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Septembre 2003 (page 2/4)
Sommaire du mois de Septembre : Clic
!
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| 7 Septembre 2003 |
| Mathieu
a écrit : |
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| Passionné
par l'archéologie antique, je me suis mis à
chercher via des livres et des sites internet, des photos
des bustes des empereurs romains les plus connus.
Fait étonnant : j'ai trouvé
des représentations d'empereurs éphémères
comme Macrin, Trébonien Galle ou Carin et même
des bustes d'empereurs victimes de campagnes de "martelage"
post-mortem tels que Géta ou Élagabal
Par contre, en remontant le cours
des siècles, je ne suis pas arrivé à
mettre la main sur une représentation de l'empereur
Théodose Ier, à part sur des monnaies
et sur un plat d'argent d'origine hispanique.
N'a-t-on tout simplement pas retrouvé
de bustes de cette époque ? |
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| RÉPONSE
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| Sans être très
calé en histoire de l'art, je n'ai pas l'impression
que de véritables "bustes" de Théodose
le Grand soient parvenus jusqu'à nous.
En tout cas, personnellement, je n'en ai jamais vu.
Toutefois, par acquit de conscience, j'ai effectué
une petite vérification sur le Net, mais je dois
avouer que je n'y ai pas trouvé grand-chose de
plus que vous. Sinon peut-être le bas-relief ornant
le socle de l'obélisque de Théodose à
Istanbul, et qui représente l'empereur recevant
l'hommage d'ennemis vaincus (voir ici : Clic
!). Et aussi, mais avec toutes les réserves
d'usage, cette image (Clic
!) dont le titre ("theodosiusi_bust.jpg") semble
indiquer qu'il s'agirait (?) d'un buste de Théodose Ier
Mais c'est à vérifier ! |
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| 7 Septembre 2003 |
| Stéphane
a écrit : |
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| Suite
à une vérification dans le magazine Historia,
Ptolémée XIII serait le frère
de Cléopâtre VII et non Ptolémée
XIV comme mentionné sur votre site.
Chose amusante; peu de temps après
que les partisans de Ptolémée XIII furent
battus par les renforts de Jules César,
ce dernier fit du tourisme durant deux mois. Il explora
avec Cléopâtre le haut du Nil. |
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| RÉPONSE
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| Effectivement, le Ptolémée
évoqué dans la notice biographique consacrée
à Jules
César, ce pharaon qui, frère et époux
de la belle Cléo, fit assassiner Pompée,
"dirigea" la guerre d'Alexandrie et fut retrouvé
mort après la défaite finale des troupes
égyptienne, est effectivement bien Ptolémée
XIII.
Ptolémée XIV, lui, c'était
le deuxième frère de Cléopâtre,
qu'elle épousa en 47 av J.-C. après la mort
de son susmentionné frangin, et qu'elle fit assassiner
en 44, après le meurtre de César, afin d'associer
au pouvoir son fils Césarion
(Ptolémée XV), alors âge de quatre
ans (?).
Merci de m'avoir signalé cette erreur que je suis
empressé de corriger. C'est vraiment un grand plaisir
pour moi que d'avoir affaire des visiteurs aussi perspicaces.
J'ai déjà l'occasion d'évoquer la
"croisière sur le Nil" de Jules César
et sa belle amante, la jolie Cléopâtre. Voyez,
par exemple, le texte de Benoist-Méchin, cité
à la fin de cette réponse à un internaute
: Clic !.
Les raisons de ce voyage restent controversées
: propagande de Cléopâtre afin d'initier
le pragmatique César aux mystères de l'Orient
? inventaire des richesses de l'Égypte par un Jules
toujours à court de liquidité ? Voyage de
noces ? Voyage d'exploration à la recherche des
sources du Nil ?
Ou peut-être, compte tenu
du génie d'un César qui était à
la fois politicien cynique, esthète raffiné,
éminent stratège, et grand séducteur
devant l'Éternel, un peu de tout cela ! |
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8 Septembre 2003 |
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Danny a écrit : |
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Je recherche des informations
qui me permettraient de confectionner un uniforme de
légionnaire romain ; j'aurais donc besoin d'informations
détaillées sur les diverses pièces
de vêtement et la matière dont se composaient
ces uniformes.
Je te remercie d'avance pour toute
information à ce sujet. |
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RÉPONSE : |
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Malheureusement, l'histoire de l'armée romaine
n'étant pas précisément l'objet de
mon site internet, je ne dispose que d'assez peu de renseignements
précis sur l'équipement des légionnaires.
Toutefois, j'ai transmis ta demande à Michel Eloy,
responsable de ce site Péplum
- Images de l'Antiquité, étroitement
associé à mon site Empereurs
romains". Nul doute que cet érudit, passionné
par les questions militaires (voir sa brillante analyse
de la bataille du film
"Gladiator"), pourra, mieux que quiconque, te fournir
toutes les informations dont tu auras besoin pour ta reconstitution.
RÉPONSE DE MICHEL ELOY
1. Il y a légionnaire et légionnaire
Reconstituer un "uniforme" romain ? Soit, mais
dans quel but ? Un modèle pour exposer
dans son salon ? Regarder, mais pas toucher !
Un costume pour jouer une pièce de théâtre
ou aller à un bal costumé ? Ou une
vraie panoplie de fer et de cuivre (ou de bronze),
confectionnée au moyen de matériaux
aussi identiques que possible à ceux de
l'époque
pour participer à
un groupe de reconstitution ? [ Un excellent
site canadien avec de nombreux liens vers l'Europe
: geocities.com/legioqc
] Sachez d'abord qu'un équipement de
ce genre vous coûtera, complet, entre 50.000
et 100.000 FB (+/- de 1.250 à 2.500 EUR).
Un casque de légionnaire du premier siècle,
fabriqué en Inde dans les ateliers de Dan
Peterson (historien militaire américain
bien connu), vous coûtera de 300 à
350 EUR. Et autant pour le glaive. Quant à
la cuirasse
Les Studios Buftea de Bucarest s'étaient
jadis constitué une garde-robe de costumes
de légionnaires romains factices qui ont
servi aux péplums roumains (Dacii/Les
Guerriers, 1966; Columna/Le Tyran,
1969; et Burebista, 1980) et allemands
(Le dernier des Romains/Ein Kampf um Rom,
1968). Nous dirons "factices" car ce sont de simples
juste-au-corps de simili-cuir, avec des croisillons
de cuir sur le torse "qui font romain". L'illusion
est parfaite
pour le profane. Peut-être
ce genre d'équipement sera-t-il suffisant
pour l'usage auquel vous le destinez ? Vous pouvez
donc "faire" les brocantes et les antiquaires
à la recherche d'accessoires de théâtre
déclassés, ou un vieux glaive d'artilleur
du Second Empire mais très romain d'allure
pour qui n'a qu'une très vague idée
de ce qu'est un glaive romain, le fameux gladius
hispaniensis. Une pièce de simili cuir
ou de tissu rouge, des gueules de lions dorés
tenant un anneau entre les dents (appliques, poignées
de coffres) pour y accrocher le manteau etc. Et
pour pas trop cher ! Vous pouvez également
transformer en casque romain un vieux sous-casque
de résine de l'armée américaine,
en y rajoutant un couvre-nuque et des paragnathides
(couvres-joues)
en carton et papier mâché
(vieux journaux, vieilles bandes velpo, de l'eau
et de la farine). Polir au papier émeri.
Good Luck ! (Il nous semnle que tous les
"reconstituants" ont commencé ainsi, améliorant
leur équipement au fil des années.
Il y a vingt ans, les gars de l'Ermine Street
Guard portaient encore des casques de résine
trafiqués.)
Quelles que soient vos intentions nous pensons
que notre ami Claude Robiette, costumier et
reconstituant, pourra vous guider utilement. Claude
"Le Romain" a débuté avec les costumes
festifs avant de s'orienter vers la reconstitution;
il anime la Cohorte Prétorienne de la Louve
et - en fonction de son calendrier, bien sûr
-, participe à toutes les journées
"antiques" ou "médiévales" de Belgique
ou du Nord de la France. Il pourra vous conseiller
dans vos fabrications artisanales, vous louer
des pièces ou vous orienter dans les catalogues
pour d'éventuels achats à l'étranger
[ Claude Robiette / e-mail : fa512668@skynet.be
- tél. : (0486) 23 75 74 ].
2. Un de la "légion"
Il n'existe pas d'"uniformes" chez les Romains,
au sens où nous l'entendons. Tout faisait
farine au moulin, en ces temps où les manufactures
industrielles n'existent pas encore. Donc on récupère,
on ne perd rien, et dans le même peloton
(décurie) on doit voir se côtoyer
des modèles de casques ou de cuirasses
assez disparates. Seul l'insigne sur le bouclier
permet d'identifier les unités et de se
reconnaître entre soi, et sans doute des
mots de passe et autres cris de ralliement. Autant
que nous sachions, dans l'armée française,
les premiers uniformes apparurent au XVIIe s.,
et uniquement dans les régiments de la
Maison du Roy. Les autres régiments devant
ressembler à de pittoresque bandes de brigands
(mot qui du reste, étymologiquement, signifie
"soldat", précisément).
Il serait donc plus logique de parler de la panoplie
ou de l'équipement du légionnaire.
Voici donc l'équipement de base du brave
miles gregarius
- LE CASQUE (cassis ou galea).
En fer ou en bronze. Il a pas mal évolué
au long de l'histoire romaine, oscillant entre
les modèles grecs ou celtiques. Les légionnaires
de Jules César portaient des types "Montefortino"
(italiques), qui paraissent avoir été
longtemps conservés par les prétoriens
de l'époque impériale à
cause de leur look archaïque (un
peu comme la Garde Républicaine française
ou la Garde Royale britannique etc. qui ont
conservé des modèles du XIXe s.,
casques de cuirassiers ou bonnets en peau d'ourson
des grenadiers). Les officiers de Jules César
préfèrent, eux, des types grecs
"attiques" ou "étrusco-corinthiens".
Sous l'empire se répandent les types
gaulois pour la troupe, avec de larges couvres-nuques
et protèges-joues. Un anneau au sommet
(en alternance avec un cimier de crin, pour
la parade ou la bataille), ou une poignée
dans la nuque, pour le portage ou la suspension
au barda (les impedimenta).
- LE BONNET. Il ressemble un peu à ces
casques de cuir souple que portaient les aviateurs
de la première guerre mondiale ou les
automobilistes de la même époque.
Il s'agit de protéger la tête du
dur contact du métal, et d'amortir les
coups qui y sont éventuellement portés.
Les Grecs se contentaient d'interposer une éponge
entre leur crâne et le fond du casque.
- LA SUBARMALE (subarmalis, tunique sans
manche). La tunique de laine en principe rouge.
Mais on fait avec ce qu'on a, hein ?
- LE SAGUM ou manteau (sayon, saie) : cape de
laine d'origine germanique qui sert également
de couverture de couchage. Les Romains l'enlevaient,
pour combattre. Notre expression "prendre les
armes" se traduisait en latin par "revêtir
le sagum".
- LES FEMORALIA. Les culottes courtes (genre
"corsaire") (femoralia, de femur,
"cuisse") imitées des braies gauloises.
Elles étaient portées par les
légions combattant dans le nord. Etaient-elles
en tissu, laine ou cuir, je n'en sais rien.
- LE SUBLIGACULUM ou SUBLIGAR. Pagne ou cache-sexe.
Les Romains étaient assez prudes, au
contraire de nos amis Ecossais !
A noter que les Grecs, si l'on se fie aux représentations
sur les vases à figures, ne portaient
rien sous leur tunique. Le sexe est souvent
représenté, par transparence,
sous le tissu. Mais c'est peut-être une
convention qu'il ne faut pas prendre à
la lettre
- LA FOCALE (focale, -is). Echarpe ou
cravate, protégeant le cou contre le
frottement les protèges-épaules
métalliques.
- LA LORICA, ou cuirasse. On distingue :
- 1) la lorica hamata (de mailles,
d'origine celtique : il fallait 40.000 anneaux
de fer entrelacés et rivetés
pour faire une simple "chemise de mailles"),
2) la lorica squamata (cotte d'écailles
de métal, d'origine orientale,
quoique guère appréciée
des Grecs), et
3) la lorica segmentata (la cuirasse
segmentée, faite de lames de fer
articulées, qui n'apparaît
que vers le règne de Tibère,
au Ier s. de n.E. Cette dernière
dénomination (segmentata)
émane des archéologues,
et ne figure pas telle quelle dans les
textes. La cuirasse segmentée est
une alternative économique à
la hamata. De la gorge à
la taille, la lorica segmentata
comporte de huit à sept (1)
bandes articulées qui font le tour
du tronc. Elles sont surmontées
- au niveau des protège-épaules
- d'un large niveau supplémentaire
recto, subdivisé en trois niveaux
étroits verso. A la hauteur de
ce(s) "niveau(x) supplémentaire(s)"
- qui protège(nt), recto la gorge
et verso les vertèbres dorsales
supérieures -, de part et d'autre
du cou, sont disposés des protège-épaules.
Ceux-ci sont constitués de cinq
bandes de métal, dont deux sont
articulées sur charnières.
D'une manière générale,
ces bandes de métal sont rivetées
sur des lanières de cuir verticales,
ce qui leur permet de coulisser en épousant
les mouvements du tronc
mais quel
bruit de ferraille !
Certains spécialistes de l'archéologie
expérimentale contestent ces armures
de métal qui, assez bizarrement,
n'auraient été retrouvées
qu'en Angleterre (ailleurs : uniquement
les attaches et fermoirs de bronze : aurait-il
existé des modèles articulant
d'épaisses bandes de cuir ?). En
effet, les Romains construisaient leur
camp en gardant l'armure (comme le raconte
César, mais de son temps les légionnaires
portaient la cotte de mailles !), ce qui
est assez incommode pour effectuer des
travaux de terrassement. Et si la partie
qui enserre la taille était plutôt
une ceinture de force, en cuir, contenant
les reins du légionnaire ? Nous
réserverons notre jugement, n'étant
pas spécialistes
A noter qu'on a découvert dans
une tombe mycénienne à Dendra,
en Argolide (Grèce), une armure
de bronze complète qui pourrait
être considérée comme
une première ébauche de
la lorica segmentata.
4) Il existe également, pour les
officiers supérieurs, des cuirasses
rigides composées d'un plastron
et d'un dorsal. On les appelle des thorax
(mot grec) ou "cuirasses musclées"
car elles reproduisent les détails
anatomiques du corps humains, avec des
scènes commémoratives gravées
par-dessus (sur la poitrine d'Auguste
- statufié à Prima Porta
-, on voit ainsi les Parthes restituant
les aigles de Crassus). Ces belles armures
étaient des armes de parade qu'on
ne connaît guère que par
des statues d'empereurs. Comme elles couvrent
d'une seule pièce la poitrine et
le haut du bassin, elles ne devaient guère
être d'un port très commode
(si l'on voulait se pencher, par exemple,
pour resserrer le lacet de sa sandale).
Une variante était la cuirasse
des cavaliers macédoniens, plus
évasée vers le bas, qui
laissait quelque liberté à
l'abdomen. Les thorax de bronze des hoplites
grecs ne descendaient pas plus bas que
le nombril, laissant beaucoup de liberté
à leur porteur. Mais elles étaient
tellement lourdes que ceux-ci ne le endossaient
qu'à l'instant précis d'en
venir aux mains
Lors des guerres
du Péloponnèse, les opérations
militaires s'effectuant désormais
en toute saison, elles seront avantageusement
remplacées par la linothorax,
faite de plusieurs couches de lin encollées,
et renforcées de pièces
de métal ou de cuir.
(N.B. On a retrouvé à Vergina,
dans la tombe de Philippe II de Macédoine,
une cuirasse de fer ayant exactement l'aspect
d'une linothorax. Je ne connais pas le
poids de cette armure, mais, selon John
Warry (op. cit., p. 93), une cuirasse
ordinaire pesait deux talents - le talent
attique représente 25,86 kg et
le talent éginète 37,80
kg ! -, mais l'armurier de Démétrios
le Poliorcète lui avait fabriqué
une cuirasse "légère" qui
ne pesait que 18 kg et qui, à 26
pas, résistait à un trait
de catapulte
(2).)
5) Pour les officiers supérieurs
romains, il existe une variante plus fonctionnelle
de la cuirasse musclée : la demi-cuirasse,
qui n'est rigide que sur le buste. C'est
celle que, dans ses BD, Jacques Martin
attribue au seul Jules César (empruntée
à L'histoire du costume
de Racinet).
6) A noter enfin qu'aux premiers siècles
de la république, les vélites
(infanterie légère) se contentaient
d'une simple plaque de poitrine (cardiophylax),
carrée ou ronde, maintenue par
des bretelles croisées dans le
dos. Diamètre moyen : 22 centimètres.
- LE BALTEUS. Le baudrier porté en sautoir,
auquel était suspendu le glaive : à
droite chez les simples soldat, à gauche
chez les officiers. En effet, le glaive étant
court, il était plus facile à
saisir porté à droite, après
avoir lancé le pilum.
- LE CINGULUM. Le ceinturon, passé dans
le balteus qu'il bloque sur l'avant. Il supporte
une série de bandes de cuir couvertes
de plaques métalliques (de quatre à
six), qui protégeaient le bas-ventre
du légionnaire. Au cingulum était
suspendu le pugio, ou dague à
lame large. Certain officiers étaient
armés d'une dague fine, le parazonium,
qui paraît avoir été une
arme de parade.
Les officiers portaient, à la mode grecque,
un tablier de cuir découpé en
bandes (les lambrequins, ou ptéryges)
qui faisait le tour du corps. Selon les époques,
deux ou trois rangées de ptéryges
pouvaient ainsi se superposer.
- LE GLADIUS HISPANENSIS. Le fameux glaive espagnol,
l'épée courte - env. 76 cm - qui
finit par devenir réglementaire dans
toutes les légions romaines. Très
effilée, la lame à deux tranchants
se resserre légèrement en son
centre. C'est une arme d'estoc et de taille.
Son fourreau, très caractéristique,
est muni de quatre anneaux de suspension. La
poignée est en os.
Au premier siècle de notre ère
apparaîtra un autre modèle de glaive,
dit "Pompéi", à la lame parfaitement
rectiligne. Auparavant, les Romains utilisaient
des modèles variés d'origine grecque
ou étrusque comme le xiphos (épée
droite à lame lancéolée)
ou la kôpis (ou machæra,
ou falcata), arme de taille recourbée
un peu à la façon du koukri
des Gurkas.
- LES CALIGÆ. Sandales cloutées.
Passez à l'Espace Gallo-Romain d'Ath.
Vous en verrez des vestiges exposés,
et une vidéo vous montrera même
comme les fabriquer.
- Le PILUM ou javelot. Le légionnaire
en porte deux (deux pila, pluriel), un
lourd et un léger. Le lourd est lesté
d'une boule de métal en avant de la poignée.
Le légionnaire balance d'abord le léger,
puis - s'étant rapproché - le
lourd. Ces armes, si elles ne tuent pas toujours,
handicapent fortement le porteur du bouclier
qui en a été transpercé.
Elles étaient conçues pour se
tordre (sous Marius : tige de fer mou vers la
poignée, dur vers la pointe), ou se plier
comme un levier (sous César : deux chevilles
assuraient la rigidité, une se brisait
à l'impact) afin de ne pouvoir être
renvoyée contre les légionnaires.
Le pilum mesure une peu plus de deux
mètres et est composé d'un long
fer qui fait facilement le tiers ou le quart
de la longueur totale du pilum. Il s'emmanchait
sur la hampe de bois par une douille, ou encore
il s'y rivetait sur une soie. L'arme semble
d'origine étrusque et fut copiée
par les Celtes (gæsum). Les vélites
utilisaient un javelot plus court (1.20 m),
le verulum, qu'ils lançaient au
moyen d'un propulseur (amentum).
C'était l'arme des légionnaires
des deux premières vagues (hastati
et principes).
A l'origine, les légionnaires du troisième
rang, les triarii, n'avaient pas de javelots,
lesquels ne leur auraient été
d'aucune utilité sauf pour frapper dans
le dos leurs camarades légionnaires des
deux premiers rangs ! Ils étaient armés
de la lance (lancea). Mais à partir
de Marius, le pilum armera uniformément
les trois manipules, la tactique ayant semble-t-il
changé.
Tenez compte du fait que les Romains étant
plus petits que nous (moyenne 1,50 m). Si vous
voulez faire de la reconstitution, les dimensions
de leurs équipements devront donc être
allongés pour convenir à notre
taille.
- LE SCUTUM. Le bouclier. Question épineuse,
car les Romains, selon les époques et
les spécialités, en ont dans la
forme comme dans la taille, utilisé différents
modèles. Et puis les spécialistes
de l'archéologie expérimentale
sont très divisés au sujet de
son poids, de sa maniabilité, de ses
dimensions.
En tout cas, on est au moins d'accord sur ces
principes-ci : ceux de la cavalerie sont plats
et, généralement, ronds (parma).
Il en va de même pour l'infanterie légère.
Ceux de l'infanterie lourde sont creux (bombés).
Généralement ovales jusqu'aux
derniers temps de la république (clipeus).
Le célèbre scutum quadrangulaire
apparaît sous le Principat (Auguste) et
va évoluer tout au long de l'Empire.
Nous vous renvoyons donc à la littérature
spécialisée.
L'insigne peint sur le bouclier déterminait
l'appartenance à telle ou telle légion.
C'est lui qui tenait lieu d'"uniforme" aux légionnaires.
| Trois aspects du légionnaire
romain. Depuis la fondation de Rome (-753),
jusqu'à sa chute en +476, l'équipement
du légionnaire - dans l'imaginaire
collectif - n'aurait jamais évolué
Il n'en est rien !
De gauche à droite, nous avons,
donc :
A. Le légionnaire de Jules
César (-50 : fin de la République.
Remarquez le casque italique "Montefortino",
la cotte de mailles (lorica hamata)
d'origine celtique, avec surajouté
un protège épaules en U,
à la grecque, et le grand bouclier
ovale (clipeus). Notez le glaive
court accroché au ceinturon - dessin
de Peter CONNOLLY, L'Armée romaine,
Chantecler, 1976.
B. Le légionnaire de la Colonne
trajane (campagnes de Trajan en Dacie
: 101-102 et 105-106 de n.E.). Il
porte la lorica segmentata, mais
son scutum est beaucoup plus petit
et à peine bombé. Notez
son casque caractéristique avec
sa médiocre protection de la nuque
et son renfort cruciforme, sommé
d'un anneau de fixation - extr. d'Albert
MALET, L'Antiquité. L'Orient,
la Grèce, Rome - Classe de sixième,
Hachette, 1916.
C. Le légionnaire du Haut-Empire
(+30). Avec son casque "impérial
gaulois" à large couvre nuque,
sa cuirasse à bandes métalliques
articulées (lorica segmentata)
et son grand bouclier quadrangulaire (scutum),
ce type de légionnaire apparaît
vers l'époque de Tibère
(emp. 14-37). La cuirasse, faite de larges
plaques de métal est plus économique
à réaliser, tombe à
peu près droite sur les hanches.
Notez le glaive suspendu à un baudrier
(balteus) - doc. Ermine Street
Guard.
Commentaire
B. est le légionnaire
romain type, fixé par la vision
"romantique" (?) du Second Empire et
les modèles de Saint-Germain-en-Laye,
popularisé par les "Histoire
du Costume" (Hottenroth, 1883, Racinet,
1876-1888). Notez la lorica élégamment
cintrée, les protèges-épaules
étroits, les couvre-joues menus.
Pendant un siècle - de 1865 à
1973 - on n'imaginera pas les Romains
autrement : en BD, c'est celui des "Alix"
de Jacques Martin (1ère manière)
et des aventures d'Astérix. Au
cinéma, on va le retrouver dans
les péplums tant américains
qu'italiens (Perruzzi, Bermans &
Nathans). Dans les réserves de
Cinecittà, on en trouve des modèles
"façon métal", aussi "façon
cuir".
C. Dans le courant des années
'70, sous l'impulsion des travaux de
Robinson Russell, ce modèle impérial
- qui correspond à la conquête
de la Grande-Bretagne, sous Claude -
rencontre la faveur des groupes de reconstitutions
comme la XX Legio Valeria Victrix
: l'"Ermine Street Guard". On va le
retrouver à l'écran dans
les films des années '80 (Masada)
et suivantes. Dans Vercingétorix
et Astérix et Obélix
contre César, il coexiste
avec B. (niveau casques). On le trouve
également dans Gladiator
(sauf que les casques avec la visière
dans le prolongement du bord et le couvre-nuque
façon "queue d'écrevisse
factice, font davantage songer à
la Guerre Civile anglaise (la grille
faciale en moins) qu'à l'Empire
romain).
Enfin, A. Le modèle que
l'on devrait voir dans tous les films
consacrés à l'époque
de Jules César, si le cliché
de la lorica segmentata n'était
si incontournablement figé dans
l'imagination du grand public (sans
oublier la circonstance de l'impondérable
économique, encore qu'il soit
possible de faire des cottes de mailles
factices à bon marché,
en cordelette tricotée).
|
BIBLIOGRAPHIE : LES
SOLDATS DE L'ANTIQUITÉ
- Jack CASSIN-SCOTT (textes et ill.), The
Greek and Persian Wars (500-323 BC), Londres,
Osprey, Men-at-Arms Series, 1977;
- Dr. E.V. CERNENKO (ill. Angus Mc BRIDE, from
reconstitutions by Dr. M.V. GORELIK), The
Scythians (700-300 BC), Londres, Osprey,
1983, n° 137;
- Peter CONNOLLY, L'Armée romaine,
Chantecler, 1976;
- Peter CONNOLLY, L'Armée grecque,
Chantecler, 1979;
- Peter CONNOLLY, Tiberius Claudius Maximus.
The Legionary, Oxford University Press,
1988;
- Peter CONNOLLY, Tiberius Claudius Maximus.
The Cavalryman, Oxford University Press,
1988;
- Peter CONNOLLY, The Roman Fort, Oxford
University Press, 1991;
- Jean-Nicolas CORVISIER, Guerre et société
dans les mondes grecs (490-322 av. J.-C.),
Armand Colin, 1999;
- Pierre DUCREY, Guerre et guerriers dans
la Grèce antique, Fribourg, Office
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- Michel FEUGÈRE, Les armes des Romains.
De la République à l'Antiquité
tardive, Editions Errance, 1993;
- Victor Davis HANSON, Le modèle occidental
de la guerre (The Western Way of War,
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Paris, Les Belles Lettres, 1990;
- Mark HEALY (ill. Angus McBRIDE), The Ancient
Assyrians, Londres, Osprey Military, Elite
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- Yves LE BOHEC, L'armée romaine sous
le Haut-Empire, Picard éd., 3e éd.
2002
- François LISSARRAGUE, L'autre guerrier.
Archers, peltastes, cavaliers dans l'imagerie
attique, Paris-Rome, Editions la Découverte/Ecole
française de Rome, coll. "Images à
l'appui", n° 3, 1990;
- David NICOLE Ph. D. (ill. Angus Mc BRIDE),
Arthur and the Anglo-Saxon Wars, Osprey,
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1985;
- Daniel PETERSON, La légion romaine,
hier
et aujourd'hui, Paris, Histoire
& Collections, coll. Europa Militaria, 1992;
- Dr. Boris RANKOV (ill. Richard KOOK), The
prætorian guard, Osprey Military,
Elites Series, n° 50, 1994;
- Cpt. RENARD, Précis de l'histoire
militaire de l'Antiquité, 1982. Rééd.
de l'édition de Bruxelles, 1875, III,
292 p. [Aux Trois Hussards, 128, av. Philippe-Auguste,
F. 75011, Paris];
- H. Russell ROBINSON (ill. Ronald EMBLETON),
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Newcastel upon Tyne, Frank Graham éd.,
1976; rééd. 1979;
- H. Russell ROBINSON (ill. Ronald EMBLETON),
The Armour of the Roman Legions, Newcastel
upon Tyne, 19??;
- DAREMBERG & SAGLIO, Dictionnaire des
antiquités grecques et romaines,
Paris, Hachette, 10 vols, 1904. Voir "Exercitus",
"Legio", "Dilectus", "Equites", etc.;
- Nick SEKUNDA (ill. Angus Mc BRIDE), The
Army of Alexander the Great), Osprey, Men-At-Arms
Series, n° 148, 1984;
- Nick SEKUNDA (ill. Angus Mc BRIDE), The
Ancient Greeks. Armies of Classical Greece,
5th and 7th Centuries BC, Osprey, Elite
Series, n° 7, 1986;
- Michael SIMKINS (ill. Michael YOUENS), The
Roman Army from Cæsar to Trajan, Osprey,
Men-At-Arms Series, 1974;
- Michael SIMKINS (ill. Ron EMBLETON), The
Roman Army from Cæsar to Trajan, Osprey,
Men-At-Arms Series, n° 46, 1984 (nouvelle
édition, revue);
- Michael SIMKINS (ill. Ronald EMBLETON), The
Roman Army from Hadrian to Constantine,
Osprey, Men-At-Arms Series, 1979;
- Michael SIMKINS (ill. James FIELD), Warriors
of Rome. An illustrated military history of
the Roman Legions, Blandford, 1988;
- Rafael TREVIÑO (ill. Angus Mc BRIDE),
Romes Enemies (4) : Spanish Armies 218 BC-19
BC, Osprey, Men-At-Arms Series, n°
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- Jean-Pierre VERNANT (sous la dir.), Problèmes
de la guerre en Grèce ancienne, Ecoles
des Hautes Etudes en Sciences Sociales, Points-Histoire,
n° H265, 1968;
- John WARRY (ill. Jeff BURN & Clive SPONG),
Histoire des guerres de l'Antiquité,
Elsevier-Bordas, 1981
- John WARRY (ill. Angus Mc BRIDE & Richard
GEIGER), Alexander 334-323 BC. Conquest of
the Persian Empire, Osprey Military, Campaign
Series, n° 7, 1991;
- Peter WILCOX (ill. G.A. EMBLETON), Rome's
Enemies : Germanics and Dacians, Osprey,
Men-At-Arms Series, n° 129, 1982;
- Peter WILCOX (ill. G.A. EMBLETON), Rome's
Enemies (2) : Gallic and British Celts,
Osprey, Men-At-Arms Series, n° 158, 1985;
- Peter WILCOX (ill. Angus Mc BRIDE), Rome's
Enemies (3) : Parthians and Sassanid Persians,
Osprey, Men-At-Arms Series, n° 175, 1986;
- Terence WISE (ill. G.A. EMBLETON), Saxon,
Viking and Norman, Londres, Osprey, Men-At-Arms
Series, n° 85, 1979;
- Terence WISE (ill. Angus Mc BRIDE), Ancient
Armies of the Middle East, Londres, Osprey,
Men-At-Arms Series, n° 109, 1981;
- Terence WISE (ill. Richard HOOK), Armies
of the Carthaginian Wars (265-146 BC), Osprey,
Men-At-Arms Series, n° 121, 1982.
- Werner SOEDEL et Vernard FOLEY, "Balistes
et catapultes de l'Antiquité", dans Pour
la Science (Scientific American), Paris,
mai 1979, n° 19.
- J.F.C. FULLER, Les Batailles décisives
du monde occidental, 3 vols, Berger-Levrault,
1980.
- Paul FAURE, La Vie quotidienne des armées
d'Alexandre, Hachette, 1982.
Le maître-achat est le bouquin de Michel
Feugère, excellente synthèse sur
l'armée romaine et ses équipements.
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NOTES :
(1) Quand il n'y en
a que sept, la septième - tout en bas,
au niveau de l'abdomen - est de largeur double,
simplification économique qui caractérise
le type Newstead par rapport aux Corbridge "A"
et "B". La lorica segmentata nous est en
effet connue par trois exemplaires découverts
en Angleterre, deux à Corbridge et un à
Newstead, restaurés et étudiés
par H. Russell Robinson. - Retour
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(2) Dans un récent
numéro de Ciné-TéléRevue
(n° 36, 4 septembre 2003, p. 39), Russell
Crowe se vantait d'avoir porté une armure
de "70 livres d'acier (soit un peu moins de
32 kg). Lorsque je charriais Ridley à propos
du poids de cette armure, il me répondait
: "Celle en aluminium, tu oublies. Je veux que
tu comprennes que ce film, tu le portes en partie
sur tes épaules !"." Pour avoir eu
l'occasion d'examiner diverses armures gréco-romaines
de cinéma
en polyester, carton ou
tôle légère et ayant servi
à des films comme Cléopâtre
(1962), Le choc des Titans ou Constantin
le Grand, je me permets d'en douter sereinement
! Il me souvient que pour Androclès
et le lion de Chester Erskine (1952), la publicité
prêtait à Victor Mature, qui incarnait
un centurion romain, une armure de 45 kg. Rien
de nouveau sous le soleil
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