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Décembre 2003 (page 2/5)
Sommaire du mois de Décembre : Clic
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| 3 Décembre 2003 |
| Yvan
a écrit : |
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| Ce
Titus semble bien ambigu
et paraît contenir de nombreux secrets. Était-il
bon ? Mauvais ? Tacite dit : "Nous avons cru aux secrets
du destin" en parlant de son accession au pouvoir.
De sa part, cela semble être une boutade. Y aurait-il
donc une trame nébuleuse/inavouable à cette
prise de pouvoir ?
Ces questions ont surtout pour
objectif de remettre en question la vision positive qui
semble être donnée de Titus dans ce site
et de s'assurer que ce ne soit pas une affirmation en
l'air. |
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| RÉPONSE
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| Titus
?
Ben oui, je dois bien avouer que la notice biographique
qui figure dans mon site n'est pas (encore) très
élaborée. Je la complèterai certainement
un jour, quand j'en aurai le loisir. À ce moment-là,
sans doute, je profiterai de l'occasion pour la rendre
plus "critique". Car vous avez mille fois raison : pour
l'instant, ce texte fait peut-être la part trop
belle aux relations des historiens antiques qui considérèrent
Titus, alias les délices du genre humain,
comme un des meilleurs empereurs que Rome eut jamais connu.
Cependant, je suis
comme vous : j'ai des doutes !
Écoutez Suétone : "Outre sa cruauté,
on redoutait son intempérance ; car il
(=Titus) prolongeait ses orgies jusqu'au milieu
de la nuit avec les plus déréglés
de ses compagnons. On craignait aussi son penchant
à la débauche, en le voyant entouré
d'une foule de mignons et d'eunuques, et éperdument
épris de Bérénice, à
laquelle, disait-on, il avait promis le mariage.
On l'accusait aussi de rapacité, parce qu'on
savait que, dans les affaires de la juridiction
de son père, il marchandait et vendait la
justice à prix d'argent. Enfin on croyait
et l'on disait ouvertement que ce serait un autre
Néron." (SUÉTONE, Vie
de Titus, VII)
Voilà donc un homme qui, jusqu'à
son avènement, aurait vécu comme un
patachon taré, puis serait devenu, brusquement,
rien qu'en ceignant la couronne impériale,
le parangon de toutes les plus nobles vertus romaines
et humaines !
Vous y croyez, vous ?
D'habitude, le pouvoir - surtout s'il est absolu
comme celui des empereurs romains - ne rend pas
les hommes meilleurs, il les corrompt ! |
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Si vous voulez mon avis, heureusement que Titus n'a régné
que peu de temps (moins de deux ans). Comme je le dis
dans ce courrier (voir ici : Clic
!), si son règne avait duré plus
longtemps, ses belles résolutions d'empereur frais
émoulu auraient fondu comme neige au soleil, et
son impériale hypocrisie serait apparue au grand
jour.
Cela dit, d'après ce que j'ai pu lire par ailleurs
à ce sujet, je dois reconnaître que la plupart
des historiens modernes ne paraissent pas remettre fondamentalement
en cause les qualités de souverain de l'empereur
Titus.
Pour vous donner un exemple, voici le portrait que Jean-Marie
Engel dresse de Titus dans un petit livre fort bien fait :
"Avec Titus, la dynastie
(des
Flaviens) se décrassa de cette vulgarité
qu'on reprochait parfois à Vespasien. Le
nouveau prince était un homme brillant. On
lui trouvait, malgré sa petite taille et
sa tendance à l'embonpoint, une beauté
incomparable et un certain air de grandeur ; vigoureux,
agile, l'esprit alerte et fort cultivé, doué
d'une extraordinaire mémoire, il avait de
plus une amabilité qui ne nuisait pas à
sa dignité. Son passé militaire était
fort beau : il avait sauvé son père
encerclé en Bretagne, servi en Judée,
pris Jérusalem et reçu les honneurs
du triomphe. Associé au gouvernement depuis
huit ans, il avait l'expérience des affaires.
Bref Titus était un homme séduisant
autant que compétent (
).
Mais précisément cette séduction
naturelle et élaborée ne laissait
pas d'inquiéter. Car Titus aimait les plaisirs
et sa liaison fameuse avec la reine Bérénice
choquait autant que ses mignons et ses beuveries
: on craignait de voir un prince romain épouser
une reine d'Orient et suivre le destin d'Antoine.
Il avait eu, durant sa préfecture du prétoire,
des comportements hypocrites et brutaux qui le rendaient
suspect de cruauté. On appréhendait
aussi sa « rapacité », et son affabilité
pouvait être l'indice d'un penchant à
la démagogie. Tous pressentaient en lui « un
autre Néron ».
Il démentit ces
craintes et devint « les délices
du genre humain » : il renvoya Bérénice
dès son avènement pour bien
montrer qu'il refusait le despotisme à
l'orientale ; « il ne se laissa plus
vaincre par l'amour » ; aucune condamnation,
aucune confiscation, délateurs chassés,
jamais de refus à ses solliciteurs,
une pluie de bienfaits et des phrases magnifiques...
Pour l'inauguration du Colisée, les
fêtes durèrent cent jours, 5
000 bêtes féroces parurent en
une seule journée ; Titus invitait
le public à lui réclamer ce
qu'il voulait, s'engageant à ne rien
refuser. Parfois ses serviteurs lui faisaient
observer qu'il promettait plus qu'il ne pouvait
tenir...
Si l'on ajoute les constructions qu'il entreprenait,
on est conduit à penser que Titus dépensait
trop et on comprend mieux les embarras financiers
de Domitien. Ce faste et cette prodigalité,
outre « ce désir de plaire au
peuple », étaient inquiétants
pour la suite du règne, qu'une mort
prématurée vint abréger.
Malgré les belles apparences, Tacite
reste réservé dans son jugement.
Trois catastrophes marquèrent d'ailleurs
ce court principat : le 24 août 79,
une terrible éruption du Vésuve
engloutissait Pompéi, Herculanum et
Stabies ; en 80, alors que l'empereur visitait
la Campanie éprouvée, un nouvel
incendie ravagea pendant trois jours et trois
nuits le Champ de Mars et le Capitole ; enfin,
une épidémie décima Rome.
En somme, ce trop bon prince avait eu un règne
malheureux."
(Jean-Marie ENGEL, L'Empire romain, PUF, Que
Sais-Je n° 1536). |
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| 4 Décembre 2003 |
| Maddly
a écrit : |
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| Je
m'intéresse à l'armée romaine
sous les Antonins.
Pourriez-vous me donner des références
littéraires ou des liens sur Internet. Je cherche
moi-même, mais ne trouve rien de précis et
clair. |
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| RÉPONSE
: |
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| Les pages internet traitant
de l'armée foisonnent sur le Web. En voici quelques-unes
qui devraient vous livrer tous les renseignements dont
vous avez besoin :
- Dans ce site Empereurs
romains, je vous invite à consulter ce courrier
de Michel Eloy qui, d'une part, décrit l'équipement
"standard" d'un légionnaire romain (voir ici
: Clic
!) et, d'autre part, fournit une bibliographie
relative aux armées antiques (voir : Clic
!).
- Site d'Emilia Robin - L'Armée romaine sous
l'Empire : Clic
!
- Site "Empire romain de Karl Claerhout - L'armée
impériale romaine : Clic
!
- Sitereynier.com - L'armée romaine sous l'Empire
: Clic
!
- Site Collège Roger Bellair - L'armée
romaine : Clic
!
- Site "La Main à Rome" - l'armée romaine,
"manu militari", la main offensive ou défensive
: Clic
!
- Site perso de Noam Assayag - L'Armée romaine
: Clic
!
(un travail d'élèves qui mérite
10/10)
- Site voila.fr/romanarmy - L'armée romaine :
Clic
!
- Site "Histoire romaine" - L'armée romaine :
Clic
!
- Site "Ils sont fous ces Romains" - La Légion
romaine : Clic
!
- Site "Histoire de la Civilisation romaine" - L'armée
: Clic
!
- Site History4War - L'armée romaine du Bas-Empire
(par le docteur Philippe Richardot) : Clic
!
(ce n'est pas tout à fait la période de
l'histoire romaine qui vous intéresse, mais on
ne sait jamais
)
Répertoires :
- Site Retiarus - L'armée romaine : Clic
!
- Weblettres - Armée : Clic
!
- Site BCS - Armée, marine, guerre, paix dans
le monde antique : Bibliographie d'orientation et ressources
en ligne : Clic !
- Site LacusCurtius - Military and Naval History : Clic
!
En anglais :
- The Roman Army Page The Roman Army in the Late Republic
and Early Empire : Clic
!
- vroma.org : Clic
!
- Roman army - A Bibliography : Clic
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| 4 Décembre 2003 |
| Laurent
a écrit : |
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| Je
lisais votre réponse sur les contorniates
(voir ici : Clic
!). Les ouvrages d'Alföldy doivent effectivement
être consultés. Ces médaillons sont
frappés par la noblesse romaine, y compris sous
le règne d'empereurs chrétiens. La noblesse
romaine bénéficie longtemps d'une grande
liberté de mouvement. La puissance politique de
l'aristocratie sénatoriale interdit de le traiter
trop durement. Les idées d'Alföldy accordent
cependant trop d'importance au conflit entre païens
et chrétiens qui commence plus tard que ne l'affirme
celui-ci (sur l'accommodation entre païens et chrétiens
à Rome, voir SALZMAN, On Roman Time, ou
plus ancien mais très bien, Gaston BOISSIER, La
fin du paganisme).
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A
PROPOS DES CONTORNIATES…
Voyez également cet autre courrier
: Clic
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5 Décembre 2003 |
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Gricca
a écrit : |
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Sur un empereur
mal connu au nom très connu : Caracalla
Caracalla
(211-217), le sobriquet de cet empereur est très
connu car lié aux célèbres thermes
de Rome (inaugurés probablement en 216 en l'absence
de l'empereur alors en Orient), et son impérial
buste illustre souvent les ouvrages sur la Rome antique.
Le personnage lui-même n'a laissé que la
réputation d'un tyran féroce coupable de
nombreux meurtres et massacres. Dion Cassius le surnomme
aussi Tarautas, d'après le nom d'un gladiateur
très petit et extrêmement laid au caractère
particulièrement violent et sanguinaire, une caricature
de l'empereur en somme, que je souhaiterais mieux faire
connaître en apportant quelques informations sur
son comportement envers les femmes (autres que sa mère
Julia Domna), sur sa curieuse garde rapprochée,
et sur son implication personnelle dans la persécution
contre les chrétiens.
Tout d'abord avec sa femme Publia
Fulvia Plautilla, fille du très puissant préfet
du prétoire de Septime Sévère Gaius
Fulvius Plautianus et peut être d'une certaine Hortensia.
Le mariage avait été célébré
à Rome le 15 avril 202, après des fiançailles
qui avaient eu lieu plus d'un an auparavant alors que
la famille impériale était encore en Orient.
Dion Cassius rapporte qu'il vit, sur le forum, défiler
vers le palais la dot de Plautilla, et l'estima à
l'équivalent de celle de cinquante princesses royales.
Des monnaies furent frappées mettant en exergue
la "Concordia" entre les époux, mais cette
union voulue par Septime
Sévère se révéla catastrophique
car les jeunes gens ne s'appréciaient pas du tout,
Caracalla repoussait et négligeait Plautilla la
trouvant effrontée et sans pudeur et celle-ci le
méprisait et se plaignait auprès de son
père de son comportement odieux et de ses menaces
de mort, ce qui avait le don d'exaspérer Plautien.
Pourtant il semblerait, d'après des monnaies, qu'un
enfant serait né du couple en 204, toutefois sans
autres indications sur ce sujet, soit il ne survécut
pas, soit il s'agit d'une fille qui suivra le sort de
sa mère, soit finalement ces monnaies ne feraient
qu'émettre des vux pieux pour une maternité
(Les historiens étant muets, il faut bien émettre
des hypothèses).
Finalement Caracalla ne supporta plus les remontrances
de son beau-père ; toute cette rancur et
animosité accumulées aboutit au brutal assassinat
de Plautien dans le palais impérial le 22 janvier
205, quelqu'un lui coupa alors une partie de sa barbe
pour aller la montrer à Julia
Domna et à Plautilla qui se trouvaient ensemble
dans une autre pièce, ignorantes du drame qui venait
de se produire, "Regardez votre Plautien" dit-il,
et à cette vue, Julia Domna, qui n'avait jamais
apprécié le personnage et son influence
sur son mari, laissa manifester sa joie, tandis que Plautilla
entra dans une grande douleur.
Jouet malgré elle d'un drame politique, elle ne
dut la vie sauve qu'à Septime Sévère
qui l'envoya, dépouillée de tous ses biens
et de son titre d'Augusta reçu lors de son
mariage, à Lipari, une des îles Éoliennes
au nord de la Sicile, avec son frère Plautius.
Plautilla, dont le père avait fait discrètement
castrer chez lui cent citoyens romains, enfants, jeunes
hommes et hommes, certains mariés, tant pour la
servir que pour l'éduquer dans tous les arts, particulièrement
la musique, se retrouva, du jour au lendemain, privée
de son père, de son entourage d'eunuques et de
tout son confort, sous la surveillance d'une petite garnison
de soldats, sur une île volcanique austère
d'environ 37 km2. À cela s'ajoutait le souvenir
de la promesse faite par son ex-époux de la tuer
le jour où il accéderait au pouvoir. Le
4 février 211 la mort de Septime Sévère
lui enleva sa dernière protection et dès
lors l'attente se transforma en angoisse. Toute voile
apparaissant à l'horizon pouvait apporter la mort.
L'ordre finit par arriver dans l'année en cours
englobant aussi Plautius. Le cruel et sans piété
Caracalla devenu empereur avait tenu sa sinistre promesse.
La mort de nobles dames :
Le meurtre de Geta,
projeté le 26 décembre 211 et reporté
au 26 février 212 (semble-t-il pour concilier ces
deux dates données par les historiens modernes),
avait rendu Caracalla complètement paranoïaque
pour tout ce qui lui rappelait son souvenir et il s'ensuivit
des exécutions massives des amis proches ou lointains
de son frère cadet allant jusqu'à l'absurdité.
En revenant du Capitole au palais impérial, Caracalla
trouva sa mère, Julia Domna, entourée de
dames de la cour, pleurant avec Cornificia, la sur
de Commode
(donc la belle sur fictive - par adoption - de Julia
Domna), sur la mort de Geta, ce qui le mit en grande fureur.
Ne voulant pas ajouter un matricide à un fratricide
face à une opinion déjà révoltée,
il se retint de faire exécuter sa mère mais
lui interdit désormais de verser une seule larme
sur Geta. On sait par la suite que Julia Domna et Caracalla
trouvèrent un compromis où chacun trouva
son compte dans la gestion de l'empire ; quant à
Cornificia, déjà âgée, elle
reçut son arrêt de mort, lui laissant comme
un honneur spécial le choix dans la manière
de le faire. Après s'être lamentée
sur son sort, Cornificia, en digne fille de Marc
Aurèle, débarrassée de ses parures,
affronta la mort en se coupant les veines. Une parente
qui avait cru devoir présenter des condoléances
à Julia Domna à la suite du meurtre de Geta,
reçut la visite de deux centurions qui la mirent
à mort de la part de Caracalla. Il ordonna aussi
d'enterrer vivantes quatre vestales sous l'accusation
d'adultère (c'est la sanction traditionnelle depuis
le roi Tarquin pour cette faute), trois d'entre elles,
Clodia Laeta, Aurelia Severa et Pomponia Rufina, périrent
de cette façon, la dernière Cannutia Crescentina
préféra se jeter dans le vide du toit de
sa maison. Clodia Laeta, qui avait été outragée
par l'empereur quand il était encore capable de
le faire car après il devint impuissant (dixit
Dion Cassius), protesta à voix haute avant de périr,
rappelant que Caracalla savait qu'elle était vierge
et pourquoi, car elle avait su résister à
sa tentative de la déshonorer. Précisons
ici qu'il n'est pas certain que la mort de Cornificia
et des Vestales ait eu lieu tout de suite après
le meurtre de Geta, mais peut-être plus tard durant
l'hiver 213-214, après le retour à Rome
de Caracalla d'une campagne militaire contre les Alamans
dans la vallée du Main, où, un grand nombre
de femmes furent capturées après que les
Romains eurent forcé le camp d'une de leurs tribus.
Caracalla leur fit demander si elles préféraient
être vendues comme esclaves ou égorgées.
Courageuses elles choisirent la mort, alors Caracalla
ordonna de les faire vendre comme esclaves par les trafiquants
qui suivaient toujours l'armée, mais elles préférèrent
se tuer, plusieurs après avoir sacrifié
leurs enfants d'abord.
Sur
la garde rapprochée de Caracalla on sait
que l'empereur s'entourait toujours, pour sa protection,
de plusieurs lions apprivoisés, son favori
était Akinakès (c'est le nom d'une
dague perse courte et large à deux tranchants
- attention aux coups de griffes !) qu'il avait
auprès de lui à table et même
au lit qu'il caressait et qu'il embrassait. En quittant
Antioche au printemps 216 pour sa dernière
campagne (il passera l'hiver 216-217 à Édesse)
et comme il franchissait la porte de la ville, ce
lion avait semblé vouloir empêcher
son maître de partir en lui déchirant
ses vêtements avec ses griffes, un pressentiment
en somme de la fin brutale de Caracalla, tué
par un de ses soldats le 8 avril 217.
Quant à la seule
participation directe de Caracalla à la persécution
contre les chrétiens, elle est connue
grâce à la Passion de Saint Alexandre,
évêque de Baccano, rédigée
par Adon, évêque de Vienne (859-875)
qui, à défaut de datation (on situait
le martyr sous Marc Aurèle ou au IVe
siècle), est d'une précision remarquable
pour la localisation, grâce à elle
et à la suite de fouilles archéologiques,
il est très probable que le saint martyr
ait été jugé par Caracalla
en personne. En voici l'histoire :
À l'époque
impériale, la région près de
l'actuel lac Sabatino (ou de Bracciano), au nord
de Rome, avaient vu se construire de splendides
villas par des riches romains attirés par
l'aménité des lieux, pour venir s'y
délasser. Parmi ces villas, se trouvait au
17e mille de la via Cassia, le praetorium
(= villa) Fusci appartenant à Annius
Fuscus, le père de Pescennius
Niger. Après la mort de Niger au début
du printemps 194, ses biens furent confisqués
et sa villa entra dans le patrimoine de Septime
Sévère, puis dans celui de Geta. Durant
cette période commencèrent des travaux
d'embellissement : la présence de pâte
vitrée bleue et de marbres non italiens confirme
la noblesse de l'édifice. La villa devenue
celle des Sévères avait deux étages
avec revêtements de marbres, stucs, peintures,
mosaïques et décorations en pâte
vitrée particulièrement dans les thermes
au rez-de-chaussée avec des mosaïques
bi-colores figurant des scènes marines ;
au deuxième étage se trouvaient deux
pavements distincts : un plus grand, de forme rectangulaire,
avec le panneau de Flora entouré de panneaux
plus petits représentant les Muses. L'autre
représentant les auriges (on connaît
la passion de Geta pour les cochers et ses disputes
avec son frère à ce sujet) des quatre
factions du cirque - ces quatre factions se distinguaient
par la couleur de leur tunique, à savoir
le blanc (alba), le rouge (russata),
le vert (prasina) et le bleue (veneta)
- (Actuellement soixante-quatre de ces panneaux
peuvent être admirés à Rome
au Museo Nazionale Romano, Palazzo Massimo
alle Terme). |
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Nouveau propriétaire après
le meurtre de son frère Geta (février 212),
Caracalla s'y rendit pour surveiller les embellissements.
C'est là qu'on lui amena l'évêque
local de Baccano (sur l'actuelle commune de Campagnano
di Roma, à l'est du lac Sabatino), nommé
Alexandre, il y fut jugé et condamné à
mort, car après le meurtre de son frère,
l'empereur n'était pas d'humeur à l'indulgence.
De la villa des Sévères, Alexandre fut conduit
au vicus Baccanensis et jeté dans un four à
côté des thermes publics. Il sortit indemne
des flammes et fut décapité en dehors des
habitations près du 20e mille de la via Cassia.
Un ami du martyr obtint d'un propriétaire voisin
du lieu du supplice, la concession d'un terrain de 300
pieds carrés où Alexandre fut enterré.
Sur le tombeau fut placée une inscription "Hic
requiescit sanctus e venerabilis martyr Alexander, cuius
deposito celebratur undecimo kal. octobris". Par la
suite d'autres sépultures y furent pratiquées.
Dans une crypte voisine creusée dans le tuf volcanique
un autre martyr, Herculanus, fut enterré vers la
même époque. Une église sera construite
sous Constantin, sur le tombeau de St Alexandre.
J'espère avoir éclairé
un peu le personnage de Caracalla sur lequel il y aurait
encore beaucoup à raconter, en attendant, les fêtes
de fin d'année approchant, je tenais à signaler
la sortie de trois ouvrages remarquables sur l'Antiquité
romaine :
- Tout d'abord un magnifique ouvrage
sur L'Algérie antique De Massinissa à
saint Augustin" de Serge LANCEL aux éditions
Mengès (Paris novembre 2003), qui s'ajoute aux
autres ouvrages de la même collection, La Libye
antique, La Tunisie antique et L'Arabie
chrétienne.
- Ensuite L'Antiquité
retrouvée de Jean-Claude GOLVIN aux éditions
Errance (octobre 2003) avec ses très suggestifs
dessins de restitutions des villes et monuments antiques
de l'empire.
- Et enfin l'intéressant
catalogue Da Pompei a Roma, Histoires d'une éruption,
Pompei Herculanum Oplontis, sorti à l'occasion
de l'exposition qui se tient aux Musées royaux
d'Art et d'Histoire à Bruxelles du 9 octobre
2003 au 8 février 2004 - passionnant sur un sujet
souvent traité.
GRICCA |
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6 Décembre 2003 |
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Olivier a écrit : |
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Je voudrais savoir qui étaient
les prêtres saliens et plus précisément
comment ils fonctionnaient et qui ils étaient sous
les Antonins. |
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RÉPONSE : |
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Les Saliens (en latin Salii) étaient
prêtres romains, consacrés au culte de Mars.
Ils tiraient leur nom du verbe latin salire (=
danser). Ils formaient une confrérie (une "sodalité")
très ancienne, de douze, puis, plus tard de vingt-quatre
membres. Ils étaient recrutés uniquement
dans la classe des patriciens et, au moment de leur admission,
leur père et leur mère devaient encore être
en vie. Les prêtres saliens portaient un costume
remarquable. Il s'agissait en fait de l'ancienne tenue
de guerre des peuples italiques (remontant peut-être
à l'âge du bronze). Leur panoplie comportait
une épée, un pectoral en bronze, un court
manteau militaire, et une sorte de coiffure à aigrette
(apex). À la main droite, ils portaient
un glaive ou un javelot, et, à la gauche, le bouclier
sacré (ancilla), en forme de huit. On racontait
que le bouclier originel ses saliens était tombé
du ciel au temps du roi Numa et que les onze autres avaient
été forgés sur ce modèle par
un forgeron mythique.
Les prêtres saliens jouaient un rôle important
en mars et en octobre, les mois qui marquaient le commencement
et la fin de la saison des campagnes militaires. Certains
jours déterminés, ils sortaient en procession
dans Rome et, s'arrêtant à certains endroits,
ils exécutaient des danses rituelles complexes,
frappant leur bouclier avec leur javelot et chantant le
carmen saliare (= chant des Saliens), composé
en vers saturniens. Ce chant, dont quelques fragments
sont parvenus jusqu'à nous, était si ancien
que, selon l'orateur Quintilien (Ier siècle ap..
J.-C.), même les prêtres saliens comprenaient
à peine sa signification.
Comme c'était le cas d'autres collèges
huppés de prêtres romains, les réunions
de la confrérie des Saliens étaient aussi
surtout prétextes à d'extraordinaires gueuletons.
Le luxe des repas du collège des Saliens était,,
paraît-il, proverbial.
(D'après : UNIVERSITÉ D'OXFORD,
Dictionnaire de l'Antiquité, Robert Laffont,
Coll. Bouquins - Jean-Paul THUILLIER, Dictionnaire
de l'Antiquité grecque et romaine, Hachette).
Je n'ai rien trouvé de particulier au sujet des
prêtres saliens de l'époque
des Antonins
Si ce n'est que l'Histoire Auguste,
un recueil anonyme de biographies impériales de
la fin du IVe siècle (ou du début du Ve
siècle), rapporte que, dans ses jeunes années,
le futur empereur Marc
Aurèle fit partie de ce collège sacerdotal
: "Il (Marc Aurèle) fut élevé
sous la surveillance attentive d'Hadrien
qui (
) l'introduisit à huit ans
dans le collège des saliens. C'est dans cette confrérie
qu'il reçut un présage de son destin impérial
: tandis que, selon la coutume, ils jetaient tous sur
le lit sacré des couronnes qui tombaient çà
et là, la sienne, comme s'il l'y avait posée
à la main, aboutit sur la tête de Mars. Dans
le cours de cette fonction religieuse, il fut chef de
danse, puis prophète et maître de la confrérie,
il présida à un grand nombre de consécrations
et de démissions [de membres] sans
que personne ait besoin de lui dicter les formules rituelles
qu'il avait déjà apprises tout seul".
(Histoire
Auguste, Vie de Marc Aurèle, IV,
1-4, trad. A. Chastagnol, Éd. Robert Laffont,
Coll. Bouquins). |
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6 Décembre 2003 |
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Raphaelle a écrit : |
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Pourriez-vous me renseigner
s'il y a eu des batailles à Lyon, et des Romains
? Vers quelle époque ?
Je retrace mon passé. Je
ne connais pas bien la France car je vis au Brésil
depuis 22 ans et je n'y suis plus jamais retournée.
J'avais 9 ans quand j'ai quitté la France. |
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RÉPONSE : |
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Étant aussi peu Français que vous, moi
non plus je ne connais pas l'histoire lyonnaise aussi
bien que je le voudrais. Cependant, je peux quand même
vous confirmer qu'à l'époque romaine, Lyon
était déjà une ville d'une importance
considérable. Elle était même la capitale
administrative de la Gaule romaine.
Lugdunum, qui deviendra Lyon, fut d'ailleurs fondée
par un Romain, un certain Munatius Plancus que j'ai déjà
eu l'occasion d'évoquer dans mon site internet
(voir ici : Clic
!). L'empereur Claude
y naquit, et son neveu Caligula
y résida. C'est également dans cette ville,
sous le règne de l'empereur-philosophe Marc
Aurèle, que furent exécutés les
fameux "martyrs de Lyon", (saint Pothin, sainte Blandine,
etc. - voir ici : Clic
!).
Vous parlez de batailles ? Effectivement, le 19 février
197, non loin de Lyon, une grande bataille opposa deux
prétendants à l'empire romain : Clodius
Albinus et Septime
Sévère. Ce fut ce dernier qui l'emporta.
Si vous voulez en savoir plus sur cet affrontement, voyez
cet ancien courrier : Clic
!
Vous pourrez encore trouver d'autres renseignements sur
Lyon et son histoire dans ces autres pages internet
- lyon-france.com : Présentation de Lyon : Clic
!
- Guide touristique complet pour la ville de Lyon :
Clic
!
- Mairie de Lyon :
- Musée de la civilisation gallo-romain :
Clic
!
- Parc archéologique de Fourvière
: Clic
!
- Archéologie : Clic
!
- Centrale Lyon - Sites Gallo-romains : Ciic
!
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7 Décembre 2003 |
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David a écrit : |
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Je souhaite préciser
que la fin de l'empire romain c'est plutôt 1453.
N'oublions jamais que l'empire dit byzantin est en fait
l'Empire romain d'Orient, que ses habitants étaient
des Romains et leur nation s'appelait la Romanie (qui
va inspirer le nom de la Roumanie).
Un superbe site sur l'empire romain
d'orient existe : byzantina.com
Je vous laisse le soin de voir
le point commun entre Rome et Constantinople, le nom devrait
aider c'est une curiosité de l'histoire et de la
mythologie romaine très intéressante. |
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RÉPONSE : |
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Vous avez entièrement raison : l'Empire romain
d'Orient - celui que l'on qualifie, un peu péjorativement,
de byzantin - prolonge l'Empire romain (tout court)
; Constantinople fut la deuxième Rome (voir
ici : Clic
!) ; et la chute définitive de l'Empire
romain se produisit précisément le 29 mai
1453, lorsque les Janissaires de Mehmed II s'emparèrent
de la capitale du dernier héritier des Césars,
l'empereur romain Constantin XI Dragasès.
Naturellement, certains ergoteront sur chacun des termes
de cette phrase
Mais puisque cela a déjà
été fait alors que mon site internet sortait
à peine des fonts baptismaux (voir ici : Clic
!), je ne vois guère l'utilité de
revenir là-dessus.
Finalement, tout cela est assez subjectif. Pourquoi, quand
et comment des civilisations meurent-elles ? Dans quelle
mesure s'influencent-elles mutuellement ? L'une succède-t-elle
à l'autre, et si oui, quand, comment et pourquoi
?
On pourrait écrire des livres entiers là-dessus
sans arriver à l'ébauche d'une conclusion
!
Merci aussi de m'avoir rappelé l'existence de
l'excellent site Byzantina.
Cela faisait un bon moment que je n'étais plus
allé le visiter. |
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David réécrit
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Merci de m'avoir répondu.
Je ne voulais pas ergoter, simplement
que soit respectée la mémoire des Romains
d'Orient pour qui j'ai la plus grande admiration et quand
je vois le démantèlement de Constantinople,
je suis saisi d'une profonde tristesse.
Enfin, une curiosité qu'il
faut sans doute inscrire sur votre site (si vous êtes
d'accord), c'est que Rome (selon la légende) fut
fondée par Romulus, le dernier empereur d'occident
fut Romulus Augustule, Constantinople a été
fondée sur ordre de Constantin Ier le Grand et
la chute du dernier des empereurs romains (excepté
le Basileus de Trébizonde) fut effectivement (comme
vous l'avez noté) Constantin XI Dragasès.
C'est curieux cette similitude d'évènement
de l'Histoire de l'Empire qui pour ma part survit dans
l'Europe. |
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RÉPONSE : |
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Encore une fois, je suis entièrement d'accord
avec vous. L'Empire d'Occident, celui de la Rome du légendaire
Romulus et du divin Auguste,
mourut avec un "Romulus
Augustule" pour dernier empereur. Et mille ans plus
tard, Constantinople, la métropole d'Orient fondée
par Constantin
le Grand, tomba avec le peu qui restait de son Empire
d'Orient alors que régnait un onzième Constantin.
On dirait bien que, parfois, l'Histoire est plus douée
pour l'ironie que le grand Voltaire lui-même !
Pour terminer, je tiens à vous signaler que lorsque
je parlais d'ergotage sur les questions de survie
de l'Empire romain, ce n'était pas votre prose
que je visais. En effet, je partage - grosso modo
- vos idées sur ce sujet. Comme vous, je rends
hommage à ces "Romains byzantins" à qui
la culture occidentale doit une fière chandelle.
La "Renaissance" des XIVe, XVe et XVIe siècles
se serait-elle produite si Constantinople n'avait servi
de conservatoire à l'humanisme gréco-romain
?
Je voulais seulement dire que toutes ces questions de
succession entre les deux empires romains, de ré-hellénisation
de l'Orient byzantin, de spécificité orientale
de l'Empire des basileus, etc., sont extrêmement
controversées. Selon ses opinions philosophiques,
politiques, ou religieuses, chaque érudit a sa
petite idée sur ces problèmes, ce qui entraîne
nécessairement d'interminables ergotages -
ou plutôt, au risque de vous choquer, des querelles
byzantines ! |
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7 Décembre 2003 |
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Jérôme
a écrit : |
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Petite précision :
En répondant à un
certain Philippe en Novembre 2003 (voir ici : Clic
!) vous affirmez que "les seuls tissus antiques
dont nous disposions encore proviennent de bandelettes
de momies égyptiennes".
Et bien c'est faux ! J'ai découvert,
dans un livre de Michel FEUGERE qu'un "drapeau" de l'armée
impériale d'Égypte avait été
découvert (préservé grâce au
climat sec).
Voici ce texte :
| "En ce
qui concerne le vexillum, enseigne qu'emportent
les détachements de cohorte ou d'ala lorsque
le gros de la troupe doit rester au camp, c'est
comme son nom l'indique un petit voile de forme
carrée, ordinairement de couleur rouge,
qu'on fixe par une traverse sous la pointe d'une
lance ; on y peint, en lettres dorées ou
de couleur vive, les symboles et peut-être
le nom du corps d'origine. Le vexillum impérial
est lesté de lourdes franges dorées,
et généralement accosté de
deux sangles alourdies de pendentifs.
Le climat exceptionnellement
aride de l'Égypte a permis la conservation
d'un vexillum presque intact, publié par
Rostovtzeff en 1913 et 1942. C'est une pièce
de lin presque carré, large de 50 cm et
haute de 47 cm, qui a conservé dans l'ourlet
supérieur la pièce de bois transversale
qui servait à suspendre le vexillum au
sommet d'une hampe ; les côtés latéraux
sont ourlés, la base devait être
laissée en frange. De couleur écarlate,
ce document unique a conservé un décor
peint qui a permis à son éditeur
de la placer, sous toutes réserves, au
début du IIIe siècle de notre ère
: entre quatre motifs d'angle, une Victoire montée
sur un globe brandit à droite une couronne,
à gauche une palme.
Une découverte effectuée il y a
une dizaine d'années en Égypte,
à l'occasion de fouilles anglaises, nous
permet peut-être de disposer aujourd'hui
d'un second vexillum ; c'est une pièce
de tissu assez grossier, de dimension analogues
au précédent, mais dont le décor
beaucoup moins élaboré représente
un simple motif cruciforme, d'inspiration florale
ou géométrique. "
(Michel FEUGERE, Les
armes des Romains : de la République à
l'Antiquité tardive, Éditions Errance,1993).
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Il faut noter qu'il n'est pas si
rare de découvrir lors de fouille de petits fragments
de tissu. Peut-être existe-il même des pièces
plus importantes ? |
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