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Mars 2004 (page 2/3)
Sommaire du mois de Mars : Clic
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| 10 Mars 2004 |
| Georges
Thibeaux a écrit : |
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Auteur,
j'écris actuellement "Attila, fléau du
Diable", drame historique en deux parties : Honorius
et Valentinien.
Je souhaiterais connaître la cause du décès
de ces deux empereurs, avoir un portrait d'Ætius
(celui de Galla dans Encarta est extraordinaire) et prendre
connaissance du profil psychologique de Valentinien.
Pouvez-vous m'aider ? |
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| RÉPONSE
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Vous trouverez dans mon site
internet des notices biographiques consacrées à
Honorius et à
Valentinien III,
ces deux empereurs qui vous intéressent. Bien qu'assez
brèves, elles reflètent, je crois, assez
bien l'essentiel de ce l'on sait de la vie de ces deux
soi-disantautocrates qui ne furent en fait guère
plus que des marionnettes entre les mains de leur entourage.
Vraiment de "pauvres types", débiles
et caractériels, ces deux fantoches ! Quand, une
seule fois au cours de leurs lamentables règnes
de rois fainéants, ils prétendirent poser
un acte d'autorité, tous deux se privèrent
en même temps de l'unique soutien de leur trône
branlant. Honorius fit assassiner Stilicon et, en conséquence,
fut contraint d'assister, impuissant au sac de la Ville
Éternelle par les hordes d'Alaric. Quant à
Valentinien, il trucida Ætius de ses propres mains,
agissant (dixit Sidoine Apollinaire) "comme
un homme qui se sert de sa main gauche pour se couper
la droite" : l'Empire romain d'Occident ne survécut
qu'une vingtaine d'années au "Dernier des
Romains".
Les circonstances de leur mort ?
Honorius périt,
dit-on, d'hydropisie. Toutefois, comme, à cette
époque, l'empereur était en froid mortel
avec sa sœur, la fameuse - et ambitieuse - Galla
Placidia qui s'était réfugiée (exilée
?) à Constantinople, j'ai bien l'impression que
cette maladie est un fifrelin trop opportune pour n'être
point suspecte.
Is fecit cui prodest.
La mort de Valentinien III est évoquée dans
sa notice biographique (voir ici : Clic
!). Notez toutefois que, pour être classique,
l'imputation de son assassinat à Pétrone
Maxime, un aristocrate dont il avait violé
l'épouse, n'en est pas moins assez simpliste. En
lardant l'empereur de leurs épées, les deux
officiers barbares (nommés Optila et Thraustila)
vengèrent autant la mort de leur chef vénéré,
le patrice Ætius, que la vertu de l'épouse
de ce Maxime qui les avait - peut-être - soudoyé.
À ma connaissance, il n'existe pas
de portrait contemporain d'Ætius.
Alors que - vous avez mille fois raison -, il en existe
de si troublants de Galla Placidia (la "Croix de
Galla Placidia" du Musée de Brescia, par exemple),
cette lacune iconographique reste des plus regrettables… |
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| Conclusion
de Georges : |
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Un très grand
merci pour vos précisions, avec mes excuses pour
Valentinien dont les causes de la mort sont parfaitement
connues.
Je me suis "branché"
sur cette tranche d'histoire pour montrer à quels
drames une poignée de détenteurs de pouvoir
peut entraîner des millions d'êtres humains
et établir un parallèle avec l'Europe actuelle.
Je ne suis pas historien, mais,
curieux de nature, cette page d'histoire m'intrigue ;
en outre, écrivain, je m'attache à mes personnages.
Pourquoi d'Ætius est-il un grand méconnu
de l'Histoire ? Qui était Ætius ? Un grand
serviteur de l'empire ou un empereur "frustré",
éternel second, prêt à trahir ? Fut-il
cruel lorsqu'on regarde ses démêlés
avec le comte Boniface ? Qui était Galla Placidia
? Une femme de pouvoir également frustrée
ou une intrigante forcenée doublée d'une
dévergondée ? Le voeu de chasteté
exigé d'Honoria par elle sa mère est-il
une facétie d'historien ou s'inscrit-il dans la
vérité historique ?
Si Ætius avait épousé Galla Placidia,
le destin du monde se serait trouvé changé.
Davantage que Rome, tous deux ont passionnément
aimé le pouvoir.
J'en conclus par une phrase :
"Qu'importe mon âme, car j'aurai étré
roy !" Rien ne change. |
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| 11 Mars 2004 |
| Shila
a écrit : |
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| Pouvez-vous
me parler de l'histoire la conquête de la
Gaule et de Vercingétorix, car j'ai un projet. |
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| RÉPONSE
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En fait, j'ai déjà évoqué
- brièvement, il est vrai - la Guerre des Gaules
et Vercingétorix dans la notice biographique que
j'ai consacrée à son meilleur ennemi, le
grand Jules César
(et plus particulièrement ici : Clic
!). Il est toutefois vrai que, dans ce texte, je m'attarde
davantage sur la résistance de "mes ancêtres",
les Belges d'Ambiorix que sur la grande révolte
des Gaulois coalisés autour de Vercingétorix.
Aussi, afin de pallier cette lacune, je vous invite à
consulter les quelques sites internet repris ci-dessus
(choisis parmi une multitude d'autres). Je ne doute pas
que vous y trouverez de quoi compléter vos informations
sur la conquête des Gaules par César ainsi
que sur le chef arverne Vercingétorix :
Sur la Guerre des Gaules :
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| 12 Mars 2004 |
| Alex
a écrit : |
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| Pouvez-vous
m'indiquer le nom de l'empereur romain qui précipitait
les enfants du haut d'une colline et de quelle
colline s'agit-il ? |
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| RÉPONSE
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Pour vous parle franchement, cette sombre
histoire de mouflets précipités depuis le
haut d'une colline par un empereur sans doute alpiniste
à ses heures n'évoquait pas grand -chose
chez moi. Heureusement, une petite recherche sur Google
m'a mené à un page internet (voir ici :
Clic
!), où Gilles CHAILLET, auteur d'une série
de BD (La dernière prophétie, Éditions
Glénat) mentionne "l'empereur Héliogabale
qui faisait enlever des enfants pour les précipiter
du haut de rochers".
Personnellement, je n'ai pas trouvé trace de cette
ébouriffante anecdote chez les historiens antiques
(Hérodien, Dion Cassius, Histoire Auguste)
qui ont relaté, sans complaisance aucune, le règne
de ce sacré Élagabal
(alias "Héliogabale").
En réalité, je me
demande s'i n'y aurait pas, dans le chef de M. Chaillet,
un carambolage entre deux passages de l'Histoire
Auguste, ce recueil anonyme de biographies
impériales, écrit vers le début
du Ve siècle, qui relate par le menu - et
avec une imagination digne du "divin"
Marquis de Sade, les excentricités de cet
empereur "hors norme" que fut Élagabal
:
- Au chapitre VIII de cette biographie, on peut
lire ceci : "Il (= Élagabal)
sacrifia aussi des victimes humaines, et faisait
recueillir à cet effet par toute 1’Italie
des enfants nobles et beaux, ayant leurs pères
et leurs mères afin, sans doute, que la
douleur fût plus grande pour chacun des
deux parents. Il s’entourait de toutes sortes
de magiciens qui travaillaient chaque jour avec
lui, encouragés par ses exhortations, et
les actions de grâces qu’il rendait
aux dieux de leur avoir trouvé des amis,
quand ils consultaient les entrailles des enfants,
et écorchaient les victimes suivant le
rite de leur nation." (Histoire Auguste
- Vie d'Élagabal, VIII - trad.
voir site
Nimispauci).
- Et plus loin, le même auteur indique qu'Élagabal
"avait fait construire aussi, pour se
précipiter, une tour très haute,
au bas de laquelle le sol était couvert
de plaques d’or et de pierreries, disant
que sa fin même devait être magnifique,
et mettant un certain luxe à ce qu’on
dit de lui qu’il était le seul qui
fût mort ainsi." (Op. cit.
chap. XXXIII).
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Le créateur de la "Dernière Prophétie"
aurait-il attribué aux enfants sacrifiés
par Élagabal la mort en vol plané que cet
empereur aurait envisagé pour son auguste personne
? C'est possible… Cependant, en tout état
de cause, à ma connaissance, parmi les tous empereurs
romains, Élagabal est le seul que l'on accusa (probablement
à tort) d'avoir immolé des enfantelets à
son dieu, et aucun de ses confrères impériaux
ne semble jamais s'être "amusé"
à précipiter des nourrissons du haut de
collines escarpées. |
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| 12 Mars 2004 |
| Jdecl
a écrit : |
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Pourquoi
avoir réhabilité les Julio-Claudiens et
pas Domitien dans vos notices biographiques ?
Ne doit-il pas sa détestable réputation
pour une large part aux médisances de Tacite et
de Suétone ? Vous dénoncez pourtant avec
brio ces médisances pour les premiers empereurs
... |
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| RÉPONSE
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C'est exact, la mémoire posthume
de Domitien
mériterait sans doute un sérieux coup de
"loque à reloqueter". Empereur consciencieux
quoique suspicieux, il vaut probablement un peu mieux
que sa détestable réputation. Mais il est
vrai que, pour justifier le coup d'état qui avait
porté à l'empire le bon vieux Nerva,
premier des excellents empereurs "libéraux"
de la dynastie des Antonins, il fallait nécessairement
que son prédécesseur fût un tyran.
De surcroît, le fait qu'il aurait fait frire le
doux saint Jean, l'apôtre que Jésus aimait,
dans de l'huile d'olive avant de l'envoyer compter les
chèvres de l'île de Pathmos, n'a pas redoré
son blason aux yeux des bons chrétiens !
Alors, pourquoi la notice biographique qui figure dans
mon est-elle toujours si conforme à la "tradition
historique" ressassée depuis cette pipelette
de Suétone ?
Tout simplement parce
qu'au contraire de celles consacrées aux
Julio-claudiens, je n'ai pas encore eu le temps
de la réécrire…
Que je vous explique :
Lorsque, voici plus de trois ans, j'ai créé
ce site sur les empereurs romains, j'y ai d'abord
inséré les textes dont je disposais,
c'est-à-dire, en l'occurrence, les simples
notices style "dictionnaire" qui me servaient
d'aide-mémoire. Ensuite, comme ces pages
semblaient intéresser de plus en plus d'internautes,
j'ai décidé d'étoffer ces brèves
notices, d'une part en faisant appel à mes
vieux souvenirs scolaires, d'autre part en y "recyclant"
des textes sur l'histoire des premiers papes que
j'avais écrits entre-temps. Enfin, m'étant,
sur ces entrefaites, replongé dans les œuvres
de Suétone et de Tacite afin satisfaire aux
demandes des visiteurs des pages déjà
mises en ligne, j'ai constaté que ces historiens
étaient beaucoup moins objectifs, beaucoup
plus partiaux que je le pensais naïvement.
J'ai donc entrepris la réécriture
des notices consacrées aux "Douze Césars"
afin de remettre les pendules à une heure
qui me paraissait un peu plus exacte. Pour l'instant,
j'en suis arrivé à Vitellius
et, pour vous parler sans fard, je "cale"
un peu… Non parce que mon inspiration se tarit
ou que la lassitude me guette, mais tout simplement
par manque de temps ! Faute d'en disposer suffisamment
ou de pouvoir accroître mon volume de travail,
force m'est de privilégier le courrier, de
plus en plus abondant (et de plus en plus érudit)
et de différer l'aggiornamento des
notices biographiques. |
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Quand la notice consacrée à Domitien passera-t-elle
au "troisième niveau d'écriture"
? Je l'ignore… J'espère que les mois d'été,
traditionnellement plus calmes, me permettront de reprendre
mon travail de "réhabilitation" (comme
vous dites). Mais de demain, nul n'est certain…
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| Jdecl
réécrit : |
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Eh bien, je vous
souhaite bon courage pour votre travail...
Bien que n'ayant nullement l'intention
de vous "forcer" la main, je vous conseille
les cinq pages internet suivantes :
- Patrick Receveur : Les Guerres
daciques :
Il s'agit d'un mémoire
de maîtrise d'histoire d'un étudiant
sur les guerres Daciques, mémoire lui ayant
valu une fort honorable mention "très
bien". On y découvre (du moins dans l'hypothèse
de s'être restreint à nos bons Tacite
& Suétone) que Domitien mena une politique
fort sensée et plutôt efficace face aux
Daces...
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| 18 Mars 2004 |
| "admess"
a écrit : |
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| Je recherche
de plus amples informations sur les prescriptions de 43.
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| RÉPONSE
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Vous voulez sans doute parler des "proscriptions"
de décembre 43 av. J.-C. ?
Dans la Rome antique, ordonner une proscription
consistait à publier une liste de citoyens qui,
déclarés officiellement hors-la-loi, pouvaient
être tués par les soldats sans autre forme
de procès. Outre qu'elles permettaient de se débarrasser
d'opposants politiques sans avoir à trop se salir
personnellement les mains ni sans engager, à grands
frais, des tueurs à gage, l'intérêt
de ces proscriptions résidait dans le fait que
les biens du proscrit étaient confisqués
et vendus au profit de l'État.
Notez cependant que ces biens confisqués n'étaient
pas nécessairement vendus à haut prix. Souvent,
ils étaient acquis, pour des clopinettes, par des
partisans de ceux qui avaient ordonné les proscriptions
et que l'on remerciait ainsi, à bon compte, de
leur fidélité au régime.
Les plus célèbres proscriptions furent celles
ordonnés par le dictateur Sylla, en 82 et 81 av.
J.-C.. Elles concernèrent, dit-on, environ 40 sénateurs
et 1.600 "chevaliers".
Quant aux proscriptions de 43, elles furent initiées
par les Triumvirs Octave (futur Auguste),
Antoine et Lépide. Je les évoque brièvement
dans la notice biographique relative à Octave-Auguste
(voir ici : Clic
!), mais peut-être n'est -il pas inutile de
"recadrer" en quelques mots cette mesure qui
nuisit tant à la réputation du "divin
Auguste".
Après l'assassinat de Jules
César (15 mars 44 av. J.-C.), Octave, fils
adoptif du dictateur assassiné, et Antoine, son
principal lieutenant se disputent le pouvoir. Pour combattre
ce dernier, Octave s'allie d'abord aux Sénateurs,
ceux-là même qui ont, en quelque sorte, "téléguidé"
le meurtre son père adoptif ! C'est la guerre dite
de Modène. Antoine est battu devant cette
ville, mais, comme il conserve l'appui des légions
stationnées en Gaule, Octave préfère
retourner allègrement sa veste, renoncer à
son alliance avec le Sénat et traiter avec son
ennemi vaincu. Réconciliés, Octave et Antoine
signent, avec Lépide - un autre ancien lieutenant
de César -, un accord que l"on appellera le
"Second triumvirat". Attention, contrairement
au premier triumvirat qui n'était guère
qu'une convention personnelle entre César, Crassus,
et Pompée, il s'agit ici d'un véritable
traité : Antoine, Octave et Lépide se partagent
officiellement le pouvoir, les provinces de l'Empire,
et s'engagent à réformer la République
romaine dans l'esprit du "divin Jules César".
Première décision de ces Triumvirs
: publier des listes de proscription.
Pour quelles raisons ?
D'abord, pour remplir leur trésor de guerre et
liquider leurs ennemis politiques (souvent, comme par
hasard, de riches sénateurs). Ensuite, afin de
se donner mutuellement des gages de bonne volonté.
C'est ainsi qu'Antoine "sacrifia" son oncle
Lucius César, que Lépide condamna son propre
frère, et qu'Octave "lâcha" honteusement
son allié, l'illustre orateur Cicéron, à
qui Antoine vouait une haine sans bornes depuis qu'il
l'avait violemment attaqué dans ses discours appelés
les Philippiques.
Les proscriptions du Second Triumvirat auraient concerné
300 sénateurs et 2.000 "chevaliers".
Il semblerait cependant que beaucoup de proscrits parvinrent
à s'échapper et furent, plus tard, rétablis
dans leurs droits par un Auguste
soucieux de faire oublier la cruauté et la duplicité
dont il avait fait preuve à l'époque où
il s'appelait encore Octave. Malheureusement, ce ne fut
pas le cas de Cicéron, qui demeure la plus illustre
victime de ces proscriptions. Rattrapé par des
tueurs alors qu'il tentait de prendre le large (au sens
propre et au sens figuré), il fut égorgé
sans autre forme de procès.Il paraît que
les assassins rapportèrent à Antoine, en
guise de trophée, la tête et les mains de
l'orateur. Décidément, il n'avait pas digéré
les fameuses Philippiques, le Triumvir ! Les
restes macabres de Cicéron furent exposés
à Rome, sur les Rostres, cette tribune d'où
les orateurs avaient coutume de s'adresser au bon peuple.
Peut-être deux ou trois liens pour terminer :
- Pour des repères chronologiques sur cette
époque (fin de la République, Guerre civiles
romaines), voyez :
- Si la mort de Cicéron vous intéresse,
voyez la "Vie de Cicéron" de Plutarque
- Site Nimispauci
: Clic
! (voyez - évidemment - les derniers
chapitres : XLVI à XLXIX)
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| 18 Mars 2004 |
| Michel
a écrit : |
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| Passionné
d'histoire en général et de l'histoire de
la Rome antique en particulier, je suis, entre autres, spécialement
à la recherche de renseignements concernant les opérations
menées par les troupes romaines en Normandie pendant
la conquête par César. |
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| RÉPONSE
: |
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Dois-je vous avouer que les manœuvres
des armées de César
dans cette belle province qui se n'appelait pas encore
la Normandie ne m'avaient, jusqu'ici, pas empêché
de ronfler du sommeil du juste ?
Ne me souvenant pas, à première
vue, de hauts faits d'armes accomplis par les légions
du grand Jules dans la région des bocages,
des pommiers, du camembert et du cidre, je me suis
replongé dans ma vieille édition de
La Guerre des Gaules du grand Jules. Sauf
erreur de ma part, et au risque d'enfoncer des portes
ouvertes en vous indiquant des infos vous auriez
déjà trouvées, la seule compagne
"normande" qui y est mentionnée
par César serait celle qui, en 56 av. J.-C.,
permit à son lieutenant Quintus Titurius
Sabinus d'écraser une coalition de tribus
dirigée par Viridovix, chef des Unelles,
un peuple qui occupait la péninsule du Cotentin.
(Voir Guerre des Gaules, Livre III, chap.
17-19 - traduction française, site BCS :
Clic
!)
Bien évidemment, ce "rapport"
du "divin Jules", ne peut être accepté
qu'avec la même prudence que l'ensemble de
ses Commentaires (voir à ce sujet
cet ancien courrier : Clic
!). Quoiqu'apparemment purement factuel, son
récit est absolument dépourvu de la
moindre objectivité.
On appréciera en particulier le fait que
César présente ses ennemis, les "résistants
gaulois", comme des brigands ("de
tous les points de la Gaule était venue une
multitude d'hommes perdus et de brigands que l'espoir
du pillage et la passion de la guerre avaient arrachés
à l'agriculture et à leurs travaux
journaliers"). Aujourd'hui, on les appellerait
sans doute des terroristes…
Vous noterez aussi avec amusement la rosserie finale
adressée par le grand Jules aux "irréductibles
Gaulois" : "Autant les Gaulois sont
prompts et enthousiastes prendre les armes, autant
ils manquent de fermeté et de constance pour
supporter les revers".
Et toc ! |
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Pour terminer, je vous signale également quelques
sites internet où vous trouverez peut-être
des renseignements susceptibles de vous intéresser
:
- Site Ville de Caen - Musée de Normandie - L'époque
gallo-romaine : Clic
!
- La Manche gallo-romaine : Clic
!
- Institut Vitruve - Chronologie de la Guerre des Gaules
- Année 56 av. J.-C. : Clic
!
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| 19 mars 2004 |
| Astridette
a écrit : |
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| Auriez-vous
des renseignements à me donner quant aux superstitions
exercées dans la culture latine ? |
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| RÉPONSE
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"Superstitions romaines",
dites-vous ?
Faudrait d'abord s'entendre sur la signification de ces
mots.
Par exemple, les Romains considérant que le christianisme
n'était, dans le meilleur des cas, qu'une superstition
inepte, ne pourrait-on pas affirmer que toute religion
ne serait en définitive qu'une bête superstition
"qui a réussi" ?
Cela dit, je présume que ce qui vous intéresse,
c'est la superstition dans le sens courant de
ce terme, c'est-à-dire la croyance au pouvoir bénéfique
ou maléfique de certains gestes, signes ou phrases.
Certes, les Romains étaient très superstitieux…
Mais l'étaient-ils davantage que nous qui évitons
encore de répandre du sel, de passer sous une échelle,
qui lisons des horoscopes, qui consultons astrologues,
voyants, marabouts, qui portons des colifichets porte-bonheur,
etc ? Je n'en sais rien…
Comment se manifestait la superstition chez les Romains
? Ce court texte - le seul que j'ai trouvé dans
la maigre documentation dont je dispose sur ce thème
- donne quelques exemples de comportements superstitieux
qui leur étaient propres :
"Superstition. Elle
est le fait d'une anxiété religieuse excessive,
qui pousse à des croyances et des craintes ridicules,
et plus largement le fait de croire que certains actes
entraînent pour des raisons occultes des conséquences
bonnes ou mauvaises.
Les Romains semblent avoir été très
superstitieux. Il était par exemple néfaste
de se faire couper les cheveux sur un bateau (Pétrone,
Satyricon, 104-105) ou d'y conserver un cadavre
(Histoire du roi Apollonius de Tyr, 25), d'entrer
dans une salle à manger du pied gauche (Satyricon,
30) ; si l'on passe devant sa propre maison, il faut
en piétiner le seuil ; si l'on éternue
en se chaussant le matin, il faut se recoucher ; si
deux amis se promènent et qu'un enfant, une pierre
ou un chien se met entre eux, leur amitié est
rompue (Augustin, De la doctrine chrétienne,
II, 20, 31), etc.
Certaines superstitions étaient propres à
des personnes : ainsi l'empereur Auguste, selon Suétone
(Vie d'Auguste, 42), n'entreprenait-il rien aux
Nones, parce que le mot « Nonis » peut se
décomposer en « non is » (= tu ne
pars pas)" . (Dictionnaire de l'Antiquité
gréco-romaine, sous la direction de Jean-Paul
THUILLIER, Éditions Hachette, 2002).
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| 20 Mars 2004 |
| Frédéric
a écrit : |
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| Pouvez-vous
nous dire ce qu'est la villa oplontis et
nous signaler où trouver des informations à
ce sujet ? |
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| RÉPONSE
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La Villa Oplontis est
une villa suburbaine de Pompéi, c'est-à-dire
une luxueuse "résidence secondaire" située
dans la proche et riche banlieue de cette ville totalement
détruite en 79 ap. J.-c. par l'éruption
du Vésuve.
Cette villa aurait appartenu à l'impératrice
Poppée, deuxième épouse de Néron
et qui serait née à Pompéi.
Il existe sans doute sur internet
des milliers de pages consacrées à
Pompéi, et des centaines dédiées
soit à la Villa Oplontis, soit à la
jolie impératrice Poppée. En voici
quelques-unes qui pourront peut-être vous
intéresser ou du moins orienter vos recherches
futures :
Sur la Villa Oplontis :
- Site Oplontis - The Roman villa of Oplontis
: Clic
!
- Site du Lycée NDM de Fougères
- la Villa Oplontis : Clic
!
- Site lucia.it - La Villa Oplontis : Clic
!
- Historic Sim Houses - Ancient Roman Villa (Oplontis,
Pompeii c. 65 A.D.) : Clic
!
Sur Poppée, Néron et Pompéi
:
- Site Noctes Gallicanae - Néron et Poppée
à Pompéi : Clic
! (et les six pages suivantes)
Et enfin, pour plus infos sur Poppée
elle-même, voyez, dans mon propre site
Empereurs
romains :
- Othon et Poppée : Clic
!
- Néron rencontre Poppée : Clic
!
- Néron piétine Poppée :
Clic
!
- Quelques lignes pour mieux comprendre Poppée
: Clic
!
- Des "photos" de Poppée : Clic
!
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