout entière,
c'est un mélange de deuil, de fête
et de dévotion. Le corps du défunt
est enseveli à l'occasion d'obsèques
grandioses, quoique conformes à l'usage
établi chez les mortels.
On façonne une effigie de cire en
tout point semblable au disparu, on l'installe
sur un très grand lit d'ivoire placé
en surélévation, puis on l'expose
dans l'entrée du Palais impérial
sur des draps brodés d'or. Cette effigie,
qui évoque un malade, gît toute pâle.
De chaque côté du lit se tiennent
assis la plus grande partie de la journée
à gauche, le Sénat dans sa totalité,
dont les membres sont habillés de vêtements
noirs, et à droite toutes les femmes auxquelles
le rang de leur mari ou de leur père confère
honneur et célébrité. Aucune,
parmi elles, ne porte une parure d'or ou un collier
: elles ont au contraire de simples vêtements
blancs et donnent l'apparence de l'affliction.
Le spectacle qui vient d'être décrit
dure sept jours. À intervalles réguliers,
des médecins arrivent, s'approchent du
lit, simulent un examen du malade et proclament
à intervalles réguliers les progrès
du mal.
Dès que, selon eux, la mort est intervenue,
les personnages les plus nobles de l'ordre équestre
et une élite de jeunes sénateurs
enlèvent le lit, le transportent par la
Voie Sacrée jusqu'au Vieux Forum (c'est
là que les magistrats romains se déchargent
de leurs fonctions) et l'y exposent. De chaque
côté se trouvent deux tribunes en
forme de gradins. Sur l'un des côtés
se tient un chœur d'enfants issus des familles
patriciennes, les plus nobles de la cité,
et de l'autre côté prend place un
chœur de femmes, composé de celles
qui passent pour illustres. Tous deux chantent
en l'honneur du défunt des hymnes et des
péans au rythme solennel et funèbre.
Sur ce, on emporte le lit et on le conduit
en dehors de la ville jusqu'à ce qu'on
appelle le Champ de Mars.
| Là, dans la partie
la plus large de ce dernier, on a construit
un édifice carré, en forme d'habitation,
fait uniquement d'un assemblage de très
grandes poutres, à l'exclusion de toute
autre matière. L'intérieur en
est rempli de bois combustible, l'extérieur,
orné de draps brodés d'or, de
statues d'ivoire et de peintures variées.
Sur cet édifice s'en élève
un second de forme et d'ornementation semblables,
mais plus petit, avec des fenêtres et
des portes ouvertes -, puis un troisième
et un quatrième, de dimensions toujours
inférieures à celles de l'étage
précédent. L'ensemble se termine
par une toute petite structure. On pourrait
comparer la forme générale de
cette construction à celle (…)
des phares. On monte donc le lit jusqu'au
deuxième étage, où on
le dépose. On apporte aussi tous les
aromates, tous les encens que produit la terre
et toutes les autres substances - fruits,
herbes ou sucs - de caractère odoriférant,
puis on les y déverse en tas. Aucune
province, aucune cité, nul personnage
illustre, nul dignitaire ne refusent d'adresser
à l'Empereur, avec empressement, ces
présents destinés à l'honorer
pour la dernière fois. Dès que
l'endroit en est rempli, on entame une cavalcade
autour de cet édifice, et tout l'ordre
équestre l'encercle en décrivant,
au rythme d'une course pyrrhique, des circonvolutions
qui répondent à un cérémonial
déterminé. Des chars aussi en
font le tour, en respectant le même
cérémonial. Leurs conducteurs
sont revêtus de la toge prétexte
et portent des masques qui représentent
tous les généraux ou empereurs
romains célèbres. Ces rites
accomplis, le nouvel empereur prend un flambeau
et enflamme la construction, puis de tous
côtés, les assistants viennent
à leur tour y mettre le feu. Sous son
action tout l'édifice s'embrase aisément,
tant on y a amoncelé une grande quantité
de bois combustible et d'aromates. Alors,
de la dernière structure, la plus petite,
prend son essor, comme des créneaux
d'une tour, un aigle qui monte dans les airs
avec les flammes et dont les Romains croient
qu'il emporte de la terre au ciel l'âme
de l'empereur. Et dès lors, on associe
l'empereur au culte des autres dieux. |
|
(HÉRODIEN, Histoire des Empereurs
romains de Marc Aurèle à Gordien
III, Livre IV, 2 - Trad. Denis ROQUES,
Les Belles Lettres, Paris, 1990).
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