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Sommaire Août 2003 :
  • 1er Août :
    • De combien de soldats Valens disposait-il lors de la bataille d'Andrinople : Clic !
    • Les effectifs de l'armée romaine à la fin du IVe siècle : Clic ! 
  • 1er Août :
    • Les impératrices du IIIe siècle : Clic !
    • Et celles du IVe siècle (de 337 à 395) : Clic ! 
  • 1er Août :
    • La dernière légion de Valerio Manfredi - Que penser de l'historicité de certains détails de ce livre : Clic ! 
  • 2 Août :
    • Le christianisme de Constantin : seulement une arme politique ? : Clic ! 
  • 6 Août :
    • Quid des Hautes-Alpes ? : Clic !

PAGE SUIVANTE 

  • 7 Août :
    • Où trouver de bons renseignements sur la marine romaine ? : Clic !
      • Michel ELOY nous propose quelques pistes… : Clic !
  • 9 Août :
  • 11 Août :
    • Camille, apprécie toujours autant ce site, réagit à de vieilles critiques, et pose quelques intéressantes questions : Clic !
      • Les Romains connaissaient-ils l'histoire de leurs empereurs ? : Clic !
      • Être empereur, ce n'était vraiment pas une sinécure ! Alors, pourquoi tant de prétendants à l'Empire ? : Clic ! 
  • 13 Août :
    • Théodose : persécuteur… et vandale ? : Clic !
  • 15 Août :
    • Le Néron, montagne près de Grenoble, doit-il son nom à l'empereur romain homonyme ? : Clic ! 
  • 17 Août :
    • Quelques précisions sur saint Martin et son demi-manteau  : Clic !
  • 22 Août :
    • Les Ptolémées, rois macédoniens ou pharaons égyptiens ?  : Clic ! 
     

3e PAGE 

  • 24 Août :
    • Quelques personnes allergiques à la pourpre…  : Clic ! 
  • 27 Août :
    • Sophie recherche des infos sur le faux-monnayage antique…  : Clic ! 
  • 28 Août :
    • César, Marc Aurèle, Hadrien : homos ou hétéros ? Jean-Do dénonce certaines réactions systématiques du webmaster de ce site : Clic !
  • Août 2003 :
    • Les nouveautés du site Archeobel : Clic !
    • Qui sont Dalmatius et Hannibalien ? : Clic !
    • Pourquoi Jésus voulait-il qu'on rende son denier à Tibère ? : Clic !
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"EMPEREURS ROMAINS"
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1er Août 2003

Jdecl a écrit : 

Comment expliquer les difficultés de Valens pour rassembler une armée suffisamment nombreuse pour combattre les Goths à Andrinople en 378 ?

En 363, Julien menait 40.000 soldats et en avait rassemblé 30.000 autres sous les ordres de Procope, 70.000 soldats donc, 15 ans avant Andrinople.
Or, bien que le problème goth se posait depuis 376, il aura fallu à Valens 2 ans pour rassembler 7.000 fantassins et 3.000 cavaliers, 2 ans pour rameuter 10.000 soldats alors que Constantinople était menacée…
Julien avait certes rassemblé les troupes orientales de l'empire, mais Valens pouvait tout autant puiser dans les troupes Danubiennes (peut être d'ailleurs l'a-t-il fait).

Comment l'expliquer ?

Effectifs décroissants de par le problème du recrutement (mais qui se posait depuis l'époque de Constantin et qui n'empêcha pas l'expédition de Julien) ?
Difficultés pour faire combattre des soldats en dehors de leurs pays d'origine (mais la région n'était pas censée être dépourvue de soldats et là encore Julien y été parvenu pour son expédition orientale) ?

 

RÉPONSE :

D'après ce que j'ai pu lire dans la documentation dont je dispose, les historiens n'évoquent guère l'infériorité numérique des armées romaines pour expliquer la lourde défaite subie à Andrinople par Valens du fait des Wisigoths de Fritigern. L'empereur romain était certes une nullité politico-stratégique doublée d'un couard velléitaire, mais il semble néanmoins avoir clairement pris conscience de la menace que faisaient peser les Goths sur les Balkans. Pour les repousser au-delà du Danube, il mobilisa toutes les forces dont il disposait. Même les légions arméniennes qui protégeaient la frontière perse - elle aussi très exposée - furent appelées à la rescousse ! De plus, l'empereur d'Occident Gratien envoya à son oncle Valens des contingents sous le commandement de Frigeridus, le comte d'Illyrie, avant de faire mouvement lui-même à la tête du gros des forces occidentales (mais il arriva trop tard, on le sait).

valens - flavius valens

En fait, si les armées romaines reçurent à Andrinople une raclée aussi mémorable que sanglante, c'est surtout à cause de la supériorité écrasante de la cavalerie ennemie. Les cavaliers romains, surclassés tant numériquement que tactiquement, prirent la poudre d'escampette dès le début de l'engagement, abandonnant à son sort une infanterie épuisée par une longue marche forcée et abrutie par une interminable attente sous un soleil brûlant. Les (jusque-là) invincibles légions romaines furent méthodiquement taillées en pièces par la cavalerie wisigothique. Quant à l'empereur Valens, blessé par une flèche, il trouva la mort dans l'incendie de la cabane où il s'était réfugié.

Fin de l'histoire.

Même si Valens pouvait, à mon avis, compter sur une armée plus nombreuse que celle que vous évoquez dans votre mail, vous avez raison de signaler la faiblesse de ses effectifs par rapport à ceux que l'empereur Julien avait pu aligner contre Perses seulement une quinzaine d'années avant la bataille d'Andrinople.

Comment expliquer une telle diminution des effectifs ?

Ce texte fournit une réponse qui me paraît fort pertinente :

"Cette armée (= l'armée romaine) était-elle suffisante en nombre ? Sous Dioclétien, elle est déjà passée à 390.000 hommes, sous Constantin, elle atteint 500.000 hommes et le chiffre n'a pas bougé à la fin du siècle. Mais il est trompeur, car l'armée de campagne, la seule valable, ne fait que 100.000 hommes, chaque moitié étant répartie dans les deux parties de l'Empire. Il est déjà magnifique que Julien ait pu réunir, pour sa campagne iranienne, 65.000 hommes. Face aux dix mille Wisigoths rassemblés à Andrinople, Valens en avait trente mille et, pourtant, il fut battu, parce qu'il avait refusé d'attendre l'armée occidentale de Gratien. La défaite ne fut pas due à une infériorité numérique, mais à une infériorité technique : la cavalerie lourde gothique put attaquer l'infanterie romaine en corps à corps et la massacrer. L'aveuglement des Romains, qui n'avaient pas voulu reconstituer le corps de cavalerie cuirassée autonome d'Aurélien, fut la cause de ce désastre. Ammien Marcellin, qui en était témoin, le confirme et ajoute : « Sauf à la bataille de Cannes, il n'y a pas d'exemple dans les annales de l'histoire militaire romaine d'un engagement où le carnage ait été aussi grand. » Théodose comprit la leçon et composa son armée presque uniquement de cavaliers wisigoths. Le salut de l'Empire ne pouvait donc plus reposer sur l'armée qui, pour rester supérieure, doit se barbariser. Par rapport au IIe siècle, la situation est alors inversée : l'armée, bien que suffisante en nombre, mais techniquement inférieure, au lieu d'être un facteur de romanisation, devient un facteur de barbarisation." (Michel Rouche, Les Empires universels IIe-IVe siècle, Larousse - Le Livre de Poche, 1968).

Jdecl réécrit : 

L'extrait du livre de Michel Rouche est intéressant, mais me pose un problème.

Selon lui, l'armée romaine comptait 500.000 hommes mais seulement 100.000 pour l'armée de campagne à l'époque d'Andrinople. Or depuis Constantin, l'armée romaine était composée de deux types de troupes :

  • Les limitanei, soldats-fermiers installés le long des frontières, dont le rôle est purement défensif. La valeur militaire de ces troupes est faible en raison du manque d'encadrement, de formation et d'équipement. Elles s'apparentent à des milices dont l'objectif est de ralentir les envahisseurs.
  • Les Comitatenses, forces mobiles bien équipées, entraînées, disciplinées, destinées à contre-attaquer, défaire et repousser définitivement l'ennemi (une fois les Limitanei enfoncés). Il s'agit donc là de l'armée de campagne dont parle Michel Rouche.

Cette double composition de l'armée est la conséquence de l'évolution de la tactique de défense de l'Empire : on passe d'une défense de frontière (haut-empire) à une défense en profondeur.

Cela nous indiquerait donc que l'armée réelle, celle des batailles en rase campagne, a vu son effectif passer de 500.000à 100.000 en à peine un demi-siècle, de Constantin (réforme militaire en 325) à Valens (378).

Que les effectifs de la "vraie armée" soient divisés par cinq en un laps de temps si court parait assez aberrant (même s'il s'agit d'une réforme de Constantin, qui n'était pas une lumière).

Toute la question est donc de savoir si l'on peut se fier à cette répartition qu'avance Michel Rouche.

D'un autre côté, cela traduirait (et résolverait pour Constantin) le problème du recrutement, car mobiliser les paysans près des frontières pour "défendre" leurs terres était somme toute faisable. Dans ce cas, il ne restait plus qu'à recruter 100.000 "vrais" soldats au lieu de 500.000 précédemment, au grand soulagement des propriétaires fonciers et des fils de soldats engagés (groupes sociaux subissant les réquisitions forcées de l'armée). Une réforme peut-être due un lobbying intense des propriétaires fonciers auprès de l'autorité impériale ? :-)

A moins qu'il s'agisse là d'une évolution tout au long du IV siècle, et que l'armée a vu la part des Comitatenses se réduire progressivement au profit des Limitanei. Une évolution encore et toujours due aux difficultés de recrutement pour la vraie troupe. Les empereurs se succédant à partir de Constantin auraient ainsi expédié le dossier "recrutement" qui encombrait périodiquement leur bureau… Constantin serait donc à disculper (il serait injuste de tout lui mettre sur le dos), par contre Constance II, Gratien et Valentinien I seraient responsables de l'évolution de la répartition des troupes et donc de l'insuffisance des effectifs à la fin du IVe siècle (et finalement au Ve siècle) pour ne pas avoir su réformer le recrutement de l'armée.

J'attends avec impatience vos lumières sur ces éléments.

 

RÉPONSE :

J'ai choisi le texte de Michel Rouche parce qu'il avait le double avantage d'être assez court et d'évoquer la bataille d'Andrinople. Toutefois, de nombreux autres historiens semblent estimer les effectifs de l'armée romaine du IVe siècle à environ 500.000 hommes… même s'il est vrai que ce chiffre reste assez controversé.

Voyez, par exemple, ce texte d'André Piganiol, autre grand historien de l'Antiquité tardive :

"Pour la défense de tout l'empire, Auguste avait créé une armée permanente de 300 000 hommes au plus. Selon Lactance, Dioclétien a quadruplé l'armée : le chiffre total de 389 704 hommes que donne Lydus doit mieux correspondre à la réalité. Mais Lydus ajoute que les effectifs furent doublés par Constantin. Les statistiques dressées d'après la Notitia Dignitatum trouvent pour les effectifs « sur le papier » des chiffres qui varient autour de 500.000 hommes. [ Note d'A. Piganiol : Mommsen trouve 360.000 Iimitanei et 194 500 palatini et comitatenses, soit 554 500 hommes. F. Lot (Histoire générale du Moyen Age, I, 3) trouve 222 000 à 738 000 limitanei, 228 000 à 233 000 palatini et comitatenses, en tout de 450 000 à 471 000 hommes. V. Nischer (Heerwesen, cité supra, p. 361, n. 1) trouve en tout 737 500 hommes. ] Les grandes nouveautés sont, d une part, la proportion très élevée des corps de cavalerie, d'autre part, le fait que les soldats sont dispersés partout. " (André Piganiol, l'Empire chrétien, PUF, 1972).

Je l'avoue, je n'y connais pas grand-chose en matière d'histoire militaire romaine, aussi, puisque j'ai peur de proférer d'énormes bourdes si je me laisse aller à disserter oiseusement à ce sujet, je me permets de vous renvoyer à l'excellent site d'Emilia Robin où vous trouverez sans doute un bon nombre d'infos susceptibles de vous intéresser : Clic !. Pour les réformes de Dioclétien et de Constantin, voyez, plus particulièrement ici : Clic !

Ah oui !… vous pouvez aussi acquérir (c'est un "poche", ça ne coûte donc pas les yeux de la tête) ce bouquin, petit par le volume mais très dense de par son contenu, où sont abordés (entre autres) tous les problèmes liés à l'évolution de l'armée romaine au IVe siècle : Jean-Michel CARRIÉ et Aline ROUSSELLE, L'Empire romain en mutation, des Sévères à Constantin, Nouvelle Histoire de l'Antiquité n° 10, Point Histoire.

 

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1er Août

Gricca a écrit (synthèse de 8 mails) : 

Les épouses d'empereurs sont très mal connues et j'ai essayé d'en établir la liste pour le IIIe siècle ainsi que les noms des épouses d'empereurs depuis l'année 337 (mort de Constantin Ier) jusqu'à 395 (mort de Théodose Ier).

Je n'ai guère eu le temps de "peaufiner".

Je compte sur les visiteurs de votre site pour la compléter (mon mail : gricca@free.fr).

IIIe siècle :
  • Pertinax épouse Flavia Titiana, fille du sénateur T. Flavius Sulpicianus exécuté en 197 par Septime Sévère. Un fils Pertinax exécuté en 212.
  • Didius Julianus épouse Manlia Scantilla, une fille Didia Clara qui épouse Cornelius Repentinus que son beau-père fit préfet de la Ville.
  • Septime Sévère eut deux épouses :
    • Paccia Marciana,
    • puis en 187 Julia Domna qui lui donna Caracalla et Geta, les frères ennemis.
  • Caracalla épouse en 202 Fulvia Plautilla, fille du préfet de prétoire Plautien. Il l'exilera en 205 pour l'exécuter en 212.
  • Geta épouse ignorée.
  • Macrin épousa Nonia Celsa (nom donné par l'Histoire Auguste et donc invérifiable), un fils Diadematus né en 208, devenu César puis Auguste sous le nom de Diaduménien du 15 mai au 8 juin 218.
  • Elagabal eut trois épouses :
    • Julia Cornelia Paula de 219 à 220 ;
    • Julia Aquilia Severa, une vestale de fin 220 à l'été 221 ;
    • Annia Aurelia Faustina à l'été 221 ;
      Elagabal reprit Aquilia de fin 221 à mars 222.
  • Sévère Alexandre épouse en 225 Cn Seia Herennia Sallustia Barbia Orbiana, fille de sénateur, exilée en 227. Pas trace de descendance.
  • Maximin épouse Cecilia Paulina décédée avant 236, un fils C. Julius Verus Maximus, né vers 217/20 fait César.
  • Gordien Ier, épouse Fabia Orestilla, arrière petite fille d'Antonin le Pieux (douteux, la généalogie est fournie par l'Histoire Auguste).
  • Gordien II aurait eut des concubines mais pas d'épouse officielle ("sic" l'Histoire Auguste).
  • L'épouse de l'empereur Pupien (238) aurait été Quintia Crispilla. Son collègue Balbin aurait également eu une épouse (anonyme) et une descendance.
  • Gordien III épousa en 241 Furia Sabina Tranquillina, fille de Timésithée préfet du prétoire.
  • Philippe épousa Marcia Otalicia Severa, qui lui donna un fils Philippe qui fut associé comme César en juillet 244 et Auguste de mai 247 à septembre 249, ainsi qu'une fille.
  • Trajan Dèce épousa Herennia Cupressenia Etruscilla, qui lui donna 3 enfants, 2 fils qui furent associés à l'empire Herennius Etruscus et Hostilien, et 1 fille qui épousera Volusien, le fils de Trébonien Galle.
  • Trébonien Galle épousa Afinia Gemina Baebiana, qui lui donna Volusien qui fut associé à l'empire et une fille Gemina, si celle-ci et sa mère furent les mêmes qui donnèrent l'hospitalité au philosophe Plotin.
  • Emilien épousa Gaia Cornelia Supera connue uniquement par ces monnaies.
  • Valérien épousa Mariniana morte avant 254 et qui lui donna au moins 2 fils Gallien et Valérien consul en 265.
  • Gallien épousa Julia Cornelia Salonina, qui lui donna au moins 2 fils Valérien junior et Salonin, fait Césars. Gallien eut aussi une concubine Pipa fille d'Attale un chef marcoman, qui lui donna peut-être un Jules Gallien et une fille Julia.
  • Parmi les Trente Tyrans, seul Regalien eut une épouse connue par des monnaies Sulpicia Dryantilla.
  • Claude II et Quintillus, épouses ignorées
  • Aurélien épousa Ulpia Severina.
  • Tacite, Florien, Probus et Carus, épouses ignorées
  • Carin épousa fin 283 Magnia Urbica, qui lui aurait donné Nigrinien mort fin 284.
  • Numérien, épousa la fille du préfet du prétoire Arius Aper.

    337 à 395 :

  • Constantin II (337-340) on ne connaît pas le nom de sa femme, ni d'héritier.
  • Constance II (337-361) eut trois épouses :
    • en 335 sa cousine anonyme (Constancia ?) sœur de Gallus César ;
    • en 353 Eusebia ;
    • en 361 Faustina qui lui donna durant l'hiver 361/2 une fille posthume Constance.
  • Constant Ier (337-350) on ne lui connaît ni femme ni enfants.
  • Magnence (350-353) fut marié à la belle Justine, de confession arienne.
  • Julien (361-363) épousa en novembre 355 Hélène, fille de Constantin Ier et de Fausta, qui lui donna un fils mort après sa naissance vers mars 357. Hélène mourut au début de l'hiver 360.
  • Jovien (363-364) épousa Charito. L'historien Zonaras, seul a nous donner son nom, rapporte qu'elle fut enterrée près de son mari à Constantinople dans l'église des Sts Apôtres (rasée par Mehmet II qui y rebâtit une mosquée entre 1463 et 1470 qui allait porter son nom). Charito, fille du comte Lucillianus, avait épousé Jovien, et en eut Varronianus fait " nobilissimus " et consul avec son père pour l'année 364, et peut-être un autre fils.
  • Valentinien Ier (364-375) eut deux épouses :
    • Marina Severa, la mère de Gratien, bannie de la cour après 367 à la suite de son implication dans une affaire frauduleuse de biens ;
    • Justine, la veuve de Magnence, et qui lui donna 4 enfants, Galla, future épouse de Théodose Ier, Valentinien II, Justa et Grata. Justine mourut vers 388, après avoir assuré la régence de son jeune fils Valentinien II.
  • Valens (364-378) épousa Domnica qui lui donna un fils Valentinien, né le 18 janvier 366 peut-être en Galatie, d'ou son surnom de Galates. Il fut consul en 369 avec le maître de la cavalerie Victor. Tombé malade à Césarée de Cappadoce, il décéda probablement l'année suivante. Valens eut aussi deux filles Carosa et Anastasia, dont il confia l'éducation à l'hérétique "novatien" Marcianus.
  • Procope (365-366) fut marié probablement à Artemisia. Jean Chrysostome (voir ici : Clic !) évoque en effet une femme, vivant de mendicité après être devenue aveugle, qui se nommait Artémisia et était la veuve d'un usurpateur, à la chute duquel elle s'était retrouvée réduite à la pauvreté. Il est possible qu'il s'agisse de la veuve de Procope, celui-ci ayant eut femme et enfants, l'empereur Anthémius (467-472) étant d'ailleurs l'un de ses descendants.
  • Gratien (375-383) épousa vers 374 Constance, fille posthume de Constance II, il en eut un fils Valentinien, qui décéda très jeune. Constance, elle-même mourut âgée de 21 ans au début de 383. Gratien se remaria avec une certaine Laeta, qui vivait encore avec sa mère Tisamène à Rome lors du siège gothique de 408.
  • Valentinien II (375-392) n'ayant pas encore atteint ses 21 ans lors de son assassinat, on ne lui connaît ni femme, ni enfants.
  • Maxime (383-388) eut pour épouse peut-être une Regina ou Helena dans la tradition médiévale britannique. On lui connaît sûrement un fils Victor, fait César puis Auguste. La tradition lui attribue plusieurs enfants.
  • Eugène (392-394) sa famille est ignorée
  • Théodose Ier (379-395) eut deux épouses :
    • en 379 Aelia Flaccilla, fille du consul Antonius, morte au début 387, elle lui donna 2 fils Arcadius et Honorius ;
    • en 387 Galla, fille de Valentinien Ier, morte en 394, qui lui donna la célèbre Galla Placidia.

Merci si vous pouvez me fournir compléments et précisions (mon mail : gricca@free.fr).

 

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1er Août 2003

Lorant a écrit : 

Je suis en train de lire La dernière légion" de Valerio Manfredi relatant l'épopée de Romulus Augustule après son éviction par Odoacre. Je suis bien conscient que le livre ne relate pas des faits véridiques seulement, je me pose trois questions :

  • La première est la suivante : Cette dernière légion (Nova invicta) évoquée par Valerio Manfredi a-t-elle existé ou est-ce une légende, et que dit cette légende ? En effet, Manfredi parle dans son livre d'une légion formée de soldats romains et provinciaux comme avant l'abolition des "légions" sous je ne sais plus quel Empereur !
  • La deuxième question est la suivante : Sur le site, vous dites qu'après son abdication nous n'avons plus aucune trace de Romulus Augustule. Est-on sûr alors qu'il a bien été exilé dans cette fameuse villa ?
  • La troisième question est la suivante : Le livre aborde également le thème de l'épée légendaire de César ! Quelle est cette légende et que raconte-t-elle ?

Voilà, je vous remercie pour l'attention que vous prêterez à mes questions.

 

RÉPONSE :

Difficile pour moi de parler d'un livre que je n'ai pas encore lu - même si cette lacune devrait être très prochainement comblée, car les renseignements que j'ai recueilli sur le Net m'ont mis l'eau à la bouche ! Mais, en tout état de cause, disserter de l'historicité d'un roman - même historique - me paraît toujours quelque peu oiseux : la liberté d'imagination des romanciers est absolue… surtout lorsque les sources historiques font cruellement défaut. Or, s'il est une époque obscure, il s'agit bien du Ve siècle finissant, ces confins ténébreux entre Basse Antiquité et Haut Moyen Age où Valerio Manfredi situe l'action de son roman La dernière légion !

Comme je l'ai indiqué dans un ancien courrier (voir ici : Clic !), on ne sait pratiquement rien du destin de Romulus Augustule après son abdication. Le récit de son exil doré en Campanie, dans la Villa du Lucullus, n'est guère plus qu'une rumeur, tirée d'un texte anonyme de date incertaine. Chacun peut donc peut imaginer, à son gré, de belles aventures à ce jeune garçon dont la grâce aurait, paraît-il, touché le cœur d'artichaut du barbare Odoacre…
Vous imaginez le tableau, vous ? Honnêtement, moi j'ai beaucoup de mal ! Le sauvage Odoacre gardant en vie un rival potentiel simplement parce qu'il s'agissait d'un tendre éphèbe aux joues roses et au derrière potelé, et lui octroyant, de surcroît, une gratification de 6000 pièces d'or ? Je pense plutôt que le chef barbare le fit exécuter le "dernier empereur" dès que celui-ci eut signé son acte d'abdication. Tout le reste, sens esthétique et magnanimité d'Odoacre, pré-pension royale et séjour dans une villa de rêve, n'est probablement, hélas, que vile flatterie ou propagande.

Quant cette évasion de Romulus Augustule ainsi que (si j'ai bien compris, car - je le rappelle - je n'ai pas encore lu le livre de Manfredi), cette tentative de reconquête de son trône à partir de la Grande-Bretagne (une des régions les plus troublées d'Europe à cette époque pourtant remplie de bruit et de fureur - voir ici : Clic !), ce n'est, bien évidemment que de la pure fiction !

Je ne crois pas qu'il exista jamais de légion nommée Nova invicta… En tout cas, je n'ai pas trouvé de trace d'elle sur le Net. Ici aussi, il s'agit donc probablement d'une "invention" de Valerio Manfredi… mais je peux me tromper.

Quant à ce glaive de César, cet ensis caliburnia appelée à devenir l'épée Excalibur du roi Arthur, je ne sais rien non plus de précis à sujet… Mais il est vrai que la saga arthurienne sort nettement du cadre historique de mon site internet.

 

livre manfredi

4e de couverture :

IL ÉTAIT LE DERNIER EMPEREUR ROMAIN. ELLE ÉTAIT SA SEULE CHANCE LA DERNIÈRE LÉGION.

Cette nuit-là le campement est calme, la brume recouvre les plaines. La Nova Invicta, la fameuse légion chargée de protéger le dernier empereur romain, s'apprête à passer une nouvelle nuit de garde lorsque, surgissant du brouillard, les hordes barbares attaquent. Quelques heures plus taret tout est perdu : la famille impériale a été exécutée. Le jeune empereur Romulus Auguste et son précepteur sont épargnés, avant de connaître l'exil.
Mais il reste un espoir. Aurelius, Vatrenus et Batiatus, seuls survivants de la légion décimée, vont tout faire pour sauvegarder ce qu'il reste de l'empire. Aidés par Livia. une jeune combattante fidèle à la gloire de Rome, ils organisent le sauvetage du petit empereur. En chemin, lis font une découverte extraordinaire : l'épée légendaire de Jules César.
Pourchassés par les Barbares, ils risqueront maintes fois leur vie au cours d'une expédition qui les conduira de Rome jusqu'aux pays celtes où ils livreront l'ultime bataille.

L'Empire romain, que l'on avait cru immortel, n'est plus ; mais, sur ces terres de légendes, un nouveau mythe est sur le point de naître…

 
Sur le site associé PEPLVM - Images de l'Antiquité
  • LA DERNIÈRE LÉGION (The Last Legion - The Enchanted Sword) (Doug Lefler, 2007)
    Actuellement (26 avril 2006) en postproduction, l'adaptation du roman de Valerio Manfredi devrait sortir sur nos écrans en 2007. En jetant un pont entre la déposition du dernier empereur romain d'Occident, Romulus Augustule, et l'essor du légendaire cycle celtique du roi Arthur, Manfredi - et le réalisateur Doug Lefler - signent une préquelle au Roi Arthur d'Antoine Fuqua.

 

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2 Août 2003

Bidzina a écrit : 

Pour Constantin, le Christianisme était-il seulement une arme politique ?

 

RÉPONSE :

Constantin considérait-il le christianisme seulement comme une arme politique ? Favorisa-t-il les Chrétiens uniquement afin de faire d'eux ses alliés contre ses rivaux ? Ne rompit-il avec le paganisme que pour fonder l'unité idéologique de l'Empire sur le christianisme, élevé au rang de religion d'un État de type "totalitaire" ?

Bien malin qui pourrait le dire ! Il est déjà difficile d'analyser ses propres motivations profondes ; dès lors, connaître celles d'un homme duquel dix-sept siècles nous séparent et qui, de surcroît, n'a laissé aucun témoignage personnel, c'est vraiment la quadrature du cercle…

Les historiens chrétiens vous diront que, même s'il ne reçut le baptême que sur son lit de mort, Constantin s'était converti très tôt au christianisme ("Vision de Constantin" avant la bataille du Pont Milvius, remportée sur Maxence en 312), et que sa conversion fut profonde et sincère. Ils vous expliqueront que, dès 317, l'empereur imposa à son armée l'insigne chrétien du labarum, frappé au monogramme du Christ ; qu'il institua le repos dominical (en 321) ; qu'il promulgua des lois d'inspiration chrétienne destinée, par exemple, à faire "mieux ressortir la sainteté du mariage ainsi qu'à limiter strictement les cas de divorce" ; qu'il participa activement aux sessions du Concile de Nicée (en 325), n'hésitant pas à prendre la parole pour s'informer de tel ou tel point du dogme ou même pour morigéner les vénérables Pères conciliaires, etc…

D'autres historiens, plus matérialistes, rétorqueront que la "Vision de Constantin" ne fut, en réalité qu'une légende païenne "mise à la sauce" chrétienne ; que l'empereur ne favorisa les chrétiens qu'afin de rallier à sa cause les faveurs d'une minorité puissante et très agissante dans les territoires contrôlés par ses rivaux ; que lui-même ne se posa réellement en "empereur chrétien" qu'après sa victoire définitive contre Licinius (324), quand il envisagea d'unifier idéologiquement l'Empire romain autour du christianisme. Ils vous diront aussi que si Constantin, agonisant, sollicita le baptême chrétien, ce n'est que parce qu'on lui avait affirmé que seul ce sacrement était capable de récurer son âme souillée par d'épouvantables forfaits !

Comment trancher ? Comment sonder le cœur de Constantin ? Fut-il un idéaliste ou un pragmatique ? Fut-il le saint que décrit Eusèbe de Césarée ou l'être vil, mou, inculte et luxurieux que peint Julien l'Apostat dans son Discours des Césars ?
Homme d'État parfois implacable, souvent rusé et non dépourvu de séduction, Constantin se montra aussi (surtout) inconstant, hésitant, maladroit.

vision de constantin

"Chacun de ces portraits si différents renferme assurément des traits exacts. Le seul qui nous paraisse tout à fait faux est celui de l'homme d'État réaliste. Si Constantin avait été ce calculateur, il n'aurait pas exécuté sa grande œuvre. Pour y réussir, il fallait un inspiré. Il est passionné pour la vérité et pour la justice. Mais il n'est instruit ni de l'histoire, ni du droit, et il n'est pas du tout armé pour savoir où sont la justice et la vérité. Il demande en 325 à une assemblée de philosophes de lui fournir la définition de Dieu qui s'imposera à tous les hommes. Puis il devient perplexe, quand il voit ces philosophes s'entredéchirer. Certainement il aurait souhaité qu'on lui montrât les lois les plus justes ; quand il croyait les trouver dans le patrimoine hellénistique, il abandonnait sans scrupule les vieilles lois de Rome. Lui-même n'apportait rien. Mais il permettait à des forces nouvelles de se déployer pour la première fois librement. Non, ce n'est pas un réaliste, à moins qu'on n'ajoute qu'il est un homme pour qui l'autre monde existe, aussi réel que celui-ci, et qu'il pense sans cesse au jour où il ira retrouver là-bas un souverain qui lui ressemble.
Nous aimerions qu'il eût agi davantage : il aurait dû marcher à l'ennemi sur le Danube, comme Marc Aurèle, au lieu de rêver qu'il est un apôtre.
(…)
Si on le juge du point de vue de Rome, son compte est lourd. Il a renforcé sur les grands domaines l'institution naissante du servage. Il a brûlé les livres des philosophes. Il a appelé des généraux germains aux plus grands honneurs de l'État. Si on le juge du point de vue du Moyen Age, il faut reconnaître qu'il nous donne la première image du souverain médiéval, qui vit les yeux levés au ciel. Il reste qu'il a trahi Rome. "
(André PIGANIOL, L'Empire Chrétien, PUF, 1972)

 

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6 Août 2003

Loïc a écrit : 

Une petite erreur s'est glissée sur votre site concernant le Diocèse de Viennoise et particulièrement les Alpes Maritimes (voir ici : Clic !) . Vous donnez comme départements actuels composant cette ancienne entité administrative : le Var (83), les Alpes-de-Haute-Provence (04) et les Alpes Maritimes (06).

Quid des Hautes-Alpes (05) ?

Département peu peuplé s'il en est (j'en conviens mais ce n'est pas une raison pour laisser un "vide" dans le découpage géographique administratif ancien de la France) mais qui finit tout de même par accueillir la Métropole Civile de la Province des Alpes Maritimes en 312 (ville d'Embrun qui contrôle la Via Domitia - Arles-Milan - aux dépens de Cimiez trop excentrée) ce qui explique par la suite, et ce jusqu'à la Révolution, qu'Embrun (Archevêché en 804) soit devenu siège du Métropolitain de la Province Ecclésiastique des Alpes Maritimes (1er évêque : Saint Marcellin au IVe siècle - 314 -, venant d'Afrique du Nord et évangélisateur du sud-est de la France, suffragants de la Métropole d'Embrun : Évêques de Cimiez-Nice, Glandèves-Entrevaux, Antibes-Grasse (XIe), Senez, Digne).

 

RÉPONSE :

Merci de m'avoir signalé cette omission coupable que je m'empresse de combler.

Ce n'est pas une excuse - les atlas géographiques ne sont pas faits pour les chiens, que diable ! - mais, étant Belge, je maîtrise assez mal cette fameuse "liste des départements, préfectures et sous-préfectures" qui fut, jadis, la véritable "pierre de touche" des bons écoliers français.

 

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