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Avril 2004 (page 2/2)

Sommaire du mois d'Avril : Clic !

 
15 Avril 2004
Bidzina réécrit :
 
Je voudrais savoir si le royaume de SABA, mentionné dans la Bible, est lié avec le Christianisme.
 
 
 
RÉPONSE :
 

Aujourd'hui, la plupart des historiens et archéologues s'accordent pour situer en Arabie du Sud, dans l'actuel Yémen, le mythique royaume de Saba, mentionné dans la Bible (I Rois, 10 : 1-13).

Bien sûr, le christianisme était présent çà et là en Arabie préislamique ; dans le Nord de la Péninsule arabique, évidemment, puisque ces régions étaient voisines des empires chrétiens (romain puis "byzantin"), mais aussi dans le Sud, en relation constante et étroite avec l'Éthiopie chrétienne. Il semble toutefois qu'avant l'Islam, la principale religion monothéiste de ces régions fut le judaïsme (on se souvient des âpres démêlées du Prophète avec les tribus juives de Médine). Des rois yéménites se seraient d'ailleurs s'être convertis à cette religion plutôt qu'au christianisme, trop suspect de servir de "cheval de Troie" aux prétentions politiques de l'empereur de Byzance.

Pour des renseignements plus précis sur l'histoire religieuse de l'Arabie préislamique et du Yémen, je vous invite à visiter ces sites internet :

  • Monothéisme en Arabie du Sud préislamique : Clic !
  • Clio - Le Yémen, entre judaïsme et christianisme : Clic !
  • Dates marquantes de l'histoire du Yémen : Clic !
  • MEMO, le Site de l'Histoire - Le Yémen : Clic !
  • Catholic Encyclopedia - Arabia : Clic !

 

SALOMON ET LA REINE DE SABA : un péplum biblique de King Vidor avec Yul Brynner et Gina Lollobrigida

 
 

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16 Avril 2004
Nicolas a écrit :
 

Je suis le fameux internaute "fan" d'Apollonios (voir ici : Clic !), merci pour le compliment ! (…)

Je voulais vous écrire un message au sujet de votre texte "Suétone et Chrestos". Il est très bien.

Mis à part les synoptiques, l'Evangile de Jean & Flavius Josèphe, il n'y a strictement aucune allusion à un personnage dénommé "Jésus-Christ" au premier siècle. Est-il besoin de rajouter que l'histoire de la crucifixion n'est pas plus mentionnée que l'histoire de Jésus-Christ ? Pour Flavius, le manuscrit le plus ancien date du neuvième siècle & comme la totalité des ouvrages étant réapparus dès la Renaissance, il a été modifié. Pour les apôtres, inutile de préciser qu'ils n'allaient casser du sucre sur le dos de leur maître. Quant aux évènements des trois premiers siècles : ils ont été plus ou moins lessivé par la théocratie chrétienne avec des autodafés comme feuille qui tombe. Pour la simple raison que la figure christique ne s'est pas figée au Golgotha mais au quatrième siècle avec toutes les querelles théologiques que l'Histoire a retenues. Si cela avait été le contraire alors dès l'an 30 le débat aurait été clos. Mais comme vous le dites, si en 42 le Chrestos était toujours vivant…

Bref : seule la foi peut faire croire (sic !) à l'historicité certaine de Jésus Christ. Tous les autres manuscrits de cette époque n'en parlent pas & tous les livres les plus virulents face aux partisans du "Chrestos" sont à jamais perdus, à savoir Celse & Hiérocles.

Pour résumer : un "Chrestus" a existé & il était toujours en vie en 42 mais l'Église Catholique Chrétienne opacifie toute enquête à ce sujet.

 
 
 
RÉPONSE :
 

Vous avez raison quand vous dites que l'histoire sainte a été sacrément réécrite.
Il n'en reste pas moins qu'aujourd'hui, la plupart des historiens sérieux ne contestent pas l'existence de l'homme Jésus, son historicité n'étant ni mieux ni moins bien attestée que celle de bien d'autres personnages de l'Antiquité. Ils tentent plutôt de discerner la part de vérité présente dans des sources souvent lacunaires ou interpolées, et toujours partiales. En effet, trop d'aspects compromettants des Églises chrétiennes primitives devaient être occultés par l'"Église officielle", celle qui finit par triompher au IVe siècle : le caractère foncièrement juif de la prédication de Jésus, un ancrage judaïque très profond et prolongé bien au-delà de la destruction du Temple, des compromissions (sinon des complicités) avec le mouvement zélote, une hostilité radicale aux institutions romaines… Bref, tout ce qui semblait légitime aux Chrétiens des Ier et IIe siècles, mais qui ne pouvait que scandaliser les contemporains de Constantin.

Sans parler de la littérature chrétienne qu'il était assez facile de censurer en interne, ce n'est quand même pas le fait du hasard si le texte des Annales de Tacite s'interrompt brusquement en 30 ap. J.-C. pour ne reprendre qu'en 47, et que la fin du règne de Néron, avec les débuts de la révolte juive, manque également…

 
 

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18 Avril 2004
Antonio a écrit :
 
Je voudrais savoir quel auteur a nommé Julien, dit l'Apostat, "le doux empereur païen" ?
Je le trouve dans un écrit : "las meretrices que acompañan las postreras bacanales de Juliano, el dulce emperador pagano".
Merci !
 
 
 
RÉPONSE :
 
Malheureusement, je n'ai vraiment aucune idée de l'origine de cette citation. Je n'ai trouvé absolument aucune indication à ce sujet, ni dans ma documentation personnelle, ni sur le Web.
Je me propose donc de la soumettre aux visiteurs de mon site internet. Naturellement, le cas échéant, je vous informerai des informations qui me parviendraient à ce sujet.

U

Julien dit l'Apostat

 
 

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19 Avril 2004
Bidzina réécrit :
 

J'ai appris que les Coptes calculent leur nouvelle ère - "l'Ere de Martyrs" - à partir de l'inauguration de Dioclétien, en 284. Cependant, on sait que la période d'exécution n'a commencé qu'en 303.

Pourriez-vous me renseigner sur cette étrange manière de calculer ?

 
 
 
RÉPONSE :
 

Effectivement, l'origine chronologique du calendrier copte a été fixée au 29 août 284.

emp 47

Pourquoi cette date ?

Parce que l'on pensait que c'était celle du début de règne de Dioclétien (en réalité, il s'était emparé du pouvoir le 20 novembre 284). Sans doute les prêtres coptes étaient-ils convaincus que cet empereur, qu'ils considéraient comme un irréductible ennemi du Christ, avait nécessairement persécuté l'Église dès le début de son règne. Ce qui n'est évidemment pas le cas : il laissa les chrétiens en paix pendant près de vingt ans avant d'ordonner des poursuites à leur encontre (voir : Persécution de Dioclétien).

Notez aussi que cette "tradition" présentant Dioclétien comme persécuteur dès les premières années de son règne se retrouve dans certains récits hagiographiques occidentaux. La Légende dorée de Jacques de Voragine situe même le massacre de la Légion Thébaine (saint Maurice et ses compagnons - voir ici ; Clic !) en "l'an du seigneur 277", soit sept ans avant l'accession au trône du dernier grand persécuteur !…

Bien sûr, ces dates, celle de l'Église copte et celle de la Légende dorée, ne sont indiquées qu'afin d'exalter l'admirable et inébranlable Foi des chrétiens de ces temps héroïques, que ne purent entamer ni les plus cruels tourments, ni le caractère interminable d'une épouvantable persécution, initiée par l'adversaire le plus acharné à la perte des Chrétiens qui eut jamais frappé leur Sainte Eglise, un empereur démoniaque foncièrement, radicalement hostile à la Vraie Foi.

L'Ère des Martyrs dès 284, c'est de l'apologie, pas vraiment de la chronologie !

 
 

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20 Avril 2004
François-Dominique a écrit :
 
J’ai le plaisir de vous présenter mon nouveau site :
site textes histoire

Vous trouverez sur ce site nombre de textes d’historiens, d’érudits ou de savants de la fin du XIXe ou du début du XXe siècle, ainsi des liens vers d’autres sites Internet.
Voyez notamment :

 
 

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23 Avril 2004
Jérôme a écrit :
 
(…) Je fais des recherches sur la province impériale de Bretagne. J'aimerais savoir si vous pourriez m'aider à avoir des renseignements sur l'administration de cette province à l'époque de Néron.
Merci d'avance.
 
 
 
RÉPONSE :
 

Il existe sur le Net de nombreux sites qui vous fourniront peut-être des renseignements utiles à vos recherches.
Évidemment, la majorité d'entre eux sont sur le Web anglophone. L'excellent site LacusCurtius de Bill Thayer en référencie un grand nombre à cette page : Clic !

Voyez peut-être, en particulier :

De mon côté, j'ai trouvé dans un petit - mais dense - ouvrage d'excellente vulgarisation ce court texte qui, me semble-t-il, synthétise intelligemment la chronologie, les enjeux, les limites et les méthodes de la colonisation romaine.

Comme l'avait montré César, la Bretagne, malgré son insularité, formait un prolongement naturel de la Belgique et des zones rhénanes. L'idée de son intégration à l'Empire pouvait se prévaloir d'une fidélité aux pratiques observées durant les siècles précédents : le souci de maîtrise de zones limitrophes susceptibles de créer un danger dans les provinces exposées et de remettre ainsi en cause des équilibres longuement construits. Les arguments rapportés par Strabon sur le coût trop élevé d'une conquête non remboursée par les profits à en attendre relèvent d'une discussion convenue et justifient la patience augustéenne face à des contrées mal perçues, passant pour physiquement hostiles aux yeux d'un Méditerranéen. Personne n'ignorait que l'étain, le plomb argentifère, le cuivre et le fer et l'or s'y offraient à l'exploitation. Claude, à la recherche d'une reconnaissance, n'avait plus de raison d'avoir les mêmes scrupules, et la fréquentation de la région par les Romains et les Gaulois avait sans doute fini par convaincre un grand nombre qu'elle serait utile à l'Empire. Éviter que ne plane en permanence une menace sur la Gaule du Nord-Est et sur la navigation en Manche et en mer du Nord pesait sans doute moins au regard des décennies écoulées. En revanche, reporter au-delà de la Manche les effets négatifs d'une nécessaire présence militaire dans le secteur fut pris en compte : la remarque de Tacite sur la passivité des troupes de Bretagne en 68 pour cause d'éloignement en est un signe. Pour le reste, les péripéties mêmes de la soumission tiennent aux circonstances et à l'enchaînement des événements. La règle romaine était qu'une conquête commencée devait se poursuivre jusqu'à venir à bout des résistances les plus rudes, sauf à subir un désastre comme à Teutobourg.

Ce fut une œuvre de longue haleine. Les travaux des archéologues britanniques, méthodiques et minutieux, ont éclairé les textes et les étapes de l'occupation en repérant les nombreux forts, temporaires ou plus durables, qui ont jalonné la progression romaine. De Claude à Domitien, représenté par son légat Agricola, le beau-père de Tacite, le schéma est classique : une première phase s'inscrit dans le cycle occupation-résistance ; elle culmine en 61 avec la révolte de la reine des Icéniens, Boudicca. Après une répression impitoyable, la logique change. La pacification des populations soumises apparaît comme le préalable à la poursuite des opérations vers le nord. La méthode se résume dans la politique couronnée de succès d'Agricola, décrite par le panégyrique que Tacite a consacré à la vie du conquérant originaire de Fréjus (Forum Iulii). Mais Agricola n'aurait pu accomplir de 77/78 à 84 ce qu'il a réussi sans l'œuvre plus discrètement commémorée des prédécesseurs nommés par Néron et Vespasien.

Claude, au terme d'une brève expédition de seize jours en 43, s'octroya le triomphe pour la prise de Colchester (Camu-lodunum) et la reddition de 11 rois bretons. Le doute persiste sur la réalité de ces exploits. A. Plautius et Ostorius Scapula, tous deux de rang consulaire, ont été les artisans des premières conquêtes, et la province de Bretagne n'a été instituée que peu à peu. Rome, fidèle à son habitude, s'appuie sur des peuples clients pour isoler les nations résolument hostiles. Colchester fut la base à partir de laquelle divergèrent trois armées, dont la IIe légion Augusta aux ordres de Vespasien, lancée vers l'ouest au prix de 35 combats. La partie située à l'est d'une ligne Exeter-Lincoln fut bientôt contrôlée. Dès 47, à l'arrivée de Scapula, le Catuvellaunien Caratacus avait organisé la révolte à l'extérieur des zones occupées ; il ne fut capturé qu'en 51 avec l'aide de la reine des Brigantes, Cartimandua. La politique de romanisation forcée, inaugurée à la suite des campagnes de 47-48, fut brutale et maladroite. Prasutagus fut imposé comme roi aux Icéniens et régna jusqu'en 59 ; Camulodunum des Trinovantes fut érigée en colonie romaine au détriment des possessions indigènes. Partout on favorisait sans mesure le parti romain qu'on suscitait même à prix d'or. L'ordre romain était infligé sans égards ni ménagements et les obligations militaires et financières n'épargnaient pas les alliés, comme si les leçons de Teutobourg avaient été oubliées. Les méthodes de perception ou de réquisition des impôts et du ravitaillement n'avaient rien à envier à celles des publicains de la fin de la République : elles donnaient lieu à des abus humiliants, et Diori Cassius ne se fait pas faute de rappeler que Sénèque le philosophe avait engagé une somme de 40 millions de sesterces (quarante fois le cens minimum d'un sénateur) dans des prêts à intérêt destinés aux Bretons.

L'absence d'unité des peuples conquis explique le caractère relativement limité de la révolte qui éclata en 60 ou au début de 61, consécutivement à la mort de Prasutagus. La rapacité du procurateur Catius Decianus en l'absence d'héritier mâle (chez les Celtes, les femmes pouvaient régner) rappelle que ce fut surtout une affaire avec les Icéniens et leurs voisins. L'écho rencontré par l'épisode tient alors à la violence qu'il déchaîna, à la fois aboutissement d'un processus insupportable de soumission et apogée de la résistance des populations du Sud-Est. À l'hiver 61, C. Suetonius Paulinus fut victorieux : Boudicca choisit de s'empoisonner.

À la répression devaient succéder l'apaisement et le changement de politique. L'avancée en direction du Pays de Galles et du Nord écossais marqua un temps d'arrêt. La désignation comme nouveau procurateur de Julius Classicianus, originaire de Trèves et 0gendre de Julius Indus, en est un symbole. Favorable aux provinciaux, il tablait sur le loyalisme des élites. Cela peut expliquer le calme relatif de la Bretagne lors de la crise de 68-69, mais il fut plutôt lié à la passivité des légions basées à York, Lincoln, Wroxeter et Gloucester. Les légats de Vespasien Petilius Cerialis et Julius Frontinus (Frontin) préparèrent le terrain à l'activité d'Agricola, aussi nommé par Vespasien et maintenu en poste par Titus puis Domitien. C'est sous son gouvernement qu'une escadre romaine fit pour la première fois le tour de l'île de Grande-Bretagne par le nord, découvrant les Orcades et repérant les Shetlands. La grande victoire, autour de laquelle Tacite a bâti son récit, fut celle du mont Graupius, lieu des Highlands non localisé, sans doute situé entre Édimbourg et Aberdeen. Fruit d'une stratégie attentive aux leçons passées et soigneusement mûrie pour ne pas compromettre le ravitaillement, ni exposer inutilement les légions, elle ponctua la politique de progression vers le nord. Livrée en 83 contre les Calédoniens de Calgacus, elle souligna le rôle décisif des troupes auxiliaires dans un contexte géographique défavorable (les légions présentes n'eurent pas à intervenir). Dix mille Bretons périrent pour seulement 360 Romains, selon Tacite. Agricola n'épargnait pas les vies indigènes. Son rappel en 84 ne doit pas tromper : il n'était pas illogique après sept ans de gouvernement marqués par une grande victoire ; il ne signifiait pas l'abandon de l'offensive vers le nord de l'Écosse. Ce n'est pas avant 90, semble-t-il, que fut décidée la stabilisation des positions acquises, car on ne pouvait indéfiniment consentir un effort militaire de cette ampleur alors que d'autres secteurs de l'Empire retenaient l'attention.

(Patrick LE ROUX, Le Haut-Empire en Occident, d'Auguste et Sévères, Éditions du Seuil, coll. Poins Histoire).

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27 Avril 2004
Maryline a écrit :
 

Je vous écris aujourd'hui pour vous donner la nouvelle adresse de mon site sur Quo Vadis :

 
 
site quo vadis

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Avril 2004
Michel a écrit :
 

Nouveautés du site Archeobel :

  • Ce mois -ci, rien d'autre qu'une lampe à huile… Mais celle-ci est particulière puisqu'il s'agit d'une lampe à ailerons (oui, je sais cela paraît un peu bizarre, et pourtant !).
    Elle est de la marque "OPPI", ce qui signifie que son fabricant habitait à Carthage, aux environs au premier siècle de notre ère : Clic !

 

 
 
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