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Mai 2004 (page 2/4)
Sommaire du mois de Mai : Clic
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| 11 Mai 2004 |
| Bidzina
a écrit : |
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| Pourriez-vous
me dire quand les Chrétiens ont été
appelés ainsi ? Comment les appelait-on auparavant
? |
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| RÉPONSE
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Comme je l'indique dans un récent
courrier, ce serait à Antioche, au tout début
des années 40, que les disciples de Jésus
reçurent pour la première fois le nom de
chrétiens.
Comment s'appelaient-ils avant cela ? Difficile à
dire… En réalité, je me demande même
pas si cette question est réellement pertinente.
En effet, le christianisme et les chrétiens
n'existèrent vraiment en tant que tels que lorsque
les propagateurs du message de Jésus - ou de ce
qu'ils tenaient pour son message - entrèrent en
contact avec les "Gentils" (c'est-à-dire
les non-Juifs, les "païens"). Avant cela,
il n'y avait que des Juifs qui, dans les années
qui suivirent immédiatement la mort de leur maître
Jésus, ne se distinguaient que bien peu des autres
Juifs. Tout au plus soutenaient-ils que leur Jésus
était bien le Messie annoncé par
les Écritures, et que, d'une façon ou d'une
autre, il était ressuscité après
sa crucifixion. Mais quant à savoir ce qu'ils entendaient
exactement par ces mots Messie et résurrection,
c'est une autre histoire !… Ces judéo-chrétiens
(ou plutôt ces "paléochrétiens")
ne constituaient alors qu'une minuscule secte juive de
plus, perdue au sein d'un judaïsme qui en comptait
des dizaines (voire davantage).
Lorsqu'ils discutaient entre eux, ces "paléochrétiens"
s'appelaient sans doute frères et sœurs.
Quant aux autres Juifs, j'avoue que je ne sais pas comment
ils désignaient ces sectaires d'un nouveau genre.
Peut-être les Nazôréens ?
C'est bien sous le vocable de Nazôréen
(en grec : "Nazoraios") que Jésus
fut crucifié : "Et Pilate avait fait faire
un écriteau que l'on plaça au-dessus de
la croix ; il y était écrit : «
Jésus le Nazôréen, roi des Juifs »"
(Jean, 19 : 19). (À noter que, bien que
certains traducteurs "rectifient" d'office ce
qu'ils considèrent comme une erreur scripturaire,
ce Nazôréen ne peut ni ne doit absolument
pas confondu avec les adjectifs Nazaréen
ou Nazarénien qui désignent un
habitant de la bourgade de Nazareth… dont on n'est
pas absolument sûr qu'elle existait déjà
au Ier siècle de notre ère).
Un autre indice que ce mot "Nazôréen"
servait à désigner les premiers chrétiens
?
Dans les Actes des Apôtres (24 : 5), on
voit l'avocat Tertullus, mandaté par les autorités
juives de Jérusalem auprès du procurateur
Félix, dénoncer saint Paul en ces termes
: "Nous avons trouvé cet homme, une peste,
un individu qui fomente des discordes parmi les Juifs
dans le monde entier, une des têtes de file de la
secte des Nazôréens".
Le gros problème, c'est que l'on ne sait pas très
bien ce que signifiait exactement ce mot Nazôréen.
Les spécialistes se disputent : certains considèrent
que ce mot désignerait un saint homme consacré
(de l'hébreu nazîr) ; pour d'autres,
il s'agirait plutôt d'un "rejeton" d'une
race illustre (hébreu neser) ; pour d'autres,
ces Nazôréens seraient des "survivants",
des "rescapés" d'Israël (hébreu
nasur)…
Bref, nous nageons en plein mystère…
RÉACTION
À CE COURRIER
Des infos complémentaires
sur les Nazôréens : Clic
! |
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| 12 Mai 2004 |
| POLO
MARTIN a écrit |
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J'ai quelques questions
:
1° TITUS LABIENUS
était-il le chef de la X° légion depuis
sa création ?
2° Quel était son rang politique ? (si toutefois
il a été tenté par la politique)
3° Pouvez-vous me parler de TITUS LABIENUS, sa carrière
militaire, ses plus grands succès, sa mort ?
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| RÉPONSE
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Voici l'essentiel de que l'on sait du
brave Labienus :
Il naquit, comme Jules
César, vers 100 av J.-C. et mourut un an avant
ledit grand Jules, le 14 mars 45, à la bataille
de Munda. Sa famille, dénuée de prestige,
aurait fait partie de la gens Atia.
Il commença sa carrière militaire dans les
années 78-74, servant en Cilicie sous les ordres
de Servilius (qui conquit cette région pour le
compte de Rome).
En 63 av. J.-C., Labienus, à l'instigation de César,
accusa Caius Rabirius d'avoir, entre autres méfaits,
trucidé son oncle Quintus Labienus trente-sept
ans plus tôt. Faut croire que notre Labienus ignorait
le sens du mot prescription !… Enfin, ce procès
permit quand même à Cicéron, qui ne
perdait jamais une occasion de se taire, de défendre
ce Rabirius par un beau discours dont il avait le secret
(voir ici : Clic
!).
À cette époque, Labienus, était vraiment
l'homme de César : c'est à son instigation
qu'il avait accusé Rabirius, et c'est également
grâce à lui qu'il devint, toujours en 63
av. J.-C., tribun de la plèbe. Bien sûr,
Labienus "renvoya l'ascenseur" à Jules :
sur sa proposition, celui-ci fut élevé à
la dignité de Pontifex Maximus (grand-prêtre
de la religion officielle de Rome).
Mais si l'on se souvient encore
de Labienus de nos jours, c'est naturellement parce
qu'il fut le principal lieutenant de César
pendant toute la Guerre des Gaules. Il participa
à toutes les campagnes, et remplaça
l'imperator à la tête de ses
armées chaque fois que celui-ci devait se
rendre à Rome pour vaquer à ses petites
affaires politiques. On retient particulièrement
sa victoire sur mes ancêtres Belges, les Trévires
d'Indutiomar (en 54 v. J.-C. - Voir Guerre
des Gaules, livre V, chap. 55 et suivants),
ainsi que son succès sur les Éduens
commandés par le vieux chef Camulogène,
lors de son expédition contre les Parisii
de Lutèce (52 av. J.-C. - voir Guerre
des Gaules, Livre VII, chap. 57 et suivants).
Inutile de dire que ces guerres enrichirent considérablement
notre Labienus. Toutefois, il semblerait qu'il estima
que César n'avait pas suffisamment récompensé
ses mérites puisqu'il abandonna le parti
de son commandant en chef dès le début
de la Guerre civile. (voir note)
Il fut accueilli à bras ouverts par Pompée,
le rival de César, mais comme il n'amenait
aucune troupe avec lui - et sans doute aussi parce
que ses nouveaux amis se méfiaient de cet
homme qui avait été si longtemps le
meilleur second, allié et peut-être
ami de Jules - il ne se vit pas confier d'importantes
responsabilités.
Il participa à la bataille de Pharsale (48
av. J.-C.) où les légions pompéiennes
furent écrasées par celles de César.
Réfugié d'abord à Corfou, il
y apprit la mort de Pompée (exécuté
sur ordre du roi d'Égypte Ptolémée,
frère et époux de Cléopâtre).
Il se rendit alors en Afrique du Nord où
une armée d'opposants à César
s'était reconstituée.
Hélas, il était dit que personne,
même le brave Labienus, ne pouvait résister
au divin Jules : les armées pompéiennes
d'Afrique furent battues à plates coutures
(bataille de Thapsus - 46 av. J.-C.) et notre Labienus
dut, à nouveau, prendre la poudre d'escampette.
Il rejoignit alors Cnæus Pompée, le
fils aîné du Grand Pompée, qui
avait rassemblé autour de sa personne une
impressionnante armée d'opposants à
César, et trouva la mort à la bataille
de Munda, qui vit également le triomphe
définitif de Jules sur ses ennemis (45 av.
J.-C.). |
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Comme vous le constatez - et pour répondre à
votre deuxième question - Labienus fut davantage
un militaire qu'un politique : son seul mandat semble
avoir été ce tribunat de la plèbe
que lui offrit César en 63 av. J.-C.
Labienus fut-il le premier comandant de la célèbre
Xe Légion ?
Il ne semble pas que l'on puisse répondre à
cette question. En effet, si j'en crois les
renseignements que m'a jadis fournis Michel ELOY,
bien plus fin connaisseur de l'armée romaine que
je ne le suis, je n'ai pas l'impression que l'on connaisse
grand-chose de l'histoire de cette Xe légion (sans
doute la Legio X Gemina) avant la réorganisation
d'Auguste.
(Voyez également cette
page d'un site anglais qui signale que la "Légion
X Gemina était une des plus anciennes unités
de l'armée impériale romaine",
mais ne fournit aucun renseignement sur ses états
de service avant les campagnes gauloises de César)
Note :
Pour rester objectif envers Labienus, il faut
toutefois signaler que sa famille était
peut-être originaire de Picenum, où
le père du Grand Pompée possédait
d'immenses domaines et une fort nombreuse clientèle.
Il n'est donc pas exclu qu'en choisissant le parti
pompéien lors de la Guerre civile, notre
Labienus n'ait rien fait d'autre que de revenir
aux allégeances traditionnelles de son
clan. Pendant toute la campagne des Gaules, César
et Pompée était encore amis, et
Labienus pouvaot servir la premier sans trahir
le second. Évidemment tout changea quand
les choses se gâtèrent entre les
deux imperator, Labienus duit choisir son camp…
Ce qu'il fit avec une loyauté digne d'éloge
s'il était effectivement "client"
de l'ennemi du général qu lui avait
apporté gloire, fortune et honneurs…
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| 18 Mai 2004 |
| Mauricio
(e-mail : artsdemars@yahoo.fr)
a écrit : |
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Je m'appelle Mauricio
Delso. (…)
J'ai fondé, il y a trois
ans, une association pour l'enseignement des arts martiaux.
Je possède un diplôme fédéral
en Shuai Jiao (lutte chinoise). Mais depuis fort
longtemps "les chinoiseries" de toutes sortes
qui ne m'étaient guère compréhensibles
et le mysticisme ambiant m'ont conduit à m'éloigner
de cette discipline. J'ai toujours pratiqué les
arts martiaux, depuis l'age de 14 ans environ et j'en
ai 29, il m'était donc inconcevable de m'arrêter
là. Je me suis mis à chercher, après
avoir été, disons-le franchement, influencé
par des films, des arts martiaux occidentaux, fondés
tels qu'ils le sont pour ceux que l'on peut trouver originaires
d'Extrême-Orient. Et en France il n'y en a pas !
Sauf le Pancrace (mélange de lutte et boxe d'origine
grec que l'on pratiquait dans l'Antiquité). Je
me suis formé dans cette discipline avec une fédération
qui a initié une recherche en ce domaine depuis
quelques années et je possède maintenant
un diplôme fédéral d'Instructeur de
Pancrace. Mais pourquoi s'arrêter là ? Les
bienfaits des arts martiaux sont indéniables. Mais
si en plus ils pouvaient être une porte ouverte
sur l'histoire de notre continent, si l'on pouvait apporter
aux gens au travers d'une discipline martiale des connaissances
sur le patrimoine culturel de son pays, ne serait-ce pas
fantastique ?
Cette question m'a donc poussé
à modifier les statuts de mon association pour
en élargir les activités et développer
un règlement intérieur pour les besoins
de notre développement. Je me propose comme défi
(probablement parce que j'approche les 30 ans) de fonder
une discipline martiale fondée sur les
techniques de combat anciennes. L'Antiquité
et le Moyen Age sont les larges périodes choisies,
les disciplines spécifiques détermineront
l'époque exacte. Pour ma part je m'occuperais uniquement
des disciplines antiques, le Pancrace évidemment
mais aussi et vous l'avez deviné, un entraînement
de légionnaire romain.
D'après ce que j'ai pu lire,
votre site est spécialisé dans la vie des
empereurs romains et pas forcément dans la vie
militaire romaine. Ma recherche princeps à donc
été d'aller voir du côté des
groupes de reconstitutions historiques.
Alors là on y trouve de tout, des groupes très
sérieux comme :
C'est ensuite un bien heureux cadeau
de ma sœur, "Les armes des Romains de la
République à l'Antiquité tardive"
de Michel Feugère, qui vient compléter mon
début de savoir.
Ils m'ont apporté beaucoup de connaissances utiles
et pratiques, mais il me manque quelque chose. Ma difficulté,
c'est de m'organiser avec toutes ces informations, je
ne suis pas étudiant en histoire ou archéologie
et, à part ça, je ne suis bon que pour les
arts martiaux.
Voici mes questions :
1. Que pensez-vous de la
pertinence de mon projet ? N'hésitez pas
! Franchement, si ce n'est pas viable en termes
d'intérêt pour les gens, cela m'évitera
de me continuer dans un projet qui n'intéressera
personne.
2. Comme toute discipline,
il faut un nom, je pense au terme "Armatura"
qui désigne en latin l'armure, l'équipement
; « exercices militaires », combat de
gladiateurs… (dictionnaire latin-français
par A. Gabriel, Hatier, 1960). Peut-être avez-vous
d'autres suggestions, idées ?
3. Avez-vous des informations
concernant l'entraînement au Pancrace des
légionnaires romains ? Si Rome avait cette
capacité d'absorber les autres cultures quand
cela les intéressait, ne pensez-vous pas
qu'une telle discipline aurait été
possible pour leurs entraînements ? La taille
de leur glaive étant courte, il leur fallait
aller au corps à corps pour toucher.
4. Dans le cadre du développement
des entraînements, il faudrait un historique,
pour que les gens comprennent "d'où
ça vient". Je devrais donc faire une
sorte de résumé ; mais comment le
sujet est si vaste ! ! Je ne sais par où
commencer ? !! Peut-être pourriez-vous m'aider
à faire un plan pour commencer à gratter.
5. Pouvez-vous me dire si
l'on trouvait des femmes dans les corps d'armées,
peut-être dans les troupes auxiliaires ?
6. L'utilisation
du scutum romain, rectangulaire et
cylindrique semble avoir été
limité à quelques troupes, selon
Michel Feugère, possiblement pour l'utilisation
de certaines tactiques militaires de groupe
comme la tortue. Tous les groupes de reconstitution
l'ont adopté. Sa taille est presque
toujours la même. Pensez vous qu'il
ait pu exister différentes tailles
de ce même modèle. Je le trouve
particulièrement grand et peu maniable
dès qu'il s'agit d'un terrain de type
bois, ou terrain accidenté. De plus,
si les Romains étaient de type méditerranéen
ils devaient être bien petits de taille,
et ces boucliers sont alors énormes.
Ne pouvaient-ils pas être proportionnels
à leurs tailles ? Non pas adaptés
à chacun mais plutôt à
l'origine des légionnaires ? Des grands
pour les légionnaires d'origine germaine
et gauloise ? Si l'on prend pour exemple en
France les CRS (Compagnie Républicaine
de Sécurité), ils ont des boucliers
qui varient selon l'utilisation qu'ils doivent
en faire. Ils ont de grands modèles
pour les manifestations où ils risquent
vraiment ; dans d'autres occasions, ils ont
des boucliers plus petits qui leur permettent
de charger et d'être plus mobiles face
à une foule... Qu'en pensez-vous ? |
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7 Beaucoup de ses groupes
de reconstitutions portent le glaive à droite
en bandoulière. Normal. Mais ils font passer
la bandoulière sous la ceinture. Le glaive
reste ainsi emprisonné de tout mouvement
et très haut sur la taille (le pommeau presque
sous les aisselles). Comment peuvent-ils dégainer
rapidement dans ce cas ? Ils se retournent le poignet
à chaque fois ? (voir exemple, première
photo de la
page à droite). Pour ma part il me paraît
évident que la particularité de la
bandoulière, c'est d'être libre de
mouvement. On peut ainsi placer son glaive derrière
le dos en cas de besoin, comme de le faire glisser
devant soi pour dégainer, en empoignant le
glaive naturellement. Je pense aussi qu'il devait
être porté un peu plus bas, un peu
comme les holster de pistolet que l'on porte au
niveau du haut de la cuisse dans les westerns. Cela
facilite l'extraction du glaive, le manche étant
plus proche de la main en position naturelle. Qu'en
pensez vous ?
8 Les commentaires concernant
les pilum disent en général
qu'ils n'étaient pas utilisés pour
l'estoc mais uniquement en lancers. Hors il me semble
que, pour ça, il aurait fallu qu'à
chaque fois le pilum touche à son but, sans
quoi, selon sa forme, il devait tomber à
plat en fin de course et non se planter la pointe
la première. Ce qui veut dire qu'à
moins qu'ils aient toujours touché dans le
mille, ils pouvaient être ramassés
et réutilisés, soit pour être
renvoyés si la longue pointe n'était
pas abîmée, soit utilisés pour
l'estoc, en sachant qu'une fois planté dans
un bouclier ou armure, ils n'étaient pas
réutilisables. Mais planté dans le
corps, c'était peut-être possible.
J'ai lu dans un des sites mentionnés ci-dessus,
que pendant la conquête de la gaulle (il me
semble que c'est Jules César qui rapporte
les faits), certains Gaulois habiles réutilisaient
les pilums contre les Romains (les saisissant en
plein vol ?). |
Pour le moment donc nous en sommes
au stade de la recherche. Notamment dans les matériaux.
Nous ne pouvons utiliser des matières ferreuses
qui risqueraient de causer des dommages. Nous avons donc
opté pour des matières de remplacement pour
les armes (bois, un plastique incassable, mousse…).
J'ai donc dessiné des plans pour la fabrication
et, mis à part la différence des matériaux
de construction, je vais reproduire à l'identique
leur équipement. En fait seuls les glaives, javelots,
dague, casque et cuirasse seront en plastique. Tout le
reste sera dans les matériaux d'époque.
On favorise ainsi un entraînement sans danger et
surtout une pratique plus proche de la réalité.
En effet, les groupes de reconstitutions, outre leurs
méconnaissances martiales, ne portent pas les coups,
et pour cause, ils portent en moyenne 1500 € à
2000 € sur eux. Je sais par expérience qu'on
ne peut développer une pratique vraie, réelle
tout en évitant de se faire mal ou de protéger
son équipement. Comment peuvent-ils, dans ce cas,
prétendre rendre compte de l'utilisation des armes
romaines des légionnaires s'ils jouent à
faire semblant. J'ai appris à utiliser beaucoup
d'armes et je peux vous dire que l'escrime qu'ils pratiquent
n'est pas efficace et que les légionnaires étant
donné la taille des glaives, poussés au
corps à corps avaient une connaissance de ce que
nous appelons les points vitaux. Soit frapper là
ou ça fait mal. Et non pas faire de l'escrime comme
de la boxe. C'est là ma seule critique envers tous
ces groupes qui du reste font un travail excellent et
respectable. De toute façon leurs objectifs sont
très différents de miens.
Bref se sont ici des questions
qui n'ont pas forcément un sens à vos yeux,
et qui n'ont peut-être pas de réponses logiques,
ou de réponses tout court. Mais comme je vous l'ai
dit, je ne suis pas un expert en la matière et
même si je lis des livres sur ce sujet, beaucoup
de choses peuvent m'échapper.
Bien ! le calvaire est fini…
si vous êtes arrivé à la fin de cette
page, c'est que vous êtes un saint.
Je vous remercie d'avance de toute
l'aide que vous pourriez m'apporter.
M. Delso Mauricio,
Mail : artsdemars@yahoo.fr
| REACTION
A CE COURRIER :
Voir ici : Clic
! |
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| RÉPONSE
: |
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Votre projet "Armatura" (un
nom aussi parlant qu'approprié !) me paraît
certainement de nature à intéresser de nombreuses
personnes que passionnent l'aspect guerrier de la civilisation
romaine ou les rudes (ô doux euphémisme !)
joutes sportives de l'amphithéâtre. À
ce sujet, connaissez -vous l'association Ars
Dimicandi qui "expérimente archéologiquement"
les combats de gladiateurs et dont les responsables qui
pourraient sans doute répondre à nombre
de vos interrogations ?
Quant à moi, je n'ai malheureusement qu'assez
peu de compétences dans les domaines que vous souhaitez
développer et qui sont certes fascinantes, mais
qui - comme vous l'avez d'ailleurs remarqué - sortent
du domaine d'étude de mon site internet.
Dès lors, puisque je serais bien embarrassé
de répondre avec un tant soit peu de pertinence
à vos questions, souvent aussi "pointues"
que les pilums qu'elles évoquent, je me propose
donc de les publier dans les pages réservées
au courrier des visiteurs de mon site. Je ne doute pas
que d'autres sympathiques internautes pourront éclairer
votre lanterne bien plus brillamment que je ne pourrais
le faire…
Au sujet de l'équipement des légionnaires,
je me permets toutefois de vous signaler - au cas où
vous ne l'auriez encore remarqué - cet intéressant
courrier
où l'ami Michel Eloy se livre à une véritable
"revue de détail". Voyez peut-être
aussi ces "ressources en ligne" sur l'armée
romaine (Clic
!) où vous dénicherez peut-être
des pages internet que vous n'auriez pas encore repérées.
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| Conclusion
de Mauricio : |
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Merci beaucoup de
votre réponse.
Je connais l'Institut
Ars Dimicandi, il y en a même un
en Italie (avec des Loricas en cuir, sans complexes
!).
Oui ils font un travail intéressant, mais ils sont
dans le Sud de la France alors que moi je suis à
10 minutes de Paris, dans la grande couronne.
Je pense en tout cas prendre
contact avec eux dans quelque temps, en fait quand nous
serons un peu plus avancés dans notre projet.
Les pages que vous me citez, je
les ai déjà lues. Merci.
En fait la difficulté c'était
aussi de trouver les mesures en centimètres pour
la fabrication, mais la legioXX possède
un
site très détaillé et très
large. J'ai même appris que pour faire les poignées
de glaives en os, il suffisait d'en acheter un (sans parfum
et goût) dans un magasin d'articles pour chiens
!
La seule chose qui vraiment me
travaille c'est la taille du scutum. À
la legio XX, ils affirment qu'ils mesuraient
entre 37 et 42 pouces de long et 24 et 33 de large...
Bref j'ai encore quelques recherches à faire. Et
comme Michel ELOY l'écrit si bien dans une
des pages que vous me recommandez, si les Romains
mesuraient en moyenne 1,50 m, un bouclier qui mesure en
long plus de la moitié de son corps n'offre aucune
mobilité, surtout dans un terrain boisé
et accidenté ou même dans une simple mêlée.
De plus je suis conditionné
par le besoin, si mon projet aboutit, d'offrir des entraînements
qui soient ludiques, il faut que ça bouge, que
ça saute et coure dans tous les sens. Il faut que
les enfants que nous sommes s'amusent.
Merci encore pour vos précisions. Peut-être
quelques questions en ligne trouveront elles des réponses.
M. Delso Mauricio,
Mail : artsdemars@yahoo.fr |
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| 21 mai 2004 |
| Sandrine
a écrit : |
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| Pourquoi
Marc Aurèle a-t-il écrit ses pensées
en grec alors qu il était empereur romain
et donc parlait latin ? |
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| RÉPONSE
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Dans une vieille édition scolaire
des Pensées, je lis ceci : "Marc
Aurèle était très instruit : il possédait
le grec presque aussi bien, que le latin, c'est pourquoi
il choisit cette langue, qui était celle des grands
philosophes, pour transmettre ses réflexions".
J'adore ce "presque"… Si, au
doux temps de mes études, j'avais possédé
le latin presque aussi bien que le bon Marc
Aurèle connaissait le grec, j'aurais moins
sué sur mes versions !
Bon d'accord, Socrate, Aristote, Platon, Zénon
d'Élée, Épicure, Épictète,
tous ces grands maîtres de la philosophie antique,
pensèrent, parlèrent et écrivirent
en grec. Mais, grâce à Cicéron et
à Sénèque, la langue latine s'était
également dotée du bagage sémantique
nécessaire à l'expression de sentiments
élevés. Ce n'est donc pas uniquement pour
imiter de prestigieux devanciers, et encore moins pour
montrer qu'il était bien instruit, que
Marc Aurèle choisit le grec pour rédiger
ses réflexions. S'il l'avait réellement
voulu, Marc Aurèle aurait très bien pu énoncer
ses nobles pensées dans sa langue maternelle plutôt
que de recourir à un idiome étranger…
Et puis, Marc Aurèle voulait-il réellement
"transmettre ses réflexions"
?
Il ne semble pas que l'ouvrage que l'on a coutume d'appeler
les Pensées était nécessairement
destiné à la publication. Il s'agit en effet
d'un genre de journal intime, qui ne fut découvert
qu'après la mort de l'empereur lorsque l'on ouvrit
sa cassette personnelle - autrement dit son "coffre-fort".
Ce qui veut dire, d'une part, que c'est à juste
titre que, de nos jours, les spécialistes préfèrent
nommer ce recueil "Pensées pour moi-même"
ou "Soliloques" plutôt que "Pensées"
tout court. Et d'autre part que, puisqu'il écrivait
pour lui-même, l'empereur n'avait pas à se
soucier d'une tradition philosophique grecque dans laquelle
il convenait de s'inscrire.
"Alors, pourquoi le grec plutôt que le latin
?" me répéterez-vous.
Si vous voulez mon avis, c'est une question de casquettes…
Je m'explique.
De santé fragile, anxieux, homme de cabinet
plutôt que d'action, Marc
Aurèle avait été formé
pour gouverner paisiblement un empire pacifié
et pacifique. Las ! son règne ne fut qu'une
longue suite de guerres. Contre les Parthes, les
Quades, les Marcomans, les Yaziges, contre l'usurpateur
Avidius Cassius… Bref, il passa le plus clair
de sa vie d'empereur à "casser du barbare"
à la tête de ses troupes alors qu'il
aurait certainement préféré
disserter des destinées humaines et divines
au milieu de sages érudits.
C'est vous dire que le soir venu, lorsqu'il se retrouvait
à peu près seul dans sa tente, au
fin fond de pays de sauvages, cet homme sensible
s'empressait de chercher un dérivatif qui
lui permette d'oublier toutes les horreurs qu'il
avait vues, ou qu'il avait ordonnées. Au
sens figuré, il troquait, pendant quelques
heures salutaires, son pesant manteau d'imperator
romain pour revêtir la tunique du philosophe.
Autrement dit - j'y arrive - une fois retiré
sous sa tente, il "changeait de casquette"
! Oubliée alors la vie du camp alentour !
Oubliée la rude soldatesque, avec son pesant
latin de caserne dont parfois, au hasard d'une bagarre
avinée, un écho venait encore, comme
un remugle de bouge, vaguement troubler la quiétude
feutrée du tref impérial ! Oubliée,
cette langue de brutes qui demeurait la manifestation
la plus prégnante, la plus obsédante
de cette charge d'empereur-soldat qu'il assumait
par devoir, mais sans l'aimer vraiment !… |
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Si c'étaient des mots grecs qui venaient à
l'esprit de l'empereur-philosophe lorsqu'il rédigeait
son journal intime, ce n'est donc pas seulement parce
que ses pensées élevées s'exprimaient
plus aisément dans la langue de Socrate et de Platon,
c'est aussi parce que la pratique du grec lui permettait
de se déconnecter, un moment, de la triste et rude
réalité.
Penser, et écrire cette langue, c'était
à la fois une thérapie et un moyen d'évasion
: le grec élevait l'âme de Marc Aurèle…
et l'envoyait "ailleurs".
Mais ce n'est là qu'une hypothèse personnelle… |
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