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Janvier 2004 (page 2/2)
Sommaire du mois de Janvier : Clic
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| 15 Janvier 2004 |
| André
a écrit : |
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| Je
recherche de l'information sur sainte Nadia (ou sainte
Nadège) fille de sainte Sonia, elle fut mise
à mort sous le règne d'Hadrien (117-138).
Tout ce que je sais, c'est ça et qu'elle était
martyre et vierge
C'est tout, j'aimerais bien en
savoir plus sur elle et sa mère aussi. Je n'arrive
pas trouver autre chose sur le Net que cette information.
J'aimerais savoir pourquoi fut-elle mise à mort,
à quel âge, etc
Si tu peux me guider vers un lien qui m'informerait.
Je t'en remercie d'avance... |
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| RÉPONSE
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| On raconte que sous l'empereur
Hadrien
(117-138 ap. J.-C.), une chrétienne nommée
Sophia fut martyrisée à Rome en même
temps que ses trois filles - Pistis, Elpis et Agapè.
Ces quatre saintes sont particulièrement vénérées
par les chrétiens orthodoxes et surtout par les
Russes, chez qui elles s'appellent Sonia, Véra,
Nadia et Liouba.
Pour tout dire, la plupart des historiens sérieux
doutent fort de l'authenticité de ces martyres.
Il faut dire qu'en l'occurrence, les pieux hagiographes
chrétiens ont poussé le bouchon un peu loin
!
Tout d'abord, l'empereur Hadrien n'est pas précisément
réputé comme grand persécuteur de
Chrétiens - sauf à la fin de sa vie où
il aurait peut-être eu tendance à les confondre
(à tort ? à raison ?) avec les Juifs insurgés.
Ensuite - et surtout - l'allégorie paraît
évidente : ce sont la Sainte Sagesse divine (en
grec, Sophia) et ses trois filles, les trois vertus
théologales - la Foi (Pistis en grec, ou
Véra en russe), l'Espérance (Elpis,
Nadia, Nadège) et la Charité (Agapè,
Liouba) - que persécutent les vilains idolâtres
romains.
Trop symbolique pour être vrai !
Des détails sur ce très hypothétique
martyre ?
La Légende Dorée de Jacques de Voragine
(XIIIe siècle) décrit par le menu les supplices
endurés par "Sainte Sophie et ses trois filles".
Au risque de me faire passer pour un sadique après
m'être montré irrévérencieux,
voici ce texte particulièrement "gore" (j'espère
que tu as le cur bien accroché) :
"Il y a à Constantinople un temple
magnifique qui s'appelle Sainte-Sophie, dédié
en l'honneur de sainte Sophie, et de ses trois filles,
martyres. Sainte Sophie éleva ses, trois filles,
Foi, Espérance et Charité, dans la sagesse
et la crainte de Dieu. La première avait onze ans,
la seconde dix et la troisième huit. Elle vint
à Rome et chaque dimanche, elle visitait les églises
et gagnait une multitude de dames à J.-C. Elles
furent dénoncées à Hadrien. Ce prince
fut tellement épris de leur beauté qu'il
voulut les adopter pour filles ; ce qu'elles rejetèrent
avec dédain. Foi est
1° fouettée par trente-six soldats ;
2° ses mamelles lui sont arrachées en présence
du peuple. Le sang coula de ses blessures et ses mamelles
rendirent du lait. Ce jugement inique excite l'indignation,
et des clameurs s'élèvent contre le césar
que la vierge toute réjouie insulte elle-même
;
3° la jeune fille est posée sur un gril rougi
au feu ; elle n'en ressent rien ;
4° elle est plongée dans une chaudière
pleine d'huile et de cire ;
5° elle est décapitée.
Espérance (Nadia - Nadège) est appelée
à son tour, mais on ne peut lui faire consentir
à sacrifier aux idoles. Alors elle est jetée
dans une chaudière pleine de graisse, de cire et
de résine : les gouttes qui en jaillissaient brûlaient
les infidèles : enfin elle est condamnée
à consommer son martyre par le glaive.
Pendant ce temps, la mère encourageait Charité,
sa troisième fille, qui était toute petite.
Elle ne ménage Hadrien en aucune manière,
et ne veut pas lui obéir : c'est pourquoi le cruel
lui fait
1° allonger et disloquer les membres ;
2° la fait frapper à coups de bâton
;
3° fouetter de verges ;
4° jeter dans un foyer ardent, d'où le feu,
qui saute à soixante coudées de là,
fait mourir six mille idolâtres. Quant à
cette vierge, elle se promenait au milieu du feu sans
en être brûlée, en sorte qu'elle brillait
comme de l'or ;
5° elle est percée avec des lames ardentes,
et au milieu de ce martyre qui fait frémir, elle
reçoit par l'épée la couronne de
gloire.
L'excellente mère de ces excellentes filles se
joint à grand nombre des assistants pour recueillir
leurs restes, ensuite se plaçant sur leur tombeau
: « Je désire, s'écrie-t-elle, mes
très chères filles, être avec vous. »
Sainte Sophie mourut donc en paix et fut ensevelie par
les assistants avec ses très chères filles.
Elle avait elle-même enduré chacun des supplices
de ses enfants ; aussi fut-elle plus que martyre.
Hadrien périt desséché et dévoré
par la putréfaction : il avoua qu'il avait injustement
insulté aux saints de Dieu."
(Jacques de Voragine, Légende dorée,
trad. de J. B. M. Roze, Garnier-Flammarion) |
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15 Janvier 2004 |
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Patricia a écrit : |
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Tu peux me donner quelques renseignements
sur l'uvre architecturale d'Hadrien ? |
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RÉPONSE : |
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Hadrien,
qui passa le plus clair de son règne à parcourir
son vaste empire, fit bâtir, restaurer, embellir des
édifices dans presque toutes les provinces qu'il
inspecta.
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| "Construire, c'est collaborer
avec la terre : c'est mettre une marque humaine
sur un paysage qui en sera modifié
à jamais ; c'est contribuer aussi à
ce lent changement qui est la vie des villes.
Que de soins pour trouver l'emplacement exact
d'un pont ou d'une fontaine, pour donner à
une route de montagne cette courbe la plus
économique qui est en même temps
la plus pure
L'élargissement
de la route de Mégare transformait
le paysage des roches skyroniennes ; les quelque
deux mille stades de voie dallée, munie
de citernes et de postes militaires, qui unissent
Antinoë à la Mer Rouge, faisaient
succéder au désert l'ère
de la sécurité à celle
du danger. Ce n'était pas trop de tout
le revenu de cinq cents villes d'Asie pour
construire un système d'aqueducs en
Troade ; l'aqueduc de Carthage repayait en
quelque sorte les duretés des guerres
puniques. Élever des fortifications
était en somme la même chose
que construire des digues : c'était
trouver la ligne sur laquelle une berge ou
un empire peut être défendu,
le point où l'assaut des vagues ou
celui des barbares sera contenu, arrêté,
brisé. Creuser des ports, c'était
féconder la beauté des golfes.
Fonder des bibliothèques, c'était
encore construire des greniers publics, amasser
des réserves contre un hiver de l'esprit
qu'à certains signes, malgré
moi, je vois venir.
J'ai beaucoup reconstruit : c'est collaborer
avec le temps sous son aspect de passé,
en saisir ou en modifier l'esprit, lui servir
de relais vers un plus long avenir ; c'est
retrouver sous les pierres le secret des sources.
Notre vie est brève : nous parlons
sans cesse des siècles qui précèdent
ou qui suivent le nôtre comme s'ils
nous étaient totalement étrangers
; j'y touchais pourtant dans mes jeux avec
la pierre. Ces murs que j'étaie sont
encore chauds du contact de corps disparus
; des mains qui n'existent pas encore caresseront
ces fûts de colonnes. Plus j'ai médité
sur ma mort, et surtout sur celle d'un autre,
plus j'ai essayé d'ajouter à
nos vies ces rallonges presque indestructibles.
(
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Plotinopolis, Andrinople, Antinoé, Hadrianothères
J'ai multiplié le plus possible ces ruches
de l'abeille humaine. Le plombier et le maçon,
l'ingénieur et l'architecte président
à ces naissances de villes ; l'opération
exige aussi certains dons de sourcier. Dans un monde
encore plus qu'à demi dominé par les
bois, le désert, la plaine en friche, c'est
un beau spectacle qu'une rue dallée, un temple
à n'importe quel dieu, des bains et des latrines
publiques, la boutique où le barbier discute
avec ses clients les nouvelles de Rome, une échoppe
de pâtissier, de marchand de sandales, peut-être
de libraire, une enseigne de médecin, un théâtre
où l'on joue de temps en temps une pièce
de Térence.
(Marguerite YOURCENAR, Mémoires d'Hadrien,
Gallimard, 1974)
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Je crois que personne ne s'est jamais aventuré
à dresser la liste exhaustive de toutes les réalisations
architecturales d'Hadrien,
tant il y en a (qui existent encore, qui sont en ruine,
ou que l'on ne connaît plus que de nom).
En ce qui concerne plus spécifiquement la ville
de Rome, afin de mieux connaître les monuments
qu'Hadrien y fit construire, je t'invite à visiter
l'excellent site Plan
de Rome de l'Université de Caen. En particulier
ces pages :
- Visite Historique - Haut Empire : Clic
!
- Hadrien :
- Temple de Trajan : Clic
!
- Temple de Matidia : Clic
!
- Temple de Vénus et de Rome : Clic
!
- Mausolée d'Hadrien (futur Château
Saint-Ange) : Clic
!
- Pont Ælius : Clic
!
- Hadrien fit également reconstruire le spectaculaire
Panthéon d'Agrippa : Clic
!
Hadrien se fit construire à Tibur (auj. Tivoli,
dans la banlieue de Rome), une superbe villa (Villa Hadriana
de Tibur) dont on peut encore admirer de nombreux vestiges.
Voir ce site entièrement consacré à
la "Villa Hadriana" : Clic
!
Dans un tout autre registre, cet empereur fit édifier
une gigantesque ligne de fortification au Nord de l'Angleterre.
Ce "Mur d'Hadrien" était censé protéger
la province romaine de Bretagne (Angleterre actuelle) des
Pictes, peuplade barbare qui habitait alors l'actuelle Écosse.
Pour plus de renseignements à ce sujet, voir :
- Sur mon site "Empereurs romains" : Clic
!
et :
- noyon.com - le Mur d'Hadrien : Clic
!
- Yahoo Encyclopédie - Mur d'Hadrien : Clic
!
Ce sont là les réalisations les plus connues
de l'empereur Hadrien. On pourrait encore ajouter (entre
une multitude d'autres constructions) :
- La ville d'Hadrianopolis (ou Andrinople), la "ville
d'Hadrien (auj. Edirne, en Turquie) : Clic
!
- Aelia Capitolina, cité gréco-romaine fondée
sur ordre d'Hadrien sur l'emplacement de Jérusalem,
détruite en 70 ap. J.-C. : Clic
! et Clic
!
- Antinoë, ville de Moyenne Égypte, fondée
par Hadrien en l'honneur de son favori et amant, le bel
Antinoüs : Clic
!
- Le théâtre et l'amphithéâtre
de Carthage : Clic
!
- Un pont à Adana (Turquie) : Clic
!
etc, etc
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19 Janvier 2004 |
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A. Colla a écrit : |
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Je dois faire un travail de fin
d'année sur Cupidon et le comparer à
Éros chez les Grecs, tout cela en se basant
sur des textes latins.
Si vous pouviez me donner des informations
à ce sujet, je vous en remercierais. |
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RÉPONSE : |
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En ce qui concerne la place de Cupidon dans littérature
latine, voyez - sans doute entre bien d'autres :
- Ce passage célèbre de l'Énéide
de Virgile :
- Ainsi que l'aventure de Psyché et de Cupidon,
dans les Métamorphoses (L'Ane d'Or)
d'Apulée :
- Site BCS
:
- Traduction française du Conte d'Amour
et de Psyché : Clic
! et Clic
!
- Le Conte de Psyché chez Apulée
et La Fontaine par Maud ANDRÉ : Clic
!
- Site remacle.org
;
- Apulée : Éros et Psyché
:
- Site Atrium - Éros (Cupidon) et Psyché
: Clic
!
- Site lycos.fr/sabahmimigaga - Cupidon et Psyché
: Clic
!
- iquebec.com/JardindesMuses - Cupidon et Psyché
: Clic
!
- sitec.fr - Psyché : Clic
!
Plus particulièrement sur Éros et Cupidon
(ainsi que sur les nuances qui existent entre les mythes
grecs et romains relatifs à ces deux déités)
voyez aussi :
- mythorama.com - Cupidon ou Éros : Clic
!
- asiaflash.com - En reportage chez l'Amour, Cupidon n'est
pas Éros : Clic
!
- Site Atrium - Éros : Clic
!
- grenier2clio.free.fr - Éros / Cupidon : Clic
!
- mgr2.free.fr : Éros ou Cupidon : Clic
!
- ai.univ-paris8.fr - Éros : Clic
!
- jura.ch/lcp - Cupidon (Éros) : Clic
!
- fondationdethot.free.fr - Cupidon : Clic
!
- ifrance.com/prettyju - Qui est Cupidon : Clic
!
- bruyere.at - L'Histoire de Cupidon : Clic
!
- wanadoo.fr/mon.bateau - Éros (Cupidon) : Clic
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21 Janvier 2004 |
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Paul a écrit : |
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J'ai besoin pour mon devoir (latin,
je suis en 4e) d'une ou plusieurs anecdotes sympas sur
l'empereur TITUS.
Merci de me donner ça. |
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RÉPONSE : |
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Question humour, Titus
n'arrivait pas à la cheville de son père,
l'empereur Vespasien
(un fameux pince-sans-rire, celui-là !). Dans
la biographie qu'il lui consacra (Vies
des Douze Césars, Vie
de Titus) l'historien latin Suétone
rapporte toutefois quelques anecdotes assez amusantes
à son sujet.
Quelques exemples ?
Titus se vantait de pouvoir - si nécessaire
- exercer avec autant d'aisance que de compétence
le fructueux métier de faussaire : "Il écrivait
si vite, qu'il s'amusait à lutter avec ses
secrétaires, et qu'il savait si bien contrefaire
toutes les écritures, qu'il disait souvent
qu'il aurait pu devenir un excellent faussaire."
(Vie
de Titus, III)
Titus était généreux, parfois
même à l'excès : "À
l'égard des autres bienfaits qu'on lui demandait,
il avait l'habitude constante de ne renvoyer personne
sans espérance. Je dirai plus: quand les gens
de sa maison lui reprochaient de promettre plus qu'il
ne pouvait tenir, il répondait que personne
ne devait se retirer mécontent de l'entretien
du prince. Un soir, après son souper, s'étant
souvenu qu'il n'avait rien donné à personne
de toute la journée, il prononça ce
mot si mémorable et si digne d'éloge
: « Mes amis, j'ai perdu ma journée
»." (Vie
de Titus, VIII,
2)
Titus était plutôt contre la peine de
mort : "Il déclara qu'il n'acceptait le
souverain pontificat qu'afin de conserver toujours
ses mains pures. Il tint parole ; car, depuis ce moment,
il ne fut ni l'auteur, ni le complice de la mort de
personne. Ce n'est pas que les occasions de vengeance
lui manquassent, mais il jurait qu'il mourrait plutôt
que de faire mourir qui que ce fût". (Vie
de Titus, IX).
Notez cependant qu'avant d'être empereur, lors
de l'abominable guerre de Judée, il n'avait
manifesté aucun dégoût devant
les fleuves de sang qu'il avait fait couler (voyez
à ce sujet : Clic
! et Clic
!)
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Aucun dégoût, certes
mais peut-être
quand même une petite pointe de remords. Au moment
de mourir, Titus se reprocha en effet d'avoir commis "un
acte", en omettant de préciser duquel il s'agissait
: "(
) la fièvre le prit. Il continua à
voyager en litière, et, en ayant tiré les
rideaux, leva, dit-on, les yeux au ciel, et se plaignit
beaucoup que la vie lui fût injustement enlevée,
ajoutant qu'il n'avait qu'une seule action à se reprocher.
Il ne dit point quelle était cette action, et il
n'est pas aisé de le deviner." (Vie
de Titus, X).
Toujours aussi "bouche d'égout", l'historien Suétone
émet l'hypothèse - cependant sans trop y croire
lui-même - que l'empereur s'en serait voulu d'avoir
"convoité la femme de son frère", comme dirait
l'Écriture sainte : "Quelques-uns croient qu'il
faisait allusion à des rapports intimes avec Domitia,
l'épouse de son frère Domitien". Ouais,
d'accord !
mais ses éventuelles galipettes
avec sa belle-sur devaient quand même peser
moins lourd sur sa conscience que la foule des partisans
juifs massacrés par ses légions lors de la
Guerre de Judée ainsi que les horreurs de l'épouvantable
siège de Jérusalem qui conclut cet inexpiable
conflit.
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23 Janvier 2004 |
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Xavier-Bertrand
a écrit : |
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| Je voulais seulement vous
signaler la sortie d'un jeu, Pax Romana, se
déroulant dans la Rome antique. Chaque joueur
dirige une faction du Sénat romain et essaye
de devenir Consul à vie (soit de manière
légale, soit aidée par la force armée).
Le jeu est vraiment intéressant
(quand on aime ce genre de jeu où il ne se
passe pas grand-chose au niveau action) et j'ai pensé
que ça vous intéresserait.
Voilà le site décrivant
le jeu :
Pax
romana
PS : je n'ai rien à
voir avec les concepteurs, simplement j'aime bien
ce jeu.
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25 Janvier 2004 |
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Sandrine a écrit : |
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J'ai un exposé à
faire sur les recettes romaines mais malheureusement,
je n'ai rien trouvé. Je voulais savoir si vous pouviez
m'aider. Je ne sais pas traduire les textes latins et anglais.
Pouvez-vous me faire parvenir quelques-unes d'elles ?
Merci de votre compréhension. |
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RÉPONSE : |
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Je crains bien que mon latin, défraîchi
depuis plus de trente ans, ne soit guère meilleur
que le vôtre. Quant à mon anglais, il est sans
doute insuffisant pour traduire toutes les finesses absconses
de l'art culinaire - ô combien compliqué !
- des anciens Romains
Aussi, pour compléter les recettes mentionnées
dans cet ancien courrier (Clic
!) et qui sont, hélas, toutes rédigées
dans les belles langues de Cicéron et de Shakespeare,
en voici une autre, dans la langue de Voltaire :
J'ai également trouvé ces trois traductions
de recettes d'Apicius, le plus célèbre des
chefs coqs romains :
| "Recette de la patina à
l'Apicius : prenez des morceaux de tétine
de truie cuite, de la chair de poisson, de la chair
de poulet, des becfigues ou des filets de grive
cuits, et tout ce que vous avez de meilleur. Hachez
le tout avec soin, à l'exception des becfigues.
Battez des ufs crus avec de l'huile. Pilez
du poivre, de la livèche, et mouillez avec
du garum, du vin, du vin de paille. Vous mettez
à chauffer dans une cocotte et vous liez
avec de la fécule Auparavant, vous y aurez
jeté tous vos hachis et vous laissez bouillir.
Après la cuisson, enlevez le mélange
avec le jus et vous le versez à la louche
dans un moule, couche par couche, avec du poivre
en grains et des pignons, en mettant entre chaque
louche des abaisses de pâte. Vous alternez
les couches de pâte et les louches de farce.
À la fin, Vous placez sur le dessus une feuille
de pâte percée d'un roseau creux Saupoudrez
de poivre.
| Patina quotidienne
: Prenez de la tétine de truie cuite
et coupée en morceaux, de la chair
de poisson et de la chair de volaille cuite.
Hachez le tout avec soin. Prenez un moule
en bronze, cassez des ufs dans une cocotte
et battez-les. Mettez dans un mortier du poivre,
de la livèche, pilez-les, mouillez-les
de garum, de vin, de vin de paille et d'un
peu d'huile. Versez dans la cocotte et portez
à ébullition. Au premier bouillon,
faites une liaison. Jetez dans la sauce les
chairs que vous avez hachées. Placez
au fond du moule une abaisse de pâte,
par-dessus, une louche de farce, puis une
autre abaisse. Alternez les feuilles de pâte
et les louches de farce. Placez au-dessus
nue feuille de pâté percée
d'un roseau creux. Renversez le tout sur un
plat, saupoudrez de poivre et servez.
Ofellæ à l'Apicius
: Désossez les morceaux de viande,
roulez-les, passez-y une brochette et mettez
an four. Lorsqu'ils sont revenus, faites leur
rendre leur jus, faites-les sécher
à feu doux sans qu'ils brûlent
Pilez du poivre, de la livèche, du
souchet et du cumin, mouillez de garum et
de vin de paille. Mettez les morceaux avec
cette sauce dans une cocotte. Lorsqu'ils seront
cuits retirez-les, séchez-les et servez-les
sans sauce saupoudrés de poivre. S'ils
sont gras, enlevez la peau au moment de les
mettre en brochette On peut faire des ofellæ
comparables avec du ventre de truie."
(APICIUS, cité et traduit in
: Catherine SALLES, L'Antiquité
romaine, Larousse, 2002).
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Vous avez sans doute noté qu'Apicius recommandait
très souvent l'utilisation du "garum". Pour
savoir en quoi consistait ce très (mal)odorant assaisonnement,
voyez cette page du site du site civitas-fr.com
: Clic
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25 Janvier 2004 |
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Gricca
a écrit : |
Un usurpateur sous
le règne de Dioclétien
ou
les conséquences tragiques d'un dur travail mal récompensé.
Eusèbe de Césarée
(c.265-340) dans son Histoire Ecclésiastique
(VIII, VI, 8) nous parle de soulèvements à
Mélitène et en Syrie qui auraient été
une des raisons du deuxième édit de persécution
de Dioclétien contre les chrétiens (il
y eut quatre édits, trois en 303 et le quatrième
en 304) et qui ordonnait d'arrêter et d'emprisonner
tous les chefs de l'Église. (Dioclétien
fut sans doute convaincu que des chrétiens avaient
participé à ces révoltes, Mélitène
[aujourd'hui Malatya en Turquie] se
situait prés de la frontière du royaume d'Arménie
où le roi, Tiridate III, venait d'y proclamer le
christianisme religion officielle). Quant à la
tentative d'usurpation en Syrie, c'est le célèbre
rhéteur grec d'Antioche Libanios (314-393), qui,
dans un long récit autobiographique, nous la fait
connaître car elle eut des conséquences tragiques
pour sa famille.
L'histoire commence à Séleucie
de Piérie (aujourd'hui Samandag sur la côte
sud-est de la Turquie), cité maritime accrochée
aux collines rocheuses de la rive droite de l'Oronte, dominant
un port au bassin de forme grossièrement circulaire,
dont l'importance commerciale et militaire était
due à sa proximité avec la capitale de la
Syrie, Antioche, et plus loin avec le limes de l'Euphrate.
Sous Vespasien
et Titus
(69-81) des milliers de prisonniers juifs avaient dû
s'activer à la construction d'un canal de 1300 m.
pour dévier vers la mer les eaux d'un torrent descendant
de la montagne et se jetant dans le port, pour éviter
qu'il ne s'ensable lors des crues d'hiver. Ce fut un travail
gigantesque, on dut tailler dans la roche et même
y creuser un long tunnel encore visible de nos jours.
On aménagea en même temps le lit de l'Oronte
pour faciliter la navigation en amont vers Antioche. Constance
II (337-361) complétera cette uvre. Entre
temps l'entretien du port fut un souci constant des autorités,
ainsi donc, sous Dioclétien
(284-305), nous rapporte Libanios, s'achevaient des travaux
de curage de l'accès du port par une cohorte de 500
soldats romains. Les hommes surmenés espéraient
une récompense à la hauteur de leur dur labeur,
aussi lorsque les autorités ne leur accordèrent
qu'un peu de mauvaise farine, ce fut la révolte immédiate
de tous les soldats qui allèrent vers leur tribun
(Libanios lui donne le titre grec de taxiarque), nommé
Eugène, et le proclamèrent empereur
en lui faisant endosser une robe de pourpre qui se trouvait
là par hasard sur une statue ; puis les insurgés
décidèrent de gagner Antioche, la capitale
de la Syrie. Eugène entama la marche en larmes à
l'idée du sort qui l'attendait, tandis que ses hommes
se servaient par le pillage et le saccage de la région,
et, après forces libations en cours de route, les
mutins arrivèrent à Antioche, où les
habitants, mécontents de leur comportement, finirent
par les massacrer tous, y compris Eugène qui, capturé,
fut mis à mort.
La suite fut la répression
ordonnée par Dioclétien, les autorités
procédèrent à des exécutions
parmi la population de Séleucie et d'Antioche. C'est
ainsi que le grand-père et le grand-oncle paternels
de notre Libanios, membres de la Curie d'Antioche, qui avaient
peut-être fourni des subsides à Eugène
par crainte de confiscations, furent exécutés
sans autre forme de procès et leurs propriétés
confisquées. Le grand-père maternel de Libanios,
aussi impliqué, put échapper à la mort.
Une amnistie interviendra peu après, en novembre
303, à l'occasion des Vicennales, les 20 ans de règne
de Dioclétien. On sait par la suite que le père
de Libanios eut du mal à reconstituer son patrimoine
pour entretenir sa femme et ses trois fils (Libanios étant
le deuxième), ainsi que ses deux surs célibataires.
Il mourut à l'époque du triomphe de Constantin
sur Licinius sans avoir put rétablir l'aisance de
sa famille.
GRICCA. |
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Janvier 2004 |
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Michel
a écrit : |
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| Nouveautés
du site Archeobel
:
- J'ai décidé
d'élargir un peu le panorama des monnaies
gauloises : Clic
!
et Clic
!
- Un sesterce de Faustine,
émis du son vivant de l'impératrice
: Clic
!
Vous devez vous douter que ce n'est pas courant,
puisqu'elle n'a vécu que jusqu'en 141. Antonin
le Pieux fit frapper des
monnaies à son effigie jusqu'en 161. Seulement
le texte était tout différent. Après
sa mort, les monnaies portaient le nom de DIVA FAVSTINA.
Ces monnaies-là, on les trouve très
facilement ; par contre, celles frappées
de son vivant, c'est une autre paire de manches
!
- Plus extraordinaire encore
: une demi-semelle de caliga (chaussure
en cuir, cloutée) de soldat romain : Clic
!
Pour des renseignements complémentaires
sur les habits et chaussures romaines, vous pouvez
également consulter le site Roman
clothing, Jewelry, Footwear, and Armor : Roman
Footwear. On y indique
(entre autres choses intéressantes) que ce
genre de caliga fut été porté
jusqu'à la fin du premier siècle.
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