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Octobre 2003 (page 2/4)
Sommaire du mois de Octobre : Clic
!
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| 1er Octobre 2003 |
| Patrick a écrit : |
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| Je souhaiterais savoir où
je peux trouver le texte de la lettre des martyrs de
Lyon et Vienne de l'an 177 en francais. |
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| RÉPONSE
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| Une traduction
française de la Lettre des Églises
de Lyon et de Vienne sur les martyres
de saint Pothin, Blandine et consorts est
disponible sur le Net à cette adresse
:
Si vous préférez un bouquin
(bon marché et aisément disponible,
rassurez-vous), je vous recommande vivement
l'édition des Pensées
de Marc Aurèle du "Livre de poche"
(MARC AURÈLE, Soliloques, Livre
de Poche n° 4650). Cet ouvrage présente
en effet, en annexe, de nombreux documents
relatifs à l'histoire du christianisme
primitif dont cette fameuse lettre sur la
persécution des chrétiens de
Lyon (pour plus d'infos sur cette édition
des Pensées pour moi-même,
voyez cet ancien courrier : Clic !).
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| 5 Octobre 2003 |
| Yves
a écrit : |
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| Qui
était Tite-Live ? |
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| RÉPONSE
: |
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| Tite-Live (évitez
de prononcer à l'anglaise : "Taïyte Laïyve",
ça fait un peu magazine amerloque !) s'appelait
en réalité Titus Livius et fut un historien
latin.
Né en 59 av. J.-C. près de Padoue, et
mort en 17 ap. J.-C., on lui doit une Histoire de
Rome depuis sa fondation en 142 livres (excusez
du peu !) sur laquelle ont transpiré des générations
et des générations d'apprentis latinistes
(dont votre humble et dévoué serviteur).
Pour plus d'informations biographiques sur ce célébrissime
auteur, je vous conseille cette page du site canadien
Agora : Clic !.
Et si vous souhaitez lire son Histoire romaine
sans bourse délier, le site Bibliotheca
Classica Selecta (BCS) de l'Université catholique
de Louvain (Belgique) vous en proposera deux traductions
françaises : l'une, "classique" et complète,
de M. Nisard (1864) : Clic
! ; et une autre, plus récente mais partielle
(uniquement le premier livre), de Danielle De Clercq
(2001) : Clic
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5 Octobre 2003 |
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Gricca
a écrit : |
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Pouvez-vous m'aider à
résoudre le problème posé par
l'Homélie XV du Commentaire sur l'Épître
aux Philippiens de St Jean Chrysostome, car si les
faits anciens rapportés par Jean, n'étaient
pas effacés de la mémoire publique pour
ses contemporains du tout début du Ve siècle,
ils sont, pour nous qui sommes totalement tributaires
des uvres historiques, problématiques, car
les allusions de St Jean Chrysostome en l'absence
de noms précis, nous laissent dans une grande incertitude
devant ces racontars.
Voici le texte cette Homélie
XV pris dans le site de l'Abbaye
Saint-Benoît de Port-Valais (Suisse)
N.B. : les phrases intéressantes sont en gras
- entre parenthèses et en italique, le nom
qui m'est apparu le plus compatible.
"Eh ! quel homme au monde
est exempt de peines ? M'opposerez-vous l'empereur ? Ah
! pas plus que personne, il ne mène une vie affranchie
de soucis, mais au contraire sa carrière est remplie
d'ennuis et d'angoisses. Regardez, non pas le diadème,
mais ce déluge d'inquiétudes, qui fait constamment
autour de lui gronder la tempête ; voyez, non la
pourpre de son manteau, mais son âme, son âme
plus assombrie que cette pourpre sombre : la couronne
lui ceint le front beaucoup moins que l'inquiétude
ne lui serre le cur. Contemplez, non pas le nombre
de ses gardes, mais la multitude de ses chagrins ; aucune
maison de simples sujets n'abrite, autant que le palais
des rois, une multitude de tristes soucis. La mort les
menace sans cesse, ils redoutent même leurs proches
; il semble que toutes les tables soient couvertes de
sang. On croit en voir lorsqu'on entre à table
et lorsqu'on en sort. Que de nuits pleines d'horreur où
les visions et les rêves arrachent de leur couche
les princes tremblants ! Voilà les soucis en pleine
paix ; mais que la guerre s'allume, leurs inquiétudes
vont redoubler. Se peut-il imaginer une vie plus misérable
? Et que ne leur font pas endurer ceux-là mêmes
qui les touchent de plus près, ceux qui sont sur
qui pèse plus immédiatement leur empire
? Hélas ! le pavé de leur palais est souvent
inondé d'un sang qui leur est cher. Faut-il vous
raconter quelques traits de ce genre ? Peut-être
suffiront-ils pour vous faire comprendre que telle est
bien la triste vérité. Plus volontiers je
vous rappellerai des faits anciens, bien qu'ils soient
assez contemporains, toutefois, pour n'être pas
effacés de la mémoire publique.
Ainsi, l'on raconte qu'un souverain (Constantin),
soupçonnant la vertu de son épouse
(Fausta), la fit enchaîner dans les
montagnes, et livrer toute nue aux lions dévorants,
bien que déjà elle lui eût donné
de son sein plusieurs princes et rois. (Quelle
fable !!). Imaginez dès lors une vie plus
triste que la sienne ! Quel dut être le bouleversement
de ce noble cur, pour arriver à commander
une si terrible expiation ! Ce souverain (Constantin)
fit aussi mourir son propre fils (Crispus)
; et le frère de celui-ci se donna la mort ainsi
qu'à tous ses enfants (J'avoue mon ignorance).
On raconte encore que ce même empereur, déjà
malheureux par sa femme et par son fils, frappa aussi
de mort son propre frère (Il doit s'agir
du beau-frère Licinius). On vit
tel prince se tuer (Je pense au suicide de Magnence),
pour échapper aux mains d'un tyran ; tel autre
tuer son propre cousin germain, après l'avoir
volontairement associé à sa couronne
(Constance II ordonnant la mort de son cousin Gallus
à qui il avait accordé le titre de César).
Un troisième vit mourir sa femme empoisonnée
par des médicaments, qu'elle avait pris pour
conjurer sa stérilité (Peut-être
Hélène la Jeune, femme de Julien, car
on a accusé Eusébie, femme de Constance
II, d'avoir eu une responsabilité dans la fausse-couche
d'Hélène) ; une créature misérable
et coupable (car il faut être l'un et l'autre
pour vouloir procurer, par des moyens humains, une fécondité
que Dieu seul peut donner), osa fournir à l'impératrice
ses drogues dangereuses ; elle en fit sa victime et
périt avec elle. Un quatrième prince
bientôt fut empoisonné aussi, et, croyant
prendre un breuvage, but la mort à pleine coupe
(Je ne connais pas d'empereur empoisonné à
cette époque, par contre Jovien fut asphyxié,
est-ce lui ?). Le fils de ce malheureux, dont
la santé était une menace pour l'avenir,
se vit arracher les yeux, sans avoir mérité
ce supplice (Je ne connais pas de fils d'empereur
énuclée, alors s'agit-il de Varronien
le fils de Jovien, car ce fils étant une menace
pour l'avenir, n'était donc pas empereur mais
aurait pu le devenir en tant que fils d'empereur ? A
la mort de Jovien, le nom de son fils n'avait pas été
avancé comme possible successeur, car il était
encore trop jeune et n'avait pas encore été
associé à son père, mais un parent
de Jovien, nommé Januarius, avait bien été
proposé comme candidat). Un cinquième
a péri plus affreusement encore, et la décence
ne permet de dire ni pour quelle raison, ni de quelle
façon lamentable il dut perdre la vie (Je
pense à Julien). Deux princes lui succédèrent.
Or, l'un subit un supplice réservé aux
derniers, aux plus misérables des hommes, puisqu'il
fut brûlé vif dans un affreux pêle-mêle
de chevaux, de poutres, de débris de tout genre,
laissant son épouse dans un triste veuvage
(Valens et sa femme Domnica), et terminant une
triste vie dont on ne saurait peindre les tribulations
surtout depuis l'époque où il avait pris
les armes. Et l'autre prince, qui maintenant règne
encore, (Arcadius) n'a-t-il pas eu à subir, depuis
qu'il porte le diadème, un perpétuel enchaînement
de peines, de dangers, d'ennuis, de chagrins, de malheurs,
de complots ?
Dans la traduction de 1864, il
est précisé : Les faits auxquels le saint
orateur fait allusion ne sont pas tous également
certains ; il en raconte plus d'un d'après la rumeur
publique, et d'ailleurs le texte de ce discours est altéré
en plusieurs endroits.
Disons cependant :
1° L'impératrice
exposée aux lions est probablement une fable ;
2° Le fils condamné à mourir, par
son père, est Crispus, l'aîné du
grand Constantin, et le fait n'est que trop vrai ;
3° Le frère de Crispus et son histoire
sont controuvés, on plutôt la tarte est
altérée ;
4° Les princes qui meurent par suicide, l'impératrice
empoisonnée par imprudence, l'héritier
du trône auquel on arracha les yeux, sont autant
de problèmes historiques ;
5° Mais l'histoire nous montre Valens dans l'empereur
brûlé vif après une bataille, et
Arcadius dans le souverain si malheureux qui régnait
à l'époque où parlait saint Jean
Chrysostome.
Pas facile à tout solutionner,
merci d'avance pour votre aide. |
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RÉPONSE : |
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Reprenons votre texte afin d'examiner tout cela point
par point :
Ainsi, l'on raconte qu'un souverain, soupçonnant
la vertu de son épouse, la fit enchaîner
dans les montagnes, et livrer toute nue aux lions dévorants,
bien que déjà elle lui eût donné
de son sein plusieurs princes et rois.
OK ! Cela semble évident : Constantin
soupçonne la vertu de son épouse Fausta
et la fait exécuter - son exposition nue aux
bêtes féroces des montagnes n'étant
sans doute qu'un ragot qui circulait à l'époque
de Jean Bouche d'Or sans être parvenu jusqu'à
nous. C'est aussi Constantin qui ordonne l'exécution
de son fils aîné Crispus.
Le frère de celui-ci (de Crispus ?) se
donna la mort ainsi qu'à tous ses enfants"
Ça, c'est moins nettement clair.
L'auteur d'une traduction anglaise des textes de Jean
Chrysostome (voir ici : Clic
!) estime que l'éloquent byzantin indiquerait
ici que Constance,
qui était effectivement (demi-)frère de
Crispus, aurait provoqué la mort du frère
de son père (c'est-à-dire de Jules Constance)
et de ses fils (en réalité ses neveux),
Dalmatius
et Hannibalien.
Ouais !
Je sais parfaitement que le texte grec de cette homélie
n'est pas très sûr, mais j'ai quand même
l'impression que cette interprétation le "torture"
un peu trop. Toutefois, puisque je ne vois pas de meilleure
explication, force m'est de l'accepter
faute de
mieux et sous bénéfice d'inventaire.
On raconte encore que ce même empereur, déjà
malheureux par sa femme et par son fils, frappa aussi
de mort son propre frère.
Constantin,
meurtrier de sa femme et de son fils, fit aussi exécuter
son beau-frère Licinius.
Tout à fait d'accord avec vous !
On vit tel prince se tuer, pour échapper
aux mains d'un tyran
Vous pensez à Magnence
Moi, je suivrais plutôt le traducteur anglais
mentionné ci-dessus (voir ici : Clic
!) : le prince dont parle Chrysostome
serait Constant
qui aurait fin à ses jours afin de ne pas tomber
aux mains du "tyran" Magnence.
tel autre tuer son propre cousin germain, après
l'avoir volontairement associé à sa couronne
Constance
II élève son cousin Gallus
(demi-frère de Julien)
au rang de César, puis le fait exécuter.
D'accord avec vous !
Un troisième vit mourir sa femme empoisonnée
par des médicaments, qu'elle avait pris pour
conjurer sa stérilité
Je ne pense pas qu'il s'agisse d'Hélène,
l'épouse de Julien
dit "l'Apostat".
Je crois plutôt - et j'en suis même presque
certain - que Jean Bouche d'Or évoque
ici l'impératrice Eusébia, la femme de
Constance
II.
Voici en effet ce qu'écrit Lucien Jerphagnon
à propos de son décès : "Eusébia
était morte (
). On a raconté
plus tard que l'impératrice avait mal fini. Toute
jeune encore, elle se serait éteinte de façon
lamentable, l'esprit dérangé, hantée
de fantasmes de maternité frustrée. On
s'est même demandé si son décès
n'était pas consécutif aux essais ou aux
erreurs des médecins ou des charlatans qu'elle
conjurait de la guérir de sa stérilité.
Ce qu'on sait par D. Gourévitch et A. Rousselle
de la pratique gynécologique du temps donne le
frisson." (Lucien JERPHAGNON, Julien dit l'Apostat,
Seuil, 1986).
Un quatrième prince bientôt fut empoisonné
aussi, et, croyant prendre un breuvage, but la mort
à pleine coupe.
Ne s'agirait-il pas de Maximin
Daïa ? À ma connaissance, c'est le seul
empereur de ce temps qui mourut empoisonné.
Le fils de ce malheureux, dont la santé était
une menace pour l'avenir, se vit arracher les yeux,
sans avoir mérité ce supplice.
Après défaite de Maximin Daïa,
sa famille fut exterminée par Licinius.
Mais j'ignore si son fils fut énucléé.
S'agirait-il par hasard d'un léger anachronisme
"byzantin" du bon Chrysostome ?
Un cinquième a péri plus affreusement
encore, et la décence ne permet de dire ni pour
quelle raison, ni de quelle façon lamentable
il dut perdre la vie
Certes, on pense immédiatement à
Julien.
On sait que le saint à la bouche d'or ne portait
pas précisément dans son cur. Cependant,
s'il est vrai que l'empereur apostat mourut "lamentablement",
sa mort ne fut pas du tout "indécente", que du
contraire !
Je n'en mettrais pas ma main au feu, mais ne serait-il
pas plutôt question ici de Jovien
? Même si l'on attribue communément sa
mort à un empoisonnement au monoxyde de carbone,
certaines sources évoquent plutôt de monstrueux
excès de table et de vin.
Jovien, bourré comme une tomate farcie, beurré
comme un Petit Lu, qui agonise dans une bouillasse immonde
puant la vieille vinasse et le garum avarié,
voilà une mort bien plus "lamentable" et bien
plus "indécente" que celle - plutôt du
genre héroïco-philosophique - du dernier
grand empereur-soldat de Rome !
Deux princes lui succédèrent. Or,
l'un subit un supplice réservé aux derniers,
aux plus misérables des hommes, puisqu'il fut
brûlé vif dans un affreux pêle-mêle
de chevaux, de poutres, de débris de tout genre,
laissant son épouse dans un triste veuvage.
Valens,
tué à la bataille d'Andrinople dans l'incendie
de la cabane où il s'était réfugié,
et son épouse.
Bien sûr
Et l'autre prince, qui maintenant règne encore,
n'a-t-il pas eu à subir, depuis qu'il porte le
diadème, un perpétuel enchaînement
de peines, de dangers, d'ennuis, de chagrins, de malheurs,
de complots ?
Quel est cet "autre prince qui règne
maintenant" ?
J'ignore totalement quand cette homélie fut prononcée.
D'autre part, cette description des tracas inhérents
aux fonctions impériales me semble bien convenue
Alors, pourquoi pas Arcadius ; vous avez sans doute
raison
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10 Octobre 2003 |
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Charlotte
a écrit : |
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1.
En effectuant quelques
recherches j'ai trouvé quelques autres sources
bibliographiques sur le règne d'Hadrien :
- Dion Cassius, Histoire Romaine,
livre 69 vers (210-230)
Peut-on le trouver sur le net ? (le texte original en
Latin ?)
- Aurelius Victor (360)
- L'empereur Julien : Les Césars
(362)
- Eutrope (369)
- Festus (vers 370)
- L'Histoire Auguste
- L'Epitome de Caesaribus
(vers 395)
- En savez-vous plus sur ce livre,
où puis-je trouver le texte latin ?
- Orose : Histoires (contre
les païens) (vers 414-417)
Si vous en savez un peu plus sur
l'une des uvres reprises ci-dessus, vous pouvez
me prévenir
(toute info sera la bienvenue
! |
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RÉPONSE : |
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- L'Histoire romaine de Dion Cassius en latin
? Vous voulez sans doute dire en grec, puisque cet auteur
écrivait dans la langue d'Homère
À ma connaissance, cela n'existe pas sur le Web,
mais il est vrai je connais mieux les "ressources littéraires"
latines que les grecques.
En revanche, comme je vous l'ai signalé dans
mon mail
précédent, une traduction anglaise
de l'uvre de Dion Cassius est disponible sur l'excellent
site américain LacusCurtius
: Clic
!
- Dans son Banquet des Césars, l'empereur
Julien
évoque en effet son lointain prédécesseur
Hadrien.
Voici ce court passage : "Après Trajan arrive
un homme à la barbe touffue et à la mine
hautaine, adonné, entre autres travaux, à
ceux des Muses, élevant souvent ses yeux vers
le ciel et fort curieux des choses interdites. Quand
Silène le voit : « Que vous semble, dit-il,
de ce sophiste ? Chercherait-il ici son Antinoüs
? Qu'on lui dise que ce garçon n'est pas chez
nous, et qu'il renonce, lui, à ses bagatelles
et à ses sornettes. »" (Julien, Discours
de Julien empereur, trad. Christian Lacombrade, Éditions
les Belles Lettres, 1964)
- Le texte latin de l'Abrégé des Césars
(Pseudo-Aurelius Victor) est disponible sur le site
forumromanum.org : Clic !
- Pour accéder directement au chapitre consacré
à Aurélien : Clic
!.
Notez aussi que ce site forumromanum.org
met à la disposition des internautes une base de
données reprenant la quasi-totalité des
textes d'auteurs latins disponibles sur la Toile (texte
latin et/ou traductions en langues modernes) : Clic ! |
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2.
Pas mal d'écrits ont été attribués
à Hadrien (pouvez-vous m'en dire un peu plus
- où puis-je trouver ces écrits latins ?
des précisions ?)
- Catégorie
Discours -
Oraison funèbre de Matidie l'Ancienne
Discours militaires : aux armées de Bretagne,
aux légions de Lambèse
Discours politiques : aux sénateurs sur l'adoption
d'Antonin (recomposé et transmis en grec par
l'Historien Dion Cassius.)
- Catégorie Lettres -
Lettres officielles : à diverses cités
grecques
Lettres personnelles: à Plotine, Matidie, Servianus,
Antonin.
Lettres-invectives: contre Héliodore, contre
les médecins.
- Catégorie Poèmes profanes -
En vers variés : poèmes érotiques
(est-ce vrai ?)
En vers lyriques: adieu à son âme - réponse
à Florus - inscription sur le tombeau du poète
Voconius - sur le tombeau de Pompée en Égypte
(Vous avez plus de renseignements à propos de
cela, pensez à moi ! ) - sur le tombeau du poète
Archiloque - la mort de son cheval Borystène
- deux poèmes sur divers personnages fictifs
- réponses à un grammairien hémiplégique
- la mort d'un lièvre poursuivi par un chien
En vers épiques ou élégiaques :
sur un hermaphrodite - sur le tombeau d'Hector - sur
la mort d'un enfant dans la glace - sur la statue de
Catilius Severus à Ephèse - sur Arétè
- épitaphe dite de Soranus.
- Catégorie poèmes religieux -
Inscription votive à l'Amour sur le
temple de Thespies - À Zeus du mont Cassios.
- Catégorie Divers -
Autobiographie
Textes juridiques (transmis par le Digeste)
Ouvrages de grammaire
Catachannae (uvre très mal connue)
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RÉPONSE : |
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À part son Autobiographie
perdue que j'évoquais dans mon précédent
mail, j'ignore tout d'éventuelles autres uvres
en prose d'Hadrien.
Quant à ses uvres poétiques qui,
selon Apulée (Apologie, 11, 4), auraient
été "un peu voluptueuses", voici
ce qu'en dit Marguerite Yourcenar :
| "Hadrien avait composé
des vers, tant grecs que latins, dont certains
ont été conservés. L'Anthologie
Palatine lui prête trois épigrammes
grecques : l'une est la dédicace de trophées
offerts par Trajan au sanctuaire de Zeus Cassius,
près d'Antioche, et date de l'époque
où Trajan préparait dans cette ville
sa malheureuse campagne contre les Parthes. Tout
porte à croire qu'Hadrien, alors gouverneur
de Syrie, et incertain héritier présomptif
du vieil empereur auquel il importait de plaire,
a laborieusement composé lui-même
ces vers officiels.
SUR LES TROPHÉES OFFERTES PAR
TRAJAN
AU SANCTUAIRE DE ZEUS CASSIUS, PRÈS D'ANTIOCHE
Zeus du mont Cassius ! Trajan, enfant d'Énée,
Maître du monde, t'offre, à toi
maître des cieux,
Une corne d'urus savamment adornée
Et deux hanaps sertis de métaux précieux.
Il conquit ce butin, beau fruit de son audace,
Quand, de sa lance, il jetait bas l'insolent
Dace.
Fais, seigneur de l'éclair, que les
destins décident
En sa faveur, là-bas, au pays de Xerxès,
Et qu'il mette à tes pieds, preuve
de ses succès,
Les trésors arrachés aux princes
Arsacides.
(Anth. Pal., VI, 332)
Des deux autres morceaux, l'un, une inscription
en l'honneur d'Archiloque, est dans le ton de
ce grand lettré, amateur de poésie
archaïque ; l'autre, un aigre distique rejetant
les sollicitations d'un philosophe mendiant, n'étonne
pas venant de cet homme irritable et vite dégoûté.
POUR LA TOMBE D'ARCHILOQUE
INVENTEUR DE L'ÏAMBE
De peur qu'il surpassât l'hexamètre
d'Homère,
La muse lui donna l'ïambe au rythme amer.
(Anth. Pal, VII, 674)
SUPPLIQUE D'UN GRAMMAIRIEN ET MUSICIEN MENDIANT
À L'EMPEREUR HADRIEN
Mort à moitié, et pour le reste
aux morts pareil,
Je l'implore, empereur ! Soutiens mon demi-ton
!
RÉPONSE D'HADRIEN AU MÊME
Va ! En voyant le jour tu fais tort au soleil
!
En évitant la mort, tu fais tort à
Pluton !
(Anth. Pal., IX, 137)
D'autre
part, une pièce sur les ruines de
Troie, pour laquelle l'Anthologie nous
laisse le choix entre Germanicus et Hadrien
revient sans conteste au premier : Germanicus
visita Troie peu après la reconstruction
ordonnée par Auguste, et vers l'époque
où Virgile célébrait
ce berceau de la race d'Énée.
L'épigramme en question, avec ses
sentiments patriotiquement romains, prend
tout son sens dans ce contexte. Elle surprendrait
au contraire provenant de l'empereur philhellène.
Hadrien à Troie semble s'être
préoccupé d'honorer Achille
et Ajax plutôt qu'Hector.
Il faut regretter la perte de l'inscription,
assurément versifiée, qu'Hadrien
composa pour la tombe d'Épaminondas.
Elle eût fourni une preuve de plus
de son admiration passionnée pour
ces antiques héros grecs que faisaient
revivre, de son temps, les Vies Parallèles
de Plutarque. On a, par ailleurs, retrouvé
sur place la dédicace en vers d'une
fourrure d'ourse offerte par l'empereur
au temple d'Éros, à Thespies,
après une chasse dans ces parages.
Ces quelques lignes se réfèrent
à deux sujets chers à Hadrien,
l'amour et le combat avec les bêtes
fauves. Il est intéressant de l'y
voir implorer les faveurs de «
l'Éros sage » et celles d'Aphrodite
Ouranie, représentée dans
Le Banquet de Platon comme la déesse
des amours héroïques, dans lesquelles
l'union des esprits et des curs autorise
et ennoblit celle des corps.
SUR UN TROPHÉE DE CHASSE
OFFERT
AU TEMPLE DE L'AMOUR À THESPIES
Archer, fils de Cypris, Hadrien te rend
grâce.
Sur les coteaux de l'Hélicon, près
de la source
De Narcisse, lançant son cheval
sur la trace
Des fauves de ces bois, il abattit une
ourse.
Il suspend sa dépouille au mur
du sanctuaire.
Amour, ô sage dieu ! exauce sa prière,
Et répands sur ses jours le charme
et l'harmonie
Que dispense d'en haut Aphrodite Ouranie.
(Kaibel, Epigram. Gr.ex lapid. Coll,
811)
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On ne sait rien des Catacrinnae, mélange,
à ce qu'il semble, de vers et de prose,
évidemment composées par Hadrien
en grec. Son biographe dans l'Histoire Auguste
nous assure que l'empereur y prenait pour modèle
un poète du Ve siècle avant J.-C.,
Antimaque, dont l'uvre savante, au style
souvent obscur, n'est pas parvenue jusqu'à
nous."
(Marguerite YOURCENAR, La Couronne
et la Lyre, Gallimard, 1979 - NB. Dans ce
livre, les traductions des poèmes d'Hadrien,
dues également à la plume de Marguerite
Yourcenar, suivent la notice introductive ; pour
faciliter la compréhension, j'ai préféré
les intercaler à l'endroit où l'auteur
les évoquait). |
Outre le célébrissime poème à
son "âmelette" (voir ici : Clic
! et Clic
!), l'Histoire Auguste attribue à
Hadrien
une réponse au poète Florus, un peu dans
le même esprit que celle, adressée à
un grammairien anonyme, citée par Marguerite Yourcenar
:
"Au poète Florus qui lui avait écrit
ces vers :
Moi, je ne veux pas être César
;
Déambuler chez les Bretons,
Me tapir chez les Germains
Endurer les froids de Scythie.
Hadrien répondit :
Moi, je ne veux pas être Florus,
Déambuler dans les tavernes,
Me tapir dans les cabarets,
Endurer les moustiques dodus"
(Histoire
Auguste, Vie d'Hadrien, XVI, 3 - 4 -
Trad. André Chastagnol, Éditions Robert
Laffont, Coll. Bouquins)
Ici s'arrêtent mes modestes connaissances sur l'uvre
poétique d'Hadrien. Naturellement, si, de votre
côté, vous recueillez des informations intéressantes
à ce sujet, ce serait vraiment très sympa
de m'en faire part.
Les visiteurs de mon site et moi-même ne demandons
qu'à élargir notre culture ! |
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3. J'aimerais
aussi en savoir un peu plus à propos de la politique
d'Hadrien.
Pourquoi dit-on qu'Hadrien a "nourri l'opposition"
politique ? |
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RÉPONSE : |
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Bien sûr que la politique d'Hadrien
a "nourri l'opposition" ! Et pas seulement sa politique
d'ailleurs ! sa personnalité peu conformiste avait
également tout pour choquer les plus conservateurs
de ses contemporains
- ß Dès le début de son règne,
Hadrien prit le contre-pied de la politique expansionniste
de son prédécesseur Trajan
et renonça à ses conquêtes aventurées.
Une décision de bon sens, certes, mais qui horrifia
le "parti de la guerre" au point de pousser certains
militaires à ourdir une conspiration contre cet
empereur si calamiteusement pacifique.
- Contrairement aux autres empereurs, ces casaniers
qui répugnaient à quitter Rome, Hadrien
consacra la moitié de son règne à
des voyages d'inspection au quatre coins de son Empire.
Comment le peuple de Rome supporta-t-il ces absences
prolongées et répétées ?
Mystère
Mais quand on songe que la tournée
artistique de Néron
en Grèce fut fatale à sa popularité,
il y a de quoi se poser des questions !
- Apparemment, Hadrien se montra respectueux et affable
envers les Patriciens du Sénat. Mais en sous-main,
il rogna leurs prérogatives, favorisant l'ordre
équestre et s'appuyant presque exclusivement
sur des chevaliers pour administrer l'Empire. En fait
l'aristocratie sénatoriale estimait, sans doute
à juste titre, qu'Hadrien lui était hostile.
Elle lui d'ailleurs rendit la monnaie de sa pièce,
mais - on n'est jamais trop prudent avec les grands
fauves - "à titre posthume" : le brave Antonin
"le Pieux" dut littéralement "faire des pieds
et des mains" auprès des Sénateurs afin
qu'ils daignent accorder l'apothéose à
son défunt père adoptif qu'ils haïssaient.
- Sans parler de ses amours, assumées et affichées,
avec le bel Antinoüs, le philhellénisme
enthousiaste d'Hadrien, ne pouvait que braquer les éléments
les plus conservateurs de la société romaine
contre cet empereur qu'ils appelaient avec dédain
"le petit Grec".
Hadrien
n'était aimé ni de l'armée, ni du
Sénat, ni du peuple ; difficile de mieux nourrir
l'opposition ! On comprend qu'au soir de sa vie, il
ait sans doute parfois fait sien l'adage que la tradition
prête à ce vieux misanthrope de Tibère
: Oderint dum metuant ("Qu'ils me haïssent
pourvu qu'ils me craignent"). |
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4. Pourquoi
Hadrien portait-il la barbe, contrairement aux empereurs
qui l'ont précédé ? |
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RÉPONSE : |
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Les anciens Romains,
ceux de l'époque héroïque des
premiers siècles de la République,
étaient barbus. Ce n'est qu'à partir
du IIe siècle avant J.-C. qu'ils prirent
l'habitude de passer régulièrement
chez le tonsor (barbier). Il paraît
que Scipion Émilien (vers 185 - 125 aV. J.-C.)
fut l'un des premiers Romains à se raser
quotidiennement les joues
mais il est vrai
que ce Scipion était un genre d'obsédé
du rasage, surtout celui des villes (Carthage et
Numance, entre autres) !
La barbe revint à la mode au début
du IIe siècle de notre ère, précisément
à l'époque où Hadrien
exhiba la sienne. Est-ce l'empereur qui lança
cette mode, ou bien s'y conforma-t-il ? Je n'en
sais fichtrement rien
Sa signification ?
Dans l'Antiquité, la barbe est l'attribut
des philosophes. Socrate, Platon Aristote sont toujours
représentés barbus. Cependant, je
n'ai pas l'impression que la barbe d'Hadrien est
uniquement "philosophique". À mon avis, il
s'agissait aussi d'un "manifeste pacifiste" ; une
façon de montrer que l'époque belliqueuse
de Trajan et de ses soldats, obligatoirement glabres,
était révolue.
Ce qui serait intéressant, ce serait de
savoir quand Hadrien
laissa pousser sa belle barbe fleurie.
Naturellement, personne n'en jamais saura rien,
mais je parierais bien une bouteille de bière
des Trappistes de mon pays natal contre une bouteille
de champagne de France que notre homme ne rallia
le clan des barbus "à la mode" qu'après
le décès de Trajan, quand il se fut
emparé de l'Empire et eut renoncé
à la politique belliciste de son prédécesseur.
Rien qu'une hypothèse, bien sûr !
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