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Sommaire Mars 2004 :
  • 3 Mars :
    • Port des Messapes et bateau à fond plat : Clic !
  • 3 Mars :
    • A la recherche d'un Antinoüs cher à Marguerite Yourcenar : Clic !
  • 5 Mars :
    • Philippe l'Arabe s'humilie devant Sapor : Amin Maalouf dit-il la vérité ? : Clic !
  • 6 Mars :
    • Les monnaies provinciales romaines : Clic !
  • 8 Mars :
    • Les effectifs des armées romaines (suite) : Clic !
  • 9 Mars :
    • Pourquoi ce chérubin aux basques d'Auguste ? : Clic !

PAGE SUIVANTE

  • 10 Mars :
    • Comment moururent Honorius et Valentinien III ? : Clic !
  • 11 Mars :
    • Quelques liens sur la Guerre des Gaules et sur Vercingétorix : Clic !
  • 12 Mars :
    • A la recherche d'un empereur croquemitaine : Clic !
  • 12 Mars :
    • A quand une réhabilitation de Domitien ? : Clic !
    • Domitien, Trajan et les Guerres daciques : un mémoire universitaire : Clic !
  • 18 Mars :
    • Auguste et Antoine singent Sylla : les proscriptions de 43 : Clic !
  • 18 Mars :
    • César au pays du cidre et du calva : Clic !
  • 19 Mars :
    • Quelques mots sur les superstitions romaines : Clic !
  • 20 Mars :
    • Villa Oplontis, résidence secondaire de Mme Néron : Clic !

3e PAGE

  • 20 Mars :
    • Le Divin Jules aurait-il planifié sa mort ? : Clic !
  • 20 Mars :
    • Clémence recherche des infos sur les représentations (musique et peinture) d'Agrippine : Clic !
  • 23 Mars :
    • Les amours égyptiennes de Jules et l'opinion publique romaine : Clic !
  • 24 Mars :
    • Et deux coups dans l'eau pour le Grand Jules !… : Clic !
  • 26 Mars :
    • Sagesse antique et management moderne… : Clic !
  • 26 Mars :
    • Le tragique destin d'Olympias, la fiancée de Constant : Clic !
  • 27 Mars :
    • Chrestos et les Chrestiens… Suétone était-il aware ? : Clic !
  • Mars :
    • Les nouveautés du site Archeobel : Clic !
    • Le pont d'une monnaie de Trajan : Sur le Danube ou sur le Tibre ? : Clic !
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"EMPEREURS ROMAINS"
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3 Mars 2004
Thaïs a écrit :
 
Dans le questionnaire d'un concours sur l'Antiquité, organisé dans mon collège, on me demande de citer "le grand port du peuple des Messapes" …
D'autre part, on me dit aussi de donner le nom que les Romains attribuaient à un gros bateau de transport gaulois à fond plat
Je ne sais vraiment pas et ne parviens pas à trouver ces deux informations.
Pourriez-vous m'aider à résoudre ces énigmes ?
 
 
 
RÉPONSE :
 

Ce que vous me demandez là n'a qu'un très lointain rapport avec les empereurs romains dont se préoccupe habituellement mon site internet. C'est donc sous toute réserve que je vous livre les résultats de mes modestes recherches :

1. Le peuple des Messapes habitait dans les Pouilles (Sud-Est de la péninsule italienne - le talon de la botte). Son "grand port" devait donc être Brindisi (voir ici : Clic !).

2. Les navires de transport couramment utilisés par les Romains s'appelaient les corbita et les pontos. Les corbitas étaient plus spécifiquement utilisées pour le transport des céréales (provenant d'Égypte ou d'Afrique). Le bateau que vous recherchez semble donc être le ponto : à fond plat, sans doute d'origine gauloise, il était la "bonne à tout faire" de la marine marchande romaine. (Pour une représentation d'un "ponto", voyez :ici : Clic !).

 
 

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3 Mars 2004
Jppuigrenier a écrit :
 

Je cherche des renseignements sur un bas-relief représentant Antinoüs, le favori d'Hadrien, que Marguerite Yourcenar décrit ainsi dans ses Carnets de notes : "L'œuvre d'Antonianus d'Aphrodisias a été taillée dans du marbre italien ; elle fut donc certainement exécutée en Italie, et sans doute à Rome, par cet artiste installé dans la Ville ou ramené par Hadrien de l'un de ses voyages. Elle est d'une délicatesse infinie. Les rinceaux d'une vigne encadrent de la plus souple des arabesques le jeune visage mélancolique et penché…"
La romancière précise que ce bas-relief découvert au début du XXe siècle appartenait dans les années 50 au banquier et collectionneur romain Arturio Osio qui le fit nettoyer, "rendant à la pierre son doux éclat d'albâtre et d'ivoire".
Croyez-vous qu'il puisse s'agir de celui-ci ? :

Je l'ai trouvé sur le site Art History resources. Il correspond assez bien à la description de Yourcenar, sauf pour les rinceaux de vigne, mais le bas-relief n'a peut-être pas été entièrement photographié.

Elle décrit également une autre effigie du favori, "l'illustre sardoine qui porte le nom de Gemme Malborough, parce qu'elle appartient à cette collection aujourd'hui dispersée ; cette belle intaille semblait égarée… Une vente publique l'a remise en lumière en 1952 ; …le grand collectionneur Giorgio Sangiorgi l'a ramenée à Rome."
J'aimerais bien en savoir plus, si vous pouviez éclairer mes recherches en vue d'une conférence sur Marguerite Yourcenar. Comme elle est, en Belgique, un peu votre compatriote, peut-être serez-vous plus disposé à m'aider, sans que je vous paraisse trop importun. Je vous en remercie d'avance.

antinous
 
 
 
RÉPONSE :
 

Vous n'êtes nullement importun… Cependant, je crois que vous n'avez surestimé à la fois l'étendue ma documentation et celle de mes compétences en matière d'histoire de l'art.

En ce qui me concerne - eu égard à ma très relative "expertise" en la matière -, la représentation d'Antinoüs que vous me proposez pourrait parfaitement être celle qu'évoque Marguerite Yourcenar dans ses carnets… Tout comme il pourrait s'agir de celle-ci, qui se trouve à Rome, au palais Massimo alla Terme (voir ici : Clic !) et où l'on distingue parfaitement "les rinceaux d'une vigne" qui encadrent le mélancolique visage du bel éphèbe tant aimé d'Hadrien.
Reste que pour "le doux éclat d'albâtre et d'ivoire", c'est pas tout à fait ça qu'est ça !…

Ce dont j'ai peur, c'est que de très nombreux musées ou collections privées abritent ce genre de bas-reliefs d'Antinoüs, sans doute copiés et recopiés dès le IIe siècle pour satisfaire la propagande impériale. Dans ces conditions, connaître le destin de l'œuvre d'Antonianus d'Aphrodisias décrite par l'auteur des "Mémoires d'Hadrien" relève pour moi de la gageure.

 
 
antinous
Jppuigrenier réécrit :
 

Je vous remercie, vous m'avez très bien orienté.

Je suis maintenant certain que la description de Marguerite Yourcenar correspond tout à fait au bas-relief que vous m'avez signalé, celui du Palais Massimo alla Terme qui serait bien d'Antonianus d'Aphrodisias.

J'ai également trouvé "l'illustre sardoine qui porte le nom de Gemme Malborough" que voici.

 
 
antinous

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5 Mars 2004
Luc a écrit :
 

Dans le roman d'Amin Maalouf, il est mentionné que : " voulant présider lui-même à l'organisation du Millénaire, soucieux également d'écarter ses rivaux et de tenir en respect les turbulentes hordes gothiques, Philippe l'Arabe avait besoin d'un long répit dans le conflit avec les Perses."

J'aimerais connaître les raisons pour lesquelles Philippe l'Arabe a décidé de payer un tribut aux Perses ; celles avancées dans le roman sont-elles plausibles. Et pourquoi agir d'une telle façon tandis qu'il était justement sur une lancée victorieuse dans la Mésopotamie contre ses mêmes Perses.

Pourquoi une telle humiliation que de devenir comme un vassal du roi de Perse en lui versant une "dîme" annuelle.

 
 
 
RÉPONSE :
 

L'action des Jardins de Lumières d'Amin Maalouf se situe à une époque les plus sombres de l'histoire de l'Empire romain. Et si j'écris "sombre", ce n'est pas seulement parce que cette ère d'Anarchie militaire fut trouble, troublée, riche en coups d'état, assassinats, révolutions ou évolutions, mais aussi parce qu'elle reste une des moins bien connue. Les sources sont rares, et quand elles existent, elles sont soit partiales, soit peu fiables, soit tardives.
C'est donc à juste titre qu'Amin Maalouf peut exercer ici son "droit à l'imagination" qui va de pair avec le statut d'auteur de romans historiques… Quoique ses Jardins de Lumière soient bien davantage qu'un "vulgaire" roman historique.

Ainsi, lorsque ce merveilleux conteur relate comment une ambassade romaine, conduite par le fils de Philippe l'Arabe, accepta de devenir tributaire de l'Empire sassanide, son imagination complète - judicieusement certes, mais toujours hasardeusement - l'unique source qui évoque le versement de tribut par Rome au Roi des Rois. Or, cette source, d'origine perse, manque nécessairement d'objectivité. J'y reviendrai.

En réalité, dans cette histoire, la vraie grosse difficulté ne consiste pas tellement à déterminer les raisons qui poussèrent Philippe l'Arabe à verser un tribut au roi Sapor, mais plutôt de savoir ce qui s'est réellement passé en 244, lors de cette guerre mésopotamienne fatale au jeune empereur Gordien III. Ses armées furent-elles battues et lui-même tué au combat ? Fut-il victorieux, mais détrôné et assassiné par son Préfet Philippe l'Arabe ? Ou bien périt-il avant même de livrer bataille, victime des complots ourdis par ce machiavélique personnage ?
Faute de documents historiques, impossible de connaître le fin mot de cette affaire !

Bien sûr - ainsi que je le signale d'ailleurs dans la notice consacrée à Gordien III - le roi Sapor fit graver une inscription proclamant à la face du monde son éclatante victoire ainsi que l'humiliation qu'il avait infligée aux arrogants Césars romains :

"Moi, l'adorateur de Mazda le dieu Sapor, roi des rois des Iraniens et des non-Iraniens, de la race des dieux, fils de l'adorateur de Mazda du dieu Artaxarès. roi des rois des Iraniens, de la race des dieux, petit-fils du dieu Papakos. roi du peuple des Iraniens je suis le seigneur (…). Et dès que nous fûmes établi dans la royauté des peuples, Gordien César leva une armée de tout l'Empire des Romains, ainsi que des peuples des Goths et des Germains, et marcha sur l'Assyrie, contre le peuple des Iraniens et contre nous. Et aux contins de l'Assyrie, à Mèsichè, il y eut Lille grande bataille rangée. Et Gordien César périt, et nous anéantîmes l'année des Romains, et les Romains proclamèrent Philippe César. Et le César Philippe vint à composition et, pour rançon de leur vie, il nous donna 500.000 deniers d'or et devint notre tributaire". (Res Gestae Divi Saporis, I, 1-2 & 6-10, trad. d'après A. MARICQ - cité in Xavier LORIOT, Daniel NONY, La Crise de l'empire romain 235-285, Ed. Armand Colin, 1997)

… Mais jusqu'à quel point Sapor amplifie-t-il sa victoire ?… Et jusqu'à quel point les historiographes byzantins disent-ils vrai lorsqu'ils rapportent que l'élan des légions romaines, victorieuses jusqu'à Ctésiphon, la capitale de l'ennemi héréditaire, ne fut brisé que par la mort de leur jeune empereur, tué lors d'une bataille - à l'issue incertaine - où, tombé de cheval, il s'était fracturé la jambe ? …
That's the question !

philippe l'arabe

Pour ma part, et ce pour les raisons que j'ai déjà exprimées dans la notice sur Gordien III - j'aurais plutôt tendance à préférer la version proposée par les historiens de tradition latine (Histoire Auguste, Aurelius Victor, etc.) : le préfet Philippe complote contre Gordien III, le tue, lui succède, puis s'empresse de conclure une trêve avec les Perses. Si ceux-ci étaient en position de force, nul doute que leurs conditions de paix furent draconiennes. Toutefois, l'Empire romain ne paraît pas avoir perdu des territoires dans cette aventure. Quant au versement d'un tribut, il n'est, à ma connaissance, mentionné que dans le "rapport" du roi Sapor (c'est cette inscription qui fonde le récit d'Amin Maalouf).
Question objectivité, il y a mieux !

Reste que, quelles que fussent les conditions du retrait de l'armée romaine de Mésopotamie, l'expédition perse de 244 se soldait par un échec qui augurait mal du règne de Philippe l'Arabe qu'elle inaugurait de détestable manière.

Mais revenons à nos moutons,, c'est-à-dire à ces (prodigieux, somptueux… les adjectifs me manquent) Jardins de lumière d'Amin Maalouf.

À mon avis, ce perspicace auteur "met dans le mille" lorsqu'il écrit que Philippe l'Arabe avait besoin d'un long répit parce qu'il était désireux de savourer pleinement le Millénaire de Rome, parce qu'il voulait présider à ces festivités, et aussi parce qu'il était soucieux d'écarter d'éventuels rivaux et de tenir en respect les "turbulentes hordes gothiques". J'ajouterais qu'il lui fallait aussi rentrer au plus vite à Rome afin de s'y faire connaître du peuple et surtout de s'y faire reconnaître officiellement par le Sénat. Moins de vingt ans avant Philippe, un autre empereur "exotique", l'Africain Macrin, qui avait accédé à l'Empire dans des conditions similaires à celles qui avaient permis à Philippe de ceindre la couronne impériale, avait succombé à une rébellion d'opérette parce qu'il avait négligé cette formalité et s'était trop longtemps complu dans les charmes fascinants de l'Orient.

Toutefois, si les motivations qu'Amin Maalouf prête à Philippe l'Arabe me paraissent vraisemblables, je suis plus circonspect en ce qui concerne le prix que l'empereur aurait accepté de payer afin d'obtenir cette trêve dont il avait besoin. La propagande perse ne dit pas nécessairement la vérité. D'autre part, si l'empereur romain désirait régner longtemps, voire fonder une dynastie, accepter des conditions de paix ouvertement humiliantes me paraît singulièrement contre-productif.

 
 

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6 Mars 2004
Gricca a écrit :
 

Les monnaies provinciales romaines :

Tout le monde s’intéressant à la numismatique connaît les monnaies romaines dites impériales présentant le portrait des empereurs et impératrices, exaltant leurs qualités, leurs exploits militaires, leurs légions et autres évènements familiaux ou politiques dignes d’être retenus. Elles sont émises par les ateliers d’Etat et circulent dans tout l’empire. Elles sont particulièrement intéressantes pour la connaissance historique de personnages (usurpateurs ou impératrices) sur lesquels les sources littéraires font défaut. Les cas les plus connus sont ceux des usurpateurs Silbannacus (vers 250) et Domitien II (vers 271) connus uniquement par une monnaie et dont on vient de trouver d’autres exemplaires qui confirment leur existence (sur Domitien II, voir ici : Clic !).

Mais attention aux monnaies douteuses comme les Sponsianus (vers 250) ou Carausius II et Genseris ou Censeris (vers 354) et surtout aux fausses monnaies forgées en particulier à l’époque Victorienne.

A côté de ces monnaies impériales il en existe beaucoup d’autres frappées par des ateliers provinciaux dépendants des cités, des districts (en grec Koinon) et même des provinces, à leur initiative (l’empereur n’est pas toujours absent de ces initiatives). N’ayant qu’une circulation locale restreinte, elles sont moins connues et souvent appelées aussi monnaies impériales grecques, car c’est dans la partie orientale de l’empire, où les cités hellénistiques avaient une longue tradition monétaire, que ce monnayage local dura le plus longtemps. Il fut produit par plus de 500 cités entre le Ier siècle avant notre ère et le IIIe siècle après notre ère. En Occident, il ne dépassa pas le règne de Claude (41-54) après avoir surtout fleuri en Italie du Sud, Sicile et Espagne. En Orient, le monnayage provincial continua à se dérouler tout au long des trois premiers siècles de notre ère, mais seules Césarée de Cappadoce, Antioche de Syrie et Alexandrie d’Egypte eurent une activité à peu près continue. Les autres cités frappèrent monnaies de façon très irrégulière avec parfois des intervalles très longs entre chaque émission (certaines cités n’eurent même qu’une seule frappe) et le nombre des cités actives varie d’un règne à l’autre avec un apogée sous les Sévères (193-235) pour décliner ensuite avec cependant deux « flambées » sous Gordien III (238-244) et le règne conjoint de Valérien et Gallien (253-260). Les désordres qui suivirent la défaite d’Edesse en 260, avec la capture de Valérien par les Perses, et l’effondrement financier de l’Etat durant les décennies 260 et 270, marquèrent la fin du monnayage local dans tout l’Orient. Seules quelques villes d’Asie Mineure continuèrent d’émettre, sous Claude II (268-270) : Cyzicus en Mysie et 5 villes de Pisidie (Antioche, Prostanna, Sagalessus, Seleucia et Selge). Sous Aurélien (270-275) la frappe locale ne fut pas restaurée et les émissions se confinent à quelques villes de régions isolées d’Asie Mineure à savoir : Perga, Side, Syllium en Pamphylie et Cremna, Selge en Pisidie. Perga fut la dernière à émettre sous Tacite (275-276). Seule Alexandrie d’Egypte, au régime spécial, continua de frapper monnaies jusqu’à sa fermeture par Dioclétien après l’écrasement de la révolte de Domitien III en 298.

Ces monnaies provinciales ont la particularité de présenter une grande diversité de types et d’inscriptions et nous apportent, de ce fait, une riche moisson d’informations sur les cités, car les sujets d’émission y sont variés : célébrations de jeux publics, festival, monuments, statues, etc.. ; ces monnaies nous montrent Dieux et Déesses, Héros et fondateurs, personnages allégoriques, animaux mythologiques, noms et titres des magistrats et dignitaires religieux, noms de gouverneurs de province, titulature des cités, portraits de philosophes, de dignitaires locaux, des empereurs et de leur famille. On voit ainsi des personnages absents du monnayage impérial, comme Agrippa Postumus, petit fils d’Auguste, Caesonia épouse de Caligula, Messaline 3ème épouse de Claude et leur fils Britannicus, Octavie, Poppée et Statilia Messalina les trois femmes de Néron, Vespasien Junior, le neveu de Domitien, Antinoüs le favori d’Hadrien, Galérius Antoninus le fils d’Antonin le Pieux, Titiana épouse de Pertinax et Pertinax Junior, leur fils, Julius Marinus le père de Philippe l’Arabe. Signalons qu’Athènes, Chios en mer Egée et Termessus Major en Pisidie frappèrent, tout au long de leur monnayage, sans nom et portrait impériaux.

Pour ceux qui voudraient en savoir plus sur le sujet (ici tout juste survolé), ils peuvent consulter (entre autres ouvrages) :

  • Roman Provincial Coins (an Introduction to the Greek Imperials) de Kevin Butcher - Seaby London
  • Greek Imperial Coins and their Values par David Sear - Seaby London.

    En français, citons surtout :
  • Aspects d’histoire économique et monétaire de Marc Aurèle à Constantin (161-337) par Claude Brenot, Xavier Loriot et Daniel Nony -Sedes
  • La Numismatique romaine de la République au Haut Empire d’Andrew Burnett - traduction de Georges Depeyrot -Editions Errance.
 
 

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8 Mars 2004
Bert a écrit :
 

Je me permets d'en rajouter quant aux effectifs de l'armée romaine. (voir ce courrier : Clic !)

Tout d'abord, évidemment, les chiffres des effectifs "romains" sont plus "fiables" que ceux concernant les vaincus, ou les vainqueurs desdits romains. Peu d'auteurs sont restés "modestes" dans le calcul des effectifs ennemis. Un type comme Polybe, pourtant, reste souvent circonspect…
Difficile, alors, de savoir combien d'ennemis restaient sur le carreau ; à préciser cependant, les blessés mourraient aussi sur le champ de bataille, ainsi que très souvent tous les "valets", "auxiliaires", "esclaves", et jusqu'à la famille qui parfois suivait les combattants. (plus rien à perdre !)
Lorsque l'ennemi gagnait, évidemment, c'est comme pour l'armée irakienne, hein ? Ils étaient des centaines de milliers, bien armés et souvent bien renseignés…

Concernant les Romains : les légions (jusqu'à plus de trente avec Caracalla), 5500 bonshommes, citoyens, avec 120 cavaliers…
Sans oublier tous les corps de métiers (du veto au cabaretier) qui suivaient.
On y ajoute les troupes auxiliaires, jamais vraiment dénombrées, mais selon la plupart des auteurs en nombre équivalent aux légionnaires, avec le même environnement de "soutien". Les supplétifs "étrangers", parfois jusqu'à 50 000 hommes… Sans oublier non plus les effectifs de la marine, ceux de la garnison de Rome…

Lorsqu'Alain veut comparer ces chiffres à ceux des armées de Louis XIV, il n'a pas tort ! Jusqu'au roi soleil, aucun état n'avait l'expansion, la population et l'organisation administrative de la Rome impériale et même… Charlemagne, dont on loue l'administration renaissante et les tentatives centralisatrices, n'est jamais parvenu au stade d'évolution politique de Rome sous Antonin (par exemple, eh eh) ! Quant à Clovis, alors là, on a juste affaire à un roitelet local, dont les conquêtes ont peu de rapport avec la défense des limes de l'empire sous Caracalla ou Hadrien !

Par contre, je suis d'accord avec lui, il s'agit d'effectifs théoriques ! Comme dans les armées modernes, du reste, il y a parfois beaucoup de différences entre effectifs théoriques et engagés.

D'accord aussi pour dire que cela était insuffisant pour une politique défensive face à des peuples à forte démographie capable d'aligner sur un seul point des forces très importantes, et pendant plusieurs saisons. De plus, cette organisation défensive a entraîné la fixation de nombreuses troupes qui firent perdre aux armées beaucoup de mobilité. Enfin, le mode local de recrutement (à partir d'Hadrien, je crois) a entraîné des bouleversements dans la répartition géographique des légions.

Tout à fait d'accord aussi pour insister sur l'énorme poids financier de l'armée. J'ajouterais que l'enrôlement montre parfois des ratios incroyables, lorsqu'on sait que, par exemple, lors des guerres puniques, jusqu'à 7 citoyens sur 10 étaient dans une légion. Cela entraîna d'ailleurs souvent des troubles…

En clair, les chiffres, aujourd'hui comme hier, sont évidemment à prendre avec circonspection. En ces temps de propagande à outrance, on ne s'étonnera pas des libertés prises par "CNN César" …
Mais je crois surtout que la puissance toute relative de l'armée romaine montre :

1) le haut degré d'évolution de leur science administrative,
2) le haut degré d'importance du "sentiment patriotique"
3) les capacités d'adaptation
4) la souplesse d'organisation des Romains.

Comme vous le faites remarquer, très peu d'empires ont pu en arriver là. À comparer avec (par exemple) la lecture de Sun Tzu et les effectifs théoriques des armées chinoises…

 
 

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9 Mars 2004
Muriel a écrit :
 

Statue d'Auguste imperator (musée de la civilisation romaine)

Une question pour ceux qui en savent plus que moi : que représente l'espèce de petit "angelot" au pied d'Auguste ?

 
 
 
RÉPONSE :
 

D'après les infos que j'ai pu recueillir, ce petit putto aux pieds de l'austère Auguste ne serait autre que Cupidon.

Fils de Vénus et de Vulcain (voir ici : Clic !), ce petit dieu sympa aux flèches délicieusement cruelles était, en quelque sorte, l'arrière-arrière…grand-oncle de la famille adoptive d'Octave-Auguste. En effet, la gens Iulia (= famille des Jules), dont le grand Jules César, père adoptif d'Auguste, fut le plus illustre représentant, prétendait elle aussi descendre de Vénus, via Iule, fils d'Énée. Dans son Énéide, Virgile, le poète "officiel" d'Auguste, "tartina" d'ailleurs abondamment à ce sujet, au grand désespoir de générations de latinistes.

Notez d'ailleurs qu'une autre statue célèbre d'Auguste - celle dite "de la Prima Porta", voir ici : Clic ! - représente cette petite divinité à califourchon sur un dauphin, un des animaux qui (je crois) symbolise généralement Vénus-Aphrodite.

auguste
 
 

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