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Sommaire Avril 2004 :
- 2 Avril :
- D'où venaient les Pères conciliaires de
Nicée ? : Clic !
- Un de Sossania (?) au concile de Jérusalem
ou à celui de Nicée ? : Clic
!
- 3 Avril :
- Pour ne pas confondre les auspices de Rome avec ceux de
Beaune… : Clic !
- 4 Avril :
- Des pistes pour s'y retrouver dans la famille de Néron :
Clic !
- 7 Avril :
- Que penser des pratiques successorales des Julio-claudiens
? : Clic !
- 9 Avril :
- Artémis et Apollon : même combat ? :
Clic !
- 10 Avril :
- 13 Avril :
- Quelques infos (d'ordre très général)
sur la "Table claudienne" de Lyon : Clic
!
- 14 Avril :
- Qui a inventé le mot "chrétien"
? : Clic !
PAGE
SUIVANTE
- 15 Avril :
- Christianisme au royaume de Saba ? : Clic
!
- 16 Avril :
- Un fan d'Apollonios évoque l'historicité
de Jésus… : Clic
!
- 18 Avril :
- Qui a parlé du "doux empereur"
Julien ? : Clic
!
- 19 Avril :
- Une "Ère des Martyrs" de vingt
ans trop précoce ? : Clic
!
- 20 Avril :
- 23 Avril :
- Quelques renseignements sur les débuts de la présence
romaine en (Grande-)Bretagne : Clic
!
- 27 Avril :
- Avril :
RECHERCHE
DANS LE SITE
"EMPEREURS ROMAINS"
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| 2 Avril 2004 |
| Bidzina
a écrit : |
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| Pourriez-vous
m'indiquer un site qui indique d'où venaient
les membres participants au premier Concile de Nicée
? |
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| RÉPONSE
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Ces deux pages internet vous fourniront
des informations très intéressantes - et,
à première vue très complètes
- sur le premier Concile Œcuménique de Nicée
(325) :
En français :
Site "Les Bons Textes" - Ier Concile de Nicée
: Clic
!
(dans le même site, vous trouverez aussi : Le Symbole
[= le Credo] de Nicée [Clic
!] et les canons [= les décisions] de ce Concile
[Clic
!])
Et en anglais :
Site debate.org - The Council of Nicæa, Purpose
and Themes : Clic
!
De mon côté, je me permets également
de vous proposer ce court texte de Charles PiETRI. Il me
semble qu'il résume brillamment ce que l'on sait
de la composition du fameux concile cher à Constantin
:
"Constantin n'interfère pas directement
dans l'œuvre théologique de l'assemblée
: il souhaite une solution d'apaisement et d'unité,
mais n'en dicte point les termes. Car le concile réunit
un groupe considérable d'évêques,
de chorévèques, de mandataires (des clercs,
des experts), venus de l'oikouménè.
La liste des souscriptions, compilée pendant le
concile et connue en différentes recensions, réunit
plus de 250 noms de prélats, dont ceux de 14 chorévèques.
Eusèbe (de Césarée) parle de plus
de 250 participants. Eustathe compte 270 Pères,
tandis que Constantin et Athanase évaluent à
300 le nombre des assistants. Le premier, Hilaire de Poitiers
poussera le nombre des présents jusqu'à
318 pour atteindre celui des serviteurs d'Abraham (Gn
14 :14)
Quoi qu'il en soit, l'intérêt porté
à ces listes dès le IVe siècle, puis
par toute l'historiographie ecclésiastique, illustre
bien l'importance d'une telle assemblée.
La diversité des origines géographiques
atteste l'œcuménicité du concile, le
premier à mériter ce nom. La délégation
occidentale paraît cependant très minoritaire
: avec Ossius siègent deux légats romains,
les prêtres Bitus et Vincentius. Le pape Silvestre
a invoqué son âge pour excuser son absence
: il avait déjà refusé de participer
à la réunion d'Arles et cette double abstention
fonde une règle valable au IVe et au Ve siècle,
dès lors que l'empereur convoque un Reichskonzil.
Un évêque de Calabre (?) ainsi qu'un évêque
de Die se joignent au titulaire du principal siège
africain, Cæcilianus de Carthage. Mais le gros de
l'assemblée vient d'Orient et d'Égypte.
Les évêques de cette dernière région
sont accompagnés de prêtres et d'ascètes,
parmi lesquels Paphnutios, ainsi que par le jeune diacre
Athanase. Rufin assure que les ariens avaient amené
des philosophes, songeant peut-être à la
présence du sophiste Astérios. L'Illvricum
envoie seulement une dizaine de participants. L'œcuménisme
déborde au-delà des frontières de
l'Empire un évêque vient de la Perse, un
autre du Caucase, avec des prélats du Pont et de
Gothie. La présence de ces évêques
pérégrins démontre peut-être
que l'universalité de l'Église ne s'arrête
pas à l'Empire ; elle atteste surtout que Rome
et son empereur chrétien deviennent les protecteurs
naturels des communautés lointaines qui professent
l'Évangile.
Dans une assemblée où les Latins sont
aussi minoritaires, le grec s'impose comme la langue des
débats et en détermine l'orientation, limitant
l'intervention des occidentaux. Ceux-ci, et parmi eux
Constantin, maîtrisent mal les concepts et le vocabulaire
de la koinè philosophique et logique à
laquelle se réfèrent les ariens et leurs
adversaires.
Le concile réunit en effet, dans leur variété,
les grands courants de la théologie contemporaine.On
remarquera aussitôt que les subordinatianistes
(= ariens) représentent une minorité
active et agitée, dont Eusèbe de Nicomédie
est le porte-parole. Un groupe palestinien, avec une vingtaine
de prélats, tient avec Eusèbe de Césarée
des positions plus modérées. Alexandre et
Ossius dominent l'assemblée : ils ont l'appui de
Macarius de Jérusalem et de tous les évêques
qui ont déjà pris parti contre Anus. Eustathe
d'Antioche les rejoint, bien qu'il défende des
conceptions plus originales ; enfin, Marcel d'Ancyre se
situe dans l'opposition antisuhordinatianiste (=
anti-arienne) la plus extrême. Cette répartition
illustre la difficulté des positions ariennes."
(Charles PIETRI, in Histoire du Christianisme des
origines à nos jours, Tome II : Naissance
d'une Chrétienté, 2e partie, chap.
III, III - Éditions Desclée, 1995).
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| Bidzina
réécrit : |
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| Le site
que vous m'avez envoyé est très complet, mais
je m'intéresse particulièrement à la
participation soit au Concile Apostolique (à
l'an 51), soit au Concile de Nicée, de quelqu'un venant
de Sossania (ou un nom qui se prononce un
peu près de la même manière). |
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| RÉPONSE
: |
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Ce ou cette Sossania (ou quelque
chose d'approchant) n'évoque vraiment pas grand-chose
chez moi…
S'agirait-il de la province perse de Susiane - autour de
la ville de Suse, à l'Est du Tigre inférieur
?
Même si c'est le cas, le seul évêque
perse ayant participé au Concile de Nicée
aurait été un certain Jean d'Amida. Or, Amida
ne se trouve pas en Susiane… Certes, il paraît
que certaines listes signalent la présence d'autres
prélats perses au Concile de 325, mais ces documents
ne seraient pas authentiques.
Quant au Concile apostolique de Jérusalem (vers
48-50 ap. J.-C.), ce ne fut pas, à proprement parler,
un vrai concile, même si les Actes des
Apôtres (15 : 4-35) voudraient nous faire croire
le contraire afin de montrer une "Église"
unifiée et unanime autour de Jacques, Pierre et Paul.
En fait, l'auteur des Actes présente d'une
manière romancée - et idéalisée
- une importantissime décision de compromis, prise
dans les années 45-60 de notre ère au terme
de débats sans doute très longs très
houleux, pour ne pas dire après maintes palabres
accompagnées de quelques horions qui ne furent pas
perdus pour tout le monde. En ce soi-disant Concile,
l'Église de Jérusalem, en la personne de Jacques,
frère de Jésus, aurait en effet autorisé
les chrétiens venus du paganisme à confesser
le Christ sans suivre tous les préceptes les plus
rigoureux de la loi de Moïse, et en particulier, la
circoncision. Il leur suffisait de s'abstenir des viandes
sacrifiées aux idoles, des chairs étouffées,
du sang et de la fornication pour être réputés
"craignant-Dieu" et pouvoir partager la Cène
avec les judéo-chrétiens.
C'était là une décision capitale pour
l'avenir de la religion chrétienne… Ce qui
n'empêche pas que ce prétendu Concile
de Jérusalem n'est sans doute qu'une fiction romanesque
à but théologique.
Question participants, pas de trace ici non plus de quelqu'un
venant de Sossania. Les Actes des Apôtres
mentionnent nommément Paul, Barnabé, Pierre
et Jacques. Sont également signalés, mais
sans autre précision "quelques frères"
de la communauté d'Antioche qui accompagnaient Paul
et Barnabé, ainsi que "les apôtres
et les anciens" rassemblés autour du frère
Jacques. Ajoutons encore Jude (surnommé Barsabbas)
et Silas, les deux "frères éminents"
qui, selon les "Actes", auraient été
chargés de communiquer les décisions du "Concile"
à l'Église d'Antioche. |
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| 3 Avril 2004 |
| Anita
a écrit : |
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| Pouvez-vous
me renseigner sur les auspices ?
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| RÉPONSE
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Les auspices et les augures,
c'est, comme qui dirait, un peu chou vert et vert
chou : les deux termes sont interchangeables même
s'ils sont ne sont pas absolument synonymes.
Chez les anciens Romains, prendre les auspices,
c'était observer le comportement des oiseaux
(leur vol, ,leur appétit) afin d'y lire les
signes par lesquels les dieux faisaient connaître
leur humeur aux humains. Il ne s'agissait pas à
proprement parler de "prédire l'avenir",
mais plutôt de voir si les dieux étaient
favorables, et donc si le moment était opportun
pour entreprendre une action importante (réunir
une assemblée, livrer bataille, etc.)
Les auspices, qui prenaient les augures,
composaient un collège sacerdotal de prêtres
élus à vie (il y en avait 19 à
l'époque d'Auguste). Ils portaient le lituus,
un bâton à l'extrémité
recourbée, qui leur permettait de délimiter
le templum, c'est-à-dire la partie
du ciel à observer. La section droite était
réputée favorable (faste), la gauche
défavorable (néfaste, sinistre).
Signalons également que l'avis des auspices
n'était pas contraignant. Si les augures
n'étaient pas bons, les magistrats romains
pouvaient passer outre… à leurs risques
et périls !
Certains cas sont restés célèbres.
Par exemple, en 249 av. J.-C., avant la bataille
navale de Drepanum qui opposa Rome et Carthage,
les poulets sacrés refusèrent de manger.
"Puisqu'ils n'ont pas faim, ils n'ont qu'à
boire !", s'écria alors, furibard,
l'amiral romain en flanquant les bestioles par-dessus
bord.
inutile de dire qu'il fut battu à plates
coutures ! |
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| 4 Avril 2004 |
| Caroline
a écrit : |
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Je fais une élocution
sur Néron. Mais je dois surtout
savoir beaucoup sur sa famille, etc…
Pourriez-vous m'envoyer schéma
sur sa famille ?
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| RÉPONSE
: |
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Vous trouverez dans mon site internet
Empereurs
romains quelques tableaux généalogiques
qui permettent de situer Néron
dans sa "famille", la dynastie Julio-claudienne
:
- Tableau généalogique simplifié
des Julio-Claudiens : Clic
!
- Néron, descendant d'Antoine : Clic
!
- Néron, descendant d'Auguste : Clic
!
En outre, un autre tableau, réalisé
par un sympathique internaute, peut également
être téléchargé :
-
La famille julio-claudienne : Clic
! (doc. Word - env. 40 ko)
Si on résume un peu tout ça - en
se limitant aux personnages les plus connus -, on
pourrait donc dire que :
- Néron
était le fils d'Agrippine
la Jeune et de Lucius Domitius Ahenobarbus
(celui-ci mourut alors que Néron était
encore en bas âge).
- Néron était également,
par sa mère, le petit-neveu de l'empereur
Claude.
Mais, ce Claude ayant épousé la
maman de Néron, celui-ci devint, par adoption,
le fils de l'empereur, et donc le frère
des enfants que Claude avait eu d'un précédent
mariage : Britannicus, qu'il aurait empoisonné
(voir ici : Clic
!) et Octavie, qu'il fut contraint de prendre
pour épouse avant de la faire exécuter
(voir ici : Clic
!).
- Néron épousa successivement Octavie
(voir ci-dessus), Sabina Poppée (Clic
! et Clic
!) et Statilia Messalina. Seule Poppée
lui donna un enfant, une petite fille nommée
Claudia, qui ne vécut que deux ans.
- Si l"on remonte plus loin, Néron
était aussi l'arrière arrière
petit-fils d'Auguste
et l'arrière petit-fils d'Antoine
(voir à ce sujet cette ancienne correspondance
: Clic
!).
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| 7 Avril 2004 |
| François
a écrit : |
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J'ai une explication
de texte sur 2 extraits des Annales de tacite
; ça concerne la succession d'Auguste et
l'avènement de Néron. .
En fait mon sujet n'est pas clair
: "la succession d'auguste et l'avènement
de Néron". Point ! Merci le prof !
I l me faut donc étudier le/les rapports entre
les différentes successions, celle d'Auguste et
celle de Claude, et même de voir s'il existe des
similitudes avec les autres successions sous les Julio-Claudiens.
Pousse-pousse m'aider SVP ? |
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| RÉPONSE
: |
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Votre laconique prof ne vous a effectivement
pas gâté. Les successions des Julio-claudiens,
le sujet est vaste !…
A première vue, je vois assez peu de points communs
entre la manière dont le vieil Auguste régla
sa succession (voir ici : Clic
! et Clic
!) et la manière dont son arrière arrière
petit-fils Néron accéda au pouvoir (voir
ici : Clic
!).
Enfin, on pourrait quand même peut-être trouver
une petite ressemblance : Auguste
semble avoir toujours envisagé une succession de
type bicéphale (Lucius et Caius Césars,
Tibère et Agrippa Posthume, puis enfin Tibère
et Germanicus). Or, l'accession au trône de Néron,
flanqué de son demi-frère, le jeune Britannicus,
paraissait concrétiser enfin le projet d'Auguste :
assurer la continuité du pouvoir impérial
(et, partant, celle de la dynastie julio-claudienne) en
gardant en réserve, aux côtés de l'empereur
régnant, un "apprenti césar" prêt
à le supplanter en cas de défaillance.
Hélas, à Rome ou ailleurs, le pouvoir se
partage très difficilement. Tant Germanicus
que Britannicus
moururent dans des circonstances assez peu claires, pour
ne pas dire un tantinet suspectes…
Chaque empereur Julio-Claudien s'empara du pouvoir dans
des circonstances particulières. Comme je viens
de le signaler, le vieil Auguste prépara sa soigneusement
sa succession, même si l'effrayante mortalité
qui régnait au sein de la famille princière
le contraignit à faire évoluer ses projets
dans un sens qui ne lui plaisait sans doute qu'à
moitié. Son héritier, le misanthrope Tibère
se montra peut-être moins prévoyant (voir
ici : Clic
!). Claude fut "bombardé" empereur
par les conspirateurs qui avaient abattu son neveu Caligula
(voir ici : Clic
!). Et enfin Néron s'empara du pouvoir suprême
surtout parce que son ambitieuse mère lui en avait
ouvert le chemin, à grands coups d'arsenic et de
fines dentelles (voir ici : Clic !)
Difficile de déduire une "tradition successorale"
de tant d'événements disparates !…
D'autant plus qu'il n'existait évidemment pas de
"constitution" réglant l'accession au
"trône impérial romain" (en fait
les diverses magistratures civiles, judiciaires, militaires
et religieuses cumulées par celui que l'on appelle
l'empereur romain). Dès lors, comment
déterminer en quoi telle ou telle succession aurait
été conforme à une norme qu'aurait,
par exemple, instaurée Auguste, le premier empereur
?
Justement, prenez le cas du vieil
Auguste…
Par son "Testament", il semble avoir
réglé sa succession avec un soin quasi
maniaque. Mais voulait-il pour autant que ces dispositions
fassent jurisprudence ?
Cela me semble douteux.
Pourquoi ?
Eh bien parce que son testament contenait une clause
absolument ahurissante ! Ce n'était pas Tibère,
son fils adoptif et successeur désigné,
qui deviendrait Auguste, mais sa veuve
Livie
qui serait autorisée à porter le titre
d'Augusta (après avoir été
adoptée par Auguste moribond).
Bien sûr, il ne s'agissait sans doute là
que d'une question de préséance -
Livie, épouse d'Auguste, quand même
c'était également la "reine mère",
la vielle môman de Tibère, le nouvel
empereur -, et c'était bien Tibère
qui recueillait la plus grande partie de l'héritage
d'Auguste (deux tiers pour lui, un tiers pour l'Augusta
Livie). Toutefois, cette clause en faveur de LIvie,
qui pouvait apparaître comme une ultime manifestation
de la défiance du vieil empereur à
l'égard de Tibère, n'était
pas de nature à faciliter l'accession de
celui-ci au pouvoir suprême.
Ceci semble montrer que le "Testament d'Auguste"
s'occupait au moins des affaires privées
de la famille Julio-claudienne que de la succession
impériale.
"Mais, me demanderez-vous, si
le Testament d'Auguste n'est qu'un
one shot, s'il n'est pas normatif, en quoi est-il
intéressant pour les autres successions julio-claudiennes ?"
Eh bien, justement, il me semble que nous sommes
là au cœur de la question qui vous intéresse.
Quand Auguste meurt, que fait Tibère
? Après un mois de deuil (et d'hésitations),
il convoque le Sénat, y lit le "Testament
d'Auguste", et, après moult supplications
des Pères conscrits, se voit confier les
destinées de l'Empire.
Notez qu'à cette époque, Tibère
est déjà, dans la réalité
des faits, le maître suprême de Rome
: Auguste l'avait associé au pouvoir depuis
de nombreuses années. De plus, en convoquant
le Sénat pour lui faire part les dernières
volontés de l'empereur défunt, il
avait agi en Princeps, alors qu'il ne l'était
pas encore officiellement. |
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Ceci signifie, en gros, que la succession impériale
ne semble rien de plus qu'une simple affaire de famille,
qui se règle "en interne" au sein de
la famille régnante, la dynastie julio-claudiennes.
Bien sûr, le Sénat approuve les dispositions
testamentaires… Mais que pouvait-il faire d'autre
lorsque, comme l'écrit Tacite (Annales,
I,
7), Tibère "commandait déjà
comme empereur aux cohortes prétoriennes ; il avait
des gardes devant sa porte, des armes, une cour ; des
soldats l'escortaient au Forum, l'accompagnaient au Sénat
; il écrivit aux armées comme un prince
déjà reconnu".
La toge le cède définitivement devant les
armes ! Jusqu'à Néron,
on peut définir l'empereur romain comme étant
un membre de la famille Julio-claudienne ayant l'armée
à sa botte ou ayant été plébiscité
par les soldats… Quant au Sénat, il se transforme
de plus en plus en une simple chambre d'entérinement,
pour ne pas dire en une assemblée de "bénis
oui oui".
Caligula
succède à Tibère parce qu'il est
son héritier, et parce qu'il a mis Macron,
le préfet du Prétoire, dans sa manche (et
la femme de celui-ci dans son lit).
Après l'assassinat de Caligula, les Prétoriens
sont tout heureux de dénicher (caché derrière
une tenture, dit la légende) en la personne de
Claude,
prince assez falot (et c'est un euphémisme), un
Julio-claudien pour succéder à celui qu'ils
viennent de trucider. Il ne leur vient à l'esprit
de chercher un homme digne de l'Empire ailleurs que dans
la famille de Jules
César et d'Auguste.
Quand Claude meurt, empoisonné par son épouse
Agrippine,
celle-ci s'empresse de prendre son fils
Néron sous le bras pour l'exhiber devant les
Prétoriens qu'elle sait acquis à sa cause.
Ensuite, la ratification de l'élévation
à l'Empire du jeune homme par le Sénat ne
sera qu'une formalité. |
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| 9 Avril 2004 |
| Bidzina
a écrit : |
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On connaît
Artémis et Apollon, et leur fonction.
Mais on ne sait pas la fonction du temple où ils
sont présentés ensemble.
Je suis intéressée
à qui ou à quoi peut être dédié
le temple dans ce cas ? |
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| RÉPONSE
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Ne possédant guère de documentation
sur la mythologique gréco-romaine, je ne peux malheureusement
pas vous dire grand-chose que vous ignoriez au sujet d'Artémis
et de son frère Apollon.
Cependant, il est possible qu'ils aient été
présentés ensemble dans certains temples
dédiés à leur mère commune
Léto (assimilée à Latone dans la
mythologie romaine - voir ici : Leto
/ Latone).
Notez aussi qu'Artémis et Apollon avaient quelques
"spécialités" communes. Ces deux
divinités excellaient dans le maniement de l'arc,
et elles pouvaient déclencher la peste dans un
pays en lançant sur lui leurs flèches "empoisonnées",
puis le guérir lorsque ses habitants s'étaient
suffisamment repentis. Il est donc possible - mais je
n'en suis pas sûr - que ces dieux, à la fois
"semeurs de peste" et guérisseurs, aient
été invoqué ensemble lors d'épidémies
(un peu comme saint Sébastien dans la "mythologie"
populaire chrétienne). |
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| 10 Avril 2004 |
| Alain
a écrit : |
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J'ai le plaisir
de vous informer que je viens de mettre en ligne un
site consacré à une nouvelle méthode
d'analyse des textes anciens :
ANALYSE
RÉFÉRENTIELLE ET ARCHÉOLOGIQUE |
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| 13 Avril 2004 |
| Nicolas
a écrit : |
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| Je t'écris
car j'ai un exposé à faire sur la table
claudienne de Lyon (CIL, XIII, 1668) et je rame
un peu, donc si tu aurais des infos ou doc sur le sujet,
ça m'aiderait bcq ! |
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| RÉPONSE
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| En fait, je n'ai pas trouvé
des masses de renseignements sur cette "Table claudienne"…
À part peut-être un intéressant texte
de P. LE ROUX, qui analyse des dispositions prises par
l'empereur Claude en matière d'intégration
des Gaulois évolués, comme on disait
au "bon vieux temps des colonies" (tu
parles !), mais dont je ne puis citer ici que le début
:
"Le discours de l'empereur de Lyon, conservé
en bonne partie par la plaque de bronze affichée
selon toute vraisemblance à Condate (le confluent
de la Croix-Rousse) et résumé par Tacite
en même temps que les discussions qui le sous-tendaient,
pose directement la question de la promotion des provinciaux
dans l'ordre sénatorial. Prononcé à
l'occasion de la censure, il permet de comprendre les
rapports subtils qui s'étaient établis
entre le droit, la politique et la réalité
sociale. Claude y plaide en faveur de l'admission de
Gaulois (des Trois Gaules) à siéger au
Sénat, certainement à la suite d'une demande
publiquement formulée du concile provincial.
L'histoire de Rome, dit-il, manifeste une longue tradition
d'ouverture aux étrangers et Auguste et Tibère
eux-mêmes avaient suivi cette voie en décidant
d'admettre pour la première fois aux honneurs
romains l'élite des colonies et des municipes.
(…) "
(Patrick LE ROUX, Le Haut-Empire en Occident, d'Auguste
aux Sévères, pp. 298-301, Points,
Histoire,1998)
Ces fameuses plaques de bronze, découvertes à
Lyon au XVIe siècle, reproduisent donc un discours
de l'empereur Claude
- par ailleurs connu par Tacite (Annales,
XI,
24)
-, prononcé devant le Sénat de Rome afin
que les plus distingués des Gaulois se voient octroyer
le droit de cité et puissent accéder aux
magistratures romaines.
Bien qu'il soit probable que tu les aies déjà
repérées, voici toutefois les adresses de
quelques pages internet - vraiment très basiques
- sur cette Table :
- Wikipedia - Tables claudiennes : Clic
!
- Ac. Lyon (Archives) - Table claudienne :
- Texte latin et traduction : Clic
!
- Texte de Tacite (autre traduction que celle mentionnée
ci-dessus) : Clic
!
- Clioweb - Table claudienne : Clic
!
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| 14 Avril 2004 |
| Jean-Charles
a écrit : |
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| En
tentant répondre à un quiz d'Arte,
je recherche la réponse à la première
question, que voici :
- Le terme "Chrétien"
fut probablement inventé par les Romains
vers les années 40 pour désigner certains
groupes de disciples de Jésus hors de Judée.
Vrai ou faux ?
Merci de me répondre si
vous savez ou si je n'ai pas trouvé à la
lecture des joutes verbales en ligne. |
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| RÉPONSE
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| Si l'on en croit les Actes
des Apôtres (11 : 26), c'est effectivement
vers 40, à Antioche de Syrie, que les disciples
de Jésus reçurent pour la première
fois le nom de "Chrétiens".
On ne sait pas qui a "inventé" ce nom,
mais il semble douteux que ce soit les chrétiens
eux-mêmes ou les habitants d'Antioche. Alors, pourquoi
pas les autorités romaines ? L'adjonction du suffixe
latin _ianus (= partisan de…) au mot grec
chrestos (= oint) semble plaider dans ce sens
: les habitants d'Antioche, pour la plupart d'origine
sémite ou grecque devaient être assez rétifs
à la langue de Cicéron !
Notez aussi que ce nom devait être peu méprisant.
En effet, dans le langage courant, le mot grec chrestos
désignait simplement quelqu'un enduit d'huile d'olive
(sur le corps ou les cheveux). Dès lors, les "païens"
d'Antioche qui, bien sûr, ignoraient tout de l'onction
sacrée des Rois d'Israël et de l'attente messianique,
devaient considérer avec un dédain amusé
ces gens bizarres qui se réclamaient d'un individu
porteur d'un tel sobriquet.
Qui pouvait donc bien se cacher derrière ce chrestos
? Un type crasseux, "plein de cambouis" ? Un
"gommeux" brillantiné ? De toute façon,
certainement un "visqueux" personnage… |
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