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Sommaire Mars 2004 :
- 3 Mars :
- Port des Messapes et bateau à fond plat : Clic
!
- 3 Mars :
- A la recherche d'un Antinoüs cher à Marguerite
Yourcenar : Clic !
- 5 Mars :
- Philippe l'Arabe s'humilie devant Sapor : Amin Maalouf
dit-il la vérité ? : Clic
!
- 6 Mars :
- Les monnaies provinciales romaines : Clic
!
- 8 Mars :
- Les effectifs des armées romaines (suite) : Clic
!
- 9 Mars :
- Pourquoi ce chérubin aux basques d'Auguste ? :
Clic !
PAGE
SUIVANTE
- 10 Mars :
- Comment moururent Honorius et Valentinien III ? : Clic
!
- 11 Mars :
- Quelques liens sur la Guerre des Gaules et sur Vercingétorix
: Clic
!
- 12 Mars :
- A la recherche d'un empereur croquemitaine : Clic
!
- 12 Mars :
- A quand une réhabilitation de Domitien ? : Clic
!
- Domitien, Trajan et les Guerres daciques : un mémoire
universitaire : Clic
!
- 18 Mars :
- Auguste et Antoine singent Sylla : les proscriptions de
43 : Clic
!
- 18 Mars :
- César au pays du cidre et du calva : Clic
!
- 19 Mars :
- Quelques mots sur les superstitions romaines : Clic
!
- 20 Mars :
- Villa Oplontis, résidence secondaire de Mme Néron
: Clic
!
3e
PAGE
- 20 Mars :
- Le Divin Jules aurait-il planifié sa mort
? : Clic
!
- 20 Mars :
- Clémence recherche des infos sur les représentations
(musique et peinture) d'Agrippine : Clic
!
- 23 Mars :
- Les amours égyptiennes de Jules et l'opinion publique
romaine : Clic
!
- 24 Mars :
- Et deux coups dans l'eau pour le Grand Jules !…
: Clic
!
- 26 Mars :
- Sagesse antique et management moderne…
: Clic
!
- 26 Mars :
- Le tragique destin d'Olympias, la fiancée de Constant
: Clic
!
- 27 Mars :
- Chrestos et les Chrestiens… Suétone
était-il aware ? : Clic
!
- Mars :
- Les nouveautés du site Archeobel : Clic !
- Le pont d'une monnaie de Trajan : Sur le Danube ou sur
le Tibre ? : Clic !
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DANS LE SITE
"EMPEREURS ROMAINS"
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| 3 Mars 2004 |
| Thaïs
a écrit : |
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Dans le
questionnaire d'un concours sur l'Antiquité, organisé
dans mon collège, on me demande de citer "le
grand port du peuple des Messapes" …
D'autre part, on me dit aussi de donner le nom que les Romains
attribuaient à un gros bateau de transport
gaulois à fond plat…
Je ne sais vraiment pas et ne parviens pas à trouver
ces deux informations.
Pourriez-vous m'aider à résoudre ces énigmes
? |
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| RÉPONSE
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Ce que vous me demandez là n'a qu'un
très lointain rapport avec les empereurs romains
dont se préoccupe habituellement mon site internet.
C'est donc sous toute réserve que je vous livre les
résultats de mes modestes recherches :
1. Le peuple des Messapes habitait dans
les Pouilles (Sud-Est de la péninsule italienne
- le talon de la botte). Son "grand port" devait
donc être Brindisi (voir ici : Clic
!).
2. Les navires de transport couramment utilisés
par les Romains s'appelaient les corbita et les
pontos. Les corbitas étaient
plus spécifiquement utilisées pour le transport
des céréales (provenant d'Égypte
ou d'Afrique). Le bateau que vous recherchez semble donc
être le ponto : à
fond plat, sans doute d'origine gauloise, il était
la "bonne à tout faire" de la marine
marchande romaine. (Pour une représentation d'un
"ponto", voyez :ici : Clic
!).
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| 3 Mars 2004 |
| Jppuigrenier
a écrit : |
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| Je cherche
des renseignements sur un bas-relief représentant
Antinoüs, le favori d'Hadrien, que
Marguerite Yourcenar décrit ainsi dans ses
Carnets de notes : "L'œuvre d'Antonianus
d'Aphrodisias a été taillée
dans du marbre italien ; elle fut donc certainement
exécutée en Italie, et sans doute
à Rome, par cet artiste installé dans
la Ville ou ramené par Hadrien de l'un de
ses voyages. Elle est d'une délicatesse infinie.
Les rinceaux d'une vigne encadrent de la plus souple
des arabesques le jeune visage mélancolique
et penché…"
La romancière
précise que ce bas-relief découvert
au début du XXe siècle appartenait
dans les années 50 au banquier et collectionneur
romain Arturio Osio qui le fit nettoyer, "rendant
à la pierre son doux éclat d'albâtre
et d'ivoire".
Croyez-vous qu'il puisse s'agir de celui-ci ? :
Je l'ai trouvé sur
le site Art History resources. Il correspond assez
bien à la description de Yourcenar, sauf
pour les rinceaux de vigne, mais le bas-relief n'a
peut-être pas été entièrement
photographié.
Elle décrit également
une autre effigie du favori, "l'illustre
sardoine qui porte le nom de Gemme Malborough, parce
qu'elle appartient à cette collection aujourd'hui
dispersée ; cette belle intaille semblait
égarée… Une vente publique l'a
remise en lumière en 1952 ; …le grand
collectionneur Giorgio Sangiorgi l'a ramenée
à Rome."
J'aimerais bien en savoir plus, si vous pouviez
éclairer mes recherches en vue d'une conférence
sur Marguerite Yourcenar. Comme elle est, en Belgique,
un peu votre compatriote, peut-être serez-vous
plus disposé à m'aider, sans que je
vous paraisse trop importun. Je vous en remercie
d'avance. |
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| RÉPONSE
: |
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Vous n'êtes nullement importun…
Cependant, je crois que vous n'avez surestimé
à la fois l'étendue ma documentation
et celle de mes compétences en matière
d'histoire de l'art.
En ce qui me concerne - eu égard à
ma très relative "expertise" en
la matière -, la représentation d'Antinoüs
que vous me proposez pourrait parfaitement être
celle qu'évoque Marguerite Yourcenar dans
ses carnets… Tout comme il pourrait s'agir
de celle-ci, qui se trouve à Rome, au palais
Massimo alla Terme (voir ici : Clic
!) et où l'on distingue parfaitement
"les rinceaux d'une vigne" qui
encadrent le mélancolique visage
du bel éphèbe tant aimé d'Hadrien.
Reste que pour "le doux éclat d'albâtre
et d'ivoire", c'est pas tout à fait
ça qu'est ça !…
Ce dont j'ai peur, c'est que de très nombreux
musées ou collections privées abritent
ce genre de bas-reliefs d'Antinoüs, sans doute
copiés et recopiés dès le IIe
siècle pour satisfaire la propagande impériale.
Dans ces conditions, connaître le destin de
l'œuvre d'Antonianus d'Aphrodisias décrite
par l'auteur des "Mémoires d'Hadrien"
relève pour moi de la gageure. |
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| Jppuigrenier
réécrit : |
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Je vous remercie,
vous m'avez très bien orienté.
Je suis maintenant certain
que la description de Marguerite Yourcenar correspond
tout à fait au bas-relief que vous m'avez
signalé, celui du Palais Massimo alla Terme
qui serait bien d'Antonianus d'Aphrodisias.
J'ai également trouvé
"l'illustre sardoine qui porte le nom de Gemme
Malborough" que voici.
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| 5 Mars 2004 |
| Luc
a écrit : |
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Dans le roman d'Amin
Maalouf, il est mentionné que : " voulant
présider lui-même à l'organisation
du Millénaire, soucieux également d'écarter
ses rivaux et de tenir en respect les turbulentes hordes
gothiques, Philippe l'Arabe avait besoin d'un long répit
dans le conflit avec les Perses."
J'aimerais connaître
les raisons pour lesquelles Philippe l'Arabe a décidé
de payer un tribut aux Perses ; celles avancées
dans le roman sont-elles plausibles. Et pourquoi agir
d'une telle façon tandis qu'il était justement
sur une lancée victorieuse dans la Mésopotamie
contre ses mêmes Perses.
Pourquoi une telle humiliation
que de devenir comme un vassal du roi de Perse en lui
versant une "dîme" annuelle. |
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| RÉPONSE
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L'action des Jardins de Lumières
d'Amin Maalouf se situe à une époque les
plus sombres de l'histoire de l'Empire romain. Et si j'écris
"sombre", ce n'est pas seulement parce que cette
ère d'Anarchie
militaire fut trouble, troublée, riche
en coups d'état, assassinats, révolutions
ou évolutions, mais aussi parce qu'elle reste une
des moins bien connue. Les sources sont rares, et quand
elles existent, elles sont soit partiales, soit peu fiables,
soit tardives.
C'est donc à juste titre qu'Amin Maalouf peut exercer
ici son "droit à l'imagination" qui va
de pair avec le statut d'auteur de romans historiques…
Quoique ses Jardins de Lumière soient
bien davantage qu'un "vulgaire" roman historique.
Ainsi, lorsque ce merveilleux conteur relate comment
une ambassade romaine, conduite par le fils de Philippe
l'Arabe, accepta de devenir tributaire de l'Empire
sassanide, son imagination complète - judicieusement
certes, mais toujours hasardeusement - l'unique source
qui évoque le versement de tribut par Rome au Roi
des Rois. Or, cette source, d'origine perse, manque nécessairement
d'objectivité. J'y reviendrai.
En réalité, dans cette histoire, la vraie
grosse difficulté ne consiste pas tellement à
déterminer les raisons qui poussèrent Philippe
l'Arabe à verser un tribut au roi Sapor, mais plutôt
de savoir ce qui s'est réellement passé
en 244, lors de cette guerre mésopotamienne fatale
au jeune empereur Gordien
III. Ses armées furent-elles battues et lui-même
tué au combat ? Fut-il victorieux, mais détrôné
et assassiné par son Préfet Philippe l'Arabe
? Ou bien périt-il avant même de livrer bataille,
victime des complots ourdis par ce machiavélique
personnage ?
Faute de documents historiques, impossible de connaître
le fin mot de cette affaire !
Bien sûr - ainsi que je le signale d'ailleurs dans
la notice consacrée à Gordien
III - le roi Sapor fit graver une inscription proclamant
à la face du monde son éclatante victoire
ainsi que l'humiliation qu'il avait infligée aux
arrogants Césars romains :
"Moi, l'adorateur de Mazda le dieu Sapor,
roi des rois des Iraniens et des non-Iraniens, de la
race des dieux, fils de l'adorateur de Mazda du dieu
Artaxarès. roi des rois des Iraniens, de la race
des dieux, petit-fils du dieu Papakos. roi du peuple
des Iraniens je suis le seigneur (…). Et
dès que nous fûmes établi dans la
royauté des peuples, Gordien César leva
une armée de tout l'Empire des Romains, ainsi
que des peuples des Goths et des Germains, et marcha
sur l'Assyrie, contre le peuple des Iraniens et contre
nous. Et aux contins de l'Assyrie, à Mèsichè,
il y eut Lille grande bataille rangée. Et Gordien
César périt, et nous anéantîmes
l'année des Romains, et les Romains proclamèrent
Philippe César. Et le César Philippe vint
à composition et, pour rançon de leur
vie, il nous donna 500.000 deniers d'or et devint notre
tributaire". (Res Gestae Divi Saporis,
I, 1-2 & 6-10, trad. d'après A. MARICQ -
cité in Xavier LORIOT, Daniel NONY, La Crise
de l'empire romain 235-285, Ed. Armand Colin, 1997)
… Mais jusqu'à quel point Sapor amplifie-t-il
sa victoire ?… Et jusqu'à quel point les
historiographes byzantins disent-ils vrai lorsqu'ils rapportent
que l'élan des légions romaines, victorieuses
jusqu'à Ctésiphon, la capitale de l'ennemi
héréditaire, ne fut brisé que par
la mort de leur jeune empereur, tué lors d'une
bataille - à l'issue incertaine - où, tombé
de cheval, il s'était fracturé la jambe
? …
That's the question !
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Pour ma part, et ce pour les raisons
que j'ai déjà exprimées dans
la notice sur Gordien
III - j'aurais plutôt tendance à
préférer la version proposée
par les historiens de tradition latine (Histoire
Auguste, Aurelius Victor, etc.) : le préfet
Philippe
complote contre Gordien III, le tue, lui succède,
puis s'empresse de conclure une trêve avec
les Perses. Si ceux-ci étaient en position
de force, nul doute que leurs conditions de paix
furent draconiennes. Toutefois, l'Empire romain
ne paraît pas avoir perdu des territoires
dans cette aventure. Quant au versement d'un tribut,
il n'est, à ma connaissance, mentionné
que dans le "rapport" du roi Sapor (c'est
cette inscription qui fonde le récit d'Amin
Maalouf).
Question objectivité, il y a mieux !
Reste que, quelles que fussent les conditions du
retrait de l'armée romaine de Mésopotamie,
l'expédition perse de 244 se soldait par
un échec qui augurait mal du règne
de Philippe l'Arabe qu'elle inaugurait de détestable
manière.
Mais revenons à nos moutons,, c'est-à-dire
à ces (prodigieux, somptueux… les adjectifs
me manquent) Jardins de lumière
d'Amin Maalouf. |
À mon avis, ce perspicace auteur "met dans
le mille" lorsqu'il écrit que Philippe l'Arabe
avait besoin d'un long répit parce qu'il était
désireux de savourer pleinement le Millénaire
de Rome, parce qu'il voulait présider à
ces festivités, et aussi parce qu'il était
soucieux d'écarter d'éventuels rivaux et
de tenir en respect les "turbulentes hordes gothiques".
J'ajouterais qu'il lui fallait aussi rentrer au plus vite
à Rome afin de s'y faire connaître du peuple
et surtout de s'y faire reconnaître officiellement
par le Sénat. Moins de vingt ans avant Philippe,
un autre empereur "exotique", l'Africain Macrin,
qui avait accédé à l'Empire dans
des conditions similaires à celles qui avaient
permis à Philippe de ceindre la couronne impériale,
avait succombé à une rébellion d'opérette
parce qu'il avait négligé cette formalité
et s'était trop longtemps complu dans les charmes
fascinants de l'Orient.
Toutefois, si les motivations qu'Amin Maalouf prête
à Philippe l'Arabe me paraissent vraisemblables,
je suis plus circonspect en ce qui concerne le prix que
l'empereur aurait accepté de payer afin d'obtenir
cette trêve dont il avait besoin. La propagande
perse ne dit pas nécessairement la vérité.
D'autre part, si l'empereur romain désirait régner
longtemps, voire fonder une dynastie, accepter des conditions
de paix ouvertement humiliantes me paraît singulièrement
contre-productif. |
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| 6 Mars 2004 |
| Gricca
a écrit : |
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Les
monnaies provinciales romaines :
Tout le monde sintéressant
à la numismatique connaît les monnaies romaines
dites impériales présentant le portrait
des empereurs et impératrices, exaltant leurs qualités,
leurs exploits militaires, leurs légions et autres
évènements familiaux ou politiques dignes
dêtre retenus. Elles sont émises par
les ateliers dEtat et circulent dans tout lempire.
Elles sont particulièrement intéressantes
pour la connaissance historique de personnages (usurpateurs
ou impératrices) sur lesquels les sources littéraires
font défaut. Les cas les plus connus sont ceux
des usurpateurs Silbannacus
(vers 250) et Domitien II (vers 271) connus uniquement
par une monnaie et dont on vient de trouver dautres
exemplaires qui confirment leur existence (sur
Domitien II, voir ici : Clic
!).
Mais attention aux
monnaies douteuses comme les Sponsianus
(vers 250) ou Carausius II et Genseris ou Censeris (vers
354) et surtout aux fausses monnaies forgées en
particulier à lépoque Victorienne.
A côté
de ces monnaies impériales il en existe beaucoup
dautres frappées par des ateliers provinciaux
dépendants des cités, des districts (en
grec Koinon) et même des provinces, à leur
initiative (lempereur nest pas toujours absent
de ces initiatives). Nayant quune circulation
locale restreinte, elles sont moins connues et souvent
appelées aussi monnaies impériales grecques,
car cest dans la partie orientale de lempire,
où les cités hellénistiques avaient
une longue tradition monétaire, que ce monnayage
local dura le plus longtemps. Il fut produit par plus
de 500 cités entre le Ier siècle avant notre
ère et le IIIe siècle après notre
ère. En Occident, il ne dépassa pas le règne
de Claude (41-54)
après avoir surtout fleuri en Italie du Sud, Sicile
et Espagne. En Orient, le monnayage provincial continua
à se dérouler tout au long des trois premiers
siècles de notre ère, mais seules Césarée
de Cappadoce, Antioche de Syrie et Alexandrie dEgypte
eurent une activité à peu près continue.
Les autres cités frappèrent monnaies de
façon très irrégulière avec
parfois des intervalles très longs entre chaque
émission (certaines cités neurent
même quune seule frappe) et le nombre des
cités actives varie dun règne à
lautre avec un apogée sous les Sévères
(193-235) pour décliner ensuite avec cependant
deux « flambées » sous Gordien
III (238-244) et le règne conjoint de Valérien
et Gallien (253-260).
Les désordres qui suivirent la défaite dEdesse
en 260, avec la capture de Valérien par les Perses,
et leffondrement financier de lEtat durant
les décennies 260 et 270, marquèrent la
fin du monnayage local dans tout lOrient. Seules
quelques villes dAsie Mineure continuèrent
démettre, sous Claude
II (268-270) : Cyzicus en Mysie et 5 villes de Pisidie
(Antioche, Prostanna, Sagalessus, Seleucia et Selge).
Sous Aurélien
(270-275) la frappe locale ne fut pas restaurée
et les émissions se confinent à quelques
villes de régions isolées dAsie Mineure
à savoir : Perga, Side, Syllium en Pamphylie et
Cremna, Selge en Pisidie. Perga fut la dernière
à émettre sous Tacite
(275-276). Seule Alexandrie dEgypte, au régime
spécial, continua de frapper monnaies jusquà
sa fermeture par Dioclétien
après lécrasement de la révolte
de Domitien III en 298.
Ces monnaies provinciales
ont la particularité de présenter une grande
diversité de types et dinscriptions et nous
apportent, de ce fait, une riche moisson dinformations
sur les cités, car les sujets démission
y sont variés : célébrations de jeux
publics, festival, monuments, statues, etc.. ; ces monnaies
nous montrent Dieux et Déesses, Héros et
fondateurs, personnages allégoriques, animaux mythologiques,
noms et titres des magistrats et dignitaires religieux,
noms de gouverneurs de province, titulature des cités,
portraits de philosophes, de dignitaires locaux, des empereurs
et de leur famille. On voit ainsi des personnages absents
du monnayage impérial, comme Agrippa Postumus,
petit fils dAuguste,
Caesonia épouse de Caligula,
Messaline
3ème épouse de Claude
et leur fils Britannicus,
Octavie,
Poppée
et Statilia Messalina les trois femmes de Néron,
Vespasien Junior, le neveu de Domitien,
Antinoüs le favori dHadrien,
Galérius Antoninus le fils dAntonin
le Pieux, Titiana épouse de Pertinax
et Pertinax Junior, leur fils, Julius Marinus le père
de Philippe lArabe.
Signalons quAthènes, Chios en mer Egée
et Termessus Major en Pisidie frappèrent, tout
au long de leur monnayage, sans nom et portrait impériaux.
Pour ceux qui voudraient
en savoir plus sur le sujet (ici tout juste survolé),
ils peuvent consulter (entre autres ouvrages) :
- Roman Provincial
Coins (an Introduction to the Greek Imperials) de
Kevin Butcher - Seaby London
- Greek Imperial
Coins and their Values par David Sear - Seaby London.
En français, citons surtout :
- Aspects dhistoire
économique et monétaire de Marc Aurèle
à Constantin (161-337) par Claude Brenot,
Xavier Loriot et Daniel Nony -Sedes
- La Numismatique
romaine de la République au Haut Empire dAndrew
Burnett - traduction de Georges Depeyrot -Editions Errance.
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| 8 Mars 2004 |
| Bert
a écrit : |
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Je me permets d'en
rajouter quant aux effectifs de l'armée
romaine. (voir ce courrier : Clic
!)
Tout d'abord, évidemment,
les chiffres des effectifs "romains" sont plus
"fiables" que ceux concernant les vaincus, ou
les vainqueurs desdits romains. Peu d'auteurs sont restés
"modestes" dans le calcul des effectifs ennemis.
Un type comme Polybe, pourtant, reste souvent circonspect…
Difficile, alors, de savoir combien d'ennemis restaient
sur le carreau ; à préciser cependant, les
blessés mourraient aussi sur le champ de bataille,
ainsi que très souvent tous les "valets",
"auxiliaires", "esclaves", et jusqu'à
la famille qui parfois suivait les combattants. (plus
rien à perdre !)
Lorsque l'ennemi gagnait,
évidemment, c'est comme pour l'armée irakienne,
hein ? Ils étaient des centaines de milliers, bien
armés et souvent bien renseignés…
Concernant les Romains : les légions
(jusqu'à plus de trente avec Caracalla),
5500 bonshommes, citoyens, avec 120 cavaliers…
Sans oublier tous les corps de métiers (du veto
au cabaretier) qui suivaient.
On y ajoute les troupes auxiliaires, jamais vraiment dénombrées,
mais selon la plupart des auteurs en nombre équivalent
aux légionnaires, avec le même environnement
de "soutien". Les supplétifs "étrangers",
parfois jusqu'à 50 000 hommes… Sans oublier
non plus les effectifs de la marine, ceux de la garnison
de Rome…
Lorsqu'Alain
veut comparer ces chiffres à ceux des armées
de Louis XIV, il n'a pas tort ! Jusqu'au roi soleil, aucun
état n'avait l'expansion, la population et l'organisation
administrative de la Rome impériale et même…
Charlemagne, dont on loue l'administration renaissante
et les tentatives centralisatrices, n'est jamais parvenu
au stade d'évolution politique de Rome sous Antonin
(par exemple, eh eh) ! Quant à Clovis, alors là,
on a juste affaire à un roitelet local, dont les
conquêtes ont peu de rapport avec la défense
des limes de l'empire sous Caracalla
ou Hadrien !
Par contre, je suis d'accord avec
lui, il s'agit d'effectifs théoriques ! Comme dans
les armées modernes, du reste, il y a parfois beaucoup
de différences entre effectifs théoriques
et engagés.
D'accord aussi pour dire que cela
était insuffisant pour une politique défensive
face à des peuples à forte démographie
capable d'aligner sur un seul point des forces très
importantes, et pendant plusieurs saisons. De plus, cette
organisation défensive a entraîné
la fixation de nombreuses troupes qui firent perdre aux
armées beaucoup de mobilité. Enfin, le mode
local de recrutement (à partir d'Hadrien, je crois)
a entraîné des bouleversements dans la répartition
géographique des légions.
Tout à fait d'accord aussi
pour insister sur l'énorme poids financier de l'armée.
J'ajouterais que l'enrôlement montre parfois des
ratios incroyables, lorsqu'on sait que, par exemple, lors
des guerres puniques, jusqu'à 7 citoyens sur 10
étaient dans une légion. Cela entraîna
d'ailleurs souvent des troubles…
En clair, les chiffres, aujourd'hui
comme hier, sont évidemment à prendre avec
circonspection. En ces temps de propagande à outrance,
on ne s'étonnera pas des libertés prises
par "CNN César" …
Mais je crois surtout que la puissance toute relative
de l'armée romaine montre :
1) le haut degré d'évolution
de leur science administrative,
2) le haut degré d'importance du "sentiment
patriotique"
3) les capacités d'adaptation
4) la souplesse d'organisation des Romains.
Comme vous le faites remarquer,
très peu d'empires ont pu en arriver là.
À comparer avec (par exemple) la lecture de Sun
Tzu et les effectifs théoriques des armées
chinoises… |
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| 9 Mars 2004 |
| Muriel
a écrit : |
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Statue
d'Auguste imperator (musée de la civilisation
romaine)
Une question
pour ceux qui en savent plus que moi : que
représente l'espèce de petit
"angelot" au pied d'Auguste ? |
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| RÉPONSE
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D'après les infos que
j'ai pu recueillir, ce petit putto
aux pieds de l'austère Auguste ne serait
autre que Cupidon.
Fils de Vénus et de Vulcain (voir
ici : Clic
!), ce petit dieu sympa aux flèches
délicieusement cruelles était,
en quelque sorte, l'arrière-arrière…grand-oncle
de la famille adoptive d'Octave-Auguste. En
effet, la gens Iulia (= famille des
Jules), dont le grand Jules
César, père adoptif d'Auguste,
fut le plus illustre représentant,
prétendait elle aussi descendre de
Vénus, via Iule, fils d'Énée.
Dans son Énéide, Virgile, le
poète "officiel" d'Auguste,
"tartina" d'ailleurs abondamment
à ce sujet, au grand désespoir
de générations de latinistes.
Notez d'ailleurs qu'une autre statue célèbre
d'Auguste - celle dite "de la Prima
Porta", voir ici : Clic
! - représente cette petite divinité
à califourchon sur un dauphin, un des
animaux qui (je crois) symbolise généralement
Vénus-Aphrodite. |
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